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	<title>Janine CAPDEROU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Janine CAPDEROU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Mesdames de la Halle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 10:35:06 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à <em>Mesdames de la Halle</em> une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons par rappeler que dans cet opéra-bouffe en un acte, créé aux Bouffes-Parisiens en mars 1858, Offenbach avait fait le choix de confier le rôle des trois marchandes à trois piliers masculins de sa troupe : Madame Poiretapée au ténor Léonce, futur créateur d’Aristée dans <em>Orphée aux enfers</em>, Madame Madou au baryton Désiré, qui serait Jupiter quelques mois plus tard, et Madame Beurrefondu au baryton Mesmacre. Par ailleurs, reprenant le principe du travesti de Chérubin, le jeune marmiton Croûte-au-pot était interprété par Lise Tautin, future Eurydice dans <em>Orphée</em>. Hélas, soit désir de clarifier les choses, soit volonté de faire se superposer sexe des personnages et sexe des chanteurs, la RTF décida de distribuer trois femmes dans le rôle des marchandes et un homme dans celui du marmiton. Rarement le mépris des intentions du compositeur aura été plus affiché, alors que l&rsquo;intention était sans doute de célébrer le centenaire de la première œuvre ambitieuse d&rsquo;Offenbach, avec chœur et distribution à plusieurs personnages, où la musique parodie Meyerbeer comme le livret pastiche l&rsquo;abbé Delille (« O Nature, j&rsquo;admire tes travaux&#8230; »).</p>
<p>Résultat : malgré tout le talent des mesdames <strong>Gabrielle Ristori, Deva Dassy </strong>et <strong>Marcelle Sansonetti</strong>, excellentes dans les dialogues parlés, ce qu’on entend n’a qu’un lointain rapport avec ce qu’a écrit Offenbach. Tout l’équilibre des voix est mis sens dessus dessous. Et mieux vaut ne rien dire de <strong>Joseph Peyron</strong> qui ridiculise Croûte-au-Pot, alors qu’il a pour partenaire la plus délicieuse Ciboulette qui soit en la personne de l’enchanteresse <strong>Claudine Collart</strong>, l’entrelacement des deux voix de femmes se changeant en banal duo d’une soprano avec un ténor aux intonations faubouriennes. <strong>Gaston Rey</strong>, plus acteur que chanteur, prête sa forte personnalité au major Raflafla mais il n’est pas défendu de penser qu’un vrai ténor aurait été préférable. On en restera donc à la version dirigée en 1988 pour EMI par Manuel Rosenthal, où Jean-Philippe Lafont, Michel Trempont et Michel Hamel restituaient aux trois dames leur véritable identité, même si Croûte-au-Pot restait hélas ténor.</p>
<p>Quant au complément de programme, la très rare <em>Bagatelle</em>, œuvre tardive (1874), il ne s’agit que d’extraits, et le son y est curieusement étouffé. Pendant l’ouverture et pour certaines plages, l’orchestre, comme réduit à un limonaire, semble venir de très loin. Les voix sont plus présentes, heureusement, et tout aussi curieusement, on a cette fois respecté le travesti du rôle du jeune Georges, confié à <strong>Janine Capderou</strong>, qui donne la réplique à l’irremplaçable <strong>Lina Dachary</strong>, sur les épaules de qui reposèrent tant de concerts de cette série. Dans l&rsquo;absolu, le respect des tessitures rendrait cette version préférable à celle où le même <strong>Marcel Cariven</strong> dirigeait en 1973 Michel Hamel et Claudine Collart, mais l&rsquo;absence de dialogue et l&rsquo;étrangeté de la qualité sonore ont de quoi faire hésiter.</p>
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		<title>Fervaal</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fervaal-pourquoi-chercher-midi-a-quatorze-heures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 2014 06:01:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ressusciter des partitions tombées dans l’oubli, c’est formidable. Faire découvrir des compositeurs dont le nom même n’est plus connu que de quelques spécialistes, c’est une excellente idée. Evidemment, on n’exhume pas toujours des merveilles, mais c’est une tâche infiniment louable. Pourtant, il y aurait peut-être encore mieux à faire : donner les chefs-d’œuvre avérés mais qu’on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ressusciter des partitions tombées dans l’oubli, c’est formidable. Faire découvrir des compositeurs dont le nom même n’est plus connu que de quelques spécialistes, c’est une excellente idée. Evidemment, on n’exhume pas toujours des merveilles, mais c’est une tâche infiniment louable. Pourtant, il y aurait peut-être encore mieux à faire : donner les chefs-d’œuvre avérés mais qu’on ne joue jamais. Et <em>Fervaal</em> est incontestablement de ceux-là. Vincent d’Indy a composé là une partition puissante, séduisante, enthousiasmante, totalement wagnérisée et pourtant française.<br />
	Qui pourrait croire que cette œuvre n’a jamais été remontée sur scène, absolument nulle part, depuis les représentations de 1912 à Garnier ? On sait que l’Opéra de Berne en donna deux exécutions de concert en mai-juin 2009, mais depuis, plus rien. Ce serait à devenir fou s’il n’y avait pas à ce silence assourdissant des raisons assez évidentes. <em>Fervaal</em> est une œuvre lourde à monter, qui exige un très grand orchestre, des chœurs, avec de nombreux personnages et de solides exigences théâtrales. Le « poème », dû à D’Indy en personne, est un peu casse-gueule, tant il sonne parfois daté, mais il en faudrait plus pour faire peur aux metteurs en scène d’aujourd’hui, habitués à transposer dans des parkings souterrains les actions les plus héroïques et les plus surnaturelles. Non, le vrai problème de <em>Fervaal</em>, c’est la distribution vocale qu’il appelle : le rôle principal féminin, mélange de Kundry, d’Isolde et de Vénus, est conçu sur un format authentiquement wagnérien, et le héros, sorte de Parsifal-Tannhäuser-Lohengrin, appelle également un véritable <em>heldentenor</em>. La déesse Haïto est une autre Erda, et le druide Arfagard est un baryton aussi à l’aise dans l’aigu que dans le grave.</p>
<p>Face aux terribles difficultés que présente l’ascension de telles altitudes lyriques, la RTF sut pourtant, en 1962, rassembler des noms sur lesquels personne, à tort, ne parierait aujourd’hui, mais qui parviennent admirablement à faire vivre <em>Fervaal</em> et à nous le faire aimer. Bien sûr, la partition qu’on entend est criblée de trous, un vrai gruyère, à commencer par l’amputation pure et simple du prologue et de la scène 1 de l’acte I (soit les 70 premières pages dans l’édition piano-chant qui en compte 390 !), mais qu’importe, ce qu’il reste de l’intrigue se suit malgré tout, et peut-être même ces coupes rendent-elles parfois l&rsquo;oeuvre plus digeste. Bien sûr, on pourrait rêver d’une prise de son de studio moderne rendant mieux justice à la vigueur de l’orchestration, mais <strong>Pierre-Michel Leconte</strong> dirige avec conviction une formation qui n’était certes pas la plus raffinée, et il a de la fougue à revendre.</p>
<p>Là où il n’est pas certain qu’on puisse faire mieux de nos jours, c’est pour les voix. <strong>Micheline Grancher</strong> est à présent bien oubliée, et c’est une injustice criante. Décédée l’an dernier, cette soprano avait à son répertoire Mélisande mais aussi Elisabeth de Valois, Elsa ou Madame Lidoine, et bien des théâtres rêveraient à présent de pouvoir compter sur une voix aussi large et bien timbrée, à la diction exemplaire. <strong>Jean Mollien</strong> est un nom qui revient fréquemment dans les distributions de concerts de la radio française dans ces années 1950 et 1960, mais on l’entend rarement dans des rôles de premier plan : quelle injustice ! Plus souvent entendu dans des rôle légers, le ténor interprète ici un personnage qui ne le ménage à aucun instant, presque toujours au-dessus de la portée et s’élevant régulièrement au si bémol ou naturel. <strong>Pierre Germain</strong> peut d’abord sembler un peu clair, mais le druide Arfagard n&rsquo;est pas Gurnemanz, et le baryton a toute l’autorité nécessaire à imposer sa présence paternelle. Surtout connue pour des enregistrements d’opérette, mais grande Dalila, <strong>Janine Capderou</strong> est superbe en Haïto. Donc, ne cherchez plus le chef-d’œuvre méconnu de l’opéra français : il est là, dans une interprétation partielle mais splendide. Et maintenant, quand verra-t-on <em>Fervaal</em> sur une de nos courageuses scènes nationales qui nous révèlent depuis quelques années des titres trop peu fréquentés ?</p>
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