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	<title>Irina DE BAGHY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Irina DE BAGHY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MESSAGER, Coups de roulis &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/messager-coup-de-roulis-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Mar 2023 23:10:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opérette s’extirperait-elle enfin du purgatoire dans lequel elle se morfond depuis plusieurs décennies ? Si tel est le cas, il faut inscrire au tableau d’honneur le nom des Frivolités parisiennes. La compagnie fondée par Benjamin El Arbi et Mathieu Franot s’emploie depuis 2012 à redonner vie au répertoire lyrique léger français des XIXe et XXe &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opérette s’extirperait-elle enfin du purgatoire dans lequel elle se morfond depuis plusieurs décennies ? Si tel est le cas, il faut inscrire au tableau d’honneur le nom des Frivolités parisiennes. La compagnie fondée par Benjamin El Arbi et Mathieu Franot s’emploie depuis 2012 à redonner vie au répertoire lyrique léger français des XIXe et XXe siècles. Pour preuve, <em>Coups de roulis</em> à l’Athénée Théâtre Louis Jouvet. Un pur moment de bonheur.</p>
<p>L’œuvre, la dernière d’André Messager, n’est pas la plus connue de son catalogue. Allez savoir pourquoi tant elle s’affirme comme la quintessence du genre. Sur les lyrics souvent hilarants d’Albert Willemetz, un des plus grands paroliers de son temps (et au-delà), le compositeur a déposé une musique élégante et raffinée, d’une irrésistible séduction, où amour et humour s’entrelacent passionnément. La mélancolie va et vient le temps d’un couplet avant qu’un vent de bonne humeur ne balaye le brouillard sentimental, à la manière du coup de roulis qui, sur le cuirassé Montesquieu, pousse dans les bras de l’enseigne de vaisseau Kermao, la jolie Béatrice. La satire des mœurs politiques à laquelle son père, le député Puy Pradal, sert de prétexte n’a pas pris une ride – le rôle, créé par Raimu, est repris ici par <strong>Jean-Baptiste Dumora</strong>, l’arrière-petit-fils de Messager. Missionné pour inspecter le bateau, le haut-commissaire de la République est rattrapé par le démon de midi en la personne de l’aventurière Sola Myrrhis, sous l’œil effaré de son ancien amant le Commandant Gerville, désormais amoureux de Béatrice.</p>
<p>Cet imbroglio comico-romantique évoque pour <strong>Sol Espeche</strong> les séries télévisées des années 80. Sa mise en scène prend un plaisir communicatif à les pasticher. Toute ressemblance avec <em>Les feux de l’amour</em> ou <em>La croisière s’amuse</em> ne serait pas purement fortuite. Les trois actes de <em>Coup de Roulis</em> sont présentés comme les trois épisodes d’un soap-opéra imbibé d’eau de rose entre lesquels s’intercalent des séquences filmées qui résument les événements précédents. Dès la projection des premières images du générique, les rires fusent dans la salle. La caricature fait mouche. L’hilarité restera de mise plus de deux heures durant, jusqu’à l’inévitable <em>happy end</em>. Le clin d’œil parodique n’est cependant pas le seul atout d’une approche scénique inventive qui réussit l’exploit, délicat dans ce répertoire, de conduire le récit avec un naturel admirable. Textes parlé et chanté alternent sans que le passage de l’un à l’autre ne semble contrefait.</p>
<div class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Coup_de_roulis5.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Coup_de_roulis5.jpg." /><br /><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); color: var(--ast-global-color-3); font-size: revert; font-weight: inherit;">Coup de Roulis (Athénée Théâtre Louis Jouvet, 2023) © Renaud Delage</span></div>
<p>Le mérite en revient aussi aux interprètes, sans exception. Des premiers aux seconds rôles, chœur des cinq matelots inclus, tous remplissent les mêmes conditions de diction, de musicalité, de présence scénique, d’évidence vocale. <strong>Clarisse Dalles</strong>, Béatrice au charme affirmé, ni trop légère, ni trop pointue comme le sont trop souvent les sopranos d’opérette ; <strong>Irina de Baghy</strong> en vamp redoutable – la fameuse Sola Myrrhis – ; <strong>Christophe Gay</strong>, Kermao à l’insolente jeunesse – un jeune premier baryton, ce n’est pas si courant ; l’emploi est d’ordinaire réservé aux ténors – ; <strong>Jean-Baptiste Dumora</strong>, Puy Pradal fort en gueule et haut en couleur ; <strong>Philippe Brocard</strong>, commandant Gerville aux pieds d’argile comme le suggèrent des couplets de la quarantaine ciselés avec la nostalgie qu’exige cette réflexion douce-amère sur le temps qui passe ; <strong>Guillaume Beaudoin</strong>, Pinson gouailleur pourvu d’un seul air dont les innombrables jeux de mots font leur petit effet (« Quand on n&rsquo;a pas le pied marin/Faut pas s&rsquo;occuper d&rsquo;la marine/Quand on connaît rien au turbin/Faut pas tripoter les turbines »)&#8230; Voilà des voix jeunes et saines capables de rendre justice à une œuvre qui mériterait d’être jouée plus souvent (la dernière représentation parisienne date sauf erreur de notre part d’octobre 1998. Et encore s’agissait-il d’une version de concert).</p>
<p>Dernier argument en faveur d’un spectacle à ne pas manquer d’ici le 19 mars, la direction d’<strong>Alexandra Cravero</strong> à la tête des musiciens des Frivolités Parisiennes, qui ensemble rappellent quel subtil orchestrateur est André Messager.</p>


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		<title>Le Comte Ory</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-comte-ory-en-ermite-ou-en-pelerine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 05:08:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La croisade a privé les dames de leurs époux et le Comte Ory de son père. Les frasques du jeune sont connues et il convoite la Comtesse Adèle, qu’aime le page Isolier. Le travestissement du Comte Ory en ermite, démasqué, puis en pèlerine, avec ses compagnons de débauche (se prétendant poursuivis… par le Comte Ory), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La croisade a privé les dames de leurs époux et le Comte Ory de son père. Les frasques du jeune sont connues et il convoite la Comtesse Adèle, qu’aime le page Isolier. Le travestissement du Comte Ory en ermite, démasqué, puis en pèlerine, avec ses compagnons de débauche (se prétendant poursuivis… par le Comte Ory), leur permet d’entrer au château par une nuit d’orage. Le retour opportun des maris évitera les outrages et Isolier pourra à loisir jouer Chérubin auprès de la Comtesse.</p>
<p>Opéra comique, comme annoncé par la partition, ou opéra,  puisque dépourvu de dialogues parlés,  voilà qui importe peu pour cette oeuvre singulière. Ignorerait-on que son matériau musical original se réduit à peu, que rien ne laisserait deviner les emprunts, les coutures, les adaptations, les arrangements qui ont présidé à son écriture. Ainsi, la musique et l’action du premier acte, recomposé, ne diffèrent-ils pas de celles du second, original pour l’essentiel. Ni opéra comique, ni opéra bouffe, mais ouvrage singulier, qui sert à merveille le livret du vaudeville qui en précéda la réalisation, <em>le Comte Ory</em> a retrouvé le chemin de nos scènes. Et rien ne justifie qu&rsquo;il demeure encore marginal par rapport aux chefs-d’œuvre de Rossini.</p>
<p>Un Rossini dont, seuls, deux solistes sont d’origine italienne, sans aucun interprète français, bien que chanté dans notre langue, avait de quoi laisser perplexe. Malmö n’est pas Pesaro, encore que… plus l’ouvrage se déroule, plus nos préventions s’amenuisent ou disparaissent, tant les qualités l’emportent sur les faiblesses. Commençons donc par ces dernières. La maîtrise relative de la langue est un handicap qui rend souvent précieux le sous-titrage en français, nous en reparlerons. La distribution va du meilleur au passable (deux seconds rôles), ce qui n’est pas vraiment un obstacle à notre bonheur. Pour le reste, un orchestre splendide, nerveux, nuancé, aux couleurs séduisantes, magistralement conduit par <strong>Tobias Ringborg</strong>, voilà qui est essentiel. Ajoutez une mise en scène inventive à souhait, de <strong>Linda Mallik</strong>, dans des décors géométriques surprenants, mais utilisés judicieusement, des costumes très composites, colorés, où tous les hommes portent une cotte de maille, et les femmes des parures originales et seyantes, sans oublier des éclairages adéquats, et vous aurez déjà d’autres motifs de satisfaction. Des chanteurs, solistes ou artistes du chœur, que la direction mue en d’authentiques comédiens, voilà qui conforte les raisons de notre plaisir. Gardons le meilleur pour la fin : le chant rossinien est servi par les quatre premiers rôles de façon exemplaire. <strong>Leonardo Ferrando</strong>, rare en France, est un Comte Ory parfait, par la voix, le physique et le jeu facétieux. Les nombreux aigus sont clairs, le chant souple et virtuose. Son premier contre-ut est aisé et lumineux, les autres ne seront pas en reste. La séduisante Comtesse Adèle est <strong>Erika Miklosa</strong>, superbe colorature hongroise qui se joue de toutes les difficultés du chant. Son jeu nous rappelle qu’elle ne dédaigne pas l’opérette et l’engagement dramatique qu’il exige. Rôle travesti, Isolier, <strong>Daniela Pini</strong>, et Ragonde, tourière du château, l’autre mezzo, <strong>Irina de Baghy</strong>, ne sont pas moins rossiniennes que les deux précédents. La voix de la première est large, bien timbrée, aux aigus aisés. Le chant de la seconde, Canadienne bien connue en France, est corsé, avec de beaux graves,et sa présence, insuffisante au tout début, s’affirmera sans peine ensuite. La basse, au physique de géant pour chanter le gouverneur, <strong>Lars Arvidson</strong>, et le baryton <strong>Igor Bakan</strong>, Raimbaud, se produisent pour l’essentiel dans les pays germaniques et scandinaves. Leur français incertain constitue un handicap, qui se double de graves limités (le fa de la basse, les la bémol du baryton) et d’une articulation pâteuse (l’air de Raimbaud). L’essentiel n’est pas là, heureusement. N’oublions pas <strong>Danca Milacic</strong>, qui nous vaut une jeune paysanne fraîche et mutine. Les chœurs, réglés à la perfection, participent à ce régal, véritable feu d’artifice vocal.</p>
<p>Les finales, accomplis,  soulèvent l’enthousiasme par leur esprit, leur vigueur et leur précision : celui du premier, emprunté et réécrit du <em>Voyage à Reims</em>, comme le chant de victoire sur lequel s’achève l’ouvrage, rendant à la nuit les désirs inassouvis. Cet hommage indirect aux <em>Nozze di Figaro</em> est un chef d’œuvre où se marient l’humour, la légèreté, la vivacité et la sensibilité la plus juste.</p>
<p>Etrangement, la vidéo, à moins que ce ne soit le montage, laisse parfois entrevoir l’activité de l’arrière-plan et des coulisses durant le premier acte. En dehors de cette observation, le rythme, le cadrage, les gros plans servent l’ouvrage de façon convaincante.</p>
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