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	<title>Christophe CRAPEZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Christophe CRAPEZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DUNI, L&#8217;Isle des Foux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 13:35:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la publication du Peintre amoureux de son modèle et des Deux Chasseurs et la Laitière, la reconnaissance d&#8217;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de L&#8217;Isle des Foux dont nous avions commenté récemment la version donnée en concert à l&#8217;Église Saint-Germain avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la publication du<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em> Peintre amoureux de son modèle</em> et des <em>Deux Chasseurs et la Laitière</em></a>, la reconnaissance d&rsquo;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de <em>L&rsquo;Isle des Foux </em>dont nous avions commenté récemment la version <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/">donnée en concert à l&rsquo;Église Saint-Germain</a> avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à ces précédents articles : au premier pour découvrir les théâtres de foires du XVIIIe siècle et la naissance de l&rsquo;opéra-comique, au second pour un résumé du livret du présent ouvrage et de la vie d&rsquo;Egidio Duni. En synthèse, Duni est né à Matera en 1708. Il parcourt l&rsquo;Europe et se fait remarquer à la cours francophile du Duché de Parme, ce qui l&rsquo;incite à s&rsquo;installer en France en 1757. Il est l&rsquo;un des inventeurs du vaudeville, qui deviendra progressivement l&rsquo;opéra-comique.<em>&nbsp;</em><em style="font-size: revert;">L’Isle des Foux</em><span style="font-size: revert;"> (1760) est dérivée d&rsquo;une comédie de Goldoni. Le nouveau gouverneur de l&rsquo;île doit, selon la tradition, libérer les fous qu&rsquo;il juge guéris. Aucun ne l&rsquo;est bien entendu : d&rsquo;ailleurs le gouverneur, réputé sain d&rsquo;esprit, a lui-même des comportements assez imprévisibles. Une petite intrigue </span>amoureuse est ajoutée à la farandole de personnalités déséquilibrées qui ont chacune droit à leur ariette. Le succès de l&rsquo;ouvrage est la démonstration de l&rsquo;inanité des théories rousseauistes sur la musique puisque Duni abandonne sa langue maternelle pour composer sur un livret en français. En guise d&rsquo;avertissement à son <em>Peintre amoureux de son modèle</em> (1757), Duni avait déjà déclaré : « Tandis qu&rsquo;à Paris un auteur s&rsquo;efforcoit de prouver que la Langue qu&rsquo;on y parle n&rsquo;étoit pas faites pour estre mise en Musique, Moi Italien à Parme je ne mettois en chant que des Paroles Françoises. Je suis venu ici rendre hommage à la Langue qui m&rsquo;a fourni la mélodie, du Sentiment, et des Images. L&rsquo;Auteur anti-François auroit dû aller en Italie et ne faire Chanter que des Paroles Italiennes ». Et v&rsquo;lan.</p>
<p>Le livret accompagnant le CD est d&rsquo;un très grand intérêt. Le chef et musicologue Iakovos Pappas y analyse le traitement bienveillant de la folie dans le livret d&rsquo;Anseaume et Marcouville, à une époque où les « maisons de fous » s&rsquo;apparentaient davantage à des prisons pour détenus dangereux. Son exceptionnelle érudition lui permet également de relever des aspects parodiques peu évidents pour un auditeur contemporain : citations musicales (<em>Platée</em>, <em>Dardanus</em>), ou dramatiques (<em>Le Cid</em>), « gouverneur »&nbsp;comme figure de Louis XV, calembours musicaux (la phrase « dire tout bas » est chantée&#8230; plus bas, c&rsquo;est-à-dire plus grave). Enfin, Pappas conclut par un amusant <em>Avertissement contre les N*****</em> (le titre est bien dans le style de ceux des pamphlets de l&rsquo;époque : il ne manque que le « Édité à Amsterdam ») : les N***** sont ceux que l&rsquo;auteur (qui aime bien la provoc&rsquo;) appelle les <em>ninananaux</em> : « niais-navrant-navet-naufrage », un terme par lequel il qualifie les enregistrements et spectacles supposément comiques mais « qui ne font rire personne et bailler beaucoup ». Par ailleurs auteur d&rsquo;un <em>Bréviaire du</em> <em>Récitatif</em>, Pappas insiste ici sur l&rsquo;attention à apporter à la déclamation et aux tons de voix utilisés pour accentuer les effets comiques.</p>
<p>Comme au concert, le ténor <strong>Christophe Crapez</strong> est un Fanfolin avec une belle autorité mais aussi du charme (il ne faut pas oublier qu&rsquo;il séduira Nicette : on ne peut donc en faire un barbon caricatural), et à la prononciation irréprochable. <strong>Chloé Jacob</strong> offre un beau timbre chaud aux couleurs variées, délicatement émouvante. La vis comica d&rsquo;<strong>Angelo Heck</strong>, l&rsquo;avare Sordide, est moins sensible sans support visuel mais sa belle voix de basse est toujours aussi séduisante. <strong>Jean-Christophe Born</strong> campe son Spendrif avec un humour juste. Contrairement au concert, le rôle de Brisefer est défendu par <strong>Charles Mesrines</strong> et non par Jean-Christophe Born. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/flotow-lombre-paris-grevin/">On y retrouve </a>ses belles qualités de timbre et une diction irréprochable. <strong>Élizabeth Fernandez</strong> et <strong>Ainhoa</strong> <strong>Zuazua Rubira</strong> sont d&rsquo;une joyeuse exubérance. Léger bémol : l&rsquo;uniformité de la prise de son. Certains chanteurs sont parfois captés trop loin du micro : de ce fait, avec la réverbération induite, le texte n&rsquo;est pas toujours facile à suivre. Dans d&rsquo;autres cas, c&rsquo;est la balance avec l&rsquo;orchestre qui se fait au détriment des voix.</p>
<p>Par rapport au concert accompagné au seul clavecin, l&rsquo;enregistrement bénéficie d&rsquo;un orchestre, ici l&rsquo;ensemble <strong>Almazis</strong>, composés de belles individualités (on a davantage l&rsquo;impression d&rsquo;avoir affaire à un ensemble de solistes qu&rsquo;à un orchestre uniforme). Les couleurs sont plaisantes, la formation est pleine de vivacité. A la tête de celle-ci, <strong>Iakovos Pappas</strong> insuffle un rythme virevoltant et léger. Sous sa direction, l&rsquo;orchestre intervient dans l&rsquo;action, par exemple par de légers effets comiques soulignant les paroles prononcées. On notera également la joyeuse cacophonie qui conclut la fin de l&rsquo;air « Malheur à qui soupire » ou la folie musicale qui illustre le finale. Au-delà de ces effets comiques, l&rsquo;orchestration de Duni apparait comme particulièrement léché pour une pochade humoristique. Il est à noter que le compositeur a choisi de ne pas composer d&rsquo;ouverture : comme au théâtre, on plonge ici directement dans l&rsquo;action. Le diapason utilisé est à 415 Hz (tempérament Rameau).</p>
<p>Au global, un CD qui met de bonne humeur : ce n&rsquo;est pas à négliger dans ces temps moroses. A quand la prochaine redécouverte ?</p>
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		<title>DUNI, L&#8217;Isle des Foux &#8211; Paris (Eglise Saint-Germain-des-prés)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 May 2024 05:50:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1669, Pierre Perrin se voit attribuer pour douze ans « le Privilège royal pour l&#8217;établissement des Académie d&#8217;Opéra ou Représentations en Musique en Vers françois, et dans les autres villes du Royaume ». Il est dès lors la seule personne autorisée à monter des représentations lyriques en France. Malgré son monopole, Perrin se retrouve &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1669, Pierre Perrin se voit attribuer pour douze ans « le Privilège royal pour l&rsquo;établissement des Académie d&rsquo;Opéra ou Représentations en Musique en Vers françois, et dans les autres villes du Royaume ». Il est dès lors la seule personne autorisée à monter des représentations lyriques en France. Malgré son monopole, Perrin se retrouve au bord de la faillite (on songe aux débuts de <em>Canal Plus</em>) et se voit obligé de revendre son privilège à Lully afin de payer ses dettes. Ce privilège interdit à quiconque « de faire chanter aucune pièce entière en France, soit en vers françois ou autres langues, sans la permission par écrit dudit sieur Lully, à peine de dix mille livres d&rsquo;amende, et de confiscation des théâtres, machines, décorations, habits… ». Rien que ça. Durant cette période, Lully ne monte bien sûr que des ouvrages… de Lully. Les autres compositeurs sont contraints d’attendre l’avènement du streaming. Marc-Antoine Charpentier, par exemple, se consacre à la musique religieuse et, grâce à un adoucissement du privilège, à des musiques de scène pour Molière. Après la mort de Lully en 1687, il donnera <em>David</em> <em>et</em> <em>Jonathas</em> en 1688, mais au Collège Louis-le-Grand toutefois, donc dans un cadre semi privé. En 1693, <em>Médée</em> sera son seul opéra à l&rsquo;Académie Royale de Musique. Après Lully, les titulaires du privilège de l’Opéra se succèdent, avec des assouplissements divers toutefois : Jean Nicolas de Francine, Pierre Guyenet, la Ville de Paris (à l’époque de Duni) puis les Menus Plaisirs. En dépit du versement d’une soulte royale, l’Opéra n’est jamais bénéficiaire. Toute ressemblance avec des monopoles existant ou ayant existé serait purement fortuite. De son côté, en 1680, la Comédie-Française avait également obtenu le monopole des représentations théâtrales en langue française. Ces deux institutions se trouvent en concurrence avec d&rsquo;autres entreprises de spectacles avec lesquelles elles sont toujours prêtes à chicaner ou intriguer pour protéger leur monopole. Parmi celles-ci, on compte les troupes venues d’Italie pour se produire en France en italien, et qui n’enfreignent donc pas le monopole de la langue française. Le Théâtre-Italien (ou Comédie-italienne) obtient un grand succès, mais assorti de tracas administratifs divers : toléré, interdit, protégé par le régent Philippe d’Orléans en 1716, subventionné, interdit à nouveau en 1779, fusionné avec l’Opéra-comique, etc. : on dirait les politiques du Diesel. Cette histoire de fous se poursuit d&rsquo;ailleurs au siècle suivant : Offenbach était initialement limité à des sortes de pantomimes à deux ou trois personnages. Son génie (et ses protections) lui permirent toutefois de bénéficier d&rsquo;indulgence quand il s&rsquo;attaqua à des ouvrages de plus en plus ambitieux. C’est dans ce contexte que naît le vaudeville. Le nom viendrait de <em>Vaudevire</em>, un recueil de chansons satiriques normandes étalées sur plusieurs siècles et qui se chantaient dans le Val-de-Vire. Le vaudeville en tant que genre théâtral naît à la fin du XVIIe siècle sur des tréteaux aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent. Il s’agit de pièces courtes, des comédies mêlées d’ariettes. Les airs sont en effet brefs et la musique facile. À l’origine, les mélodies sont reprises de chansons existantes puis, avec le temps, des compositeurs s’associent au genre. Charles-Simon Favart compose également des livrets plus élaborés. Le &nbsp;vaudeville donnera progressivement naissance à l’opéra-comique. La pièce peut se conclure par un finale avec une vague morale où chacun des protagonistes chante d’abord un court verset avant que la compagnie entière ne termine en chorale.</p>
<p>Né à Matera le 11 février 1708, Egidio Duni, quatrième fils du maître de chapelle local, compose un premier opéra, <em>Nerone</em> (Rome, 1735) qui obtient un grand succès. A Londres, il créée un <em>Demofoonte</em> (1735), en anglais. Il étudie à l&rsquo;université de Leyde, compose pour Milan, Florence, Venise, Naples&#8230; Il devient entre temps maître de chapelle à la basilique San Nicola de Bari. Son <em>Ipermestra</em> <em>e Ciro riconosciuto </em>(Gênes, 1748) lui vaut l&rsquo;attention de la cour de Parme. En 1749, il entre au service de Filippo di Borbone, duc de Parme et gendre de Louis XV. Duni rencontre Goldoni à Parme en 1756. L&rsquo;ambiance française de la cour le pousse à s&rsquo;intéresser au théâtre musical français. Son activité pendant cette période est peu documentée mais on sait qu&rsquo;il compose une <em>Olympiade</em> en 1755 et qu&rsquo;il obtient un grand succès avec <em class="MuiTypography-root MuiTypography-italic css-uehu9e">La Buona figliola&nbsp;</em>sur un livret de Goldoni (lequel déclara plus tard préférer la musique de Piccini quoiqu&rsquo;il eut Duni en haute considération pour son esprit et sa culture !). Toutefois, l&rsquo;accueil est suffisant pour que Duni songe à viser plus haut : il sollicite Jean Monnet, qui n’est pas encore le père de l’Europe mais le directeur de l&rsquo;Opéra-Comique. Il compose alors <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em>Le peintre amoureux de son modèle</em> </a>(Paris, 1757) qui obtient en grand et durable succès. Il épouse l&rsquo;actrice Catherine Elisabeth Superville. Ses ouvrages sont bien accueillis et son style évolue. La musique de <em>La Fille mal gardée (</em>1758) est ainsi entièrement originale. Dans <em>L&rsquo;Isle des Foux </em>(1760), il unit l&rsquo;ariette à l&rsquo;italienne aux ensembles de style plus français. Le succès le conduit à abandonner la foire pour devenir directeur musical de la Comédie-italienne (1761), poste expressément créé pour lui par Charles Favart. Avec Monsigny, Philidor et Grétry, il est donc l&rsquo;un des pères de l&rsquo;opéra-comique. Il se retire en 1770 après son dernier ouvrage, <em>Thémire</em>, mais se consacre à l&rsquo;enseignement jusqu&rsquo;à sa mort à Paris cinq ans plus tard (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.treccani.it/enciclopedia/egidio-romualdo-duni_(Dizionario-Biografico)/">sources et informations plus détaillées sur la vie de Duni en italien ici</a>).</p>
<p>L&rsquo;intrigue de <em>L&rsquo;Isle des Foux</em> est d&rsquo;une grande simplicité. Acte I : Fanfolin, le nouveau gouverneur, vient de prendre ses fonctions dans l&rsquo;île des fous. La coutume veut qu&rsquo;il libère ceux qui se sont assagis. Fanfolin a donc un entretien avec chacun d&rsquo;eux. Brisefer se présente comme un vaillant guerrier mais Fanfolin lui lit les notes laissées par le gouverneur précédent pour qui il n&rsquo;est qu&rsquo;un fanfaron. Sordide, avare maladif, est le tuteur de Nicette. Il est d&rsquo;autant plus opposé au mariage de celle-ci que sa fortune est en réalité celle de la jeune fille. Il confie sa précieuse cassette au gouverneur. Spendrif est tout aussi dépensier que Sordide est avare. Il se plaint auprès de Fanfolin que ses amis l&rsquo;aient abandonné avec sa fortune. Pour le mettre à l&rsquo;épreuve , Fanfolin lui offre une belle somme d&rsquo;argent. Spendrif promet de ne pas la dépenser avec ses anciens amis mais annonce immédiatement qu&rsquo;il va se lancer dans dépenses somptuaires pour les faire enrager. Follette et Glorieuse sont deux sœurs : l&rsquo;une n&rsquo;est pas belle mais a de l&rsquo;esprit, l&rsquo;autre offre les qualités inverses. Toutes deux sont persuadées de leurs charmes incomparables et que le gouverneur ne tardera pas à leur succomber. Venue se plaindre du sort que lui fait subir son tuteur, Nicette tombe sous le charme de Fanfolin. Cet amour est partagé mais les deux jeunes gens n&rsquo;osent pas se l&rsquo;avouer réciproquement. Spendrif déclare son amour à Glorieuse qui ne le trouve pas assez bien pour elle. Inquiet pour son trésor, Sordide a repris sa cassette et l&rsquo;a cachée auprès d&rsquo;un arbre, attirant l&rsquo;attention de Follette par son attitude. Aidée de sa sœur, Follette dérobe la cassette au cours d&rsquo;une partie de colin-maillard. Acte II : Nicette feint de dormir pour éprouver les sentiments de Fanfolin. Elle lui déclare son amour dans son sommeil. Sordide vient se plaindre du vol auprès de Fanfolin qui n&rsquo;en a cure. Follette accepte de rendre la cassette&#8230;. en échange d&rsquo;un mariage avec Sordide, ce que celui-ci promet sans en penser un mot. Resté seul, il laisse libre court à sa misogynie puis éclate de colère lorsqu&rsquo;il voit que Nicette a quitté sa maison sans son autorisation. Le duo se transforme en trio avec le retour de Follette qui accuse Sordide d&rsquo;inconstance, puis en quatuor avec l&rsquo;arrivée de Fanfolin qui déclare prendre Nicette sous sa protection. Un officier vient prévenir le gouverneur que Brisefer et Spendrif ont pour projet de se battre pour la main de Glorieuse. Fanfolin laisse la situation (et la cassette récupérée de Follette) aux mains de l&rsquo;officier. Sordide et Follette accablent Nicette de reproches et de menaces. Au retour de Fanfolin, Nicette lui demande de la libérer de l&rsquo;île et de tous ces fous qui la jalousent ou la persécutent. Sur ordre du gouverneur, les pensionnaires ont retrouvé leurs cages. À la demande de Nicette, le gouverneur les libère et conclut philosophiquement « La folie, la plus jolie, est celle de l&rsquo;amour » rejoint par Nicette, puis par Sordide qui chante « Non ! La folie, la plus jolie, est celle de l&rsquo;argent » et ainsi de suite pour un joyeux ensemble final.</p>
<p>Comme pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em>Le Peintre amoureux de son rival</em> et pour<em> Les Deux chasseurs et la laitière</em>,</a> la musique de Duni est constamment pétillante et joyeuse, bien troussée et sans prétention, mais jamais mémorable. Nous avouerons que les intentions parodiques du compositeur à l&rsquo;encontre des ouvrages sérieux de son époque nous sont passées un peu au dessus de la tête : sans doute certaines allusions étaient-elles plus claires pour le public de l&rsquo;époque, comme de nos jours les citations de <em>Guillaume Tell</em> dans <em>La Belle Hélène</em>.</p>
<p>Le ténor <strong>Christophe Crapez,</strong> qui a chanté plusieurs fois le rôle depuis une première redécouverte à La Péniche-Opéra en 2014, est tout à fait à l&rsquo;aise en Fanfolin qu&rsquo;il incarne avec rondeur, jovialité, sans histrionisme et avec une superbe articulation d&rsquo;autant plus appréciable que le programme ne comporte pas de livret détaillé et que, bien entendu, l&rsquo;église n&rsquo;est pas (encore) équipée pour le surtitrage. Entendue il y a peu dans un des rôles principaux du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-le-tribut-de-zamora-saint-etienne/"><em>Tribut de Zamora</em></a> à Saint-Etienne, <strong>Chloé Jacob</strong> a pour elle une belle voix de soprano au timbre rond et à l&rsquo;émission puissante. Il est dommage de l&rsquo;avoir reléguée côté cour, rendant sa voix plus sensible à l&rsquo;écho de l&rsquo;édifice et la chanteuse moins visible de beaucoup de spectateurs. <strong>Angelo Heck</strong> offre une belle voix de basse avec, là encore, une superbe articulation. Sa <em>vis&nbsp;</em><i>comica</i> est remarquable quoique sans exagération, avec un visage et une gestuelle également très expressifs. <strong>Jean-Christophe Born</strong> offre une interprétation racée du double rôle de Brisefer et Spendrif, là encore très bien articulé. <strong>Élizabeth Fernandez</strong> est une Follette pétillante et qui brûle les planches. <strong>Ainhoa Zuazua Rubira</strong> offre un beau timbre soprano, riche et profond. Maître d&rsquo;œuvre de cette redécouverte, <strong>Iakovos Pappas</strong> dirige et joue d&rsquo;un clavecin virevoltant mais un peu sec dans sa nudité : la parution prochaine du CD, enregistré avec une formation orchestrale plus touffue, son ensemble Almazis, devrait corriger cette impression.</p>
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		<title>L&#8217;Opéra de quatre notes revient à Bastille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-quatre-notes-revient-a-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2016 09:26:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis une dizaine d’années, on le voit un partout en France, L’Opéra de quatre notes. En 1972, le compositeur américain Tom Johnson n’imaginait peut-être pas que son Four Note Opera connaîtrait une telle postérité. La clef de son succès ? Il prouve en à peine plus d’une heure que le minimalisme est soluble dans l’humour, puisqu’il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis une dizaine d’années, on le voit un partout en France, <em>L’Opéra de quatre notes</em>. En 1972, le compositeur américain Tom Johnson n’imaginait peut-être pas que son <em>Four Note Opera</em> connaîtrait une telle postérité. La clef de son succès ? Il prouve en à peine plus d’une heure que le minimalisme est soluble dans l’humour, puisqu’il s’agit ici de dénoncer les travers du genre lyrique, mais sur quatre notes seulement, combinées et recombinées à l’infini. Plébiscité par les ensembles de jeunes artistes parce qu&rsquo;il n&rsquo;exige pas de prouesses vocales mais plutôt de bons chanteurs-acteurs, <em>L&rsquo;Opéra de quatre notes </em>a connu de nombreuses traductions et adaptations. En 2003, déjà, l’Atelier lyrique de Franche-Comté en proposait une version mise en scène par Paul-Alexandre Dubois, qu’on allait voir notamment en 2006 à l’Amphi-Bastille, et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/dans-la-tete-dun-chanteur">en 2008 au Théâtre de l’Athénée</a>. En 2015, une autre production était confiée par la Comédie de Picardie à <strong>Corinne et Gilles Benizio</strong>, production que l&rsquo;Amphi-Bastille avait décidé de présenter au jeune public pour cette fin d&rsquo;année. Avec cette œuvre, les redoutables Shirley et Dino peuvent littéralement montrer l’envers du décor d’une représentation d’opéra, même si l’univers évoqué est souvent plus proche de la comédie musicale, avec des costumes qui fleurent bon les années 1970. En tout cas, la mise en scène fait mouche et sait occuper les chanteurs, souvent de façon désopilante. Dans la distribution, on retrouve les piliers de la version de 2003, le ténor <strong>Christoph Crapez</strong>, le baryton <strong>Paul-Alexandre Dubois</strong> et la mezzo <strong>Eva Grüber</strong>. Pour la dernière des représentations, les virus hivernaux ont ajouté un gag supplémentaire et imprévu : la soprano <strong>Sevan Manoukian</strong> aurait dû céder la place à <strong>Mélanie Boisvert</strong>, mais celle-ci a chanté sur le bord de la scène, près du pianiste <strong>Nicolas Ducloux</strong>, le rôle de la mezzo qui, aphone, mimait l&rsquo;essentiel de son rôle, sa doublure étant également aphone…</p>
<p>Tom Johnson,<em> L&rsquo;Opéra de quatre notes</em>, Amphithéâtre Bastille, samedi 10 décembre, 20h</p>
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		<item>
		<title>Vous aussi, soutenez « The Lighthouse »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/vous-aussi-soutenez-the-lighthouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2016 11:14:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 21 au 28 avril prochain, le théâtre de l’Athénée, à Paris, présentera cinq représentations de The Lighthouse (1980), de Peter Maxwell Davies, compositeur britannique décédé en mars dernier. Cet opéra de chambre en un acte et un prologue conte l’histoire de trois gardiens de phare écossais mystérieusement disparus en 1900, sur les îles Flannan, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 21 au 28 avril prochain, le théâtre de l’Athénée, à Paris, présentera cinq représentations de <em>The Lighthouse</em> (1980), de Peter Maxwell Davies, compositeur britannique décédé en mars dernier. Cet opéra de chambre en un acte et un prologue conte l’histoire de trois gardiens de phare écossais mystérieusement disparus en 1900, sur les îles Flannan, dans les Hébrides. L’œuvre dure à peine plus d’une heure et ne fait appel qu’à trois chanteurs et à une douzaine d’instrumentistes. Malgré tout, le montage d’un spectacle apparemment aussi « léger » ne va pas de soi à l’heure actuelle, c’est pourquoi La Grande Fugue, compagnie de théâtre lyrique et musical, se tourne vers le financement participatif  pour recueillir tous les fonds nécessaires. Présenté à la presse le 23 novembre, au théâtre de Choisy-le-Roi, le spectacle associe des artistes souvent vus à la Péniche-Opéra : le metteur en scène <strong>Alain Patiès</strong>, le ténor <strong>Christophe Crapez</strong> (par ailleurs co-directeurs artistiques de La Grande Fugue), le baryton <strong>Paul-Alexandre Dubois</strong>, vu récemment dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/pure-folie-a-la-peniche-opera"><em>Eight Songs for a Mad King</em>, du même Peter Maxwell Davies</a>, et un nouveau venu, la jeune basse <strong>Nathanaël Kahn</strong>. Avec l’ensemble instrumental <strong>Ars Nova</strong>, tous unissent leurs forces pour rendre particulièrement saisissante cette intrigue tirée d’une anecdote réelle. Pour connaître plus de représentations, peut-être, <em>The Lighthouse</em> n’attend que votre aide : tous les dons, à partir de 10 euros et jusqu’à 10 000 euros et plus, seront les bienvenus, avec diverses contreparties à la clef, de votre nom dans le programme de salle à l’Athénée jusqu’au concert privé organisé rien que pour vous… Rendez-vous sur le site de financement participatif <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.proarti.fr/collect/project/the-lighthouse-1/0">Proarti</a>.</p>
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		<title>AUBER, L&#039;Ambassadrice — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-la-recherche-du-genre-perdu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jan 2013 15:59:52 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/a-la-recherche-du-genre-perdu/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Autant les codes d&#8217;interprétation et de représentation des opéras baroques sont aujourd&#8217;hui globalement déchiffrés, autant ceux des opéras-comiques du XIXe siècle attendent de l’être. Dans ce travail d&#8217;archéologie musicale, chaque découverte compte. L’Ambassadrice en est une. Créé en 1836 à Paris, l’ouvrage avait disparu de l’affiche depuis 1873. L&#8217;auteur du livret, Eugène Scribe (1791-1861) &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Autant les codes d&rsquo;interprétation et de représentation des opéras baroques sont aujourd&rsquo;hui globalement déchiffrés, autant ceux des opéras-comiques du XIXe siècle attendent de l’être. Dans ce travail d&rsquo;archéologie musicale, chaque découverte compte.<em> L’Ambassadrice </em>en est une. Créé en 1836 à Paris, l’ouvrage avait disparu de l’affiche depuis 1873. L&rsquo;auteur du livret, Eugène Scribe (1791-1861) est une des figures de proue du théâtre français de l’époque. Le compositeur, Daniel François Esprit Auber, (1782-1871), appartient à cette lignée de musiciens dont on prend souvent à tort l’élégance pour de la légèreté. Leur association a fait tinter les tiroirs-caisses des théâtres parisiens. Citons ne serait-ce que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3293&amp;cntnt01returnid=29"><em>La Muette de Portici</em></a>, cet opéra que Wagner trouvait « <em>plein de chaleur et de feu et intéressant jusqu’à enthousiasmer</em> ».</p>
<p>
			Moins connue, <em>L&rsquo;Ambassadrice</em> raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;Henriette, prima donna de l&rsquo;Opéra de Munich adulée du public, qui renonce aux planches pour épouser l’ambassadeur de Prusse, le duc de Valberg, avant de réaliser combien elle faisait fausse route et d’abandonner toute idée de fortune et de mariage pour se consacrer entièrement à son art*. Charmante histoire qui ne se contente pas d’être bien ficelée : tous les personnages possèdent une épaisseur dramatique ; fantaisie, satire et sentiments se confondent selon une recette bien française ; et le procédé du théâtre dans le théâtre sur lequel repose le dernier acte n’est pas si fréquent à l’opéra. Le deuxième acte avec sa leçon de chant, son trio et son duo mélancolique rappelle l’un des fleurons du genre,<em> La Fille du régiment</em>. On peut d’ailleurs s’amuser à établir une correspondance entre Henriette et Marie, Benédict et Tonio, Fortunatus et Sulpice, la comtesse de Fierschemberg et La Marquise de Berkenfield ; correspondance trop évidente pour qu’il n’y ait pas eu, sinon imitation du moins inspiration, de la part de Donizetti et ses librettistes.</p>
<p>			Musicalement, la partition comprend plus d&rsquo;ensembles que d&rsquo;airs. Sans posséder la dimension parodique que les répétition et représentation d&rsquo;opéra à l&rsquo;intérieur de la pièce rendaient possible et dont un compositeur comme Offenbach aurait fait son miel, la musique est d&rsquo;un caractère égal avec de nombreuses richesses mélodiques. L’écriture, savante, se pose à cheval entre le style galant du siècle précèdent et Rossini dont l&rsquo;influence est perceptible à travers la virtuosité requise et certaines formules rythmiques.<br />
			 <br />
			En exhumant un tel ouvrage, conçu pour des interprètes rompus à ce répertoire en un temps où le genre faisait florès, <strong>Les Frivolités Parisiennes</strong> n&rsquo;ont pas choisi la facilité. Il reste beaucoup à prospecter pour retrouver ces codes perdus que nous évoquions plus haut. La metteuse en scène, <strong>Charlotte Loriot</strong>, commence ici à mettre en application le fruit de ses recherches sur la scénographie de l&rsquo;époque sans que l&rsquo;on en perçoive encore clairement les caractéristiques. A noter l&rsquo;utilisation astucieuse du rideau de scène au 3e acte pour figurer le théâtre où se déroule l&rsquo;action.<br />
			 <br />
			La distribution, équilibrée, comprend des chanteurs venus d&rsquo;horizons différents. <strong>Jean-François Novelli</strong>, Bénédict attachant, est un passionné de musique baroque, qui a remporté le premier prix du concours Sinfonia en 1997 avec Patricia Petibon et l&rsquo;ensemble Amarillis. <strong>Christophe Crapez</strong> (Le Duc), transfuge de la Compagnie Les Brigands, a pas mal roulé sa bosse du côté d’Offenbach. On ne présente plus <strong>Magalie Léger</strong> (Henriette), nommée dans la catégorie « Révélation » des Victoires de la Musique en 2003, qui a beaucoup œuvré pour le répertoire français, au sens large, en tant que soprano léger et dont la voix semble avoir gagné en lyrisme ce qu’elle a perdu en facilité dans l’aigu. Il y a aussi de jeunes talents en devenir : le baryton sonore et timbré de <strong>Guillaume Paire</strong> (Fortunatus) et<strong> Estelle Lefort</strong> (Charlotte) dont on avait déjà remarqué le tempérament dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2292&amp;cntnt01returnid=54"><em>Mon Bel Inconnu</em> Salle Favart en janvier 2011</a>. Autant de styles qui demanderaient à se fondre en un seul pour retrouver les fondements d&rsquo;une école de chant dont la virtuosité et l’art d’orner sont deux des composantes, inspiration rossinienne oblige. Autre élément essentiel, la prononciation pourrait être encore plus affirmée. Mais l’effort pour négocier avec le plus de naturel possible le passage du parler au chanter, l’un des écueils du genre, est déjà remarquable.<br />
			A la direction d’orchestre, <strong>Mathieu Romano</strong> fait preuve d&rsquo;un métier certain : pas de décalage malgré la complexité des ensembles, une attention de chaque instant aux chanteurs et dans sa lecture de la partition, un entrain qui nous donne à ressentir tout ce que cette musique contient de promesses. Souhaitons que Les Frivolités parisiennes transforment ce joli coup d’essai pour une prochaine fois toutes les tenir.</p>
<p>			* Le premier acte voit Henriette dans sa loge répéter son prochain opéra, sous l&rsquo;œil bienveillant de sa tante Mme Barneck. Auprès d&rsquo;elle se pressent ses amis, le ténor Bénédict et la coquette Charlotte, ainsi que leur imprésario Fortunatus. Demandée en mariage par son plus fidèle admirateur, Henriette hésite puis accepte dès qu’elle apprend le titre et la fortune de son prétendant. Il s’agit du Duc de Valberg, l’ambassadeur de Prusse. Le deuxième acte nous transporte à Berlin. En attendant l&rsquo;autorisation royale d&rsquo;épouser son amant, Henriette chaperonnée par sa future belle-sœur, la comtesse August de Fierschemberg, se morfond. L&rsquo;Ambassadeur est en mission depuis 3 mois à Vienne et la jeune femme, recluse dans son palais, doit, pour ne pas le compromettre, faire croire qu&rsquo;elle est issue de la plus noble extraction. Il lui est même interdit de faire de la musique. Peine perdue, l&rsquo;arrivée inopinée de ses anciens camarades, en tournée à Berlin, vient révéler la supercherie. Entretemps, Charlotte est devenue prima donna et le duc, dont la frivolité n’a d’égal que le rang, la courtise de manière éhontée. Accablée, Henriette décide de se venger. Le dernier acte se passe à l&rsquo;opéra. Charlotte, prétextant un enrouement pour ne pas chanter, a rejoint en cachette le duc dans sa loge. L’annonce de son remplacement par une soprano venue de Paris suscite la curiosité. C’est Henriette qui a repris sa place de prima donna et que le public acclame. En la revoyant sur les planches, l&rsquo;amour du Duc renait. Trop tard, la cantatrice a compris la leçon. Elle abandonne toute idée de fortune et de mariage pour se consacrer entièrement à son art.</p>
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		<title>Rita&#124;Elle est pas belle la vie ? — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bats-ton-homme-tous-les-matins/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 10:54:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    On prête à la sagesse orientale ce proverbe plus que douteux : « Bats ta femme tous les matins ; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait ». Tous ces éléments se retrouvent dans le nouveau spectacle de la Péniche Opéra, puisqu’il est question de conjoints qui se frappent allègrement, de dictons saugrenus, et un peu &#8230;</p>
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					On prête à la sagesse orientale ce proverbe plus que douteux : « Bats ta femme tous les matins ; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait ». Tous ces éléments se retrouvent dans le nouveau spectacle de la Péniche Opéra, puisqu’il est question de conjoints qui se frappent allègrement, de dictons saugrenus, et un peu aussi d’Orient.</p>
<p>				 </p>
<p>
					Mireille Larroche a décidé de réunir une reprise (<em>Rita</em> a déjà été donné à la Péniche, et a même connu les honneurs d’un DVD Maguelonne) et une création mondiale, commandée à Vincent Bouchot. Après la version orchestrée pour 11 instruments, c’est à présent une simple réduction pour piano de la partition de Donizetti qui est proposée au public, défendue avec brio par <strong>Caroline Dubost</strong>. Du côté de la distribution, aucun changement en revanche, et l’on retrouve les trois solistes sur qui reposent cet opéra-comique. Dotée d’une plastique que bien des sopranos pourraient lui envier, <strong>Amira Selim</strong> a chanté Lakmé, Gilda, Nannetta ou Ophélie dans plusieurs maisons d’opéra en France (Rennes, Tours, Saint-Etienne), elle se produit en Allemagne et en Italie, et très régulièrement à l’Opéra du Caire, sa ville natale. Peut-être parce que la voix est un peu surdimensionnée pour le cadre très intime de la Péniche, l’aigu forte paraît brutal, mal discipliné. A l’inverse, <strong>Christophe Crapez</strong>, un temps associé à la troupe des Brigands, semble gagner à se produire dans un lieu où il n’a pas du tout à forcer : sa voix sonne parfaitement, avec des aigus percutants. Grand habitué du baroque comme de la musique contemporaine, <strong>Paul-Alexandre Dubois</strong> ne lui cède en rien pour l’abattage scénique et la diction, et compose dans la mise en scène de <strong>Mireille Larroche</strong> un truculent personnage, servi par une voix ferme et sonore.</p>
<p>
					La deuxième partie du spectacle constitue la première nouveauté de la saison, 2012 marquant les trente ans de la Péniche Opéra, anniversaire qui sera dignement fêté tout au long de l’année. Après ses <em>Cantates de bistrot</em> en 2005, Vincent Bouchot revient à Jean-Marie Gourio pour <em>Elle est pas belle la vie ?</em> Le texte est évidemment très drôle, puisqu’il compose la journée d’un barman (Christophe Crapez) et d’un pilier de bistrot (Paul-Alexandre Dubois) à partir des réflexions saugrenues et pseudo-philosophiques que débitent les « vraies gens » en buvant leurs petits verres. Au <em>recitar cantando</em> des deux compères répondent les vocalises d’une voix de femme (Amira Selim, ici totalement convaincante), et au piano – préparé – s’ajoute un « environnement sonore réalisé sur ordinateur à partir de <em>samples</em> » qui correspond au bruit de fond de la télévision. Entre autres objets trouvés (le piano imite à un moment la sonnerie d’un téléphone portable), Vincent Bouchot intègre à sa musique, aussi fragmentée que le texte, une chanson égyptienne de Sayed Darwich, lorsque la femme, jusque-là invisible, finit par passer dans ce café, sous les yeux ébahis des deux beaufs. Pour animer leur échange, ces messieurs se livrent à toutes sortes de petits jeux autour du comptoir (marionnettes, collages…). Les vidéos jouent un rôle non négligeable : dans <em>Rita</em>, elles constituent le fond du décor, selon le principe déjà admiré dans la <em>Véronique</em> mise en scène par Fanny Ardant ou Châtelet ; dans <em>Elle est pas belle la vie ?</em> le téléviseur est au centre de la scène, et son déferlement d’images suscite les réflexions des deux hommes. Voilà un <em>double bill</em> des plus réjouissants, qui augure fort bien de la qualité de la saison à venir.</p>
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		<title>TERRASSE, La Botte secrète — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-pied/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 17:44:11 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-pied/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Les Brigands fêtent cette saison leurs dix ans. On s’en frottait les mains d’avance, se remémorant les meilleurs millésimes d’une production qui voit chaque fin d’année à l’Athénée puis en province une ou deux opérettes oubliées retrouver le chemin de la scène. La Botte secrète nous semblait précisément faire partie de ces gemmes dont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<table align="center" border="0" cellpadding="0" cellspacing="15" style="width:100%" summary="">
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<p>Les Brigands fêtent cette saison leurs dix ans. On s’en frottait les mains d’avance, se remémorant les meilleurs millésimes d’une production qui voit chaque fin d’année à l’Athénée puis en province une ou deux opérettes oubliées retrouver le chemin de la scène.<em> La Botte secrète </em>nous semblait précisément faire partie de ces gemmes dont la compagnie musicale, créée en 2001 par Loïc Boissier, sait raviver l’éclat. Claude Terrasse, connu pour avoir composé la musique de scène d’<em>Ubu roi</em>, fut un élève de l’école Niedermeyer comme Fauré ou Saint-Saëns. Son sens de la dérision en fait l’un des rares successeurs d’Offenbach. Franc-Nohain est l’auteur de plusieurs livrets burlesques dont<em> L’Heure Espagnole</em>. On doit déjà aux deux hommes<em> Au temps des croisades</em>, un opéra-bouffe en un acte dont la reprise en 2009, par Les Brigands déjà, nous avait valu une franche partie de rigolade. (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1423&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>). C’est dire si l’on ne pensait pas s’ennuyer. Et pourtant, la première demi-heure de cette <em>Botte secrète</em> tire en longueur. Défaut de fabrication ou rythme à trouver (nous sommes le soir de la première) ? L’histoire du prince de Comagène dont un malotru a laissé son empreinte de pied gigantesque sur le postérieur, peine à intéresser. Trop absurde ou pas assez… Nouveau venu dans l’univers des Brigands, le metteur en scène <strong>Pierre Guillois</strong> place de façon ingénieuse la boutique de M. Edmont, le chausseur, dans un sous-sol. Les portes ne claquent pas mais on monte et on descend ; ça revient au même. La direction de<strong> Christophe Grapperon</strong>, toujours très engagée, et la réduction de la partition par <strong>Thibault Perrine</strong>, aussi intelligente soit-elle, ne suffisent pas à tirer l’ouvrage vers le haut. La musique parait pauvre et l’orchestre sonne maigre. Chaque numéro tombe à plat devant une salle muette. Le four ? Non, le pied ! Car arrive le duo « Tout à l’égout » et le plateau s’anime, la fosse aussi. On s’intéresse enfin à cette affaire de chaussures et de pointures. Le public sourit, rit puis applaudit à tout rompre. La partie est gagnée. L’interprétation comme toujours appelle peu de reproches – nos chanteurs restent d’excellents acteurs. On pourra cependant trouver la diction de bon nombre d’entre eux trop relâchée. Si les répliques chantées ne font pas plus mouche, c’est souvent parce qu’on ne les comprend pas.</p>
<p> </p>
<p>Le gâteau d’anniversaire aurait semblé chiche s’il n’avait été suivi d’une revue musicale jubilatoire. Quatorze extraits d’opérettes enchainés en un seul tableau forment un spectacle à part entière qui rachète largement le goût de trop peu laissé par <em>La Botte secrète</em>. En même temps que l’on retrouve certains des artistes qui ont marqué les productions des années précédentes, on renoue avec la fantaisie qui a fait de <em>Ta bouche</em> l&rsquo;un des meilleurs spectacles comiques de ces dernières années. « Non, non jamais les hommes » apparaît désormais un peu tendu pour la toujours très musicale <strong>Emmanuelle Goizé</strong> mais l’esprit est là, sans parler de l’allure et de la silhouette. Découverte dans <em>Phi-Phi</em> (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2208&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>), <strong>Lara Neumann</strong> en un seul couplet de la chalcographie (mais pourquoi un seul, on aurait voulu les deux ?) démontre qu’elle est le meilleur élément vocal de la compagnie. Sa Félicie, campée en quelques mesures, n’a rien à envier à Arletty dont on pensait pourtant l’interprétation inégalable. <strong>Olivier Hernandez </strong>à tout le style requis « Pour bien réussir dans la chaussure ». Même <strong>Christophe Crapez</strong> que l’on avait trouvé un peu terne auparavant en Prince de Comagène, fait valoir dans le finale de<em> Barbe Bleue</em> une virtuosité réjouissante. Mais au-delà des individus, c’est une fois de plus l’esprit de troupe qui prévaut : des ensembles en place musicalement et scéniquement – le chœur des mannequins de <em>Nelly</em>, celui des bijoutiers du <em>Diable à Paris</em> –, une chorégraphie réglée comme une montre suisse. Puis entre les artistes, une complicité de chaque instant, une joie de vivre, de chanter, de danser qui devient vite communicative. Un peu d’impertinence et d’insouciance, beaucoup d’humour, le tout en musique. On signe pour dix ans encore.</p>
<p>				A l&rsquo;affiche jusqu&rsquo;au 8 janvier 2012 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.athenee-theatre.com/saison/fiche_spectacle.cfm/110721_la_botte_secrete.html">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
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		<title>L’Opéra de quatre notes — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dans-la-tete-dun-chanteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 13:22:58 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/dans-la-tte-d-un-chanteur/</guid>

					<description><![CDATA[<p>On n’y pense pas assez mais l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, tout comme La Péniche Opéra d’ailleurs, constitue une bonne solution à qui veut sortir du circuit lyrique habituel à Paris : Garnier, Bastille, Favart, Champs-Elysées, Pleyel. Le mélomane averti n’y trouvera pas des œuvres de la même ampleur mais gagnera en contrepartie une intimité que les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On n’y pense pas assez mais l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet, tout comme La Péniche Opéra d’ailleurs, constitue une bonne solution à qui veut sortir du circuit lyrique habituel à Paris : Garnier, Bastille, Favart, Champs-Elysées, Pleyel. Le mélomane averti n’y trouvera pas des œuvres de la même ampleur mais gagnera en contrepartie une intimité que les grandes salles parisiennes lui avaient fait oublier. Il s’y joue un répertoire moins exploré, entre musique légère et de chambre, qui élargira son champ de connaissance et parfois son oreille. Question de curiosité, de plaisir aussi tant souvent les pièces présentées ne se prennent pas au sérieux et qu’il est bon de rire.</p>
<p>Sourire devrait-on plutôt écrire à propos de <em>L’Opéra de quatre notes</em> de Tom Johnson. Le premier des ouvrages qui composent la saison lyrique 2008-2009 de l’Athénée(1) n’est pas une bouffonnerie qui prête à s’esclaffer même s’il ne manque pas d’humour. Il n’est pas non plus un exercice de style contrairement à ce que pourrait laisser penser l’idée de départ : 4 notes – la, si, ré, mi – 5 chanteurs, un par genre vocal – soprano, contralto, ténor, baryton, basse – et, pour livret, une mise en abyme. Sur scène, pendant une heure et quart, les chanteurs chantent ce qu’ils pensent. Le Ténor regrette de ne pas pouvoir étaler son aigu ; le Contralto, un mezzo en fait, essaie de ne pas perdre le « la » ; la Basse ne fait que passer même si « sans lui, ça ne serait pas pareil » ; le Baryton compte les mesures et la Soprano ne dit rien ; elle repose sa voix ! Le tout sous forme d’arias, duos, trios, quatuor et chœur, comme à l’opéra.</p>
<p>Idée amusante, séduisante, qui trouve cependant ses limites dans le manque d’épaisseur humaine des personnages, plus archétypiques que sensibles, et dans la transcription musicale. L’écriture ne manque ni de science, ni d’habileté mais avec ses longueurs voulues (l’air du Baryton, la scène finale), ses silences, ses cellules répétées, ses accords à vide, et un seul piano pour l’exprimer, elle paraît souvent aride. La mise en scène de <strong>Paul-Alexandre Dubois</strong> – le Baryton de la pièce – sert le propos avec les moyens du bord. Le pianiste <strong>Denis Chouillet</strong>, délicieusement sadique, prend part à l’action tout en gardant le contrôle d’un mécanisme musical à la précision horlogère. Les interprètes se montrent comédiens autant que chanteurs ; diseurs aussi, c’est indispensable dans ce genre d’ouvrage où comprendre le sens des mots est essentiel et où l’exigence vocale reste relative. Les voix graves – <strong>Paul-Alexandre Dubois</strong> (le Baryton), <strong>Eva Gruber</strong> (Le Contralto) impayables l’un et l’autre dans le registre « pince sans rire », <strong>Kamil Tchalaev</strong> (la Basse) en une courte mais marquante apparition – tirent mieux leur épingle du jeu que les voix aigues – <strong>Christophe Crapez</strong> (le Ténor), <strong>Anne Marchand</strong> (le Soprano) – ingrates de timbre et mises à mal par les quelques traits virtuoses que leur réserve la partition.</p>
<pre>(1) Sont annoncés <em>Le Tribun / Finale,</em> un diptyque de Mauricio Kagel (29 octobre – 1er novembre) ; <em>La Cour du roi Pétaud</em> de Léo Délibes par la Compagnie Les Brigands (18 décembre – 4 janvier) ; <em>Les enfants terribles</em> de Philip Glass d’après Jean Cocteau (10 – 14 février) ; <em>Cosi fan tutte</em> de Mozart en version de chambre (31 mars – 4 avril) ; <em>Riders to the Sea</em> de Ralph Vaughan Williams (8 – 11 avril). Plus d'informations sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.athenee-theatre.com/">http://www.athenee-theatre.com/</a>.</pre>
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