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	<title>David CHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David CHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>At Home Gala (streaming) — New York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 11:04:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contraint comme tous les théâtres de la planète à baisser le rideau, New York propose le premier e-gala d’opéra jamais organisé. L’instant est historique. La réponse du Metropolitan Opera à la pandémie de coronavirus confirme la pole position de l’institution en termes d’innovation et de prestige. Une quarantaine des plus célèbres chanteurs se relaient depuis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contraint comme tous les théâtres de la planète à baisser le rideau, New York propose le premier e-gala d’opéra jamais organisé. L’instant est historique. La réponse du Metropolitan Opera à la pandémie de coronavirus confirme la pole position de l’institution en termes d’innovation et de prestige. Une quarantaine des plus célèbres chanteurs se relaient depuis leur domicile pour interpréter les plus grands airs d’opéra. Nous voici invités à pénétrer dans le secret de leur salon où chacun s’efforce de relever le défi. Il n’est pas si facile de chanter, à seul ou à deux, devant une caméra qui n’est parfois autre qu’un smartphone.</p>
<p>Certains d’ailleurs n’ont pas pu – ou voulu ? – jouer le jeu. Attendues, les interventions d’<strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Yusif Eyvazov</strong> ont été enregistrées auparavant dans des conditions a priori normales et avouons-le, sans le frisson du direct, l’exercice tombe à plat. L’absence de prise de risque ouvre la parenthèse de l’ennui, inévitable lorsque défilent ainsi sans temps mort ou presque, quatre heures durant, les numéros de chant.</p>
<p>Animateur de la soirée, Peter Gelb avait prévenu en préambule : la connexion sera variable selon les lieux de retransmission. De fait, d’une séquence à l’autre, la qualité sonore est inégale et les prises de vues fluctuantes. Le son se coupe à plusieurs reprises, l’image se fige sans que l’on puisse savoir si la défaillance provient ou non de son propre réseau. Nous faudrait-il changer de fournisseur d&rsquo;accès ? Dans l’impossibilité de se connecter lorsque vient leur tour, <strong>Etienne Dupuis</strong> et <strong>Nicole Car</strong> ont dû se poser la question (heureusement, ils parviendront à rétablir le contact plus tard).</p>
<p>Variable aussi l’accompagnement choisi : a cappella, bande sonore, pianiste invité, ou conjoint mis à contribution. C’est ainsi que <strong>Yoon Kwon Costello</strong> relève de traits de violon une cavatine de Faust baragouinée par son mari, le ténor <strong>Stephen Costello</strong>, ou que <strong>Bryn Terfel</strong> délaisse le répertoire wagnérien pour former un duo avec son épouse, la harpiste <strong>Hannah Stone</strong>. Pas d’inquiétude cependant : le baryton-basse chante « If I Can Help Somebody », une chanson rendue célèbre par Martin Luther King, avec la même vigueur que le monologue du Hollandais. A défaut de conjoint musicien, <strong>Erin Morley</strong> s’accompagne elle-même au piano. Devinette : quel point commun entre Marie, la fille du Régiment, et la soprano américaine ? La fierté, pour la première de faire partie du 21<sup>e</sup> et pour la seconde d’être un des piliers du Met. La palme de l’originalité revient à <strong>Peter Mattei</strong>. L’accordéon se substitue à la mandoline. La sérénade de Don Giovanni a des façons de chanson de rue. On se croirait dans le métro, avant le corona.</p>
<p>Souvent sympathique, cette approche bricolée engendre parfois l’embarras. Est-ce le visage trop proche de la caméra ou le principe de « distanciation sociale » qui nous a habitué à moins de proximité ? Ou encore la gêne que l’on éprouve naturellement lorsque l’on franchit un certain seuil d’intimité. Dans un salon à son image, d’une élégance étudiée, <strong>Renée Fleming</strong> renoue avec un de ses rôles fétiche, Desdemona (<em>Otello</em> de Verdi). La Maréchale récite une dernière prière. Le spectateur se fait voyeur. <strong>Diana Damrau</strong> et <strong>Nicola Testé</strong> nous reçoivent dans leur cuisine avec un « Là ci darem la Mano » entonné entre la poire et le fromage et, comme dans un dîner de famille, les enfants nous rejoignent pour le dessert. Avant de se quitter, on agite la main pour se dire « au revoir ».</p>
<p>Intermède, orchestral – Mascagni, Wagner, Massenet (méditation de Thaïs par <strong>David Chan</strong> au violon et <strong>Yannick Nézet-Seguin</strong> au piano) – et choral. « Va pensiero » forcément. L’oppresseur est aujourd’hui invisible et sournois mais le chœur des esclaves n’a rien perdu de sa force symbolique. Musiciens et choristes, enregistrés séparément, sont réunis sur l’écran en un damier au nombre de case variable, selon un procédé avec lequel de multiples vidéos en ligne nous ont familiarisés depuis le début du confinement.</p>
<p>Que retenir finalement de ce gala qui est à l’opéra ce que les e-apéros, à la mode aujourd’hui par la force des choses, sont à la convivialité ? Au lecteur pressé ou dans l’incapacité de visionner l’intégralité du concert, en ligne une journée seulement, voici quelques conseils de zapping :</p>
<ul>
<li>« Ombra mai fu » (<em>Serse</em>), en hommage à <strong>Vincent Lionti</strong>, violoniste récemment disparu, où le regard de <strong>Joyce DiDonato</strong>, à l’égal de la voix, parvient à créer l’émotion (00:48:45).</li>
<li>« Rachel, quand du seigneur » (<em>La juive</em>), ne serait-ce que par l’engagement obstiné avec lequel <strong>Jonas Kaufmann</strong> empoigne les notes. Pour preuve, la manière dont le ténor peine à s’extraire de la musique, une fois l’air terminé. (00 :53:00)</li>
<li>« L’amour est un oiseau rebelle » (<em>Carmen</em>). <strong>Elīna Garanča </strong>a le sourire radieux et le rouge à lèvres assorti à la couleur de son chemisier. Sa cigarière, accrochée à la bibliothèque comme une panthère aux rideaux, lui ressemble : belle, captivante, fatale. (01:25:00)</li>
<li>« Ah, lève-toi soleil » (<em>Roméo et Juliette</em>) par <strong>Joseph Calleja</strong>, solaire avec derrière l’éclat aveuglant du timbre, des clairs-obscurs et des notes en demi-teintes irisées de lumière. (02:13:15)</li>
<li>La Romance à la lune (<em>Rusalka</em>) un rien trop appuyée par <strong>Sonya Yoncheva</strong>, robe blanche ourlée de noir, accoudée à une cheminée de pierre, chandelier à gauche, bouquets à droite – Lilas ? Hortensia ? Qui connaît le langage des fleurs ? Le port de tête, la main sur l’épaule&#8230; Tout suggère la diva dont on voudrait les aigus encore plus désincarnés. (02:29:35)</li>
<li>« A te Cara » (<em>I puritani</em>) par <strong>Lawrence</strong> <strong>Brownlee</strong> en une démonstration de souffle à faire boire la tasse à Jean-Marc Barr dans <em>Le Grand Bleu</em> (03:01:00)</li>
<li>« En vain, J’espère » (<em>Robert le Diable</em>). <strong>Lisette Oropesa</strong>, après Marguerite dans <em>Les Huguenots</em> à la Bastille, confirme ses affinités avec notre langue et l’écriture ornée de Meyerbeer (03:28:25)</li>
</ul>
<p>Inégal voire brouillon mais généreux, ce concert, sponsorisé par Mercedes T. Bass et Rolex, fait partie du programme de levée de fonds « The Voice must be heard » destiné à venir en soutien aux artistes du Met. L’urgence de la cause tient lieu d’absolution.</p>
<p> </p>
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		<title>Récital Anna Netrebko — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anna-netrebko-new-york-genereuse-diva/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Dec 2018 04:01:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à guichets fermés que se produit Anna Netrebko en ce froid dimanche de décembre. D’abord prévu en 2006, puis repoussé à 2011, pour finalement survenir en 2018, le premier récital en solo de la soprano au Carnegie Hall a suscité une attente quasi insoutenable. Se trouvent dans la salle de fervents pèlerins venus adorer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à guichets fermés que se produit <strong>Anna Netrebko</strong> en ce froid dimanche de décembre. D’abord prévu en 2006, puis repoussé à 2011, pour finalement survenir en 2018, le premier récital en solo de la soprano au Carnegie Hall a suscité une attente quasi insoutenable. Se trouvent dans la salle de fervents pèlerins venus adorer leur idole, une flopée de chanteurs en vue (dont Piotr Beczala et Pretty Yende), une bonne partie de la communauté russe de New York et un petit chien blanc sagement assis au premier balcon. Le programme rivalise de variété avec public : presque vingt-cinq morceaux, en six langues, par plus d’une douzaine de compositeurs. Si le fascicule tente d’occulter l’absence de ligne directrice en affirmant que la première partie évoque le matin et la seconde le soir, les différences de style laissent perplexes.</p>
<p>Déjà amplement écumé lors de récents concerts, le répertoire italien est quasiment absent d’un programme proche de celui du récital donné au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-sortileges-dun-timbre-capiteux">Théâtre des Champs Élysées en 2012</a>. En six ans, le soprano a évolué sous bien des aspects. Déjà ample, l’instrument s’est mué en cette voix-fleuve au timbre capiteux que des aspérités rendent parfois abrasive.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/netrebko_6.jpg?itok=NNyS3p9M" title="Anna Netrebko, première partie © Chris Lee" width="312" /><br />
	Anna Netrebko, première partie © Chris Lee</p>
<p>La diva paraît dans une grande robe de soie fleurie, pressant contre elle un épais bouquet de roses, anticipation d’un triomphe inéluctable. Les premiers airs de Rachmaninov manquent justement de cette fraicheur florale. Les aigus somptueux de Netrebko ne cachent pas le manque de ductilité d’un instrument devenu opulent qui transforme la mélancolie doucereuse de ces chansons en airs épiques. En dépit de ses efforts, <strong>Malcolm Martineau</strong> ne peut restituer au piano l’entrelacement langoureux de la voix et de l’orchestration prévu par le compositeur.</p>
<p>Dans « Il pleure dans mon cœur », la soprano insuffle une chaleur inhabituelle au poème de Paul Verlaine, à l’opposé du jeu de transparences d’une Cheryl Studer par exemple. Martineau rend magistralement tous les chromatismes de la partition de Debussy. Netrebko poursuit avec un « Depuis le jour » brulant de désir dans lequel elle est plus femme fatale que jeune fille innocente. Même approche pour les <em>lieder</em> de Strauss, plus expressifs que méditatifs et en particulier « Morgen » qui bénéficie d’une merveilleuse introduction par le violoniste <strong>David Chan</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ch1458151.jpg?itok=v0kO7BgI" title="Malcolm Martineau, Anna Netrebko et Jennifer Johnson Cano, seconde partie © Chris Lee" width="468" /><br />
	Malcolm Martineau, Anna Netrebko et Jennifer Johnson Cano, seconde partie © Chris Lee</p>
<p>La seconde partie offre de magnifiques moments. Troquant sa robe blanche pour du velours noir, la diva entre accompagnée de la mezzo-soprano américaine <strong>Jennifer Johnson Cano</strong>. Le duo de la <em>Dame de Pique</em>, chanté quasiment <em>a capella</em>, flatte l’appariement des deux timbres sombres et intenses. La mezzo-soprano se laisse maternellement guider par Netrebko dans la recherche d’un équilibre. On regrette que leur collaboration ne dure pas plus longtemps. Un « Mira o Norma » aurait certainement frôlé le sublime.</p>
<p> « Après un rêve » est une merveille de légèreté, à la prononciation exotique certes, mais empreinte d’onirisme. Soulignons enfin un « Redeyet oblakov » de Rimski-Korsakov hypnotisant, interprété par une Netrebko totalement absorbée dans la poésie de Pouchkine. En somme, les meilleurs passages sont ceux où Netrebko doit s’adapter face à une contrainte, comme les duos, pour contenir sa voix et atteindre un équilibre. L’espace de liberté offert par un récital avec piano seul paraît presque contre-productif tant il autorise la soprano à être trop généreuse en émission et en interprétation.</p>
<p>Mais le véritable spectacle, c’est Anna Netrebko elle-même. La diva envoie baisers, fleurs et œillades à un public frénétique. Ses poses affectées, ses gestes mesurés, ses espiègleries et autres pas de danse sont autant d’éléments qui façonnent un personnage hors-norme (<em>100% extra</em> pour le <a href="https://www.nytimes.com/2018/12/07/arts/music/anna-netrebko-carnegie-hall.html">New York Times qui lui a récemment consacré un portrait</a>) dont le monde de l’opéra semble avoir cruellement besoin. Certains avaient prédit que la bulle Netrebko éclaterait rapidement, qu’on se lasserait de ce phénomène marketing, d’une soprano sur papier glacé. Force est de constater que la ferveur du public est intacte et présage de beaux jours à la diva, qui inaugurera au Met la production d’<em>Adriana Lecouvreur</em> par David McVicar le 31 décembre 2018.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anna-netrebko-new-york-genereuse-diva/">Récital Anna Netrebko — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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