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	<title>Sine BUNDGAARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sine BUNDGAARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Drot og Marsk</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/drot-og-marsk-une-sainte-cecile-sanglante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2021 04:28:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ignorerait-t-on tout de l’ouvrage, son intrigue comme sa langue, qu’à la première écoute, la séduction est assurée. Etrange œuvre, qui ne semble pas avoir dépassé les frontières du Danemark, dont c’est le premier opéra, national. A ce titre, Roi et Maréchal  [Drot og Marsk] s’est maintenu sans discontinuer depuis sa création à l’opéra de Copenhague (1878). &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ignorerait-t-on tout de l’ouvrage, son intrigue comme sa langue, qu’à la première écoute, la séduction est assurée. Etrange œuvre, qui ne semble pas avoir dépassé les frontières du Danemark, dont c’est le premier opéra, national. A ce titre, <em>Roi et Maréchal</em>  [<em>Drot og Marsk</em>] s’est maintenu sans discontinuer depuis sa création à l’opéra de Copenhague (1878). Peter Heise, bien qu’auteur de près de 300 mélodies au lyrisme vrai, de<em> Singspiele</em>, est peu connu dans notre pays. Elève de Niels Gade, formé à Leipzig, c’est là son chef-d’œuvre. Fort et raffiné, l’ouvrage a retenu la leçon des successeurs de Weber et associe les influences locales à l’héritage germanique. Le livret se fonde sur le meurtre, la nuit de la Sainte Cécile, d’Erik V « Glipping » (« le Louche »), qui régna de 1259 à 1286. Alors que le pays connaissait une crise politique majeure, il périt assassiné – comme son père – victime d’une conspiration animée par Stig Andersen, son maréchal, aidé de nobles qui avaient soudoyé son neveu – Rane Jansen – pour les tenir informés de ses activités. Au cours d’une partie de chasse, égaré, le roi se voit suggérer par Rane de se réfugier dans la grange d’une église. Les conspirateurs, habillés en franciscains, profitent de son sommeil pour le poignarder. Sur cette trame historique, le livret caractérise les personnages et ajoute deux figures féminines, essentielles, proies du roi, familier de frasques : une humble charbonnière, Aase, et Ingeborg, l’épouse de son chef de guerre, qu’il s’est engagé de protéger, mais qu’il a faite reine. Le retour du maréchal, victorieux des Suédois, au second acte, va entraîner le conflit entre les deux hommes.  </p>
<p>Les enregistrements se résumaient jusqu’à celui-ci à un film et une prise radio. Le premier, réalisé pour la télévision danoise (1988), était dirigé Francesco Christofori. Même si la mise en scène et la direction d’acteur datent, cette vidéo permettra à l’auditeur de mieux s’approprier l’intrigue, comme d’apprécier la nouvelle réalisation. Par ailleurs, en 1993, <strong>Michael Schønwandt</strong>, déjà, réalisait un coffret de 3 CD chez Chandos. Il dirigeait alors l’orchestre et les chœurs de la Radio suédoise. Tous deux sont disponibles sur Youtube. Le chef danois, que les Montpelliérains apprécient tout particulièrement, est ainsi le plus familier de cet ouvrage, qu’il affectionne.</p>
<p>La distribution, homogène, danoise, rassemble des artistes internationalement reconnus, aux indéniables qualités. <strong>Peter Lodahl</strong> donne vie à Erik, ce roi immature, autoritaire et jouisseur, dont l’évolution est bien conduite, jusqu’à ce qu’il soit « fatigué de la vie et des plaisirs », avant de périr. L’émission est haute, bien timbrée, chaude, projetée à souhait pour trouver les accents héroïques. Lui aussi familier des plus grandes scènes, le baryton <strong>Johan Reuter</strong> (que l’on retrouvera en Wozzeck en mars à Bastille) est Stig Anderson. Cette figure centrale de l’ouvrage appelle une voix exceptionnelle, capable de l’expression la plus juste de la tendresse comme de l’autorité et de la colère. C’est ici le cas. On retiendra, entre autres, le chant émouvant de « Jag havde mig » [J’avais une fleur pleine de grâce dans mon jardin] avec le final du deuxième acte, où le conflit se noue. Dans son amour pour Ingeborg, comme dans son affrontement avec le roi, il fait preuve d’une grande distinction, d’une affection et autorité indéniables. Internationalement reconnue, <strong>Sine Bundgaard</strong>, grand soprano lyrique, chante Ingeborg, associant justesse et sensualité, avec les moyens idéaux. La noblesse du personnage, sa vérité, comme sa fin prématurée sont illustrées par une ligne vocale et des accompagnements splendides. Son dernier air, où elle exprime ses dernières volontés à son mari est un sommet « Bug dig på Hjelm en borg » [Construisez-vous un château à Hjelm]. <strong>Gert Henning-Jensen</strong> chante Rane. Bien que ne se produisant que dans son pays, c’est un fabuleux ténor qui épouse toutes les facettes de ce personnage complexe. Ainsi, sa ballade « Det var sig… » [C’était elle-même la jeune fille…] en est une, avec un chœur séduisant, sa participation à la conjuration – où il développe les raisons de son engagement – en est une autre. Aase est l’humble charbonnière, qui garde les moutons, chantée par <strong>Sofie Elkjaer Jensen</strong>, soprano lyrique trop peu connue hors de son pays. Son chant s’enrichit de mélodies simples, souvent d’essence traditionnelle, auxquelles elle donne toute leur fraîcheur, ainsi à sa première intervention. « For hvert vindpust løvet falder » [à chaque bouffée de vent tombent les feuilles], alors que le roi la retrouve, avant de périr, est d’une émotion juste, tout comme son ultime plainte, bouleversante. Les conspirateurs (le comte Jakob, l’archidiacre Jens Grand particulièrement) sont bien campés, voix solides, bien conduites, dramatiquement justes.</p>
<p>Le chœur, dont la participation musicale et dramatique est essentielle, n’appelle que des éloges : puissant, coloré, pleinement engagé, chacune de ses interventions est un bonheur. La tradition chorale danoise trouve ici l’un de ses plus beaux fleurons. Le grand chœur final, qui mêle les femmes, les chasseurs, les paysans et les moines, mêlé à la plainte de Aase est d’une beauté expressive rare. L’orchestre, qui joue chez lui, pour son public, l’œuvre la plus emblématique de son répertoire, est galvanisé par la direction inspirée de Michael Schønwandt. L’écriture particulièrement raffinée, complexe, colorée, est magnifiée par l’ensemble : la transparence, la délicatesse comme la force tellurique sont illustrées avec brio.</p>
<p>L’enregistrement, en public, a été réalisé au cours d’une série de représentations données de mars à mai 2019 au Théâtre Royal de Copenhague, où l’ouvrage était mis en scène par Kasper Holten et Amy Lane. On regrette qu’un DVD n’ait pas été diffusé à cette occasion. Mais, malgré l’obstacle de la langue, même réduit à sa seule musique, l’opéra mérite pleinement de connaître une diffusion internationale.</p>
<p>Le livret est heureusement traduit en anglais dans la riche brochure d’accompagnement.</p>
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		<title>HAENDEL, Theodora — Karlsruhe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/theodora-karlsruhe-les-delices-du-martyre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Feb 2017 08:27:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un beau programme qui nous est proposé cette année pour la 40e édition du festival Haendel au Staatstheater de Karlsruhe : on peut, entre autres manifestations, rencontres et concerts, découvrir trois opéras ou oratorios au lieu des deux œuvres habituellement proposées (une création, Semele cette année, et la reprise de la production de l’année précédente, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un beau programme qui nous est proposé cette année pour la 40<sup>e</sup> édition du <a href="/actu/internationale-handel-festspiele-karlsruhe">festival Haendel au Staatstheater de Karlsruhe</a> : on peut, entre autres manifestations, rencontres et concerts, découvrir trois opéras ou oratorios au lieu des deux œuvres habituellement proposées (une création, <em>Semele</em> cette année, et la reprise de la production de l’année précédente, en l’occurrence <em><a href="http://www.forumopera.com/arminio-karlsruhe-la-perruque-lui-va-si-bien">Arminio</a></em>). La troisième œuvre est donc <em>Theodora</em>, dont on a pu entendre une superbe version de concert, dans un grand moment d’émotion pour un public captivé trois heures trente durant. On connaît les réticences habituelles à inscrire <em>Theodora</em> au programme des théâtres : très long pour un oratorio, pas assez spectaculaire pour une mise en scène efficace, sauf celle, époustouflante et devenue classique, de Peter Sellars. D’ailleurs, au cours de l’entracte, on pouvait entendre des spectateurs se souvenir avec nostalgie de ce spectacle monté à Glyndebourne en 1996 et repris à Strasbourg (à une heure de route de Karlsruhe) en 2004, où elle avait durablement marqué les esprits, voire créé le scandale chez certaines âmes sensibles.</p>
<p>Pas de mise en espace, donc, mais le public du festival Händel est ici tout prêt à se laisser porter par la seule musique, d’autant que le chef d’orchestre <strong>Peter Neumann</strong>, actif à Cologne, est natif de Karlsruhe et qu’on lui fait un triomphe. Il faut dire que sa direction est d’une précision d’orfèvre et habile à valoriser chaque pupitre, puis chaque soliste, avec une sorte de discrète évidence qui inspire le respect. La Badische Staatskapelle donne à entendre des sonorités riches et subtiles, avec une mention toute spéciale pour le violoncelliste solo, qui aide largement à faire naître l’émotion. Clavecin et continuo ne sont pas en reste, où l’énergie le dispute au brio, ce qui contribue à captiver l’attention sans discontinuer. Les chœurs du Kölner Kammerchor sont tout aussi inspirés et proposent une belle palette d’émotions et d’effets, sans jamais rien perdre de leur homogénéité. Le plateau vocal, quant à lui, est remarquablement bien équilibré, ce qui achève de contribuer à la réussite de la soirée.</p>
<p>Si l’impression d’harmonie et d’excellence d’ensemble domine à la fin de la soirée, c’est peut-être parce que la magie s’est installée petit à petit, alors que les choses commençaient plutôt mal. En effet, le premier air de <strong>David Hansen</strong> s’avère catastrophique ou du moins extrêmement pénible : aigus tendus, musicalité douteuse, le chanteur produit des sons d’une artificialité crispante, à la limite de la fausse note. On se dit que la soirée risque d’être pénible, mais dès son intervention suivante le contre-ténor australien offre un chant aussi beau et élégant que sa plastique avantageuse et sa mise recherchée. Didymus, grâce à la palette très riche et chatoyante de son interprète, en devient tour à tour charmeur, délicieusement ambigu et intensément émouvant, dans des graves ambrés doublés d’aigus faussement fragiles et percutants. Theodora ne présente pas tant de contrastes ; <strong>Sine Bundgaard</strong> donne plutôt à entendre une constance tant vocale que psychologique. Son personnage austère de martyre ne saurait céder ouvertement à la passion ni aux excès de quelque sorte que ce soit, mais heureusement, cette retenue laisse tout de même affleurer l’émotion. Il n’empêche qu’on l’aurait souhaitée moins sobre, à tous points de vue. De son côté, <strong>Tuva Semmingsen</strong> investit son rôle d’Irène avec conviction. Cependant, même si l’on ne trouve pas grand-chose à reprocher à la sculpturale mezzo norvégienne, il manque toutefois un je-ne-sais-quoi pour convaincre pleinement. Dans le rôle de Valens, on ne saurait en revanche accuser <strong>Morgan Pearse</strong> de ne pas s’imposer à tous égards, même s’il n’intervient que trop peu souvent. Tout de fureur incarnée, on craint qu’il ne fonce droit dans l’orchestre ou qu’il enfonce dans le sol le pupitre auquel il est fermement arrimé. Le baryton australien dégage une autorité naturelle que la puissante de son émission ne fait que renforcer. On en reste littéralement sonné. Autre belle surprise, celle du ténor <strong>Samuel Boden</strong> qui nous dépeint un Septimius intensément habité et tourmenté. Par-dessus tout, c’est la qualité impeccable de la diction qui impressionne chez le Britannique doté d’une belle musicalité, tout en subtilité et fausse fragilité. Devant une aussi belle réussite, on se demande bien pourquoi on ne nous offre pas plus souvent cet oratorio particulièrement riche et intense, dont on comprend parfaitement pourquoi Händel l’aimait tant.</p>
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		<title>HAENDEL, Riccardo Primo, re d’Inghilterra — Karlsruhe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/riccardo-primo-re-dinghilterra-karlsruhe-primo-la-musica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 22:59:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier opéra de Haendel créé à la Royal Academy of Music avant la faillite de celle-ci, Riccardo Primo reste l’un des ouvrages les plus rarement joués du compositeur saxon. Son scénario bancal est habituellement donné comme la raison principale de cette désaffection, mais, objectivement, la renaissance de ce compositeur à l’époque moderne n’est pas principalement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dernier opéra de Haendel créé à la Royal Academy of Music avant la faillite de celle-ci, <em>Riccardo Primo</em> reste l’un des ouvrages les plus rarement joués du compositeur saxon. Son scénario bancal est habituellement donné comme la raison principale de cette désaffection, mais, objectivement, la renaissance de ce compositeur à l’époque moderne n’est pas principalement due à l’intérêt de ses livrets. Plus simplement, la partition n’atteint pas, à notre avis, les mêmes sommets que celles des ouvrages les plus connus d’Haendel. Celui-ci disposait pourtant de quelques-uns des meilleurs chanteurs de son temps : le castrat Francesco Bernardi, dit Senesino, en Riccardo, et les sopranos Francesca Cuzzoni en Costanza, et Faustina Bordoni en Pulcheria. Récemment débarquée à Londres pour relancer l’intérêt pour la Royal Academy, Faustina Bordoni fut, quelque mois plus tôt, responsable indirecte d’un scandale lors d’une représentation de l’<em>Astianatte </em>de Giovanni Bononcini : divisés en deux factions, les admirateurs des deux divas s’étaient affrontés à coup d’insultes, et la soirée, qui dut être précipitamment écourtée, avait tourné au pugilat. Ce scandale et les cachets astronomiques exigés par les artistes, précipitèrent la chute de la compagnie. Abondance de biens nuit parfois… Peut-être faut-il voir dans cette distribution de haut vol la raison pour laquelle Haendel semble s’être davantage appliqué à la virtuosité de l’écriture, soigneusement répartie entre les différents protagonistes, plutôt qu’à son originalité et son expressivité.</p>
<p>L’action se déroule à Chypre où Costanza, promise à Riccardo (Richard-Cœur-de-Lion), est retenue par le gouverneur de l’île, Isacio, qui en est tombé amoureux. Isacio se propose d’envoyer sa fille Pulchiera au roi (qui ne l’a jamais vue) sous la fausse identité de Costanza, tout en se réservant « la vraie ». Pourtant, Pulcheria est elle-même amoureuse d’Oronte, prince de Syrie, mais, comme Oronte s’est montré un peu empressé auprès de Costanza, la jeune fille a accepté la proposition de son père pour mettre son amant à l’épreuve. A l’acte II, Riccardo débarque sous l’identité d’un ambassadeur : il est mis au courant du projet d’Isacio par Oronte qui a tout découvert entre temps. Pulcheria pardonne alors à Oronte. Costanza et Riccardo, toujours sous l’identité d’un ambassadeur, tombent amoureux l’un de l’autre. Troisième acte : la guerre est déclarée entre Riccardo et Isacio qui garde Costanza en otage et menace désormais de la tuer. La bataille est gagnée par les britanniques et Oronte, époux de Pulchiera, remplace beau-papa à la tête de l’ile. Comme on le voit, les imbroglios essentiels de l’action sont dénoués dès la fin de l’acte II, ce qui affaiblit l’intérêt dramatique du dernier acte.</p>
<p>Reprise pour trois représentations dans le cadre du festival Haendel de Karlsruhe, la production de <strong style="line-height: 1.5">Benjamin Lazar</strong> a connu un très grand succès lors de sa création à Karlruhe il y a un an pile : la démarche du metteur en scène français a été un choc pour un public habitué au <em style="line-height: 1.5">regietheater </em>systématique. Elégance, raffinement, beauté, passé fantasmé (plutôt que reconstitué) constituent d’ailleurs un choix judicieux dans le cas d’un ouvrage pour lequel le public manque totalement de références. <strong style="line-height: 1.5">Christophe Naillet</strong> a eu recours une fois encore à l’éclairage aux bougies : toutefois, le large plateau est (heureusement) plus lumineux que pour des productions similaires, à tel point qu’on se demande s’il n’y a pas un complément à la lumière électrique, sans pour autant que le charme et le mystère ne soit sacrifiés. Les décors d’<strong style="line-height: 1.5">Adeline Caron</strong> sont à la fois naïfs et majestueux : côté face, un la façade austère d’un improbable château moyenâgeux, côté pile (grâce au plateau tournant), un intérieur opulent qui se modèle en plusieurs plans suivant les scènes. On sera plus réservé sur la gestuelle un peu « wilsonienne » imposée aux chanteurs, qui les fige dans des poses un peu trop contraintes. Toutefois, le parti peut aussi fonctionner à certains moments, comme dans le duo d’amour de l’acte II où la gradation de la gestuelle est calquée sur celle des sentiments, avec une grande sensibilité. Cerise sur le gâteau, l’attaque du château au dernier acte nous vaut un mini feu d’artifices, à la grande joie des spectateurs. Signalons également les superbes costumes d’<strong style="line-height: 1.5">Alain Blanchot.</strong></p>
<p>En Riccardo, <strong style="line-height: 1.5">Franco Fagioli </strong>impressionne par sa virtuosité hors du commun : vélocité des vocalises, trilles impressionnants, cadences « infernales » (quoique le rôle ne lui donne pas l’occasion de briller dans l’aigu). Dans les airs trop graves, la voix peine parfois à se faire entendre derrière l’orchestre, et le contre-ténor est tout de suite plus à l’aise dès que la tessiture devient plus haute. On regrettera également que le chanteur n’ait pas l’occasion d’utiliser sa sublime <em>messa di voce</em> dans un air lent, ou tout simplement de nous émouvoir, mais la faute en revient en premier lieu au compositeur. Ces réserves mises à part, on voit difficilement quel artiste pourrait aujourd&rsquo;hui rendre justice à une partition aussi difficile. Moins virtuose, le contre-ténor <strong style="line-height: 1.5">Nicholas Tamagna</strong> interprète Oronte avec une belle voix au timbre lumineux, et le chanteur est d’une grande musicalité.</p>
<p>Seule chanteuse qui ne participait pas à la création de 2014 (Emily Hindrichs chantait alors le rôle), <strong>Sine Bundgaard</strong> est une Costanza sensible et musicale, à la voix bien projetée, et excellente technicienne. Si le timbre manque un peu de caractère, la chanteuse sait varier subtilement l’expressivité d’un rôle essentiellement sur le registre plaintif. A l’inverse, le personnage de Pulcheria est plus dynamique : <strong>Claire Leffiliâtre</strong> y est encore un peu verte, manquant d’italianité, mais séduit par son engagement. De plus, son timbre sombre contraste agréablement avec celui de sa consœur. Citons enfin l’excellent <strong>Lisandro Abadie</strong>, baryton irréprochable dans le rôle trop court d&rsquo;Isacio. Belle promesse également avec le jeune baryton <strong>Andrew Finden </strong>dans le petit rôle de Berardo.</p>
<p>Succédant à Michael Hofstetter, <strong>Paul Goodwin</strong> dirige avec précision, énergie et fermeté, en vrai professionnel, mais manque un peu de l’imagination nécessaire pour compenser certaines monotonies de la partition. Son orchestre sonne également un peu fort à certaines occasion : or, l&rsquo;acoustique du Badisches Staatstheater ne renvoie pas les voix vers la salle et l&rsquo;équilibre entre le plateau et la fosse est indispensable à une bonne écoute.  Le chef britannique a la chance de disposer d’une formation techniquement et musicalement parfaite, point d’autant plus remarquable qu’il s’agit de membres de l’orchestre permanent, jouant sur instruments anciens (avec un diapason à 415 Hz). On soulignera d’ailleurs la qualité des instruments solistes, par exemple les flûtes : traversière pour accompagner l’air de Costanza « Morte vieni » ou sopranino pour « Il volo così fido ».</p>
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