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	<title>Daniel NJO LOBE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 21 Apr 2025 17:23:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Daniel NJO LOBE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STYNE, Gypsy &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La salle était comble ce mercredi à la Philharmonie de Paris pour assister à la première de cette <em>Gypsy</em>, qui correspond quasiment à la première de l’œuvre en France, à peine devancée par la création de cette même production à Nancy. Il y a de quoi s’en étonner, tout d’abord parce que tout amateur de Broadway a déjà écouté « Rose’s Turn » en boucle , que ce soit avec les versions cultes de Bernadette Peters, Imelda Staunton ou Ethel Merman. Certains ont aussi pu voir le film de 1963 avec Rosalind Russell et Natalie Wood, certes déjà plus niche. Indépendamment de sa popularité, la comédie musicale a un certain nombre d’atouts qui auraient pu justifier sa programmation. La musique de Jule Styne est extrêmement efficace, facile à retenir, et remplie d’une énergie et d’une opulence très communicatives. Surtout, le livret est écrit par le même binôme de talent qui avait œuvré sur celui de <em>West Side Story</em> : Arthur Laurents au livret et Stephen Sondheim aux paroles. Ainsi, à partir des mémoires de la véritable Gypsy Lee, ils dressent le portrait d’une mère vampirisante, qui exploite ses filles June et Louise/Gypsy <span style="font-size: revert;">et les prive d’éducation pour vivre l’euphorie d’une carrière scénique par procuration. Le personnage a cela de fascinant qu’on comprend également qu’elle a elle-même été empêchée et délaissée plus jeune, aussi pense-t’elle sincèrement donner ce qu’il y a de mieux à ses filles en s’investissant de la sorte. Le livret fait par ailleurs l’impasse sur la bisexualité (ou le lesbianisme) du personnage historique, et surtout sur la rumeur d’un meurtre qu’elle aurait commis dans la pension de femmes qu’elle tenait. On voit donc bien la richesse thématique qu’on peut tirer de l’ouvrage : les répercussions d’une frustration personnelle sur l’éducation de ses enfants, le galvaudage de l’image de l’enfance, la cruauté du monde du spectacle, l’exploitation des femmes, même la lutte des classes… Tout ceci étant évidemment contrebalancé, Broadway oblige, par une galerie de seconds rôles de caractère, des grandes scènes de show, et un rythme comique à toute épreuve. Les dialogues sont ainsi remplis de moments qui, avec le bon tempo, sont d’une drôlerie irrésistible : &#8211; « Mr. Weber, vous m’avez coupé en plein milieu d’une phrase » &#8211; « Mme Rose, vous êtes toujours au milieu d’une phrase ».</span></p>
<p>Sans surprise, c’est à ce dernier aspect que <strong>Laurent Pelly</strong> semble s’être le plus attaché, en tant que référence française du répertoire léger. Dans un espace limité, construit autour de l’orchestre, il signe un spectacle assez cartoonesque, avec une direction d’acteurs qui semble délibérément s’écarter de toute psychologisation. Les spectacles ringards de Mme Rose sont ainsi aussi drôles qu’attendus, et les seconds rôles, d’abord les boys puis les stripteaseuses, apportent toujours une énergie bienvenue. Il faut d’ailleurs citer les chorégraphies de Lionel Hoche, dans le style Broadway d’origine, qui contribuent grandement au rythme du spectacle alors qu’elles auraient pu être contraintes par l’espace scénique. Globalement, le spectacle est parfaitement lisible, et très recommandable pour découvrir l’œuvre. Et pourtant, si l’on passe une excellente soirée, on arrive à l’entracte avec une impression en demi-teinte. La faute d’abord à un vrai problème de ton : à toujours être dans une forme de divertissement un peu caricatural, on perd une grande partie du potentiel thématique de l’œuvre. L’un des intérêts majeurs de <em>Gipsy</em> est en effet pour nous cet équilibre constant entre le comique involontaire de Rose et la glauquerie, voire la profonde tristesse de la situation. Ce n’est qu’à la toute fin de la première partie, avec un regard déchirant de <strong>Natalie Dessay</strong> suite au départ de June, qu’on perçoit pour la première fois ce doux-amer qui nous semble au cœur de l’œuvre. On est aussi gêné dans ce début de représentation par le tempo comique, notamment dans les scènes de rencontre entre Rose et les directeurs de théâtre, qui nous paraissent très en dessous de l’hyperactivité à laquelle elles appellent. Il faut dire que les comédiens-chanteurs ne sont pas aidés par une traduction des dialogues très littérale, qui aurait nécessité plus de liberté pour avoir autant d’impact que la version originale. Connaissant l’enfer des droits d’auteur dans ce répertoire, on ne saurait cependant le reprocher à <strong>Agathe Mélinand</strong>, qui a probablement été contrôlée et limitée dans sa marge d’interprétation par les ayant-droits. Enfin, évoquons notre dernier (léger) grief : ces bruitages enregistrés qui reviennent régulièrement pour expliciter le lieu de l’action nous paraissent non seulement superflus, mais un peu faciles. Le problème n’est pas leur réalisation, mais bien la façon dont ils sont mobilisés à plusieurs reprises pour compenser un certain manque d’activité sur scène. La deuxième partie nous amène moins de réserves, notamment du fait de l’interprétation, sur laquelle nous allons maintenant nous attarder.</p>
<figure id="attachment_187808" aria-describedby="caption-attachment-187808" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-187808" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0146-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187808" class="wp-caption-text">Natalie Dessay, Daniel Njo Lobé<br />©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
<p>Le choix de donner le rôle de Rose à Natalie Dessay, à ce stade de sa carrière, s’inscrit dans une certaine tradition. En effet le rôle est souvent donné à des chanteuses qui brillent en premier lieu par leur présence sur scène et leur intensité, ce que Dessay a largement exploré ces dernières années en multipliant les projets au théâtre. De fait, son dernier air, le fameux « Rose’s Turn », est assez bouleversant par l’énergie du désespoir qu’elle y met, sans prendre le temps de s’apitoyer sur elle-même. On reconnaît par de simples regards la fine comédienne qu’elle a toujours été, capable de toucher immédiatement sans rien dire. Les quelques moments d’émotion de sa prestation sont ainsi assez saisissants. Pourtant, en ce soir de première, il nous semble que la direction d’acteurs ne rend pas justice à l’étendue de sa palette de jeu. Avec ce parti pris uniformément léger, les effets qu’elle met dans sa voix parlée (en jouant sur les ruptures de registres) nous semblent confiner le personnage à une espèce de marâtre de vaudeville, et en cela diminue l’empathie que pourrait avoir le public pour elle ou pour ses filles. On s’amuse souvent, certes, mais en restant un peu extérieur la plupart du temps. Ce n’est pas que nous voudrions faire de cette comédie musicale un drame social grisaillant à la Dardenne ou à la Ken Loach, mais encore une fois, il nous semble que l’intérêt de la pièce repose sur le contraste entre les paillettes qu’elle fantasme et la misère de la situation. Cela ne nous paraît pas tellement à attribuer à la chanteuse, mais aux partis pris de la mise en scène. En revanche, on est un peu plus gêné par un anglais compréhensible mais peu percutant, avec des voyelles assez françaises.<br />
Son binôme, le Herbie de <strong>Daniel Njo Lobé</strong>, a pour lui une grande élégance et un jeu très naturel. Le personnage permet moins d’extravagance, mais le calme et le charisme de son interprète offrent un contrepoint bienvenu aux névroses de Rose. Il est par ailleurs très convaincant dans ses parties chantées, alors qu’on ne trouve aucune mention de formation musicale dans sa biographie. Peut-être faut-il alors également saluer le travail du chef de chant de la production, <strong>Stéphane Petitjean</strong>.</p>
<figure id="attachment_187811" aria-describedby="caption-attachment-187811" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-187811" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0149-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187811" class="wp-caption-text">Medya Zana, Rémi Marcoin, David Dumont, Antoine Le Pruvost, Léo Gabriel<br />©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
<p>L’une des grandes forces du spectacle est pour nous l’ensemble de jeunes chanteurs réuni pour l’occasion, tous formés à la comédie musicale, et ainsi maîtrisant aussi bien le belting, la comédie que la danse, sans compter une diction absolument irréprochable. <strong>Neïma Naouri</strong> (Gypsy), en plus d’avoir une alchimie évidente sur scène avec sa mère, continue de se positionner comme l’un des grands espoirs français de ce répertoire, avec une voix corsée et libre, très reconnaissable, et un tempérament affirmé. Son « Let me entertain you » est ainsi l’un des moments les plus applaudis de la soirée, à juste titre tant elle réussit à y rendre palpable le cheminement intérieur du personnage, jusqu’à lâcher tous les chevaux. Elle forme également un duo très convaincant avec la soprano kurde <strong>Medya Zana</strong>, qui interprète sa sœur June à l’âge adulte. Le rôle est plus court, plus uniformément comique, mais elle s’en sort avec beaucoup d’auto-dérision, en surjouant la femme-enfant et trafiquant sa voix, pour un résultat très drôle. L’effet est d’autant plus convaincant qu’on voit bien derrière toute la technique qui lui permettrait d’assurer également des parties plus sérieuses. Un autre grand moment de la soirée est le trio des strip-teaseuses « You gotta have a gimmick », qui rend le public hilare grâce à l’interprétation volcanique de <strong>Barbara Peroneille</strong> (Mazeppa), <strong>Marie Glorieux</strong> (Electra), et <strong>Kate Combault</strong> (Tessie Tura). Le numéro est assez payant en soi, mais chacune s’empare de son moment avec un humour, une présence, et des moyens vocaux qui produisent un effet immédiat. A la question « comment abordez-vous les seconds rôles », Annie Girardot répondait « je les joue comme si c’était des premiers » : c’est exactement l’impression que nous donnent ces trois chanteuses ce soir. Pour clôturer ce casting féminin, <strong>Juliette Sarre</strong> montre un vrai talent pour la caricature, d’abord avec sa Miss Cratchitt pincée comme rarement, puis avec une Agnès délicieusement cruche.</p>
<p>Les seconds rôles masculins ont moins le temps de briller individuellement, à l’exception remarquée d’<strong>Antoine Le Provost</strong>, qui offre avec son numéro de claquettes le moment le plus spectaculaire de la soirée. Le danseur est impressionnant, mais le chanteur n’est pas moins excellent, avec une voix claire et agréable. Déjà réduit dans le livret, son personnage semble cependant avoir encore moins de temps que d’habitude pour exister ce soir, peut-être en raison de coupes. Il forme avec ses trois acolytes <strong>Rémi Marcoin</strong>, <strong>David Dumont</strong> et <strong>Léo Gabriel</strong> un quatuor extrêmement vif, sur lequel repose largement le rythme de la première partie dans cette production. Enfin, <strong>Pierre Condemine</strong> et <strong>Pierre Aussedat</strong>, eux exclusivement comédiens, visent juste à chacune de leurs interventions.</p>
<p>Le spectacle n’aurait pas été le même sans la luxueuse présence de l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong>, en grande forme ce soir, et particulièrement déchaîné sous la baguette de <strong>Gareth Valentine</strong>. Ce dernier, visiblement familier de ce répertoire, choisit des tempi globalement très allants ce soir, avec beaucoup d’énergie, mais qui font toujours sens théâtralement. Il réussit ainsi à stimuler le plateau en permanence sans jamais les pousser dans leurs retranchements. On n’est pas forcément habitué à entendre ce son très symphonique classique dans le musical, notamment au niveau des cuivres, habituellement un peu moins ronds, mais c’est aussi très agréable à partir du moment où on sent le même rebond rythmique dans tout l’ensemble.</p>
<figure id="attachment_187809" aria-describedby="caption-attachment-187809" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-187809" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0147-1-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187809" class="wp-caption-text">©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure>
<p>On ne peut que recommander à ceux qui ne connaîtraient pas l’œuvre d’aller dans les lieux de reprise de la production la découvrir, avec la garantie de voir une production enthousiasmante et très accueillante. Pour ceux qui la connaîtraient déjà, il faut tout de même y aller pour découvrir le futur de la comédie musicale en France, alors qu’il reste encore beaucoup à faire pour lui donner la place qu’il mérite. Quoi qu’il en soit, voilà un spectacle qui sort largement le public de la Philharmonie de la léthargie dont il peut être familier, avec des spectateurs enthousiastes, réactifs, contribuant largement à la joie qu’on retient de cette soirée.</p>
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		<title>STYNE, Gypsy – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Feb 2025 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la première fois qu’est donné Gypsy en France et l’on peut s’étonner que ce standard de Broadway, considéré comme un chef-d’œuvre du genre, ait été si longtemps ignoré dans l’Hexagone. Pourtant, d’aucuns considèrent que le musical de Jule Styne est en quelque sorte la mère des comédies musicales et l’œuvre a été proposée plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la première fois qu’est donné <em>Gypsy </em>en France et l’on peut s’étonner que ce standard de Broadway, considéré comme un chef-d’œuvre du genre, ait été si longtemps ignoré dans l’Hexagone. Pourtant, d’aucuns considèrent que le musical de Jule Styne est en quelque sorte la mère des comédies musicales et l’œuvre a été proposée plus de 2000 fois depuis sa création en 1959, avec à l’affiche toutes les divas de Broadway au style mature dans le rôle de Rose. Ce personnage de mère abusive, pour ne pas dire toxique, décidée coûte que coûte à faire de ses enfants des stars, est inspiré d’une femme bien réelle, qui a voulu sortir de sa condition en se servant de ses filles et pour cela n’hésite pas à falsifier leurs actes de naissance pour contourner les lois en vigueur sur le travail des enfants dans les années 1930. La comédie musicale s’appuie sur les Mémoires de Gypsy Rose Lee, l’une des filles de Rose, célèbre pour ses numéros de striptease. Car oui, si l’une des filles se marie, l’autre devient bien une star, mais de l’effeuillage… Le musical de Jule Styne jouit d’une partition virtuose qui swingue, d’airs captivants, d’un livret d’Arthur Laurents très bien équilibré et surtout des lyrics du jeune Stephen Sondheim.</p>
<p>C’est donc avec grand intérêt et curiosité que les amoureux du musical se sont pressés à la Première du spectacle, ambitieuse coproduction de l’Opéra national de Lorraine et de la Philharmonie de Paris avec les Théâtres de la Ville de Luxembourg, le Théâtre de Caen et l’Opéra de Reims. Très alléchante, la présence des complices <strong>Laurent Pelly </strong>et <strong>Natalie Dessay</strong> dans une version semi-scénique pour un hommage appuyé au monde du music-hall est un attrait supplémentaire. Une fois accepté le dispositif scénique minimaliste pour une scène plongée dans le noir, sachant que l’orchestre est placé en contrebas au centre de la scène encadrée par des allées et des passerelles bordées de néons, ce sont un peu plus de deux heures de numéros entraînants et efficacement chorégraphiés qui se succèdent.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2025_01_Gypsy-©-Jean-Louis-Fernandez-13-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-182466"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Laurent Pelly, en grand routinier, réussit sans peine à animer les espaces de circulation et dynamiser l’action. Les changements de scènes sont simplement signifiés par des panneaux sur lesquels sont inscrits les noms des lieux successifs, cartels portés par de jeunes gens qui traversent la scène comme autant d’intertitres pour un show stylisé à l’extrême. Les chorégraphies de <strong>Lionel Hoche</strong> sont bien réglées et les costumes de Laurent Pelly rehaussent les personnalités des différents protagonistes. Le choix du rouge pour les vêtements de Natalie Dessay contrastant sur le noir des costumes de ville de ses partenaires ne fait que renforcer l’omniprésence de la diva sur scène. Le vrai personnage principal de cette œuvre, c’est elle, sans conteste. Un rôle qui est une véritable prise de risque, puisque la soprano colorature qui a changé de registre se produit aux côtés de celle qui est sa propre fille dans la vie, <strong>Neïma Naouri</strong>, dans le rôle de Gypsy. Rappelons tout de même que la jeune fille est exploitée pendant toute son enfance, faire-valoir de sa sœur aînée plus douée qu’elle. Elle sera poussée sur le devant de la scène après que sa sœur a convolé avec l’un de ses partenaires et finira par devenir effeuilleuse, dans un genre assez différent de celui rêvé par son ambitieuse génitrice. La mise en abyme entre le théâtre et la vraie vie est délicate… Mais Natalie Dessay aborde son personnage avec gourmandise et enthousiasme, selon ses propres dires, car cela lui permet de jouer avec sa fille notamment dans un duo où toutes les deux sont magnifiques. Il est vrai que Neïma Naouri est très douée, qu’elle a le sens du rythme et une technique très sûre, avec une bonne prononciation de l’anglais, magnifiée par une capacité à faire vibrer son auditoire dans les moments où l’émotion la submerge et jaillit jusqu’à nous. Natalie Dessay, de son côté, force l’admiration par son énergie débordante toujours intacte, son expressivité tant vocale que gestuelle et ce charisme qui la caractérise. Elle semble avoir pris un plaisir fou à incarner cette mère exclusive et égoïste à l’extrême avec une jouissance non déguisée. De ce personnage à l’emporte-pièce qui pourrait être perçu comme purement négatif, elle parvient sans peine à révéler toute l’humanité et le combat sans faille pour sortir ses enfants d’une condition peu enviable et d’une vie décevante. La soprano colorature qui avait fasciné le public de Nancy en 1996 dans <em>Lakmé</em> a développé une voix où les graves se sont affirmés, avec une technique qui correspond bien au répertoire du musical. Cela dit, on pourra reprocher à la diva son anglais pas toujours très convaincant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2025_01_Gypsy-©-Jean-Louis-Fernandez-10-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-182464"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>À leurs côtés, <strong>Medya Zana</strong> tient la dragée haute dans le rôle de June, la sœur aînée, parfaitement à son avantage tant dans le chant que les numéros dansés et parlés. On retiendra également la très belle et noble prestation de <strong>Daniel Njo Lobé</strong> dans le rôle de Herbie, l’amoureux de Rose qui sert d’agent dévoué à la petite famille. L’anglais ne présente aucune difficulté pour lui et lui aussi est à l’aise dans tous les registres, sorte de figure tutélaire du spectacle. La très belle surprise du spectacle réside dans la présence époustouflante et bluffante du jeune <strong>Antoine Le Provost</strong>, 19 ans, dans le rôle de Tulsa. Quelque part entre Fred Astaire et Gene Kelly, le jeune homme a de l’or dans ses jambes, tout en élégance et élasticité. Quant à la prestation débridée des trois stripteaseuses incarnées crânement par <strong>Barbara Peroneille, Marie Glorieux </strong>et <strong>Kate Combault</strong>, on ne peut que s’incliner. Les autres partenaires équilibrent harmonieusement la distribution.</p>
<p>Cependant, on peut regretter la traduction des dialogues en français. Ce qui gagne en facilité de compréhension pour le public souffre de ruptures de style et surtout de la perte du rythme et de la scansion originales. Heureusement, l’ensemble du spectacle emporte l’adhésion, surtout que, sous la direction de <strong>Gareth Valentine</strong>, l’ensemble des <strong>Frivolités parisiennes</strong> est formidable, toujours au service de la richesse sonore de la partition et parfait faire-valoir de l’ensemble des voix. Le public nancéen a ovationné le musical qui va à présent partir en tournée, ce qui va sans doute permettre de bien le roder.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-nancy/">STYNE, Gypsy – Nancy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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