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	<title>Evan Hughes - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 26 May 2026 21:58:50 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Evan Hughes - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Toulouse et Dijon, la quatrième version (1) de cet extraordinaire Don Giovanni dans la mise en scène d’Agnès Jaoui s’est posée au vaste Corum de Montpellier, dont l’opéra est coproducteur. Eut-on fréquenté l’ouvrage des dizaines de fois, avec le sentiment d’en connaître tous les ressorts, que chaque nouvelle rencontre s’avère riche en découvertes et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Toulouse et Dijon, la quatrième version (1) de cet extraordinaire <em>Don Giovanni</em> dans la mise en scène d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/"><strong>Agnès Jaoui </strong></a>s’est posée au vaste Corum de Montpellier, dont l’opéra est coproducteur. Eut-on fréquenté l’ouvrage des dizaines de fois, avec le sentiment d’en connaître tous les ressorts, que chaque nouvelle rencontre s’avère riche en découvertes et en émotion. Celle-ci le confirme pleinement. Les mises en scène du <em>dramma giocoso</em> semblent le plus souvent atténuer, voire ignorer, le <em>giocoso</em>, pour focaliser l’intérêt sur le drame que le séducteur et ses victimes vont vivre. Ce qui frappe d’emblée, sans ambition historiciste, c’est la fidélité à l’esprit qui nourrit cette lecture inspirée : aucun soulignement, ni récupération idéologique ou transposition tendancieuse, l’intelligence y est constante, et c’est déjà un régal pour l’œil comme pour l’esprit. Ainsi, après que le Commandeur l’ait entraîné dans les affres de l’enfer, et que l’ultime sextuor s’achève, voilà que le facétieux réapparait, à la stupéfaction générale assortie de l’évanouissement de Leporello. Beau pied-de-nez pour nous rappeler que nous sommes au théâtre. Cette dernière scène nous rappelle aussi la distinction marquée entre les trois aristocrates (Elvira, Anna et Ottavio) et les manants (Zerline, Masetto, Leporello) : les premiers s’installent dans les fauteuils à la table qu’a abandonnée Don Giovanni, les autres demeurent respectueusement en retrait, debout, avec les laquais. Cette dimension sociale est, là encore, trop fréquemment éludée. Une ultime observation relative à cette mise en scène exemplaire : la présence sur scène des trois orchestres pour le bal qu’offre Don Giovanni afin de séduire Zerlina est devenue rarissime, bien qu’explicitement exigée par la partition et le livret. Elle participe pleinement ce soir au faste sensuel qui s’attache au prédateur cynique, comme à la lisibilité de la complexe polyphonie.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG4_7072_redimensionner-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align: center;">© Marc Ginot</p>
<p>La beauté plastique, les scènes somptueuses sont un bonheur permanent. Le réalisme du décor d’<strong>Eric Ruf </strong>se marie fort bien à l’abstraction onirique de la vidéo, signée <strong>Pierre Martin-Oriol</strong> (la lune changeante, facétieuse aussi, comme chez Méliès) : un dispositif ingénieux permet d’assembler, de mouvoir des éléments empruntés à l’architecture renaissante italienne ou ibérique, pour recomposer, le plus souvent à vue, le cadre de l’action dramatique (2). Il trouve son aboutissement dans la scène d’apparition du Commandeur, au sein d’un édifice religieux dont les oculi quadrilobés prennent tout leur sens. Les lumières magistrales de <strong>Bertrand Couderc</strong> participent idéalement au propos, d’autant plus que les deux-tiers de l’action se déroulent la nuit, propice à toutes les aventures et dissimulations. Seul – petit – regret : l’éblouissement ponctuel, brutal, du fond de scène dans l’obscurité nocturne, dérange, physiquement autant qu’intellectuellement. Quant aux magnifiques costumes de <strong>Pierre-Jean Larroque</strong>, c’est un constant régal tant ils participent à la caractérisation de chacun, avec une réelle beauté des coupes, des textures et des coloris. La direction d’acteurs, les chorégraphies sont d’un soin tout particulier, nourrissent la vérité dramatique.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG4_8018_redimensionner-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Marc Ginot</pre>
<p>Pourtant, avant même le lever de rideau, les interrogations se faisaient jour. Des bribes de projections, illisibles, puis l’ouverture déconcertaient : cette dernière, prise à la cravache, tendue, privilégiait les ponctuations rageuses au détriment des respirations. Le premier air de Leporello décevait, imprécis, haché, aux graves manquant d’assise. Défaillance passagère certainement car <strong>Evan Hughes</strong> allait rayonner ensuite, et faire preuve de toutes les qualités attendues, et ce, jusqu’à sa dissimulation craintive sous la table, où il contrepointe humoristiquement le propos du séducteur et de sa victime. Son débit, rossinien avant la lettre, lui permet de satisfaire aux tempi très rapides qu’impose parfois la direction. Une voix qu’on espère réécouter. La distribution, internationale, est presque totalement renouvelée. <strong>Mikhail Timoshenko</strong> partageait déjà le premier rôle à Toulouse, en alternance avec Nicolas Courjal. Son Don Giovanni a la prestance attendue, aristocrate aussi autoritaire que séducteur. Grand seigneur et voyou désinvolte, ses moyens sont au rendez-vous. La voix est ample et libre, avec le mordant qui sied. <strong>Karine Deshayes</strong>, pour notre bonheur, incarne toujours, avec une rare justesse, Donna Elvira, fidèle et humiliée. Le timbre n’est pas moins chaud, la conduite exceptionnelle, une grande leçon de chant, du <em>Ah chi mi dice mai</em> au <em>Mi tradi quell’ alma ingrata.</em> Don Ottavio est ici confié<strong> à Michael Gibson</strong>, authentique ténor mozartien, jamais efféminé, dont la voix ample, longue et égale sert bien le rôle, complexe et ingrat. <em>Il mio tesoro</em>, attendu, est justement ovationné. <strong>Stephen Milling</strong> campe un Commandeur impressionnant, voix sonore, caverneuse. On mettait son ample vibrato sur le compte de son agonie après le duel. Las, il persistera et le conservera outre-tombe, ce sera l’unique réserve.</p>
<p><em> </em>Si l’on n’en était informé, rien ne trahirait, ni vocalement, ni scéniquement, les trois prises de rôle, qui sont autant de révélations. <strong>Esther Tonea</strong> a toutes les qualités pour nous offrir une Donna Anna noble et ardente, avec une technique affirmée. Tout juste attendait-on des traits plus précis, plus perlés. Zerlina est une belle découverte : <strong>Miriam Kutrowatz</strong> nous vaut une fausse ingénue, jeune, sensuelle et manipulatrice. Elle respire cette musique avec un naturel confondant, et les chaleureuses acclamations d’un public conquis saluent sa réussite. Un Masetto lucide et touchant, robuste sans caricature, nous est offert par <strong>Frederic Jost</strong>. Une voix solide, sonore, pour un fiancé qui ne s’en laisse pas compter. Les ensembles sont justes, équilibrés, et c’est toujours un plaisir de les suivre, collectivement autant qu’individuellement. A signaler les récitatifs, qui sont du vrai théâtre, accompagnés au piano (forte ?) depuis la fosse. Le chœur, préparé avec soin par <strong>Noëlle Gény</strong>, se montre remarquable dans toutes ses apparitions, y compris lorsqu&rsquo;il est invisible (les voix démoniaques, sépulcrales, de l’enfer). On a connu l’Orchestre national Montpellier Occitanie en meilleure forme. Sous la direction de <strong>Benjamin Bayl</strong>, il fait le job, non sans une certaine routine. Les phrasés sont parfois courts, privés de la sensualité dans laquelle baigne l’ouvrage. Le tissu instrumental, appliqué, n’est restitué qu’avec parcimonie.  La puissance tragique, comme la pirouette conventionnelle, parodique, de la scène ultime sont heureusement irréprochables. Les musiciens mobilisés pour constituer les trois orchestres sur scène sont admirables par leur jeu, leur écoute mutuelle et la qualité de leur émission.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG4_0235_redimensionner-1294x600.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align: center;">© Marc Ginot</p>
<p>Le public d’un Corum comble, captivé par la réalisation, n’a pas ménagé ses rappels, réservant une standing ovation pleinement méritée.</p>
<pre>(1) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/">https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/">https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/ </a>
(2) Faut-il rappeler que le drame se joue dans neuf lieux différents, ce que feignent d’ignorer la plupart des réalisateurs ?</pre>
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		<item>
		<title>PINTSCHER, Nuit sans aube – Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pintscher-nuit-sans-aube-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quatrième opéra de Matthias Pintscher, qui fut pendant dix ans directeur musical de l’Ensemble intercontemporain, Nuit sans aube a été créé en français à l’Opéra-Comique deux mois jour pour jour après sa création en version allemande au Staatsoper unter den Linden de Berlin, sous le titre Das kalte Herz (Le Cœur froid). Alors que le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatrième opéra de Matthias Pintscher, qui fut pendant dix ans directeur musical de l’Ensemble intercontemporain, <em>Nuit sans aube</em> a été créé en français à l’Opéra-Comique deux mois jour pour jour après sa création en version allemande au Staatsoper unter den Linden de Berlin, sous le titre <em>Das kalte Herz</em> (Le Cœur froid). Alors que le projet original avait pour titre <em>Nacht ohne Morgen</em> (Nuit sans aube), les Allemands ont préféré donner à l’opéra le titre du conte de Wilhelm Hauff qui a inspiré le livret, très célèbre outre-Rhin. Ce conte merveilleux tourne autour d&rsquo;un charbonnier de la Forêt Noire qui échange son cœur pour un cœur de pierre en contrepartie d&rsquo;une richesse éternellement renouvelée. Devenu incapable d&rsquo;éprouver des sentiments, il se montre cruel avec son entourage au point de tuer sa femme. Décidé à inverser son destin, il récupère son cœur, obtient la résurrection de sa femme et retourne à une vie pauvre mais bien entourée.</p>
<p>Dans le livret de Daniel Arkadij Gerzenberg, Peter n’est plus un petit charbonnier faillible dévoré par une <em>Sehnsucht</em> romantique qui le pousse à l’erreur puis à la rédemption ; il est un homme unidimensionnel, sans histoire, qui a été « élu » candidat au sacrifice par Anubis, dieu des morts égyptien et son serviteur Azaël, double de l’ange de la mort Azraël (tous les deux féminisés dans le livret). Outre l&rsquo;ajout de ces figures qui n&rsquo;ont rien à voir avec le conte initial, l’histoire est assez confuse, toute continuité narrative étant congédiée au profit de la simple volonté des dieux du mal : une opportune « loi du silence » est régulièrement évoquée entre les personnages pour éviter d&rsquo;avoir à expliquer les détails de l&rsquo;intrigue. On ne saura jamais pourquoi Peter est dévoré de souffrance, ni pourquoi il doit être sacrifié, ni pourquoi c’est à sa mère que revient la responsabilité du sacrifice – le jeu des costumes suggère même que la mère serait en réalité Anubis elle-même. Cette mère réalise tout à coup qu’elle a commis un acte terrible quand elle tient le cœur de son fils, et le rideau tombe sur un Peter rendu totalement insensible par l’opération sanglante. On comprend bien que Gerzenberg tenait à oublier la dimension morale du conte (qui enseigne que la richesse matérielle n’est rien en comparaison d’un cœur plein), mais en l’état le livret est erratique et il perd le spectateur, quand il ne le désintéresse pas tout simplement de l’histoire. On a du mal, dès lors, à sympathiser pleinement avec le caractère angoissé de la musique, puisqu’elle ne trouve pas de traduction crédible sur scène. Délinéariser et déconstruire une narration ne peut se faire qu’avec une idée assez précise de l’effet qu’on veut obtenir et des moyens musicaux, vocaux, scéniques avec lesquels on pourra compenser la perte de la cohérence du récit.</p>
<figure id="attachment_209922" aria-describedby="caption-attachment-209922" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-209922 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/3-Nuit-sans-aube-DR-S.-Brion-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-209922" class="wp-caption-text">© Stéphane Brion</figcaption></figure>
<p>Il est dommage que le texte empêche l’auditeur de rentrer pleinement dans le spectacle car la partition de <strong>Matthias Pintscher</strong> possède plusieurs qualités dignes d’intérêt. La musique est le plus souvent un tissu, ou plutôt un brouillard, tantôt grave (oscillations des contrebasses et violoncelles), tantôt aigu (notes tenues souvent discordantes). Cette nappe harmonique est traversée d’événements sonores doux ou brusques, évoquant la forêt et ses bruits inquiétants, notamment au moyen d’une orchestration riche en percussions et en instruments au timbre grave. L’atmosphère sonore sert aussi de support au déploiement de plusieurs mélodies, avec quelques effets de leitmotiv et des associations entre un personnage et un instrument (le hautbois pour Clara). L’apparition d’Anubis et les deux sections qui encadrent le moment du sacrifice sont assez marquantes, avec la répétition entêtante d’un motif de six notes descendantes évoquant des cloches martelées. L’épaisseur sonore est souvent très réduite et une place majeure est faite à des moments de quasi-silence, où un fil de son ne subsiste que pour donner un sens et une couleur à cette pause. Les quelques moments de déchaînement féroce post-wagnérien n’en sont que plus saisissants (par exemple dans la deuxième des quatre <em>Waldmusiken</em> qui servent d’interludes orchestraux). La plupart du temps, la masse instrumentale décroît quand les chanteurs entrent en scène, et elle s’efface dans la dernière scène de Peter, entièrement a cappella (l&rsquo;effet est saisissant). L’écriture vocale est extrêmement variée, le rôle de Clara est un soprano léger avec quelques coloratures, la Mère chante par sauts de registres importants, Anubis est une espèce de Turandot sur tous les plans (costume, rôle, écriture vocale), Azaël est un rôle entièrement parlé, Peter est un rôle très bavard et syllabique au début de l’opéra, mais sa tessiture s’allonge dans les dernières scènes. L’<strong>Orchestre</strong> <strong>philharmonique de Radio France</strong> est dirigé par le compositeur lui-même pour l’occasion et déploie des couleurs sombres parfaitement adaptées au sujet.</p>
<figure id="attachment_209920" aria-describedby="caption-attachment-209920" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-209920 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1-Nuit-sans-aube-DR-S.-Brion-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-209920" class="wp-caption-text">© Stéphane Brion</figcaption></figure>
<p>Le plateau vocal est assez inégal. On apprécie énormément la déesse Anubis de <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, en aigus métalliques meurtriers servis par une belle projection, et une présence hiératique qui va très bien à ce personnage sanguinaire. <strong>Catherine Trottmann</strong> relève avec brio le défi du rôle de Clara, et elle impressionne par sa maîtrise de l’aigu et du suraigu, où elle s’autorise <em>piani</em> et <em>crescendi</em>. Pour servir la mère de Peter, <strong>Katarina Bradi</strong><strong>ć </strong>(seule rescapée de la distribution berlinoise) démontre une intensité appréciable mais la voix est souvent inaudible et s’étouffe dans certaines zones de passage entre les registres. <strong>Evan Hughes</strong> est un Peter plutôt décevant qui n’aide pas à faire fonctionner l’espace scénique : la voix ne semble jamais vraiment libre (vibrato absent, résonance limitée), certains aigus sont hors de portée, et le jeu est monotone (yeux écarquillés, souffle court, main tendue). On aurait aimé entendre ce que Samuel Hasselhorn (qui a créé le rôle à Berlin) faisait de cette partition. En revanche, l’Azaël de la comédienne <strong>Hélène</strong> <strong>Alexandridis</strong> est une vraie réussite et ses moments de déclamation sur la musique sont l’un des sommets dramatiques de la soirée.</p>
<p>Reste enfin la mise en scène de <strong>James Darrah Black</strong>, qui comporte des idées très efficaces, mais reste assez monotone dans son évocation d’un cauchemar constant, et son sens exact est tout aussi élusif que celui du livret. Un écran de taille moyenne délimite l’avant-scène sur laquelle se passe la majorité de l’opéra. Il figure une forêt inquiétante traversée de phénomènes surnaturels, surmontée d’un ballet grotesque de loups morts, chacun suspendu par une patte à un crochet de boucher. Ce tableau, efficace quand on le voit pour la première fois, n’est varié que lorsque surgit Anubis, sur un fond totalement rouge inquiétant. Plus que ces décors, on aime assez la direction d’acteurs et l’occupation de l’espace scénique, souvent très efficace, avec une foule de figurants dont le ballet est minutieusement réglé. On garde en tête plusieurs tableaux marquants.</p>
<p>Ce bilan en demi-teintes ne doit pas nous empêcher de nous réjouir que de grandes institutions comme le Staatsoper et l’Opéra-Comique s’attachent à faire vivre la création contemporaine avec tous leurs moyens.</p>
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		<item>
		<title>KaiserRequiem à la Philharmonie de Paris : Ullmann et Mozart face à l’abîme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/kaiserrequiem-a-la-philharmonie-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 16:16:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À la Philharmonie de Paris, les 7 et 8 mai 2025, l&#8217;Orchestre de Paris, sous la direction d&#8217;Omer Meir Wellber, propose un programme audacieux intitulé&#160;KaiserRequiem . Ce concert met en dialogue deux œuvres majeures : l&#8217;opéra de Viktor Ullmann,&#160;Der Kaiser von Atlantis, oder die Tod-Verweigerung (L&#8217;Empereur d&#8217;Atlantis ou le Refus de la mort), et le célèbre&#160;Requiem&#160;de &#8230;</p>
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<p><span data-olk-copy-source="MessageBody">À la Philharmonie de Paris, les 7 et 8 mai 2025, l&rsquo;Orchestre de Paris, sous la direction d&rsquo;Omer Meir Wellber, propose un programme audacieux intitulé&nbsp;<u><a id="OWA6eeca2ea-c51b-f4bb-4eb8-192bf9e0edd0" title="https://mibc-fr-11.mailinblack.com/securelink/?url=https://philharmoniedeparis.fr&amp;key=eyJsYW5nIjoiRlIiLCJ1cmwiOiJodHRwczovL3BoaWxoYXJtb25pZWRlcGFyaXMuZnIvZnIvYWN0aXZpdGUvY29uY2VydC1zeW1waG9uaXF1ZS8yNzE5My1vcmNoZXN0cmUtZGUtcGFyaXMtb21lci1tZWlyLXdlbGxiZXIiLCJ0b2tlbiI6ImdBQUFBQUJvQjk4a0g5QUdUZFhzQWZNTV9qRkh1MUZfaUhQVTRJb3ktLUNEcjJEWkl2Mjh3NTNiQXM4OUtqTW01endGaGxja3FyaWhBSFJNMjRQQzRqZ3NCRUc2Njk3TnM1R3gzVFA1TTRRNDlOUW11SlJoc0w2UHVQMlBQTU9Gei1HUWNkd0xtLS1wNUtpMDdDcFF0ZUlGdW56X3ZLLVN6ME9BYjV2NUloLXA0eTVSZUhTazZGS3ZCc3NPLWxqcF9nMU5Qb2gxLVNVREE1a1pUR3RfVVFSSmM3VXZtaFJkV1lIWjFkSWNnVlUxcEJwdE5kYXF4TGV6WlVVUGFUQVBrRUQxUmZLemVEZ3drMXZOUEJqZzJ4T2RqSml3dHNBZ2NfYjlEcm93Y05DZzVkV1R2Zjk5Zms2RmNXNXduRVE1M08yZVBxd2lfbDUyIn0=" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/27193-orchestre-de-paris-omer-meir-wellber" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-auth="NotApplicable" data-linkindex="0">KaiserRequiem</a></u> . Ce concert met en dialogue deux œuvres majeures : l&rsquo;opéra de Viktor Ullmann,&nbsp;<i>Der Kaiser von Atlantis, oder die Tod-Verweigerung (L&rsquo;Empereur d&rsquo;Atlantis ou le Refus de la mort)</i>, et le célèbre&nbsp;<i>Requiem</i>&nbsp;de Mozart.</span></p>
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<div>
<p>Composé en 1943 dans le camp de Theresienstadt,&nbsp;<i>Der Kaiser von Atlantis</i>&nbsp;est une œuvre singulière et bouleversante. Sur un livret du poète Peter Kien, également interné, cette œuvre allégorique dénonce l’absurdité des régimes totalitaires. L’empereur Überall — transparent avatar d’Hitler — pousse le monde à une guerre totale si absurde que la Mort elle-même refuse d’y collaborer. L’opéra, aux accents tantôt sarcastiques, tantôt lyriques, n’a jamais pu être représenté du vivant de ses auteurs, tous deux déportés à Auschwitz peu après sa composition.</p>
</div>
<div>
<p>À cette méditation grinçante sur le pouvoir et l’humanité fait écho le&nbsp;<i>Requiem</i>&nbsp;de Mozart, ultime chef-d’œuvre inachevé du compositeur, dont la part de mystère continue de nourrir les interprétations les plus diverses. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/streamings-et-radios-ullmann-et-mozart-ensemble-tresses/"><i>KaiserRequiem</i></a>&nbsp;offre une méditation profonde sur la finitude humaine.</p>
</div>
<div>
<p>Autour d’Omer Meir Wellber, le plateau réunit la soprano Rebecca Nelsen (soprano), Christel Loetzsch (mezzo-soprano), JunHo You (ténor), Evan Hughes (basse), et le Chœur de l’Orchestre de Paris dirigé par Richard Wilberforce.</p>
</div>
<div>
<p><b>Informations pratiques&nbsp;</b>:</p>
<p><span style="font-size: revert; font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Les 7 et 8 mai 2025</span></p>
<p><span style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-size: revert; font-weight: inherit;">Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.</span></p>
</div>
<div>
<p>Durée : 1h45 avec entracte</p>
</div>
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