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	<title>Johan FARJOT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Johan FARJOT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Folle soirée à Vienne &#8211; Paris (Invalides)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/folle-soiree-a-vienne-paris-invalides/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 07:17:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;approche de la Saint Sylvestre, la valse s’engouffre dans les salles de concert comme le vent froid dans les rues de Paris. La Cathédrale Saint-Louis des Invalides délaisse les cantiques pour tourner sur trois temps. Wer Tanzt mit, la polka rapide d’Eduard Strauss – le frère de Johann  junior – ouvre « une folle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;approche de la Saint Sylvestre, la valse s’engouffre dans les salles de concert comme le vent froid dans les rues de Paris. La Cathédrale Saint-Louis des Invalides délaisse les cantiques pour tourner sur trois temps. <em>Wer Tanzt mit</em>, la polka rapide d’Eduard Strauss – le frère de Johann  junior – ouvre « une folle soirée à Vienne » qui tient plus de la danse de salon que du bal de l’Empereur. L’Ensemble Contraste dirigé au piano par <strong>Johan Farjot</strong>, tente de pallier l’absence d’orchestre symphonique. <em>Tritsch Tratsch Polka</em> ou la cinquième <em>Danse hongroise</em> de Brahms sont pages trop rebattues par des formations brillantes pour ne pas paraître timides dans un arrangement pour une quinzaine d’instruments, en dépit de la valeur de l’arrangement et de l’éloquence des instrumentistes.</p>
<p>Le sang viennois coule pourtant, à travers les voix de <strong>Marianne Croux </strong>et de <strong>Léo Vermot-Desroches</strong>. <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Elle, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee/">Donna Anna il y a peu au Théâtre de l’Athénée</a> – « Non mi dir » inséré entre deux airs de Lehár et Kálmán le rappelle. </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Lui, ténor distingué aux Victoires de la musique classique en 2023, bientôt promis aux premiers rôles – il sera Alfredo dans</span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> La traviata </em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">à Tours en fin de saison. </span><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">Elle et lui alternant sur scène pour se rejoindre dans « Weisst du es noch ? » de </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">Princesse Csardas</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);"> et « Glück, das mir verlieb » de </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">Die Tote Stadt</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">, en milieu et en fin de concert.</span></p>
<p>La complicité ne s’acquiert pas en une seule soirée. Si irrésistibles soient les atours mélodiques de ces duos, la séduction des deux chanteurs agit moins ensemble que séparément. <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Elle, par le pouvoir d’un soprano au médium élargi sans que l’aigu ait pâti de cet élargissement, les registres soudés, le timbre gorgé de sève et de fruit dans un « Meine Lippe, die küssen so heiß » à la sensualité naturelle puisqu’induite par la voix, dosant jusqu’au tragique l’intensité de la romance d’Antonia, moins inspirée par « non mi dir » – étonnamment –, car peut-être trop confiante pour avoir chanté récemment l’air sur scène, ou au contraire entravée par l’absence du soutien dramatique qu’apportent le théâtre et ses artifices. Allez savoir ! </span>Lui, plus long à céder à l’ivresse de la valse, encore raide dans « Grüß mir mein Wien » extrait de <em>Comtesse Mariza</em> pour mieux se libérer dans une chanson de Kleinsach à la diction irréprochable, dans la noble lignée d’un chant français qui aujourd’hui a pour porte-drapeau Bernheim et Alagna, usant de la voix mixte pour renouveler l’éventail de couleurs tout en préservant intacte sa force d’émission, alternant puissance et douceur comme l’exige ce parangon de <em>Tauberlieder</em> qu’est « Dein ist mein ganzes Herz ». <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Elle et lui réunis par deux bis, « Heure exquise » de </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">La Veuve joyeuse</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> (en français donc) et de nouveau « Weisst du es noch ? », musique pour laquelle Johan Farjot dit avoir eu un coup de cœur, partagé en ce qui nous concerne.</span></p>
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		<title>La Dolce Vita selon Marco Angioloni</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-dolce-vita-selon-marco-angioloni/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre France et Italie, le ténor Marco Angioloni célèbre la « Dolce vita » avec une reprise très actuelle de chansons, d’extraits d’opérettes et de comédies musicales des années 30 aux années 50, en italien, français et même en anglais. Avec ses complices de l’ensemble Contraste, ses amis chanteuses (Ambroisine Bré, Karine Deshayes) et chanteur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre France et Italie, le ténor <strong>Marco Angioloni</strong> célèbre la « Dolce vita » avec une reprise très actuelle de chansons, d’extraits d’opérettes et de comédies musicales des années 30 aux années 50, en italien, français et même en anglais. Avec ses complices de l’<strong>ensemble Contraste</strong>, ses amis chanteuses (<strong>Ambroisine Bré</strong>, <strong>Karine Deshayes</strong>) et chanteur (<strong>Juan-Carlos Echeverry</strong>) et grâce aux fabuleux arrangements de <strong>Johan Farjot</strong>, ce regard en arrière sur un répertoire qu’ont popularisé ténors, crooneurs et autres chanteurs de charme, gagne ici une touche de modernité plutôt rare, toujours pleine d’allant et d’humour, mais non sans une légère nostalgie.<br />
Ce choix d’un album crossover (qui vise en général à gagner un auditoire plus large) n’est pas du seul fait de notre ténor d’origine italienne, lauréat de la Fondation Royaumont, de l’Académie Baroque d’Ambronay et formé au Centre de Musique Baroque de Versailles. On le sait, toutes les stars du lyrique s’y précipitent également. Ce n’est pas du goût de tous les mélomanes et c’est dommage ; surtout ici, tant Marco Angioloni chantant avec sa voix naturelle redonne vie, charme et poésie à ces hits un peu dépassés du passé. Il s&rsquo;agit moins de se mettre dans les pas d&rsquo;un Luis Mariano ou d&rsquo;un Beniamino Gigli que de démontrer l&rsquo;éternelle jeunesse de ces airs aux musiques revisitées à notre goût.<br />
Avant d’aller l’écouter à Nice au Gala des Étoiles de demain (7 novembre) et au Château de Versailles dans <em>Sosarme</em> de Haendel (16 décembre), découvrons-le reprenant une chanson interprétée par Vittorio de Sica, extraite d’un film de 1932 de Mario Camerni. Comme Tino Rossi ou Mario Lanza avant lui (mais avec infiniment plus de naturel donc), son « Parlami d’amore Mariú » nous propose joliment de nous évader dans un éternel été, jusqu’aux aigus bien filés du finale. Le choix de son medium, moins lumineux sans doute mais plus allègre, est décidément excellent (rien de plus horrible que ces chansons reprises en voix de stentor lyrique devant un parterre de malentendants), nous offrant ainsi de belles nuances et de riches coloris, par exemple dans un extrait de « L’Auberge du Cheval Blanc » (une opérette allemande de 1930) chantée ici en français (« Rien qu’une fois, ma mie ») en duo avec une Ambroisine Bré un rien trop fidèle au style lyrique quant à elle. L’énergie et la gaieté sont bien au rendez-vous, les superbes arrangements du pianiste Johan Farjot de Contraste jouant vraiment un rôle essentiel dans la réussite de cet album.<br />
La chanson pittoresque de Cesare Cesarini « Firenze Sogna » par M. Angioloni nous ramène avec joie vers d&rsquo;inoubliables vacances toscanes, heureusement sans la mandoline qui accompagnait un Giuseppe di Stefano, mais avec la clarinette agile de <strong>Jean-Luc Votano</strong>. Si le vibrato du ténor est parfois un peu trop présent, la ligne vocale un peu flottante dans l’opérette allemande de Ralph Benatzky, la voix débarrassée de ces menus défauts s&#8217;empare avec gourmandise des autres titres jusqu’à la fin du programme. Facilité et limpidité seront les maîtres mots du style Angioloni, prouvant que l&rsquo;ambitus de la voix (sans forcer) est bien large.<br />
De la chanson de Mireille sur des paroles de Jean Nohain, «&nbsp;Puisque vous partez en voyage&nbsp;» magnifiquement interprétée en idéale symbiose avec la très mutine et très juste Karine Deshayes, le haut registre dominé sans faute dans «&nbsp;Acapulco&nbsp;» ou en duo avec Juan-Carlos Echeverry impeccable ami (« Quand on est deux amis ») du « Chanteur de Mexico », jusqu’au « Mambo italiano » emprunté à Dean Martin, une reprise qui nous emmène dans une folle nuit de bal, tout est rajeuni, vivant, bref formidable. Rien de vieillot par conséquent dans l’odyssée en voiture italienne que nous propose Marco Angioloni<strong>,</strong> qu&rsquo;elle soit drôlatique (« Ba-ba-baciami piccina ») au rythme du piano percussif ou planante (« Arriverderci Roma ») avec son « Good Bye » ailé en finale, accompagnée d&rsquo;un bien joli chœur.</p>
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		<title>Récital Karine Deshayes et Delphine Haidan &#8211; Cahors</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-karine-deshayes-et-delphine-haidan-cahors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 08:33:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cahors, préfecture du Lot (Occitanie), ses 20&#160;000 habitants, sa cathédrale Saint-Etienne et, depuis 2016, son festival «&#160;ClassiCahors&#160;», porté par Michel Tétaud, président de l’association, Emmanuel Pélaprat, directeur artistique et Sonia Sempéré-Pélaprat, directrice générale. Au cours des huit dernières années, près de 20 000 spectateurs ont assisté aux différents spectacles, d’éminents artistes tels que Jordi Savall, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cahors, préfecture du Lot (Occitanie), ses 20&nbsp;000 habitants, sa cathédrale Saint-Etienne et, depuis 2016, son festival <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://classicahors.com/">«&nbsp;ClassiCahors&nbsp;»</a>, porté par Michel Tétaud, président de l’association, Emmanuel Pélaprat, directeur artistique et Sonia Sempéré-Pélaprat, directrice générale. Au cours des huit dernières années, près de 20 000 spectateurs ont assisté aux différents spectacles, d’éminents artistes tels que Jordi Savall, William Christie, Alexandre Kantorow, le Chœur de la Radio lettone, Thierry Escaich, Thibaut Garcia, Théotime Langlois de Swarte, Ophélie Gaillard, Laurent Cabasso, Les Eléments, Michel Legrand, Le Chœur de l’Armée Française, Marie-Laure Garnier, Lucienne Renaudin-Vary ont apporté leur contribution. A noter aussi l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, au rendez-vous chaque année, et un partenariat avec le festival Radio France Occitanie-Montpellier depuis 2018. Belle initiative qui permet d&rsquo;accéder à des concerts de qualité à des tarifs imbattables.<br />
L’occasion de nous intéresser de plus près à cet événement en région est la première programmation, dans le cadre de ce festival, d’un concert lyrique avec un récital donné par <strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Delphine</strong> <strong>Haidan</strong>, accompagnées du pianiste, compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et professeur stéphanois <strong>Johan Farjot</strong>. Le théâtre municipal de Cahors offre la possibilité à près de 400 spectateurs d’assister aux retrouvailles du pianiste et des deux mezzo-sopranos, complices déjà à plusieurs reprises, notamment lors d’un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/deux-mezzos-sinon-rien-les-trois-font-la-paire/">enregistrement</a> et de quelques concerts dont celui à la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-karine-deshayes-et-delphine-haidan-paris-philharmonie-honneur-aux-femmes/">Philharmonie à l’automne 2022</a>. L’affiche qui était initialement annoncée reprenait en grande partie celle du CD intitulé «&nbsp;Deux mezzos sinon rien&nbsp;», le programme entendu différait toutefois sensiblement avec notamment la suppression de mélodies de Mendelssohn, Massenet, Fauré et Chausson, et l’ajout bienvenu de pièces de Rossini.<br />
On retrouve sans surprise chez Karine Deshayes les qualités tant appréciées dans l’enregistrement cité plus haut. De ces pièces qui nécessitent moins de virtuosité que d’intelligence et d’expressivité, elle s’empare avec délicatesse et, notamment dans les quatre Brahms au programme, offre toute les nuances que les textes proposent : la poésie, l’amour sororal, mais aussi l’ironie, l’humour même et bien entendu l’expression de l’amour infini (« Von ewiger Liebe »). Johan Farjot a bien fait, dès le début du programme, d’indiquer succinctement le contenu des pièces chantées en langue allemande.<br />
<em>Les filles de Cadix</em> sont l’occasion pour Karine Deshayes de rappeler que la vista et la technique peuvent être convoquées à tout moment, ainsi que dans les Rossini, notamment dans la célèbre <em>Canzonetta spagnuola</em>.<br />
Delphine Haidan, bien que toujours «&nbsp;officiellement&nbsp;» mezzo-soprano, penche aujourd’hui nettement vers l’alto et c’est de fait dans le bas de la gamme que les couleurs sont les plus chaudes et les plus naturelles. Les deux complices s’accordent parfaitement dans les duos et l’on sait gré à Karine Deshayes de laisser toute sa place au contre-chant. Le «&nbsp;Di&nbsp; tanti palpiti&nbsp;» en revanche n’était pas obligatoire, qui nécessite une agilité et une souplesse que peu de contraltos possèdent.<br />
Enfin Johan Farjot reprend avec un plaisir évident un programme qu’il connaît sur le bout des doigts, et notamment cette « Jeune fille aux cheveux de lin » qui, jouée de la sorte, c’est-à-dire avec toutes les couleurs impressionnistes possibles et imaginables, nous rappelle qu’il ne s’agit pas uniquement d&rsquo;une pièce pour pianiste débutant.</p>
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		<title>Lovescapes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lovescapes-antidote-a-latonalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contempteurs de musique contemporaine, ne passez pas votre chemin ! Pianiste, chef d’orchestre, jazzman, co-directeur de l’Ensemble Contraste et aussi compositeur, Johan Farjot avoue rester « un pur produit du Conservatoire de Paris marqué par une école française héritée de Fauré, Ravel ou Nadia Boulanger ». Un album intitulé Lovescapes le confirme. Deux cycles de mélodies sur des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contempteurs de musique contemporaine, ne passez pas votre chemin ! Pianiste, chef d’orchestre, jazzman, co-directeur de l’Ensemble Contraste et aussi compositeur, <strong>Johan Farjot</strong> avoue rester « un pur produit du Conservatoire de Paris marqué par une école française héritée de Fauré, Ravel ou Nadia Boulanger ». Un album intitulé <em>Lovescapes</em> le confirme. Deux cycles de mélodies sur des poèmes de David Tepfer – <em>Lovescapes </em>pour soprano et piano ; <em>Shikoku Songs</em> pour ténor et piano –  forment l’essentiel du programme, complété par une poignée de pièces vocales et instrumentales.</p>
<p>Sans s’éloigner des rives d’une réconfortante tonalité, la musique dessine à l’encre de chine des paysages aux reliefs estompés. « Havre de paix pour l’oreille et l’esprit, en accord avec les traditions de l’île de Shikoku, un lieu de méditation et de pèlerinage », explique <strong>David Tepfer</strong> dont la voix – parlée – berce la dernière plage de l’album (« One short moment »).</p>
<p>Une barque glisse sur des arpèges liquides. Affleurent, cachés derrière le brouillard des notes, les visages de Ravel, Britten, Copland et même Wagner dont l’esprit de <em>Tristan </em>hante certaines des mélodies de <em>Lovescapes, </em>recueil présenté par Johan Farjot, comme « la première pierre d’une tétralogie » ambitionnant à terme de devenir un opéra « dans un style à définir, qui soit digne du XXIe siècle ».</p>
<p>Pour l’heure, le compositeur dit avoir voulu « mettre en musique ce que l’amour dit du temps qui passe. Le temps qui s’arrête et le temps qui s’accélère vers une fin inéluctable ». Quête proustienne dont l’aboutissement doit beaucoup à l’excellence de ses interprètes. Ainsi, Johann Farjot, lui-même, s’appliquant à démontrer au piano l’adage selon lequel on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ainsi <strong>Ambroisine Bré</strong> irradiée par les rayons de « Heart to heart », une déclaration amoureuse à un soleil d’hiver. Ainsi<strong> Jeanne Gérard</strong> épaulée par l’alto obsédant d’<strong>Arnaud Thorette</strong>. Ainsi <strong>Delphine Haidan</strong> qui d’une voix brûlante se consume dans le récit hypnotique de <em>Kaguya</em> inspiré par un conte japonais. Ainsi <strong>Stanislas de Barbeyrac </strong>et <strong>David Kadouch</strong> narrateurs inspirés de <em>Shikoku</em>, « l’histoire d’un couple qui se découvre au cours d’une aventure cycliste au Japon ». Puis <strong>Sandrine Piau</strong>, vouivre troublante intaillée en ces paysages d’amour (<em>lovescapes</em>) qui donnent leur nom à l’album.  </p>
<p>A l&rsquo;écart des abimes autant que des sommets, l’écriture vocale sait ne pas mettre en danger des chanteurs assumant leur accent français en cohérence avec une démarche multiculturelle où influences musicales américaines avouées et poèmes en langue anglaise rejoignent une francité originelle. En cette période de <em>dry january</em>, voilà un antidote à l&rsquo;atonalité qu&rsquo;il faut siroter tel un Oolong dont la longue infusion peut révéler des aromes envoûtants.</p>
<p> </p>
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		<title>Deux mezzos sinon rien</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/deux-mezzos-sinon-rien-les-trois-font-la-paire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jan 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici un disque que l’on rougit d’avoir oublié plusieurs semaines sous une pile de courrier trop vite ouvert, l’esprit sans doute accaparé par d’autres tâches estimées à tort ou à raison plus impératives. Cessons. Il n’y pas d’excuses comme il n’y a pas de hasard. Dès la première plage, « Die Schwestern » – le plus insouciant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici un disque que l’on rougit d’avoir oublié plusieurs semaines sous une pile de courrier trop vite ouvert, l’esprit sans doute accaparé par d’autres tâches estimées à tort ou à raison plus impératives. Cessons. Il n’y pas d’excuses comme il n’y a pas de hasard. Dès la première plage, <em>« Die Schwestern »</em> – le plus insouciant des quatre duos de Brahms (op. 61) –, c’est une bouffée de joie qui pénètre l’oreille et suggère des images d’Epinal influencées par le calendrier et des températures enfin de saison : la magie de l’hiver d’avant le réchauffement climatique, des paysages blancs, l’intimité rustique d’une chaumière, une cheminée où le feu crépite, une invitation à se recroqueviller dans les harmonies enveloppantes de deux voix amies.</p>
<p><strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Delphine Haidan</strong> forment un duo depuis une quinzaine d’années. Sous le nom facétieux de « Deux Mezzos sinon rien », le temps a scellé une complicité établie par la confusion de deux timbres identiques et pourtant dissemblables. Qu’il s’agisse d’opéra ou comme ici de mélodie, le répertoire préfère apparier mezzo et soprano. L’ambiguïté des tessitures joue en la faveur des deux chanteuses. Sur l’étoffe plus sombre de Delphine, les fils de soie ouvrés par Karine composent un velours somptueux dont on aime le toucher doux et la surface brillante. Le piano serein de <strong>Johan Farjot</strong> n’est pas étranger à l’impression d’équilibre qui se dégage de l’ensemble. Ces trois-là font la paire.</p>
<p>L’hédonisme sonore s’avèrerait une condition nécessaire mais insuffisante s’il n’était animé par le plaisir – et le désir – de faire de la musique ensemble. Les interprètes respirent de concert tout au long des vingt plages d’un album que les mezzos parcourent main dans la main, comme deux sœurs – ces « schwestern » que Brahms a voulues fusionnelles. Mendelssohn, dans les six duos (opus 63) dont les quatre premiers seuls figurent au programme, procède de la même euphonie. Les deux voix s’enserrent, se caressent et ne se séparent que pour mieux s’enlacer – « Herbstlied » et son incessant tourbillon.</p>
<p>Le répertoire français offre aux deux chanteuses plus d’indépendance, en même temps qu’il nimbe la lumière de rayons de lune – « La Nuit » de Chausson – et de soleil – « El desdichado » de Saint-Saens avec son rythme de boléro comme une invitation à franchir les Pyrénées. C’est alors que les palettes de couleur deviennent plus distinctes, fuligineuse pour l’une, mordorée pour l’autre. La netteté des lignes ici, la précision de l’attaque là, compensent les contours parfois flous de la diction. L’opéra, voire l’opérette – « Joie » –, affleure lorsque Massenet s’en mêle. Ecrit en 1871 pour soprano et ténor, « Rêvons c‘est l’heure » fut recyclé dans <em>Esclarmonde</em>. La critique estima alors trop suggestives l’effusion des vocalises et l’obstination moite de l’accompagnement. Avec Fauré et les arpèges délicats de « Puisqu’ici-bas toute âme », la conversation devient dialogue avant qu’en une boucle judicieuse, Brahms ne referme d’un geste doux et mélancolique cette promenade enchantée.</p>
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