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	<title>Ronan CAILLET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 06 Mar 2026 06:27:32 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Ronan CAILLET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si l’opéra et les marionnettes entretiennent une relation séculaire (ainsi Haydn au théâtre d’Esterhaza), l’usage de ces dernières relève le plus souvent de théâtres spécialisés (Salzbourg, Prague etc.) ou du choix de se tourner vers un public enfantin afin de l’initier au théâtre lyrique. Ce soir, rien de tel. La production, qui s’adresse à tous, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si l’opéra et les marionnettes entretiennent une relation séculaire (ainsi Haydn au théâtre d’Esterhaza), l’usage de ces dernières relève le plus souvent de théâtres spécialisés (Salzbourg, Prague etc.) ou du choix de se tourner vers un public enfantin afin de l’initier au théâtre lyrique. Ce soir, rien de tel. La production, qui s’adresse à tous, autorise les lectures les plus variées, avec le sourire ému en guise de dénominateur commun. <strong>Jakob Brossmann</strong> signe le dispositif scénique, idéalement adapté aux contraintes d’un spectacle « hors les murs » (1), aussi esthétique que fonctionnel. Il regroupe sur le plateau l’orchestre, côté jardin, et les chanteurs, ces derniers autour d’un escalier tournant, double et unique (2), sur un plateau pivotant, dont toutes les ressources sont mises à profit. L’originalité réside dans les marionnettes, que signe<strong> Manuela Linshalm</strong>. Tout sera noir, costumes des chanteurs, des manipulateurs, cadre de scène, pour mieux valoriser les extraordinaires figures animées et colorées qui se substitueront le plus souvent aux solistes. Seul le haut du corps est concerné, les chanteurs et manipulateurs prêtant leurs membres inférieurs à leurs créatures. D’un réalisme à la Ensor, les têtes très caractérisées, juchées sur de longs cous, sont dotées d’une large bouche à laquelle le regard s’attachera : l’articulation, la projection, la tension vers l’aigu seront rendus avec une synchronisation admirable, l’expression du chant paraissant amplifiée, au point que l’on oublie souvent le chanteur, placé derrière, qui réussit l’exploit de manipuler son double, avec une gestique magistrale, seul ou avec un marionnettiste. Dès la première scène, où Fiorello et les donneurs de sérénade s’activent pour Almaviva, sans que Rosine apparaisse, on sera captivé. Les costumes de <strong>Denise Heschl </strong>(assistée de Bernhard Stegbauer) renvoient à Beaumarchais, avec de l’humour en prime (ainsi, la perruque de Bartolo). La mise en scène de <strong>Nikolaus Habjan</strong> (réalisée par Philomena Grütter) et la dramaturgie de<strong> Meret Kündig </strong>réjouissent, la direction d’acteurs, millimétrée, s’avère d’une rare efficacité. <strong> </strong>Les lumières non conventionnelles de <strong>Vassilios Chassapakis </strong>(réalisées par Paul Grilj) servent parfaitement le propos. La cohérence de la réalisation, l’engagement collectif, la perfection nous ravissent.<br />
La production relève autant de la <em>farza</em> que du <em>buffo</em>, de la <em>Commedia dell’ arte</em> que de la comédie de caractère, dans la lignée de l’opéra napolitain. La <em>vis comica</em> rossinienne y est constante. Alberto Zedda, auquel Rossini doit tant, disait à propos du <em>Barbier</em> qu’il s’agissait de « trouver le courage de substituer le sourire à l’éclat de rire ». Il serait comblé, comme le public, enthousiaste du début à la fin. Rossini chante plus que jamais, sinon mieux. Le succès de l’ouvrage, jamais démenti depuis 210 ans, repose sur la vérité des caractères, et celle-ci n’est pas réduite par le recours aux marionnettes, tant s’en faut. Nos appréhensions auront été vite balayées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Le-Barbier-de-Seville-%C2%A9-Aurelien-Kirchner-57-1294x600.jpg" />© Aurélien Kirchner</pre>
<p>Issue de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, la formation chambriste de 14 musiciens (un quintette à cordes et la petite harmonie, à un instrument par partie, excepté les deux cors), n’appelle que des éloges, sous la direction de <strong>Hélio Vida,</strong> à la tête de l’<em>OperaAvenir</em> de Bâle, à qui on doit cette réalisation. La redoutable ouverture permet de dissiper tous les questionnements sur la légitimité de ce choix (3) : la dynamique est constante, assortie d’une acidité fruitée, liée aux bois, savoureux. Claveciniste talentueux, il dirige depuis son instrument, sur lequel il réalise avec brio les récitatifs dont la liberté et la souplesse séduisent. Sa direction, contrastée, précise, restitue la trame orchestrale avec clarté, vigueur et élégance : ça pétille, rugit et caresse. L’attention constante portée au chant lui permet de réaliser des équilibres subtils. Bravo !<br />
La distribution, jeune et investie, ne connaît aucune faiblesse. Le chant et le verbe sont intimement liés, et les ensembles frénétiques au débit spectaculaire forcent l’admiration par leur justesse et leur précision. L’exigence musicale se conjugue avec un jeu dramatique exemplaire. L’Almaviva de <strong>R</strong><strong>onan Caillet </strong>est splendide, de jeunesse, de maîtrise. Dès sa cavatine, la conviction ardente est servie par une voix généreuse, ample et libre. L’abattage, la verve sont au rendez-vous. Que de bonheur souriant dans son « Pace e gioia »<strong>. </strong>Une heureuse découverte que <strong>Josef Jeongmeen Ahn</strong>, qui nous vaut un Figaro de belle pointure. Pas de valet cynique et intéressé, mais un ingénieux perturbateur, animé d’une joie de vivre sans pareille, irrésistible de présence. La voix sonore et de belle prestance, stylée, s’impose dès son « Largo al factotum ». Résolue, hardie, rusée et malicieuse, d’un charme constant que souligne Rossini par son écriture vocale, la Rosina de <strong>Juliette Mey </strong>nous touche autant qu’elle nous éblouit (« Una voce poco fa »). On ne répétera pas les observations que faisaient à son propos Tania Bracq et Christophe Rizoud (4), tant elles sont justes. Les cadences de la leçon de chant, rétablies par Zedda, sont un bonheur. Les deux basses bouffes, complices, malgré la vénalité de Don Basilio, nous réjouissent.<strong> Diego Savini </strong>incarne un Bartolo autoritaire, imbu de lui-même (« A un dottor de la mia sorte »), roublard, d’une émission très rossinienne. Un fin musicien, à l’aise dans tout son registre. Le maître de musique, Basilio<strong>, </strong>ici en ecclésiastique ventru et corrompu, est une prise de rôle d’<strong>Antoine Foulon</strong>. Son air de la calomnie est aussi insinuant que spectaculaire. <strong>Inna Fedorii </strong>fait de Berta un personnage authentique, malgré son unique air, remarquablement conduit. <strong>Giacomo Nanni</strong> s’empare du rôle de Fiorello avec bonheur, s’efforçant de gérer sa petite troupe de musiciens impécunieux. L’émission ronde et le jeu emportent la conviction. Mais, ne l’oublions pas, les ensembles dominent l’ouvrage et, là, le miracle nous laisse sans voix : animés à souhait, équilibrés, avec une caractérisation rare de chacun, c’est un constant régal, la strette du quintette initié par l’arrivée soudaine de Basilio constituant un sommet. Les chanteurs du chœur ne sont pas en reste, pour ponctuelles que soient leurs interventions.  En musiciens comme en gardes civils, leur chant et leur jeu s’accordent idéalement à celui des solistes.</p>
<p>Drôle, captivant, dépourvu de vulgarité, on sourit de bon cœur à ce surprenant <em>Barbier</em>, jeune, pétillant d’intelligence et de vie, servi par une équipe sans faiblesse, pleinement engagée, traduisant avec une égale réussite la frénésie rossinienne comme l’émotion de chaque personnage. Puisse le plus large public partager ce moment précieux où la joie efface tous les soucis, toutes les inquiétudes !</p>
<pre>(1) rappelons que la rénovation complète de l’opéra se traduit par la production de spectacles en différents lieux, dont Le Liberté, scène nationale, au cœur de Toulon. 
(2) qui renvoie à la représentation de l’ADN « une longue double hélice spiralée qui ressemble à un escalier en colimaçon ».
(3) Le manuscrit de Bologne et des autres (étudiés par Patricia B. Branner) justifient une approche libre, à l’égale de ce qui se faisait alors (transpositions, airs de substitution, récitatifs écourtés ou modifiés, orchestres de taille variable...).
(4) « Le timbre, s’il était un fruit, serait une pêche : rond et duveteux, subtilement sucré, aux teintes pastel, d’une sensualité discrète, où la clarté et la tendresse priment sur la puissance. Mais, on le sait, la voix ne fait pas tout. Il y a aussi chez Juliette Mey la technique, solide, qui permet de passer d’un registre à l’autre sans heurt sur une longueur appréciable. Il y a la souplesse et même le trille ! Il y a l’effort de diction, la précision, la musicalité – mot souvent galvaudé par lequel on désigne le sens du phrasé, du souffle, du style, l’attention à la nuance, la compréhension du texte et de la mélodie. Il y a dans le regard une détermination, un courage même, qui pousse la chanteuse à surmonter l’inconfort de la salle. » écrivait Christophe Rizoud, encore sous le charme de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-chemins-de-lamour-juliette-mey-le-palais-royal-paris/">son récital parisien de novembre dernier</a>). Un an auparavant <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-heloise-poulet-juliette-mey-et-matthieu-walendzik-dinard/">Tania Bracq</a> témoignait : « Juliette Mey [qui chantait Rosine, entre autres] est une rossinienne née, elle en a l’énergie joyeuse, l’impeccable technique imperceptible sous le pur plaisir de chanter ».</pre>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Bâle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout commence le jour de la fête d’anniversaire du petit Siegfried. Ou plutôt non : l’histoire commence par la voix parlée de Brünnhilde, qu’on entend se demander comment tout cela a commencé. Remontant le fil de l’histoire familiale, elle va parvenir à se remémorer les récits que Wotan leur faisait quand ils étaient enfants.Ainsi, lors &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence le jour de la fête d’anniversaire du petit Siegfried. Ou plutôt non : l’histoire commence par la voix parlée de Brünnhilde, qu’on entend se demander comment tout cela a commencé. Remontant le fil de l’histoire familiale, elle va parvenir à se remémorer les récits que Wotan leur faisait quand ils étaient enfants.<br />Ainsi, lors de cette fête d’anniversaire à laquelle assistent Fricka (en tailleur Chanel), Donner et Froh (costumes d’aujourd’hui et petits chapeaux pointus ridicules), Siegmund (longs cheveux roux et peau de bête), Freia (en robe fleurie de jeune fille et qui traînera tout au long du spectacle trois ballons de baudruche dérisoires), Wotan (vaste manteau de peau d’ours) offrira au petit Siegfried (couronne en papier doré sur sa tête de gentil blondinet) un petit théâtre de marionnettes, ayant pour décor le Rhin et ses flots de carton-pâte. Il lui offrira aussi un petit dragon vert et une épée de bois. Tout cela sur une longue tenue des cordes graves venue du dessous de la scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_rheingold_khpringo_hoehn_025-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-190549"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Nathan Berg © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un jeu avec les anachronismes et les allusions</strong></h4>
<p>À la fête assiste aussi une petite fille (blonde) de l’âge de Siegfried, Brünnhilde bien sûr, qui elle aussi fouillera dans le coffre à jouets pour en sortir un masque de loup – et on sait que Siegmund dira « Wolfe, der war mein Vater &#8211; Loup était mon père ». On voit que la lecture de <strong>Benedikt von Peter</strong> ne se soucie guère de chronologie et qu’elle ne fait qu’extrapoler cette querelle de famille qu’est <em>L’Or du Rhin</em> hors du temps et de l’espace. Elle joue des anachronismes, des anticipations, des allusions. Des espiègleries aussi. Après tout, ce prologue est aussi une manière d’<em>heroic fantasy</em> avant l’heure.</p>
<p>Wotan, qui au début apparaît comme un<em> Pater familias</em> envahissant et raconteur de contes fantastiques, se révèlera bientôt comme le roublard qu’il est, ne quittant jamais sa bouteille ni sa lance et toujours obsédé sexuel, d’où sa progéniture envahissante ; on le verra même disparaître sous la nappe de la table d’anniversaire en compagnie de trois femmes opulentes en robes à paillettes, dont on comprendra plus tard que ce sont les trois Nornes (du jamais vu, semble-t-il) et il en ressortira le pantalon sur ses chaussures. Admettons.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_rheingold_gpringo_hoehn_068-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-190546"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Wotan entre Siegmund et Fricka © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Cette table toute en longueur sera un vaste plateau à tout faire. Quant au décor, il se réduit à une vaste carcasse de maison sur la gauche, qui sera le Walhalla, et à un arbre énorme à droite, où se balance pour l’heure une Brünnhilde adolescente. Tout au long de <em>Rheingold</em>, cette jeune Brünnhilde sera présente sur le plateau, assistant à tout l’imbroglio avec les Géants, à la bagarre avec Alberich, à son renoncement à l’amour, etc. Elle sera là aussi pour voir apparaître trois sirènes sous la forme de trois grandes marionnettes, soutenues chacune par trois manipulateurs, et un énorme crapaud (là aussi c’est une anticipation, puisque c’est bien plus tard qu’Alberich, grâce à son heaume magique, prendra l’aspect d’un batracien, mais de taille normale…)</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_rheingold_gpringo_hoehn_119-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-190547"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Michael Laurenz (Loge) © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un son presque comme à Bayreuth</strong></h4>
<p>La salle du théâtre de Bâle n’a pas de fosse d’orchestre. C’est une salle de théâtre moderne, sans charme particulier, mais sonnant bien. On a donc imaginé de faire presque comme à Bayreuth, c’est-à-dire de mettre l’<strong>Orchestre symphonique de Bâle</strong> sous la scène, et son chef aussi, sans visibilité autre que par un système de vidéo. De même pour les chanteurs qui ne voient <strong>Jonathan Nott</strong> que par le truchement de cinq écrans. Ce n’est pas tout à fait la fosse de Bayreuth, le son arrive notamment par des grilles au milieu de la scène, mais on s’approche de l’effet diffus, fondu, mystérieux, voulu par Wagner, de sorte que soient privilégiés (c’est le cas) le jeu des acteurs et les mots du « poème ».</p>
<p>Acoustiquement l’effet est plus qu’intéressant. La scène des Filles du Rhin (toutes trois remarquables, chacune en longue robe noire sous sa « sirène » de tissu) est magnifique d’animation et de piquant sous la baguette rapide, nerveuse, acérée de Jonathan Nott. On ne perd rien de la richesse de couleur virtuose du début, de l’étagement des sonorités, avec ce son monophonique que désirait Wagner : au lieu de l’effet gauche-droite, horizontal en somme, que donne la fosse d’orchestre, on a ici un effet qu’on dira vertical, c’est-à-dire l’étagement des sonorités, de l’aigu des flûtes jusqu’à la profondeur tellurique des contrebasses et des trombones.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_rheingold_gpringo_hoehn_056-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-190544"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le crapaud-Alberich et les Filles du Rhin © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Cela ne rendra que plus déconcertant d’ailleurs le fait que la voix d’Alberich ne vienne pas de ce crapaud gigantesque, mais de quelque part en haut à gauche ; de même que sera un peu gênant le décalage entre la lenteur des déplacements des sirènes ondulant tout autour de la scène et la prestesse, le foisonnement bigarré, l’élan de la conception sonore de Jonathan Nott.</p>
<p>Point fort de cette production, outre les bifurcations, suggestions, décalages d’une lecture ironique du texte wagnérien : une direction d’acteurs extrêmement serrée. Une approche véritablement théâtrale. La géographie particulière de la salle, l’extrême proximité des chanteurs-acteurs et des spectateurs induit un jeu tout en détails, la moindre mimique d’un Wotan prenant une force&nbsp; et une épaisseur humaine singulière (ces Dieux sont décidément très humains). Et quand le jeu devient hyper-théâtral (celui de Loge, par exemple, puisque c’est l’esprit du rôle), le naturel des enfants suffit à rétablir la balance.</p>
<h4><strong>Un Wotan formidable</strong></h4>
<p>La distribution est dominée par la grande voix de <strong>Nathan Berg</strong>, Wotan formidable, d’une autorité et d’une projection considérables, de surcroît excellent dans la veulerie, la duplicité, la morale chancelante (et la cruauté) du personnage. Non seulement la voix a l’ampleur et la profondeur, mais il manie avec aisance la conversation en musique, phrasant et accentuant avec verve les arguties du bonhomme, dans la longue querelle avec Fricka (<strong>Solenn&rsquo; Lavanant Linke</strong>), qui chante remarquablement, mais dont la stature vocale n’a peut-être pas le côté Cosima du rôle.</p>
<p>(Ici, on ouvrira une parenthèse pour dire que le lendemain, comme on le verra, non seulement Nathan Berg éclairera Wotan de toute autre manière dans la <em>Walkyrie</em>, et enrichira encore le portrait, mais que Solenn&rsquo; Lavanant Linke, dans sa grande plaidoirie furibarde du deuxième acte, y montrera une puissance, une autorité, une implacabilité nouvelles).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/nathan_berg_photo_ingo_hoehn-1024x684-1.jpeg" alt="" class="wp-image-190553"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Nathan Berg © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Les deux géants sont étonnants : si Fafner a la corpulence d’un bâtisseur en chemise écossaise, Fasolt est un grand escogriffe en salopette aux longs cheveux filasses, plutôt maigrichon. En revanche <strong>Hubert Kowalczyk</strong> a une grande voix de baryton-basse, aux phrasés remarquables, qui rivalise avec celle, de grand format, de son associé Fafner, <strong>Runi Brattaberg</strong>. Il va sans dire que l’on n’essaie nullement par quelque artifice de les faire apparaître plus grands que la normale.</p>
<h4><strong>Sarcasmes et sournoiserie</strong></h4>
<p>Autre point fort d’une distribution décidément très homogène, le Loge de haut vol de <strong>Michael Laurenz</strong> : coiffure peroxydée, costume beurre frais, il est un parfait rusé, intrigant, sarcastique, hyperactif, âme damnée de roman populaire, sournois et manipulateur. Ses glapissements pour convaincre Wotan de descendre au Nibelung reprendre l’or à Alberich sont particulièrement réjouissants. Ténor de caractère, il chantera dans peu de jours Mime à Vienne. Ici, Mime, excellent lui aussi, c’est <strong>Karl-Heinz Brandt</strong>, et dans les quelques répliques qu’il a en surgissant du Nibelung, avec ses airs de vieil intellectuel craintif et malmené par Alberich, il dessine une silhouette touchante (ce qui fait regretter de ne pas pouvoir être présent pour le premier acte de Siegfried et le voir dans la scène de la forge).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/bb068b56bf1103f496276b3320be95653e5094df_773209228-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190555"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Brünnhilde et les personnages du petit théâtre © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Non moins remarquables, le ténor lyrique clair et très projeté de Froh (<strong>Ronan Caillet</strong>) et le baryton très chaud de Donner (<strong>Michael Borth</strong>) dont les « Héda ! Hédo ! » lors de l’entrée au Walhalla seront retentissants. Très amusante, disons-le au passage, cette entrée solennelle (et un peu grotesque) sur un pont de chaises de cuisine alignées, toute la famille (dysfonctionnelle) des Dieux s’abritant sous des parapluies noirs…<br />Autres idées réjouissantes de cette mise en scène joueuse : la tête de dragon et sa queue (dans une esthétique de dragon chinois) surgissant furtivement du rideau, comme une concession à l’imagerie wagnérienne d’autrefois, ou l’évocation du Nibelheim, Wotan fracassant le plancher de scène à grands coups du marteau de Donner (marteau avec lequel Fafner trucidera Fasolt, première victime de la folie de l’or).<br />Quant à cet or, venu d’un Nibelheim qui restera souterrain, ce sera un amoncellement de plats, de ciboires, de moules à gâteaux, de candélabres, dont on recouvrira le corps de la pauvre Freia en échange de sa liberté…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_rheingold_gpringo_hoehn_149-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-190548"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>La vaisselle d&rsquo;or © Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Au total, c’est une grande réussite que de concilier le côté théâtre contemporain, volontairement un peu <em>cheap</em> et au second degré, et par exemple l’amertume sublime, la défaite humiliée d’Alberich, dont <strong>Andrew Murphy</strong>, qui n’a peut-être pas toute la noirceur qu’il faudrait pour le personnage, mais qui a la qualité d’avoir une voix proche de celle de Wotan, fait bien ressortir, derrière la cupidité et le désir de pouvoir (et surtout d’éternité) l’humanité profonde.</p>
<p>Non moins touchante, l’apparition fragile, dans d’étranges oripeaux, de Erda, incarnée par <strong>Hanna Schwarz</strong>, dont la voix n’a rien perdu de son pouvoir d&rsquo;émotion, elle qui fut la Fricka de Chéreau, il y a cinquante ans…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bale/">WAGNER, Das Rheingold &#8211; Bâle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récitals Ronan Caillet/Malte Schäfer et Ekaterina Chayka-Rubinstein/Maria Yulin — Paris (Salle Cortot)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recitals-ronan-cailletmalte-schafer-et-ekaterina-chayka-rubinsteinmaria-yulin-paris-salle-cortot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Apr 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/talents-d-avenir-streaming/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après la parenthèse lumineuse d’un récital créatif de Marie Perbost et sa comparse Joséphine Ambroselli,  le CNLB [Centre International Nadia &#38; Lili Boulanger] poursuit, en partenariat avec l’École Normale de Musique de Paris, institution chère à Nadia Boulanger, ses rendez-vous musicaux pour nous faire découvrir les lauréats des concours duo chant-piano. En ce dimanche pascal, en un &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recitals-ronan-cailletmalte-schafer-et-ekaterina-chayka-rubinsteinmaria-yulin-paris-salle-cortot/">Récitals Ronan Caillet/Malte Schäfer et Ekaterina Chayka-Rubinstein/Maria Yulin — Paris (Salle Cortot)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la parenthèse lumineuse d’un <a href="https://www.forumopera.com/recital-marie-perbostjosephine-ambroselli-paris-musee-guimet-reverie-poetique-au-coeur-de-lhiver">récital créatif de Marie Perbost et sa comparse Joséphine Ambroselli</a>,  le CNLB [Centre International Nadia &amp; Lili Boulanger] poursuit, en partenariat avec l’École Normale de Musique de Paris, institution chère à Nadia Boulanger, ses rendez-vous musicaux pour nous faire découvrir les lauréats des concours duo chant-piano. En ce dimanche pascal, en un temps presque estival sur la capitale, la salle Cortot accueillait deux tandems de lauréats 2019 : le ténor <strong>Ronan Caillet </strong>et le pianiste <strong>Malte Schäfer</strong> d’une part, et <strong>Ekaterina Chayka-Rubinstein</strong>, mezzo-soprano et la pianiste <strong>Maria Yulin</strong>, d’autre part, pour un double récital dédié à la mélodie française et au Lied. Le tout avec la complicité d&rsquo;Anna Sigalevitch journaliste, pianiste et comédienne, maitresse de cérémonie d&rsquo;un jour, et animatrice de la désormais traditionnelle discussion d&rsquo;après concert avec les artistes. Echange auquel les spectateurs derrière leur écran pouvait d&rsquo;ailleurs participer via la plateforme RecitHall, le récital étant également diffusé en streaming.</p>
<p>On pressent d’emblée dans la prestation croisée de ces jeunes artistes, le chemin parcouru depuis le concours duo 2019. Ronan Caillet âgé alors de 25 ans, qui nous avait laissé l’empreinte d’une voix juvénile et aérienne, au timbre agréable, est sans doute celle des deux voix qui a le plus progressé. Dans un bouquet équilibré entre mélodie française et Lieder, le jeune ténor évolue avec aisance même si c’est dans l’art du chant français qu’il capture d’emblée l’attention. Dans l’alternance de pièces intimistes, parmi lesquelles des œuvres de Caplet et des sœurs Boulanger, l’artiste atteint un palier suplémentaire tant dans son incarnation des textes que dans l’amplitude vocale. La voix claire fait désormais montre d’une belle puissance bien dosée, qui remplit aisément l’espace sans l’envahir, avec une pointe de vibrato donnant à certaines pièces le charme d’une élégance passée qui nous porte encore plus vers l’émotion. Dans la fragilité et la retenue s’affirme une urgence à dire les textes dont le piano de Malte Schäfer souligne avec l’exactitude d’un métronome tous les contours. Le ténor est au cœur de la mélodie française dans son jardin et se distingue par une diction impeccable. Dans les Lieder, notamment schumaniens, il se laisse porter par la précision de son accompagnateur, qui semble le guider dans un labyrinthe dont le duo donne l’impression qu’il ne peut être exploré qu’à deux, tant les deux artistes sont complémentaires dans une synergie évidente. Et sans doute cette complémentarité facilite la tâche du ténor dans les passages les plus escarpés des pièces du compositeur notamment dans les extraits de <em>Myrthen</em>. Malte Shäfer<strong> </strong>exalte le romantisme de l&rsquo;écriture, avec une vive ardeur mais qui reste toujours cohérente.</p>
<p>Dans le concours 2019, la mezzo ukrainienne Ekaterina Chayka-Rubinstein<strong> </strong>alors agée de 21 ans avait capté l’attention dans l’art du Lied grâce à une voix chaude et prenante fort bien conduite. Ce que nous avons pu entendre aujourd’hui, confirme cette première impression d’écoute. D’emblée on est interpellé par la maturité de l’artiste pour son jeune âge. Les Lieder sont une terre de prédilection et cela s’entend. Elle habite avec conviction ces pièces allemandes dont on retrouve ici le <em>Myrthen</em> schumanien. Elle traduit parfaitement cette <em>« innere Stimme »</em> qui habite les œuvres du compositeur, cet art de dire les émotions avec introspection. La voix est fraîche, longue et le timbre grave est séduisant. C’est dire déjà le bonheur éprouvé à l’écoute. Dans <em>Waldesnacht </em>de Schubert, tout est là, servi avec sincérité, dans le frémissement et l&rsquo;impatience. Elle montre une maîtrise également dans le « La li v pole da nie travouchka byla<i> </i>» de Tchaïkovsky, dont elle semble épouser parfaitement l’âme. On la sent toutefois plus distante avec les mélodies de Lili Boulanger et d’Henri Dutilleux dans cette langue française qui lui résiste encore. La compréhension du texte, la diction ne sont pas encore des rives familières. On sent d’ailleurs de sa part une réserve craintive, comme si l’artiste se tenait volontairement au seuil des œuvres sans véritablement vouloir franchir plus avant la distance qui sépare interprétation et incarnation. Mais la jeune mezzo est parfaitement consciente de ses limites, comme elle l’exprime dans l’entretien à bâtons rompus d’après concert, et elle sait qu’il lui faudra encore travailler ce français qui ne vient pas à elle naturellement. La pianiste, Maria Yulin<strong> </strong>qui l’accompagne ne démérite pas  dans un style enlevé et nerveux mais qui sait épouser les articulations, les touchers, les phrasés pour s’accorder au chant et à l’esprit de chaque pièce.</p>
<p>Les rives de la jeunesse sont salvatrices, elles nous poussent toujours et encore à la découverte, c’est sans doute pourquoi on court avec bonheur vers ces quelques parenthèses musicales privilégiées, denrées rares dans nos vies à ce jour suspendues. Et à cet égard, la fraicheur, la spontanéité et la lucidité des propos de fin de concert de ces jeunes artistes, malgré les difficultés ambiantes, nous ramènent aux vibrations positives de la vie.</p>
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