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	<title>August EVERDING - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>August EVERDING - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Salomé &#8211; Tokyo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-tokyo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contribution externe]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jun 2023 06:07:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 27 mai au 4 juin, le New National Theatre Tokyo (NNTT) a donné Salome de Richard Strauss dans la mise en scène d’August Everding, à l’affiche du NNTT depuis 2000 – la dernière reprise date de 2016. Les décors et les costumes, dominés par les couleurs rouge et noir, évoquent l&#8217;obscurité et le sang qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 27 mai au 4 juin, le New National Theatre Tokyo (NNTT) a donné <em>Salome</em> de Richard Strauss dans la mise en scène d’<strong>August Everding</strong>, à l’affiche du NNTT depuis 2000 – la dernière reprise date de 2016. Les décors et les costumes, dominés par les couleurs rouge et noir, évoquent l&rsquo;obscurité et le sang qui submergent l’œuvre. Au centre de la scène, l’élément le plus remarquable est le puits immense au fond duquel Iokanaan est emprisonné, et sur lequel Salomé danse les « sept voiles ».</p>
<p>En Salome, <strong>Alexandrina Pendatchanska</strong> faisait ses débuts au NNTT. Vêtue d&rsquo;une robe noire, elle a d’abord semblé un peu nerveuse, puis s&rsquo;est progressivement reprise jusqu&rsquo;à la scène finale, bien que parfois sa voix ait eu du mal à se faire entendre. La mise en scène d&rsquo;Everding impose certaines contraintes en termes d&rsquo;interprétation. Salome pourrait davantage évoquer une adolescente hantée par la folie et le désir d’amour. On ne sait d’ailleurs pas si elle désire véritablement Iokanaan ou si elle cherche simplement à satisfaire un caprice de princesse égoïste.</p>
<p>Par conséquent, Iokanaan semble le véritable protagoniste de l’opéra, dès sa première apparition. <strong>Tómas Tómasson</strong> avait déjà interprété le rôle du prophète à Tokyo en novembre dernier (sous la direction de Jonathan Nott, avec le Tokyo Symphony Orchestra). Claire, solide et toujours audible, sa voix possède l’autorité attendue.</p>
<p>Egalement appréciable, <strong>Jennifer Larmore</strong> chante le rôle d&rsquo;Hérodias, d’une façon claire et intelligible. Scéniquement, elle incarne une reine avide et imperturbable, à la fois froide et envoûtante. <strong>Etsuko Kanoh</strong>, dans le rôle du page d’Hérodias, fait montre aussi d’un talent remarquable (c&rsquo;est lui qui tue Salome à la fin de l’opéra dans cette production).</p>
<p>En raison des mesures liées à la pandémie, le Tokyo Philharmonic Orchestra utilise la partition réduite publiée par Fürstner. L&rsquo;orchestre répond de manière irréprochable et attentive aux intentions de de <strong>Constantin Trinks</strong>. Soulignons le solo de clarinette au début (par Alessandro Beverari), les deux harpes (par Midori Tajima et Ayano Kaji), ainsi que les pupitres des cordes dirigés par le concertmaster <strong>Akihiro Miura</strong>. Le Tokyo Philharmonic Orchestra est le plus ancien orchestre du Japon, capable de jouer aussi bien des œuvres symphoniques que des opéras et des ballets (la phalange accompagnait aussi les représentations simultanées de <em>Rigoletto</em> au NNTT).</p>
<p>Visuellement éblouissante, cette production n’en donne pas moins l’envie d’autres mises en scène plus conformes à l’impression intense et grotesque suscitée par <em>Salome</em> lors de sa création au début du XXe siècle.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Tamamo Nagai</strong></p>
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		<title>STRAUSS, Elektra — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/elektra-hambourg-musee-ou-parc-dattraction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2015 21:31:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>August Everding aurait-il pu prévoir en 1973 que sa production d’Elektra resterait à l’affiche jusqu’à nos jours ? Cette production – donnée ensuite à Paris en 1974 et 1975 avec entre autres les illustres Nilsson, Ludwig, Rysanek, Varnay – survit encore au Staatsoper d’Hambourg. Choc du temps qui passe, le décor évoque moins aujourd’hui l’antiquité marmoréenne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>August Everding</strong> aurait-il pu prévoir en 1973 que sa production d’Elektra resterait à l’affiche jusqu’à nos jours ? Cette production – donnée ensuite à Paris en 1974 et 1975 avec entre autres les illustres Nilsson, Ludwig, Rysanek, Varnay – survit encore au Staatsoper d’Hambourg. Choc du temps qui passe, le décor évoque moins aujourd’hui l’antiquité marmoréenne voulue par le livret que les décors inventés depuis pour nos loisirs. Ce portique branlant fait penser à ceux des attractions du parc Astérix, et ce château tout en créneaux illuminés de braseros évoque plutôt certaines forteresses de superproductions hollywoodiennes adaptant Tolkien à l’écran. Ainsi, à la couche de poussière s’ajoute un verni laqué de grotesque. Nous sommes certainement chez des monstres de foire, que rendent parfaitement des costumes orientalisants et hideux, probablement déjà hors de propos en leur temps. S’il y eut une direction d’acteur, elle est depuis longtemps tombée dans les limbes. Restent les entrées et les sorties, et les talents variés des interprètes qui viennent visiter ce musée de l’art lyrique.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="439" src="/sites/default/files/styles/large/public/stueck-2532-original.png?itok=FFBz_12y" title="© Halina Ploetz (production originale)" width="468" /><br />
	© Halina Ploetz (production originale)</p>
<p>Il n’y a guère à se plaindre de ce côté. Dans cette production de répertoire, l’Opéra d’Etat de Hambourg aligne son directeur musical <strong>Kent Nagano </strong>qui conduit le Philharmoniker Hamburg dans les excès sonores et les raffinements coloristes de la partition. Flux et reflux de tension suivent les scènes. La valse finale crescendo porte l’épilogue à son juste climax. Les chanteurs et chanteuses de la troupe assurent la totalité des rôles secondaires, avec quelques étrangetés. Ainsi le jeune chilien <strong>Bruno Vargas </strong>doit incarner le vieux serviteur. Il y parvient sans mal, aidé par les frusques qui l’habillent, et une voix profonde. Ce soir-là, le niveau moyen global de l’institution l’emporte sur les pinailleries que l’on pourrait faire : une cinquième servante (<strong>Hellen Kwon</strong>) à la justesse pour le moins problématique ou encore <strong>Robert Künzli</strong> un peu court en Aegisth. <strong>Wihelm Schwinghammer</strong> en revanche, donne à entendre un Oreste impérial, au phrasé stylé. Son chant se déploie autour d’un timbre mat qui sied bien au personnage déterminé qu’il compose. Le trio de femme n’a pas à rougir. <strong>Ricarda Merbeth</strong> (Chrysothemis), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/entre-freud-et-sophocle">déjà entendue à Paris dans ce même rôle</a>, semble peut-être plus en retrait, comme en service minimum dans cette soirée sans véritable enjeu. Son souffle et ses aigus souverains ne laissent pourtant pas de convaincre. <strong>Mihoko Fujimura</strong> rend honneur à toute la tessiture de Clytemnestre. Pas une note poitrinée dans toute sa scène, et des « warum » sonores et profonds caractérisent ce chant que seule une diction germanique peu idiomatique vient entacher. En Elektra, <strong>Linda Watson</strong> n’a pas à céder la préséance <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/elektra-zurich-ou-es-tu-elektra">devant certaine consœur peut-être plus médiatique mais parfois problématique</a>. L’américaine ne s&rsquo;abandonne jamais à la facilité du cri, même dans les moments les plus tendus, assume toute la tessiture et les tenues de note. Parfois au prix de menus accidents, là un aigu trop bas, ici une note qui bouge autour de sa juste fréquence. Qu’importe ! Cette Elektra inquiète, tempête, caresse… en un mot : elle émeut.</p>
<p>Au milieu de ces satisfactions diverses, un élément a su nous surprendre. On arpentait une antiquité – on n’ose pas dire épave –, on était en divertissement de répertoire, visité, revisité, et subtilement l’inattendu se produisit. Lors de la scène de Clytemnestre, alors qu’elle soliloque devant ses suivantes, l’orchestre chatoie et la petite harmonie pépie. Sur scène, les deux demoiselles murmurent sans cesse dans l’oreille de leur maitresse, distillant le poison du doute et du mépris avant qu’elles ne soient chassées séance tenante. Lien fut ainsi fait entre un détail de la composition et sa signification théâtrale, et ce, d’une manière encore inouïe à nos oreilles. Le musée, ce n&rsquo;est pas que poussière, vieux cadres et vieilles toiles. Parfois on y découvre quelque chose.</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-munich-comme-quand-jetais-mome/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Dec 2014 05:00:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce soir de Saint-Nicolas, le Bayerische Staatsoper bruit comme une cour de récréation. Une fois n&#8217;est pas coutume, dans la salle les têtes blondes rivalisent en nombre avec les blanches. C&#8217;est que La flûte enchantée de l&#8217;autre côté du Rhin a valeur de conte de fées. Est-il possible dans ces conditions de ne pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce soir de Saint-Nicolas, le Bayerische Staatsoper bruit comme une cour de récréation. Une fois n&rsquo;est pas coutume, dans la salle les têtes blondes rivalisent en nombre avec les blanches. C&rsquo;est que <em>La flûte enchantée</em> de l&rsquo;autre côté du Rhin a valeur de conte de fées. Est-il possible dans ces conditions de ne pas envisager le singspiel de Mozart comme une féerie ? Le bien, le mal, la franc-maçonnerie, <strong>August Everding</strong> les laisse aux grandes personnes, sa proposition correspond à celle que tout enfant attend de <em>Die Zauberflöte</em>. Là est la raison du succès et de la longévité de cette production, reprise une énième fois à l&rsquo;occasion des fêtes de fin d&rsquo;année. La quête de Pamina et Tamino n&rsquo;est que prétexte à illustration. Le parti-pris ennuierait vite l&rsquo;adulte que nous sommes devenu si le luxe des moyens mis en œuvre ne captait l&rsquo;attention du début à la fin de la représentation. Toiles peintes, rideaux, trappes et machineries diverses composent un livre d&rsquo;images dont on regarde, émerveillé, les pages se tourner. L&rsquo;univers représenté fait davantage penser à une Inde fantasmée façon Montesquieu qu’à l&rsquo;Egypte maçonnique. Les colonnes du temple sont cependant palmiformes, la voute céleste poudrée comme un ciel d&rsquo;Orient, la reine de la nuit porte une couronne d&rsquo;étoiles et Sarastro une perruque poudrée qui ferait du Grand-Prêtre une réplique d&rsquo;un philosophe du siècle des Lumières s&rsquo;il y avait dans ce décorum un message à déchiffrer. Et, à vrai dire, cela fait du bien de redevenir môme, de se laisser raconter une histoire sans chercher à deviner ce que cache le rideau du récit. À condition évidemment que l&rsquo;éloquence de la musique supplée la simplicité du propos scénique.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="314" src="/sites/default/files/styles/large/public/flute4_0.jpg?itok=D4ffFqOt" title="© Wilfried Hoesl, Bayerische Staatsoper" width="468" /><br />
	© Wilfried Hoesl / Bayerische Staatsoper</p>
<p>De ce côté, pas d&rsquo;inquiétude, Mozart à Munich est en ses terres. Il suffit, pour le vérifier, d&rsquo;écouter la manière dont l&rsquo;orchestre entre dans l&rsquo;ouvrage, comparé à la façon dont Rossini était abordé la veille*. La solennité avec laquelle <strong>Dan Ettinger </strong>pose les premières mesures de l&rsquo;ouverture est révélatrice de l&rsquo;approche : majestueuse sans emphase, noble sans froideur, élégante sans affectation. Jamais le chef ne cherche à brusquer sa lecture de la partition. Cette <em>Flûte</em> ne se préoccupe pas de faire jeune puisque, dès les premières mesures, l&rsquo;affaire est entendue : sa jeunesse est éternelle.</p>
<p>Les voix au sein de cette parure somptueuse semblent pierres précieuses. Leur éclat n&rsquo;est pas tant individuel que collectif, leur gageure étant de parvenir à chanter ensemble sans renoncer à leur individualité. Pour preuve, ces trois dames indissociables et pourtant clairement distinctes, ou ces numéros à plusieurs dont on contemple, captivé, le maillage. D&rsquo;autant que, ô prodige, pour une fois les trois génies chantent juste. Le public leur réservera d&rsquo;ailleurs l&rsquo;ovation que mérite pareil exploit.</p>
<p>De cette communauté de talents se détachent ceux auxquels Mozart a attribué une, voire plusieurs, interventions solistes. A en croire les applaudissements finaux, tous comme au temps de l&rsquo;école des fans de Jacques Martin, ont mérité la note maximale. Pourtant la plus acclamée, <strong>Hanna-Elisabeth Müller</strong> aura pu sembler ingrate de timbre et dure d&rsquo;aigu à ceux qui ont d&rsquo;autres Pamina dans l&rsquo;oreille. <strong>Günther Grolssbück</strong> n&rsquo;a pas le grave évident, si digne soit son Sarastro. Mais <strong>Ana Durlovski</strong> défie toutes les lois vocales tant son soprano, sombre et épais, parvient à négocier les vocalises les plus ardues et atteindre avec une apparente facilité des notes a priori incompatibles avec un registre médian affirmé. <strong>Nikolay Borchev</strong>, appelé in extremis pour remplacer Christian Gerhaher, confirme ce que Prosdocimo* la veille suggérait : des dons d&rsquo;acteur équivalents à ceux de chanteur. Ce Papageno enjoué, pleutre et attendrissant ne déroge pas d&rsquo;une plume à la tradition. <strong>Charles Castronovo</strong> au contraire offre de Tamino un portrait inhabituel, latin ainsi que l’évoque la barbe brune et le métal rayonnant, viril, ardent et cependant doué d&rsquo;un phrasé et d&rsquo;une lumière dont bien des Tamino blonds pourraient se montrer envieux. De cette seule entorse à la tradition sourdent les émotions les plus vives de la soirée, n&rsquo;en déplaise aux enfants.</p>
<p>* Voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/il-turco-in-italia-munich-olga-peretyatko-fiorella-retrouvee">le compte rendu du <em>Turco in Italia</em></a><br />
 <br />
 </p>
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		<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-berlin-pour-le-plaisir-des-grands-et-des-petits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2013 11:32:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Depuis 1994, cette production de La Flûte enchantée du Staatsoper de Berlin n’a pas pris une ride et continue de ravir le public. Doit-on ce secret de longévité à l’exceptionnelle mise en scène d’August Everding qui, pour les décors et les costumes, s’est inspiré des maquettes que Karl Friedrich Schinkels avait réalisées pour le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Depuis 1994, cette production de <em>La Flûte enchantée </em>du Staatsoper de Berlin n’a pas pris une ride et continue de ravir le public. Doit-on ce secret de longévité à l’exceptionnelle mise en scène d’<strong>August Everding</strong> qui, pour les décors et les costumes, s’est inspiré des maquettes que Karl Friedrich Schinkels avait réalisées pour le Théâtre Royal de Berlin en 1816 ? Probablement, car certains tableaux comme l’apparition de la Reine de la Nuit sur son croissant de lune avec la voûte céleste étoilée en fond de scène sont devenus de véritables images d’Epinal. Il faut reconnaître que les décors de toiles peintes signés<strong> Fred Berndt </strong>rappellent les « vues de l’Hindoustan » et semblent sortir tout droit des ateliers de la manufacture de papiers peints Zuber. En contrepartie, le classicisme extrême de l&rsquo;approche, qui va jusqu’à exprimer platement toutes les références symboliques du livret, manque de fantaisie et d’innovation. C’est l’éternel combat que se livrent les amateurs de mise en scène dites « de référence » et les tenants de productions qui participent au renouveau permanent d’une œuvre. Mais pour expliquer le succès indéniable de cette <em>Flûte enchantée</em> (233e représentation), ne faut-il pas mieux s&rsquo;en tenir à  l’aspect initiatique auprès des nouvelles générations plutôt qu&rsquo;aux ressorts purement artistiques ? La succession rapide des tableaux aux sujets exotiques, l’intervention d’animaux sauvages pris dans des chorégraphies grotesques sous le charme de la flûte et le jeu facétieux d’un Papageno truculent (<strong>Gyula Orendt</strong>) ont raison de toutes les résistances  même si par ailleurs l’interprétation scénique manque de relief.</p>
<p>			Sous la baguette de <strong>Wolfram-Maria Märtig</strong> l’orchestre de la Staatskapelle de Berlin a le souci des nuances et une souplesse d’interprétation suffisante pour rattraper une mesure prise à contre temps par le chœur des trois garçons. Prédomine un sentiment de technicité extrême, conforté en cela par des personnages figés dans des rôles aux postures souvent hiératiques.<br />
			 </p>
<p>			<strong>Jan Martinik</strong> est un Sarastro honorable et imposant même si la voix plus expressive du premier prêtre (<strong>Jonathan Winell</strong>) lui fait de l’ombre. <strong>Stephan Rügamer</strong>, très à l’aise dans le registre de Tamino, fait montre d&rsquo;un jeu néanmoins emprunté. La Reine de la nuit d’<strong>Anna Siminska</strong> et la Pamina d’<strong>Anna Prohaska</strong>, techniquement irréprochables, manquent cependant d’ampleur pour prétendre au premier plan. En revanche les trois dames (<strong>Carola Höhn</strong>, <strong>Annika Schlicht</strong> et <strong>Constance Heller</strong>) présentent un ensemble d’une cohérence remarquable et un jeu de la plus haute tenue. <strong>Sonia Grané</strong> (Papagena) et <strong>Michael Smallwood</strong> (Monostatos) sont également très convaincants dans leur rôle, plus anecdotique.</p>
<p>			 </p>
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