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	<title>Andriana CHUCHMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Andriana CHUCHMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Orphée et Eurydice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Dec 2019 10:22:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sans doute à cause de l’importance du ballet dans l’opéra français sous l’ancien régime, la version parisienne de l’Orphée de Gluck a plusieurs fois été confiée à des chorégraphes plutôt qu’à des hommes de théâtre. Au palais Garnier, Rolf Liebermann avait présenté en 1973-74 un spectacle cosigné par René Clair et George Balanchine, mais depuis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans doute à cause de l’importance du ballet dans l’opéra français sous l’ancien régime, la version parisienne de l’<em>Orphée</em> de Gluck a plusieurs fois été confiée à des chorégraphes plutôt qu’à des hommes de théâtre. Au palais Garnier, Rolf Liebermann avait présenté en 1973-74 un spectacle cosigné par René Clair et George Balanchine, mais depuis 2005, c’est <em>Orphée et Eurydice</em>&#8211;<em>Pina Bausch</em> qui y a seul droit de cité, « opéra dansé » conçu en 1975 par la fondatrice du Tanztheater Wuppertal.</p>
<p>On ne s’étonnera donc pas d’apprendre que le Lyric Opera de Chicago a proposé à <strong>John Neumeier</strong> de monter l’œuvre de Gluck. Pour s’être largement déroulée outre-Rhin (Stuttgart, Francfort, Hambourg), la carrière de l’Américain n’a guère à partager avec les choix esthétiques de sa consœur teutonne, non seulement par son attachement au ballet narratif, mais par le type même des mouvements qu’il affectionne. On danse beaucoup dans cet <em>Orphée</em>, et quoi de plus normal, mais il faut bien reconnaître que ce style de chorégraphie peut aujourd’hui paraître extrêmement daté. Depuis les années 1960, le monde de la danse a connu tant de bouleversements que le spectacle réglé par John Neumeier a un petit côté <em>vintage</em>. La présence du ballet y est d’autant plus manifeste que le chantre de la Thrace devient ici un chorégraphe qui fait répéter ses danseurs pendant l’ouverture. Eurydice est une <em>prima ballerina</em> capricieuse ou simplement énervée qui quitte la salle en colère et se fait écraser par une voiture : c’est là que l’opéra commence. Evidemment, le réalisme de l’épave fumante sous laquelle roule le corps d’Eurydice ne saurait être longtemps de mise, et la défunte apparaît à Orphée endeuillé comme une fantomatique mariée, puis vient elle-même l’appeler à réagir, dérobant au passage quelques mots à l’Amour. Celui-ci est simplement un fidèle ami du chorégraphe, qui l’incite à ne pas succomber à la dépression malgré le décès de sa danseuse vedette. Après une longue errance de l’autre côté du miroir, dans des lieux abstraits, Orphée reprendra du poil de la bête et se remettra à chorégraphier, assistant même en spectateur avec son pote Amour aux ébats qu’il a réglés pour le long ballet final.</p>
<p>Scéniquement, tout cela n’est pas très passionnant. Musicalement, la battue métronomique et carrée de <strong>Harry Bicket</strong> n’est pas fascinante non plus, et donnerait raison aux détracteurs de Gluck, alors que sa musique touche au sublime lorsqu’elle est confiée à un chef inspiré. Au risque de nous répéter, nous reposons la question : Pourquoi personne n’a donc eu l’idée de filmer ou au moins d’enregistrer John Eliot Gardiner lorsqu’il a dirigé l’œuvre à Londres ? Le DVD réalisé de la production <a href="https://www.forumopera.com/dvd/orphee-et-eurydice-pourquoi-milan-quand-il-y-avait-londres">réalisée par John Fulljames avec le chorégraphe Hofesh Shechter</a> nous prive hélas de cette superbe direction d’orchestre, et le chœur de la Scala s’y montre sous un jour peu favorable. C’est heureusement tout le contraire à Chicago, où le chœur du Lyric Opera est admirable de force comme de nuances, avec un français excellent, à cent lieues du gloubiboulga des Milanais.</p>
<p>Quant au trois solistes, <strong>Lauren Snouffer</strong> est un Amour charmant, et <strong>Andriana Chuchman</strong> une Eurydice exceptionnellement investie, plus active et décidée que ce n’est généralement le cas. Mais c’est surtout <strong>Dmitry Korchak</strong> qui retient l’attention. Rossinien comme Juan Diego Florez, il possède néanmoins un timbre plus proche de ce que l’on imagine dans ce répertoire, et sonne plus français là où son confrère péruvien, malgré la qualité de sa diction, sonnait plus italien dans son approche. L&rsquo;articulation du français est parfaitement adéquate, et l&rsquo;émission du son se révèle tout à fait stylée.</p>
<p>Autrement dit, et comme on l’a déjà trop souvent dit, voilà un DVD où il y a plus à écouter qu’à voir, sauf si vous êtes adepte de l’école de ballet John Cranko/John Neumeier.</p>
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		<title>Gianni Schicchi</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gianni-schicchi-indispensable-mise-en-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jonathan Parisi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2016 10:41:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2008 à l&#8217;opéra de Los Angeles, la mise en scène décapante de Gianni Schicchi par Woody Allen trouve avec l&#8217;interprétation de Placido Domingo une deuxième excellente raison de prendre place dans nos DVD-thèques. Conçue par le cinéaste américain à l&#8217;occasion du 150e anniversaire de la naissance de Puccini, la production avait été reprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Créée en 2008 à l&rsquo;opéra de Los Angeles, la mise en scène décapante de <em>Gianni Schicchi </em>par Woody Allen trouve avec l&rsquo;interprétation de<strong> Placido Domingo</strong> une deuxième excellente raison de prendre place dans nos DVD-thèques. Conçue par le cinéaste américain à l&rsquo;occasion du 150e anniversaire de la naissance de Puccini, la production avait été reprise avec fidélité et inventivité par Kathleen Smith Belcher en septembre 2015, en lancement d&rsquo;une saison qui allait célébrer le 30e anniversaire du L.A. Opera. Son président Christophe Koelcher souhaitait alors mettre à l&rsquo;honneur sa programmation en y associant de grands noms du cinéma hollywoodien.</p>
<p class="rtejustify">Woody Allen signe ici sa première mise en scène d&rsquo;opéra, et force est de reconnaître que lui avoir confié <em>Gianni Schicchi</em> est une idée de génie ! Ramassée sur cinquante minutes et nourrie de l&rsquo;écriture franche et colorée du compositeur toscan, l&rsquo;œuvre se présente comme une grande scène collective, propice à la relecture amusée du cinéaste. Mettant l&rsquo;accent sur son ton satirique et la traitant dans la veine du cinéma néo-réaliste de l&rsquo;Italie d&rsquo;après-guerre, Woody Allen confère à l&rsquo;œuvre toute l&rsquo;animation qu&rsquo;elle réclame, verve et énergie autant que légèreté de ton. Le registre comique, traité avec le flegme habituel du réalisateur, évolue entre la parodie et l&rsquo;autodérision au point de rendre cette grande farce héritière de l&rsquo;opéra-bouffe plus fine et plus savoureuse encore.</p>
<p class="rtejustify">Le spectacle revendique son traitement cinématographique et assume d&#8217;emblée la satire en s&rsquo;ouvrant sur la projection d&rsquo;un générique qui annonce « <em>a Prosciutto e Melone Production</em> » (une production Jambon et Melon), tandis qu&rsquo;une musique napolitaine déplace l&rsquo;action de la Florence du XIIIe siècle vers la Naples mafieuse du milieu du XXe. Allongé sur son lit au centre d&rsquo;un décor en noir et blanc où se confondent intérieur et extérieur, privé et public, le défunt Buoso Donati est faussement pleuré par ses proches. Car la cupidité succède très vite au sentimentalisme et l&rsquo;on se met de part et d&rsquo;autre à chercher le testament du vieil oncle jusqu&rsquo;à le trouver au fond d&rsquo;une marmite de spaghettis ! Cousines, nièces, neveux et autres beaux-frères révèlent de nouveaux visages tandis qu&rsquo;Allen cisèle chaque tempérament, faisant de Zitta une mamma aussi rustre qu&rsquo;attendrissante, de Nella une épouse bien rangée, de la Ciesca une pin-up glamour, de Betto di Signa un ouvrier, de Simone un notable, de Marco un macho séducteur, abusant certes de la caricature mais dotant l&rsquo;ensemble de subtils détails capables d&rsquo;enrichir de bout en bout une action ordinairement sommaire. Certes il y a le couple d&rsquo;amoureux Rinuccio/Lauretta pour assurer – passages obligés – quelques élans lyriques traités dans un souriant premier degré et menant jusqu&rsquo;au célèbre « O mio babbino caro » de la soprano, qui assure à lui seul le succès populaire de la partition. Mais c&rsquo;est incontestablement au rôle titre que revient la tâche d&#8217;emmener l&rsquo;ensemble.</p>
<p class="rtejustify">Acclamé dès son entrée en scène, Placido Domingo incarne Schicchi avec tant de naturel, de brillance comme de roublardise, qu&rsquo;il hisse son personnage au-delà de ses contours. La grande scène durant laquelle ce « nouveau riche » met au point le stratagème qui permettra la réécriture du testament porte l&rsquo;action vers son point culminant, où les références au cinéma de Vittorio de Sica nourrissent une auto-parodie du genre absolument exquise. Revêtant l&rsquo;habit du défunt, lui-même installé en mendiant devant la porte, Domingo confirme une performance de haute volée et traverse avec nuances et subtilité les différents registres vocaux que sollicitent le rôle, jusqu&rsquo;à l&rsquo;épilogue parlé où, poignardé par Zita, Schicchi réclame l&rsquo;indulgence d&rsquo;un public pourtant pleinement acquis !       </p>
<p class="rtejustify">Aux côtés du monstre sacré, le reste de la distribution n&rsquo;a pas à rougir. Rôle de premier plan, la Zita de <strong>Meredith Arwady</strong> montre un rare équilibre entre de nombreux extrêmes graves et d&rsquo;impétueux aigus, se doublant d&rsquo;une présence scénique aguerrie. Le Rinuccio d&rsquo;<strong>Arturo Chacon-Cruz</strong> convainc lui aussi par l&rsquo;assurance d&rsquo;une voix aux couleurs résolument pucciniennes et forme un duo idéal avec la Lauretta d&rsquo;<strong>Andriana Chuchman</strong>, éblouissante de sincérité dans « O mio babbino caro ». Coté fosse le maestro <strong>Grant Gershon</strong> insuffle à la partition tout le dynamisme et la lisibilité qu&rsquo;elle requiert par son architecture en motifs courts, devenant tour à tour tonitruants ou plaintifs sous l&rsquo;active baguette du chef.</p>
<p class="rtejustify">Ce <em>Gianni Schicchi</em> lyrico-cinématographique nourri à chaque seconde par le génie de Woody Allen confirme la double raison d&rsquo;être de la scène et de la vidéo et trouve une place de choix dans ce répertoire lyrique du nouveau millénaire où la parenté se partage désormais entre compositeur et metteur en scène.</p>
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