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	<title>Gianfranco DE BOSIO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gianfranco DE BOSIO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Aida – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Aug 2024 07:18:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une édition anniversaire fêtant le centenaire de l’institution en 2023 où l’on inaugurait une toute nouvelle production d’Aida, l’opéra qui a largement contribué au succès de son festival, les Arènes de Vérone proposent cette année deux mises en scène de la même œuvre. On a ainsi pu revoir l’Aida très contemporaine de Stefano Poda &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une édition anniversaire fêtant le centenaire de l’institution en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone/">2023 où l’on inaugurait une toute nouvelle production</a> d’<em>Aida</em>, l’opéra qui a largement contribué au succès de son festival, les Arènes de Vérone proposent cette année deux mises en scène de la même œuvre. On a ainsi pu revoir l’<em>Aida </em>très contemporaine de Stefano Poda créée l’an passé et proposée cette fois en juin et en juillet, avant de revenir pour le mois d’août à la version hollywoodienne devenue classique du très grand metteur en scène italien <strong>Gianfranco de Bosio</strong>, décédé en 2022 à un âge vénérable et dont on fête cette année le centenaire. Pour la première du spectacle, c’est une date très symbolique qui a été choisie, à savoir le 10 août, jour de naissance du Festival, en 1913. À l’époque, c’est l’architecte et scénographe Ettore Fagiuoli qui avait élaboré ce qui est devenu l’«&nbsp;<em>edizione storica</em>&nbsp;». Le Véronais Gianfranco de Bosio avait ressuscité cette version en 1982. Elle a depuis été donnée 267 fois au cours de 22 saisons successives. La reprise de Bosio est inspirée du travail réalisé en 1913 par Fagiuoli, mais également des dessins de l’égyptologue Auguste Mariette à l’origine de l’intrigue d’Aida, tout comme une attention toute particulière aux indications scéniques de Verdi.</p>
<p>Le spectacle un rien désuet et au kitsch éprouvé fait cependant toujours recette&nbsp;: les arènes sont ce soir pleines à craquer. Cette production a encore de beaux jours devant elle… Les tableaux successifs évoqués nous permettent de nous promener entre le péplum à l’italienne, la vision hollywoodienne de la <em>Cléopâtre</em> de Mankiewicz, la vision revue et corrigée de Goscinny et Uderzo, les tableaux orientalistes signés Alma-Tadema ou encore les superbes lithographies en couleurs de la <em>Description de l’Égypte</em>. Un univers visuel où le carton-pâte est de la plus belle qualité et qu’on exhibe avec fierté. Tout cela est bien ficelé, voire millimétré, d’un professionnalisme absolu, y compris pour les enfants impeccablement alignés, au fil de parades d’une symétrie parfaite et d’un soin méticuleux jusqu’au moindre détail. Les chorégraphies sont visuellement splendides, magnifiées par des solistes de tout premier plan. Pourquoi bouder son plaisir&nbsp;? Les fastes et les couleurs font de ce spectacle une féerie qui nous transporte en plein xix<sup>e</sup> siècle et dont le mécanisme, ce soir, ne souffre d’aucun grain de sable qui aurait pu l’enrayer.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Aida1913_EnneviFoto_100824_0212-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-170594"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Arena di Verona 101° Opera Festival 2024</sub></figcaption></figure>


<p>La distribution est solide, à commencer par <strong>Maria José Siri</strong>, grande habituée du rôle, mais dont l’interprétation est un peu trop lisse. La voix est ample, les aigus radieux et les couleurs brillantes, mais il manque un je-ne-sais-quoi pour transcender le rôle, du moins pour ce soir. Cela dit, la soprano uruguayenne est une grande interprète dont on se dit qu’une salle de dimensions plus humaines permettra sans doute de mieux apprécier les subtilités. Il faut dire également qu’elle a, à ses côtés, une figure exceptionnelle en la personne de <strong>Ekatarina Semenchuk</strong>. La mezzo russe incarne une Amneris dont les affres de la jalousie et les souffrances intimes suscitent une empathie inhabituelle, sublimée par un timbre aussi noble que sombre et magnifiée par une aisance vocale qui flatte l’oreille. Les tourments de la jalousie, la souffrance intense, la colère puis les remords sont palpables. Le funeste et ineffable «&nbsp;Pace&nbsp;» final résonne encore au-dessus des Arènes… Cerise sur le gâteau, <strong>Piotr Beczala</strong> excelle en Radamès. La technique est irréprochable et le ténor polonais triomphe dès le «&nbsp;Celeste Aida&nbsp;». Il émane de lui une bravoure doublée d’une honnêteté sans faille. On est face au virtuose absolu, dans tous les sens du terme, y compris dans l’acception italienne du terme, à savoir&nbsp;: «&nbsp;vertueux, valeureux&nbsp;». À ses côtés, <strong>Luca Salsi </strong>campe un Amonastro empreint de morgue et de distance hautaine. Le reste de la distribution contribue à faire de cette Aida une vraie réussite, que les chœurs mettent davantage encore en valeur.</p>
<p>Routinier de la partition, <strong>Daniel Oren</strong> parvient avec brio à tirer le meilleur de son orchestre. Les trompettes sont particulièrement mises en valeur, les masses sonores équilibrées et les subtilités soulignées. Plusieurs distributions sont à découvrir tout au long du mois août et début septembre, dont, dans le rôle d’Amonasro, le grand Ludovic Tézier le 29 prochain. Une bien belle nuit d’été en perspective…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone-2/">VERDI, Aida – Vérone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Aida</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/une-belle-occasion-manquee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2013 12:33:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On attendait à l’automne une vidéo de la nouvelle production d&#8217;Aida à Vérone en 2013 réalisée par La Fura dels Baus, on a droit à une nouvelle version de celle, mythique, de 1913. Lutte entre les anciens et les modernes ? Là n’est pas vraiment la question. Mais la captation de ce spectacle, parfaitement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			On attendait à l’automne une vidéo de la nouvelle production d&rsquo;<em>Aida</em> à Vérone en 2013 réalisée par La Fura dels Baus, on a droit à une nouvelle version de celle, mythique, de 1913. Lutte entre les anciens et les modernes ? Là n’est pas vraiment la question. Mais la captation de ce spectacle, parfaitement connu (voir notamment les comptes rendus de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=304&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">2008</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2851&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">2011</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4027&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">2012</a>), n’aurait apporté du nouveau à la vaste vidéographie de l’œuvre que si elle avait bénéficié d’une distribution exceptionnelle et d’une production vidéo soignée, ce qui n’est pas le cas.</p>
<p>			La première représentation d’<em>Aida</em> eut lieu dans les arènes de Vérone (15 000 spectateurs) en 1913, et constitua le début d’un festival permanent. Depuis, plus de 600 représentations du chef d&rsquo;œuvre de Verdi y ont été données, sans compter les reprises à l’étranger en plein air. Nombre de metteurs en scène et de décorateurs réputés ont participé à diverses productions de cet opéra, mais jusqu’en 1936 et depuis 1982, c’est celle, « historique », de 1913 qui a été le plus souvent reprise, y compris ces dernières années. C’est un grand spectacle « péplum » (200 figurants, 164 choristes, 60 danseurs, 14 enfants, 35 musiciens en costume), qui s’intègre parfaitement bien au plein air et aux arènes romaines.</p>
<p>			Toutefois, il y a à Vérone les bons soirs et les moins bons, et c’est sans doute une erreur d’avoir effectué la captation un samedi. Tout le monde sait en effet que ce jour – où d’ailleurs le prix des places est majoré – n’est guère propice. C’est en effet le moment où se déversent les cars de touristes venus pour le week-end d’un peu partout et notamment de Munich. Les spectateurs, qui sont là pour voir du grand spectacle, se soucient peu des détails psychologiques de l’œuvre, et se laissent facilement distraire par les allées et venues d’un chat (heureusement blanc) qui se promène sur la scène au premier acte de cette vidéo. Ils applaudissent de manière intempestive et souvent décalée, et ne vibrent qu’au démarrage des trompettes et du défilé ; leurs réactions allant decrescendo aux actes III et IV confirment la fatigue d’un public peu concerné.</p>
<p>			Mais surtout, la qualité de la captation vidéo n’est pas au rendez-vous, et ne rend pas bien l’atmosphère si particulière du lieu. Les seules caméras, dont une accrochée à une grue et qui donne le tournis, se trouvent du côté du public. Aucune caméra sur scène au milieu des chanteurs (Pierre Jourdan n’a pas vraiment fait école…). Les plans, en général en plongée, sont sans originalité, et l’utilisation abusive du téléobjectif de face écrase les perspectives. Les traces d’usure des décors, invisibles de loin, donnent en gros plan la fausse impression d’une production peu soignée. Annoncé enfin comme HD, le DVD présente des défauts de définition, et les images, comparées par exemple à celles de la dernière captation de l’œuvre au Metropolitan Opera, sont d’une qualité très moyenne.<br />
			 </p>
<p>			<strong>Daniel Oren </strong>au pupitre n’est pas non plus dans son meilleur jour : nombreux décalages, battue souvent précipitée, effets orchestraux appuyés desservent l’œuvre. Le plateau, très inégal, est aisément dominé par <strong>Hui He</strong>. La cantatrice chinoise qui, rappelons-le, chante depuis moins de quinze ans (voir les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=257&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=37">cinq questions</a> que lui a posées Christophe Rizoud en 2008), s’affirme de plus en plus, et confirme ici qu’elle est une des bonnes Aïda du moment. Son jeu scénique a gagné en sobriété, et ses qualités vocales ont également progressé, se déployant avec des nuances et des notes filées rappelant Caballé. A ses côtés, <strong>Ambrogio Maestri </strong>campe un Amonasro dans la grande tradition : sa haute stature le rend irrésistible en grand sauvage colonisé (rappelons qu’il s’agit d’une production « historique » !) ; quand il se précipite à la fin de l’acte III un poignard à la main sur Amnéris, celle-ci n’a même pas à feindre la peur : la violence de l’attaque semble l’avoir vraiment terrorisée. On connaît par ailleurs ses qualités vocales qui, dans ce rôle, privilégient néanmoins l’efficacité à la finesse. Le roi de <strong>Roberto Tagliavini </strong>est tout à fait remarquable. <em>Marco Berti </em>assure avec professionnalisme le rôle de Radamès, mais plus dans la grosse artillerie que dans la dentelle, sauf pour la scène finale où il forme avec Hui He un couple très musical. Le messager d’<strong>Antonello Ceron </strong>et la prêtresse d’<strong>Antonella Trevisan</strong> sont fort honorables.</p>
<p>			En revanche, l’Amnéris de la cantatrice hongroise <strong>Andrea Ulbrich</strong> est vraiment impossible, à tous points de vue. Piètre actrice, minaudant à l’extrême et à la limite de la caricature, elle donne l’impression d’une Azucena harengère des halles égarée en Égypte. Les yeux rivés en permanence sur le chef, elle ignore totalement ses partenaires. Côté vocal, le médium est souvent absent, la voix bouge, la justesse est toute relative et les passages incessants sont particulièrement lassants. Le Ramfis de <strong>Francesco Ellero d’Artegna </strong>montre quant à lui une fatigue vocale qui trahit l’âge de cet artiste par ailleurs fort talentueux et sympathique.</p>
<p>			Aucun bonus, alors que nombre de sujets, et notamment le rappel des origines de cette production avec une interview de Gianfranco Di Bosio, auraient été les bienvenus. Sous-titres en anglais, français, allemand et japonais. Notice de 20 pages bien illustrée, en anglais, français et allemand.</p>
<p>			Ceux qui n’ont pas encore de DVD d’<em>Aïda</em> ont un large choix, puisqu’il existe une dizaine de versions officielles sur le marché. Pour ceux qui souhaitent privilégier la qualité du film et de l’image d’un grand péplum traditionnel, pas l’ombre d’une hésitation, c’est la captation récente du Metropolitan Opera qu’il leur faut (Violeta Urmana, Johan Botha, Dolora Zajick, Carlo Guelfi, direction Daniele Gatti). En revanche, ceux qui veulent rester à Vérone ont le choix entre deux versions précédentes, la grande tradition (Leyla Gencer, Carlo Bergonzi et Fiorenza Cossotto dirigés en 1966 par Franco Capuana), en noir et blanc, et la même production de Gianfranco de Bosio que le présent DVD, fort bien filmée en 1992 en couleurs, avec toutefois une moins bonne Aïda (Maria Chiara, Kristján Jóhannsson, Dolora Zajick et Juan Pons, sous la solide direction de Nello Santi), mais qui permet de plus de juger de toutes les simplifications apportées depuis au décor, à l’exception du beau velum ajouté à la scène finale.</p>
<p>
			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Aida — Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bravo-maestro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jul 2012 20:28:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Aïda n’est pas considéré particulièrement comme un opéra de chef. Et pourtant, c’est le chef qui aujourd’hui fait l’événement. Interminable ovation lors de l’entrée dans les Arènes de Plácido Domingo qui y dirige cette année deux représentations de l&#8217;opéra de Verdi. Celui qui fut l’un des très grands Radamès du siècle dernier connaît bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           <br />
			<em>Aïda</em> n’est pas considéré particulièrement comme un opéra de chef. Et pourtant, c’est le chef qui aujourd’hui fait l’événement. Interminable ovation lors de l’entrée dans les Arènes de <strong>Plácido Domingo</strong> qui y dirige cette année deux représentations de l&rsquo;opéra de Verdi. Celui qui fut l’un des très grands Radamès du siècle dernier connaît bien sûr parfaitement la partition ; sa direction, d’une autorité souveraine, est loin de la routine que l’on observe le plus souvent. L’orchestre retrouve les sonorités perdues la veille, et des finesses d’orchestration apparaissent là où on les avait oubliées. Bien sûr très attentif aux chanteurs, Domingo prouve une fois encore quel immense musicien il est.</p>
<p>			La mythique production qui inaugura le Festival en 1913 est une fois encore reprise. A défaut de nouveauté, cette <em>Aïda</em> hollywoodienne prouve sa redoutable efficacité sous la férule du grand metteur en scène <strong>Gianfranco de Bosio</strong> (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=304&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">le compte rendu de 2008</a>). Les « oh » fusent de toute part, montrant la séduction qu’exercent encore sur le public des recettes théâtrales remontant au dix-neuvième siècle. Même le troisième acte, avec sa felouque et ses marécages, parvient à être spectaculaire grâce à des éclairages particulièrement soignés.<br />
			 <br />
			L’interprétation ne passe pas pour autant au second plan. Elle est globalement bonne, sans atteindre néanmoins au plus haut niveau. La jeune Ukrénienne<strong> Oksana Dyka</strong> (Aïda), que l’on a déjà vue à Bastille et qui y est annoncée dans le même rôle, est une bonne cantatrice, mais la voix est un peu dure, et l’absence de <em>pianissimi</em> et de notes filées rend son personnage un peu trop monolithique. Du même âge, l’Espagnol<strong> Jorge de León </strong>(Radamès) a un physique – rare pour un ténor – de presque jeune premier, ce qui fait que le couple a pour une fois une réelle crédibilité. La voix est belle et la projection solide, mais chez lui non plus, pas de raffinements particuliers.<br />
			<br /><strong>Tichina Vaughn </strong>chante depuis une quinzaine d’années les grands rôles de mezzos verdiennes, et en particulier Amnéris dont elle aurait intérêt à relire avec attention la partition, ce qui lui permettrait d’éviter quelques savonnages et notes parfois hasardées. Enfin, Amonasro est fort bien interprété par <strong>Ambrogio Maestri</strong>, jeune baryton qui continue de progresser régulièrement dans les grands rôles verdiens qu’il défend sur les plus grandes scènes internationales (il est annoncé dans le rôle de Falstaff à Bastille). Il compose un irrésistible personnage de grand sauvage conforme à une certaine tradition, avec un maquillage appuyé et une large gestuelle. Pour une fois, Ramfis et le Roi (<strong>Giorgio Giuseppini</strong> et <strong>Carlo Striuli</strong>) sont tout à fait excellents, de même que la prêtresse d’<strong>Antonella Trevisan</strong>. Enfin, cela fait bientôt 20 ans que <strong>Myrna Kamara</strong> danse le même ballet insipide et décalé dans les productions d’<em>Aïda</em> des Arènes de Vérone et d’ailleurs ! Donc c’est bien, place maintenant à des jeunes et à une nouvelle lecture…</p>
<p><strong>Version recommandée :</strong><br /><strong></strong></p>
<p>			<strong><a href="http://www.qobuz.com/album/riccardo-muti-verdi-aida/5099964064451" target="_blank" rel="noopener">Verdi: Aida | Giuseppe Verdi par Riccardo Muti</a></strong><br />
			<strong> </strong><strong> </strong><br />
			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-croisiere-samuse-au-bal-masque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 22:43:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On se disait bien que cette reprise du Ballo in Maschera de Gianfranco de Bosio ne se déroulerait pas sans quelques annulations, mais on prévoyait surtout celle de Neil Shicoff, habitué aux forfaits de dernière minute d&#8217;avantage qu&#8217;au rôle de Gustavo III. Le ténor américain, pourtant, est bien là, et ce sont les deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<table align="center" border="0" cellpadding="0" cellspacing="15" style="width:100%" summary="">
<tbody>
<tr>
<td>
				<img decoding="async" alt="" class="vertical" src="http://forumopera.damienrave.fr/sites/default/files/spectacle/2012-01/Ballo1.jpg" style="height:0px" /></td>
<td>
<p>
					 </p>
<p>
					On se disait bien que cette reprise du <em>Ballo in Maschera </em>de Gianfranco de Bosio ne se déroulerait pas sans quelques annulations, mais on prévoyait surtout celle de Neil Shicoff, habitué aux forfaits de dernière minute d&rsquo;avantage qu&rsquo;au rôle de Gustavo III. Le ténor américain, pourtant, est bien là, et ce sont les deux autres rôles principaux qui sont tenus par de luxueux remplaçants.</p>
</p>
<p>
					Si la perspective de réentendre Eva-Maria Westbroek nous réjouissait, force est de constater que <strong>Barbara Haveman</strong>, qui côtoie Amelia depuis déjà quelques années, n&rsquo;a aucun mal à convaincre l&rsquo;auditoire : le timbre est coloré, la voix, large et puissante, la technique (superbe legato) plus que solide&#8230; de quoi composer un personnage fougueux et séduisant, et faire oublier quelques aigus un peu durs.</p>
<p>
					L&rsquo;événement, c&rsquo;est du côté de Renato qu&rsquo;il faut aller le chercher : la présence annoncée de Simon Keenlyside avait de quoi intéresser, mais son remplacement par <strong>Leo Nucci</strong> fait délirer les viennois. Le baryton italien fêtera dans quelques semaines ses 70 ans ; rien, dans sa voix, ne le laisserait supposer. Le timbre n&rsquo;a pas perdu de sa chair, les aigus sont toujours aussi percutants, et « Eri tu », salué par une très longue ovation, constitue le sommet de la soirée : dans un rôle qu&rsquo;il a enregistré sous la direction de Karajan, et qu&rsquo;il a chanté aux côtés de Pavarotti, Nucci demeure une référence incontournable.</p>
<p>
					Le Gustavo de cette soirée ne fait guère baisser la moyenne d&rsquo;âge, et cette fois, ça s&rsquo;entend : l&rsquo;agilité et la solidité requises pour ce grand rôle ne sont pas toujours au rendez-vous. Reste que<strong> Neil Shicoff,</strong> par-delà les années et malgré des choix stylistiques parfois contestables, sait dès les premières mesures esquisser un portrait comme lui seul sait en faire, intrinsèquement imparfait, fatalement brouillon, mais indéniablement sincère et, au final, bouleversant.</p>
<p>
					Bien complétée par l&rsquo;Ulrica sonore (et, pour une fois, à l&rsquo;aise dans les deux extrémités de la tessiture) de Zoryana Kushpler et l&rsquo;Oscar lumineux de<strong> Julia Novikova</strong>, l&rsquo;excellente équipe des chanteurs profite de la direction attentive de <strong>Philippe Auguin</strong>, qui sait compenser, par son enthousiasme et son expérience, un orchestre en relative petite forme -à Vienne, les reprises ne sont quasiment pas répétées.</p>
<p>
					La mise en scène de <strong>Gianfranco de Bosio</strong>, ici, est un must, marqué par le souvenir de ceux qui y chantèrent (Pavarotti, Cappuccilli) ou qui la dirigèrent (elle date de l&rsquo;époque Abbado). Toute en rideaux et en tentures délimitant les différents espaces scéniques, elle ne propose en revanche, comme on pouvait s&rsquo;y attendre, qu&rsquo;une direction d&rsquo;acteurs minimaliste ; une donnée qui fait de la présence d&rsquo;artistes ayant commencé leur carrière dans les années 1970 un avantage : Shicoff et Nucci savent habiter la scène, même sans consignes précises. Et quand les aînés sont vaillants, ce petit saut dans le passé n&rsquo;a rien de désagréable&#8230;</p>
<p>
					 </p>
</td>
<td>
<p>
					 </p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Aida — Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/98-ans-et-toujours-pas-une-ride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 05:01:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La production d’Aïda qui, en 1913, inaugurait les saisons lyriques des arènes de Vérone, a été reprise de nombreuses fois entre 1913 et 1936. Recréée sous la direction de Gianfranco de Bosio en 1982, et reprise à nouveau une vingtaine de saisons, elle a été vue par plus de 2 millions de spectateurs. Et il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La production d’<em>Aïda</em> qui, en 1913, inaugurait les saisons lyriques des arènes de Vérone, a été reprise de nombreuses fois entre 1913 et 1936. Recréée sous la direction de <strong>Gianfranco de Bosio</strong> en 1982, et reprise à nouveau une vingtaine de saisons, elle a été vue par plus de 2 millions de spectateurs. Et il faut dire qu’elle le mérite, car elle s’intègre merveilleusement bien aux arènes, dégageant ce parfum « péplum » si particulier et si proche des volontés de l’égyptologue Mariette. Bien sûr, il ne faut pas y chercher des méandres psychologique ni psychanalytiques originaux : nous sommes ici au premier degré, mais c’est du grand spectacle très soigné dans le moindre des détails, et qui fonctionne remarquablement bien*.</p>
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<p>La surprise du soir a été d’apprendre trois minutes avant le début de la représentation que le rôle d’Aïda serait chanté par <strong>Lucrezia Garcia</strong>, qui fait partie des quatre Aïda programmées à Vérone, mais remplace au pied levé Amarilli Nizza. La jeune cantatrice vénézuélienne, qui a commencé sa carrière il y a une dizaine d’années, est visiblement une jeune femme solide et volontaire, et l’Aïda qu’elle incarne s’en ressent. Point de pleurnicheries, juste des états d’âme, et il n’y a que devant son père qu’elle accepte de plier. La voix est puissante et souple, très musicale ; le style est bien adapté, sauf une légère propension à hacher certains passages plutôt qu’à leur donner le legato traditionnel. Elle a l’art des notes filées et tenues, et émet le contre-ut avec brio. Donc, une magnifique interprétation, et une cantatrice à suivre avec intérêt : on doit en principe retrouver son Aïda à l’Opéra Bastille en 2013.</p>
<p> </p>
<p>Le second intérêt de la soirée était de voir en Amnéris <strong>Giovanna Casolla</strong>, une des plus grandes comédiennes/tragédiennes actuelles du théâtre lyrique international. Nous avions souligné l’an dernier la finesse de détails de son interprétation de la princesse Turandot (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1880&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">notre compte rendu</a>). Il en est de même cette année, où elle subjugue le public par l’intelligence de son interprétation : non seulement elle donne l’impression de jouer le rôle pour la première fois tant elle est attentive à ce que disent ses partenaires, et tant elle réagit avec à propos au texte de chacun ; mais de plus, elle est royale naturellement, sans vulgarité, et joue une simple princesse, avec ses problèmes de princesse amoureuse, et non les viragos impétueuses que l’on peut voir si fréquemment. Vocalement parlant, c’est tout aussi intéressant, et pourtant, elle n’est pas mezzo, ce qui l’oblige à alléger toutes les notes graves qu’elle se refuse à poitriner ; les aigus sont rayonnants, et le respect de la partition tout comme l’intelligence musicale lui permettent de construire un personnage particulièrement séduisant.</p>
<p> </p>
<p>On ne se lasse pas de voir et d’entendre <strong>Giacomo Prestia</strong> dans le rôle de Ramfis. Il y est étonnant de présence souveraine ; la voix est toujours somptueuse, le style parfait, bref un grand prêtre comme on voudrait en voir plus souvent. On retrouve toujours avec plaisir <strong>Alberto Mastromarino</strong>, qui est devenu l’un des grands spécialistes du rôle d’Amonasro ; le personnage de sauvage hirsute qu’il crée est certes un peu forcé et daté, mais il est, vocalement parlant, tout à fait convaincant. <strong>Marcello Giordani</strong>, également bien connu des scènes internationales, du Met à la Scala, est un Radamès correct, qui remplit honnêtement son contrat, sans guère de flamme ni guerrière ni amoureuse. Aux côtés d’un messager sans histoire (<strong>Angelo Casertano</strong>), le roi rigolard de <strong>Carlo Striuli</strong> et la grande prêtresse de <strong>Giorgia Bertagni</strong> ont chacun de leur côté allègrement détonné. Quant aux danseurs, très applaudis cependant, mieux vaut n’en rien dire.</p>
<p> </p>
<p>On a souvent reproché à <strong>Daniel Oren</strong> de trop diriger <em>Aïda</em>, et de s’enfoncer dans la routine. Ce soir, en super forme, il a balayé d’un geste royal toutes les réticences. Vif, attentif, il a suivi les chœurs et les solistes avec la plus grande attention, et a insufflé à l’orchestre la passion sans laquelle <em>Aïda</em> risquerait de n’être qu’un péplum spaghetti.</p>
<p> </p>
<p>* Il reste peu de temps pour voir cette production : quelques représentations cet été, peut-être une dernière reprise l’an prochain mais rien n’est décidé ; en tous cas, en 2013, pour le centenaire de cette <em>Aïda</em> véronaise, il y aura en principe une nouvelle production.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco — Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-reprise-bienvenue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2011 07:49:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Arènes de Vérone reprennent une production de Nabucco de 1992 signée Gianfranco di Bosio, grand homme de théâtre et de cinéma qui fut également superintendant de Vérone (c’est lui qui avait fait venir Jean Vilar à Vérone pour la mythique production de Don Carlo de 1970). Il est aussi l’homme des grandes machines, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Les Arènes de Vérone reprennent une production de Nabucco de 1992 signée<strong> Gianfranco di Bosio</strong>, grand homme de théâtre et de cinéma qui fut également superintendant de Vérone (c’est lui qui avait fait venir Jean Vilar à Vérone pour la mythique production de <em>Don Carlo</em> de 1970). Il est aussi l’homme des grandes machines, et c’est une excellente idée que d’avoir repris cette production de <em>Nabucco</em> qui peut paraître aujourd’hui un peu datée, mais qui porte sa marque et sa manière de concevoir une mise en scène claire et spectaculaire (excellents mouvements de foules), sur des plans scéniques bien délimités, et à partir d’un concept clairement défini.En l’occurrence, di Bosio considère l’œuvre « <em>comme une métaphore du conflit entre le monothéisme et les religions idolâtres, où domine la loi du plus fort jusqu’à l’explosion finale : ici celle du temple de Jérusalem surmonté de la tour de Babel, qui tous deux s’écroulent à la fin du spectacle, montrant que le matérialisme ne résiste pas à la puissance de l’esprit</em> ».Tout cela passe remarquablement bien à la scène, et ce grand péplum à l’italienne qui conserve beaucoup de charme et d’efficacité, est très supérieur aux deux productions véronaises de ces dernières années.</p>
<p> </p>
<p>Le jeune baryton <strong>Marco Vratogna</strong> (Nabucco) a fait ses débuts il y a une dizaine d’années, et a abordé dans ce laps de temps tous les grands rôles verdiens et pucciniens. On l’a vu notamment en Amonasro à Munich et à Londres (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1670&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">le compte rendu de Christophe Rizoud</a> ). Il a la puissance, il a la présence, il a la jeunesse vocale, le résultat est donc, à tous points de vue, fort beau et convaincant. L’Ukrainien <strong>Vitalij Kowaljow</strong> campe un Zaccaria qui fait penser à Charlton Heston dans le passage de la mer Rouge. Parmi la quarantaine de rôles qui figurent à son répertoire, Zaccaria est un de ceux qu’il chante le plus : il faut dire qu’il y est éblouissant tant vocalement que de présence, avec un jeu « Péplum » parfaitement adapté à la présente production. Le jeune ténor chilien <strong>Giancarlo Monsalve</strong> (Ismaele) n’est pas des plus convaincants, surtout dans son jeu scénique en décalage par rapport à celui de ses partenaires.</p>
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<p>La cantatrice grecque <strong>Dimitra Theodossiou</strong> est, également depuis une dizaine d’années, une des grandes tragédiennes du théâtre lyrique international : il se dégage de ses interventions une force dramatique à laquelle rien ne résiste. D’aucuns lui reprochent des accents parfois un peu sauvages et une certaine instabilité de la voix. Ce soir, elle a été étonnante, dès son entrée – moins véhémente que d’autres mais avec de très beaux accents –, et plus encore au début du 2e acte et dans l’air précédant sa mort, où elle donne des sons filés « à la Caballe » tout à fait magnifiques et très au-dessus de ce que l’on entend d’habitude. Son Abigaille prend ainsi rang parmi les grandes interprétations de ce rôle difficile. La Hongroise <strong>Andrea Ulbrich</strong> poursuit de son côté une carrière européenne avec tous les grand rôles de mezzo ; certes, elle ne fait pas dans la finesse, mais la voix est somptueuse et l’art de chanter certain : avec elle, Fenena est un vrai premier rôle.</p>
<p> </p>
<p>Le chef bulgare <strong>Julian Kovatchev</strong> est un habitué de Vérone, c’est certainement pourquoi il réussit à conduire le spectacle sur les chapeaux de roue, mais pas assez toutefois pour devancer la pluie qui interrompt le spectacle pendant ½ heure au 3e acte. Il fait surtout preuve d’une grande rigueur qui lui permet notamment de mener les chœurs avec beaucoup de précision (le « Va pensiero » est bissé selon l’habitude, sans même que le public ait à le demander !). Il évite ainsi tous les décalages susceptibles d’intervenir en ce lieu immense, et que la plupart de ses confrères ont bien du mal à contrôler. Une belle représentation, où l’on retrouve totalement l’esprit Vérone des temps passés.</p>
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		<title>VERDI, Aida — Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-a-hollywood/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 09:44:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La première représentation d’Aïda eut lieu dans les arènes de Vérone (18 000 spectateurs) en 1913, et constitua le début d’un festival permanent. Depuis, plus de 500 représentations d’Aïda y ont été données, sans compter les productions reprises à l’étranger en plein air. Les décors d’Ettore Fagiuoli, utilisés de 1913 à 1936, ont été repris &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La première représentation d’<em>Aïda</em> eut lieu dans les arènes de Vérone (18 000 spectateurs) en 1913, et constitua le début d’un festival permanent. Depuis, plus de 500 représentations d’<em>Aïda</em> y ont été données, sans compter les productions reprises à l’étranger en plein air.</p>
<p>Les décors d’Ettore Fagiuoli, utilisés de 1913 à 1936, ont été repris de 1982 à 1986 (en 1982 avec les costumes de Mariette), de 1989 à 1998 et, après la catastrophique production de 2007, cette année.</p>
<p>Ce n’est donc pas, loin s’en faut, une nouvelle production. J’ai vu celle-ci à plusieurs reprises, et n’y suis allé que parce que je me trouvais dans le secteur, et pour entendre Micaela Carosi dans le rôle d’Aïda, et je m’attendais plutôt au pire, surtout un dimanche soir, avec les hordes d’Allemands descendus de Munich. Or la surprise a été totale. La production a été reprise avec un soin méticuleux, tous les éléments de décors sont parfaits, le moindre des accessoires, le moindre des figurants et des choristes est en place et en situation, ce qui montre avec quelle attention la mise en scène de Gianfranco de Bosio a été reprise elle aussi.</p>
<p>Quant aux interprètes, c’est également la meilleure surprise qui soit. Pour une fois, on rejoint les plus grandes distributions possibles : Micaela Carosi est certainement aujourd’hui parmi les excellentes Aïda : voix ample et généreuse, parfaite connaissance du rôle et donc grande aptitude à en déjouer les pièges, grande aisance et qualité de l’interprétation scénique et vocale, bref, une « présence » que le public ovationne. Marianne Cornetti, que j’ai déjà vue quatre fois dans le rôle, n’est pas mon Amnéris préférée, mais je dois dire que ce soir elle a fait des étincelles, montrant que, quand elle le veut bien, elle peut gommer ses habituelles petites déficiences techniques ; et que, par ailleurs, elle est capable de varier singulièrement son interprétation au fil de la représentation. Carlo Ventre est un Radamès très plausible, qui donne l’impression de ne pas être, comme tant d’autres Radamès, le jouet des événements ; sachant rester en place quand il le faut, il joue également avec habilité à la fois de certaines notes projetées et tenues, et de la spécificité du lieu, sans pour autant en faire un système. Alberto Mastromarino, également très habitué du rôle d’Amonasro, est jubilatoire, tant il épouse la tradition sans pour autant en conserver les aspects négatifs ; il est, lui aussi, un des très bons Amonasro du moment. Et il n’y a que des compliments à adresser à Riccardo Zanellato (Ramfis), Gianluca Breda (le Roi), Enzo Peroni (un messager) et Antonella Trevisan (une grande prêtresse qui, pour une fois, chante juste…).</p>
<p>Enfin, dernière bonne surprise, les ballets, sur une chorégraphie de Susanna Egri, pour une fois ne sont pas indigents, et sont applaudis à juste titre. Il faut dire que la danseuse étoile, Amaya Ugarteche, nous change des précédentes ballerines qui, toutes, avaient l’air de se demander ce qu’elles faisaient là. Avec cette excellente danseuse, on a de nouveau l’impression que les moments dansés font partie intégrante de l’opéra. Les chœurs sont également excellents, le moindre des figurants paraît concerné, donc une grande leçon de professionnalisme. Et le tout est mené de main de maître par Renato Palumbo, à qui revient une grande part du succès de la soirée ; bien sûr, on aura remarqué ici ou là un ou deux petits décalages, des tempi peut-être un peu inhabituels, mais pour un résultat quand même bien plus intéressant que sous la baguette de Daniel Oren, qui dirigeait ici depuis des années des Aïda assez insipides et routinières.<br />
Donc un spectacle qui marche, un public attentif et silencieux, qui ne quitte pas l’amphithéâtre aussitôt le triomphe de Radamès passé, qui applaudit aux bons endroits, bref là aussi un résultat inhabituel. Bref, une magnifique représentation dans le plus pur style péplum, gigantisme et même démesure, mais défendue par de grands artistes qui sentent bien quand une représentation marche, et ont à chœur d’en défendre le très haut niveau.</p>
<p>Quatre étoiles pour Vérone ? Et bien oui, le lieu nous a habitué au meilleur comme au pire, et pour Aïda plutôt au pire. Mais là, c’était une représentation de niveau international, dans un style bien sûr d’une autre époque, mais justement historique, comme le sont les représentations actuelles du même opéra au Liceo de Barcelone. Et cela montre bien en même temps la spécificité de Vérone : les superproductions ; dès que l’on s’en éloigne, le résultat n’est plus à la hauteur des attentes. Donc, que le festival de Vérone s’en tienne aux bonnes vieilles recettes, il sera assuré d’un succès continu. Restent les trop nombreux sièges vides aux places les plus chères : c’est qu’il faut maintenant effacer la déception de certaines représentations récentes, et pour cela, il faudra plusieurs années. Et puis, un dernier point, le français a disparu du programme imprimé mais aussi des annonces au public : est-ce là la meilleure méthode pour retenir les amateurs du Québec, de Belgique, de Suisse ou de France très nombreux à venir à Vérone par le passé ? Là encore, le marketing est mal vu, car déconsidérer les lyricomanes francophones n’est peut-être pas la meilleure solution pour remplir l’amphithéâtre d’un festival international…</p>
<p><strong>Jean-Marcel Humbert </strong></p>
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