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	<title>Joshua ELLICOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Joshua ELLICOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CALDARA, Maddalena ai Piedi di Cristo — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/maddalena-ai-piedi-di-cristo-paris-philharmonie-amour-terrestre-ou-est-ta-victoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Philharmonie de Paris offrait en ce samedi 16 avril une magnifique façon de conclure la période de carême et la semaine Sainte ; un peu comme on le faisait dans ce XVIIe siècle vénitien, où Antonio Caldara, violoncelliste intermittent à Saint-Marc, et qui avait assis sa réputation de compositeur de sonates mais aussi d’opéras, recevait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Philharmonie de Paris offrait en ce samedi 16 avril une magnifique façon de conclure la période de carême et la semaine Sainte ; un peu comme on le faisait dans ce XVIIe siècle vénitien, où Antonio Caldara, violoncelliste intermittent à Saint-Marc, et qui avait assis sa réputation de compositeur de sonates mais aussi d’opéras, recevait moultes commandes d’oratorios pour cette période liturgique. On estime qu’il composa une quarantaine de ces pièces sacrées, soit à Venise, sa ville natale, soit à Rome et Vienne. Aujourd’hui, on arrive à situer <em>Maddalena ai Piedi di Cristo</em> comme son troisième oratorio ; il fut créé à Venise en l’Eglise Santa Maria della Consolazione, l’église des pères de l’Oratoire, en 1697 ou 1698.</p>
<p>Le livret de <em>Maddalena</em> avait déjà été mis en musique par Bononcini. Il convient de fait particulièrement pour le temps de carême ; non seulement parce qu’il nous montre Marie-Madeleine, qui se reconnaît pécheresse aux pieds du Christ, mais surtout parce qu’il est une vaste méditation sur les notions de bien et de mal. Le librettiste Bernardo Sandrinelli reprend un texte original de Lodovico Forni, uniquement basé sur l’épisode rapporté par l’évangéliste Luc (7, 36-50) ; le personnage de Marthe, ajouté, provient quant à lui des chapitres 11 et 12 de Jean. Même s’il n’apparaît pas de façon explicite dans les Ecritures, c’est le tourment intérieur de Marie-Madeleine qu’avec beaucoup d’imagination le librettiste suggère en nous montrant la pécheresse hésiter devant le choix, personnalisé par deux allégories, <em>Amore celeste</em> et <em>Amore terreno</em>, entre les forces du ciel et de la terre, du bien et du mal, et qui se disputent son âme. Les autres personnages sont un Pharisien, qui reproche à Madeleine de voir en Jésus le Messie, et Jésus lui-même, qui n’apparaît qu’en seconde partie pour délivrer Madeleine de son péché. La pièce est composée de 61 numéros, deux <em>sinfonie</em> introductives des deux parties, ainsi qu’une série de récitatifs et d’arias da capo, et un seul duo, entre l’Amour céleste et l’Amour terrestre, qui conclut la première partie.</p>
<p>Il y a juste 20 ans, <strong>René Jacobs</strong> livrait un enregistrement remarqué de cette pièce, en dirigeant alors la Schola cantorum Basiliensis. Aujourd’hui, il la reprend et, avec elle, achève à Paris une tournée  qui l’a conduit à Madrid, Berlin et Freiburg, à la tête cette fois du Freiburger Barockorchester ; 24 instruments, 22 musiciens et une vision beaucoup plus aérée, aérienne même, avec quelques menues libertés prises dans les tempi qui, toutes, vont dans le sens d’une lecture aujourd’hui pleinement aboutie de la pièce. Les instrumentistes (difficile de ne pas remarquer un premier violon qui régale dans le « Da quel strale », ou encore un bassiste de tout premier rang), ainsi que les solistes, suivent Jacobs comme le troupeau son berger. Mais ici point de bâton ni de baguette ; la main seule, le doigt, ou même le regard qui ponctue d’une pichenette telle phrase ou tel point d’orgue qui ne veut plus finir et se conclut sur le fil. René Jacobs, tout de discrétion, se met au service d’une œuvre dont il est aujourd’hui peut-être le meilleur défenseur.</p>
<p>Il a su s’entourer pour cela d’une distribution particulièrement choisie. A une notable exception près dont nous ne dirons d’emblée qu’un seul mot, pour ne pas laisser l’impression qu’elle aurait par trop terni la qualité de l’ensemble. C’est le personnage du Christ, <strong>Joshua Ellicott</strong>, au ténor vaillant et brillant. Mais dont la prestation nous a semblé contredire le personnage représenté. Alors que nous attendions un Christ plus Dieu qu’homme, tout à son œuvre d&rsquo;offrir à Madeleine les perspectives célestes qu’elle ne faisait dans un premier temps qu’entrevoir, voilà que nous est figuré un Nazaréen plus vrai que nature, au phrasé sans grâce, à mille lieux des considérations fondamentales dont ces deux heures de musique nous abreuvaient, pour la plus grande élévation de notre âme !</p>
<p>Les cinq autres protagonistes vocaux nous ont, quant à eux, élevé au plus haut, notamment par l’intelligence du texte. Certes, il faut remarquer d’abord <strong>Giulia Semenzato</strong> dans le rôle-titre. Placée au centre du plateau, au milieu des musiciens et des autres chanteurs, son chant éthéré bénéficie de l’acoustique parfaite de la Philharmonie, qui réserve à sa voix la réverbération idéale. Son « Pompe inutili » est céleste et nous convainc, comme elle le chante, que « le monde est si beau, mais le Ciel est éternel » ! Elle a la grâce pour elle, la fluidité, et surtout cette légèreté qui nous renseigne déjà sur l’issue du combat entre la terre et le Ciel. Amour terrestre, où est ta victoire ? Par son chant même, la Maddalena de Giulia Semenzato nous dit que la pécheresse est pardonnée. Ce qui n’est pas le cas de Marthe ; <strong>Marianne Beate Kielland</strong>, irréprochable vocalement, donne une lourdeur toute choisie à son personnage, encore aux luttes avec le monde d’ici-bas. Elle offre un contraste saisissant avec sa sœur de cœur qui semble avoir quelques longueurs de sainteté d’avance ! Le troisième personnage féminin, c’est le contralto d’<strong>Helena Rasker</strong>. Avant que de s’avouer vaincu par l’amour céleste, en toute fin de pièce, l’amour terrestre, qu’elle incarne, aura usé de tous les artifices pour séduire Maddalena et la convaincre des délices d’ici-bas. Et nous, pauvres spectateurs de cette lutte de haut vol, nous nous surprenons à désirer succomber aux charmes de ce monde, tant Helena Rasker les incarne charnellement, avec des graves qui pourraient bien nous entraîner aux enfers. Quelle prestance, quelle présence ! Sa lutte avec l’Amour céleste est de toute beauté. Celui-ci est incarné par le contre-ténor <strong>Alberto Miguélez-Rouco</strong> qui remporte la mise aux yeux de Maddalena. Tout est finesse, simplicité, dans la conduite du chant et bien malin qui pourrait y résister. Enfin n’omettons surtout pas le Pharisien de <strong>Johannes Weisser</strong>. Rôle certes moins développé mais suffisamment toutefois pour que nous y percevions un chant aux accents sombres mais chantants, et surtout la force de celui qui se sait seul contre tous et dont le combat (ici contre le bien) est pour ainsi dire perdu d’avance.</p>
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		<title>Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2021 04:24:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&#8217;introduction, Harry Bicket tente d&#8217;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&#8217;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&#8217;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&rsquo;introduction, <strong>Harry Bicket</strong> tente d&rsquo;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&rsquo;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&rsquo;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il faut dire, qu&rsquo;avec près de 42 opéras, Haendel donne du grain à moudre. Ensuite, la créativité des metteurs en scène contemporains, qui sont parvenus à insuffler une force nouvelle à la structure traditionnelle de l&rsquo;aria da capo, et à donner un sens dramatique aux myriades de conventions qui truffent ces ouvrages. Enfin, Bicket souligne l&rsquo;efflorescence de chanteurs baroques de grands talents, qui fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, « une œuvre de Haendel est plus simple à distribuer qu&rsquo;un opéra de Verdi ».</p>
<p>Chacun pensera ce qu&rsquo;il veut de ces explications, mais le fait est incontestable : Haendel est désormais populaire au même titre que d&rsquo;autres piliers du répertoire. Chaque année, l&rsquo;English Concert donne en concert un de ses opéras à Carnegie Hall. La soirée fait figure d&rsquo;événement dans la vie musicale new-yorkaise, et toutes les places sont vendues des mois à l&rsquo;avance. 2020 fut bien sûr un millésime particulier, les mesures sanitaires ayant détruit tout embryon de vie musicale dans la ville. Mais le chef a voulu à tout prix laisser un témoignage du travail entamé, et est parvenu à convaincre Linn d&rsquo;enregistrer cette <em>Rodelinda,</em> où il dit trouver un arc émotionnel rare dans la production de l&rsquo;époque. Le livret est mieux structuré que le tout-venant du temps ; il offre de belles situations et un personnage particulièrement riche sous les traits de Grimoaldo.</p>
<p>Les conditions draconiennes de l&rsquo;époque  de l&rsquo;enregistrement (septembre 2020) ont pesé sur le résultat final. Obligés d&rsquo;observer la fameuse distanciation sociale, les instrumentistes de l&rsquo;<strong>English Concert</strong> n&rsquo;offrent pas tout-à-fait la même richesse de sonorités qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée. Si la mise en place est irréprochable, le son parait souvent émacié, rêche, avec des « trous d&rsquo;air » dans sa texture. Cela peut s&rsquo;avérer gênant dans certains airs, où Haendel a délaissé le noir et blanc pour la couleur instrumentale la plus vive, mais le critique doit prendre en compte les limitations techniques rencontrées par les interprètes, et la fougue insufflée par le chef compense largement cette relative pauvreté. Harry Bicket a, comme les metteurs en scène dont il parle, trouvé la clé de l&rsquo;aria da capo, et il parvient à varier les reprises avec tant de nuances que les vielles formules de l&rsquo;<em>opera seria</em> en sont comme transfigurées.</p>
<p>La distribution offre elle aussi un panorama un peu inégal. S&rsquo;il n&rsquo;y a rien à redire à la prestation de la jeune basse <strong>Brandon Cedel, </strong>dont l&rsquo;autorité et l&rsquo;intensité sont déjà celles d&rsquo;un artiste confirmé, et si <strong>Jess Dandy </strong>offre un chant solide et pulpeux, un rien « standard », les interprètes principaux semblent passer par des phases de forme très diverses. En Rodelinda,<strong> Lucy Crowe</strong> commence l&rsquo;opéra difficilement : la tessiture semble lui poser problème, et la tension est audible tout du long de « L&#8217;empio rigor del fato ». L&rsquo;acte II la voit plus à l&rsquo;aise, et « Ritorna o caro » lui permet de délivrer ses couleurs vocales très moelleuses avec plus d&rsquo;aisance. Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;au III qu&rsquo;elle s&rsquo;installe définitivement dans le rôle, offrant dans les 15 dernières minutes de l&rsquo;œuvre un feu d&rsquo;artifice de ce qu&rsquo;elle peut en terme de couleurs, ce qui n&rsquo;est pas peu. De même, <strong>Joshua Ellicott</strong> délivre un chant bien scolaire au départ, et les vocalises de « Se per te giungo a godere » le voient au bord de l&rsquo;accident. Comme sa Rodelinda, il fait mieux au deuxième acte, mais la fin de l&rsquo;opéra le voit à nouveau en difficulté. Son « Pastorello » sonne bien pâle, et il reste dans une réserve qui ne rend pas justice aux multiples facettes du personnage. Le problème de <strong>Iestyn Davies</strong> est différent. Si aucun passage ne semble lui poser problème sur un plan purement technique, ce chant impavide, millimétré, débité à la mitraillette  peut avoir quelque chose de lassant. Où sont la fragilité, les doutes, les fêlures ?</p>
<p>Malgré la sympathie qu&rsquo;inspire l&rsquo;entreprise,  on est bien forcé d&rsquo;en souligner les limites. Petit conseil aux curieux : ne pas hésiter à jeter un coup d&rsquo;oeil à la version de Richard Bonynge, chez Decca. Si elle est peu orthodoxe au niveau musicologique, elle offre d&rsquo;autres satisfactions sur le plan vocal notamment grâce à une Joan Sutherland en lévitation, qui prouve que le chant haendélien peut aussi bien s&rsquo;accommoder (et comment !) de gosiers belcantistes.</p>
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		<title>Choral Symphony</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choral-symphony-o-lyrita-o-naxos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2018 06:07:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En dehors de Benjamin Britten, qui s’est finalement très bien exporté, que connaît-on en France de la musique vocale britannique du XXe siècle ? Pas grand-chose, voire presque rien. En concert, entendons-on jamais chez nous du Delius ou du Tippett ? Pour des compositeurs plus confidentiels, a fortiori, il faut se contenter du disque. Par chance, certains &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En dehors de Benjamin Britten, qui s’est finalement très bien exporté, que connaît-on en France de la musique vocale britannique du XX<sup>e</sup> siècle ? Pas grand-chose, voire presque rien. En concert, entendons-on jamais chez nous du Delius ou du Tippett ? Pour des compositeurs plus confidentiels, a fortiori, il faut se contenter du disque. Par chance, certains labels se font un devoir d’explorer ce répertoire : on pense bien sûr à Lyrita, mais cette petite maison n’est pas la seule, est l’on peut espérer que, grâce à la couverture médiatique dont bénéficie Naxos, le nom de George Dyson deviendra un peu moins ignoré.</p>
<p>Il y a quelques années, dans le cadre d’une série de rééditions <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/le-legs-hickox">autour du chef Richard Hickox</a>, Chandos avait republié son enregistrement des <em>Canterbury Pilgrims</em> (1931) de ce compositeur extrêmement négligé, et dont certaines œuvres font l’objet d’étonnantes redécouvertes. Né en 1883, élève de Charles Villiers Stanford, George Dyson avait pu faire un séjour prolongé en Autriche et en Allemagne, grâce à une bourse Mendelssohn. Et au retour, en 1910, il avait entrepris d’écrire une partition devant lui permettre de soutenir son doctorat à Oxford. Ce <em>Psalm CVII Symphony and Overture</em>, pour lui donner son titre exact, n’avait pu être soumis qu’en 1917, après quoi l’œuvre avait été archivée sans jamais bénéficier d’une seule exécution. C’est seulement un siècle plus tard que la partition a été retrouvée à la Bodleian Library par Paul Spicer, biographe de Dyson, puis créée en mars 2014. Avec une équipe différente, la version Naxos en constitue le premier enregistrement mondial.</p>
<p>En Allemagne, Dyson avait rencontré Richard Strauss : cela s’entend dans cette <em>Choral Symphony</em> (titre « moderne » et moins explicitement religieux). Après une longue introduction orchestrale, le récit est essentiellement confié au chœur, avec parfois des passages d’une inventivité surprenante, comme le flou harmonique délibérément entretenu sur le texte « Ils s’égarèrent dans le désert ». Les solistes ne font que des entrées ponctuelles : en quatuor dans le Largo (3<sup>e</sup> partie), et la soprano seule en conclusion de la deuxième partie, ainsi qu’au milieu et à la fin de la quatrième. Malgré tout le bien qu’on pense par ailleurs de <strong>Caitlin Hulcup</strong>, superbe mezzo haendélienne, ou du baryton <strong>Roderick Williams</strong>, force est d’avouer qu’on serait bien en peine de distinguer les mérites de leur prestation, leur voix ne se faisant entendre que mêlée à celle des autres solistes et du choeur. Il faut en revanche souligner combien sont émouvante les diverses interventions d’Elizabeth Watts, au timbre sombre et charnu, qui ferait presque douter qu’elle soit bien soprano.</p>
<p>C’est seulement après la Première Guerre mondiale, durant laquelle il fut traumatisé par les bombardements, que démarra vraiment la carrière de George Dyson, avec toute une série de pièces pour orgue et d’œuvres chorales qui attirèrent l’attention. C’est pour répondre à une commande du Three Choirs Festival (voir notre recension du disque Lyrita <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/philip-cannon-lord-of-light-etc-un-anglais-qui-aimait-la-france">consacré à Philip Cannon</a>) qu’il composa <em>St Paul’s Voyage to Melita</em>, créé en 1933. Dans cette œuvre d’une demi-heure, où le chœur assume une fois encore l’essentiel de la narration – excellente prestation, là aussi, du <strong>Bach Choir</strong> – on trouve la saisissante évocation d’une tempête et quelques audaces harmoniques qui montrent que le langage de Dyson avait (un peu) évolué en vingt ans. Le soliste est cette fois un ténor, et <strong>Joshua Ellicott</strong> y déploie des couleurs typiques de l’école de chant anglais. <strong>David Hill </strong>dirige avec une énergie exemplaire le Bournemouth Symphony Orchestra, qui avait déjà enregistré cette œuvre en 2002 pour le label Somm.</p>
<p>O Naxos, ô Lyrita, soyez donc généreux : envoyez ce genre de disques aux organisateurs de concert français ! Les mélomanes vous le rendront au centuple. </p>
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