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	<title>Willy CLÉMENT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Willy CLÉMENT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Les Brigands</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-brigands-cotelettes-et-marmitons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Feb 2019 08:01:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son article inaugurant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">notre dossier consacré au bicentenaire de la naissance d’Offenbach</a>, Julien Marion vantait les mérites des concerts naguère diffusés par la RTF, mérites qui l’emportent en général suffisamment sur les défauts pour qu’on se laisse séduire par l’esprit qui, plus que la lettre, est toujours respecté dans ces captations. Cette fois, le label Malibran a choisi de rapprocher deux œuvres composées de part et d’autre de la guerre franco-prussienne : <em>Les Brigands</em>, créé en 1869, et <em>Pomme d’Api</em>, créé en 1873. Bien que datant de ce Second Empire auquel Offenbach est indissociablement lié, bien que porté par un livret signé Meilhac et Halévy, <em>Les Brigands</em> n’appartient pas à la poignée de grands classiques du maître de l’opérette, même si la production Jérôme Deschamps, maintes fois reprises en divers lieux depuis sa création à l’Opéra-Bastille en 1993, a beaucoup contribué à populariser ce titre. Quant à <em>Pomme d’Api</em>, acte unique dont la distribution se limite à trois personnages, c’est un chef-d’œuvre, et un titre très apprécié des troupes d’amateurs du fait des effectifs légers qu’il réclame.  </p>
<p>Assez logiquement, si <em>Pomme d’Api </em>n’a pas trop à souffrir des ciseaux de la RTF – pourquoi réduire encore une œuvre déjà brève ? –, ces mêmes ciseaux se sont donné libre cours sur <em>Les Brigands</em>. Si le premier acte est à peu près épargné, le deuxième démarre sans son chœur de cuisiniers, ce qui n’est pas encore trop grave, mais on constate l’absence très regrettable du deuxième air de Fiorella, « Sait-on jamais pourquoi l’on aime ? », et le troisième acte est particulièrement tronqué par la suppression d’un important ensemble où presque tous les personnages sont réunis, avant le final. Autre trahison, qui n’était hélas que trop prévisible : Fragoletto, rôle travesti créé par Zulma Bouffar, et où brillait Colette Alliot-Lugaz dans la version Gardiner de 1988, est forcément confié ici à une voix masculine, ce qui bouleverse l’équilibre des timbres dans le duo du Notaire avec Fiorella, le trio des Marmitons avec Falsacappa et Pietro, et plus généralement dans les ensembles. On ne s’offusquera pas de voir que plusieurs rôles de ténor sont attribués à des barytons : le comte de Gloria-Cassis, mais aussi Falsacappa en personne, pourtant créé par José Dupuis (qui avait été Pâris, Fritz ou Barbe-Bleue).</p>
<p>Mais on l’a dit, faute de la lettre, on a ici l’esprit, avec une véritable troupe constituée de fortes personnalités, parfois plus acteurs que chanteurs, ce dont on ne se plaindra pas pour les rôles secondaires. <strong>Denise Duval</strong> trouve en Fiorella un personnage à sa mesure, même si, on l’a dit, elle perd ce qui est sans doute le plus bel air de la partition. Baryton léger, habitué de l’opérette, <strong>Willy Clément </strong>à l’envergure du chef des brigands. <strong>René Lenoty </strong>n’a pour défaut que d’être un homme là où Offenbach avait prévu une voix de femme. <strong>René Hérent</strong> a peu à chanter, mais il compose dans les dialogues un Pietro délicieusement dépassé par les événements. Bien connu dans la mélodie française, <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>se déchaîne dans le fameux « Y a des gens qui se disent espagnols ». A défaut d’en avoir tous les aigus, <strong>Duvaleix</strong> a la faconde du Caissier. <strong>André Vessières</strong> est un Capitaine somptueux de bêtise, et <strong>Michel Hamel</strong> un prince (ou duc) raffiné.</p>
<p>Le son de ces <em>Brigands</em> de 1953 est parfois un peu lointain. Rien de tel avec <em>Pomme d’Api</em> diffusé une décennie plus tard, qui constitue une véritable concurrence pour l’enregistrement de studio dirigé en 1982 par Manuel Rosenthal, au point qu’on serait tenté de parler de version de référence, avec trois chanteurs-acteurs hors pair. <strong>Joseph Peyron</strong>, dont le timbre et la diction ont souvent défiguré quantité de concerts, est ici idéal en Gustave, jeune homme un peu niais et soumis à son oncle, et il trouve même des grâces irrésistibles. Avec <strong>Gaston Rey</strong>, qui perd hélas un peu son accent méridional dans le trio du gril (et des côtelettes), Rabastens trouve un interprète aussi truculent que pouvait l’être Jean-Philippe Lafont dans le spectacle <em>Vive Offenbach </em>à l’Opéra-Comique en décembre 1979. <strong>Lina Dachary</strong> enfin, dont a pu trouver ailleurs que le timbre sonnait un peu désuet, est ici tout à fait à sa place dans le rôle-titre, par sa gaieté robuste et par sa diction limpide : elle offre une interprétation bien différente de celle de Mady Mesplé dans la version EMI.</p>
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		<title>La Fille du tambour-major</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-fille-du-tambour-major-rien-quun-melo-chauvin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jun 2018 05:44:30 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’approche du bicentenaire de sa naissance, et alors que l’on remonte régulièrement des titres moins fréquentés d’Offenbach, <em>La Fille du tambour-major</em> semble rester dans les limbes, et aucun théâtre n’a tenté d’imposer l’œuvre – au contraire des troupes amateurs, à qui elle ne pose apparemment aucune difficulté. De la décennie qui a suivi la guerre de franco-prussienne, <em>Le Voyage dans la lune</em> (1875) est la seule œuvre à s’être imposée à notre époque : rien ne prouve en effet que les reprises récentes de <em>Fantasio</em> ou du <em>Roi </em>Carotte, datant l’un et l’autre de 1872, parviendront à imposer ces titres. La saison prochaine verra renaître <em>Maître Peronilla</em> et <em>Madame Favart</em> (1878 l’un et l’autre) : faisons confiance au Palazzetto Bru Zane pour mener à bien ces résurrections.</p>
<p>Peut-être faudrait-il un Laurent Pelly pour ranimer le corps de <em>La Fille du tambour-major</em>, lui dont l’intervention a si bien réussi sur <em>La Fille du régiment</em>. En l’absence de réécriture ou de réactualisation, le livret paraît assez désespérément conventionnel et reposer sur ces ficelles du mélodrame dont le jeune Offenbach avait livré une désopilante parodie, par exemple dans <em>Mesdames de la Halle</em>, avec comme principaux ingrédients la sensiblerie et le patriotisme cocardier (l’intrigue se situe en Italie à l’époque de son invasion par l’armée napoléonienne, en 1800). Musicalement, la postérité n’a guère retenu que les couplets de Stella et la romance du tailleur amoureux, sans oublier une belle ouverture en forme de pot-pourri.</p>
<p>Le concert radiodiffusé de 1957 que propose aujourd’hui le label Malibran se situe chronologiquement entre le plus ancien des enregistrements disponibles (1947) et l’intégrale de 1962, avec Christiane Harbell dans le rôle-titre et André Mallabrera en Griollet. En matière de respect de la partition, on se situe à mi-chemin entre la sélection d’extraits gravée en 1966, avec notamment Nadine Sautereau, Michel Dens et Rémy Corazza, et l’intégrale de 1962. La version Malibran est très coupée au dernier acte, dont manque l’essentiel ou presque, et même l’ouverture est réduite à la portion congrue (y manquent les deux tiers de la musique, soit toute la partie centrale où sont cités la valse du 2<sup>e</sup> acte et le duo « J’ose vous le dire »).</p>
<p>Le rôle-titre est assumé par <strong>Lina Dachary</strong>, pilier de tant de concerts d’opérettes des années 1950 et 1960 : toute une époque, mais aussi tout un style, et aussi une voix un peu pointue qui peuvent agacer l’auditeur d’aujourd’hui. De Griollet, <strong>Michel Hamel</strong> possède le timbre haut-placé et la gouaille, mais d’autres ont su prêter au personnage des accents plus suaves. <strong>Willy Clément</strong> est un solide Robert, même si la voix ne sonne pas très jeune pour un jeune premier. <strong>Lucien Lovano</strong>, déjà présent dans le concert de 1947, défend de son mieux le personnage conventionnel de Monthabor. D’ordinaire si charmante, <strong>Claudine Collart</strong> ne peut pas non plus faire grand-chose de la cantinière Claudine.</p>
<p>Il y a infiniment plus d’esprit dans le livret dans la musique de <em>La Chanson de Fortunio </em>(1861) ; hélas, la version enregistrée en 1963 transforme entièrement la distribution, qui inclut normalement cinq rôles travestis. Tous les clercs de maître Fortunio, prévus pour des sopranos en travesti, deviennent ici des ténors ou des barytons, ce qui modifie totalement l’identité de l’œuvre (les quatuors pour voix de femmes, le rôle « masculin » de Valentin).</p>
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		<title>La Poupée / La Mascotte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-poupee-la-mascotte-hoffmann-a-inspire-de-meilleurs-contes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2017 05:26:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec sa nouvelle « Le Marchand de sable », Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec La Poupée de Nuremberg, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet Coppélia ; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec<em> </em>sa nouvelle « Le Marchand de sable<em> </em>», Hoffmann offrit décidément au monde musical un excellent moyen de concrétiser le fantasme de la femme-marionnette. En 1852, Adolphe Adam ouvre le bal avec <em>La Poupée de Nuremberg</em>, opéra-comique ; en 1870, Léo Delibes propose le ballet <em>Coppélia </em>; en 1880, l’automate s’appelle bien sûr Olympia, dans le premier acte des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque le personnage revient faire un petit tour de scène en 1896 avec <em>La Poupée</em> d’Edmond Audran, « opéra-comique » qui ressemble fort à une opérette et qui, après un certain succès à Paris (121 représentations), connut un triomphe à l’étranger (576 représentations à Londres à partir de 1897 !). Lubitsch en tira un film en 1919, <em>Die Puppe</em>, et l’œuvre a survécu tant bien que mal,notamment remontée en 2004 au Théâtre Odéon de Marseille. En 1956, la télévision française en diffusa une captation réalisée au Théâtre de la Gaîté Lyrique, disponible sur le site de l&rsquo;INA ; l’intégrale que publie aujourd’hui Malibran date de 1955, et des extraits en seraient enregistrés en 1958 avec les mêmes interprètes pour les personnages de Lancelot et d’Hilarius, rejoints par Robert Massard en Maximin et Gabrielle Ristori en Mme Hilarius, entre autres (extraits réédités en 1993 dans la série « Gaîté Lyrique », couplés avec <em>Miss Helyett</em>, autre succès d’Audran).</p>
<p>Force est d’avouer qu’on s’explique mal la réussite planétaire d’une œuvre manifestement peu inspirée, sans aucun des airs mémorables qui avaient fait le succès de <em>La Mascotte</em>. Dû au très prolifique Maurice Ordonneau, auquel on doit <em>Les Saltimbanques</em> de Louis Ganne ou <em>La Cocarde de Mimi Pinson</em>, d’Henri Goublier, le livret rappelle celui de <em>La Princesse de Trébizonde</em>, où une jeune femme doit se faire passer pour une statue de cire ; ici, elle est prise pour un automate qu’on présente comme une femme en chair et en os… Comme dans <em>La Mascotte</em>, le personnage central cherche à préserver sa vertu, sauf qu’il s’agit cette fois d’un homme, le jeune Lancelot : bien que novice dans un couvent où il s’est réfugié pour fuir le monde, il consent à feindre un mariage (avec une automate) pour toucher le magot promis par son oncle. Comme Olympia, Alésia chante un air où elle imite le débit haché d’une poupée mécanique. Comme dans <em>La Vie Parisienne</em>, le deuxième acte se termine par un grand finale de griserie, dont les participants décident de « faire des sottises ». Mais la musique se situe à plusieurs crans en dessous de l’Audran de quinze ans auparavant.</p>
<p>La distribution n’y peut mais, même si elle n’inclut aucun des grands noms du chant qui, dans les années 1950 et 1960, se prêtaient de bon cœur à ce genre de concert. <strong>Joseph Peyron</strong> est ici bien plus acceptable que dans le répertoire sérieux, et compose même un Lancelot assez sympathique. <strong>Duvaleix</strong> (Albert, et non son fils Christian) parle quand il n’arrive pas à chanter les notes, mais il a le tempérament nécessaire à faire vivre l’œuvre. <strong>Willy Clément</strong> est un noble révérend père. <strong>Geneviève Pernet</strong>, divette d’opérette, passe très bien dans un répertoire qui n’a pas d’autre véritable exigence qu’une diction claire, mais on rêve de ce qu’en aurait tiré une chanteuse au timbre plus charmeur.</p>
<p>Car le véritable intérêt de ce coffret se trouve peut-être dans le bonus. Trois quarts d’heure d’extraits de <em>La Mascotte</em>, pour quoi faire, quand il en existe une intégrale avec rien moins que Robert Massard et Geneviève Moizan ? Ecoutez, et vous comprendrez. <strong>Liliane Berton</strong> nous fait littéralement fondre en Fiammetta.  <strong>Michel Dens</strong> est un extraordinaire Pippo, qui aurait presque pour défaut de conférer trop de dignité au duo des dindons. <strong>Nadine Renaux</strong> est plus crédible en jeune fille que Geneviève Moizan.<strong> Claude Devos</strong> est infiniment préférable au par trop plébéien Bernard Alvi, véritable contresens en prince Fritellini. <strong>Duvaleix </strong>atteint cette fois les aigus et chante beaucoup mieux que Lucien Baroux. Bref, ces extraits surclassent sans peine l’intégrale de 1959, et proposent de l’œuvre une version infiniment plus élégante à tous points de vue, pour les solistes comme pour la direction de l’orchestre et des chœurs. <strong>Jules Gressier</strong> se révèle bien supérieur à <strong>Robert Benedetti</strong>, le chef de la version Massard/Moizan. Oubliez la Poupée, redécouvrez la Mascotte.</p>
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		<title>Le Roi malgré lui</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-roi-malgre-lui-rejouissances-royales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2015 05:33:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi un bijou comme Le Roi malgré lui souffre-t-il encore d’une malédiction durable ? On se rappelle que Gérard Mortier arrivant à Paris en avait annulé la venue à Garnier, rattrapée in extremis par une série de représentations Salle Favart. Certes, le livret en est passablement confus, mais la musique en est tellement merveilleuse ! Chabrier y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi un bijou comme <em>Le Roi malgré lui </em>souffre-t-il encore d’une malédiction durable ? On se rappelle que Gérard Mortier arrivant à Paris en avait annulé la venue à Garnier, rattrapée in extremis par une série de représentations Salle Favart. Certes, le livret en est passablement confus, mais la musique en est tellement merveilleuse ! Chabrier y distille ses harmonies uniques tout en se livrant à un exercice frôlant plus d’une fois la parodie du grand-opéra à la française, avec ces vastes scènes de conspiration rappelant <em>Les Huguenots</em>. Jusqu’ici, il n’existait guère que la version de studio gravée en 1984 par Charles Dutoit, un peu pénalisée par certains chanteurs dont le français, bien que correct, n’est pas toujours des plus naturels.</p>
<p>La présente captation nous ramène un quart-de-siècle auparavant, aux grandes heures de la RTF. Que les dialogues parlés soient remplacés par l’intervention d’une récitante, on l’accepte, même si la distribution entièrement francophone (heureuse époque !) et rompue à cette discipline aurait sans doute été fort capable d’interpréter des dialogues réduits à l’essentiel. Mais pourquoi, dans ces concerts radiodiffusés, fallait-il toujours supprimer l’ouverture et tant d’autres morceaux à sa suite ? Sans ces trop nombreuses coupes, on tiendrait là une version parfaitement apte à rivaliser avec l’unique intégrale disponible, et en attendant que la superbe production conçue par Laurent Pelly pour l’Opéra de Lyon en 2004 connaisse les honneurs du DVD, comme elle le mériterait pleinement.</p>
<p>Cette version nous montre en effet sur quels artistes la France pouvait compter, il y a un demi-siècle, pour interpréter les chefs-d’œuvre de son répertoire, en puisant dans un vivier d’artistes pratiquant aussi bien l’opérette que l’opéra-comique.</p>
<p><strong>Willy Clément</strong> est le plus charmeur des Henri de Valois : pour être l’idôle du public dans le répertoire d’opérette, il n’en était pas moins un authentique chanteur d’opéra-comique, un Pelléas ou un Frédéric de <em>Lakmé</em>. Face à lui, <strong>Janine Micheau</strong> est la plus somptueuse Minka qu’on puisse imaginer, une voix habituée à Leila ou Micaéla, qui confère une dimension inattendue au personnage de le petite esclave polonaise. <strong>Michel Cadiou </strong>est exquis en Nangis, d’un enthousiasme juvénile parfaitement adapté. <strong>Xavier Depraz</strong> campe un Laski d’une belle noirceur, et Marcel Enot se donne la peine de donner un accent italien à Fritelli, quitte à ressembler parfois au Valzacchi du <em>Chevalier à la rose</em>. Seule <strong>Christiane Castelli</strong> ne paraît pas toujours très à l’aise dans le rôle d’Alexina, parfois confié à une mezzo.<br />
	On la retrouve en revanche en grande forme dans <em>Une éducation manquée</em>, avec une <strong>Claudine Collart</strong>, plus ingénue que nature, formant avec elle un couple d’une grâce toute mozartienne et, en la personne de Xavier Depraz, une authentique basse dans un rôle où l’on s’est parfois autorisé à distribuer des barytons trop légers. Christiane Castelli est également magnifique dans les quatre mélodies de Chabrier incluses en complément de programme, dont « Fileuse » qui est en fait un air tiré de l’opéra <em>Gwendoline</em>.</p>
<p> </p>
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