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	<title>Fabrizio Maria CARMINATI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Fabrizio Maria CARMINATI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor (distr. B) &#8211; Toulouse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La seconde distribution de Lucia di Lammermoor, programmé au total huit fois au Théâtre du Capitole de Toulouse fait la part belle à la jeunesse. La distribution A avait vu se reconstituer le duo anthologique Pratt/Pati en Lucia/Edgardo. Lionel Lhote avait brillé en Enrico et Michele Pertusi en Raimondo. Ce sont ces quatre rôles qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La seconde distribution de <em>Lucia di Lammermoor</em>, programmé au total huit fois au Théâtre du Capitole de Toulouse fait la part belle à la jeunesse.<br />
<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-toulouse/">La distribution A</a> avait vu se reconstituer le duo anthologique Pratt/Pati en Lucia/Edgardo. Lionel Lhote avait brillé en Enrico et Michele Pertusi en Raimondo. Ce sont ces quatre rôles qui sont doublés, le reste de la distribution (un crâne <strong>Valentin Thill</strong> en Arturo, <strong>Fabien Hyon</strong> en Normanno et <strong>Irina Sherazadishvili</strong> en Alisa) étant inchangé.<br />
Nous avions déjà noté l’attention toute particulière du chef <strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> à son plateau. C’est encore vrai ce soir et plus encore peut-être – les tempi pour les deux grandes scènes de Lucia sont très sensiblement ralentis, pour les besoins de la cause. A noter que cette fois-ci les deux parties de la scène de la folie se suivent immédiatement, ce qui contribue à densifier le drame.<br />
Le ténor norvégien <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> a 33 ans. Il était <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/">Tamino</a> ici même à Toulouse en 2021. Mais convenons qu’il y a un monde entre le jeune prince amoureux de Pamina et le ténébreux Ravenswood sur lequel le sort s’acharne. Pour que celui-ci soit pénétré de toute la rage amoureuse, de l’instinct presque bestial de vengeance, il faut confier à ce personnage une densité, une envie, mais aussi une noirceur certaine. La voix ce soir est certes dense dans le médium mais se perd dans des aigus parfois forcés et qui contraignent à détimbrer. Le jeu lui aussi manque d’engagement : on aurait envie de voir Edgardo amoureux et allant de l’avant, ici il ne fait que subir.<br />
<strong>Alessio Cacciamani</strong>, déjà vu en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-marseille/">Basilio à Marseille</a> est une basse italienne prometteuse. Ce bassoniste de formation, venu sur le tard au chant, campe un Raimondo d’autorité ; la puissance n’est pas fulgurante mais son « Ah cedi, cedi » au II est franchement convaincant.<br />
Des saluts enthousiastes et bien mérités ponctuent la prestation du jeune baryton argentin <strong>Germán</strong> <strong>Enrique Alcántara</strong> en Enrico. En 2018 il avait été primé au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concours-musical-reine-elisabeth-de-belgique-2018-bruxelles-bozar-la-justice-de-salomon/">Concours Reine Elisabeth</a>.<br />
Voilà un chanteur qui n’oublie pas d’être aussi un acteur sur scène. Sa prestation est magnifique d’un bout à l’autre ; il se sort admirablement de son aria plus cabalette au premier acte et ajoute au rôle d’Enrico une noirceur qui va bien avec le personnage.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_5253.jpg" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Enfin , il nous tardait de découvrir la Lucia de <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong>, remarquée au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-verdien-parme/">gala verdien de Parme</a> en octobre dernier ainsi qu’en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-parme/">Nanetta</a>, toujours à Parme. Il s’agit d’une prise de rôle et celle-ci est réussie. La native de Tarente s’approche avec moult précautions de ce personnage mais elle a de toute évidence le bagage technique et vocal pour en venir à bout.<br />
Elle fait bien de s’en approcher avec prudence ; ses deux grandes scènes sont prises sur un tempo lent, ce qui lui permet de négocier l’ensemble des coloratures aussi justement que possible. Mais il y a surtout un timbre qui, dans les médiums et les graves nous rappellent Mirella Freni avec des harmoniques riches à souhait. Les aigus sont appliqués et justes, la puissance  très respectable.<br />
Une prise de rôle qui doit donner confiance à cette jeune chanteuse à qui on ne pourrait que trop recommander de ne pas brûler les étapes.</p>
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		<title>DONIZETTI, Lucia Di Lammermoor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-lucia-di-lammermoor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 06:26:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Partons d&#8217;une simplification, qui fera hurler les spécialistes, mais qui aidera à débrouiller les choses. Depuis la fin des années 60, les sopranos qui décident d&#8217;enregistrer Lucia Di Lammermoor doivent opter entre deux pôles. Le pôle Callas et le pôle des sopranos légères. Callas : la vérité dramatique, la passion, l&#8217;engagement. Les sopranos légères : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Partons d&rsquo;une simplification, qui fera hurler les spécialistes, mais qui aidera à débrouiller les choses. Depuis la fin des années 60, les sopranos qui décident d&rsquo;enregistrer <em>Lucia Di Lammermoor</em> doivent opter entre deux pôles. Le pôle Callas et le pôle des sopranos légères. Callas : la vérité dramatique, la passion, l&rsquo;engagement. Les sopranos légères : la virtuosité vocale, l&rsquo;hédonisme sonore, l&rsquo;ornementation qui détache le chant de la terre. Comme de juste, les deux pôles ont souvent paru exclusifs l&rsquo;un de l&rsquo;autre. La seule qui avait vraiment tenté une synthèse était la regrettée Edita Gruberova dans son second enregistrement, chez Teldec, devenu presque introuvable, et très contesté par les spécialistes du bel canto.</p>
<p>Au tour de la jeune <strong>Lisette Oropesa</strong> de reprendre le flambeau et de tenter l&rsquo;impossible, en réconciliant les contraires. Du côté de la virtuosité, on sera comblé. La voix est d&rsquo;une beauté intoxicante sur absolument toute la tessiture, les aigus sont prodigués avec facilité et générosité. Oropesa se paie en plus le luxe de les varier à l&rsquo;infini en termes de volume. Aucun passage orné ne semble poser de problème. La respiration est gérée avec maestria, et tout cela est réalisé avec un tel art que l&rsquo;on reste confondu. Mais il y a plus : cette voix ne se contente pas de briller, elle se colore de mille tons pour émouvoir. Contrairement à beaucoup de coloratures qui finissent par toutes se ressembler dans l&rsquo;aigu, l&rsquo;Américaine garde son timbre bien à elle jusque dans les sommets, et cette voix ne se départit jamais d&rsquo;un enracinement solide dans la chair. Pour un personnage aussi humain, aussi dolent que Lucia, c&rsquo;est crucial, et cela donne un avantage inestimable. Son personnage existe, vit, souffre atrocement et nous bouleverse. L&rsquo;italien est en outre parfait et les mots sont projetés avec leur poids exact. Est-ce à dire qu&rsquo;absolument tout est irréprochable ? L&rsquo;un ou l&rsquo;autre aigu lancé en fin d&rsquo;acte est un peu « arraché », mais cela n&rsquo;aura d&rsquo;importance que pour les Philistins armés d&rsquo;une craie et d&rsquo;un tableau noir. Tous les mélomanes honnêtes devront reconnaître que Lisette Oropesa vient de marquer l&rsquo;histoire du rôle d&rsquo;une pierre blanche.</p>
<p>Cette volonté de la chanteuse de conférer une vraie urgence dramatique au bel canto trouve son pendant dans la direction de <strong>Fabrizio Maria Carminati.</strong> Quelle baguette alerte, vivante ! Quelle habileté à traduire tous les rebondissements du mélodrame ! Quelle façon d&rsquo;agripper l&rsquo;auditeur par le col et de ne plus le lâcher, même en studio ! Un exemple parmi des dizaines : au final de l&rsquo;acte II, peu après le sextuor, la façon dont sont négociés les innombrables changements de rythme : c&rsquo;est à la fois fluide et comme indexé sur les humeurs changeantes des protagonistes. <strong>L&rsquo;orchestre du Teatro Bellini de Catane</strong> sonne plein et charnu, flatté par une belle prise de son. Et il donne l&rsquo;impression d&rsquo;être prêt à suivre son directeur musical jusqu&rsquo;au bout du monde. Tout comme les chœurs. Tout est brûlant d&rsquo;ardeur dramatique, et on repense immanquablement à Flaubert et à Emma Bovary, qui sombre définitivement dans ses rêves mortifères après une représentation de <em>Lucia Di Lammermoor</em> à Rouen qui l&rsquo;arrache pour toujours à sa réalité.</p>
<p><strong>Stefan Pop</strong> est un Edgardo qui regarde déjà vers Verdi. La voix a un format héroïque, l&rsquo;émission est franche, solaire, parfois en force. A condition d&rsquo;adhérer à ce style, il est tout à fait permis de se laisser emporter par tant de générosité vocale. Le seul hic (relatif), c&rsquo;est la différence de style avec sa Lucia, qui donne un duo « Verranno a te sull&rsquo;aure » un peu étrange, mais après tout, ne peut-on pas considérer que les deux amants vivent dans des mondes différents ? Le Raimondo de <strong>Riccardo Zanellato</strong> est admirable de noblesse, d&rsquo;onction, une vraie basse profonde, et on est heureux que son air « Dalle stanze ove Lucia » n&rsquo;ait pas été coupé. Excellents Arturo et Normanno de <strong>Didier Peri</strong> et <strong>Dean Power</strong>.</p>
<p>Reste à mentionner les deux points faibles du coffret : l&rsquo;horrible Alisa d&rsquo;<strong>Irene Savignano</strong>, qui grince comme une porte mal huilée, et l&rsquo;Enrico de <strong>Mattia Olivieri</strong>, dont on attendait beaucoup, tant sa jeune carrière laisse entrevoir de promesses. Hélas, son incarnation est très monolithique, type méchant de cinéma, et il se croit obligé de hurler dès que sa tessiture s&rsquo;élève un peu vers les aigus, sans doute pour parachever le portrait du frère cruel. Dommage, parce que les moyens sont considérables, et une incarnation un peu plus sophistiquée aurait certainement été possible.</p>
<p>Mais que ces minuscules réserves n&#8217;empêchent pas les lyricophiles de découvrir un coffret passionnant à bien des égards, qui révèle en outre la vitalité des scènes lyriques italiennes en dehors de Rome ou de Milan.</p>
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		<title>Il Pirata</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-pirata-un-collier-de-perles-pour-une-reine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’enregistrement, attendu, annoncé, a déjà fait parler de lui avant qu’une seule note ne nous soit encore parvenue. D’abord par son caractère inédit. L’œuvre est en effet présentée dans une version intégrale, incluant les cadences originelles, les variations écrites par les chanteurs et le très rare finaletto. Et puis il y a Marina Rebeka à la barre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement, attendu, annoncé, a déjà fait parler de lui avant qu’une seule note ne nous soit encore parvenue. D’abord par son caractère inédit. L’œuvre est en effet présentée dans une version intégrale, incluant les cadences originelles, les variations écrites par les chanteurs et le très rare <em>finaletto</em>. Et puis il y a <strong>Marina Rebeka</strong> à la barre du navire de ce <em>Pirata</em> édité par le propre label de la chanteuse, Prima Classic basée dans le Wyoming. Elle prend ainsi le sillage d’Edita Gruberova, laquelle pour également échapper aux contraintes des maisons de disques, avait créé son Nightingale Classics. Ce répertoire, plus qu’un autre, doit être servi avec virtuosité et brio. Il n’y pas ici de place pour l’approximation et la médiocrité.  Il faut pour reproduire toute la beauté, réunir un bouquet de voix combinant technique infaillible, endurance physique, et engagement total. Un défi aux airs d&rsquo;impossible mission, mais certaines lectures parviennent toutefois à atteindre une vérité mettant en transe le lyricomane en quête de sensation forte. Finalement qu’importe le flacon tant que l’on a l’ivresse…et dans la flagrance de ce coffret, en plus de la parure esthétiquement très inspirée par <em>Le Pirate des Caraïbes « </em>Deppien », a de quoi ennivrer l’auditoire.</p>
<p>Il fallait s’attendre à un festival Rebeka et à cet égard, les espoirs n’ont pas été déçus tant la soprano est omniprésente et domine l’ensemble d’une voix héroïque obligeant les autres interprètes, pourtant tous excellents, à rehausser sans cesse leur interprétation. Les amateurs de voix de caractère, expressives et techniquement supérieures peuvent applaudir. Avec <strong>Marina Rebeka</strong>, il y a une reine belcantiste à célébrer. Et elle semble avoir ici trouvé son collier de perles.La chanteuse à la technique prodigieuse est parfaitement à son aise en Imogène. Le timbre, cependant, est une affaire de goût : Rebeka n’a pas le miel de Renée Fleming. Mais la  voix puissante et la capacité d&rsquo;ornementation précise malgré les accents dramatiques impressionne. Les aigus qui viennent couronner une vocalise emporte tout sur leur passage, en un souffle quasi tellurique qui soutient sans peine les longs arcs de la première partie de l’air de la folie, sans que la voix ne perde de son éclat. Elle domine, un peu trop peut-être…au détriment d’un équilibre nécessaire, car <em>Il Pirata</em>, n’est pas l’opéra d’un personnage mais d’un trio.</p>
<p>J<strong>avier Camarena</strong> est l’un des rares chanteurs à  pouvoir triompher des écueils vocaux de Gualtiero. Le ténor a pour lui la vaillance des braves, la sensibilité désarmante donnant force et crédibilité à ce guerrier des mers dépassé par les soubresauts du cœur. Il a le timbre lumineux, l’aigu souverain à mettre en transe toute une salle. Dans cette tessiture particulièrement tendue, Camarena évolue avec une belle prestance. Il fait triompher ici le mordant du phrasé, la précision des attaques, et surtout cette incroyable capacité à varier la couleur d’une note, typique du pur belcanto. « Nel furor delle tempeste » en est une parfait illustration.  C’est ce que l’on entend tout au moins quand le ténor est seul en scène, mais au bras de d&rsquo;Imogène, il apparaît parfois en retrait. Rebeka occupe l’espace et prend l’ascendant dans les duos, le ténor se trouve à certains moments débordé par sa partenaire, comme dans le final de « Bagnato dalle Lagrime » du premier acte,  et on se dit alors qu’un Michael Spyres et même un Marcello Giordani de la grande époque belcantiste, en auraient davantage imposé en Gualtiero dans ces cœurs à cœurs par une plus forte présence dramatique.</p>
<p>Avec <strong>Franco Vassallo</strong>, le baryton bellinien se dote de la verve verdienne. Le chanteur milanais a d’impressionnants moyens et est doté d’un aigu victorieux, mais l’écriture aux ornements subtilement esquissés requiert plus de nuances et comme toujours le baryton milanais est davantage dans la démonstration vocale que dans la nuance de l’interprétation. Toutefois, le chanteur est un acteur, et il interprète le rôle comme s’il était sur une scène d’opéra et nous donne à entendre un théâtre musical. il n’aime rien tant que jouer les âmes noires  Et son Ernesto aborde les vocalises avec plus ou moins d’agilité mais, dans les ensembles, il sait tenir tête à Rebeka en faisant parler sa puissance. il sait aussi paradoxalement expurger la noirceur coutumière d’Ernesto pour se faire plus miel, moins guerrier brutal et davantage mari blessé dans ses sentiments. A cet égard, le duo du deuxième acte est un moment clef où les voix traduisent à la perfection les pensées contradictoires de deux époux dans la tourmente des sentiments.</p>
<p>Les <em>comprimari</em> remplissent à merveille leurs tâches, de l’Adèle de <strong>Sonia Fortunato</strong> à l’Itubo de <strong>Gustavo de Gennaro</strong> en passant par le Goffredo d&rsquo;<strong>Antonio di Matteo</strong>.</p>
<p>A l’ouverture où l’usage du crescendo rossinien repose sur l’accélation du tempo, ici l&rsquo;attaque semble être un <em>pocchino lento</em>, mais rapidement <strong>Fabrizio Maria Carminati </strong>à la tête de l’orchestre du théâtre de Catane sait trouver la juste pulsation d’une œuvre charnière annonciatrice de la théâtralité verdienne. Et si l’on apprécie à juste titre une direction qui donne nerf et violence à la partition, on en admire pas moins le fini particulièrement soigné des détails instrumentaux. Chœurs et orchestre participent à l’éloquence narrative du langage musical bellinien.</p>
<p>On ne se lassera sans doute jamais des enregistrements live de Callas et Caballé qui sont des références absolues difficilement détrônables. Mais pour apprécier l&rsquo;œuvre dans son ensemble cette édition, plutôt classieuse dans sa parure et sa distribution, est absolument indispensable.</p>
<p> </p>
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		<title>Béatrice Uria-Monzon, Assoluta</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beatrice-uria-monzon-assoluta-assolutamente-divina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 May 2021 05:30:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors au sommet en mezzo-soprano, de par notamment son incarnation magistrale de Carmen, plus cérébrale que charnelle mais néanmoins incandescente, Béatrice Uria-Monzon a su amorcer, dans un timing parfait, une nouvelle trajectoire. Obéissant à une urgence intérieure, l’artiste a alors changé de rives pour se parer des habits vocaux de la soprano dramatique. Certains étaient &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors au sommet en mezzo-soprano, de par notamment son incarnation magistrale de Carmen, plus cérébrale que charnelle mais néanmoins incandescente, <a href="https://www.forumopera.com/actu/beatrice-uria-monzon-ce-qui-est-interessant-dans-notre-metier-cest-de-faire-bouger-les-choses#overlay-context=cd/beatrice-uria-monzon-assoluta-assolutamente-divina"><strong>Béatrice Uria-Monzon</strong> a su amorcer, dans un timing parfait, une nouvelle trajectoire</a>. Obéissant à une urgence intérieure, l’artiste a alors changé de rives pour se parer des habits vocaux de la soprano dramatique. Certains étaient dubitatifs, mais l’expérience et l’intelligence ont parlé d’une seule voix, une dynamique également portée par l’indéfectible soutien des admirateurs de la cantatrice.</p>
<p>Longue fut l&rsquo;attente, mais le disque dont elle nous fait aujourd&rsquo;hui l’offrande, son premier album solo, <em>Assoluta</em>, est une radiographie fidèle de ce voyage d’une vocalité à l’autre, au fil de onze airs dans lesquels l’artiste rèvéle toute l’intensité de ses couleurs italiennes. Béatrice Uria-Monzon rend ici un vibrant hommage aux figures féminines, actrices assumées de leur destin. Dans ce périple vocal semé parfois d’embûches, du <em>Bel Canto</em> (<em>Norma, La Gioconda</em>) au répertoire lyrico-spinto des héroïnes pucciennes (<em>Tosca, Manon Lescaut</em>) puis de là au répertoire dramatique verdien (<em>Macbeth, La Force du destin</em>) jusqu’au <em>verismo</em> (<em>Cavalleria Rusticana</em>), l’artiste se lance un défi qu’elle assume avec brio dans une gradation dramatique allant crescendo. Dans une diction fluidifiée, (le talon d’Achille de la chanteuse auquel elle apporte désormais plus de soin), elle  projette des notes aiguës étincelantes et un torrent d’émotions qui vient de l’intérieur, donnant épaisseur et âme aux personnages qu&rsquo;elle incarne. Dans le velours capiteux originel de sa voix Béatrice Uria-Monzon met ses couleurs fauves au service d’une expressivité rare. Tosca, Lady Macbeth, Santuzza étaient déjà entrées dans son répertoire scénique mais aussi Leonora, Manon Lescaut et, de manière plus surprenante Suor Angelica, Norma sont toutes, l’espace d’un air, habitées avec l&rsquo;intelligence nourrie par l’expérience.</p>
<p>L’écoute de cet album fait écho à un un souvenir personnel de récital, un hommage rendu à Maria Callas par l’artiste en 2017 sur la scène de l’Elephant Paname (au côté d’Alain Duault, également auteur de la note de présentation de du présent album). Avec la Divina, Béatrice Uria-Monzon a comme point commun, de toute évidence, l’élégance naturelle et surtout le don chevillé au corps pour sonder en tragédienne le personnage jusqu’au tréfonds de l’âme. Dans le geste et la nuance justes, elle donne à comprendre l’essence humaine des destins qu&rsquo;elle habite. Les héroïnes tragiques de Béatrice Uria-Monzon expirent dans une digne posture sans affliction, sans regret, sans lamentation. Elles affrontent le pire, avec une grandeur d’âme. Sa Tosca se jette dans le vide, mais elle le fait avec panache, car elle a l’étoffe de celles qui défient le destin. Le « Vissi d’arte, vissi d’amore » prend alors tout son sens. Sa Madeleine ainsi que sa Lady Macbeth consacrent également la tragédienne qui insuffle vie aux mots. Mais l’artiste atteint l’apogée du dire tragique avec <em>La Gioconda</em> et <em>Manon Lescaut</em>. Elle attise ici les braises d’une vie qui n’est plus que cendres. La voix est au bord des larmes, cherchant un sens à une existence qui n’en a plus, dans la tourmente des soubresauts des évènements qui font et défont les vies. Et pourtant, « Non voglio morire » chante Béatrice Uria-Monzon, héroïne au bord du précipice, comme un dernier sursaut avant l’inévitable qui puise ainsi dans l’intensité de la vie une raison encore d’espérer.</p>
<p><em>L’Orchestra della Fondazione Teatro Lirico Giuseppe Verdi</em> et son chef <strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> entièrement au service de l&rsquo;interprète et de ses affinités électives, respire avec cette voix qui distille sa lumineuse douleur. On aurait toutefois souhaité que l&rsquo;orchestre habite avec d&rsquo;avantage de verve ces partitions à haute charge émotionnelle, notamment dans Verdi. Mais l&rsquo;intérêt ici est la voix et la personnalité de son interprète. Béatrice Uria-Monzon n’a ici peur de rien, elle s’expose, prend des risques, elle se met à nu, elle prend l’auditeur comme témoin privilégié du destin de ces personnages tragiques auquel par l’interprétation il peut s’identifier car il n’y a ici aucune distanciation créé par le filtre de la voix. Au contraire, l’interprète se jette ici toute entière dans les flammes incandescentes des émotions humaines. « L’album est le reflet de ce que je suis à travers ces femmes » Dans cette  incarnation absolue, Béatrice Uria-Monzon s’empare de son sujet avec brio. </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Moïse et Pharaon, ou le passage de la Mer Rouge</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/moise-et-pharaon-ou-le-passage-de-la-mer-rouge-plouf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2020 14:49:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1824, Rossini s’installe à Paris. Celui qui est considéré alors comme le plus grand compositeur de son temps a négocié une rente viagère avec l’administration de Louis XVIII en contrepartie de la composition d’ouvrages inédits et exclusifs pour la scène parisienne. L’accord sera maintes fois renégocié, après l’avènement de Charles X, puis celui de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1824, Rossini s’installe à Paris. Celui qui est considéré alors comme le plus grand compositeur de son temps a négocié une rente viagère avec l’administration de Louis XVIII en contrepartie de la composition d’ouvrages inédits et exclusifs pour la scène parisienne. L’accord sera maintes fois renégocié, après l’avènement de Charles X, puis celui de Louis-Philippe, les gouvernements successifs souhaitant faire des économies, et Rossini en faire le moins possible. Cette situation amènera le compositeur pésarais à composer<em> Il Viaggio a Reims</em> (1825) ouvrage de circonstance pour le couronnement de Charles X (deux représentations) et à confier à Scribe et Delestre-Poirson le soin de mettre de nouvelles paroles sur une musique la moins changée possible pour le réjouissant Comte Ory (1828). <em>Le Siège de Corinthe</em>, très inspiré de <em>Maometto II</em> (pour les mélodies sinon pour le style) est créé à l’Opéra de Paris en 1826. Puis, <em>Moïse et Pharaon</em> (tiré de <em>Mosé in Egitto</em>) triomphe en 1827. <em>Guillaume Tell </em>(1829) sera l’ultime sursaut de génie du compositeur qui cessa de composer pour le théâtre&#8230; mais se verra confirmer sa pension, bien qu’il fut loin d’avoir tenu ses engagements : on considéra qu’un ouvrage de la taille de <em>Guillaume</em> <em>Tell</em> en valait bien trois ! Avant de composer pour l’Opéra de Paris, Rossini avait commencé par apprendre à maîtriser le français, la musique française et le style de la déclamation. Dans ces nouveaux ouvrages, les fioritures sont allégées et sont employées à des fins plus dramatiques. Il est possible que nécessité ait fait loi, les chanteurs de l’Opéra n’ayant pas une grande réputation de virtuosité. Cela reste à discuter car ces partitions ne sont pas non plus des parties de plaisir. Toujours est-il que ces révisions, ainsi que le développement du rôle des chœurs, l’introduction de ballets, renouvelleront considérablement le style de l’opéra français de l’époque, annonçant les évolutions ultérieures de Meyerbeer et Halévy. </p>
<p>En 1983, <em>Moïse et Pharaon</em> inaugura le mandat, aussi éphèmère que flamboyant, de Massimo Bogiankino. La distribution de l&rsquo;époque réunissait Samuel Ramey, Shirley Verrett, Cecilia Gasdia et autres pointures sous la baguette inspirée de Georges Prêtre, <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/moise_milan_03.htm">dans un production de Luca Ronconi reprise 20 ans plus tard à Milan</a> : nous sommes bien loin de tels sommets. Le Moïse d&rsquo;<strong>Alexey Birkus</strong> excelle dans la déclamation, la voix est intéressante et répond aux exigences de la partition, mais l&rsquo;interprétation est par trop monolithique. Le français n&rsquo;est pas irréprochable, les « s » étant prononcés comme « ss », ce qui donne des tournures surprenantes telles que « Grand Dieu ! fesses éclatées » au lieu de « Grand Dieu ! fais éclater ». La basse italienne <strong>Luca Dall’Amico</strong> est un jeune chanteur fort estimable. Malheureusement, il est ici largement dépassé par les exigences du rôle de Pharaon et ses aigus (une huitième plaie d&rsquo;Egypte), plutôt adaptés aux moyens d&rsquo;un baryton-basse. La diction est également peu compréhensible. L&rsquo;Aménophis de <strong>Randall Bills </strong>est en revanche tout ce qu&rsquo;il y a de plus excitant, composant sans problème avec une tessiture meurtrière et un ambitus important, se payant le luxe de variations bienvenues avec des vocalises rapides et toujours bien ciselées. On retrouve ces mêmes qualités belcantistes chez <strong>Silvia Dalla Benetta</strong>, avec un chant bien orné, mais également capable des inflections dramatiques les plus fines. L&rsquo;Anai d&rsquo;<strong>Elisa Balbo</strong> est là encore un choix de distribution discutable. Les qualités belcantistes, en particulier la vélocité et la qualité des vocalises sont bien là, mais le rôle est trop aigu pour le soprano, ce qui l&rsquo;amène à des stridences répétées. <strong>Patrick Kabongo</strong> est un Eliezer au timbre agréable, techniquement impeccable. Les autres rôles sont très correctement tenus. Personnage capital dans cette version, le <strong>Chœur de chambre Górecki de Cracovie</strong> nous paru bien juvénile, presque scolaire. L&rsquo;appproche des <strong>Virtuosi Brunensis</strong> est vive et alerte, très différente de celle des orchestres de l&rsquo;Opéra de Paris ou de Milan, et peut-etre plus proche de l&rsquo;esprit de la création. A la tête de la formation, le chef <strong>Fabrizio Maria Carminati </strong>impose un vrai sentiment d&rsquo;urgence, avec un tempo souvent excitant. Les ensembles sont plutôt réussis, en particulier le finale de l&rsquo;acte III, «  Votre ardeur, votre foi chancelle !  », qui est proprement électrisant ! Notons que, <a href="/moise-et-pharaon-bad-wildbad-une-ambition-respectable">contrairement à la représentation auquel assista notre confrère Maurice Salles</a>, le cantique final est ici bien présent. La prise de son n&rsquo;est pas fameuse, l&rsquo;émission des chanteurs et l&rsquo;écho variant avec leur position. Reste quel les enregistrements de l&rsquo;ouvrage sont rares, ce qui donne un intérêt à cette édition, par ailleurs proposée à prix doux.</p>
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		<title>Fabrizio Carminati au Teatro Bellini de Catane</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/fabrizio-carminati-au-teatro-bellini-de-catane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 08:46:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est donc Fabrizio Maria Carminati qui succèdera à Francesco Nicolosi comme directeur artistique du Théâtre Massimo Bellini de Catane. Chef de renommée internationale, c&#8217;est un artiste complet, dont les études de direction et de composition ont été conduites à Milan, avec une formation de pianiste de haut niveau. Entré très jeune dans la carrière, au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est donc <strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> qui succèdera à Francesco Nicolosi comme directeur artistique du Théâtre Massimo Bellini de Catane. Chef de renommée internationale, c&rsquo;est un artiste complet, dont les études de direction et de composition ont été conduites à Milan, avec une formation de pianiste de haut niveau. Entré très jeune dans la carrière, au Teatro Regio de Turin, directeur artistique de la Fondation Arena de Vérone jusque 2006, il a été premier chef invité à Marseille jusque 2015. Bellinien réputé, également amoureux de Donizetti, il a beaucoup enregistré avec l&rsquo;orchestre de Bergame, où il est né,  et devrait donner un nouvel essor à la scène sicilienne.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-parme-force-et-honneur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 May 2018 06:42:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah le printemps, ses changements brusques de températures, ses pollens et ses annulations ! L’époque est propice pour propulser sur le devant de l’affiche les jeunes pousses de l’art lyrique. Aussi, lorsque Teatro Regio de Parme a vu Anna Pirozzi et Andrea Carè renoncer pour les raisons primesautières évoquées, la solution pour parer au plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Ah le printemps, ses changements brusques de températures, ses pollens et ses annulations ! L’époque est propice pour propulser sur le devant de l’affiche les jeunes pousses de l’art lyrique. Aussi, lorsque Teatro Regio de Parme a vu Anna Pirozzi et Andrea Carè renoncer pour les raisons primesautières évoquées, la solution pour parer au plus pressé s’est avérée de faire confiance à sa deuxième distribution. Grand bien leur a pris !</p>
<p>	<strong>Saioa Hernandez</strong>, entendue <a href="https://www.forumopera.com/francesca-da-rimini-strasbourg-cinquante-nuances-de-gris">à Strasbourg dans <em>Francesca da Rimini</em></a>, possède une voix ample, charnue et un vaste ambitus qui place Tosca et ses excès tout à fait dans ses cordes. Voilà un portrait sensuel et mûr. Toutefois, l&rsquo;interprétation strictement vocale reste encore un peu verte et monochrome, notamment dans le deuxième acte où aigus et forte sont émis avec la même précision implacable mais aussi la même couleur blanche : rage, douleur, désespoir… difficile de faire la différence. Evidemment le « Vissi d’arte » souffre de la même anémie et reste encore précautionneux en nuances et sons filés. <strong>Francesco Landolfi </strong>propose un baron Scarpia sournois, dont la projection efficace compense un volume plus confidentiel. Le chant se teinte élégamment et ne verse jamais dans la facilité d’excès expressionnistes. <strong>Migran Agadzhanian</strong> triomphe grâce à un Mario presqu’autant en muscles qu’en nuances. Le timbre solaire et égal, l’élégance de la ligne, <a href="https://www.forumopera.com/cavalleria-rusticana-i-pagliacci-geneve-regards-de-femme">déjà remarqués en Beppe à Genève</a>, enluminent le portrait du peintre amoureux au premier acte. Les quelques rodomontades face à Angelotti augurent de « Vittoria » surpuissants. Il lui manque encore un rien d’endurance pour préserver la fraîcheur de sa voix de certaines duretés qui apparaissent au fil de la soirée et vont priver «E lucevan le stelle», fort bien conduit au demeurant, de toutes les nuances et demi-teintes nécessaires. <strong>Luciano Leoni </strong>campe un Angelotti crédible, au port noble sous la fatigue de sa situation. Les seconds rôles apportent toute satisfaction de même que les choeurs du Regio et ou des jeunes de chorale Giuseppe Verdi de Parme : il est d’ailleurs surprenant que le jeune berger soit confié à une soprano (belle intervention de <strong>Carla Cottini</strong>).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="268" src="/sites/default/files/styles/large/public/3691_tosca2018.jpg?itok=NF-9a0ft" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p dir="ltr"><strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> dispose d’un orchestre de qualité, aux cordes soyeuses et la petite harmonie délicate. Il mène le drame de manière alerte tout en prenant le temps de dépeindre les ambiances ou de verser dans le lyrisme des deux duos entre les amoureux au premier et dernier acte. Il parvient également à tendre le discours quand il faut, surtout au deuxième acte. Seul quelques scansions, comme les violons griffonant leurs accords lorsque Tosca déchiffre l&rsquo;éventail ou quand Scarpia la presse de toute part, restent trop timides.</p>
<p>	Passons plus rapidement enfin sur la mise en scène de <strong>Joseph Franconi Lee</strong>. Il s’agit d’une mise en image un rien stylisée : un escalier imposant sert d’élément structurant au trois actes. Quelques mobiliers et des toiles peintes descendues des cintres distinguent les lieux. Son principal défaut vient d’une direction d’acteur grandiloquente, remède au moindre semblant réalisme.</p>
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