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	<title>Francesco BOSSI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Francesco BOSSI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Il campanello/ Deux hommes et une femme &#8211; Bergame</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le drame de Caterina Cornaro le festival Donizetti 2025 propose une soirée où deux farse sont réunies. Ce vocable italien désigne les œuvres courtes qui étaient d’abord destinées à « farcir », c’est-à-dire à remplir les intervalles entre les actes des opéras « sérieux » selon une pratique en vogue au XVIIIe siècle, avant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le drame de <em>Caterina Cornaro </em>le festival Donizetti 2025 propose une soirée où deux <em>farse </em>sont réunies. Ce vocable italien désigne les œuvres courtes qui étaient d’abord destinées à « farcir », c’est-à-dire à remplir les intervalles entre les actes des opéras « sérieux » selon une pratique en vogue au XVIIIe siècle, avant de prendre leur autonomie. Pour varier les plaisirs du spectateur ébranlé par la représentation d’une action tragique, ces intermèdes étaient bouffons ou visaient à l’être. A Bergame <em>Il campanello </em>et <em>Deux hommes et une femme </em>se succèdent dans l’ordre chronologique de leur composition et de leur création.</p>
<p>La particularité du premier est qu’il est tout entier – paroles et musique – à Donizetti, qui en mai 1836 se fit librettiste en quelques jours pour venir à la rescousse de la troupe du Teatro Nuovo de Naples, alors menacé de faillite. Il s’inspira d’une comédie-vaudeville créée à Paris en 1835, intitulée <em>La sonnette de nuit</em> signée Brunswick, Barthélemy et Lhérie, (qu’on peut lire sur le site de Gallica), la traduisit en l’émondant et transcrivit en dialecte napolitain les interventions du buffo. Pour la reprise de mai 1837 au Teatro del Fondo, l’italien remplaça le dialecte, les dialogues devinrent des récitatifs accompagnés et l’air d’Orsini « Il segreto per essere felice » de <em>Lucrezia Borgia </em>fut remplacé par une romance du recueil <em>Nuits d’été à Pausilippe</em>. C’est cette version qui est donnée pour ce festival 2025.</p>
<p>Le deuxième ouvrage, Donizetti ne le vit jamais représenté. Arrivé à Paris en 1838 il le composa, à la demande de l’Opéra-Comique, sur le livret de Gustave Vaëz, librettiste débutant mais déjà réputé comme auteur de comédies. Une suite d’impondérables empêchèrent la création, tant à Paris qu’à Naples, où Donizetti envisagea en 1841 qu’elle eût lieu en italien. <em>Deux hommes et une femme </em>fut finalement présenté en 1860 à l’Opéra-Comique alors que Donizetti était mort depuis douze ans.</p>
<p>Comment réunir ces deux œuvres a priori si disparates ? Dans la première, près de Naples, un riche pharmacien imbu de lui-même sera tenu en échec par un rival impudent qui l’empêchera, par des expédients comiques, d’entrer dans le lit conjugal pour mieux l’y précéder. Dans la deuxième une femme qui croit que son mari brutal est mort dans un naufrage s’est remariée avec un homme qu’elle tyrannise. Or le premier a survécu, au loin, et lui aussi la croit morte dans un incendie. Désireux de se remarier il revient en France pour se procurer le certificat de sa première union. Ils se revoient donc mais elle  refuse de le reconnaître car elle devrait reprendre la vie conjugale sous sa férule. Or il ne veut plus d’elle, et le deuxième mari aimerait échapper à cette mégère. Mystifiée par le premier elle lui abandonne le précieux document. Le deuxième, croyant qu’elle a choisi le premier, se rend compte qu’il tient trop à elle pour l’abandonner. Il décide de rester et de suivre désormais les conseils du premier : il traitera sa femme avec fermeté, sans aller toutefois jusqu’à la battre pour qu’elle sache qui est le maître.</p>
<p>Comment relier ces deux œuvres ? L’ingéniosité du moyen saute aux yeux quand on découvre le décor conçu par <strong>Serena Rocco,</strong> qui accole la pharmacie et l&rsquo;hôtel. Il a des chambres en retrait dont les fenêtres donnent sur la terrasse depuis laquelle Rita, la patronne, observe en contrebas, pendant <em>Il campanello,</em> les invités de la noce – qui se déroule dans son établissement mitoyen de la pharmacie – attablés devant le bar ouvert sur la rue. A moins qu’elle ne surveille un serveur ni très rapide ni très adroit dont on découvrira qu’il n’est autre que Peppe, son mari souffre-douleur. Derrière le bar un employé qui sera aussi le gardien de nuit de l&rsquo;hôtel où le pharmacien, cela va de soi, a réservé des chambres, pour sa belle-mère, lui et sa femme ; hôtel où Gasparo, le premier mari, désormais installé au Canada, arrivera avec sa compagne, un personnage ajouté.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DO25-Campanello-Deux-hommes-GFR_7115.jpg?&amp;cacheBreak=1763547063794" />© Gianfranco Rota</pre>
<p>Réfractaire par principe à ces ajouts, nous admettons bien volontiers qu’il a sa pertinence dramatique : sa présence, bien que muette, est particulièrement éloquente. Cette femme imposante a des manifestations d’impatience qui suggèrent que Gasparo a trouvé son maître en matière d’autorité. Cela  dédramatise heureusement ce que son discours sur la méthode coup de poing pour assurer la paix du ménage pourrait avoir d’insupportable. De même la mère de la mariée, qui dans la comédie française fait des compliments conventionnels à son gendre, se comporte ici comme si elle cherchait à combler des retards d’affection masculine, ou lâchait la bride à un riche tempérament que la circonstance émoustille. Ces choix de <strong>Stefania</strong> <strong>Bonfadelli</strong>, qui interprète les données pour qu’elles s’accordent à la transposition temporelle –  la fin des années soixante du siècle dernier, à en juger par les costumes ? – et donc la libération des comportements, sont validés par leur efficacité comique. Ainsi l’oie blanche qui ne supportait pas l’infidélité d’Enrico ne tarde pas à retomber sous le charme du bagout de ce tombeur impénitent. Tandis que son mari est retenu à la pharmacie, elle se donne du bon temps avec Enrico, et quand le pharmacien part pour Rome, leurs ombres chinoises trahissent une sarabande érotique débridée. Pour empêcher le pharmacien d’accéder à la chambre nuptiale Enrico s’est servi de la loi qui oblige les pharmaciens à délivrer eux-mêmes les médicaments en se présentant une fois comme un jeune fêtard français, puis comme un chanteur lyrique, enfin comme le vieux mari d’une vieille affectée de tant de maux que le pharmacien devra lui préparer une ordonnance  interminable. L’inspiration pour le deuxième personnage est évidemment Luciano Pavarotti, clin d’œil parfaitement en situation. Le dernier aurait-il dû être une vieille, comme l’indiquent les paroles du livret ? On a peine à imaginer la difficulté que représenterait pour un chanteur  de devoir chanter en voix de fausset plusieurs tirades composées d&rsquo;énumérations à débiter rapidement, dont l’interprète s’acquitte magistralement. Ces trois mystifications propices à tous les débordements restent sous contrôle et c’est peut-être cette mesure qui est la principale qualité de cette approche : adapter, mais pas trop, pour garder aux œuvres la saveur de leur caractère original sans le dévergonder.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DO25-Campanello-Deux-hommes-GFR_3092-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1763547063794" />© Gianfranco Rota</pre>
<p>La distribution des deux farces appelle des éloges, à commencer par les choristes de l’Académie de La Scala, qui représentent les invités au mariage, et en tenant compte que la majorité des interprètes sont des élèves de la <em>Bottega </em>Donizetti, l’Académie du Festival. Dans l’ordre de la distribution <strong>Lucrezia Tacchi </strong>est la mariée, dotée d’un duo avec son ex et de retour en scène pour le départ du pharmacien. La séduction est évidente mais le charme vocal gagnera à être travaillé davantage. <strong>Eleonora de Prez </strong>cisèle la moindre syllabe de son personnage comique de belle-mère envahissante et lui donne ainsi toute son étendue. Le mari impatient et frustré n’est pas ici un personnage ridicule en soi, même si on peut le trouver un peu compassé, mais une victime de la ruse d’un rival astucieux. La voix de <strong>Pier Paolo Martella </strong>a un aplomb, une projection, une souplesse et une volubilité qui régalent. <strong>Francesco Bossi</strong>, dans le rôle multiple du séducteur Enrico – militaire en permission, apprenti comédien en répétition – a toute la désinvolture scénique souhaitable et se tire haut la main des vocalises du pseudo-chanteur d’opéra et du défi pour l’agilité phonatoire que constitue l’ordonnance qu’il débite impeccablement. Acteur et chanteur polyvalent, <strong>Giovanni Dragano </strong>est Spiridione, <strong> </strong>l’employé derrière le bar.</p>
<p>On le retrouve dans l’hôtel de Rita, inséré en somnambule qui reprend une mélodie et en veilleur de nuit bien peu vigilant car très détendu par le cannabis. Rita, la femme peut-être aigrie par son premier mariage et bien décidée à avoir le dessus sur son deuxième mari, trouve en <strong>Cristina De Carolis </strong>une interprète sachant alterner la brutalité et l’abandon quand l’introspection et l’indécision désarment sa vivacité, rendant crédible les changements d’humeur du personnage. Son souffre-douleur, ce deuxième mari trop soumis, est incarné par le ténor <strong>Cristobal Campos Marin</strong>, dont la corpulence certaine ne fait pas à priori une proie facile, mais dont la souplesse et l’étendue vocale lui permettent de soupirer de façon convaincante avant de frimer – en écho à Nemorino – à la perspective d’échapper au dragon. Reste le premier mari, le brutal disparu qui refait surface. Son entrée décidée sur scène renseigne sur une vigueur physique retrouvée, et quand il ouvrira la bouche le bonheur sera de le retrouver avec la santé vocale qu’on lui connaissait. <strong>Alessandro Corbelli</strong>, le vétéran au milieu de cette génération d’interprètes, est un phare qui illumine le plateau : la clarté de son élocution, la perfection de sa diction du français – auprès de laquelle celle des autres interprètes sonne largement perfectible – la fermeté impeccable de l’émission, l’infaillibilité des nuances, et cette <em>vis comica</em> qui lui permet d’obtenir des effets majeurs avec un ascétisme exemplaire des moyens, sa présence à elle seule est un véritable bonheur et le public le lui fera savoir !</p>
<p>Dans la fosse <strong>Enrico Pagano </strong>dirige avec la nervosité et la subtilité idoines ces compositions destinées à accompagner le sourire provoqué par les situations. Il est admirablement secondé au pianoforte par <strong>Ugo Mahieux. </strong>Le succès des musiciens et des chanteurs précède celui réservé à l&rsquo;équipe de la réalisation scénique, entièrement féminine. Décidément, comme dit Gasparo, le monde a bien changé !</p>
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		<title>ROSSINI, L&#8217;inganno felice &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-linganno-felice-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de L’inganno felice reprend du service à Bad Wildbad, où sauf erreur elle est à l’affiche du Festival Rossini pour la troisième fois depuis vingt ans. Nous en avions rendu compte en juillet 2015 et dit du bien du spectacle. Le metteur en scène, Jochen Schönleber, l’a-t-il revu et modifié çà et là &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de <em>L’inganno felice </em>reprend du service à Bad Wildbad, où sauf erreur elle est à l’affiche du Festival Rossini pour la troisième fois depuis vingt ans. Nous en avions rendu compte en juillet 2015 et dit du bien du spectacle. Le metteur en scène, <strong>Jochen Schönleber</strong>, l’a-t-il revu et modifié çà et là pour coller davantage à l’air du temps depuis l’avènement du mouvement #metoo ? Quand deux femmes et un homme représentent les mineurs, cela signifie-t-il qu’il y a pénurie de figurants masculins ou cela souligne-t-il la surexploitation du « deuxième sexe »? Quand la garde rapprochée du duc est composée d’un homme et d’une femme, s’agit-il de proposer un exemple de parité ? Et quand la victime, la femme fidèle injustement condamnée, se juche sur le capot de la jeep et jette aux quatre vents les documents dont Batone est porteur, le trait n’est-il pas forcé, au risque de déformer le personnage ? Sans doute, en souhaitant faire reconnaître qu’elle a été maltraitée injustement Isabella sert-elle la cause des autres femmes, mais à aucun moment dans l’œuvre elle ne prétend porter leur parole ou leur combat. Cela dit, la proposition est lisible et, à en juger par les réactions, satisfait largement les attentes du public.</p>
<p>La figuration est cette année réduite à un strict minimum mais l’intérêt de cette reprise était d’abord pour nous de confronter le chef d’orchestre Antonino Fogliani à lui-même. Las, on apprend que des ennuis de santé l’empêchent d’être présent après la première, et c’est une femme, qui devait diriger la dernière, qui sera au pupitre ce soir. <strong>Claudia Patanè</strong>, qui préfère qu’on l’appelle « chef » porte un nom rendu glorieux par deux hommes, Franco et son fils Giuseppe, mais elle assure qu’il s’agit d’une simple homonymie. En tout cas, si l’hérédité n’a rien à y voir, son talent est une conquête toute personnelle et on ne doute pas que ce chef fera son chemin : elle n’a rien à envier à ses collègues masculins quant à l’énergie, et elle a manifestement une connaissance très fine des dynamiques rossiniennes. Peut-être aurait-on pu souhaiter par instants un son moins opulent, mais il faut bien marquer les accents dramatiques et cela dépend aussi des interprètes.</p>
<p>A l’exception de <strong>Francesco Bossi</strong>, qui est présent pour la troisième année après avoir remporté le prix du public et confirme sa qualité vocale en incarnant le bourru Tarabotto, le chef des mineurs sensible au malheur d’autrui qui a recueilli l’infortunée échouée sur une plage et la protège depuis dix ans en tout bien tout honneur,&nbsp; et de<strong> Edoardo Di Cecco</strong> dans le rôle de l&rsquo;intrigant&nbsp; libidineux Ormondo, les autres interprètes sont les élèves de l’Académie du Festival. Ces voix de basse sont remarquables, tant celles des susnommés que celle d’ <strong>Eugenio Maria Degiacomi</strong>, élève de l&rsquo;Académie qui campe Batone, le préposé aux mauvais coups, lui-même menacé par le cynique Ormondo. Tous trois ont une projection vigoureuse, une bonne extension, une agilité&nbsp; satisfaisante et le souci de nuancer autant que possible.</p>
<p>La désappointement léger naît plutôt des attentes : on ne connaît généralement pas les élèves de l’Académie, mais on se souvient qu’Olga Peretyatko, Maxim Mironov ou Laurence Brownlee ont chanté à Bad Wildbad, et on se dit que le miracle pourrait se reproduire. Le duc influençable et toujours amoureux est échu à <strong>Paolo Mascari</strong>, qui fait sans doute de son mieux mais qui semble &nbsp;impressionnable au point que la voix sonne d’abord étroite, haut placée et parfois nasillarde, avant de s’ouvrir davantage et de libérer une extension et une agilité satisfaisantes. Quant à <strong>Xiangjie Liu</strong>, dans le rôle d’Isabelle, on ne peut nier qu’elle s’investit pour incarner cette femme douloureuse et, ici, franchement révoltée par la présence de ses bourreaux, mais si la projection et l&rsquo;extension sont convenables ni le timbre ni l’agilité ne donnent le frisson espéré.</p>
<p>Au final donc, l’essentiel reste la découverte d’un chef probablement promis à une grande carrière pour de bonnes raisons, et la confirmation de la qualité des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Cracovie, dont le flûtiste© Aleksander Olszewski est le brillant représentant sur scène, tandis qu’Andrès Jesùs Gallucci assure le continuo au clavicorde avec une volubilité discrète et élégante.</p>
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		<item>
		<title>ROSSINI, L&#8217;Italiana in Algeri &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Belle affluence et beau succès pour cette Italiana in Algeri qu’une intelligente transposition n’altère pas. Isabella n’est plus la rescapée d’un naufrage en mer mais fait partie des concurrents malheureux du Paris-Dakar, comme l’indique sa voiture vraisemblablement ensablée ou/et en panne. Des « corsaires » du désert la conduisent au «döner kebab» qu’on a découvert &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Belle affluence et beau succès pour cette <em>Italiana in Algeri</em> qu’une intelligente transposition n’altère pas. Isabella n’est plus la rescapée d’un naufrage en mer mais fait partie des concurrents malheureux du Paris-Dakar, comme l’indique sa voiture vraisemblablement ensablée ou/et en panne. Des « corsaires » du désert la conduisent au «döner kebab» qu’on a découvert dans la scène d’introduction et qui appartient à Mustafa. Le lieu est succinct : à cour, un comptoir sur lequel trône la vitrine contenant la broche ; à jardin une table et deux chaises ; en fond de scène une estrade que dévoile un rideau coulissant où apparaîtront tour à tour le bey vautré dans sa puissance sur le canapé et dans la dernière scène le véhicule précité, orienté en sens inverse pour ce départ qui est un retour.</p>
<p>Que ce dispositif soit simple ne signifie pas que la mise en scène de <strong>Jochen Schönleber </strong>soit rudimentaire, au contraire : ainsi dans la vitrine où tourne la broche, apparaissent les visages du bey et de son épouse, et cette vision qui les enferme dans un huis clos en les faisant rôtir à petit feu explicite leur relation. Dans un kebab il y a des broches, et elles apparaîtront à l’évocation du pal ; il y a aussi des hachoirs, et leur maniement par les choristes en tant qu’employés contribueront à l’effroi du pusillanime Taddeo. Et quand on remet au bey une épaisse liasse de billets qu’il compte avec la rapidité d’une machine, il n’y a aucun doute : c’est le patron, avec tous les sous-entendus que l’on voudra. C’est simple mais très efficace, et comme les costumes sont agréables à l’œil – encore que Taddeo soit affublé façon Liberace, était-ce nécessaire ? – cela suffit à notre bonheur. Seule vraie réserve, dans la scène des Pappataci, les spaghettis sur la tête du bey…</p>
<p>Cette sobriété, peut-être fille de la contrainte économique, et la complicité du cadre du Kurtheater, un écrin dont l’acoustique est incomparablement meilleure que celle de la Trinkhalle et dont les dimensions permettent de se concentrer sur le jeu des interprètes, sont des atouts pour la représentation. Tous membres de l’Académie à l’exception d’Emmanuel Franco, talent confirmé qui revient à Bad Wildbad pour le plaisir, les chanteurs font montre d’un engagement qui révèle toute la saveur des personnages et des situations. L’insipide Zulma devient, par la vis comica sous contrôle de <strong>Camilla Carol Farias</strong>, une ardente féministe muselée par sa condition mais dont les mimiques éloquentes sont aussi expressives qu’un discours. La douce Elvira ne perd pas un instant l’occasion de de radoucir Mustafa, et plus elle se fait empressée et prévenante et plus il se renfrogne et la rabroue. Alors elle se lamente, et les harmoniques aigües font de sa plainte une sirène propre à horripiler. Mention bien à <strong>Oksana Vakula&nbsp;</strong>!</p>
<p>Même Haly trouve son épaisseur et prend vie par la verve de <strong>Francesco Bossi</strong>, couronné l’an dernier et revenu se perfectionner, qui capte le public avec son air de sorbetto «&nbsp;le femmine d’Italia&nbsp;». Déjà nommé, <strong>Emmanuel Franco </strong>ne nous fait rien perdre des moindres nuances de Taddeo, cet homme pleutre, mesquin, ridicule et en même temps pitoyable, tant par ses mimiques que par sa voix flexible très bien projetée. Découvert l’an dernier in loco, le ténor <strong>Hyunduk Kim </strong>inquiète un peu au début car on ne retrouve pas la sûreté vocale et l’aplomb qui nous avaient séduit. Mais peu à peu il corrige le vibrato et son Lindoro atteint la qualité d’émission et d’expressivité espérées.</p>
<p>Après la <em>Messa di Gloria </em>on retrouve <strong>Dogukan Özkan</strong>. Comme son nom l’indique il est de famille turque, et on ne niera pas qu’à le voir, haute taille, épaisse barbe noire, on a pensé aux portraits des farouches sultans de la Sublime Porte. Mais cette apparence impressionnante n’est pas un cache-misère pour des dons d’acteur limités : son visage mobile exprime le ressenti avec une finesse précise qui nous a rappelé plusieurs fois le jeu de Lorenzo Regazzo. Quant à la prestation vocale, le rôle tombe exactement dans sa voix, ce qui rend l’écoute délectable puisqu’à aucun moment on ne sent l’effort, et même on trouve superflue la coquetterie qui lui fait couronner l’air « Già d’insolito ardore » par un aigu brillant.</p>
<p>«&nbsp;O che pezzo da Sultano&nbsp;» s’écrie Mustafa en voyant Isabella. Tout est fait, par son costume et sa coiffure, pour que <strong>Polina Anikina </strong>soit à l’image de ce cri du cœur&nbsp;: elle semble sortir des pages d’un magazine et à ce physique de mannequin elle allie une souplesse de danseuse qui lui donne toute la désinvolture scénique nécessaire. Et comme le ramage vaut le plumage, cette chanteuse nous offre une Isabella qui fera date&nbsp;: homogène et corsée, la voix court sans effort sur toute l’étendue de la tessiture, avec l’agilité et la volubilité requises. A aucun moment elle ne recourt aux expédients destinés à pallier quelque faiblesse ponctuelle&nbsp;; certes quelques vocalises n’étaient pas impeccables, mais que cette voix est belle&nbsp;!</p>
<p>Dans la fosse dont l’exigüité contraint des musiciens à occuper des loges d’avant-scène, <strong>José Miguel Pérez-Sierra </strong>glisse sa forte carrure, et ouvre les vannes à l’effervescence d’un tissu orchestral dont les composantes sonores prennent dans l’acoustique de ce théâtre de poche tout leur relief et leur couleur. Il maintient jusqu’au bout cette tension nerveuse qui soutient l’énergie de l’œuvre tout en jouant des ruptures, un peu comme au football, une de ses passions, de brefs ralentissements sont aussitôt suivis d’une accélération fulgurante. Tout l’art est de doser&nbsp;: on doit faire sentir les vibrations sans aller jusqu’au risque de capoter. Cet équilibre sur le fil nous a comblé&nbsp;!</p>
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		<title>CARAFA, Masaniello ou le pêcheur napolitain &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carafa-masaniello-ou-le-pecheur-napolitain-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 05:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1647 l’Espagne a besoin d’argent pour financer la Guerre de Trente Ans qui n’en finit pas. Pour en obtenir le nouveau vice-roi de Naples décide, en juillet, d’augmenter les taxes sur les fruits. Une émeute éclate sur un marché pour obtenir l’annulation de la mesure et le rétablissement des privilèges antiquement accordés à la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/carafa-masaniello-ou-le-pecheur-napolitain-bad-wildbad/"> <span class="screen-reader-text">CARAFA, Masaniello ou le pêcheur napolitain &#8211; Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1647 l’Espagne a besoin d’argent pour financer la Guerre de Trente Ans qui n’en finit pas. Pour en obtenir le nouveau vice-roi de Naples décide, en juillet, d’augmenter les taxes sur les fruits. Une émeute éclate sur un marché pour obtenir l’annulation de la mesure et le rétablissement des privilèges antiquement accordés à la ville par les souverains espagnols. Le vice-roi tergiverse mais finit par traiter avec le meneur, le pêcheur Masaniello, qui perdra la raison et sera assassiné.</p>
<p>Sur ces événements historiques, qui le concernaient particulièrement en tant que Napolitain et membre d’une famille princière dont un représentant fut condamné à mort par Masaniello, le compositeur Michele Carafa écrivit en 1827 un opéra qui fut créé avec succès à Paris à l’Opéra-Comique. Hélas, deux mois plus tard le même sujet traité par Scribe et Auber parut sur la scène de l’Académie Royale de Musique sous le titre <em>La Muette de Portici</em> &nbsp;et&nbsp; le <em>Masaniello</em> de Carafa perdit peu à peu la faveur du public jusqu’à disparaître du répertoire.</p>
<p>C’est donc à une résurrection que nous conviait le Festival de Bad Wildbad, dans une version de concert enregistrée en vue de l’édition d’un disque. En 1827, le compositeur est installé à Paris depuis plusieurs années&nbsp;; l’y a retrouvé en 1824 celui dont il est devenu l’émule après avoir été son rival au San Carlo, Gioachino Rossini, pour lequel il avait écrit la prière de Mosè dans la première version de <em>Mosè in Egitto</em>. La critique française de l’époque souligne la dépendance stylistique de Carafa envers son cadet. Cela le pique-t-il ? Avec <em>Masaniello </em>il semble chercher à prouver qu’il peut s’émanciper et écrire lui aussi «&nbsp;à la française&nbsp;», comme Rossini l’a fait dans <em>Le Siège de Corinthe </em>et <em>Moïse et Pharaon</em>.</p>
<p>Et en effet, les lignes de chant sont simplifiées, les fioritures assez parcimonieuses, les agilités raréfiées, mais les couleurs, les timbres, les procédés orchestraux, l’usage du cor, la présence d’un orage, les réminiscences, involontaires ou non, l’imprégnation rossinienne est si forte qu’il ne peut – ou ne veut, car malgré tout la vogue rossinienne est au plus haut – s’en dépouiller. Comme il semble avoir du mal – à moins qu’il ne faille y voir malice – à renoncer aux marches militaires, lui qui fut officier dans les armées napoléoniennes, où l’on pourrait percevoir un écho de ces « marches de l’Empire » composées pour les parades du régime impérial. Ce pourrait être une entourloupe à la censure tatillonne au service de Charles X – qui renâcla à admettre le sujet &#8211; que de passer en fraude plusieurs allusions sonores au règne de « l’usurpateur ».</p>
<p>Cet allant guerrier, marqué avec force percussions et cuivres, va au paroxysme au quatrième acte quand il s’agit de faire entendre l’explosion de l’éruption du Vésuve. L’orchestre de la Philharmonie Szymanowski de Cracovie ne s’épargne pas, pas plus que <strong>Nicola Pascoli, </strong>qui dirige sans temps mort. Par moments on se demande si autant de volume est nécessaire, car les couleurs des timbres sont assez explicites, et on en revient à s’interroger sur l’évolution de la facture des instruments et l’intérêt qu’aurait représenté une exécution sur instruments d’époque.</p>
<p>L’œuvre est donnée sans coupures majeures, quand d’autres se permettent de retrancher des personnages les simples « utilités », comme le couple des marquis Caraccioli. Cependant certains interprètes doivent chanter plusieurs rôles et on imagine quelle confusion cela a pu représenter pour les spectateurs, en dépit des surtitres. Ainsi le ténor <strong>Massimo Frigato</strong>, à la voix bien projetée et bien timbrée, est tour à tour un montreur de marionnettes et un homme du peuple. Le Vénézuélien <strong>Luis Magallanes</strong>, ténor lui aussi, est d’abord l’odieux Calatravio, chef des percepteurs de taxes, avant d’être le comte de Torellas, le gentilhomme espagnol qui soupire pour la belle plébéienne à qui il doit la vie sans jamais se départir d’une courtoisie chevaleresque, incarnations qu’il impose grâce à une émission vigoureuse qu’il sait nuancer. Tous deux sont de la cuvée actuelle de l’Académie.</p>
<p>Le baryton <strong>Francesco Bossi </strong>est successivement le Gouverneur de la ville de Naples, et le rebelle Giacomo, celui qui sera la dupe de Torellas ; couronné ici même l’an dernier du prix Belcanto, il confirme son talent dans un trio de l’acte II, qu’on aurait souhaité plus nettement comique. Matteo, le frère de Masaniello, est échu au ténor paraguayen <strong>Juan José Medina</strong>, qui exploite ce rôle ingrat sans forcer le trait. Son épouse, Therésia, &nbsp;trouve en <strong>Camilla Carol Farias – </strong>revenue à l’Académie dont elle fut lauréate l’an dernier – une interprète réactive, à la voix longue et souple, qui a bien canalisé un tempérament dramatique expansif si bien que la musicalité est intacte.</p>
<p>Leona, l’épouse de Masaniello, est celle qui met le feu aux poudres en choisissant de renverser son étal plutôt que de payer la taxe, ce qui lui vaut d’être arrêtée et enfermée à moins de consentir à payer une amende exorbitante. Mais avant tout c’est une jolie femme et sa beauté, bien qu’elle soit vertueuse – c’est-à-dire fidèle et réservée –&nbsp;fait l’objet de commentaires, de convoitises, d’insinuations, autant de moyens de faire pression sur elle et d’éveiller la jalousie de son mari. Le personnage est dans l’action, tour à tour énergique, attentif ou attentiste, en fonction de l’évolution de la situation, et <strong>Catherine Trottmann </strong>met en lumière ces facettes, mais c’est sa romance qui lui offre l’occasion de déployer ses moyens vocaux dans des volutes et des hauteurs &nbsp;dignes des soprani rossiniens.</p>
<p>Leona est la cible d’un personnage dont on ne sait trop comment il a obtenu l’oreille du gouverneur de Naples, alors qu’il ne cesse de manœuvrer pour nuire aux Espagnols, qu’il accuse de l’avoir ruiné. Ruffino – on entend la racine ruffian – vise à manipuler l’influençable Masaniello en excitant sa jalousie contre le comte de Torellas, qu’en intrigant bien informé il a reconnu même s’il feint le contraire, dans une scène dont la drôlerie n’a pas été rendue perceptible. Cette âme sans foi ni loi qui a un aplomb à toute épreuve permet à <strong>Nathanaël Tavernier </strong>de faire montre d’une excellente diction et d’exprimer par l’arrogance de l’extension sa voix de basse le cynisme du personnage.</p>
<p>Apparemment remis de son indisposition de la veille, <strong>Mert Süngü&nbsp;</strong>affronte victorieusement l’épreuve du rôle-titre. Que parfois la tension soit perceptible dans certains aigus en force est véniel, car la contrainte de devoir rester en scène pour cette version de concert s’ajoute à la longueur du rôle où les airs s’enchaînent, comme entre l’acte I et II. La recherche de nuances est indéniable, et appréciée, mais elle est entachée par un relâchement de la diction, en particulier au dernier acte. A noter que globalement la prononciation du français n’est pas rédhibitoire pour les non-francophones même si elle est parfois très appliquée.</p>
<p>Il serait injuste de ne pas mentionner l’apport des chœurs de la Philharmonie Szymanowski, qui parviennent malgré un effectif modeste – 25 participants ? –&nbsp;à fournir une &nbsp;matière sonore convaincante.</p>
<p>L’assistance était maigre, il faut l’admettre. Certains commentaires estimaient que l’œuvre aurait pu rester où elle était. Au-delà de notre satisfaction de l’avoir découverte, il nous a semblé que pour un titre aussi riche de péripéties, travestissements, double jeu, méprises, contrastes entre place populaire et décor palatial, la meilleure option serait une version scénique. Mais son coût pourrait être exorbitant, à moins que les ressources techniques contemporaines ne permettent de trouver des équivalents aux dispositifs nécessaires pour faire fonctionner un grand spectacle. Une des raisons de la désaffection du public parisien consécutive à la création de <em>La muette de Portici </em>résidait d’ailleurs dans la supériorité du spectaculaire proposé à l’Académie Royale de Musique en comparaison de la proposition de l’Opéra-Comique. En attendant une hypothétique résurrection, on guettera l’enregistrement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carafa-masaniello-ou-le-pecheur-napolitain-bad-wildbad/">CARAFA, Masaniello ou le pêcheur napolitain &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PACINI, Gli Arabi nelle Gallie &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pacini-gli-arabi-nelle-gallie-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour prévenir toute équivoque, le titre n&#8217;annonce pas un opéra sur la sociologie de la France contemporaine. Cela dit, les informations suivantes sur l&#8217;œuvre proviennent d&#8217;un texte dû à Giuseppina Mascari, qui a réalisé l&#8217;édition critique, reproduit dans le programme de salle. Créée en mars 1827 à Milan, l&#8217;intrigue repose sur la trame d&#8217;un roman &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour prévenir toute équivoque, le titre n&rsquo;annonce pas un opéra sur la sociologie de la France contemporaine. Cela dit, les informations suivantes sur l&rsquo;œuvre proviennent d&rsquo;un texte dû à Giuseppina Mascari, qui a réalisé l&rsquo;édition critique, reproduit dans le programme de salle. Créée en mars 1827 à Milan, l&rsquo;intrigue repose sur la trame d&rsquo;un roman français, <em>Le renégat</em>, publié en 1822 à Paris et traduit en italien en 1824. Son auteur, Charles-Victor Prévost, vicomte d&rsquo;Arlincourt, adapte « à la française » la vogue médiévale venue d&rsquo;Outre-Manche en peignant les infortunes d&rsquo;une princesse chrétienne, Ezilda, à l&rsquo;époque des expéditions musulmanes en terre franque. Son futur époux, Clodomiro, a disparu lors des désordres qui ont accompagné la fin des rois mérovingiens dont il était l&rsquo;héritier. En fait, rescapé de maints dangers, il est arrivé en terre d&rsquo;Islam, s&rsquo;est converti et sous le nom d&rsquo;Agobar il commande désormais l&rsquo;armée d&rsquo;invasion, animé par le ressentiment et la volonté de détruire le royaume franc. Des paysages tourmentés, sauvages, menaçants servent de décor au drame à la fin duquel les deux protagonistes meurent. Agobar cumule les traits du héros romantique, le solitaire, l&rsquo;exilé poursuivi par l&rsquo;adversité, marqué par le destin et qui porte malheur à qui le fréquente et qui l&rsquo;aime.</p>
<p>Ce récit touffu Romanelli s&rsquo;évertua à le réduire aux dimensions d&rsquo;un livret d&rsquo;opéra en ne retenant que les moments saillants de l&rsquo;aventure et en supprimant nombre de personnages. Dans le camp chrétien, auprès d&rsquo;Ezilda on trouve le général Leodato, amoureux d&rsquo;elle, le barde Gondaïr, qui s&rsquo;accompagne de la harpe, et l&rsquo;abbesse du couvent où Ezilda se réfugie quand les troupes des musulmans menacent son château. Revenu en vainqueur sur les lieux témoins de la chute de sa dynastie Agobar/Clodomiro éprouve amertume et désir de vengeance ; mais ayant revu Ezilda il finit par renoncer à tout détruire et annonce qu&rsquo;il va se retirer vers un autre front, ce qui favorise une contrattaque victorieuse des chrétiens. Deux officiers arabes, dont l&rsquo;un le soutient et l&rsquo;autre le contestera avant de l&rsquo;assassiner, complètent la distribution, avec les chœurs des montagnards des deux sexes, des soldats arabes et des vierges du monastère. Créée&nbsp; à La Scala dans une mise en scène signée d&rsquo;Alessandro Sanquirico l&rsquo;œuvre fut acclamée, donnée dans la foulée à Vienne et ensuite à Naples, et durant les dix années suivantes elle fut représentée dans quatre-vingt productions différentes. Et puis elle quitta l&rsquo;affiche, le goût changeait. Vingt-sept ans plus tard, Pacini revoit&nbsp; son opéra et compose plusieurs numéros nouveaux pour le Théâtre Italien de Paris, mais l&rsquo;accueil est tiède pour&nbsp; une pièce jugée surannée. Dès lors le titre disparaît du répertoire. En le programmant, le festival Belcanto de Bad Wildbad a visé juste : le public est venu nombreux, même de l&rsquo;étranger, et la satisfaction dominait largement à l&rsquo;issue du concert.</p>
<p>Satisfaction de la découverte et satisfaction de l&rsquo;exécution. On considère souvent Pacini comme un musicien qui pour exister s&rsquo;est baigné dans la lumière de Rossini, et lui-même reconnaît, dans ses <em>Mémoires,&nbsp; </em>avoir cherché le succès en s&rsquo;inspirant des procédés qui faisaient la réputation et la fortune de l&rsquo;Astre. Or on découvre, à l&rsquo;écoute de l&rsquo;œuvre, que si tel air ou tel chœur en portent l&#8217;empreinte, pour l&rsquo;essentiel la musique sonne souvent comme du Bellini, et on se prend, à l&rsquo;aide de la chronologie, à se demander non pas si mais quand et combien de fois l&rsquo;auteur de <em>Norma</em> a pu entendre <em>Gli Arabi nelle Gallie</em>, tant les timbres, les couleurs et les courbes mélodiques de Pacini ramènent à lui. Giuseppina Mascari attire l&rsquo;attention sur la manière dont le compositeur s&rsquo;écarte de Rossini dans les airs, en séparant nettement l&rsquo;entrée déclamée et la partie chantée où l&rsquo;émotion est soutenue par les arpèges à l&rsquo;orchestre, comme on peut l&rsquo;entendre dans la cavatine de Leodato au premier acte et dans l&rsquo;air d&rsquo;Ezilda au deuxième. A l&rsquo;écoute, le chœur d&rsquo;entrée saisit par son ampleur, composé d&rsquo;hommes et de femmes en groupes divers, qui expriment leur détresse et leur effroi, auxquels le barde s&rsquo;efforce de redonner du courage. En tout le chœur intervient à huit reprises, sujets d&rsquo;Ezilda, soldats chrétiens, guerriers arabes, moniales, chacun est caractérisé par les émotions exprimées. Récitatifs secs habités par l&rsquo;excellent <strong>Paolo Raffo</strong>, musique de scène enregistrée mais parfaitement synchronisée pour restituer les effets de spatialisation et donner à entendre l&rsquo;arrivée de l&rsquo;armée arabe, orgue pour accompagner le prière d&rsquo;Ezilda, l&rsquo;introduction au violoncelle et au cor anglais du duo entre Ezilda et Agobar, les courbes mélodiques répétées qui imprègnent et qu&rsquo;on est prêt à reprendre, sans oublier les coloratures et ornements à la fois hédonistes et expressifs, on a bien du plaisir à écouter cette musique !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/solistes-pacini-1-1000x600.jpg" alt="">© Rossini in Wildbad</pre>
<p>Aussi exprimerons-nous d&rsquo;abord une reconnaissance globale pour tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce projet, au premier rang desquels <strong>Marco Alibrando</strong>. Sa direction précise et sensible a ressuscité pour nous le souffle d&rsquo;une oeuvre que ses qualités redécouvertes devraient réintégrer au répertoire. Sans doute est-elle exigeante, pour les chœurs, nous l&rsquo;avons dit, et pour les solistes, en particulier le quatuor formé par Gondaïr, Leodato, Ezilda et Agobar. Le premier, investi du rôle de survivant de la classe des druides, à la fois poète et guide, est le dépositaire de secrets et contribue par son influence à rassurer le peuple inquiet même s&rsquo;il n&rsquo;a pas d&rsquo;air à proprement parler. Le baryton-basse <strong>Roberto Lorenzi</strong> impressionne à la fois par sa haute taille et par la projection d&rsquo;une voix bien timbrée dont l&rsquo;énergie, liée à l&rsquo;expressivité de la musique, annonce celle des barytons Verdi.</p>
<p>Le rôle en travesti du général malchanceux et si contrit d&rsquo;avoir perdu alors qu&rsquo;il avait promis la victoire, et qu&rsquo;il espérait, grâce à ce triomphe personnel, obtenir enfin l&rsquo;amour d&rsquo;Ezilda, pour qui il soupire ardemment mais sans trop oser le lui dire, et elle ne l&rsquo;aide pas car elle semble ne rien comprendre à ses ébauches de déclaration – la scène pourrait être comique, n&rsquo;était le contexte dramatique – est défendu par <strong>Diana Haller</strong> . Elle s&rsquo;est emparée avec détermination du personnage et elle fait un sort à sa cavatine d&rsquo;entrée, à ses duos avec Ezilda et Agobar et au trio avec Ezilda et Gondaïr, égale à elle-même dans l&rsquo;étendue de sa voix, sa maîtrise technique, sa vigueur et sa capacité à transmettre les états d&rsquo;âme de ce malchanceux général. <strong>Serena Farnocchia </strong>incarne celle pour qui il soupire en vain, la princesse qui a eu le malheur de perdre celui qu&rsquo;elle aimait, qui depuis l&rsquo;attaque de son domaine intercède en faveur du peuple pour lequel elle prie dans le monastère où elle s&rsquo;est réfugiée. Revoir celui qu&rsquo;elle aimait, qu&rsquo;elle croyait mort, en renégat dont la puissance militaire la menace libère en elle une houle de sentiments contrastés où les souvenirs du passé sont combattus par la réalité présente. C&rsquo;est ce tumulte intérieur que la musique reflète et que Serena Farnocchia exprime avec toutes les ressources de sa longue voix et sa maîtrise virtuose des figures de style du belcanto, de l&rsquo;imploration caressante à l&rsquo;évocation nostalgique en passant par les éclats de l&rsquo;émotion. Quant au rôle à la tessiture si éprouvante d&rsquo;Agobar, qui impose sauts d&rsquo;octave et agilités enchaînées à des cadences vertigineuses, tout en réclamant une sensibilité certaine pour exprimer le mélange complexe de nostalgie, de ressentiment et d&rsquo;apaisement au bout duquel le personnage, venu pour faire un massacre et tout détruire, repartirait si un adjoint furieux d&rsquo;un abandon qu&rsquo;il assimile à une trahison ne le poignardait, c&rsquo;est <strong>Michele Angelini </strong>qui relève le défi, avec le panache qu&rsquo;on lui connaît, sans éluder les risques qu&rsquo;il assume crânement. Dans le rôle de ses deux adjoints, l&rsquo;ami et le conjuré, <strong>Francesco Lucii </strong>et <strong>Francesco Bossi</strong><strong>,</strong> deux élèves de l&rsquo;Académie,&nbsp; figurent dignement auprès de leurs aînés dans la carrière. Quant à l&rsquo;abbesse, le rôle donne à <strong>Camilla Carol Farias</strong> l&rsquo;occasion de faire entendre une voix pleine et bien posée.</p>
<p>Tous, solistes, choristes et musiciens de la Philharmonie de Cracovie, ont été longuement ovationnés par un public manifestement ravi. Espérons que l&rsquo;enregistrement réalisé permettra de retrouver le plaisir de la découverte, que les auditeurs de la radio bavaroise ont pu&nbsp; connaître ce samedi 22 juillet.</p>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jul 2023 06:33:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De Beaumarchais, pour le livret destiné à Rossini, Sterbini n&#8217;a retenu que la trame qui nous fait témoins amusés de l&#8217;échec final d&#8217;un homme que son âge et sa position sociale donnaient a priori vainqueur malgré ses ridicules. Séquelles d&#8217;un traumatisme ancien ? Cet homme craint par dessus tout d&#8217;être cocu. D&#8217;où son intention d&#8217;épouser &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De Beaumarchais, pour le livret destiné à Rossini, Sterbini n&rsquo;a retenu que la trame qui nous fait témoins amusés de l&rsquo;échec final d&rsquo;un homme que son âge et sa position sociale donnaient a priori vainqueur malgré ses ridicules. Séquelles d&rsquo;un traumatisme ancien ? Cet homme craint par dessus tout d&rsquo;être cocu. D&rsquo;où son intention d&rsquo;épouser sa pupille, dont il peut garantir la vertu et dont il jouit déjà de la richesse. Inquiété par un soupirant il a quitté Madrid pour Séville. Or l&rsquo;arrivée du séducteur est annoncée : la signature du contrat de mariage devient une urgence. Malheureusement pour lui son rival recevra l&rsquo;aide d&rsquo;un homme inventif et sans scrupules.  Au final, les sentiments sincères et l&rsquo;astuce l&#8217;emporteront sur la cupidité et la concupiscence. Bref, tout dans l’œuvre vise à divertir, le caractère ronchon et pusillanime du barbon, le cynisme tranquille de l&rsquo;intrigant, la rouerie innée de la jeune fille, le coup de théâtre final qui consomme la défaite de la coercition patriarcale, tout appelle au moins le sourire..</p>
<p>Alors, pourquoi <strong>Jochen Schönleber</strong> transforme-t-il le barbon traditionnel, bougon, pompeux et pusillanime, en homme neurasthénique, dépressif, qui semble chercher refuge dans un lit où il ne trouve pas le repos car il s&rsquo;y agite beaucoup et y est cerné de visions énigmatiques qu&rsquo;il perçoit comme menaçantes ? N&rsquo;est-il pas oiseux de chercher à donner de la profondeur à des personnages qui sont déjà; à l&rsquo;époque de la création de l&rsquo;œuvre, des archétypes ? Dès l&rsquo;Antiquité on a vu sur le théâtre des barbons avares et/ou libidineux être les victimes de l&rsquo;astuce de jeunes gens n&rsquo;ayant ni leur expérience ni leur entregent, mais pleins des appétits et de l&rsquo;inventivité de la jeunesse. Le valet astucieux peu soucieux de la loi, l&rsquo;ingénue dont la sincérité n&rsquo;exclut pas la rouerie, l&rsquo;amoureux ardent mais maladroit en font partie. C&rsquo;est sur eux que Sterbini et Rossini travaillent. La mise en scène est indéniablement très soignée, même si elle échoue, pour nous, à porter au bout la gageure de représenter l&rsquo;œuvre comme un long cauchemar de Bartolo. Par exemple les hommes en pyjama rayé qui cernent son lit seraient liés à un sentiment de culpabilité, et l »intervention de la garde serait la hantise de qui se veut respectable, Mais outre que cela ne fonctionne pas sur la durée, puisqu&rsquo;en dehors de sa présence l&rsquo;action suit son cours &#8211; or le rêveur est toujours témoin &#8211;  cela complique la réception de l&rsquo;œuvre sans que l&rsquo;on en perçoive la nécessité.</p>
<p>En revanche la direction d&rsquo;acteurs est très fouillée, et c&rsquo;est elle qui donne sa cohésion au spectacle car les interactions des personnages sont bien en situation et mettent en valeur les éléments susceptibles de faire rire. Le gag de l&rsquo;aubade qui tourne à la chanson flamenca est banal, mais il est ici exécuté avec une bonne grâce plaisante. La transformation d&rsquo;Ambrogio de serviteur en garnement turbulent ajoute de la drôlerie même si elle complique la perception du personnage. La démonstration par le pseudo-maître de musique des avantages de la respiration ventrale donne lieu à quelques approximations gestuelles équivoques. Sans revenir sur la conception du personnage de Bartolo, que <strong>Fabio Maria Capitanucci</strong> s&rsquo;est ingénié à incarner, celui de Rosina est défendu avec conviction par <strong>Teresa Iervolino</strong>. Dommage pour nous, qui aimons une Rosina fragile, incertaine de soi mais courageuse, prête à se lancer dans une vie autonome avec son premier amour, que son personnage soit ici souvent proche de l&rsquo;agressivité, ce qui rend moins cohérentes ses lamentations sur celle de son tuteur. On pourra dire qu&rsquo;elle réagit ainsi parce que son tuteur l&rsquo;exaspère, mais alors on la considère comme une personne réelle alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;un personnage de fiction, et ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;elle chante « saro una vipera » qu&rsquo;il faut en faire une virago qui passe un foulard autour du cou de son tuteur et le tire derrière elle tel un animal. Dans une autre production, au lieu de tout casser quand Bartolo lui dit que Lindoro l&rsquo;a trompé pour le céder  à Almaviva, Rosina se mettait sur son trente-et-un pour démontrer au séducteur scélérat ce qu&rsquo;il allait perdre, et l&rsquo;effet était garanti !</p>
<p>Si la proposition scénique nous laisse donc circonspect, en revanche les interprètes nous ont séduit. Dans le rôle d&rsquo;Ambrogio &#8211; rendu muet par la suppression de la scène où il baille tandis que Berta éternue &#8211; élevé du rang de domestique à celui de fils naturel de Bartolo &#8211; <strong>Lorenzo Fogliani</strong> semble s&rsquo;amuser beaucoup à jouer les garnements turbulents avant d&rsquo;incarner le notaire muet. <strong>Francesco Bossi</strong>, dont la désinvolture scénique est remarquable, fait valoir en Fiorello et en officier de la garde une voix bien timbrée et vigoureuse. Elève comme lui de l&rsquo;Académie de Belcanto, <strong>Francesca Pusceddu</strong> campe une Berta toute dévouée à son maître et fait valoir la hauteur de ses notes aiguës dans le grand final du premier acte comme sa versatilité dans l&rsquo;air du deuxième acte. Egal à lui-même avec peut-être une désinvolture scénique accrue, <strong>Shi Zong </strong>prête sa voix de basse profonde à Basilio, dont il chante toutes les notes tout en habitant le personnages d&rsquo;un cynisme bonhomme qui le soustrait à la caricature. A <strong>César Cortes</strong>, ancien de l&rsquo;Académie, il revient d&rsquo;incarner l&rsquo;apprenti Don Juan touché par l&rsquo;amour; il s&rsquo;en acquitte avec l&rsquo;élan et l&rsquo;élégance nécessaires, et quand il le faut la<em> vis comica</em> liée aux déguisements. L&rsquo;agilité notable et le sens des nuances confirment son adéquation au rôle. Sa Rosina, Teresa Iervolino, est inégale. Au début elle aborde la cavatine de façon conventionnelle, avec le souci  du spectaculaire, pour faire un sort aux paroles plus qu&rsquo;à la situation et l&rsquo;émotion n&rsquo;est pas au rendez-vous. Elle surgira au deuxième acte, où en dépit de la réserve que nous inspire la conception du personnage, l’interprète nous émeut par la fluidité du chant. Là, quand elle donne l&rsquo;illusion de la facilité, l&rsquo;interprète sert idéalement Rossini . Cette impression de facilité, si elle n&rsquo;est pas constante, domine largement dans ce que Fabio Capitanucci transmet de Bartolo. Le chanteur se plie docilement aux indications de mise en scène et joue consciencieusement l&rsquo;homme dépressif peut-être à cause de secrets inavouables. La voix semble plus large, plus solide que dans nos souvenirs et la désinvolture scénique sans aucun doute a nettement progressé. <strong>John Chest</strong>, enfin, qui chante le rôle depuis plusieurs années, est un Figaro assez sobre, sans les excès d&rsquo;histrion qui parfois alourdissent le personnage. La voix est sonore, l&rsquo;étendue suffisante, la projection bonne, la diction correcte, la tenue scénique exemplaire, on pourra en juger sur l&rsquo;enregistrement destiné à une publication ultérieure.</p>
<p>Irréprochables vocalement les artistes du chœur Philharmonique de Cracovie, car quelques menus décalages dans la synchronisation des mouvements trahissent probablement la fatigue. Aucun reproche à faire non plus aux musiciens de l&rsquo;orchestre Philharmonique de Cracovie, dont on aurait cependant aimé qu&rsquo;ils tempèrent leur énergie au premier acte où leur générosité sonore  a semblé excessive à plus d&rsquo;un auditeur.. C&rsquo;est la quadrature du cercle entre la fatigue qui empêche de se concentrer durablement, les indications de la partition destinées aux instruments de l&rsquo;époque de la création. C&rsquo;est le rôle du chef, dira-t-on, de veiller à la balance afin d&rsquo;éviter que le partenariat entre la fosse et le plateau ne tourne pas à l&rsquo;affrontement. Mais <strong>Antonino Fogliani</strong> se défend : la place qu&rsquo;on occupe dans l&rsquo;espace, influe certainement sur la réception du son. Et puis, comment ne pas jouer cette musique avec énergie ? C&rsquo;est la production d&rsquo;un Rossini de 24 ans, qui y a mis toute la sienne ! Et on comprend que c&rsquo;est cette verve malicieuse que le directeur musical de Bad Wildbad nous restitue avec amour.</p>


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