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	<title>Doriana TCHAKAROVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Doriana TCHAKAROVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SCHUBERT, Schwanengesang</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/schubert-schwanengesang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette année du centenaire de Dietrich Fischer-Dieskau, les enregistrements de lieder de Schubert ont abondé. Parmi eux, celui que nous offrent Kresimir Strazanac et sa partenaire, Doriana Tchakarova, mérite une attention particulière. Son premier abord déconcerte, tout autant que le Winterreise que nous offrait Jérôme Boutillier il y a un peu plus d’un an &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette année du centenaire de Dietrich Fischer-Dieskau, les enregistrements de lieder de Schubert ont abondé. Parmi eux, celui que nous offrent <strong>Kresimir Strazanac</strong> et sa partenaire, <strong>Doriana Tchakarova</strong>, mérite une attention particulière. Son premier abord déconcerte, tout autant que le <em>Winterreise</em> que nous offrait<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-winterreise-saint-etienne/"> Jérôme Boutillier</a> il y a un peu plus d’un an . En effet, à la différence de nos habitudes (1) les quatorze lieder sont réorganisés arbitrairement, sans que la cohérence du groupement des six sur des poèmes du même recueil de Heine soit conservée. Ainsi commence-t-on par le quatorzième (<em>Die Taubenpost</em>), sur un poème de Johann Gabriel Seidl. Il est vrai que sa présence dans le recueil est artificielle, puisque c’est l’ultime lied qu’écrivit Schubert, et que l’éditeur – Haslinger – voulant échapper au nombre 13 l’ajouta comme quatorzième. L’approche en est donc renouvelée, ne serait-ce que par cette organisation.</p>
<p>A l’écoute, la plupart de nos préventions tombent, car la progression dramatique, la profondeur et la noirceur désespérée, dosées avec art, donnent un relief nouveau au recueil. Le Steinway, très présent, n’a certes plus grand rapport aux instruments de Graf, mais Doriana Tchakarova confère à ces lieder une dimension insoupçonnée, une plénitude et des couleurs inaccoutumées. Quant à la voix du baryton-basse d’origine croate, trop rare en France, c’est un constant bonheur : couleurs, ductilité, soutien, articulation sont au service de la profonde intelligence du texte que Schubert illustre.  L’exubérance du <em>Taubenpost</em> s’évanouit avec <em>In der Ferne</em>, qui repousse les limites du possible avec une intensité verbale et sonore presque insoutenable, et <em>Aufenthalt</em> nous entraîne dans ce parcours de plus en plus sinistre. <em>Liebesbotschaft</em> et <em>Frühlingssehnsucht</em> par leur lyrisme tendre rompront momentanément cette inexorable dérive. <em>Am Meer</em> (n°3 de ce nouvel ordre) désolé, précède la <em>Kriegers Ahnung</em>, d’une ironie amère. On n’énumérera pas tous les lieder, signalant simplement <em>Ihr Bild</em> (le portrait de la bien-aimée), immobile, glaçant, profondément douloureux, l’entrain fébrile de <em>Abschied</em> (a-t-il été mieux traduit ?),  <em>Die Stadt</em>, où à l’inquiétude sourde succède une puissance effrayante, l’écrasant et tendu <em>Atlas</em>, douloureux. Enfin, le <em>Doppelgänger</em>, hagard, épuisé, interrogatif, dont le cri terrifiant marque l’aboutissement fantastique de l’errance.</p>
<p>Malgré les préventions, les interrogations qu’appelle cette présentation recomposée, c’est un moment particulièrement fort que cette écoute, qui restitue à la partition sa fraîcheur originelle, fût elle accablante.<em> </em></p>
<p>En complément, une surprise. Frances Allitsen (1848-1912), compositrice britannique est tombée dans un profond oubli, malgré la cinquantaine de mélodies et pièces pour piano éditées de son vivant.  Trois des huit lieder sur des poèmes de Heine (publiés en 1892), qui connurent le succès à leur création, nous sont offerts. Déjà mis en musique par Robert Franz (op.16 n°3), de la génération précédente,  <em>Der Fichtenbaum</em> ne jure pas du voisinage de Schubert. <em>Seit die Liebste war entfernt</em> aurait pu séduire Schubert par son esprit et sa richesse, malgré sa brièveté (2). Après Brahms (le premier des 4 Lieder de l’op 96, de 1884), mais sans autre rapport que l’illustration d’un même texte<em>, Der Tod, das ist die kühle Nacht</em>, dont le dépouillement grave, l’étrangeté retiennent l’attention</p>
<pre> (1) L’éditeur, à partir des manuscrits que lui vendit Ferdinand, le frère, un mois après la disparition de Franz, choisit sept poèmes de Rellstab, six de Heine, et un de Seidl. Les lieder sur des textes de Heine s’inscrivent dans le droit fil de <em>Winterreise</em>, et l’on peut regretter qu’ils soient dispersés et réordonnés. <em>Die Stadt</em> est ainsi séparé de <em>Am Meer</em>, qui apparaissait comme son prolongement. 
(2) En voici la traduction (qui ne figure pas dans la notice d’accompagnement) : <em>Depuis que ma bien-aimée est partie, </em><em>j'avais complètement oublié comment rire. </em><em>Plusieurs misérables ont fait de mauvaises blagues, </em><em>mais je ne pouvais pas rire. /  </em><em>Depuis que je l'ai perdue, </em><em>j'ai aussi renoncé à pleurer ; </em><em>mon cœur se brise presque de douleur, </em><em>mais je ne peux pas pleurer.</em></pre>
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		<title>Beethoven, Schubert, Beach et Marx &#8211; Äneas Humm et Doriana Tchakarova</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-schubert-beach-et-marx-aneas-humm-et-doriana-tchakarova/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Libertas, son troisième album solo, le baryton Äneas Humm poursuit un chemin singulier dans le monde du Lied. Depuis Embrace, son premier disque accueilli avec chaleur par la critique, l’artiste s’est imposé comme une voix à suivre dans un répertoire qu’il cherche à renouveler, démarche souvent réservée aux chanteurs déjà aguerris. Libertas confirme cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Libertas</em>, son troisième album solo, le baryton <strong>Äneas Humm</strong> poursuit un chemin singulier dans le monde du Lied. Depuis <em>Embrace</em>, son premier disque accueilli avec chaleur par la critique, l’artiste s’est imposé comme une voix à suivre dans un répertoire qu’il cherche à renouveler, démarche souvent réservée aux chanteurs déjà aguerris. <em>Libertas</em> confirme cette volonté d’exploration, avec un programme très original qui s’aventure hors des sentiers battus et met en lumière des œuvres rares de Beethoven et Schubert, et deux compositeurs peu fréquentés, Joseph Marx et Amy Beach, véritable révélation de l’album.</p>
<p>La voix d’Aneas Humm demeure séduisante, un baryton de timbre agréable, mais elle reste assez standardisée. Si l’émission est saine et claire, elle se distingue rarement par une couleur vraiment personnelle. Dans les aigus, le chanteur force parfois la projection, ce qui a pour effet d’appauvrir les résonances dans le masque et de ternir la ligne. Cette tension empêche l’élan de se déployer pleinement et traduit une liberté encore incomplète. À plusieurs reprises, un peu d’affectation se glisse dans le discours, donnant l’impression d’un artiste qui cherche encore à s’imposer totalement. Sa personnalité, bien présente, ne transparaît qu’en filigrane, alors qu’on souhaiterait la voir s’affirmer avec davantage de naturel et d’assurance. Pour autant, on ne peut ignorer la solide connaissance du monde du Lied dont Humm fait preuve tout au long de ce récital. La conscience poétique est là, l’attention au texte aussi, et un sens musical, parfois très fin, émerge nettement. Ces qualités suggèrent qu’une maturité plus affirmée pourrait conduire, dans un avenir proche, à des interprétations plus vibrantes et marquantes.</p>
<p>C’est dans la section consacrée à Amy Beach, compositrice issue du romantisme américain tardif,  que le chanteur paraît le plus investi. Le choix de textes et la richesse harmonique de cette musique lui offrent une matière propice à l’approfondissement expressif : en l’absence de référence établie, Humm y ose des contrastes plus marqués, une palette émotionnelle plus vive, comme si cette découverte lui donnait la permission de se libérer. On sent alors poindre une authenticité, une envie de dialogue avec la poésie. La fin du récital est consacrée à Jospeh Marx, guère plus connu, compositeur mais aussi essayiste autrichien, dont le Lied fut la principale expression.</p>
<p>L’apport de <strong>Doriana Tchakarova</strong> mérite aussi d’être souligné. Pianiste d’une grande intelligence, elle ne se contente pas d’accompagner : elle dialogue. Son toucher nuancé, sa capacité à modeler le phrasé et à suggérer les atmosphères, donnent une profondeur supplémentaire à l’ensemble du récital. Elle crée des paysages sonores d’une délicatesse lumineuse, qui offrent au chanteur un écrin où il peut tenter ses élans expressifs. Même dans les moments où la voix paraît se tendre, le piano garde une souplesse et une liberté de respiration qui tirent l’interprétation vers le haut. On devine chez Doriana Tchakarova une réelle complicité artistique, ainsi qu’une écoute attentive qui compense, par moments, les limites vocales de son partenaire.</p>
<p>La prise de son, très rapprochée, accentue la franchise du timbre de Humm. Elle rend palpables les inflexions, mais aussi les aspérités et les pertes de couleur, donnant un rendu brut, presque « cash », qui met l’interprète à nu. Ce choix peut séduire par sa sincérité mais expose sans détour les fragilités.</p>
<p><em>Libertas</em> se présente comme un disque courageux et stimulant par son programme, servi par une complicité pianistique raffinée et une réelle exigence musicale. Si la personnalité d’Äneas Humm ne s’affirme pas encore pleinement et que certaines limites techniques freinent l’épanouissement de la voix, l’ensemble témoigne néanmoins d’une recherche sincère de répertoire original, et d’une volonté de progresser dans l’art subtil du Lied. L’impression générale est celle d’un artiste en progression : pas encore totalement libre, mais en quête, et dont le cheminement promet sans doute de futures révélations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-schubert-beach-et-marx-aneas-humm-et-doriana-tchakarova/">Beethoven, Schubert, Beach et Marx &#8211; Äneas Humm et Doriana Tchakarova</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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