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	<title>Ruggero CAPPUCCIO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, L&#039;elisir d&#039;amore — Rome</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/potion-magique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2014 05:37:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Heu-reux, voilà comment on sort de cet Elixir d’amour, reprise d’une production de 2011, réglée par Ruggero Cappuccio qui avait également signé dans un style semblable Don Pasquale en 2013. Et si ce dernier spectacle avait alors paru maussade, la faute en revenait plutôt à une direction musicale molle d’un ennui profond (voir le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Heu-reux, voilà comment on sort de cet <em>Elixir d’amour</em>, reprise d’une production de 2011, réglée par <strong>Ruggero Cappuccio</strong> qui avait également signé dans un style semblable<em> Don Pasquale</em> en 2013. Et si ce dernier spectacle avait alors paru maussade, la faute en revenait plutôt à une direction musicale molle d’un ennui profond (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5349&amp;cntnt01returnid=54">le compte-rendu</a>).</p>
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			Mais ce soir, tout est oublié. Ce qui frappe d’emblée, c’est la lumière vive due à des décors en grande partie d’un blanc immaculé, qui ne fait jamais penser à quelque hôpital sordide, grâce à un jeu d’éclairages d’une grande intelligence. Les beaux costumes des personnages et quelques accessoires ajoutent mille touches de couleurs pastels. Le metteur en scène indique dans les notes du spectacle avoir voulu rechercher « <em>la lumière inspirée de l’extraordinaire musique de Donizetti </em>». C’est peu dire qu’il y a réussi avec ses complices<strong> Nicola Rubertelli</strong>, <strong>Carlo Poggioli </strong>et <strong>Agostino Angelini</strong>.</p>
<p>			Mais où nous plonge-t-il exactement ?</p>
<p>			Intemporel, le spectacle fait tour à tour penser à Mary Poppins en voyage dans les dessin de Bert, Alice au pays des merveilles, à quelque magasin de jouets au sein duquel tout se serait soudain animé, ou encore à un cirque aux mille numéros simultanés. Car comme dans le <em>Don Pasquale </em> de 2013, la mise en scène fait appel à des mimes, des danseurs et des acrobates, omniprésents durant tout le spectacle, sans que jamais on ne se lasse de leurs splendides prestations, ni que cela altère en rien l’attention à la musique. Belles interventions, souvent drolatiques, de ces mimes grotesques pétris de talent, mais aussi des acrobates dont l’une livre, durant la « furtiva lagrima », une performance d’une rare poésie accrochée à un long voile, réussissant le tour de force de fasciner littéralement le public sans gêner le ténor au moment de son air de bravoure, comme on le verra.</p>
<p>			Déjà conquis par tout ceci, le public l’a été tout autant par le soin donné, une fois n’est pas coutume, à la direction d’acteurs. Ruggero Cappuccio souligne que les modifications apportées à sa réalisation de 2011 ont porté essentiellement sur ce point, profitant en l’occurrence d’une distribution particulièrement jeune, qui s’en est donné à cœur joie avec brio.</p>
<p>			Car si l’on a aimé ce qui était donné à voir, on n’a vraiment pas été déçu par ce que l’on a entendu. Un miracle d’équilibre au plus haut niveau.</p>
<p>			Sergent tout droit sorti d’un régiment de soldats de plomb, le Belcore d’<strong>Alessandro Luongo</strong> est à 36 ans le plus âgé de la troupe. Elève de Luciano Roberti, qui s’est perfectionné auprès de Corbelli, de Bruson, de Kettelson et de Freni – excusez du peu –, il déploie un baryton splendide, solaire, parfait dans ce rôle de matamore prétentieux, sans parler d’une diction remarquable.</p>
<p>			Débarquant accroupi d’une sorte de roulotte en forme de pyramide, <strong>Adrian Sampetrean</strong> est un Dulcamara rêvé. Cet escroc au grand cœur fait son numéro de charlatan avec bagout et ne tient pas en place. Cette basse, plutôt claire, est particulièrement sonore mais pas avare de nuances, dont il use à merveille pour mieux incarner son personnage, qui remporte un franc et mérité succès dans une salle enfin presque pleine.</p>
<p>			La Giannetta de <strong>Damiana Mizzi</strong> n’a pas froid aux yeux et ne tient pas plus en place que ses compères, dans une gestuelle très soignée, elle est aussi bonne danseuse que chanteuse, comme elle le démontre à la fin de l’opéra lorsqu’elle annonce l’heureux héritage de Nemorino, dans un soprano fruité parfaitement projeté.</p>
<p><strong>Rosa Feola</strong>, que l’on avait déjà remarquée dans la production de <em>Don Pasquale </em>qu’elle avait contribué à sauver du naufrage complet, tient ses promesses dans Adina, qui est à l’évidence taillée pour sa voix. De beaux aigus, jamais surexposés, ne font pas oublier sa capacité à descendre très bas dans la tessiture, sans que sa voix bouge. Plus raide dans son jeu que ses compères précités, elle incarne néanmoins avec une grande intelligence une Adina qui a la tête sur les épaules, avec un petit côté garce qui avait fait tout le miel de sa Norina. Immense succès aux saluts.<br />
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			Mais le grand triomphateur, dans cette troupe sans maillon faible, c’est<strong> Antonio Poli</strong>. Le jeune ténor a tout pour le rôle. Naïf un peu pataud, amoureux qu’on aimerait secouer, il fait adhérer immédiatement à son personnage. On pense à chaque instant que ce nigaud timide va manquer tous les redoutables rendez-vous que Donizetti lui a donnés dans la partition, mais il n’en est – presque – rien. Chacune de ses interventions révèle en effet un ténor à la voix juvénile mais ferme, tout est parfaitement en place, posé, avec une diction d’une clarté miraculeuse. Tout au plus peut on relever qu’il est moins à l’aise dans le registre bas.<br />
			Jusqu’à cette « furtiva lagrima » qui passe comme un rêve, dans un silence de cathédrale, sans le moindre bruit de salle, plongée dans une sorte de bain poétique unique qu’on voudrait ne jamais quitter. Les <em>pianissimi</em> finaux sont tout simplement splendides. L’explosion qui suit est énorme. Le public contraint littéralement le ténor à bisser l’air et si la voix bouge légèrement, le miracle se reproduit. Chapeau. C’était comme si la potion de Dulcamara avait envouté tout le théâtre…</p>
<p>			En vieux routier,<strong> Donato Renzetti</strong> mène l’ensemble sans excès et même sobrement, extrêmement attentif au plateau qu’il couve littéralement et à la tête d’un orchestre aussi coloré que les costumes. Il est aidé par un chœur en grande forme, comme à l’accoutumée.</p>
<p>			On se dit en sortant de cette soirée, passée comme un éclair, que la perfection n’est peut-être pas de ce monde, mais heureusement la poésie, oui. Heu-reux, on vous dit.</p>
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		<title>La Battaglia di Legnano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-nuit-au-musee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Mar 2013 09:01:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Grâce au bicentenaire Verdi, et à l’intégrale entreprise par C Major, certains opéras du maître de Busseto vont enfin connaître leur première au DVD. Ce n’est pas tout à fait le cas de La Battaglia di Legnano, mais on ne disposait jusqu’à présent que d’une version, captée en 2006 au Teatro Massimo Bellini de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Grâce au bicentenaire Verdi, et à l’intégrale entreprise par C Major, certains opéras du maître de Busseto vont enfin connaître leur première au DVD. Ce n’est pas tout à fait le cas de <em>La Battaglia di Legnano</em>, mais on ne disposait jusqu’à présent que d’une version, captée en 2006 au Teatro Massimo Bellini de Catane, avec notamment Elisabete Matos dans le rôle de Lida, dirigée par Nello Santi. Autrement dit, il y avait tout à fait place pour une intégrale concurrente. Hélas, ce n’est pas la mise en scène de <strong>Ruggero Cappuccio</strong> qui parviendra à retenir l’attention : comme on le comprend au rideau final, l’idée directrice est que cet opéra serait une de ces tableaux guerriers dont la peinture académique du XIXe siècle était friande, ce qui revient à faire de Verdi un peintre de bataille de la trempe de Meissonnier. Remonter aujourd’hui <em>La Battaglia di Legnano</em>, c’est un peu comme restaurer une toile ancienne, et cette production nous transporte dans les réserves d’un musée où s’accumulent quelques-uns des chefs-d’œuvre que la guerre a inspiré à l’art occidental, de la <em>Bataille d’Anghiari</em> de Léonard de Vinci à <em>La Grèce à Missolonghi</em> de Delacroix, en passant par la <em>Reddition de Breda</em> de Velasquez. Quelques figurants munis de pinceaux retouchent ces toiles (ou ces sculptures, puisqu’un crucifix subit aussi ce nettoyage, au troisième acte). Ça ne mange pas de pain, mais ça n’apporte strictement rien à notre compréhension de l’œuvre, et les chanteurs viennent se planter devant ces toiles de fond sans qu’il se passe vraiment grand-chose. Les costumes mélangent allègrement les époques, avec un chœur en imperméables résolument ancrés dans la deuxième moitié du XXe siècle, les chevaliers qui semblent sortis des troupes de Garibaldi et une héroïne qu’on prendrait pour Luisa Tetrazzini donnant un concert vers 1910.</p>
<p>
			Vocalement, les plus grandes satisfactions viennent du titulaire du rôle qui semble aussi avoir le plus inspiré le compositeur : avec Rolando, Verdi s’élève au-dessus du reste de sa partition pour anticiper sur les grands personnages de baryton qu’il allait créer au cours des années suivantes. Par chance, <strong>Leonardo López Linares</strong> s’avère le membre le plus convaincant de la distribution réunie à Trieste, avec des couleurs chaudes et une diction mordante. Pilier de l’intégrale C Major (elle est aussi Abigaille de <em>Nabucco</em>, Giselda d’<em>I Lombardi</em> et Leonora de <em>La Force du destin</em>), <strong>Dimitra Theodossiou</strong> est une chanteuse émouvante et courageuse, à qui les exigences verdiennes ne font pas peur. L’extrême aigu a sans doute été fragilisé par l’abus de rôles périlleux, mais la voix est belle. Dommage que l’absence totale de direction d’acteurs la cantonne à des poses certes élégantes mais terriblement convenues, pour un personage que la partition borne aux accents élégiaques. Le ténor américain <strong>Andrew Richards</strong> s’est illustré à Paris en <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=296&amp;cntnt01returnid=54">Don José</a>, ailleurs en <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=296&amp;cntnt01returnid=54">Cavaradossi</a> : sa voix parvient à se plier aux exigences du premier Verdi, mais son chant, surtout dans l’aigu, a quelque chose de fabriqué, d’aussi contraint que le pantalon moulant dans lequel est sanglée sa silhouette juvénile. Cela dit, qui pourrait égaler Corelli, modèle de générosité vocale Arrigo à la Scala <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2945&amp;cntnt01returnid=55">en 1961</a> ? L’orchestre ne sonne pas toujours très glorieux quand on l’entend à nu dans l’ouverture, alors que les chœurs assurent fièrement les nombreux passages a capella que leur réserve la partition. En résumé, une version musicalement satisfaisante, mais sur le plan visuel, un DVD pour rien.</p>
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