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	<title>Mattia DENTI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>CILEA, Adriana Lecouvreur &#8211; Liège</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 08:59:56 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand c’est trop moderne ou détourné, on grince des dents, alors ne boudons pas notre plaisir. Avec le metteur en scène <strong>Arnaud Bernard</strong>, on sait où l’on met les pieds. Ce n’est peut-être pas très novateur, il reprend toujours un peu les mêmes ficelles (arrêts sur image, éléments suspendus vers les cintres…). Mais son art de composer des tableaux, de faire bouger les foules même réduites, d’occuper les choristes et figurants et de diriger bien sûr les rôles principaux est tout à fait intact. On se souvient, notamment, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-copains-dabord/">de son admirable production de <em>La Bohème</em> aux arènes de Vérone en 2005 et 2011</a>. On retrouve ici son plaisir évident d’utiliser des costumes d’époque (d’après diverses gravures anciennes pour Bajazet), de faire du «&nbsp;théâtre dans le théâtre&nbsp;» (nous sommes dans les coulisses de la Comédie Française, et l’on aperçoit à droite la scène et la salle du théâtre), et de jouer en même temps avec les dates, puisqu’il a déplacé l’époque au moment de la création, donc au début du XX<sup>e</sup> siècle. Les décors qu’il a conçus avec <strong>Virgile Koering</strong> et les costumes de <strong>Carla Ricotti</strong> sont tout à fait agréables et cohérents avec l’ensemble de ce spectacle chatoyant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/Ensemble-©-ORW-Liege-J.Berger-bd.jpg" alt="" class="wp-image-126739" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© ORW-Liège-J.Berger</sup></figcaption></figure>


<p>Arnaud Bernard, à l’origine également violoniste, est tout particulièrement respectueux des partitions, qui forment la base de son travail. Il s’efforce avant tout de garder l’esprit de l’œuvre, car pour lui, «&nbsp;l’architecture de la musique doit toujours sous-tendre l’architecture de la mise en scène » *. Adriana Lecouvreur dépeint la vie des acteurs, leurs rapports «&nbsp;avec des rivalités et des jalousies, mais restant néanmoins simples, nets et droits, et un autre monde plus superficiel, fait d‘intrigues&nbsp;». Il s’agit donc selon lui d’un «&nbsp;hommage aux métiers de théâtre, mais également aux rapports humains qu’il y a dans ce métier&nbsp;». Sa direction d’acteurs est très fouillée, mais laisse à chacun sa liberté&nbsp;: «&nbsp;Il faut que les acteurs soient eux-mêmes, et naturels&nbsp;». Derrière cet énorme travail, il y a toujours une grande humilité&nbsp;: «&nbsp;la mise en scène d’opéra est un acte autant musical que théâtral et littéraire, et elle est forte quand on ne la voit pas&nbsp;».</p>
<p>Tout cela crée des images puissantes. Celle d’une des maquettes de travail où une énorme automobile occupait l’espace au deuxième acte n’a pas été conservée. Mais les «&nbsp;arrêts sur image&nbsp;» isolant des personnages qui continuent de chanter et de bouger sont appréciés à condition de ne pas trop en abuser. Et surtout, la fin, quand Adriana, morte, se dirige vers la scène où elle a connu ses triomphes et salue une dernière fois son public, est de celles qui laisseront un souvenir durable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/M.-DENTI-L.-GANCI-E.-MOSUC-P.-DERHET-©-ORW-Liege-J.Berger-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-126736" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>M. Denti &#8211; L. Ganci &#8211; E. Mosuc &#8211; P. Derhet © ORW-Liège-J.Berger</sup></figcaption></figure>


<p>C’est dans ce cadre, qui semble bien lui convenir, qu’<strong>Elena Moșuc </strong>construit un personnage tout à fait convaincant. Bien sûr, elle n’a pas la prestance ni les attitudes de divas comme Joan Sutherland ou Montserrat Caballe, elle n’a pas non plus la finesse de Renata Scotto ou de Mirella Freni, mais elle ne cherche pas à imiter, et campe une Adriana qui lui corresponde, à la fois plausible et touchante. Son air d’entrée, avec sa partie parlée, est notamment très réussi, même s’il apparaît un peu trop comme un étalage de technique vocale, avec des crescendos et diminuendos savamment étudiés. Vocalement, la voix a certainement gagné dans le médium et dans le grave, ce qui était indispensable pour pouvoir aborder ce rôle, où la cantatrice excelle tant dans la puissance des forte que dans des moments plus doux avec des notes filées. Mais dans tous les cas, elle s’intègre parfaitement dans la production et donne une réplique solide à ses partenaires. Le seul point où elle m’a paru ne pas convaincre totalement, est le côté grande amoureuse et croqueuse d’hommes d’Adriana. C’est peut-être là – elle n’est certainement pas assez «&nbsp;diva&nbsp;» – qu’est la seule faiblesse de sa démonstration.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/L.-VERSTAEN-L.-DALLAMICO-A.-MAREV-©-ORW-Liege-J.Berger-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-126740" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>L. Verstaen &#8211; L. Dall&rsquo;Amico &#8211; A. Marev © ORW-Liège-J.Berger</sup></figcaption></figure>


<p><em>Adriana Lecouvreur</em>, c’est aussi la rencontre du monde du pouvoir et du monde du spectacle, qui sont souvent si liés, encore aujourd’hui. Mais comme le souligne Arnaud Bernard, l’œuvre est un mélange de vérisme, de réalisme et de naturalisme. Faut-il pour autant que le ténor <strong>Luciano Ganci</strong> chante tout fortissimo y compris ses duos avec Adriana, qu’il force elle aussi à hurler ? Ajoutons attaques violentes, ports de voix, coups de glotte et un style peu soigné («&nbsp;La dolcissima effigie&nbsp;»). Et si le public a l’air d’apprécier, la musique n’y trouve pas son compte. Cela est d’autant plus pénible à entendre qu’aucun autre interprète ne fait une telle chasse aux décibels. Et si <strong>Anna Maria Chiuri</strong> (la princesse de Bouillon) ne m’a guère subjugué par son&nbsp; manque de charisme, elle assure néanmoins plutôt bien le deuxième acte. En revanche, tous les autres rôles sont délicieusement tenus, par des acteurs qui déploient toutes les facettes de talents multiples. Citons tout particulièrement <strong>Mario Cassi</strong>, qui est un Michonnet parfait, tout en nuances, insufflant au rôle toute la gamme possible des sentiments d’une voix musicale soignée à l’école mozartienne, et <strong>Pierre Derhet </strong>(l’abbé de Chazeuil), comédien épatant aux très jolies voix et ligne de chant, et à l’articulation parfaite. La direction de <strong>Christopher Franklin</strong> est vive et souvent endiablée (on pense par moments au <em>Falstaff</em> de Verdi et à certains Puccini), mais certainement son orchestre pourrait être plus brillant sans être aussi assourdissant.</p>
<p>* Les citations d’Arnaud Bernard sont extraites de <em>Libretto</em>, l’émission de radio de l’Opéra Royal de Wallonie.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-liege/">CILEA, Adriana Lecouvreur &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Aida — Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-naples-celeste-anna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand il avait annoncé précipitamment, en juin 2020, quitter Paris pour Naples, Stéphane Lissner avait indiqué qu’avec lui, il voulait entraîner au San Carlo, qui « l’attendait », les plus belles voix du monde. Une annonce qui ne manquait pas de panache et qui ne manqua pas non plus d’être suivie d’effets puisque la révélation de sa &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand il avait annoncé précipitamment, en juin 2020, quitter Paris pour Naples, Stéphane Lissner avait indiqué qu’avec lui, il voulait entraîner au San Carlo, qui « l’attendait », les plus belles voix du monde. Une annonce qui ne manquait pas de panache et qui ne manqua pas non plus d’être suivie d’effets puisque la révélation de sa première saison a dévoilé quelques belles prises de guerre dont l’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/otello-naples-un-feminicide-ordinaire"><em>Otello</em> </a>de Jonas Kaufmann en ouverture de saison et, plus récemment  la <em>Lucia di Lamermoor</em> avec Nadine Sierra ou encore <em>La Sonnambula </em>avec Jessica Pratt.</p>
<p>La quatrième pièce de la saison au programme n’est pas la moindre : une <em>Aida </em>qui s’annonçait glamour avec le couple Netrebko-Eyvazov pour trois soirs et un cast B de luxe constitué de Liudmyla Monastyrska et Stefano La Colla. Lissner nous redonne la production de <strong>Mauro Bolognini</strong> qui date de presque dix ans et qui a comme principales qualités d’être esthétiquement très agréable à voir et de n’entraver en rien les chanteurs sur scène. Dit autrement, que du très classique en terme de proposition scénique dans le style péplum, et une direction d’acteurs réduite à sa plus simple expression. Nous retiendrons ces décors simples de l’Egypte des pharaons avec une occupation intelligente de tout le volume de la scène gigantesque du San Carlo. Deux niveaux en permanence : la partie supérieure utilisée pour les grandes scènes de parades et la partie basse pour les moments plus intimes et notamment la salle tombale où se retrouveront Aida et Radamès pour y mourir. Magnifiques décors qui rendent justice à l’Egypte triomphante ; couleurs de sable et de soleil, seul le bleu de la robe d’Aida, qu’elle conserve pour les quatre actes, ajoute une note minérale bienvenue.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/aida_ph.l.romano_2022-4994_0.jpg?itok=f7pQRj61" title="© L.Romano" width="468" /><br />
	© L.Romano</p>
<p>L’orchestre du Teatro san Carlo ne nous a pas enthousiasmé ; non qu’il ait vraiment failli, mais il a manqué dans les moments clés un allant, une vista verdienne qui aurait été bienvenues (ces trompettes au II nous semblent terriblement métronomiques) : là, tout était sage, appliqué dans la conduite de <strong>Michelangelo Mazza</strong> mais sans rien non plus qui ressort. Chœurs magnifiques en revanche, malgré les masques omniprésents.</p>
<p>Déconvenue d’avant le lever de rideau : Yusif Eyvazov est annoncé souffrant ; c’est<strong> Stefano La Colla </strong>qui le remplace. Il avait chanté le rôle la veille et il le redonne encore deux fois cette semaine. Nulle fatigue ne se fait pourtant sentir et le cap est tenu jusqu’au bout. Toutefois, le lancement est ardu est son « Celeste Aida » manque foncièrement de stabilité, dans son entame au moins. En revanche les aigus, y compris piano, y sont et la projection est vaillante. Si l’on se souvient que Radamès est un capitaine déjà blanchi sous le harnais et qui revient vainqueur d’un rude combat, on imaginerait une voix plus cuirassée, davantage pétrie des mille et une aventures glorieuses ou redoutables subies par le guerrier. L’Amneris de <strong>Ekatarina Gubanova</strong> est une pure merveille ; n’était la puissance parfois manquante, on ne peut que louer la plénitude de la voix, les graves résonnants et le jeu convainquant de cette reine à qui tout réussit sauf l’amour. Les autres rôles masculins sont de fort bonne tenue et on aura un mot particulier pour l’Amonasro de <strong>Franco Vassallo</strong>, justement ovationné au baisser de rideau. C’est qu’il aura montré une belle énergie dans le tableau qu’il brosse d’un roi certes déchu mais jamais vaincu, toujours combattant et à la recherche de ce qui saura le tirer d’affaire. Son apparition en fin du II est un des jolis moments de la soirée. Ramfis (<strong>Nicolas Testé</strong>) et le roi d’Egypte (<strong>Mattia Denti</strong>) complètent de belle manière le tableau masculin.</p>
<p><strong>Anna Netrebko</strong> chante pour la troisième fois le rôle d’Aida, après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/aida-salzbourg-le-renouveau-etait-dans-la-partition">Salzbourg</a> en 2017 et le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/aida-au-met-confrontation-au-sommet">Met</a> en 2019 : elle y apparaît ce soir au sommet de son art et on n’émettra pas une once de réserve dans la conduite du chant tout au long des quatre actes. La maîtrise de la ligne est absolue et son art de façonner les nuances tient comme du miracle ( « numi pietà » ). Elle gravit les aigus, que ce soit en survolant l’orchestre dans les tutti ou en délivrant des pianissimi d’une aisance renversante. Son air du III « Oh patria mia » a été longuement acclamé et la salle a réclamé un bis qu’elle ne lui a finalement pas octroyé. Elle plonge aussi dans les graves en maintenant une intensité jamais relâchée. Le timbre n’est que velours et on se dit qu’il faut avoir un cœur de pierre pour résister à une telle incandescence. Ce soir, c’est Anna qui est céleste !</p>
<p> </p>
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