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	<title>Raffaele FACCIOLA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Raffaele FACCIOLA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Guillaume Tell</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2015 07:31:28 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment expliquer la résurgence ces dernières années de <em>Guillaume Tell</em> si ce n’est par le nombre croissant de ténors capables d’interpréter le rôle redoutable d’Arnold, quand les décennies précédentes en comptaient rarement plus d’un, voire pas ? De tous les chanteurs suffisamment courageux pour prendre le taureau suisse par les cornes, <strong>Michael Spyres</strong> est aujourd’hui celui dont le chant s’approche vraisemblablement le plus du modèle originel : Adolphe Nourrit – quand à l’autre extrémité de l’échelle, Bryan Hymel peut sans conteste être apparenté à Gilbert Duprez, le fameux inventeur grâce à cet opéra de l’Ut de poitrine. Sans rappeler la rivalité entre les deux chanteurs, il suffit, pour comprendre l’analogie, de savoir que Nourrit accordait autant d’attention au jeu qu’au chant, que sa technique, dite du <em>falsettone</em>, l’autorisait à prendre tous ses aigus en voix de tête sans qu’on soupçonnât la zone de passage et qu’il vocalisait avec aisance. Le portrait tout craché de Michael Spyres dans cet enregistrement réalisé <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/a-coeurs-vaillants">à Bad Wildbad en juillet 2013</a> où l’agilité vocale du ténor américain n’a d’égal que l’investissement scénique, perceptible à travers le poids donné à chaque mot, y compris – et surtout – dans les récitatifs ? Oui, mais avec les limites qu’induit ce style de chant dans un rôle où, Duprez aidant, nos oreilles modernes attendent plus de puissance que d’élégance. De fait, au disque comme sur scène <a href="http://www.forumopera.com/guillaume-tell-bologne-chantez-vous-francais">à Bologne en octobre dernier</a>, ce n’est pas la cabalette vengeresse qui fait la valeur de l’interprétation mais les passages les plus sentimentaux. La poésie de l’ornementation dans le duo avec Mathilde serait sans pareille si <strong>Judith Howarth</strong> s’appliquait à broder les vocalises avec autant de délicatesse que son partenaire. La prononciation confuse de la soprano achève d’altérer la grâce du serment amoureux tandis qu’auparavant, de trop fréquents écarts de justesse troublent la méditation de « sombres forêts ». Au moins, l’air du troisième acte – rendu à son état initial de duo – brûle-t-il d’une noble agitation et, plus tard, « qu’ai-je appris ? » d’une juste colère.</p>
<p>Inhabituellement clair, le timbre d’<strong>Andrew Foster-Williams</strong> bouscule les certitudes en replaçant Guillaume Tell dans son contexte vocal d’origine, à une époque où Verdi n’avait pas encore fait le baryton héroïque. Moins solide que d’autres fois, presque chancelant mais nettement articulé, « Reste immobile » chanté d’une voix livide atteint une vérité troublante. Le chant raffiné Michael Spyres aurait-il d’ailleurs supporté dans le duo du premier acte et le fameux trio patriotique d’être confronté à plus de vaillance ?</p>
<p>Autour des trois protagonistes, l’excellent – le Pêcheur radieux d’<strong>Artavazd Sargsyan</strong>, Walter et Melcthal interprétés l’un et l’autre par le très probe <strong>Nahuel di Pierro</strong> – côtoie le moins bon – <strong>Raffaele Facciolà</strong> en Gessler charbonneux, l’Hedwige massive d’<strong>Alessandra Volpe </strong>–, voire l’insupportable – le Jemmy de <strong>Tara Stafford</strong>, trop aigre pour que l’on puisse vraiment apprécier son air du 3<sup>e</sup> acte « Ah, que ton âme se rassure », exhumé par Michele Mariotti à <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/flop">Pesaro en 2013</a> et qui n’avait, sauf erreur de notre part, jusqu’à présent jamais été enregistré.</p>
<p>C’est là, avec la direction éloquente d’<strong>Antonino Fogliano</strong> à la tête d&rsquo;un choeur et d&rsquo;un orchestre réglés comme du papier à musique helvète, un autre des atouts de cette version de <em>Guillaume Tell</em> : tout y est et davantage, puisqu’on trouve en supplément des pas de deux et de trois coupés par Rossini après la première représentation, ainsi que le final composé en 1831 à partir du célèbre galop de l’ouverture. Si intéressant soit-il d’un point de vue historique, ce dernier numéro ne saurait rivaliser avec le final original que Berlioz – qui, pourtant, avait la dent dure, notamment à l’égard de Rossini – décrivait comme « <em>l’hymne solennel de la liberté suisse s’élevant vers le ciel, imposant et calme, comme la prière de l’homme juste</em> ».</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/HLfM56zTLas?rel=0" width="560"></iframe></p>
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		<title>ROSSINI, Adina — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-fille-cachee-de-rossini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jul 2012 10:00:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Que l’on sache, Rossini n’eut pas d’enfants. Aurait-il aimé avoir une fille ? Il conserva toute sa vie par devers lui le manuscrit original d’Adina, farsa en un acte que lui avait commandé le Sao Carlos de Lisbonne, comme si une tendresse particulière l’attachait à cette partition, la dernière d’un genre qui l’avait rendu célèbre. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Que l’on sache, Rossini n’eut pas d’enfants. Aurait-il aimé avoir une fille ? Il conserva toute sa vie par devers lui le manuscrit original d’<em>Adina,</em> <em>farsa</em> en un acte que lui avait commandé le Sao Carlos de Lisbonne, comme si une tendresse particulière l’attachait à cette partition, la dernière d’un genre qui l’avait rendu célèbre. Peut-être aurait-il déploré la pause pratiquée à Bad Wildbad ; mais de la même manière que jadis les impresarii devaient soutenir leurs finances par le revenu des tables de jeu, le festival a un besoin impérieux des revenus du bar. Pause donc, amenée par un sketch totalement étranger à l’œuvre mais somme toute assez proche de pratiques courantes en 1818. Resté seul en scène, Bruno Pratico, que son rôle dépourvu d’air réduit à une portion incongrue pour un interprète de son calibre, s’avance vers la fosse et demande au chef un extra, qui lui est accordé. Tiré de <em>L’Inganno felice </em>– une autre <em>farsa</em> – l’air de Batone donne l’occasion au baryton-basse chevronné d’une magistrale démonstration de technique vocale en termes de volubile agilité.</p>
<p>			On sait que le livret résume – et a probablement pillé – <em>Il Califo e la schiava </em>de Romani et rappelle assez <em>L’enlèvement au sérail. </em>Il y a trois vrais rôles, celui de l’héroïne, celui du Calife et celui de l’amoureux, et deux utilités, le jardinier en chef Mustafà et Ali, l’esclave fidèle du Calife. La mise en scène d’<strong>Antonio Petris</strong> fait de ce dernier un personnage étrange et ambigu, que son maître semble fasciner et qui mourra quand le calife reconnaîtra sa fille. Cette invention suggère un substrat de non-dits, de passions muettes et mystérieuses qui enrichit les données quelque peu élémentaires du sujet. Elle trouve son prolongement dans les décors, eux aussi signés d’Antonio Petris. A l’extérieur un panorama stylisé de Bagdad à travers le profil de monuments, à l’intérieur parois coulissantes et moucharabieh réinventé qui constituent autant de refuges que de pièges propices à l’espionnage. Dans ce dispositif fonctionnel, gageure compte tenu de l’exigüité de l’espace scénique, les lumières de <strong>Kai Luczak</strong> modifient l’atmosphère selon les affects et valorisent les costumes de <strong>Marco Nateris</strong>, par ailleurs assistant à la mise en scène. La vertueuse Adina et son soupirant Selimo sont sobrement vêtus, le smoking à même la peau d’Ali le dénude autant qu’il l’habille, le calife a une riche gandoura et l’uniforme ocre des gardes devient en un clin d’œil un sévère tchador. La palme de l’extravagance revient évidemment à la tenue de Mustafà, devenu chambellan pour permettre à <strong>Bruno Pratico</strong> de porter les diamants sans lesquels il ne saurait paraître. Avec cette concession au divisme, on est plus que jamais proche des conditions de la création !</p>
<p>			Pour son personnage comique ce chanteur exploite les ressources de sa désormais longue expérience. De près son jeu semble à la fois sommaire et chargé ; mais qu’en est-il de loin ? La chose sûre est que le public ne lui marchande pas une bruyante approbation. Le jeune ténor <strong>Christopher Kaplan</strong> (Ali) semble bien vert et quelques sons nasalisés rappellent Raoul Gimenez dont il est- sauf erreur – l’élève. C’est aussi le cas de <strong>Vassilis Kavayas</strong> (Selimo) dont l’aplomb augmente après la pause et dont les raffinements doivent peut-être à l’enseignement d’Aris Christofellis. Bon musicien aussi <strong>Raffaele Facciolà</strong> (le Calife) qui chante avec sa propre voix, sans la forcer à être plus grosse et plus grave qu’elle n’est. C’est également le cas de <strong>Rosita Fiocco</strong> (Adina), un soprano Colbran dont l’air d’entrée manque un peu d’éclat mais qui se rassure ensuite et exprime exactement l’émouvante et pudique sensibilité du personnage. Le chœur <strong>Camerata Bach</strong>, présent depuis plusieurs années au Festival, a désormais acquis une aisance en italien et une habileté scénique de très bon aloi. Peut-être le chœur d’entrée était-il un rien trop martial ?</p>
<p>			 </p>
<p>			C’est que le directeur musical du festival, <strong>Antonino Fogliani</strong>, s’empare de la partition avec la vitalité qui est la sienne. Il lui imprime une pulsation apparemment si naturelle qu’elle conquiert avant même qu’on le sache. Sans brutalité, sans mollesse, il entraîne l’orchestre dans une dialectique brillante qui fait étinceler la partition chère à Rossini. Une œuvre mineure, cette <em>Adina </em>? Quand la musique est traitée avec ce respect amoureux, cette enfant a tout pour capter notre affection !</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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