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	<title>Caroline CASADESUS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Caroline CASADESUS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>La Voix humaine &#8211; La Dame de Monte-Carlo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Mar 2019 06:19:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le succès universel et permanent de La Voix humaine, depuis sa création, l’enregistrement qu’en signèrent Denise Duval et Georges Prêtre en 1959, suivi d’un grand nombre d’interprètes, ont rejeté dans l’ombre la version qu’en réalisa Poulenc pour chant et piano. Cette dernière servit entre autres à une tournée américaine, mise en scène par Cocteau, où &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le succès universel et permanent de <em>La Voix humaine</em>, depuis sa création, l’enregistrement qu’en signèrent Denise Duval et Georges Prêtre en 1959, suivi d’un grand nombre d’interprètes, ont rejeté dans l’ombre la version qu’en réalisa Poulenc pour chant et piano. Cette dernière servit entre autres à une tournée américaine, mise en scène par Cocteau, où le compositeur était au piano. Le CD de <strong>Caroline Casadesus</strong>, publié en avril 2016, avait appelé <a href="/cd/la-voix-humaine-la-dame-de-monte-carlo-quand-le-telephone-avait-un-fil">une critique très élogieuse de Jean-Marcel Humbert</a>, qui rappelle opportunément les vicissitudes singulières de cette version. Le caractère intime de la partition suffirait à justifier ce choix. L’extrême discrétion dont peut faire preuve le piano s’accorde idéalement aux chuchotements, aux silences de la soliste, comme à ses cris désespérés.</p>
<p>Le thème de la pièce que créa Berthe Bovy, est connu. Une femme, au téléphone, parle pour la dernière fois à son amant (« Auteuil 047 ») qui lui annonce qu’il la quitte pour en épouser une autre.  L’anecdote,  fait divers sentimental, prend ici une dimension vraie, sans fausse poésie ou grandiloquence. Nous ne savons rien de cette femme, sinon sa passion, au moment où elle ne se supporte plus, où il lui faut coûte que coûte une diversion autre que la mort. Son long monologue, suspendue au téléphone, tentant de reconquérir celui qui l’abandonne nous émeut et nous captive par la vérité, la justesse, la puissance expressive de Caroline  Casadesus.</p>
<p>Ainsi, le rideau se lève, nous dit Cocteau, « <em>sur une chambre de meurtre</em> », où l’héroïne finit par s’enrouler le fil du téléphone autour du cou. Roberto Rossellini en fit un film, avec Anna Magnani en 1947. Enfin Poulenc choisit d’écrire cette « tragédie lyrique » en 1958, 17 ans avant que Menotti se tourne vers  <em>Le téléphone</em>. Au lendemain de la création, le 19 juillet 1959, le compositeur adresse une lettre à la merveilleuse Denise Duval, qui commence en ces termes : « <em>Ma biche jolie, Comment se passe ton séjour dans la musicale île de Ré ? Combien de pêcheurs se sont déjà jetés à la mer par amour pour toi ? Après ton départ de Paris, ce n’était que cœurs en combustion !!! Voilà ce que c’est de jouer les vamps !</em> ». La séduction naturelle de Caroline Casadesus est constante. L’amante n’est pas Didon : Les silences, les interrogations, les coupures comme les intrus sur la ligne, donnent  à cette confidence, qui nous prend à témoins, la tension qui conduit l’abandonnée, d’une solitude pathétique, au bord du suicide.</p>
<p>Oubliée l’entrée en scène outrancière de l’héroïne qui s’effondre sur le fauteuil, le jeu dramatique est aussi superbe que le chant. La variété des nuances de la voix  porte l’émotion, nous bouleverse. La diction est exemplaire, récitatif contrasté où le parlando réserve de belles parenthèses lyriques. La maturité vocale, essentielle, les couleurs, de la tendresse poignante, à la résignation, au sursaut ou au désespoir, tout est là, vrai, juste, sincère. Admirable chanteuse et grande tragédienne, Caroline Casadesus nous émeut. Le piano nous fait entendre clairement le propos de l’invisible interlocuteur, détaché.  Incisif comme tendre, <strong>Jean-Christophe Rigaud</strong> est le partenaire, l’amant et Joseph, son valet de chambre. Son dessin, pastel, parfois eau-forte, plus que peinture, s’accorde à merveille au chant.</p>
<p>Et si <em>La Dame de Monte-Carlo</em> et la femme abandonnée de « La voix humaine » n’étaient qu’une même personne,  quelques années après, lasse, blasée et frivole, s’étant réfugiée dans la griserie et le jeu ? L’interprétation  inspirée qu’en donne Caroline Casadesus l’autorise. Le discours lyrique  est sans apprêt, dans le droit fil de <em>La voix humaine</em>. Poulenc se délecte toujours autant du texte de Cocteau, son complice.  Du texte, banal comme comme porteur de mystère, l’art de la suggestion est extraordinaire. La tragédienne a tout pour incarner cette femme : la voix, le physique et la vérité dramatique. C’est donc un régal, aussi, que cette seconde interprétation où la vacuité, la tendresse misérable et l’angoisse de cette femme à la dérive, qui cache derrière sa désinvolture apparente une profonde détresse sont idéalement illustrées. Le port altier, la distinction, l’élégance racée de Caroline Casadesus, l’authenticité de son jeu font merveille. Œuvres exigeantes où l’artifice et l’outrance guettent l’interprète qui se contente de jouer le rôle, leur réalisation  ne se substitue pas à leur version orchestrale, mais constitue le complément idéal pour tous les mélomanes épris de l’œuvre de Poulenc. Elle vaut ici par la qualité de ses interprètes, par l’engagement vocal et dramatique de Caroline Casadesus tout particulièrement. Mais, outre le couplage des deux monodrames, devenu fréquent, elle paraît essentielle pour le retour aux sources, comme pour la vidéo, dont le montage renforce la dimension humaine du drame : le cadrage, les gros plans, le rythme, tout concourt à la réussite de cette réalisation.</p>
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		<title>POULENC, La Voix humaine — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-paris-o-combien-humaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 May 2016 21:48:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Drôle d&#8217;endroit pour un opéra. Niché en sous-sol dans une impasse, le long du boulevard Montparnasse devenue boulevard du crime depuis que la municipalité parisienne en a inexplicablement modifié la circulation (le traverser revient à risquer sa vie), le Théâtre de Poche-Montparnasse affiche La Voix Humaine. Ni ors, ni stucs, ni fauteuils en velours rouge, ni &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Drôle d&rsquo;endroit pour un opéra. Niché en sous-sol dans une impasse, le long du boulevard Montparnasse devenue boulevard du crime depuis que la municipalité parisienne en a inexplicablement modifié la circulation (le traverser revient à risquer sa vie), le Théâtre de Poche-Montparnasse affiche <em>La Voix Humaine</em>. Ni ors, ni stucs, ni fauteuils en velours rouge, ni loges – décloisonnées ou pas –, ni marches que l&rsquo;on gravit d&rsquo;un pas de sénateur, mais un escalier raide qui descend dans une de ces caves dont Paris, la nuit, a le secret. De petites tables rondes cernées de chaises se serrent autour d&rsquo;un piano et d&rsquo;un canapé. L&rsquo;intimité touche au voyeurisme lorsqu&rsquo;il est donné d&rsquo;assister d’aussi près à la mise à mort imaginée par Jean Cocteau puis adaptée sous forme de tragédie lyrique par Francis Poulenc. Une femme, suspendue au téléphone comme un naufragé à sa bouée, est abandonnée à l&rsquo;autre bout du fil par un homme, son amant, dont on n&rsquo;entendra jamais la voix mais dont les silences laissent deviner les répliques. Monologue impitoyable et cruel que <strong>Caroline Casadesus</strong>, accompagnée par <strong>Jean-Christophe Rigaud</strong>, vient d’enregistrer chez Ad Vitam Records et rejoue chaque lundi jusqu&rsquo;au 11 juillet dans une version pour piano, moins courante que celle pour orchestre car longtemps interdite par les ayants droit (lire à ce propos<a href="http://www.forumopera.com/cd/la-voix-humaine-la-dame-de-monte-carlo-quand-le-telephone-avait-un-fil"> l&rsquo;article de Jean-Marcel Humbert</a>).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/vh1.jpg?itok=cRR43Giz" title="© Théâtre de Poche-Montparnasse" width="468" /><br />
	© Théâtre de Poche-Montparnasse</p>
<p>Si l’on donne ces détails, c’est pour tenter d’expliquer combien le spectacle proposé est inhabituel, combien il se démarque des représentations d’opéra auxquelles on peut-être coutumier, combien il suscite d&rsquo;émotions sans que, troublé, l’on ne sache à quel facteur en attribuer la force si ce n&rsquo;est la conjonction d&rsquo;éléments dont la somme fait la valeur : la proximité avec les artistes ; la partition choisie, d’une intensité décuplée par l’absence d’artifices orchestraux ; l’interprétation qu’en propose Jean-Christophe Rigaud, d’une précision clinique dans son traitement des silences, éloquente lorsque la musique se fait descriptive, compassionnelle parfois, secouée de spasmes jusqu’à accepter, résignée, la douleur de la séparation (le thème conclusif d’une douceur amère à tirer les larmes) ; la mise en scène de <strong>Juliette Mailhé</strong>, fidèle au texte mais suffisamment libre pour ne jamais se figer ; la composition de Caroline Casadesus, si intimement vécue que la voix donne à chaque instant l’impression qu’elle va se briser ; le teint diaphane et le chic de la silhouette, frêle et crispée ; l’exactitude du geste ; le timbre dont les griffures servent l’expression ; la manière dont chaque mot est si exactement traduit que le « sprechgesang » qui souvent prévaut apparaît justifié ; certaines répliques dont l’inflexion frappe l’oreille au point qu’on a l’impression de les entendre pour la première fois ; la folie que l’on pressent et qui parfois laisse à penser que des deux, l’homme n’est pas forcément le monstre, que sa supposée lâcheté est un réflexe de survie, l’unique moyen de se débarrasser de cette femme qui l’enserre, le questionne, le supplie, le harcèle jusqu’à l’étouffer.</p>
<p>On ne s&rsquo;immerge pas dans cette atmosphère suffocante sans avoir préalablement pris une large respiration. <em>La dame de Monte-Carlo</em>, autre monologue composé par Poulenc sur un texte de Cocteau trois ans après <em>La Voix humaine</em>, mais d’une portée dramatique moindre, accomplit le rite préparatoire d&rsquo;un sacrifice trop humain. </p>
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		<title>La Voix humaine &#8211; La Dame de Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-voix-humaine-la-dame-de-monte-carlo-quand-le-telephone-avait-un-fil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Apr 2016 08:42:13 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Notre mémoire collective se raccourcit d’année en année. Mauvaise tenue des archives ? Mauvaise préparation des documentalistes ? Recul insuffisant des sources informatiques ? Toujours est-il que la mémoire humaine, dans ce cas de figure, reste irremplaçable. Eh bien non, contrairement à la mention « première mondiale » inscrite sur la couverture du CD et sur son livret, cet enregistrement de la version chant et piano de <em>La Voix Humaine</em> de Francis Poulenc et Jean Cocteau par <strong>Caroline Casadesus </strong>est – au moins – le troisième. On se souvient d’Anne Béranger, déjà très malade, dans son long et douloureux cheminement sur toute la longueur du grand foyer du théâtre de Chaillot, mis en scène par Antoine Vitez et accompagnée par le pianiste Setrak (disque vinyle Le Chant du Monde, 1982), enregistrement « non autorisé ». Et puis, plus récemment, de Félicity Lott accompagnée par Graham Johnson, dans une réalisation d’Alexander van Ingen (CD et DVD Champs Hill Records, 2011), version « autorisée ».</p>
<p>Que viennent faire ces versions « autorisées et « non autorisées », alors que Francis Poulenc adorait accompagner au piano Denise Duval, et pas seulement dans des intérieurs privés ? Après la mort du compositeur (1963), ce sont les ayants droit qui ont décidé d’interdire la version chant/piano. Leurs raisons n’étaient peut-être pas mauvaises (essentiellement empêcher que l’œuvre, économique à monter, ne soit jouée – et peut-être massacrée – par n’importe qui). Nous n’avons pas à commenter une telle décision qui partait certainement d’un bon sentiment, mais de ce fait, l’œuvre n’a pratiquement plus été jouée dans cette version à la fin du siècle dernier.</p>
<p>Ce nouvel enregistrement rappelle pourtant tout l’intérêt que représente la version chant/piano par rapport à la version orchestrale (au demeurant elle aussi également fort belle) : mais le piano offre un resserrement du propos, un côté plus « bourgeois » de l’atmosphère de l’œuvre, et une musicalité souvent plus directe et incisive. De son côté, Caroline Casadessus a beaucoup d’atouts pour enregistrer ce rôle : elle l’a souvent interprété sur scène, elle en a le physique et une maturité vocale et musicale que l’on a rarement à 20 ans… A partir de là, tout est question de sensibilité personnelle, car c’est une œuvre tellement atypique qu’elle est forcément reçue différemment par tout un chacun, selon les expériences que l’on y projette.</p>
<p>Les qualités de cette interprétation sont nombreuses. La prononciation, les intonations et le phrasé sont fort beaux (« je ne saurais pas acheter un revolver… »), les grandes envolées musicales sont toujours bien en situation (« hier soir, je me suis couchée tout de suite… », « je n’ai pas dîné, je n’ai pas ma robe rose… », « hier soir, j’ai voulu prendre un comprimé pour dormir… », « parlons de toi… », « oui, je sais, je suis très ridicule… », «  j’ai le fil autour de mon cou… »), et le côté par moment plus haché voire syncopé est parfaitement adapté à l’instant (le sac qui sera déposé chez le concierge ; le passage sur le mensonge). Dans tous les cas, l’émotion reste à fleur de peau sans être jamais pleurnicharde, malgré l’éclat un peu grandiloquent de certains mots quasiment criés (« allo », « quoi »), ce qui doit passer scéniquement, mais peut surprendre au disque. Le passage sur le chien, « facultatif » et souvent coupé à la scène, est bien conservé ici. Et puis il y a la très jolie manière de dire « cette vilaine petite gueule », « pas là », et pour la dernière fois au valet de chambre « bonsoir, Joseph ». Des inflexions de circonstance, sous la poussée des événements, alternent avec à d’autres moments une manière toute naturelle de parler, qui devait être celle d’une conversation téléphonique « normale » des mois passés.</p>
<p>Denise Duval, inoubliable, n’est pas pour autant si loin. Mais Caroline Casadessus arrive à faire admettre cette amoureuse déchirée qui n’est plus vraiment d’aujourd’hui, en parvenant à gommer le vieillissement du texte créé par Berthe Bovy en 1930. En bonus, <em>La Dame de Monte-Carlo</em>, souvent couplée avec <em>La Voix humaine</em>, donne une couleur un peu plus second degré et humoristique. Dans les deux œuvres, le jeu pianistique de <strong>Jean-Christophe Rigaud</strong> est tout bonnement admirable, élégant et musical. Ce n’est pas un simple accompagnement, mais un acteur du drame à part entière.</p>
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