Internationale Händel Festspiele Karlsruhe

Par Catherine Jordy | lun 20 Février 2017 | Imprimer

Au cœur du Bade-Wurtemberg, dans la très active ville de Karlsruhe, l’Internationale Händel Festspiele réunit les amoureux de Haendel tout comme les mélomanes habitués à l’excellente qualité des spectacles proposés dans l’un des meilleurs opéras d’Allemagne, le tout dans une ambiance conviviale et bon enfant. Avec une politique de prix quasi imbattable, le taux de remplissage est impressionnant et l’âge moyen du public très jeune, mais connaisseur. En près de 40 ans, le festival a su prendre de l’ampleur et s’appuie sur la venue de stars encadrés par les musiciens de la Händel-Akademie, une formation locale de renom international.


Lieux : Les principaux concerts et opéras sont donnés au Badisches Staatstheater de Karlsruhe, c’est-à-dire l’Opéra de la ville, dans les Grosses (grande) et Kleines (petite) Haus, proposant respectivement quelque 1002 et 330 à 385 places. Par ailleurs, des concerts sont proposés dans des annexes, dont la salle de concerts pour les jeunes, l’auditorium du Schloss Gottesaue et l’église Christuskirche, distants de quelques centaines de mètres.

Dates : 15 jours autour de la date de naissance du compositeur, le 23 février. En 2017, la 40e édition du festival aura lieu du 17 février au 2 mars.

Sites Web : www.staatstheater.karlsruhe.de/programm/haendel-festspiele-2017 et www.haendel-karlsruhe.de

Année de création : 1977

Principe fondateur : Au départ, il s’agit de valoriser la musique baroque autour de Händel. En plus des deux opéras proposés chaque année, on multiplie les concerts, mais aussi une messe œcuménique dans une église de la ville ou encore des lectures et rencontres, avec par exemple Donna Leon (qui délaisse de temps en temps son commissaire Brunetti pour des livres sur la musique comme son Bestiaire de Haendel), en 2016.

Répertoire : Chaque année, on reprend l’opéra créé l’année précédente, accompagné d’une nouvelle production, issue du répertoire de Händel, bien entendu. Autour de ces deux productions : des récitals, concerts, lectures et discussions autour de Händel et de ses contemporains. Pour 2017, par exemple, on retrouve Arminio, la superbe production interprétée et mise en scène par Max Emanuel Cencic, une Semele, mais aussi Theodora ou Il Pomo d’Oro, un concert centré sur des portraits féminins des opéras de Händel. Parmi les stars attendues : Sandrine Piau, Vivica Genaux ou encore Patrizia Ciofi.

Histoire : Le festival est initié en 1977 dans le théâtre nouvellement inauguré de Karlsruhe. Détruit en 1944 lors d’un bombardement allié, l’opéra est reconstruit et opérationnel en 1975. Le festival, de 1977 à 1984, consiste en journées consacrées à Händel (les Händel-Tage). Depuis lors, les Händel Festspiele deviennent le plus jeune des trois festivals allemands consacrés au compositeur (avec Halle et Göttingen). La manifestation évolue, l’année suivante, à l’occasion du 300e anniversaire de l’artiste, en Internationale Händel Festspiele. Également en 1984, on crée un orchestre propre, les « Deutsche Händel-Solisten », auquel la programmation du festival est intrinsèquement liée. En 1986, c’est la Händel-Akademie qui voit le jour. En collaboration avec l’école de musique de Karlsruhe, il s’agit de faire profiter les jeunes artistes de la présence de stars internationales puis continuer des cours toute l’année, notamment sur instruments anciens. Ces jeunes chanteurs et instrumentistes se sont hissés à une réputation internationale. En 1989, une Händelgesellschaft est fondée qui soutient la manifestation. Depuis 2016, le festival permet de profiter également de Art Karlsruhe, l’une des principales foires d’art contemporain en Allemagne, dont les dates viennent de changer.

Conditions techniques : La grande salle du Staatstheater offre à ce jour près de 1000 places et si l’acoustique est bonne pour cette salle inaugurée en 1975, une campagne de travaux de rénovations et de mises en conformité dont on peut regarder les plans et le calendrier sur le site du théâtre a été mise en place. Elle devrait aboutir en 2027.

Meilleures places : L’acoustique de la grande salle est excellente et l’ensemble des places est convenable, avec une très bonne visibilité. Les meilleures places sont cependant situées de face, vers le dixième rang, légèrement sur la gauche.

Acoustique : Impeccable. Malgré son ampleur, la salle garde un caractère assez intime, assez proche de l’ambiance d’une salle à l’italienne.

Tarifs : De 17 à 70€ pour les opéras à la Grosses Haus. Les tarifs des concerts sont variables mais plus que raisonnables.

Le bémol : On mange tôt en Allemagne et il est parfois difficile de trouver un restaurant ouvert après les représentations. Quant à la nourriture intellectuelle, elle est de qualité supérieure…

Le dièse : Une programmation de grande qualité à des tarifs exceptionnellement attractifs et le dynamisme de la ville.

Accessibilité : La plupart des lieux de concert sont accessibles.

Toilettes : Amples et propres, facilement accessibles avec un temps d’attente relativement réduit.

Vestiaires : À l’entrée du Badisches Staatstheater, un immense comptoir permet une efficacité optimale et une attente courte.

Accès : Le Badisches Staatstheater de Karlsruhe est à 20 minutes de marche de la gare (la ville n’est qu’à 2h30 en TGV de Paris, par exemple) et on longe le jardin zoologique pour y accéder, mais les transports en commun y mènent également. Les autres lieux de concert sont chacun distants d’un bon quart d’heure à pied. Pour ceux qui arrivent en voiture, un vaste parking sous le théâtre rend le stationnement aisé (la ville est à une heure de Strasbourg, par exemple).

Points d’intérêt touristique proches : Karlsruhe est une très belle ville disposée en éventail face à son château baroque qui abrite le superbe musée régional de Bade. Cela mérite évidemment une visite. Tout à côté, le musée des Beaux-Arts, la Staatliche Kunsthalle, abrite une collection remarquablement riche ; il est tout aussi immanquable. Pour l’art contemporain, c’est au ZKM qu’il faut se rendre. Quant aux autres activités possibles (et très variées), le site touristique de la ville les répertorie et propose des tarifs plus qu’attractifs : la Karlsruhe Card (26,50 euros les 72h, par exemple !) comprend la gratuité des transports en commun et l’entrée libre dans les principaux musées.

Où se restaurer ? Dans le théâtre, un bar propose une petite restauration de snacks avec quelquefois des spécialités inattendues (soupes, ou desserts du moment) ou, sur réservation, une formule « Toast Opera ». Comme déjà souligné plus haut, se restaurer après le spectacle peut être un problème, les Allemands mangeant traditionnellement plutôt de bonne heure. Avant le spectacle, pas de problème, on trouve de tout à des prix plus bas qu’en France. Mieux vaut donc se renseigner et réserver d’abord, si l’on souhaite dîner tard ou souper, sauf à aller immédiatement dans la bonne direction, vers le nord, avec deux adresses complémentaires : un bar à vin tenu par le père jouxtant le Kommoedchen, un restaurant aux saveurs exotiques et parfumées avec un accueil adorable garanti par le fils.

Où dormir ? On trouvera un certain nombre d’hôtels partenaires du Staatstheater sur le site de l’Opéra, mais sur l’ensemble de la ville, l’offre est impressionnante et les prestations de qualité.

 

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