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	<title>Roger ELLIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Roger ELLIS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Madame Favart</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/madame-favart-une-autre-umile-ancella/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 07:01:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au tout début du XXe siècle, le Rondeau des Vignes de Madame Favart était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des Contes d’Hoffmann. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au tout début du XX<sup>e</sup> siècle, le Rondeau des Vignes de <em>Madame Favart</em> était encore assez connu pour figurer dans un « Album Musica » consacré à Offenbach, aux côtés de la Lettre de la Périchole ou de la Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>. En 1939, ce même air, « Ma mère aux vignes m’envoyit [sic] », fut encore jugé assez populaire pour qu’Yvonne Printemps le chante dans le film <em>La Valse de Paris</em>, où Pierre Fresnay lui donnait la réplique dans le rôle du compositeur. Après la guerre, on donna encore l’œuvre deux fois à la Radio : en 1953 (c’est la version que réédite aujoud’hui Malibran) et en 1960 avec notamment Suzanne Lafaye et Camille Maurane. On en vit même une représentation à la télévision française en 1957, préservée par l’INA. Impossible donc de conclure à l’oubli radical : cela pourrait-il s’expliquer, comme pour <em>La Fille du tambour-major</em>, par la présence d’un élément militaro-patriotique (le troisième acte se déroule sur le champ de bataille de Fontenoy, victoire française remportée en 1745) ?</p>
<p>Avec cette œuvre de 1878, on retrouve la bonne humeur souriante qui caractérise la plupart des œuvres d’Offenbach d’après la guerre franco-prussienne, sans rien – hélas pour notre époque friande de sarcasme – de l’ironie mordante de ses chefs-d’œuvre créés sous le Second Empire. Il faut pour la porter une interprète de premier plan. Justement, Juliette Simon-Gérard, après avoir créé à 19 ans le rôle de Justine Favart (elle venait de créer Serpolette des <em>Cloches de Corneville </em>l’année précédente), devait enchaîner l’année suivante avec la susdite<em> Fille du tambour-major</em>. A son époux, le ténor Simon-Max, était dévolu le rôle du jeune premier, Hector de Boispréau, un peu moins exigeant sur le plan théâtral. Celle qu’on appelle ici Madame Favart, actrice forcément hors pair, aurait selon le livret succédé à Adrienne Lecouvreur dans le cœur de Maurice de Saxe, avec cette différence qu’elle aurait, elle, repoussé ses avances.</p>
<p>Autant dire que le rôle-titre de <em>Madame Favart</em> ne saurait être confié qu’à une interprète des plus soides, possédant idéalement cette aura scénique qu’on imagine avoir été celle d’une Hortense Schneider. Même si son nom est sans doute bien oublié de la jeune génération, <strong>Fanély Revoil </strong>(1906-1999) fut de celles-là. Créatrice du rôle de Lucine dans <em>Le Testament de la tante Caroline</em> de Roussel, à l’affiche ces jours-ci au Théâtre de l’Athénée, elle se consacra presque exclusivement à l’opérette et à l’opéra-comique. Elle fut notamment Nicklausse dans l’intégrale des <em>Contes d’Hoffmann</em> dirigée en 1948 par André Cluytens. Et comme chacun de ses enregistrements permet de le vérifier, Fanély Revoil était une « nature », un tempérament né pour le théâtre. Son interprétation du fameux Rondeau susmentionné ferait passer Yvonne Printemps pour une timide débutante, en comparaison. Tous ses airs et toutes ses interventions dans les dialogues parlés sont autant de leçons d’interprétation. Dommage simplement que la qualité sonore de cette diffusion radio ne soit pas toujours aussi limpide qu’on le souhaiterait.</p>
<p>Autour de l’héroïne, la RTF avait réuni du très beau linge, familier de ce style. On ne présente plus <strong>Michel Dens</strong>, aussi à l’aise dans le grand répertoire d’opéra que dans les œuvres plus frivoles. Son Favart a toutes les qualités requises, qu’il déploie dans les charmantes pages qu’Offenbach offre au personnage. <strong>Liliane Berton</strong> fut la plus délicieuse des sopranos légers de son temps, qui ne chercha jamais à s’aventurer au-delà des emplois que son organe lui destinait : elle est naturellement exquise en Suzanne. <strong>René Lenoty</strong> n’était probablement pas le plus suave des ténors de l’après-guerre, mais cette tessiture est toujours un peu le parent pauvre de ces concerts d’opérette, et il faut s’estimer heureux d’échapper à l’inévitable Joseph Peyron, Hector de la version de 1960. Et on ne saurait oublier les seconds rôles, campés par des personnalités hautes en couleur : on salue l’excellent <strong>René Hérent</strong>, inénarrable en marquis de Pontsablé, tout comme il excellait en Guillot de Morfontaine dans la <em>Manon</em> enregistrée en 1955 par Victoria de Los Angeles (il tenait le rôle Salle Favart depuis 1918 !). Gilbert Moryn a moins à chanter mais est un Cotignac savoureux.</p>
<p>En complément de programme, un hommage supplémentaire à Fanély Revoil, à travers une quinzaine d’airs, d’opérette surtout, avec des tubes (deux extraits de <em>La Périchole</em>), mais avec surtout des titres que l’on aimerait voir revenir sur les scènes, comme <em>Le Cœur et la main</em> de Lecoq, <em>La Petite Fonctionnaire</em> de Messager, <em>Fragonard</em> de Pierné ou <em>Virginie Déjazet de </em>Georges Van Paris.</p>
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		<title>Mesdames de la Halle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mesdames-de-la-halle-trop-de-points-sur-les-i/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 10:35:06 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Evidemment, quand on a le son et pas l’image, il faut peut-être mettre les points sur les i pour que l’auditeur suive l’action d’une opérette radiodiffusée. Est-ce la peur des malentendus qui, en 1958, poussa les responsables de la Radiodiffusion-télévision française à faire subir à <em>Mesdames de la Halle</em> une « normalisation » un tantinet abusive ? Commençons par rappeler que dans cet opéra-bouffe en un acte, créé aux Bouffes-Parisiens en mars 1858, Offenbach avait fait le choix de confier le rôle des trois marchandes à trois piliers masculins de sa troupe : Madame Poiretapée au ténor Léonce, futur créateur d’Aristée dans <em>Orphée aux enfers</em>, Madame Madou au baryton Désiré, qui serait Jupiter quelques mois plus tard, et Madame Beurrefondu au baryton Mesmacre. Par ailleurs, reprenant le principe du travesti de Chérubin, le jeune marmiton Croûte-au-pot était interprété par Lise Tautin, future Eurydice dans <em>Orphée</em>. Hélas, soit désir de clarifier les choses, soit volonté de faire se superposer sexe des personnages et sexe des chanteurs, la RTF décida de distribuer trois femmes dans le rôle des marchandes et un homme dans celui du marmiton. Rarement le mépris des intentions du compositeur aura été plus affiché, alors que l&rsquo;intention était sans doute de célébrer le centenaire de la première œuvre ambitieuse d&rsquo;Offenbach, avec chœur et distribution à plusieurs personnages, où la musique parodie Meyerbeer comme le livret pastiche l&rsquo;abbé Delille (« O Nature, j&rsquo;admire tes travaux&#8230; »).</p>
<p>Résultat : malgré tout le talent des mesdames <strong>Gabrielle Ristori, Deva Dassy </strong>et <strong>Marcelle Sansonetti</strong>, excellentes dans les dialogues parlés, ce qu’on entend n’a qu’un lointain rapport avec ce qu’a écrit Offenbach. Tout l’équilibre des voix est mis sens dessus dessous. Et mieux vaut ne rien dire de <strong>Joseph Peyron</strong> qui ridiculise Croûte-au-Pot, alors qu’il a pour partenaire la plus délicieuse Ciboulette qui soit en la personne de l’enchanteresse <strong>Claudine Collart</strong>, l’entrelacement des deux voix de femmes se changeant en banal duo d’une soprano avec un ténor aux intonations faubouriennes. <strong>Gaston Rey</strong>, plus acteur que chanteur, prête sa forte personnalité au major Raflafla mais il n’est pas défendu de penser qu’un vrai ténor aurait été préférable. On en restera donc à la version dirigée en 1988 pour EMI par Manuel Rosenthal, où Jean-Philippe Lafont, Michel Trempont et Michel Hamel restituaient aux trois dames leur véritable identité, même si Croûte-au-Pot restait hélas ténor.</p>
<p>Quant au complément de programme, la très rare <em>Bagatelle</em>, œuvre tardive (1874), il ne s’agit que d’extraits, et le son y est curieusement étouffé. Pendant l’ouverture et pour certaines plages, l’orchestre, comme réduit à un limonaire, semble venir de très loin. Les voix sont plus présentes, heureusement, et tout aussi curieusement, on a cette fois respecté le travesti du rôle du jeune Georges, confié à <strong>Janine Capderou</strong>, qui donne la réplique à l’irremplaçable <strong>Lina Dachary</strong>, sur les épaules de qui reposèrent tant de concerts de cette série. Dans l&rsquo;absolu, le respect des tessitures rendrait cette version préférable à celle où le même <strong>Marcel Cariven</strong> dirigeait en 1973 Michel Hamel et Claudine Collart, mais l&rsquo;absence de dialogue et l&rsquo;étrangeté de la qualité sonore ont de quoi faire hésiter.</p>
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