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	<title>Manel ESTEVE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Manel ESTEVE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que Rusalka a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que <em>Rusalka</em> a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance internationale de l’œuvre). La coproduction présentée aujourd’hui a déjà été jouée à Madrid en 2020 au plus fort de la crise du Covid (un DVD en a été édité), puis à Dresde en 2022, et à València en 2024.</p>
<p>Le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong> ne mérite certainement pas les huées qui ont ponctué son arrivée sur scène aux saluts. Bien sûr, ceux qui sont venus voir une mise en scène traditionnelle risquent d’avoir été déçus. Mais il faut convenir que le parti pris de transposition tient plutôt bien la route. Point de lac, de brumes, de roseaux ni de grenouilles&nbsp;: le décor de <strong>Johannes Leiacker</strong> nous transporte dans le hall d’un théâtre désaffecté, envahi par une sorte de coulée de lave. La sorcières Ježibaba est préposée aux billets&nbsp;: c’est elle qui décide de la place de chacun, c’est-à-dire du déroulement des vies. Les ondines habituelles sont ici des danseuses en tutu, et Rusalka, l’une d’elles, a eu un accident qui l’oblige à marcher au début avec des béquilles. Faire des pointes et perdre la voix, rien n’aura donc été épargné à la malheureuse ! Mais la direction d’acteurs est excellente, très en profondeur, entre désirs inavoués et ombres psychanalytiques. Des scènes comiques peuvent également avoir dérouté les spectateurs, dont au début du deuxième acte le duo entre le garde forestier et le marmiton se disputant une grande échelle façon Laurel et Hardy (<strong>Manel Esteve</strong> et <strong>Laura Orueta</strong>, très drôles et bien chantants). Des chorégraphies vives, nerveuses et sexy de<strong> Klevis Elmazaj</strong>, fort bien dansées, soutiennent l’attention, notamment au deuxième acte.</p>
<p><strong>Asmik Grigorian</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/">qui vient de triompher à l’Opéra de Paris dans <em>Le Tryptique</em> de Pucccini</a>, reprend aujourd’hui le rôle-titre qu’elle jouait à Madrid en 2020. Elle est devenue une Rusalka de référence, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/comme-un-poisson-dans-leau/">qu’elle défend à travers le monde depuis plus de dix ans</a>. Rien que cette saison, elle le joue dans trois productions différentes, outre le Liceo, au San Carlo de Naples et au Bayerische Staatsoper de Munich. En dehors de ses qualités d’interprétation vocale et scénique, elle joue un personnage blanc et diaphane tout à fait conforme au livret, en particulier au moment le plus célèbre de la partition, «&nbsp;Le Chant à la Lune&nbsp;». Paradoxe d’un morceau que se sont approprié nombre de divas comme air de concert, qu’elles interprètent souvent d’une manière quelque peu grandiloquente tout comme elles le font sur scène le cas échéant, ce qui dénature l’esprit de l’air. Ici au contraire, tout est de simplicité et de retenue, et l’on gagne en sentiment et en pureté. Le résultat est très convaincant, sorte de signature de l’interprétation du rôle entier par Asmik Grigorian, dont la voix ample sait aussi se colorer d’infinies nuances, de notes élégiaques, de diminuendos et de notes filées sans fin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-250617-026©ABofill-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-193203"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Asmik Grigorian, Piotr Beczała et Karita Mattila © Photo Liceu / Antoni Bofill</sup></figcaption></figure>


<p>Le domaine incertain évoqué dans cette production, évoluant entre le monde du réel et celui du rêve sans pour autant jamais refléter une réalité concrète, paraît lui convenir tout à fait. Elle donne au rôle une présence scénique et une intensité dramatique toute particulière. Bien que n’ayant pas pratiqué la danse, elle a travaillé jusqu’à arriver à se fondre dans le personnage voulu par le metteur en scène, ce qui a exigé de sa part un important investissement physique et émotionnel. Au total, sa Rusalka, simple jeune femme d’aujourd’hui et non diva défendant un rôle, qui refuse le carcan familial et choisit la liberté quitte à ne jamais trouver le bonheur, est très touchante, notamment dans sa vaine tentative de gagner le combat perdu d’avance contre la Princesse étrangère. Surtout que celle-ci est interprétée par <strong>Karita Mattila</strong>, un rôle qu’elle a fait sien également depuis de nombreuses années, et qu’elle défend aujourd’hui encore d’une voix radieuse et triomphante, mais aussi d’un jeu grandiose d’une totale perfidie. Vamp vénéneuse préfigurant celles qui vont se multiplier au cinéma au début du XXe siècle, elle domine de sa présence tous les personnages en scène.</p>
<p>Autre protagoniste de poids, <strong>Piotr Beczała</strong> chante le Prince, un rôle qu’il joue depuis bientôt vingt ans (notamment avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dans-le-courant-dune-onde-pure/">Camilla Nylund</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rusalka-comme-un-livre-dimages/">Renée Fleming</a>). C’est la première fois qu’il a pour partenaire Asmik Grigorian dans <em>Rusalka</em>, et le couple fonctionne à merveille. Les deux voix sont très complémentaires, les inflexions musicales du ténor entre forte et douceur répondant parfaitement à celles de la soprano. Et finalement, alors que ce rôle de prince est à la fois antipathique et un peu fade comme tous les princes de contes de fées, il arrive à en extraire une partie plus sentimentale, jusqu’à la scène finale qui voit la mort des deux protagonistes.</p>
<p>Le père tyrannique Vodník est ici chanté d’une somptueuse voix de baryton-basse, par <strong>Aleksandros Stavrakakis</strong>, qui lui confère un côté souvent plus apaisant, moins outré qu’à l’habitude. La sorcière d’<strong>Okka von der Damerau</strong> leur donne la réplique, d’une belle voix de mezzo mais aussi avec beaucoup d’humour et des jeux scéniques bien en place. Les trois sœurs-nymphes de Rusalka, façon Filles du Rhin (<strong>Julietta Aleksanyan, Laura Fleur </strong>et <strong>Alyona Abramova</strong>), ont des voix qui sont à la fois bien accordées et assez différenciées. Les autres figures, traitées d’une manière souvent comique, préfigurent les Italiens d’<em>Ariane à Naxos</em>. Le chef <strong>Josep Pons</strong> tire le meilleur parti possible du bel orchestre du Liceo, dont on apprécie tout particulièrement le velouté des cordes et la clarté sans stridence des cuivres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/">&lt;strong&gt;DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CILEA, Adriana Lecouvreur &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Brillante ouverture de saison au Teatro Real de Madrid, qui depuis son inauguration en 1997 a vu son public progresser et se fidéliser, comme jamais, sous la direction artistique de Joan Matabosch (successeur de Gerard Mortier en 2013). Théâtre à l’italienne, le Real peut accueillir plus de 1700 spectateurs et possède un amphithéâtre impressionnant de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Brillante ouverture de saison au Teatro Real de Madrid, qui depuis son inauguration en 1997 a vu son public progresser et se fidéliser, comme jamais, sous la direction artistique de Joan Matabosch (successeur de Gerard Mortier en 2013). Théâtre à l’italienne, le Real peut accueillir plus de 1700 spectateurs et possède un amphithéâtre impressionnant de plusieurs centaines de places, très prisé du jeune public, qui descend en pente raide vers la scène. Les spectateurs se sentent alors très proche des artistes car l’acoustique y est en plus remarquable.</p>
<p>La saison lyrique a débuté brillamment le 23 septembre 2024 avec <em>Adriana Lecouvreur</em> de Francesco Cilea, opéra représenté en hommage au ténor José Carreras à l’occasion du 50<sup>e</sup> anniversaire de son interprétation de l’ouvrage au Théâtre de la Zarzuela aux côtés de Montserrat Caballé. Treize représentations à guichets fermés du 23 septembre au 11 octobre et deux distributions de haut vol. Le 7 octobre <strong>Maria Agresta</strong>, dans le rôle-titre, succédait ainsi à Ermonela Jaho, <strong>Matthew Polenzani</strong> (Maurizio) à Brian Jagde et <strong>Teresa Romano</strong> (Princesse de Bouillon) à Elïna Garanča. Reprise <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cilea-adriana-lecouvreur-paris/">à Paris pour la  dernière fois en janvier 2024,</a> la mise en scène, créée par <strong>David McVicar</strong> en 2010 à Londres, n’a pas pris une ride. Dans la lignée d’un Giorgio Strehler, il ne transpose ni l’époque ni le lieu, situe l’action dans le Théâtre-Français qu’il métamorphose en « théâtre dans le théâtre », dans un esprit résolument contemporain, proposant ainsi au public devenu complice, une belle réflexion sur l’art dramatique. Il s’inspire évidemment du premier grand air « Io son l’umile ancilla del genio creator » dans lequel la comédienne Adrienne Lecouvreur, après son succès dans un rôle racinien, s’interroge sur son art. Il est vrai que les déclamations lyriques des célèbres tragédiennes d’antan, proches du chant, fascinaient les spectateurs, tant elles parvenaient à transcender les mots pour atteindre la pure émotion. L’artifice de l’opéra est idéal, en ce sens, pour leur rendre hommage. Ainsi, dans les décors magnifiques de <strong>Charles Edwards</strong> et les costumes rutilants de <strong>Brigitte Reiffenstuel</strong>, McVicar inscrit l’œuvre dans une perspective autrement plus passionnante que la banale anecdote d’une rivalité amoureuse de la pièce de Scribe.</p>
<p>La soprano Maria Agresta incarne de manière impressionnante le personnage d’Adriana avec une ligne vocale puissante aux multiples couleurs jusqu’aux plus fins <em>pianissimi</em> (le public lui fera un triomphe au salut final). À ses côtés, on retrouve avec bonheur le ténor américain Matthew Polenzani qui chante pour la première fois le rôle de Maurizio avec la voix chaude et vaillante qu’on lui connaît. Quelle classe et quelle musicalité ! Dans les coulisses du théâtre, le personnage de Michonnet, régisseur amoureux de la diva qu’il conseille et soutient, acquiert ici une réelle densité, porté par la voix de baryton léger de <strong>Manel Esteve</strong> qui porte loin et peut se permettre les nuances et phrasés qui forcent l’émotion. Le public l’ovationne tout comme la jeune mezzo-soprano italienne Teresa Romano, issue de l’Académie de La Scala, véritable révélation dans le rôle de la Princesse de Bouillon : une forte présence en scène et une voix impressionnante du grave sonore à l’aigu rayonnant. L’abbé incarné par le ténor <strong>Josep Fadó</strong> est irrésistible et tous les autres rôles sont à l’avenant.</p>
<p>Au pupitre <strong>Nicola Luisotti</strong>, directeur principal invité du Teatro Real, que le public madrilène a adopté, donne à la partition de Cilea une ampleur insoupçonnée. Sous sa direction, le prélude du dernier acte est un moment suspendu et lumineux qui annonce la fin tragique lorsque sur, le théâtre réduit à une ossature de bois, les comédiens revêtent à nouveau leurs costumes pour saluer Adriana qui vient de décéder. Le théâtre dans le théâtre s’achève et le public est debout.</p>
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		<title>ROSSINI, Il viaggio a Reims — Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-viaggio-a-reims-barcelone-giacomo-sagripanti-reims-avant-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Sep 2017 21:23:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la production d’Emilio Sagi, commentée en long, mais surtout en large (vu le dispositif scénique) lors de sa création et de ses reprises à Pesaro, il n’y aura guère davantage à dire. Les bains de Plombières se résument toujours à un deck en bois blanc, quelques chaises-longues et tabourets blancs. Tout le monde revêt &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De la production d’<strong>Emilio Sagi</strong>, commentée en long, mais surtout en large (vu le dispositif scénique) lors <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-voyages-forment-la-jeunesse">de sa création</a> et de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/a-la-recherche-de-la-nouvelle-star">ses reprises à Pesaro</a>, il n’y aura guère davantage à dire. Les bains de Plombières se résument toujours à un deck en bois blanc, quelques chaises-longues et tabourets blancs. Tout le monde revêt le même peignoir blanc. Les chœurs, en blouse blanche, sont assurés par les solistes à tour de rôle et personne n’y comprend plus rien ! Qui est qui, qui fait quoi… le livret, déjà simple esquisse de personnages et de situations, prétexte à numéros virtuoses, n’y gagne aucune lisibilité. Heureusement les facéties de la direction d’acteur égayent chaque scène au diapason de la musique virevoltante de Rossini. Mention spéciale pour ce Charles X enfant qui dévore un sandwich et un jus d’orange lors du final tout en se moquant de nos curistes : « che pazzi ! »</p>
<p>Néanmoins, il faut reconnaitre que cette production, malgré ses limites, sait faire naître un véritable esprit de troupe parmi les interprètes réunis par le Liceu. Une troupe homogène qui se hisse aux meilleurs canons belcantistes. Les seconds rôles, <strong>Tamara Gura</strong> (Modestina truculente), <strong>Marzia Marzo</strong> (Maddalena faussement sérieuse), <strong>Carles Pàchon</strong> (Antonio), <strong>Benat Egiarte</strong> (Zefirino) s’amusent autant sur scène qu’ils s’intègrent vocalement entre les grands numéros des vedettes du soir. <strong>Pietro Spagnoli</strong> tire profit de la clémence rythmique du chef pour proposer un travail très intelligent sur le legato afin de croquer les accents de la tirade de Don Profondo. <strong>Carlos Chausson</strong>, basse franche et puissante, campe un Trombonok aussi jovial qu’autoritaire. L’espagnol <strong>Manel Esteve</strong> joue à domicile en Don Alvaro et son salut patriotique du deuxième acte est accueilli avec une chaleur non feinte par un public pourtant catalan. Il ne dépareille pas lors de sa confrontation vocale avec<strong> Lawrence Brownlee</strong>, grand triomphateur de la soirée aux aigus lumineux, aux vocalises virtuoses et  au charisme scénique évident.  On comprend que Melibea soit torturée entre les deux rivaux. <strong>Maité Beaumont</strong> en fait un personnage suave et tout en ambiguïté que son timbre soyeux et une ligne claire dépeignent de belle manière. Des qualités qu’elle partage avec <strong>Roberto Tagliavini </strong>(Belfiore), dont le timbre à la douceur de jais paré de riches couleurs donne vie à l’amoureux Lord Sidney. <strong>Taylor Stayton</strong> confirme, après<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-glyndebourne-un-pique-nique-a-seville"> un Almaviva convaincant à Glyndebourne, </a>qu’il est un ténor léger solide, pourvu d’un aigu facile et chaleureux. Des trois sopranos, c’est malheureusement Corinna qui apparaît en retrait. <strong>Irina Lungu</strong>, voix corsée et davantage habituée à un répertoire plus lourd, s’égare un rien et peine à maintenir les lignes aériennes des élégies de la poétesse. L’aigu, trop souvent émis forte, se blanchit dès que la demi-teinte est négociée. <strong>Sabina Puertolas</strong> prête toute sa verve, la générosité de variations extrapolées à l’aigu, des notes piquées et des trilles à foison à une Folleville déjantée en scène. Seuls ses graves se disjoignent quand elle ose des écarts trop brusques dans ses vocalises. <strong>Ruth Iniesta</strong> (Cortese) est simplement irréprochable : vocalises aisées, abattage, timbre et aigu rayonnant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4841-0287-ra_bofill.jpg?itok=gwUb5akX" title="@ A. Bofill" width="468" /><br />
	@ A. Bofill</p>
<p>Un tel niveau de belcanto trouve son garant chez <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Sa gestuelle rigoureuse et précise contrôle tout autant les pupitres de l’orchestre, les crescendos et les ruptures de tempo que les nuances mêmes de ses solistes. La texture de l’orchestre est toujours légère, diaphane quand nécessaire. Les tempi retenus s’aventurent dans des vitesses parfaitement rossiniennes. Voici donc un fait d’arme supplémentaire après ses apparitions remarquées à Paris (<em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/werther-paris-bastille-intimidants-antecedents">Werther</a></em> et <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-paris-bastille-opera-au-bord-de-la-crise-de-nerfs">Le Barbier de Séville</a></em>) entre autres. Et pourquoi pas un pari jeune et audacieux pour la succession de Philippe Jordan ? </p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-peralada-qualite-peralada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2016 06:42:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année encore, c’est une proposition scénique limpide qui est présentée au public de Peralada pour l’opéra annuel. Mario Gas y met en scène Turandot sans la moindre velléité de torturer l’œuvre pour lui faire dire autre chose que ce qu’elle contenait à l’époque de la création. Les personnages et les situations sont banalement conformes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année encore, c’est une proposition scénique limpide qui est présentée au public de Peralada pour l’opéra annuel. <strong>Mario Gas</strong> y met en scène <em>Turandot </em>sans la moindre velléité de torturer l’œuvre pour lui faire dire autre chose que ce qu’elle contenait à l’époque de la création. Les personnages et les situations sont banalement conformes à ce qu’en dit le livret, et ce n’est pas une mince satisfaction de penser que ceux qui découvraient l’opéra ont pu le faire sans prisme déformant. Certes la temporalité est assez indéterminée, qui mêle par exemple smokings et manteaux d’apparat de la Chine ancestrale, mais pour l’essentiel les costumes conçus par <strong>Antonio Belart</strong> pour les membres de la cour impériale, mis en valeur par les lumières subtiles et efficaces de <strong>Quico Guttierrez</strong>, ont la somptuosité apparente et les couleurs passées des groupes de porcelaines anciennes, ou des peintures sur paravent, quand ils ne se réfèrent pas explicitement à des spectacles et des interprètes historiques, comme la coiffe à pampilles de Birgit Nilsson. Pour certains cette imagerie est définitivement kitsch et donc à rejeter ; pour nous elle a le charme des chromos dont le temps a estompé les outrances ou les ridicules, et c’est l’art conjugué du costumier et de l’éclairagiste qui obtient ce résultat. La maîtrise théâtrale de Mario Gas est visible dans le maniement des masses, dont la disposition fait image et dont les évolutions sont précises et fluides. Pour la direction d’acteurs, elle vise le plus souvent à donner à l’interprète la position optimale dans le contexte dramatique. Cela peut sembler peu mais c’est une gageure car le facteur « exécution en plein air » dans un auditorium dont la structure scénique reste largement ouverte à l’arrière entraîne que certaines zones du plateau sont moins propices à la propagation du son. Mais tel quel le spectacle flatte l’œil, avec la structure élancée d’une plate-forme de temple à laquelle on accède par quelques gradins et qui peut tourner avec le plateau – décor de <strong>Paco Azorin </strong>– et il avance sans heurts jusqu’au troisième acte, où le metteur en scène décide de le suspendre à l’endroit précis où finit la partition de Puccini. A ce moment le plateau s’est vidé et une voix off explique au spectateur comment la mort empêcha le compositeur de terminer son œuvre et comment le final d’Alfano a été consacré par le tradition. Et quand la musique reprend, les personnages de l’opéra reviennent en scène dépouillés des vêtements et des maquillages de la fable, en tenue de concert, smoking ou robe longue, couleur uniforme pour le chœur. Comment ne pas souscrire à un tel parti pris de respect du compositeur ? Sauf que depuis longtemps jouer le final d’Alfano n’est pas considéré comme un sacrilège, dans la mesure où il a été écrit d’après les projets de Puccini. Mais cette interruption a pour résultat paradoxal de révéler crûment, en l’absence du support décoratif qui aurait étayé la musique, le piétinement de l’inspiration du compositeur dans les mois précédant sa mort et sans doute la piété mais non le génie d’Alfano, incapable de transcender le duo final.</p>
<p>Cette menue déception n’est toutefois pas de nature à remettre en question le niveau global de satisfaction, car la qualité des interprètes est hors de cause. Honneur d’abord aux anonymes qui n’ont pas celui de l’avant-scène, les choristes, qu’ils soient les adultes du Chœur Intermezzo ou les jeunes membres du Chœur d’enfants Amis de l’Union. Jose Luis Basso ayant dû renoncer in extremis pour de graves raisons familiales à les diriger, <strong>Enrique Rueda</strong>, directeur du chœur Intermezzo, a relevé le défi. Le résultat est d’une haute qualité, d’autant plus remarquable qu’elle est allée croissant, avec une densité sonore très nuancée et assez de conviction pour rendre formidables les incantations du culte de l’Empereur, créant ainsi l’effet de sidération programmé.</p>
<p>Du mandarin de <strong>José Manuel Diaz</strong> on retiendra la netteté de l’articulation plus que l’autorité car la projection n’est pas assourdissante. Les voix de <strong>Manel Esteve</strong>, <strong>Francisco Vas </strong>et <strong>Vicenç Esteve Madrid </strong>s’équilibrent dans la belle scène qui réunit les trois ministres ; Mario Gas, en la situant devant le rideau, souligne peut-être involontairement combien sa greffe sur l’aventure de Calaf reste fragile, et ce ne sont pas les interventions de comédiens acrobates, pour nous parasites, qui renforcent cette dernière. Sans grain particulièrement prenant mais d’une grande clarté la voix de <strong>Josep Fado</strong>, qui campe un empereur dans toute la richesse de ses atours. Le malheur de Timur, l’autre père, s’exprime par la voix profonde d’<strong>Andrea Mastroni, </strong>qu’il nuance beaucoup mieux que dans un Oroe retentissant. Le cas de figure s’inverse avec <strong>Roberto Aronica</strong>, dont le volume vocal ne semble pas très important, au point que selon qu’il avance ou recule de quelques mètres seulement sa voix passe la rampe ou se perd dans la musique et les ensembles. A son actif une musicalité certaine, qui le fait s’abstenir d’éventuels effets histrioniques, les notes du rôle, mais une présence scénique un peu étriquée. Cette présence, la jeune <strong style="line-height: 1.5">Maria Katsarava</strong> la possède, et comme la voix court sans effort apparent et franchit la fosse sans problème on peut en savourer non seulement le fruité, la souplesse, mais aussi la conduite technique qui, sans être absolument impeccable, est déjà d’un niveau tel que ses <em style="line-height: 1.5">pianissimi</em> et <em style="line-height: 1.5">messe di voce </em>ne doivent rien à la chance ou au hasard. Entre sa conviction scénique et son capital vocal cette Liù est promise à un bel avenir. Elle avait du reste un bel exemple professionnel pour stimulant : <strong style="line-height: 1.5">Irène Theorin </strong>campe une Turandot bien éloignée des incarnations monolithiques, et ce n’est pas la seule de ses habiletés. Elle a très clairement dans la voix les moyens d’atteindre les sommets et de projeter avec force les éclats dardés de l’amour-propre de la Princesse. Mais elle se soucie de la crédibilité du personnage, auquel elle prête une sensibilité initiale perceptible dans l’évocation à mi-voix du viol de son ancêtre, événement dont la seule pensée la bouleverse. Elle rend ainsi crédible l’évolution ultérieure, le passage de la clôture narcissique et du chant ivre de soi à l’ouverture amoureuse, où l’exaltation sera celle du sentiment partagé. </p>
<p>Pour ses débuts à Peralada, <strong style="line-height: 1.5">Giampaolo Bisanti </strong>confirme l’existence en Italie d’une phalange de chefs d’orchestre trente et quarantenaires manifestement doués. Trouvant auprès des musiciens de l’Orchestre Symphonique du Grand Théâtre du Liceu de Barcelone une réponse sans la moindre faille, il maintient l’exécution sur les rails d’une musicalité constante, sans quêter l’attention par du tapage ou des accents intempestifs. Il sera fêté, aux saluts, par un public resté longtemps comme sur la réserve. A Peralada, les spectateurs n’achètent pas chat en poche. Mais quand ils sont convaincus ils ne ménagent pas leurs remerciements, et ils ont été finalement bruyants et longs. Un nouveau succès donc à inscrire à l’actif d’Oriol Aguila, le directeur du festival. A quand un label : Qualité Peralada ? </p>
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		<title>Cavalleria rusticana&#124;I pagliacci — Bilbao</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-i-pagliacci-bilbao-ris-donc-paillasse-pleure-donc-margot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2015 04:58:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même époque, même école, même sentiments en jeu, même durée, même moyens requis, mêmes voix presque&#8230; Les points communs entre Cavalleria rusticana et Pagliacci sont trop nombreux pour que leur association sur scène – et sur le disque – n&#8217;ait fini par s&#8217;imposer. Pour le meilleur et pour le pire. L&#8217;union a tôt fait de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même époque, même école, même sentiments en jeu, même durée, même moyens requis, mêmes voix presque&#8230; Les points communs entre <em>Cavalleria rusticana</em> et <em>Pagliacci</em> sont trop nombreux pour que leur association sur scène – et sur le disque – n&rsquo;ait fini par s&rsquo;imposer. Pour le meilleur et pour le pire. L&rsquo;union a tôt fait de tourner à l&rsquo;avantage de Leoncavallo tant la supériorité musicale et théâtrale de <em>Pagliacci</em> sur <em>Cavalleria</em> est flagrante.</p>
<p>À Bilbao, le mariage scénique est de raison. Les liens tissés par <strong>Joan Antón Rechi</strong> entre les deux ouvrages sont ténus : le décor – la placette proprette d&rsquo;un village d&rsquo;opérette, avec son église entourée de maisons que l&rsquo;architecture situe au sud des Alpes ou des Pyrénées – et la volonté de ne faire de Turiddu et Canio qu&rsquo;un seul homme. Une valise circule d&rsquo;un opéra à l&rsquo;autre comme pour attester de leur même identité. La présence maternelle d’une femme dans <em>Pagliacci </em>renvoie au personnage de Mamma Lucia dans <em>Cavalleria</em>. Tout cela ne dépasse pas le stade de l&rsquo;anecdote. La mise en scène s&rsquo;applique d’abord à illustrer les deux arguments du mieux qu&rsquo;elle peut dans un mouvement où l’apparat l’emporte sur le théâtre. L&#8217;emploi bienvenu de figurants dans <em>Pagliacci</em> rachète les entrées et sorties pataudes du chœur. Que les partis pris s&rsquo;éloignent d&rsquo;une ligne de conduite conventionnelle, en faisant par exemple entrer Santuzza durant l’air de Turiddu, « Mamma, quel vino è generoso », et le propos tourne court. Dépourvue de pathos, la fin de <em>Cavalleria</em> tombe à plat. Il n&rsquo;est pas si facile de faire pleurer Margot.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/cavpag4.jpg?itok=Lmh_-Tm0" title="© E. Moreno Esquibel" width="468" /><br />
	© E. Moreno Esquibel</p>
<p><strong>Alessandro Vitiello</strong> ne semble pourtant poursuivre d&rsquo;autres objectifs avec les moyens qui lui sont donnés. Rutilant, l&rsquo;Orquesta Sinfónica de Navarra a les cordes pour point fort. Le chœur de l&rsquo;Opéra de Bilbao s&rsquo;en donne à cœur joie dans deux partitions généreuses en interventions chorales. La  scène de la prière au début de <em>Cavalleria</em> déclenche la première salve d&rsquo;applaudissements. L&rsquo;acoustique du Palacio Euskalduna, centre de congrès inauguré en 1999 dans la partie moderne de la ville, est plus favorable aux ensembles qu&rsquo;aux chanteurs, isolés dans le maelström sonore. La direction musicale a beau s’assurer de l&rsquo;équilibre des volumes, la subtilité vocale n&rsquo;est pas de mise. Tant pis pour <strong>Luca Grassi</strong>. Alfio est une brute épaisse, ce qu&rsquo;un métal trop clair donne peu à comprendre. Tonio est d&rsquo;une méchanceté crasse ; le baryton là aussi passe à côté de la composition, faute de la projection nécessaire pour noircir le trait. Le prologue de <em>Pagliacci</em>, davantage propice aux intentions, le montre plus à son avantage.<strong> Daniela Barcellona</strong> prolonge une tradition qui veut Santuzza mezzo-soprano quand la créatrice du rôle, Gemma Bellincioni, débuta dans Gilda avant de triompher dans Violetta. L&rsquo;hypothèse admise, le chant répond sans faillir aux sollicitations d&rsquo;une écriture tendue, envisagée tout d&rsquo;un bloc, sans que l&rsquo;excès de décibels n&rsquo;en brutalise la ligne.</p>
<p>N&rsquo;était le trille, pourtant requis par Nedda s&rsquo;essayant au langage des oiseaux dans « Stridono lassù », <strong>Inva Mula</strong> nuance davantage son interprétation d&rsquo;un rôle dont elle maitrise toutes les clés. L&rsquo;expérience est atout supplémentaire. Nedda n&rsquo;a rien de l&rsquo;oie blanche. Les griffures du timbre rejoignent celle de la vie de saltimbanque, accrochée à ses illusions comme le naufragé à une bouée. Comment ne pas succomber à des arguments amoureux lorsqu&rsquo;ils sont exposés avec la sincérité et la santé vocale de <strong>Manel Esteve</strong> ? Le duo d’amour reçoit lui aussi sa part d’applaudissements. Silvio ne comporte pas de difficultés insurmontables. Encore faut-il l&rsquo;aider à trouver ses marques dans un univers où la tendresse n&rsquo;est pas de mise. La réputation du baryton barcelonais n&rsquo;a pas encore franchi les Pyrénées. Patience&#8230; Ténor promis à un avenir rossinien auquel il semble avoir – momentanément ou non – tourné le dos, <strong>José Mãnuel Zapatta</strong> peine à trouver l&rsquo;intonation juste dans la sérénade de Beppe. Les deux mezzos de <em>Cavalleria</em> – <strong>Nuria Lorenzo</strong> (Lola) et <strong>Annie Vavrille</strong> (Mamma Lucia) – chantent bien le peu qu&rsquo;elles ont à chanter.</p>
<p>Élément clé d&rsquo;un spectacle dont la logique exige le même interprète tout au long de la soirée, <strong>Gregory Kunde</strong> ajoute deux nouveaux rôles à un répertoire d&rsquo;une pluralité unique dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;art lyrique. Depuis son évolution dramatique, on sait la voix d&rsquo;une solidité et d&rsquo;une puissance infaillibles. La largeur du médium et la vaillance de l&rsquo;aigu mettent désormais les partitions véristes à sa portée. L&rsquo;énergie exceptionnelle transforme l&rsquo;essai. La technique belcantiste, appréciable ailleurs, n&rsquo;a ici que peu son mot à dire. Pourtant, la maîtrise du souffle et du legato aide à contourner les écueils que sont, dans ces deux opéras, cris, sons trop ouverts ou trop couverts, et autres trivialités tandis que le souci d&rsquo;expression refuse toute facilité. La psychologie sommaire de Turiddu voudrait cependant un timbre plus flatteur quand, au contraire, dans <em>Pagliacci</em>, l&rsquo;intelligence de l&rsquo;interprète réussit à faire naître ce que mise en scène et direction d&rsquo;orchestre n&rsquo;avaient pu susciter : l&rsquo;émotion.</p>
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