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	<title>Nicolas FARINE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Nicolas FARINE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ZIMMERMANN, Weiße Rose — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-rose-blanche-nancy-entre-les-murs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 May 2016 03:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A quoi reconnaît-on un opéra d’aujourd’hui ? A sa musique ? Pas sûr. A son sujet ? Pas forcément, car l’adaptation d’œuvre littéraire se pratique encore, comme autrefois, et les événements d’un passé récent ont toujours inspiré l’art lyrique. A son livret, alors ? Peut-être bien, car on ne trousse plus le texte d’un opéra comme on le faisait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A quoi reconnaît-on un opéra d’aujourd’hui ? A sa musique ? Pas sûr. A son sujet ? Pas forcément, car l’adaptation d’œuvre littéraire se pratique encore, comme autrefois, et les événements d’un passé récent ont toujours inspiré l’art lyrique. A son livret, alors ? Peut-être bien, car on ne trousse plus le texte d’un opéra comme on le faisait jadis. Udo Zimmermann en est la preuve vivante : ce compositeur allemand né en 1943 a d’abord proposé en 1967 un opéra « à l’ancienne » dans sa construction, avec trajectoire historique linéaire et personnages nombreux, pour rendre hommage à l’un des mouvements de résistance qui luttèrent contre la barbarie nazie dans son pays même. Une vingtaine d’années plus tard, Udo Zimmermann décida de remettre son ouvrage sur le métier, mais s’il conserva le titre <em>Die Weisse Rose</em>, la nouvelle partition n’a plus rien à voir avec l’ancienne, notamment parce que le nouveau livret se borne recentre l’action sur un huis-clos à deux personnages. Le travail du librettiste Wolfgang Willaschek, professeur de dramaturgie à Hambourg et à Berlin, semble surtout avoir consisté, paradoxalement, à supprimer tout ressort dramatique : cette <em>Rose blanche</em>, seconde mouture, est un collage de textes principalement dus aux deux protagonistes, Hans et Sophie Scholl, mosaïque de fragments assemblés dans un ordre à peu près aléatoire et dont on imagine qu’il pourrait être modifié sans dénaturer ledit livret. Dès lors, ce qu’on baptise opéra ressemble fort à une cantate pour solistes et orchestre, à un oratorio profane qui pourrait très bien se dispenser de toute présentation scénique. Certes, voir deux chanteurs en tenue de soirée exigerait un plus grand effort de la part du spectateur pour se projeter dans le drame, mais il n’est pas sûr que la musique y perdrait.</p>
<p>En effet, malgré tous les efforts de <strong>Stephan Grögler</strong>, que peut montrer le théâtre à partir d’un tel livret ? Le metteur en scène offre une respiration supplémentaire au texte en s’affranchissant de la contrainte selon laquelle Hans et Sophie devraient être enfermés chacun dans sa cellule mais, même ainsi, on a vite fait le tour des possibilités. Dans un décor beckettien, avec un mur de béton vert-de-gris et un sol de terre battue avec mamelon sur la gauche, les personnages sont tantôt assis sur leurs deux chaises, tantôt debout, et courent parfois en tous sens lorsqu’ils succombent au désespoir. Les effets lumineux introduisent le maximum de variété, mais sans pouvoir davantage introduire la sensation d’un commencement, d’un milieu ou d’une fin. Mais après tout, c’est peut-être ça, l’attente d’une mort inévitable.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="226" src="/sites/default/files/styles/large/public/roseblanche_angersnantesopera_credit_jef_rabillon_3.jpg?itok=LhKUEzRv" width="468" /><br />
	© Jef Rabillon</p>
<p>A la tête d’une douzaine de musiciens de l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, <strong>Nicolas Farine</strong> fait se dérouler avec maestria une partition alternant moments de douceur, notamment avec quelques leitmotivs comme la « Douce, joyeuse chanson d’enfant », et instants de brutalité, parfois secondé par une bande enregistrée traduisant l’enthousiasme des foules hitlériennes. Le chef connaît désormais parfaitement l’œuvre, puisque le spectacle, créé à La Chaux-de-Fonds, a été repris à Nantes en 2013, et en est maintenant à sa troisième présentation. Cette remarque vaut aussi pour les deux chanteurs, impressionnants d’investissement dans une partition exigeante, et qu’ils doivent interpréter sans voir l’orchestre, placé derrière eux, en surplomb de la scène. Sans qu’il y ait rien de strident dans ce qu’a écrit Udo Zimmermann pour Sophie,<strong> Elizabeth Bailey</strong> évolue presque constamment dans ses notes les plus aiguës, tandis qu’<strong>Armando Noguera</strong> a lui aussi fort à faire, même avec les variantes autorisées par le compositeur pour un baryton à la place d’un ténor. L’alternance chanté/parlé est également un exercice redoutable, de nombreux passages de l’œuvre étant déclamées en mélodrame. Finalement, la beauté de cette <em>Rose blanche</em> tient à sa valeur universelle, cette heure de musique dépassant le strict contexte de son point de départ historique pour évoquer plus largement le sort de tous les innocents opprimés, avec une force qui n’a rien de démonstratif, comme le laissait entendre l’enregistrement <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://A quoi reconnaît-on un opéra d’aujourd’hui ? A sa musique ? Pas sûr. A son sujet ? Pas forcément, car l’adaptation d’œuvre littéraire se pratique encore, comme autrefois, et les événements d’un passé récent ont toujours inspiré l’art lyrique. A son livret, alors ? Peut-être bien, car on ne trousse plus le texte d’un opéra comme on le faisait jadis. Udo Zimmermann en est la preuve vivante : ce compositeur allemand né en 1943 a d’abord proposé en 1967 un opéra « à l’ancienne » dans sa construction, avec trajectoire historique linéaire et personnages nombreux, pour rendre hommage à l’un des mouvements de résistance qui luttèrent contre la barbarie nazie dans son pays même. Une vingtaine d’années plus tard, Udo Zimmermann décida de remettre son ouvrage sur le métier, mais s’il conserva le titre Die Weisse Rose, la nouvelle partition n’a plus rien à voir avec l’ancienne, notamment parce que le nouveau livret se borne recentre l’action sur un huis-clos à deux personnages. Le travail du librettiste Wolfgang Willaschek, professeur de dramaturgie à Hambourg et à Berlin, semble surtout avoir consisté, paradoxalement, à supprimer tout ressort dramatique : cette Rose blanche, seconde mouture, est un collage de textes principalement dus aux deux protagonistes, Hans et Sophie Scholl, mosaïque de fragments assemblés dans un ordre à peu près aléatoire et dont on imagine qu’il pourrait être modifié sans dénaturer ledit livret. Dès lors, ce qu’on baptise opéra ressemble fort à une cantate pour solistes et orchestre, à un oratorio profane qui pourrait très bien se dispenser de toute présentation scénique. Certes, voir deux chanteurs en tenue de soirée exigerait un plus grand effort de la part du spectateur pour se projeter dans le drame, mais il n’est pas sûr que la musique y perdrait.  En effet, malgré tous les efforts de Stephan Grögler, que peut montrer le théâtre à partir d’un tel livret ? Le metteur en scène offre une respiration supplémentaire au texte en s’affranchissant de la contrainte selon laquelle Hans et Sophie devraient être enfermés chacun dans sa cellule mais, même ainsi, on a vite fait le tour des possibilités. Dans un décor beckettien, avec un mur de béton vert-de-gris et un sol de terre battue avec mamelon sur la gauche, les personnages sont tantôt assis sur leurs deux chaises, tantôt debout, et courent parfois en tous sens lorsqu’ils succombent au désespoir. Les effets lumineux introduisent le maximum de variété, mais sans pouvoir davantage introduire la sensation d’un commencement, d’un milieu ou d’une fin. Mais après tout, c’est peut-être ça, l’attente d’une mort inévitable. A la tête d’une douzaine de musiciens de l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy, Nicolas Farine fait se dérouler avec maestria une partition alternant moments de douceur, notamment avec quelques leitmotivs comme la « Douce, joyeuse chanson d’enfant », et instants de brutalité, parfois secondé par une bande enregistrée traduisant l’enthousiasme des foules hitlériennes. Le chef connaît désormais parfaitement l’œuvre, puisque le spectacle, créé à La Chaux-de-Fonds, a été repris à Nantes en 2013, et en est maintenant à sa troisième présentation. Cette remarque vaut aussi pour les deux chanteurs, impressionnants d’investissement dans une partition exigeante, et qu’ils doivent interpréter sans voir l’orchestre, placé derrière eux, en surplomb de la scène. Sans qu’il y ait rien de strident dans ce qu’a écrit Udo Zimmermann pour Sophie, Elizabeth Bailey évolue presque constamment dans ses notes les plus aiguës, tandis qu’Armando Noguera a lui aussi fort à faire, même avec les variantes autorisées par le compositeur pour un baryton à la place d’un ténor. L’alternance chanté/parlé est également un exercice redoutable, de nombreux passages de l’œuvre étant déclamées en mélodrame. Finalement, la beauté de cette Rose blanche tient à sa valeur universelle, cette heure de musique dépassant le strict contexte de son point de départ historique pour évoquer plus largement le sort de tous les innocents opprimés, avec une force qui n’a rien de démonstratif, comme le laissait entendre l’enregistrement récemment chroniqué ici même.">récemment chroniqué ici même</a>.</p>
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		<title>CATTIN, AMOK — Reims</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/amok-reims-libre-elle-est-nee-et-libre-elle-mourut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2016 07:37:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alma Mahler fut dans sa vie une héroïne d&#8217;opéra. Aimée par quelques-uns des plus grands créateurs de son temps, mariée plusieurs fois, elle fut une muse libre, refusant d&#8217;être prisonnière des conventions de son époque. Sa transformation en héroïne d&#8217;un véritable opéra pouvait donc s&#8217;opérer sans difficulté, et c&#8217;est une excellente idée qu&#8217;a eue Orianne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alma Mahler fut dans sa vie une héroïne d&rsquo;opéra. Aimée par quelques-uns des plus grands créateurs de son temps, mariée plusieurs fois, elle fut une muse libre, refusant d&rsquo;être prisonnière des conventions de son époque. Sa transformation en héroïne d&rsquo;un véritable opéra pouvait donc s&rsquo;opérer sans difficulté, et c&rsquo;est une excellente idée qu&rsquo;a eue <strong>Orianne Moretti </strong>de se concentrer sur la relation d&rsquo;Alma avec Oskar Kokoschka pour donner naissance à une création lyrique. Restait ensuite à déterminer quelle forme allait prendre ledit spectacle. Le <em>biopic</em> classique n&rsquo;aurait sans doute pas été la solution la plus adéquate, et on comprend que la conceptrice du projet ait souhaité qu&rsquo;un souffle poétique porte le spectacle. Emprunter à Baudelaire quantité de passages des <em>Fleurs du mal </em>est une solution assez convaincante, qui permet de dépasser les déclarations d&rsquo;amour ou de désespoir ressassées par quelques siècles d&rsquo;opéra. On est un peu moins enthousiasmé par les extraits du <em>Faust </em>de Goethe utilisés ici : le père d&rsquo;Alma ne s&rsquo;exprime qu&rsquo;à travers des citations de ce texte, particulièrement amphigouriques dans la traduction française que proposent les surtitres, ce qui rend le personnage étrangement coupé du monde qui l&rsquo;entoure. La question de la langue est également résolue de façon assez curieuse : dans les premiers instants du spectacle, Alma chante en allemand, le « chœur » en français, et l&rsquo;on se dit que c&rsquo;est une solution comme une autre. Mais pas du tout, car très vite, les personnages passent allègrement d&rsquo;une langue à l&rsquo;autre, changeant d&rsquo;idiome à chaque phrase, ce qui paraît un peu gratuit.</p>
<p>Ajoutant à sa casquette de librettiste celle de metteur en scène, Orianne Moretti compose un spectacle fort, mais non sans bizarreries parfois. Si la lecture du synopsis fourni par le programme aide à interpréter certains choix obscurs, d&rsquo;autres restent mystérieux. Pourquoi Alma jeune fille (personnage distinct de l&rsquo;Alma « adulte » qui est la véritable héroïne) porte-t-elle une camisole de malade mentale, par exemple ? A côté d&rsquo;images saisissantes, certains choix semblent bien galvaudés : Kokoschka crée en prenant la peinture à pleine main, et finit par en barbouiller le corps nu d&rsquo;Alma. Et si les apparitions de la dizaine de personnages secondaires donnent lieu à de stupéfiants ballets, on a un peu de mal à saisir qui sont ces silhouettes parfois assez peu caractérisées, sauf par les superbes costumes expressionnistes de <strong>David Messinger</strong>, qu&rsquo;on croirait sortis d&rsquo;une toile d&rsquo;Otto Dix. Le décor de <strong>Juliette Blondelle</strong>, en empruntant aux travaux de la plasticienne japonaise Adoka Niitsu, évoque de façon judicieuse le tournoiement de certaines toiles de Kokoschka.</p>
<p>Quant à la partition de François Cattin, elle est tout à fait séduisante, malgré quelques réserves. Cet élève de Sciarrino n&rsquo;a rien d&rsquo;un disciple dogmatique, et si sa musique installe d&#8217;emblée un climat personnel, avec des combinaisons de timbres inaccoutumées, on regrette qu&rsquo;elle semble parfois se laisser aller à des facilités évoquant presque la bande son d&rsquo;un film d&rsquo;action. Souhaitons à ce compositeur toujours plus d&rsquo;audace, sans aller jusqu&rsquo;à s&rsquo;aliéner l&rsquo;intérêt du public, bien sûr. Une chose, en tout cas, est incontestable : François Cattin écrit merveilleusement pour les voix. Alors que dans tant d&rsquo;opéras d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;écriture vocale laisse à désirer et donne l&rsquo;impression de ne pas vraiment intéresser celui ou celle qui la pratique, <em>AMOK </em>permet d&rsquo;entendre des pages superbes pour cet instrument spécifique qu&rsquo;est la voix humaine. François Cattin n&rsquo;a rien contre les duos, ce qui est heureux avec un sujet comme celui qu&rsquo;il avait à traiter, mais il s&rsquo;autorise aussi d&rsquo;extraordinaires ensembles réunissant une dizaine de solistes, qui sont peut-être les passages les plus fascinants de sa partition.</p>
<p>On saluera d&rsquo;autant plus bas l&rsquo;équipe de chanteurs réunie par l&rsquo;Opéra de Reims pour cette création mondiale, même si aucun des personnages secondaires ne tire la couverture à soi (mentionnons quand même le timbre claironnant du contre-ténor <strong>Nicolas Zielinski</strong>, ou la brillante soprano<strong> Julia Knecht</strong>). Toujours éblouissante, <strong>Magali Arnault-Stanczak </strong>se joue des difficultés du rôle d&rsquo;Alma jeune fille, qui exploite ses facilités dans l&rsquo;aigu et le suraigu sans pour autant faire mal aux oreilles. <strong>Dan Popescu </strong>impose une solide présence scénique dans le rôle du père, malgré le texte ésotérique qu&rsquo;il a à chanter. Kokoschka tourmenté, <strong>Till Fechner </strong>enthousiasme par la fermeté de son timbre et par la netteté de son articulation, qui permet de savourer la poésie de Baudelaire sans avoir besoin des surtitres. Le rôle d&rsquo;Alma était initialement destiné à être créé par Maria Riccarda Wesseling, mais celle-ci a été remplacée, pour une raison inconnue, par <strong>Sophie Angebault</strong>. Les moyens vocaux de cette chanteuse française ne font aucun doute, mais on pourrait regretter une véhémence un peu uniforme dans l&rsquo;expression ; l&rsquo;actrice défend fort bien son rôle, et ne craint pas d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au nu intégral quand la mise en scène l&rsquo;exige.</p>
<p>A la tête des quatorze musiciens de l&rsquo;<strong>Ensemble KNM Berlin</strong>, le chef <strong>Nicolas Farine </strong>se montre attentif à tous les détails de cette partition souvent complexe. En dépit de quelques réserves, on aimerait que les créations contemporaines suscitent toujours autant de questionnements, et l&rsquo;on espère que l&rsquo;œuvre connaîtra d&rsquo;autres reprises après les représentations prévues à la fin du mois en Suisse, à la Chaux-de-Fond.</p>
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