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	<title>Franco FAGIOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Franco FAGIOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PORPORA, Polifemo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/porpora-polifemo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 03:55:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1735, la concurrence fait rage entre deux théâtres londoniens : réfugié au Covent Garden, Haendel vient de donner Ariodante et compose Alcina. Son rival, Porpora, grâce aux subsides de l’Opéra de la noblesse, s’est emparé du plus vaste (mais plus vétuste) Haymarket. Il a aussi arraché au Saxon la presque totalité de ses chanteurs, peut-être &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">En 1735, la concurrence fait rage entre deux théâtres londoniens : réfugié au Covent Garden, Haendel vient de donner </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Ariodante</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> et compose </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Alcina</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">. Son rival, Porpora, grâce aux subsides de l’Opéra de la noblesse, s’est emparé du plus vaste (mais plus vétuste) Haymarket. Il a aussi arraché au Saxon la presque totalité de ses chanteurs, peut-être découragés par les exigences de leur mentor. Pour </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Polifemo</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, créé le 1° février, Porpora disposera ainsi de l’une des plus légendaires (et dispendieuses) distributions du XVIIIe siècle : les créateurs de </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Giulio Cesare</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, Senesino et Cuzzoni, interpréteront Ulysse et Galatée, ceux de Zoroastro et de Medoro (dans </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Orlando</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">), Montagnana et Bertolli, endosseront les costumes du géant Polyphème et de la nymphe Calypso. Quant au rôle principal, celui du tendre Acis, il échoit à l’ineffable Farinelli, tout juste trentenaire. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">Sur un médiocre livret de Paolo Rolli, Porpora tisse une partition complexe, aussi exigeante pour les voix que pour l’orchestre, riche non seulement de morceaux de bravoure mais également de pastorales finement instrumentées, et de puissants récits accompagnés qui en transcendent la matière dramatique. Si l’ouvrage était célèbre au moins depuis que Gérard Corbiau, dans son film </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Farinelli</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> (1994), en avait popularisé l’inusable « </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Alto Giove</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> » (qui, des années durant, berça la neurasthénie de Philippe V d’Espagne) et que Cecilia Bartoli en promenait les </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>must</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, ce n’est qu’en 2023 qu’on le découvrit intégralement, sous la baguette inspirée de George Petrou, à la tête d’une fine équipe (Parnassus).</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">La présente version ne joue pas dans la même catégorie. Captée au cours de deux représentations à l’Opéra de Versailles, elle pâtit des scories du direct autant qu’elle en bénéficie : on sent à tout instant l’enthousiasme d’un public avec lequel l’audiophile ne sera pas toujours d’accord. Ainsi, on apprécie la théâtralité de la direction, qui, notamment à l’Acte III  (de loin le meilleur de l’œuvre), fouette les récitatifs et confère une grande expressivité aux </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><i>sinfonie</i></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> descriptives. Mais, en affinant l’attention, on se rend compte que les cordes de Versailles n’égalent ni en précision ni en densité celles d’Armonia atenea, alors que les bois, rompus au répertoire français et très sollicités par le contexte bucolique, affichent une délectable rondeur. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">Surtout, l’écoute « en chambre » rend moins indulgent à l’égard des coupures : si on se console de celles affectant les chœurs et le rôle sans grand intérêt de Nerea, on regrette celles de nombreux da capo, tant elles perturbent l’équilibre des airs au profit d’interminables cadences, d’un goût douteux. En laissant trop souvent la bride sur le cou de ses stars, </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Stefan Plewniak</b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> ne leur rend pas toujours service&#8230;</span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">Ainsi </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Julia Lezhneva</b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, impériale et virtuose lorsqu’elle se contente de chanter les notes (à une vitesse prodigieuse dans les allegros), se montre-t-elle insupportable lorsqu’elle choisit de minauder, multipliant alors portamentos et notes pleurées : à ce titre, on comparera ses deux airs du premier acte (l’un pénible, le second impeccable) ou, mieux, le récitatif, d’un superbe pathos, qui précède « Smanie d’affano » et cette même sicilienne entachée de miaulements. C’est peut-être à l’instigation de </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Franco Fagioli</b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, qui contrairement à Lezhneva, n’avait pas participé à l’enregistrement de Petrou, que nous devons cette seconde version &#8211; hélas, trop tardive, semble-t-il. Le sopraniste court ici après un médium terni qu’il croit dissimuler derrière une émission appuyée, terriblement nerveuse, frôlant parfois le bêlement lorsqu’il imite Bartoli (« Nell’attendere il mio ben »). Il ne relâche cette tension que dans l’air final où, marchant cette fois dans les pas de Horne (et de ses ruptures décomplexées de registres), il déploie tout son panache, ses aigus puissants, sa longueur de souffle. Constat similaire pour </span></span><span style="font-family: Arial, serif;"><span style="font-size: small;"><b>Éléonore Pancrazi </b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">qui, corsetée lors de ses premières interventions, fait enfin confiance à sa belle voix dans « Il gioir qualor » (bizarrement attribué à Ulysse par la plaquette). En Ulysse, justement, </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Paul-Antoine Bénos-Djian</b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"> n’affiche pas la pugnacité de Max Emanuel Cencic mais, dans les airs lents, il se montre autrement sensuel (merveilleux « Fa’ ch’io provi », dont la reprise est malheureusement coupée). Quant à </span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>José Coca Loza</b></span></span><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">, s’il ne possède pas les graves menaçants de Pavel Kudinov, son cyclope moins ogresque, presque tendre, vulnérable, n’en est que plus touchant. </span></span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: Calibri, serif;"><span style="font-size: medium;">En définitive, cette nouvelle intégrale n’enthousiasmera que ceux qui ont assisté au spectacle ; les autres s’en tiendront à la précédente. </span></span></p>
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		<title>HAENDEL, Ariodante – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Heureux Ariodante ! Après une magnifique série de représentations au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de Nicolas Briançon transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Heureux </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> ! Après une magnifique série de </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-3/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">représentations</span></a><span style="font-weight: 400;"> au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de </span><b>Nicolas Briançon</b><span style="font-weight: 400;"> transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé par les passions des personnages. Les décors d’</span><b>Antoine Fontaine</b><span style="font-weight: 400;"> déploient un cadre large et profond où se succèdent palais modulable, jardin, forêt sombre et ruines baignées de clair de lune. De superbes toiles peintes, parfaitement adaptées à l’écrin de l’Opéra Royal, composent un univers mouvant d’une scène à l’autre et capable d’évoluer au sein même d’une aria – ainsi ces bosquets qui traduisent la joie de Ginevra et d’Ariodante au premier acte. L’ensemble passe avec naturel de l’introspection des airs aux séquences dramatiques, comme le spectaculaire duel entre Polinesso et Lurcanio. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La gestuelle mêle vocabulaire baroque et expression plus contemporaine pour accompagner les affects des scènes. Les costumes réalisés par <b>David Belugou</b> ajoutent à la superbe esthétique de l&rsquo;ensemble tout comme les passages chorégraphiés de <strong>Pierre-François Dollé,</strong> qui rythment l’action par une succession de tableaux où les danseurs deviennent tour à tour protagonistes de l&rsquo;action. </span><span style="font-weight: 400;">Dans une esthétique très différente de celle du Palais Garnier, cet </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> montre combien une mise en scène peut toucher un large public sans renoncer à l’exigence, lorsqu’elle choisit d’accompagner la musique plutôt que de lui imposer un concept plaqué sous prétexte d’audace.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré des vocalises parfois hachées (« Con l’ali di costanza ») et un grave qui parfois se dérobe, </span><b>Franco Fagioli </b><span style="font-weight: 400;">maîtrise jusqu’au bout des ongles le bel canto handélien et porte le personnage d’Ariodante dans le corps et dans le sang. Certaines outrances peuvent surprendre, mais quel chanteur est-il capable de livrer un « Scherza infida » d’une telle intensité, mené à coups de </span><i><span style="font-weight: 400;">messa di voce</span></i><span style="font-weight: 400;"> et de variations de tessitures comme autant de coups de poing ? Cette générosité vocale finit par imposer une admiration réelle pour un interprète qui risque tout. Dans « Dopo notte », jouant ouvertement avec le public, il retrouve ce mélange de liberté, d’audace et de virtuosité qui électrise une soirée. Et il laisse alors entrevoir ce que le castrat Carestini aurait pu susciter chez les spectateurs londoniens à la création. Nul ne le saura jamais, mais l’illusion fonctionne pleinement. N’est-ce pas, après tout, l’un des principes mêmes de l’opéra seria ?</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariodante-Opera-Royal-de-Versailles-Decembre-25-Credit-Edouard-Brane-39-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204783"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Edouard Brane</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">Dans le rôle de Ginevra, créé par Anna Maria Strada – la première Alcina –, </span><b>Catherine Trottmann</b><span style="font-weight: 400;"> semble d’abord un peu manquer d&rsquo;assise dans les airs du premier acte sollicitant le grave, notamment « Volate, amori ». Mais, se jetant elle aussi corps et âme dans son personnage, la soprano bouleverse dans un deuxième acte magnifiquement construit et offre, au troisième, un « Manca, oh Dei » d’une grande tenue : beauté des aigus, legato soutenu et fragilité assumée. <strong>Théo Imart</strong>, au lendemain d’un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/" target="_blank" rel="noopener">marathon Vivaldi</a> au Salon d’Hercule, incarne un Polinesso pleinement habité vocalement, avec une voix homogène sur toute sa tessiture.</span><span style="font-weight: 400;"> Son interprétation, moins strictement machiavélique qu’à l’ordinaire, confère au personnage une fragilité inattendue. Rayonnante Dalinda, </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span style="font-weight: 400;"> séduit par son piquant, ses aigus lancés comme des flèches et une diction vive qui fait merveille. La virtuosité, jamais prise en défaut, touche toutefois quelques limites dans son « Neghittosi, or voi che fate? » au troisième acte. Une fois de plus, </span><b>Laurence Kilsby </b><span style="font-weight: 400;">enchante en Lurcanio, qu’il illumine d’une tendresse et d’une mélancolie constantes. Les vocalises redoutables de « Il tuo sangue » ne lui échappent jamais, et les da capo virevoltants sont menés avec une aisance qui force l’admiration. Dans le rôle du Re di Scozia, </span><b>Nicolas Brooymans</b><span style="font-weight: 400;"> impose enfin une présence naturelle, mêlant autorité, puissance vocale jusque dans l&rsquo;extrême grave.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’œuvre était ce soir légèrement écourtée : quelques da capo ont été supprimés, tout comme les lignes du récitatif accompagné de Ginevra qui ferme le deuxième acte. Cela n’enlève rien à la qualité de l’exécution musicale, qui n&rsquo;appelle au contraire que des éloges. Dès une ouverture menée avec puissance, la direction de </span><b>Stefan Plewniak</b><span style="font-weight: 400;">, à la fois inventive et attentive aux chanteurs, imprime un rythme soutenu sans jamais sacrifier l’émotion. Alerte et magnifiquement coloré par deux traversos dans les moments tendres, l’</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> s’impose comme l’un des nombreux atouts de cette remarquable représentation.</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">HAENDEL, Ariodante – Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récital Franco Fagioli – Paris (Théâtre des Champs-Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-franco-fagioli-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public d&rsquo;Île-de-France a de la chance avec <strong>Franco Fagioli</strong> : depuis 2006 (<em>Tolomeo</em> au TCE), on a pu l&rsquo;entendre régulièrement à Paris, Versailles ou encore Poissy dans des opéras, le plus souvent en version concert, et dans nombre de récitals (une dizaine environ rien que ces dix dernières années). Ses apparitions accompagnées au piano font toutefois figure d’exception : pour nous, c’était en tout cas une première, et probablement aussi pour le chanteur. Comme on le sait, cet exercice est nettement plus ardu que celui d’un concert soliste avec accompagnement d’orchestre. La voix est pour ainsi dire mise à nu : le legato doit être impeccablement soutenu, les faiblesses éventuelles ou la méforme ne peuvent être dissimulées, etc. Par ailleurs, il n’y a pas de pièces orchestrales pour se reposer entre les différents morceaux. Enfin, dans la pratique, si l’artiste peut donner un peu moins de voix car il n’a pas a lutter contre la puissance d’un orchestre, il doit aussi chanter plus longtemps (ici, deux parties d’environ 47 et 50 minutes bis compris). Après plus de 20 ans de carrière internationale, ce format était donc un nouveau défi pour le chanteur. Pour ce concert, le contre-ténor argentin, a choisi un programme balayant trois siècles de musique, voire quatre en comptant les bis, démontrant une fois de plus son insatiable curiosité musicale et son intelligence à servir des répertoires différents et sans cesse renouvelés. </p>
<div>
<p>Le récital s’ouvre en douceur avec le <em>Seicento</em> italien et Francesco Cavalli. Le chanteur offre une voix charnue et sensuelle dans le « Delizie contente, che l’alma beate », extrait de <em>Giasone</em>, dans une interprétation d&rsquo;une douce poésie (créé par un ténor, le rôle est ordinairement chanté par des contraltos masculin ou féminin). Changement d’ambiance avec Alessandro Scarlatti et l’air brillant « Già il sole del Gange » extrait de l&rsquo;improbable <em>L’honestà negli amori. </em>De cet opéra, la postérité n&rsquo;a retenu que cet extrait, l&rsquo;air très secondaire d&rsquo;un page qui regarde se lever le soleil. Pour l&rsquo;anecdote, la distribution de la création est restée inconnue à ce jour : on ne sait donc même pas si ce page était un soprano féminin ou un castrat soprano. On retrouve ici le Franco Fagioli virtuose, mais avec aussi un bas médium un peu sec où la voix semble parfois accrocher, et des reprises de souffle un peu bruyantes. L&rsquo;aria « Intorno all’idol mio », tiré de l&rsquo;<em>Orontea </em>d&rsquo;Antonio Cesti (chanté à la création par un soprano féminin), suivi de la mélodie d&rsquo;Antonio Lotti « Pur dicesti, o bocca bella » combinent toutes deux des exigences dramatiques et belcantistes. L&rsquo;interprétation est là encore d&rsquo;une émotion contenue tandis que les nombreux trilles sont parfaitement battus, exercice dans lequel le chanteur excelle décidément comme personne. Fagioli sait également alléger son émission, par exemple pour exprimer la douceur d&rsquo;un baiser dans l&rsquo;ariette de Lotti. Premier morceau de bravoure de la premier partie, « Venti, turbini », extrait du <em>Rinaldo</em> de Haendel, créé par le castrat Nicolini, est pris à un tempo rapide rendant encore plus spectaculaire encore l&rsquo;agilité du contre-ténor, avec notamment une vocalise jusqu&rsquo;au si naturel (à vue de nez). Toutefois, la voix n&rsquo;est là encore pas toujours exempte de raucités dans le médium. Le magnifique « Sposa, non mi conosci », extrait de la <em>Merope</em> de Geminiano Giacomelli et écrit pour la castrat Farinelli, est interprété avec une émotion à fleur de peau. Le chanteur y fait preuve d&rsquo;une belle longueur de souffle, d&rsquo;un legato exceptionnel et de belles variations de couleurs. Après le XVIIe siècle, nous passons au classicisme mozartien avec <em>La Clemenza di Tito</em> et à un autre morceau de bravoure pour clore la première partie, « Parto, parto ». Le rôle de Sesto est aujourd&rsquo;hui chanté par des mezzo sopranos féminins, mais il fut créé par le castrat Domenico Bedini : en attendant une évolution sociétale peu probable, un contre-ténor y est donc tout aussi légitime aujourd’hui qu’un mezzo traditionnel. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-seria-pris-au-serieux/">Fagioli connait bien l&rsquo;œuvre pour l&rsquo;avoir déjà chantée intégralement</a>. Il y offre une nouvelle fois une composition remarquable, tour à tour tragique dans la déclamation et agile dans l’émission : une virtuosité sans faille qui n’est jamais gratuite ou prosaïquement hédoniste, mais toujours au service de la construction dramatique du personnage et de la représentation de la complexité de ses sentiments.</p>
</div>
<p>La seconde partie est consacrée au répertoire du XIXe siècle. Fagioli chante avec finesse des mélodies de Bellini puis Donizetti : quoique charmante, l’interprétation de telles pages par un contre-ténor reste toutefois un brin exotique comparée au naturel d’une voix traditionnelle italienne. Extrait de <em>La Donna del Lago</em> de Gioachino Rossini, « Mura felici » est le premier morceau de résistance de la seconde partie. Rappelons que le rôle de Malcom fut écrit pour mezzo-soprano et non pour contre-ténor. Franco Fagioli y est certes nettement plus en voix que lors de son récent Arsace de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/"><em>Semiramide</em></a> (un autre rôle de mezzo), mais, même impeccable de virtuosité et frémissant d&rsquo;une émotion tout en finesse, le chanteur pâtit nécessairement de la comparaison avec les grandes références du passé, aux voix plus larges et avec davantage de rondeur dans le médium (Marilyn Horne, pour ne pas la citer). Reconnaissons toutefois que son puissant double si naturel conclusif est d&rsquo;une audace confondante ! Concluant le récital, l’extrait de l&rsquo;<em>Andronico</em> de Saverio Mercadante, écrit pour le castrat Giovanni Battista Velluti, est totalement convaincant et enthousiasmant, la scène étant conclue cette fois par un spectaculaire contre-ut.</p>
<p>Michele D’Elia offre un accompagnement presque fusionnel avec le chanteur. Deux pièces solistes nous permettent de mieux gouter son talent : la sonate K347 de Domenico Scarlatti, tour à tour vive et poétique, et la réjouissante (pour peu que l’on connaisse bien l’œuvre de Gioachino Rossini) « Marche et réminiscences pour mon dernier voyage » extraite de ses <em>Péchés de vieillesse pour piano</em> : une sorte de <em>Tableaux d&rsquo;une exposition</em> dans laquelle le compositeur s’autocite en passant en revue quelques unes de ses mélodies les plus célèbres, tout en les détournant avec son ironie habituelle.</p>
<p>Deux bis viennent un peu faiblement compléter le programme. Beaucoup découvriront le compositeur argentin Carlos Guastavino au travers de sa mélodie « La rosa y el sauce » : la musique en est agréable mais une introduction exposant le thème du poème n’aurait pas été superflue pour l’apprécier davantage (1). Venant clore la soirée, le tube « Non ti scordar di me » n’apportera pas grand chose à la gloire du chanteur, d’autant qu’il n’est pas ici porteur d’un double sens comme lorsqu’il est interprété <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JK1FmkaApko">par des chanteurs en fin de carrière</a> : la mélodie d’Ernesto de Curtis sera toujours mieux défendu par des voix au timbre plus corsée, des chanteurs qui ne reculent pas devant un surcroit de sentimentalisme, tandis que l’art de Fagioli est d’abord fait de virtuosité, de délicatesse et d’élégance, comme il nous l&rsquo;aura une fois de plus prouvé à l&rsquo;occasion de ce récital.</p>
<p>On signalera, pour le regretter, un horaire inhabituel, à rebours des habitudes du public parisien.</p>
<pre><span style="color: #080809; font-family: inherit;">1. On se plaint que le grand public fuit désormais les récitals avec piano, sauf stars à l’affiche. Force est de constater que l'on ne fait pas grand chose pour l’aider à revenir. Autrefois, les <em>Lundis de l’Athénée</em> permettait de suivre les concerts, salle partiellement éclairée, avec une feuillet imprimé dont les spectateurs tournaient bruyamment les pages. C</span><span style="color: #080809; font-family: system-ui, -apple-system, BlinkMacSystemFont, .SFNSText-Regular, sans-serif;">’</span><span style="color: #080809; font-family: inherit;">était un moindre mal et un surtitrage systématique serait aujourd'hui plus efficace : on ne peut raisonnablement attendre du public qu’il connaisse toutes les mélodies de la terre ou qu’il comprenne toutes les langues, à supposer d’ailleurs que le chanteur soit constamment intelligible !</span></pre>
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		<title>Concert Julia Lezhneva et Franco Fagioli &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/duetti-e-arie-concert-julia-lezhneva-et-franco-fagioli-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2025 05:32:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pas moins de neuf concerts, outre la production de Pompeo Magno, sont au programme de cette cinquième édition du Festival d’opéra baroque de Bayreuth. Le 10 septembre, le théâtre des Margraves, toujours aussi beau dans ses harmonies de turquoise et d’or, accueillait Julia Lezhneva et Franco Fagioli, accompagnés par l’Orchestre de l’opéra royal de Versailles, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pas moins de neuf concerts, outre la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-pompeo-magno-bayreuth/">production de <em>Pompeo Magno</em></a>, sont au programme de cette cinquième édition du Festival d’opéra baroque de Bayreuth. Le 10 septembre, le théâtre des Margraves, toujours aussi beau dans ses harmonies de turquoise et d’or, accueillait <strong>Julia Lezhneva </strong>et <strong>Franco Fagioli</strong>, accompagnés par l’Orchestre de l’opéra royal de Versailles, placé sous la direction vibrionnante de <strong>Stefan Plewniak. </strong>Le public était au rendez-vous pour ces deux chanteurs qui ont déjà fait les beaux soirs du festival. Etaient-ils émus à la pensée de se confronter à eux-mêmes, comme pourrait l’être un athlète revenant sur les lieux qui l’ont vu naguère triompher ? Et les auditeurs, prêts à accepter que ce concert déçoive leurs attentes ?</p>
<p>Après l’entrée théâtrale de l’orchestre sur une marche empreinte de l’empois Grand Siècle, les musiciens donnent l’ouverture du <em>Polifemo </em>de Porpora, représenté à Versailles en 2024. C’est l’expressionnisme du chef qui retient l’attention, plus que le caractère qu’il imprime à la musique. Puis entre Franco Fagioli, pour le récitatif « Oh volesser gli Dei » et l’air « Dolci, fresche aurette », et on se prend à penser au temps qui passe, à une méforme, à un échauffement insuffisant, parce que la rapidité de l’émission semble moins fluide, alors que la <em>messa di voce </em>initiale a été impeccable et que l’ impact expressif, lorsque la voix sonne à nu, est toujours aussi précis. Julia Lezhneva, dans « Aci, amato bene » et « Smanie d’ affanno, ah, perché mai » plante d’emblée ses banderilles : la maîtrise de l’émission, dans le contrôle de l’intensité sonore, comme la perfection du trille et le pathétique du lamento ont fait de nous des proies qui s’abandonnent à cette ravisseuse au visage angélique. L’air d’ Aci «  Nel attendere mio bene » semble confirmer que la vélocité de l’émission de Franco Fagioli n’est pas, ce soir, aussi stupéfiante qu’on a pu la connaître, mais il monte toujours aisément dans l’aigu et trille brillamment lui aussi. Julia Lezhneva revient pour le récitatif « Se del primo amor mio » et l’air « Ascoltar, no, non ti voglio » ; la douceur plaintive a laissé place à une fermeté qui débouche sur un tourbillon vocal  dont l’ardeur semble rivaliser avec celui de l’orchestre. Sur sa lancée, les musiciens interprètent le concerto en ré majeur de Corelli ; l’exécution est impeccable de virtuosité, en dépit du train d’enfer que lui imprime un Stefan Plewniak survolté, et le public applaudit vigoureusement la performance. Vient ensuite le premier duo, toujours du <em>Polifemo </em>de Porpora, « Qual mai più dolce stato » et « Tacito movi e tardo », où se succèdent les vagues de <em>gorgheggi</em>, de trilles, de <em>volate</em>, avec encore la magie du moment où, l’accompagnement suspendu, les voix nues décrivent leurs courbes, se suspendent, et se réunissent pour mourir ensemble.</p>
<p>La seconde partie du concert débute par l’ouverture du <em>Rinaldo </em>de Haendel aussi enlevée que souhaitable.  Franco Fagioli entame alors un de ses chevaux de bataille, le récitatif « E vivo ancora » et l’air « Scherza infida ». Et l’expressivité nous semble manquer de noblesse, exprimer moins la douleur que le ressentiment, jusqu’à la première reprise, et alors nous allons percevoir la justesse, la pertinence de cette interprétation, qui d’une reprise à l’autre, nuance, colore, affine, approfondit, avec une sobriété où le trille splendide n’est que l’exhalaison qui rend encore plus déchirante cette expression dépouillée de la douleur. Le changement de climat est vif, avec l’air d’ Agrippina du <em>Britannico </em>de Graun, compositeur dont elle a enregistré un choix d’extraits, que Julia Lezhneva met régulièrement à ses concerts. C’est un festival de roulades, sauts, volutes, fusées, sans autre fin qu’elles-mêmes, on pourrait dire que c’est l’exploit d’un gosier s’il n’y avait, pour permettre cette orfèvrerie de précision, la conquête d’une technique et la vigilance mentale dont le visage lisse de la chanteuse ne laisse rien paraître, comme si tout cela était sinon naturel du moins facile. Le comble de l’art ! De retour, Franco Fagioli semble à présent libéré et sa voix couler de source, comme celle de sa partenaire, pour le récitatif « Principe in queste soglie » et l’air « Dimmi che m’ami o cara » de <em>Carlo Il Calvo</em>, l’opéra de Porpora recréé sur la même scène en 2020. L’un et l’autre font assaut de notes tremblées, dans un flux qui enivre, et le final a cappella augmente encore le ravissement. La page orchestrale qui suit, signée Henry Purcell, expose la virtuosité des cordes de l’orchestre, exaltée par les reprises et les accélérations, et saluée très chaleureusement par l’auditoire. Retour au <em>Polifemo </em>pour Franco Fagioli, avec l’air « <em>Senti il fato » </em>qui réclame de l’interprète un registre très étendu ; si la vélocité n’est pas éblouissante en revanche les vocalises sont bien liées et les sauts d’octave assortis de plongées dans le grave et d’élans impavides vers l’aigu sont aussi spectaculaires qu’on les espère, déclenchant les ovations. Contrastant avec cette véhémence – à cet égard l’alternance des climats est remarquablement définie – voici l’air de Piacere dans <em>Il trionfo del Tempo e del Disinganno</em>, « Lascia la spina » où l’art de Julia Lezhneva va littéralement nous faire planer. L’air commence par deux injonctions, laisse, cueille, mais alors que la première est énoncée nettement quoique sans aucune brutalité la deuxième, aussi claire, est comme susurrée, et la douceur veloutée de l’émission est une telle caresse qu’on ne songe pas à un instant à y résister. Oui, cette voix est celle du plaisir : c’est un piège parfait car son effet est immédiat. On est aussitôt captif et  on ne souhaite rien que le rester, suspendu aux sons soyeux, à la dentelle des trilles, à l’expansion du souffle, à ce charme si puissant qui a fait des auditeurs les hochets de cette sirène. Après une telle extase, autant l’avouer, nous sommes resté extérieur au récitatif et au duo « Adorato mio sposo » – « Scherzano sul tuo volto » d’ Almirena et de Rinaldo dans l’opéra de ce nom, pour admirablement rendus qu’ils aient été. Est-il nécessaire de dire l’enthousiasme et la ferveur de l’auditoire, enfin libérés ?</p>
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		<title>ROSSINI, Semiramide &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’atmosphère était fébrile et enthousiaste ce mardi 17 juin 2025 au Théâtre des Champs-Élysées où était donnée Semiramide en version de concert, après une semaine de représentations mises en scène à l’Opéra de Rouen. L’attrait de la soirée consistait évidemment en la présence conjointe de Karine Deshayes et Franco Fagioli, tous deux respectivement titulaires des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’atmosphère était fébrile et enthousiaste ce mardi 17 juin 2025 au Théâtre des Champs-Élysées où était donnée <em>Semiramide</em> en version de concert, après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/">une semaine de représentations mises en scène à l’Opéra de Rouen</a>. L’attrait de la soirée consistait évidemment en la présence conjointe de Karine Deshayes et Franco Fagioli, tous deux respectivement titulaires des rôles de Semiramide et d’Arsace depuis la production de Nicola Raab de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/semiramide-nancy-franco-fagioli-face-a-un-impossible-defi/">2017</a>&#8211;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/semiramide-saint-etienne-une-sophistication-discutable/">2018</a> mais qui ne les avaient, jusqu’à la semaine dernière à Rouen, jamais interprétés face à face. Probablement l’<em>opera seria</em> le plus joué de Rossini, sa rareté dans les théâtres parisiens – la dernière programmation parisienne de l’œuvre remonte à 2014 – rendait également l’impatience du public légitime.</p>
<p>Commençons alors par évacuer le grand regret de cette soirée. Les subtilités et la grâce ineffable de ce <em>magnus opus</em> rossinien échappent à peu près complètement à un <strong>Orchestre Normandie Rouen</strong> lourd et peu inspiré, dont les cuivres, quand ils ne commettent pas quelques couacs, semblent persuadés que Rossini veut dire fanfare municipale. <strong>Valentina Peleggi</strong> a pourtant la qualité indéniable d’être fort attentive aux chanteurs, et elle parvient à ménager quelques beaux moments d’émotion dans les airs et duos les plus intimistes. Mais elle ne semble pas envisager de conduire les ensembles, fabuleux pourtant dans <em>Semiramide</em>, autrement que vers « l’éternel et puéril crescendo » que Berlioz associait à Rossini avec une mauvaise foi qu’il avouait lui-même et dont la Rossini Renaissance a, ses quarante dernières années, démontré le caractère caricatural et inapproprié. Côté orchestral, le rendez-vous est donc tout à fait manqué.</p>
<p>Côté voix, heureusement, la situation est bien différente. Parmi des rôles secondaires dont pas un ne démérite, l’Oroe de <strong>Grigory Shkarupa</strong> se fait remarquer par une voix de stentor, impeccable d’autorité dans ce rôle de grand prêtre vengeur. On signalera tout de même les désavantages d’une si large voix : les deux premiers ensembles de l’acte I, le trio Idreno/Oroe/Assur et le « Di tanti regi, e popoli », sont complètement déséquilibrés par Shkarupa et Giorgio Manoshvili, sur lequel nous reviendrons dans un instant, qui à eux deux couvrent le reste de la distribution, poussés en cela par un orchestre fortissimo hors de propos. Qu’un tel problème d’acoustique n’ait pas été réglé en plus d’une semaine de représentations et pendant les répétitions dit tout de l’amour immodéré du gros son qui semble avoir présidé à l’élaboration de cette production. Passons. L’Idreno d’<strong>Alasdair Kent </strong>ne peut, lui, se voir faire de semblables reproches. C’est en effet une voix assez fine, un peu fluette qu’il prête à l’amoureux transi et assez ridicule de la princesse Azema. Après un début marqué par un trac palpable, il offre une interprétation un peu effacée mais somme toute fort honnête, culminant en un « La speranza più soave » à la ligne élégante quoique aux suraigus extrapolés un peu trop nombreux. Passé par l’Accademia Rossiniana de Pesaro, <strong>Giorgi Manoshvili</strong> met au service du violent Assur une voix de basse au timbre somptueux, homogène sur toute la tessiture, une vraie connaissance de la grammaire rossinienne et une présence scénique remarquable. Marmoréen, il sait trouver des accents plus humains et touchants dans le legato plaintif de « Deh ti ferma&#8230; ti placa&#8230; perdona », troublante scène de folie passagère à l’acte II.</p>
<p><figure id="attachment_192709" aria-describedby="caption-attachment-192709" style="width: 638px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-192709 size-full" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/deshayes-fagioli-semiramide-2025.jpg" alt="" width="638" height="478" /><figcaption id="caption-attachment-192709" class="wp-caption-text">Karine Deshayes (Semiramide) et Franco Fagioli (Arsace) à l&rsquo;Opéra de Rouen Normandie le 5 juin 2025 © Caroline Doutre.</figcaption></figure></p>
<p>Dans le duo de tête, <strong>Franco Fagioli</strong> et Karine Deshayes sont à la hauteur de toutes les attentes placées en eux. Le choix d’un contre-ténor pour un rôle de contralto rossinien est toujours discutable et, sur un pur plan d’histoire de l’interprétation, difficilement défendable. Mais quand c’est un artiste du calibre de Fagioli, il est difficile de bouder son plaisir et de camper sur des positions puristes. La personnalité irrésistible de l’artiste, l’agilité dans la vocalise, l’extension de la voix depuis un aigu toujours aussi ébouriffant jusqu’à un grave poitriné qui prend parfois des allures de Marilyn Horne, au prix certes d’une grande hétérogénéité des registres, ces qualités balaient tout sur leur passage. Ajoutons-y le sens de la ligne de Fagioli, la manière dont il déroule avec une sensibilité désarmante la plainte « In sì barbara sciagura » au deuxième acte, culminant en quelques aigus pianissimo, tenus dans le silence d’une salle captivée, et l’on ne peut que s’incliner devant cet Arsace. Face à lui, <strong>Karine Deshayes</strong> est une Semiramide de haute volée. Le timbre mordoré et chaud brille d’un bel éclat, les récitatifs sont autoritaires, la vocalise crâne et assurée, l’aigu facile. L’actrice est consommée et campe une souveraine altière, dont elle laisse entrevoir les failles dans la terreur touchante de son duo avec Assur, puis dans le superbe « Giorno d’orrore ». Forte d’une belle complicité avec Fagioli, elle est particulièrement remarquable dans leurs deux duos, deux moments de pure beauté vocale.</p>
<p>Malgré un écrin orchestral clairement en-deçà de ce qu’elles méritent, cette belle distribution, et surtout Fagioli et Deshayes, parvient donc à faire de cette représentation une grande soirée de chant, sinon une grande soirée pour Rossini.</p>
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		<title>ROSSINI, Semiramide &#8211; Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-rouen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jun 2025 04:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est selon certains le soleil couchant du belcanto, l&#8217;ultime témoignage d’un genre sous influence des castrats porté à son apogée au XVIIIe siècle, le point final d’une école de chant fondée sur la virtuosité, la ligne mélodique souveraine et la rigueur formelle :&#160;Semiramide –&#160;le dernier opéra italien de Rossini à Rouen jusqu’au 14 juin, puis &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est selon certains le soleil couchant du belcanto, l&rsquo;ultime témoignage d’un genre sous influence des castrats porté à son apogée au XVIIIe siècle, le point final d’une école de chant fondée sur la virtuosité, la ligne mélodique souveraine et la rigueur formelle :&nbsp;<em>Semiramide –</em>&nbsp;le dernier opéra italien de Rossini à Rouen jusqu’au 14 juin, puis en version de concert le 17 juin au Théâtre des Champs-Élysées. Cette splendeur crépusculaire porte en elle les signes d’un monde en déclin que la mise en scène de&nbsp;<strong>Pierre-Emmanuel Rousseau</strong>&nbsp;choisit d’illustrer à travers deux sources d’inspiration cinématographiques :&nbsp;<em>Les Prédateurs</em>&nbsp;de Tony Scott et&nbsp;<em>Eyes Wide Shut&nbsp;</em>de Stanley Kubrick. Ces deux films imprègnent l’image d’une Assyrie dominée par une reine sanguinaire, où les sacrifices humains s’ajoutent à de – sages – dépravations : tabac et cocaïne exclusivement, mais consommés sans modération. Une danseuse en maillot de bain, violentée puis égorgée, et une ombre de Nino musculeuse et sanguinolente, sont les seules licences que s’autorise une approche toujours décente en dépit de ses références sulfureuses. Certes, on meurt plus que ne le veut le livret – enjeu de pouvoir négligée par la partition, la princesse Azema prend sa revanche en poignardant Idreno puis Arsace, après que ce dernier a tué Semiramide et Assur, ce qui porte à quatre le nombre de victimes d’un opéra censé n’en compter qu’une. L&rsquo;intrigue est sinon respectée. Costumes, perruques – à la blondeur deneuvienne pour Semiramide –, abondance de décors et absence de lumières engendrent une atmosphère oppressante, à défaut de drame.</p>
<p>Le théâtre existe pourtant mais à travers le chant, tel que l’exigent les conventions du genre. Qui mieux que&nbsp;<strong>Karine Deshayes&nbsp;</strong>aujourd’hui en France pour en faire la démonstration&nbsp;? Rossini jalonne sa carrière. Semiramide appartient à son répertoire depuis <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/semiramide-saint-etienne-une-sophistication-discutable/">2018 à Saint-Etienne</a>. Sa connaissance de la grammaire belcantiste est telle qu’elle peut passer outre les difficultés de l’écriture pour placer sa technique au service de l’expression. « Bel raggio lunsighier » évidemment radieux, dardé de traits acérés – en dépit d’une mise en scène lui refusant alors le piédestal accordé par la partition – et, autre exemple moins attendu, le récit introductif du finale du premier acte où la déclamation se diapre de multiples intentions. Tout le théâtre rossinien est dans ces quelques mesures. Quintessence du belcanto, les duos avec Arsace, le deuxième plus particulièrement, suspendent la respiration du drame pour se faire purs instants de délice musical. La fusion des timbres est optimale, Karine Deshayes tissant de fils d’or le velours baroque de&nbsp;<strong>Franco Fagioli</strong>&nbsp;– baroque au sens premier du terme : étrange, bizarre, extravagant. Peu de contre-ténors – pour ne pas dire aucun ? –&nbsp;peuvent assumer le rôle d’Arsace, voulu par Rossini comme une évocation des castrats mais destiné à une voix féminine, avec ce que cela implique d’homogénéité, de souplesse, de rondeur. Autant de composantes que Franco Fagioli compense par un chant précis mais accidenté, où les ruptures entre les registres donnent l’impression d’un chanteur doté de plusieurs voix, où les vocalises sont heurtées, où la laideur de certains sons vient en renfort de la caractérisation, où la grâce aussi peut affleurer – la deuxième aria d’Arsace tiraillée entre remords et vengeance.&nbsp;Un lecteur averti en valant deux, ce parti pris peut déconcerter, déranger, voire déplaire.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Semiramide1-3-1294x600.jpg">© Caroline Doutre</pre>
<p>Nulle mise en garde n&rsquo;est nécessaire en revanche pour appréhender l’interprétation d’Assur par&nbsp;<strong>Giorgi Manoshvili</strong>. Depuis <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-tancredi-rouen/">Tancredi</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-tancredi-rouen/">&nbsp;sur cette même scène l’an passé</a>, la jeune basse géorgienne a fait trembler les gradins de l’auditorium Pedrotti&nbsp;dans&nbsp;<em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">Bianca e Falliero&nbsp;</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-bianca-e-falliero-pesaro/">à Pesaro&nbsp;</a>et ajouté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-attila-fidenza/">Attila de Verdi à son palmarès</a>, se plaçant d&rsquo;ores et déjà parmi les meilleurs dans sa catégorie. La voix d&rsquo;un noir bleuté embrase sans peine la complexité et les exigences du rôle. L&rsquo;ambitus est confortable, du&nbsp;grave, solide, au haut médium, expressif. Quelle que soit la nature des phrases, longues ou hachées, la ligne reste noble, les ornementations exécutées avec précision, la puissance suffisante pour dominer l’orchestre. Depuis l’an passé, l&rsquo;interprète semble s’être affranchi d&rsquo;une timidité préjudiciable à son rayonnement.&nbsp;La scène finale d&rsquo;Assur&nbsp;–&nbsp;«&nbsp;Deh ti ferma…&nbsp;»&nbsp;– qui alterne fureur, douleur, hallucination et fragilité, bénéficie de cette liberté conquise peu à peu.</p>
<p>Bien que moins avantagé par Rossini,&nbsp;<strong>Grigory Shkarupa&nbsp;</strong>pose Oroe en digne rival de cet Assur de haut rang, ne lui cédant rien ni noirceur, ni en ampleur, ni en autorité. Privé de son premier air, <strong>Alasdair Kent</strong> s&rsquo;aventure ensuite hors des frontières stylistiques du belcanto, palliant une voix étranglée par l&rsquo;ajout de suraigus spectaculaires mais dépourvus de justification dramatique.</p>
<p>Immergés dans un répertoire qui ne leur est pas consubstantiel, le chœur fait preuve de cohésion, et l’Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen navigue en eaux troubles, parfois acides. Sous la direction de <strong>Valentina Peleggi</strong>, Rossini perd en légèreté ce qu’il gagne en poids : les textures se densifient, les rythmes s’alourdissent, l’élan s’émousse. Là où l’on attendrait du nerf, du tranchant, voire de la brillance, ne subsiste qu’une pâte sonore, honnête mais trop épaisse pour qu’éblouissent les derniers feux du belcanto.</p>
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		<title>The last castrato &#8211; Arias pour Velluti, par Franco Fagioli</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-last-castrato-arias-pour-vellutti-par-franco-fagioli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 23:13:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2013 Franco Fagioli avait consacré son premier album solo chez Naïve à Gaetano Majorano, dit Caffarelli, capricieux divo s’il en fut, mais dont la voix d’or avait servi les Porpora, Hasse, Leo, Vinci ou encore Caffaro –&#160;auquel le castrat, pur produit de l’école napolitaine, avait emprunté son nom de scène. Caffarelli avait été au &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2013 <strong>Franco Fagioli</strong> avait consacré son premier album solo chez Naïve à Gaetano Majorano, dit Caffarelli, capricieux <em>divo</em> s’il en fut, mais dont la voix d’or avait servi les Porpora, Hasse, Leo, Vinci ou encore Caffaro –&nbsp;auquel le castrat, pur produit de l’école napolitaine, avait emprunté son nom de scène. Caffarelli avait été au sommet de sa gloire les années 1730-1750, époque où il était en farouche concurrence avec Farinelli.</p>
<p>La carrière de Giovanni Battista Velluti, le dernier des grands castrats d’opéra, culmine dans les 1805-1825. À un moment où les compositeurs de tout premier plan ne composent plus pour les castrats. La mode a tourné. Gluck et Mozart déjà préféraient les ténors légers aux castrats (c’est parce qu’il n’avait pas le choix que Mozart en accepta un pour le Sesto de la <em>Clemenza di Tito</em>). Velluti fait figure de survivant d’une époque révolue, comme son principal concurrent, Crescentini, plus âgé que lui de dix-huit ans, qui cesse de chanter en 1812).</p>
<p>Cet album propose certains des airs qu’il chanta le plus, au cours d’une carrière tardive sans doute, mais triomphale. «&nbsp;Il y a deux façons de juger le chant : à l’aune de l’art ou à l’aune du sentiment. Velluti est sublime dans l’un et l’autre&nbsp;», écrit un critique anonyme du <em>London Magazine</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="800" height="533" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/franco_fagioli_c_julian_laidig_01_hp_portrait-stuhl.jpg" alt="" class="wp-image-76875"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Franco Fagioli © Julian Laidig</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Quand c’est fait, c’est fait</strong></h4>
<p>Né non loin de Macerata dans les Marches en 1780, il fit ses débuts dès l’âge de dix-sept ans, après avoir peut-être étudié dans l’une des écoles musicales d’une région qui avait donné nombre de castrats célèbres (Carestini, Mancini, Rauzzini, Pacchierotti, Crescentini). <br>La légende, peut-être fondée, raconte qu’il subit l’orchidectomie par erreur : le docteur que ses parents le menèrent consulter comprit mal leur demande et, sans doute habitué à accomplir ce geste, il coupa court à la carrière militaire qu’on prévoyait pour lui. On en fit donc un chanteur.</p>
<p>Il est resté fameux pour sa querelle avec Rossini, assez mystérieuse d’ailleurs. On dit parfois et semble-t-il faussement (à la suite de Stendhal) que c’est pour avoir ornementé à sa manière sa création du rôle-titre d’<em>Aureliano in Palmira</em> lors de la saison 1814-1814 de la Scala de Milan qu’il se fâcha avec le maestro, qui ne l’appela plus que pour la cantate laudatrice <em>Il vero omaggio</em> en 1822 à Vérone.<br>Plutôt qu’aux opéras du cygne de Pesaro (dont il refusa de chanter Malcolm de la <em>Donna del lago</em> ou Arsace de <em>Semiramide</em> qu’on lui proposa de reprendre ici ou là), il se consacra à ceux de Nicolini, le compositeur de Piacenza, fort célébré en son temps, dont il fut le principal interprète en Italie, mais aussi à Vienne, Munich ou Saint-Pétersbourg. Il fut aussi l’interprète de Meyerbeer (<em>Il Crociato in Egitto</em>), de Pacini et surtout de Morlacchi (<em>Tebaldo e Isolina</em>, qu’il promena dans toute l’Europe fut son plus grand succès).<br>Il se retira fortune faite en 1830, pour se consacrer à l’agronomie sur les terres entourant sa villa des rives de la Brenta.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="798" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Giovanni_Battista_Velluti_1781-1861_last_opera_castrate_-_MeisterDrucke-948489-798x1024.jpg" alt="" class="wp-image-184489"/></figure>


<p>C’est évidemment la virtuosité ébouriffante de Franco Fagioli qui fait tout l’intérêt de cet album, et le soin extrême qu’il met à exalter des partitions oubliées.</p>
<p>Oubli injuste, s’agissant de Giuseppe Nicolini, présent ici avec trois extraits remarquables de ses quelque quarante-cinq opéras.</p>
<p>La maîtrise à passer de la voix de tête la plus gracile au registre de poitrine suffit à teinter de dramatisme l’aria «&nbsp;Vederla dolente », extraite de <em>Balduini duca di Spoleto</em> de Nicolini, une déploration sur un rythme pimpant assez déconcertant. Il semble que Vellutti aimait particulièrement les tempos vifs, même pour exprimer des sentiments douloureux, en jouant sur les couleurs de la voix, ce que fait ici Fagioli avec une facilité qui éblouit.</p>
<h4><strong>Couleurs de mezzo</strong></h4>
<p>De Nicolini aussi (Vellutti chanta dans quarante productions de ses opéras), l’aria «&nbsp;Ah se mi lasci o cara&nbsp;», extraite de <em>Troiano in Dacia</em>, fait la voix dialoguer avec une clarinette (il semble que Velutti, attentif aux couleurs orchestrales, rivalisait souvent avec ou tel vent, à sa demande vraisemblablement). L’air, expressif et très rossinien, appartient plutôt au registre mezzo-soprano. Il y a quelques années Fagioli disait à <em>Forum Opera</em> : « En termes modernes, je ne me sens pas du tout soprano. Je me sens bien dans des rôles qu’on attribue aux mezzos, comme Sesto ou Idamante chez Mozart, ou Arsace chez Rossini ». Cette aria de <em>Troiano in Dacia</em> où la voix adopte des couleurs plus chaudes le donne à entendre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="502" height="463" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fagioli_4.jpg" alt="Franco Fagioli  © Julian Laidig" class="wp-image-84148"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Franco Fagioli  © Julian Laidig</sub></figcaption></figure>


<p>Mais le point culminant de cet album est atteint avec la grande scène «&nbsp;Ecco o numi compiuto… Ah quando cesserà… Lo sdegno io non pavento&nbsp;» de <em>Carlo Magno</em>, opéra <em>seria</em> créé en 1813 à Piacenza. Une pièce intéressante par sa structure, qui fait se succéder plusieurs « pezzi chiusi » et donc s’évadant du schéma récitatif-aria-cabalette. <br>Après une noble introduction orchestrale mettant en relief cette fois-ci le basson, vient un récitatif (ponctué par un orchestre aux couleurs fauves -le basson à nouveau), puis une prière à la mélodie très inspirée (belles cordes en sourdines à l’arrière-plan), puis un nouveau récitatif énergique, enfin un rondo héroïque, morceau de bravoure multipliant les exploits vocaux (sauts de notes sur deux octaves, roulades, crescendo-descrescendo, changements de tempo).</p>
<p>Le rôle de Vitekindo était l’un des favoris de Vellutti, et l’on comprend pourquoi à l’écoute de Fagioli : pathétique dans les récits, introverti et sensible dnas la prière (avec à nouveau ces graves en voix de poitrine si troublants, avant une immense colorature très expressive), ardent dans le dialogue avec Rosmida &#8211; qui semble préfigurer le jeune Verdi-, il reste constamment sensible dans l’acrobatique rondo, parvenant à donner du sens aux chausse-trappes en tout genre que lui tend Nicolini, dont il transcende le côté sportif.</p>
<h4><strong>Fabrication standard</strong></h4>
<p>En revanche, musicien de la génération suivante, Mercadante paraît n’avoir à offrir que son savoir-faire et le ressassement de formules fatiguées.</p>
<p>La Cavatine de son <em>Andronico</em> semble un reflet pâli de la <em>scena</em> qu’on vient de décrire : introduction orchestrale avec clarinette concertante, récitatif rhétorique («&nbsp;Où suis-je, quelle est cette brise ?&nbsp;»), deuxième introduction (toujours la clarinette), cavatine à la mélodie suave, ornée de quelques premières broderies discrètes, puis de plus en plus flamboyantes, cadence introduisant le <em>da capo</em> (les vocalises s’affolent), intervention du chœur (« de Bulgares »), « Qu’entends-je ? », <em>accelerando</em> introduisant la cabalette, adornée de fioritures légères du soliste, le tempo s’emballe encore à la Rossini, encourageant le chanteur à des coloratures qui par paliers montent de plus en plus haut dans une manière d’exaspération, jusqu’au final agitato réglementaire. <br>Franco Fagioli fait rutiler toute la gamme des<em> abellimenti</em> les plus savants et s’offre des croisières intrépides d’un bout à l’autre de sa tessiture (avec à nouveau des plongées vers la voix <em>di petto</em>), et on ne peut que saluer la performance, si vaine paraisse-t-elle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="760" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Stefan-Plewniak-2-credit-Pascal-Le-Mee-760x1024.jpg" alt="" class="wp-image-173891"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stefan Plewniak © Pascal Le Mee</sub></figcaption></figure>


<p>Et, toujours dans <em>Andronico</em>, que dire du rythme sautillant sur lequel le chœur des ermites chante « Quel jour affreux »… On n’en admire que davantage la musicalité de Fagioli dans l’aria « Soave imagine », la ligne ciselée, le cristallin du timbre, la sensibilité des ornements, qui dépassent le décoratif pour prendre une couleur émouvante. La scène d’action suivante, dialogue avec le chœur et plusieurs de ses solistes (non nommés), introduit la cabalette « Sorgete, miei cari » où Fagioli est extraordinairement virtuose, entrelaçant les trilles perlés aux vocalises, les notes piquées, les descentes vertigineuses du plus haut de son <em>falsetto</em> jusqu’à des notes graves dignes de Marilyn Horne. La voix est d’une transparence, d’une finesse extraordinaires, pour ne rien dire de son agilité sidérante.</p>
<h4><strong>Un bel canto pré-romantique</strong></h4>
<p>Du <em>Tebaldo e Isolina</em> de Francesco Morlacchi, la <em>scena</em> « Notte tremenda…&nbsp;» suivie de la <em>romanza</em> de Tebaldo «&nbsp;Caro suono lusinghier» fascina le jeune Verdi. On comprend pourquoi : un orchestre très coloré &#8211; hautbois, trombones, fermes accents des cordes graves (et c’est l’occasion de souligner l’opulence des sonorités de l’<strong>Orchestre de l’Opéra Royal</strong>, et la direction tour à tour animée et souple de <strong>Stefan Plewniak</strong>), le sentiment tragique du récitatif, puis une aria mélancolique, en dialogue avec la flûte, où Vellutti pouvait mettre en avant le soyeux de la voix, avant qu’il ne laisse rutiler des variations, que les caprices de son invention enrichissaient à l’envi. Fagioli en donne une lecture délicate et retenue, pré-romantique et élégante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="405" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/orchestre-de-l-opera-royal-cvs-pas-orig-1-carrousel.jpg" alt="" class="wp-image-184492"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Versailles</sub></figcaption></figure>


<p>Quant à l’extrait de la cantate de Rossini <em>Il vero omaggio</em>, où Vellutti chantait la partie du berger Alceo, c’est un festival de <em>gruppetti</em>, de trilles, de sauts de notes, où Fagioli fait appel le plus souvent à son registre mezzo. Il a surtout l’intérêt de rappeler ici la seconde et dernière collaboration de deux personnages qui se sont manqués, et c’est dommage pour l’un et l’autre.</p>
<p><em>L’album</em> commence par ce qui a tout d’un bis : l’aria « Qual mi circonda e agghiaccia&#8230;Dolenti e care immagini… Vedrai quest’anima» ajouté par Paolo Bonfichi (plutôt prolifique producteur de musique sacrée en tous genres) à une reprise de l’opéra (perdu) <em>Attila</em> de Farinelli (1814) et que Vellutti le chanta partout, en bis justement. Mélodie facile dont la reprise ornementée visite toute la tessiture, elle pourrait passer pour le prototype de ces airs à variations qu’on réclamait aux castrats : un contenu musical modeste et des coloratures en veux-tu en voilà. L’air fut adopté par la Pasta qui l’ajouta dans la <em>Zelmira</em> de Rossini, puis un bataillon de <em>prime donne</em> non moins désinvoltes en firent autant dans des opéras de Mayr, de Soliva et même dans le <em>Barbier</em> ou <em>Semiramide</em>…</p>
<p>C’est ce qu’on appelait un «&nbsp;air de malle&nbsp;», une petite chose à emporter en voyage, qui ne tient pas de place et qui va avec tout.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-last-castrato-arias-pour-vellutti-par-franco-fagioli/">The last castrato &#8211; Arias pour Velluti, par Franco Fagioli</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>HAENDEL, Tolomeo &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-tolomeo-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre des Champs Elysées proposait ce vendredi 31 mai Tolomeo, treizième et ultime ouvrage composé par Haendel pour la Royal Academy, d’autant plus rare à l’affiche qu’il n’est pas, parmi tous les opéras du compositeur, le plus puissant, et le mieux servi sur le plan de la théâtralité. On connait surtout de cette œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre des Champs Elysées proposait ce vendredi 31 mai <em>Tolomeo</em>, treizième et ultime ouvrage composé par Haendel pour la Royal Academy, d’autant plus rare à l’affiche qu’il n’est pas, parmi tous les opéras du compositeur, le plus puissant, et le mieux servi sur le plan de la théâtralité. On connait surtout de cette œuvre l’aria de Ptolémée, dont tous les contre-ténors vedettes se sont emparés, « Stille amare » dans lequel le pharaon exilé se croit empoisonné et à l’article de la mort, alors qu’en réalité, il est sur le point de s&rsquo;endormir sous l’effet d’un puissant narcotique administré par Elisa pour le sauver. Mais à l’exception de cet air fort prisé, aucune autre page du livret ne porte autant d’intensité expressive et dramatique. Même le plus dynamique et créatif des metteurs en scène peinerait à donner corps scéniquement à cette histoire, au faible ressort dramatique, dont le héros (ou plutôt l’anti-héros) ne cesse de gémir et de soupirer. Une œuvre, à l’évidence, davantage faite pour une version concertante, option fort pertinemment prise ici. En revanche, que d’atouts vocaux et musicaux en cette soirée au Théâtre des Champs Elysées pour défendre un ouvrage, non dénué de-ci et de-là de beauté, mais construit à la hâte par un Haendel sous pression. Le compositeur avait sans doute lui-même beaucoup misé sur son trio de stars (la Bordoni, la Cuzzoni, et le non moins fameux Francesco Bernardi dit <em>Il Senesino) </em>pour assurer le succès de ce <em>Tolomeo</em> en demi teinte, qui <em>in fine</em>, et de manière assez prévisible, ne fut pas le triomphe de sa vie.</p>
<p>De quelle trame narrative est fait ce Tolomeo ? Après avoir été détrôné par sa mère, la redoutable Cleopatra III au profit de son frère Alessandro, Tolomeo est exilé à Chypre où il vivote, égaré, en se faisant passer pour un berger se prénommant Osmino. Envoyé par Cleopatra pour s’emparer de Tolomeo, Alessandro projette finalement de lui rendre la couronne, mais son navire fait naufrage et échoue sur l’île. L’opéra s’ouvre d’ailleurs par une scène où Tolomeo veut mettre fin à ses jours et découvre son frère échoué sur le rivage. Il songe à se venger, puis y renonce. Elisa, la sœur du Roi Araspe, s’éprend du pâtre Osmino/Tolomeo tandis que le monarque poursuit de ses assiduités Delia, en réalité Seleuce, épouse de Tolomeo, qui espère le retrouver. Ces derniers errent alors dans l’île et ne cessent de soupirer sur leur amour perdu, sans jamais se rencontrer. Y parviendront-ils ? Il y a dans cette histoire une inspiration très <em>soap opera</em>, avec des personnages qui ne cessent de ressasser leur dépit, leur désillusion, leur amertume, leurs <em>vendetta</em> personnelles dans des situations invraisemblables. Certaines phrases du livret sont d’une telle naïveté, et de ce fait involontairement drôles, qu’elles provoquent à plusieurs reprises l’hilarité des spectateurs dans la salle.</p>
<p>Dans ce contexte, la soirée repose ici intégralement sur les épaules de la distribution, tous s’efforçant avec leurs qualités évidentes de donner de l’âme et de la crédibilité à l’histoire<strong>. Franco Fagioli</strong>, en Tolomeo joue à fond la carte qu’on lui connait : celle des effets portés à leur paroxysme. Et à cet égard, Il y a d’une part la star qui, dans des postures étudiées, soigne ses entrées et surtout ses sorties de scène, marquant des temps d’arrêt pour adresser un regard charmeur au public, puis à sa ou son partenaire encore sur scène, avant de regagner les coulisses. &nbsp;Et d’autre part, il y a le chanteur toujours aussi séduisant avec des graves et des aigus nets, et un timbre riche de couleurs variées. Sauf que Tolomeo, l’anti-héros, n’appelle guère la virtuosité, la vaillance, et la pyrotechnie, mais repose davantage sur l’art du&nbsp;<em>cantabile</em>. On peut donc regretter ici un manque de nuances qui auraient permis de conférer davantage d’épaisseur au personnage. A cet égard, « Stille amare », aria haletant, jouant sur l&rsquo;angoisse du personnage, aurait pu être investi plus subtilement que par une affliction surjouée qui confine au maniérisme. Mais le chanteur n’a rien perdu de son magnétisme et les acclamations enjouées de ses admirateurs présents en cette soirée nous l’ont à plusieurs reprises rappelé.</p>
<p>Du coté féminin, ce fut autant un spectacle pour l’ouïe que pour les yeux. <strong>Giulia Semenzato</strong> et <strong>Giuseppina Bridell</strong>i sont apparues sur scène toutes deux parées de robes de soirée pailletées, scintillant de mille feux, de couleur émeraude pour la première, et fuchsia pour la seconde. Silhouette élancée et juvénile, la soprano nous a gratifié, en Seleuce, d’une voix superbe aux aigus larges et pleins, colorés et riches en harmoniques. Son duo de la fin du deuxième acte, avec Franco Fagioli, met en lumière une splendide homogénéité des timbres. Leurs instruments se marient à merveille. Ici, ce ne sont pas les moyens qui impressionnent, mais l’habileté avec laquelle les deux artistes servent leur tête-à-tête musical.&nbsp; Quant à <strong>Giuseppina Bridell</strong>i, au mezzo pulpeux, brillant et souple, elle campe une suave Elisa au tempérament bien trempé et à la détermination à toute épreuve. Le riche nuancier de couleurs de sa voix restitue à merveille la palette des affects mise en lumière par la musique : l’effroi, la dépit, la colère mais aussi la langueur et les soupirs.</p>
<p>Quant au reste de la distribution, elle se distingue par la noblesse et la vaillance. L’<em>italianità</em> de <strong>Riccardo Novaro&nbsp;</strong>redonne du cachet et du brillant aux emplois de seconds couteaux auxquels les basses haendéliennes sont souvent cantonnées. Son Araspe est impeccable, tant dans sa présence charismatique que dans l’homogénéité du chant. Le chanteur passe avec aisance de vocalises soignées aux accents courroucés avec une haute maîtrise de son instrument. En <em>comprimari</em> de luxe, <strong>Christophe Dumaux</strong>, irradie la scène de sa seule présence, et donne une dimension héroïque et digne à un personnage en proie aux questionnement existentiels. La voix est centrée, les vocalises sont d’une rapidité et d’une netteté remarquables, l’aigu est percutant et le contre-ténor y ajoute de superbes ornements.</p>
<p><strong>Giovanni Antonini</strong>, à la tête des ensembles réunis <strong>Kammerorchester Basel </strong>et<strong> &nbsp;Il Giardino Armonico</strong> ne cesse, dans une battue dansante et énergisante, ciselant détails et articulations, d’attiser le feu dès que le rythme s&rsquo;accélère. &nbsp;Son art de relancer sans cesse le discours avec énergie et panache aide les chanteurs à maintenir la flamme dans une œuvre quelque peu éteinte. Mais ces fulgurances ne peuvent guère sauver une histoire qui manque cruellement d’envergure à laquelle tous, pourtant, en cette soirée, se sont efforcés de redonner couleurs et lustre&#8230;avec emphase pour certains, et panache pour d’autres.</p>
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		<title>PORPORA, Polifemo – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-polifemo-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Feb 2024 06:56:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle bonne idée que de nous offrir cette rareté signée Porpora, le grand rival de Haendel à Londres… En effet, le Polifemo proposé par l’Opéra national du Rhin en coproduction avec l’Opéra de Lille est donné pour la toute première fois en France. En Angleterre, Haendel composait nombre d’opéras pour les meilleurs chanteurs d’Europe. Mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle bonne idée que de nous offrir cette rareté signée Porpora, le grand rival de Haendel à Londres… En effet, le <em>Polifemo</em> proposé par l’Opéra national du Rhin en coproduction avec l’Opéra de Lille est donné pour la toute première fois en France. En Angleterre, Haendel composait nombre d’opéras pour les meilleurs chanteurs d’Europe. Mais à partir de 1733, à peine arrivé à Londres, Nicola Porpora fonde une nouvelle troupe concurrente, l’Opera of the Nobility. Il se permet de débaucher les castrats les plus célèbres de l’époque pour sa compagnie. Notre <em>Polifemo </em>de 1735 est donc composé pour le divo absolu Farinelli ainsi que pour Il Senesino, l’autre castrat vedette. Malheureusement, seul l’air «&nbsp;Alto Giove&nbsp;» chanté dans le film <em>Farinelli</em> est encore connu à l’heure actuelle. On se réjouit donc de découvrir les airs composés par l’un des meilleurs professeurs de chants et maîtres de la musique vocale, spécialiste de l’écriture d’airs à la pyrotechnie redoutable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Polifemo-PG0041presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-155771"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>L’attente de la Première se fait d’autant plus fébrile que, en plus d’une distribution de haut vol, la production s’annonce visuellement excitante, puisqu’on apprend qu’on assistera sur scène à un tournage de péplum dans la grande tradition des années 1950. Par ailleurs, le projet de costume de Polifemo a fait partie des finalistes du Prix d’Atelier des costumes des arts de la scène de la Fondation Signature de l’année 2023. On a pu le voir exposé dans une des vitrines de l’opéra lors des semaines qui précédaient la création de l’ouvrage. Mais le concept du tournage dans les studios de Cinecittà choisi par <strong>Bruno Ravella</strong> ne tient hélas pas toutes ses promesses. On sait que les <em>opera seria</em> bénéficiaient à l’origine de réels moyens techniques à grands renforts de machineries et de décors spectaculaires. Certes, le monstre <em>Polifemo</em> est un hommage réussi au grand Ray Harryhausen, génie des effets spéciaux et concepteur de films fantastiques ou mythologiques qui ont marqué l’enfance et l’imaginaire de nombre d’entre nous. Le cyclope est directement inspiré d’une créature vue dans le <em>Septième voyage de Sinbad</em>, à un détail près. Chez Harryhausen, le monstre avait son œil unique surmonté d’une seule corne, il en affiche triomphalement deux ici, ce qui est du plus bel effet. Cela dit, le vaste plateau, parcouru de long en large par des techniciens et des assistants au tournage en cours, ce plateau tout nu paraît souvent bien vide. Non pas qu’on manque de bonnes idées : l’Etna de carton-pâte d’où dépasse un immense Polyphème face aux héros miniaturisés, les clins d’œil aux improbables productions cinématographiques et leurs héros bodybuildés tout comme les trouvailles visuelles sont réjouissantes, ne boudons pas notre plaisir. Mais il manque un je-ne-sais-quoi qui aurait transcendé l’ensemble. On a parfois du mal à savoir si le récit relève des coulisses du tournage ou du film qu’on est en train de réaliser. Le livret ainsi restitué en devient parfois confus, alors que le tissage de récits mythologiques issus des ouvrages d’Homère et d’Ovide est en principe assez clair : Ulysse débarque en Sicile et croise Calypso qui va ensuite l’aider à se libérer du géant cyclope anthropophage Polyphème. Ce dernier est amoureux de la nymphe Galatée, elle-même amoureuse du berger Acis. Jaloux, le cyclope écrase le pâtre à l’aide d’un rocher mais perdra la vue à cause d’un pieu enfoncé dans son œil unique par Ulysse et ses compagnons. L’ensemble se laisse pourtant regarder sans ennui et permet de mettre en valeur le chant merveilleusement servi ce soir.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Polifemo-PG0545HDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-155775" width="913" height="608"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Dans le rôle d’Acis créé par Farinelli, <strong>Franco Fagioli</strong> apporte toute son expertise de la virtuosité requise pour restituer tant que faire se peut l’incroyable performance des castrats&nbsp;: longueur de souffle, ornementations savantes avec trilles et appogiatures, tout en ondulations complexes et agilité phénoménale. Si la projection manque parfois d’énergie et de puissance (difficulté que le plateau ouvert n’aide pas contourner), le contre-ténor argentin n’en reste pas moins impressionnant de facilité dans les ornementations. En Ulysse sosie du culturiste Steve Reeves, le contre-ténor français <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> tient la dragée haute à Franco Fagioli. Les deux timbres se complètent harmonieusement mais les airs de bravoure du héros rusé d’Ithaque sont de fait plus éclatants que ceux, élégiaques, du jeune pâtre. Si elle est le lien entre les histoires, Galatée se montre également celle qui, ce soir, se détache de la distribution. La soprano néozélandaise <strong>Madison Nonoa</strong> crève l’écran ou la scène, si l’on veut. Beauté du timbre, facilité dans les aigus et les ornementations, tempérament de feu et sens du jeu, la jeune femme a tout pour elle. Elle en volerait presque la vedette à Calypso, crânement campée par la grande (dans tous les sens du terme) contralto française <strong>Delphine Galou</strong>. Davantage à la peine mais magnifique dans «&nbsp;Una beltà che sa&nbsp;», la charmante soprano britannique <strong>Alysia Hanshaw</strong> donne chair au rôle de Nerea. Et dans le personnage de Polyphème, la basse bolivienne <strong>José Coca Loza</strong> réussit à humaniser le cyclope, amoureux éconduit et jaloux, tout en lui restituant sa force monstrueuse.</p>
<p>À la tête du <strong>Concert d’Astrées</strong> en grande forme, <strong>Emmanuelle Haïm</strong> est elle aussi parfaitement à son aise. On écoute avec bonheur la richesse et les subtilités d’une partition dont elle confesse en entretien que plus elle la travaille, plus elle est sous son charme. Nous aussi. On ne peut qu’encourager le public à découvrir cette œuvre, presque à l’œil (les étudiants, par exemple, ne paient que 6 euros à Strasbourg, il faut le rappeler). À voir jusqu’au 10 mars entre Strasbourg, Mulhouse et Colmar, puis à Lille en octobre prochain.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | POLIFEMO | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/R_tWO1BFTG0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-stratospherique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Nov 2022 05:01:30 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ariodante </em>n&rsquo;est pas l&rsquo;opéra le plus joué de Georg Friedrich Haendel à l&rsquo;époque contemporaine, peut-être en raison d&rsquo;un rôle-titre qui écrase les autres solistes et qui réclame des moyens exceptionnels. Le concert est dominé par l’interprétation de <strong>Franco Fagioli</strong> dont on ne sait plus trop que louer en premier. Vocalises ultrarapides, fioritures incroyables et précision de l’émission. Au premier acte, son air&nbsp;« Con l&rsquo;ali di costanza&nbsp;» est une véritable leçon de belcanto baroque. Le temps est ensuite suspendu pour son «&nbsp;Scherza infida&nbsp;» d’une musicalité et d’une subtilité inégalées. Sa réapparition à l’acte III est plus dramatique, trop peut-être pour ne pas affecter momentanément les moyens du chanteur. Il faut dire que les dates de la tournée sont peut-être fort rapprochées (le 3 à Barcelone, le 5 à Essen et le 7 à Paris…). On retrouve Fagioli à nouveau au sommet de son art pour un époustouflant «&nbsp;Dopo notte, atra e funesta&nbsp;» qui balaie toutes réserves. Par ailleurs, si le timbre nous a semblé un peu moins coloré que par le passé, le chanteur a encore gagné en ambitus, avec des aigus stratosphériques et des graves profonds.</p>
<p><strong>Melissa Petit </strong>dispose d’une excellente technique belcantiste. La voix est agréable, mais le timbre est un peu blanc. Les airs virtuoses sont parfaitement exécutés, mais c’est surtout dans son lamento «&nbsp;Il mio crudel martoro&nbsp;» qu’elle emporte l’adhésion par la grande émotion de son chant. On pourra toutefois trouver un peu trop systématique la répétition de notes volontairement tirées ou fausses pour exprimer le désespoir.</p>
<p><strong>Luciana Mancini</strong> offre une projection vaillante couplée à une vocalisation impeccable, même dans les passages les plus rapides. L’ambitus est également remarquable. Toutefois, ces spectaculaires grands écarts se font au prix d’une émission un brin hétérogène, le mezzo donnant parfois l’impression de jongler avec trois voix. Le timbre est chaud et assez personnel. La caractérisation dramatique est très réjouissante, la chanteuse prenant visiblement beaucoup de plaisir à camper ce personnage de méchant.</p>
<p>Dans le rôle un peu sacrifié de Dolinda, la jeune <strong>Sarah Gilford</strong>, finaliste du concours BBC Cardiff Singer of the World en 2021, offre un timbre pulpeux et un aigu rayonnant. Les vocalises sont toutefois un peu plus laborieuses. On sent ici une belle mozartienne encore en devenir.</p>
<p>Le Lurcanio de <strong>Nicholas Phan</strong> dispose d’une rare agilité pour un ténor de ce répertoire et il dispose d’un bel ambitus. L’émission des notes les plus aigües est toutefois un peu surprenante&nbsp;: la voix change alors de position, s’ouvrant davantage afin d’échapper au plafonnement que connaissent beaucoup de ténors d’école strictement mozartienne. Le chanteur dispose également d’une bonne projection.</p>
<p>Le jeune <strong>Alex Rosen</strong> campe un roi d’Ecosse tout à fait satisfaisant, avec des graves particulièrement profonds et impressionnants et une belle prestance&nbsp;: une voix à suivre.</p>
<p><strong>George Petrou</strong> dirige Il Pomo d&rsquo;Oro avec fougue, précision, élégance (et aussi avec quelques coupures&nbsp;!). Le tempo est vif, mais sans précipitation. Les chanteurs sont parfaitement accompagnés dans leurs exploits vocaux. Comme d’habitude, la phalange est impeccable. Les cordes offrent de belles sonorités. On regrettera des interventions trop rares des instruments à vent, par ailleurs excellents.&nbsp;</p>
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