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	<title>Burkhard FRITZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Burkhard FRITZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Beethoven Symphonies 9</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-symphonies-9-et-la-lumiere-fut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jan 2020 10:12:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est en ce début d’année anniversaire que Philippe Jordan et les Wiener Symphoniker – dont il est le directeur musical depuis 2014 – achèvent leur cycle d’enregistrements des neuf symphonies de Beethoven. Bien que passage obligé pour tout orchestre symphonique – qui plus est viennois ! –, les premiers albums avaient réussi à surprendre grâce à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est en ce début d’année anniversaire que <strong>Philippe Jordan</strong> et les <strong>Wiener Symphoniker</strong> – dont il est le directeur musical depuis 2014 – achèvent leur cycle d’enregistrements des neuf symphonies de Beethoven.</p>
<p>Bien que passage obligé pour tout orchestre symphonique – qui plus est viennois ! –, les premiers albums avaient réussi à surprendre grâce à une direction enlevée et des choix de tempo originaux. Qu’on les approuve ou non, ils avaient en tout cas montré une lecture approfondie des œuvres ainsi qu’une vision d’ensemble, permettant une belle unité d’une symphonie à l’autre : la neuvième était donc l’occasion de transformer l’essai.</p>
<p>Cette fois-ci, pas de surprise concernant les tempos ; sans être exactement ceux indiqués par le compositeur, ils semblent familiers à l’oreille. Mais rarement – jamais ? – avons-nous entendu une interprétation aussi lisible de la partition. Voici un Beethoven débarrassé des lourdeurs dont certains chefs l’ont paré, un Beethoven qui retrouve tout simplement ses racines classiques : bien que joué sur instruments modernes, les Wiener Symphoniker semblent avoir tiré les leçons des interprétations sur instruments d’époque. Le son est pur et chaque pupitre distinctement audible en un maillage étroit des voix, permettant d’entendre la complexité de l’écriture, et l’oreille percevant chaque détail d’une partition qui se déploie avec une limpidité rare.</p>
<p>Ainsi, dès le premier mouvement, le <em>maestoso</em> n’est pas tant pesant que lumineux ; au milieu d’une musique extrêmement dramatisée surgissent des moments sereins où une force tranquille se révèle, avec plus de majesté que ne le feraient des <em>fortissimos</em> acharnés.</p>
<p>Le deuxième mouvement, vif et allant, ne s’appesantit jamais grâce à un phrasé extrêmement bien travaillé – et des flûtes et une clarinette solo superbes. Quant au troisième, il est un sommet de raffinement grâce à l’expressivité des pupitres de violons et de violoncelles et à une utilisation très élégante du <em>pizzicato</em>.</p>
<p>Mais le quatrième mouvement est sans doute le plus surprenant tant il évite les lourdeurs et les grands débordements romantiques. Dès l’apparition à l’orchestre du thème de « L’hymne à la joie », le son est solennel mais sans noirceur : c’est une joie pure, simple, rayonnante, et non démesurée comme on l’entend si souvent – et comme le chef avait pu la diriger avec l’orchestre de l’Opéra de Paris en 2015.</p>
<p>Un choix d’interprétation payant, et qui s’accorde bien avec le texte de Schiller mis en musique par Beethoven. Mais évoquer ce dernier mouvement est toujours un peu délicat concernant les chanteurs, tant l’écriture vocale se révèle inconfortable. Entre une tessiture tendue pour les voix aiguës, des intervalles qui se prêtent mal au chant, un long solo entrecoupé de silences pour le ténor, l’effectif choral et orchestral… Difficile pour un interprète d’être mis en valeur par une telle œuvre.</p>
<p>On dira donc qu’<strong>Anja Kampe</strong> s’en sort très bien pour une partie si ardue, et que <strong>Burkhard Fritz</strong>, en plus d’une fort belle voix – même si l’on regrette un aigu appuyé dans son solo –, respecte avec une précision remarquable les indications du compositeur. <strong>René Pape</strong>, bien que la tessiture de sa première intervention soit à la limite de ses moyens, a l’autorité et le sens du phrasé attendus ; quant à <strong>Daniela Sindram</strong>, elle permet que le quatuor soit bien équilibré en ne disparaissant pas derrière ses collègues malgré une écriture quasi exclusivement dans le medium.</p>
<p>Mais la réussite de ce mouvement tient également au <strong>Wiener Singverein</strong> qui ose le <em>piano</em> et des phrasés extrêmement travaillés. Philippe Jordan et <strong>Johann Prinz</strong> ont sans conteste réalisé à ce sujet un travail très pertinent auprès des solistes comme du chœur. La précision de ce dernier achève l’entreprise de lisibilité voulue par le chef et permet une homogénéité très appréciable parmi les chanteurs.</p>
<p>Tous ces choix d’interprétation plairont ou non ; mais ils nous sortent en tout cas du Beethoven monumental et écrasant que l’on nous fait si souvent entendre. La direction de Philippe Jordan est un retour à un compositeur plus humain, privilégiant le dialogue à la narration : c’est le jeu des instruments se répondant les uns aux autres qui construit l’œuvre, qui nous semble soudain étonnamment lumineuse et rayonnante.</p>
<p>Aucun doute que les Wiener Symphoniker y soient pour beaucoup avec leur son si typiquement viennois et des pupitres d’une qualité remarquable et égale : voilà un enregistrement de choix pour accompagner les 250 ans du compositeur.</p>
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		<title>WAGNER, Parsifal — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/parsifal-munich-un-seul-etre-vous-manque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 05:23:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Grand succès de la précédente saison munichoise, l’ultime chef d’œuvre de Richard Wagner est repris cette année avec une distribution largement modifiée. Premier changement, et de taille, le rôle-titre est interprété par Burkhard Fritz au lieu de Jonas Kaufmann. Le ténor allemand offre une belle musicalité, une projection correcte et assez lumineuse dans le haut &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Grand succès de la précédente saison munichoise, l’ultime chef d’œuvre de Richard Wagner est repris cette année avec une distribution largement modifiée. Premier changement, et de taille, le rôle-titre est interprété par <strong>Burkhard Fritz</strong> au lieu de Jonas Kaufmann. Le ténor allemand offre une belle musicalité, une projection correcte et assez lumineuse dans le haut médium, avec un timbre assez agréable à défaut d’être très caractérisé. Les notes les plus aigües sont toutefois rarement franches, plutôt mixées et couvertes, sans beaucoup d’éclat. Dans la partie centrale du rôle, la voix est un brin engorgée plus confidentielle, car le chanteur manque de largeur de timbre. Cette inadéquation finit d’ailleurs par se faire entendre : à force de chanter dans une tessiture trop grave pour ses moyens naturels, Burkhard Fritz finit par fatiguer et doit s’absenter durant son duo avec Kundry, le temps sans doute de se rafraichir après avoir frôler l’accident. Scéniquement, l’artiste, pourtant familier d’un rôle qu’il a chanté jusqu’à Bayreuth, manque singulièrement de charisme et évacue une grande partie de l’émotion dramatique. Sans être indigne, sa prestation nous laisse donc quelque peu sur notre faim. Heureusement rescapée de la distribution originale, <strong>Nina Stemme</strong> est proprement phénoménale en Kundry. Dans ce rôle souvent chanté par des mezzos, le soprano suédois offre un registre central impressionnant d’homogénéité et de puissance, dardant des aigus qui nous clouent à notre fauteuil. Le timbre est chaud, le vibrato bien contrôlé. Scéniquement, sa prestation dramatique embrase le plateau, emportant tout sur son passage. Même ses interventions presque muettes aux actes I et II s’imposent à notre attention par son magnétisme unique. La quasi absence d’une telle artiste sur la scène de l’Opéra de Paris est tout simplement incompréhensible. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/parsifal-munich-de-haut-en-bas">Comme l’avait déjà noté notre confrère en 2018</a>, <strong>René Pape</strong> a du mal à tenir la distance. Son Gurnemanz est parfait d’intériorisation et d’autorité au premier acte. Au dernier en revanche, la basse allemande perd de sa puissance (vocale autant que scénique) et le grain de la voix est altéré. Projection, homogénéité, l’Amfortas de <strong>Michael Nagy</strong> est vocalement remarquable et on le réentendra avec plaisir… dans d’autres rôles. Tant vocalement que scéniquement, le baryton allemand manque en effet par trop de fragilité, et ne semble jamais ressentir la douleur qui est supposée tourmenter le roi des Chevaliers du Graal. <strong>Derek Welton</strong> est l’excellente surprise de cette reprise. Avec son physique un peu poupon, il campe un Klingsor aux allures de Papageno survitaminé, avec une fraicheur juvénile dans la noirceur, absolument originale et très convaincante. Le timbre est clair, avec un peu de gras, la projection en impose par sa puissance naturelle. L&rsquo;émission est parfaitement placée et le baryton australien semble chanter sans efforts : une voix rare à suivre de près. Les autres rôles, moins exigeants, sont parfaitement tenus par les artistes de la troupe. La voix de Titurel, qui chante hors de scène, sonne comme si elle avait été sonorisée, ce qui ne nous semble pas nécessaire. Les chœurs sont irréprochables.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/media.media_.417440f1-90d5-471a-9aad-5666d324b4e4.original1024.jpg?itok=UYq-XT6F" title="© Wilfried Hösl" width="468" /><br />
	© Wilfried Hösl</p>
<p>La production associe le plasticien <strong>Georg Baselitz</strong> et le metteur en scène <strong>Pierre Audi</strong>. Sans grande surprise, Baselitz fait du Baselitz, un peu comme Bill Viola plaquait des œuvres (parfois antérieures) sur le <em>Tristan und Isolde</em> de l’Opéra de Paris. Les rideaux de scène, avec leurs corps tête en bas, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.artnet.fr/artistes/georg-baselitz/die-barrikade-a-BZuJVhXLE7avBWI6u5ndug2">ressemblent furieusement à des œuvres anciennes</a>. La forêt du premier acte est <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wikiart.org/fr/georg-baselitz/the-wood-on-its-head-1969">à peine plus originale</a>, mais son effondrement sur elle-même est impressionnant. Toutefois, pourquoi conserver le même décor pour le château de Montsalvat aux premier et dernier actes ? Pas d’autel, pas de salle, pas de Graal ni de lueur divine… Les Chevaliers sont quant à eux revêtus d’une fausse peau qui caricature leur nudité. On a l’impression d’une cérémonie New-Age dans un camping naturiste pour gays séniors. A l’acte II, les filles-fleurs sont encore moins gâtées, affublées elles aussi du même type d’oripeaux, maculés cette fois de sang de menstruation : voilà qui relativise la résistance de Parsifal à la séduction. Le décor du second acte (une couette à carreaux géante qui, dépliée, figure la muraille de la forteresse de Klingsor) a également un air de déjà vu, du moins quand on prend le temps de parcourir l’œuvre du peintre. Pierre Audi a semblé intimidé par ces décors impressionnants qui s’imposent à l’ouvrage et suscitent une fascination certaine malgré les réserves mentionnées. La direction d’acteur est soignée, mais le metteur en scène n’apporte rien de fondamentalement nouveau à la compréhension de cette œuvre.</p>
<p>On sera tout autant en peine d’originalité pour qualifier la direction de <strong>Kirill Petrenko</strong>, une réussite absolue, à la tête d’un orchestre exceptionnel. Le tempo est globalement assez rapide mais sans que ce rythme ne vienne nuire à la fascination que l’ouvrage génère avec une direction hiératique. La battue n’est d’ailleurs pas uniforme et varie en fonction des chanteurs, de la situation dramatique, avec un grand naturel.  La sonorité de l’orchestre est souvent claire, légère même, mais susceptible de s’assombrir soudainement, notamment dans l’incroyable crescendo qui amène la scène de Montsalvat, parfaitement maîtrisé. On apprécie aussi un son presque « bayreuthien ». Aucun hédonisme, aucune esbrouffe dans cette direction fascinante, à la fois très personnelle et qui s’impose comme une évidence. Du grand art.</p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-frau-ohne-schatten-munich-kirill-petrenko-au-sommet-de-lolympe-straussien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2017 08:54:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée fin 2013 dans la louange générale, reprise presque chaque année depuis, Die Frau ohne Schatten retrouve la direction géniale de Kirill Petrenko dans la mise en scène non moins inspirée de Krzysztof Warlikowski. Deuxième journée du festival d’été de la Bayerische Staatsoper après Die Gezichneten la veille et continuité thématique entre deux compositeurs contemporains &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/formidable-sans-lombre-dun-doute">Créée fin 2013 dans la louange générale</a>, reprise presque chaque année depuis, <em>Die Frau ohne Schatten</em> retrouve la direction géniale de <strong>Kirill Petrenko</strong> dans la mise en scène non moins inspirée de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>. Deuxième journée du festival d’été de la Bayerische Staatsoper <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-gezeichneten-munich-festival-international-du-film-dhorreur">après <em>Die Gezichneten</em> la veille</a> et continuité thématique entre deux compositeurs contemporains réunis par le même metteur en scène.</p>
<p>Cette proposition <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-frau-ohne-schatten-munich-lombre-de-lannee-derniere">a été commentée ici-même par deux fois</a> et ce n’était pas de trop tant le polonais et sa fidèle équipe technique plongent dans les méandres symboliques de l’ouvrage et la psychologie complexe des personnages. Trois années plus tard le spectacle n’a pas pris une ride et s’offre toujours aux regards émerveillés. Tout commence dès que le noir se fait dans la salle : la projection du film d’Alain Resnais, <em>L’année dernière à Marienbad</em>, transporte le spectateur dans cet étrange hôtel-palais, dans ces jardins à la française trop bien ordonnés pour être vrais où un narrateur nous abreuve jusqu’à l’ébriété de descriptions cependant qu’un couple se perd, dans tous les sens du terme, en des scènes cent fois répétées. L’action se passe donc dans un hôtel, entre ses suites aux étages supérieurs et son sous-sol où s’affairent les teinturiers. Deux couples se déchirent : par la peur du temps qui passe chez l’impératrice (c’est aussi le sens du décret de Keikobad) ; par une vie infertile chez la teinturière qui saisit la première occasion pour se dévergonder. Fidèle aux lignes de force du livret, soucieux de coller quasi chorégraphiquement à la musique, Krzysztof Warlikowski va au bout de cette logique jusqu’à un <em>lieto fine</em> ambivalent.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/5m1a1730.jpg?itok=X_xD54em" title="© Wilfried Hösl" width="468" /><br />
	© Wilfried Hösl</p>
<p>La présence du metteur en scène à Munich (pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-gezeichneten-munich-festival-international-du-film-dhorreur">la nouvelle production de <em>Die Gezeichneten</em></a>) a du bon. Il peut ainsi diriger la distribution en partie renouvelée. La disparition de Johan Botha met <strong>Burkhard Fritz</strong> sur le devant de la scène. S’il fait montre de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-frau-ohne-schatten-berlin-staatsoper-un-cauchemar-de-reve">la même aisance qu’à Berlin</a> il y a trois mois et du même style léché, le volume reste plus confidentiel. <strong>Michaela Schuster </strong>se distingue une fois encore comme la Nourrice de son temps où son timbre noir, ses accents maléfiques et son chanté-parlé prosaïque épousent l’esprit retors du personnage. Ici, elle succède à  la présence magnétique de Deborah Polaski sans dépareiller. <strong>Ricarda Merbeth</strong> retrouve le rôle de l’Impératrice, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/strauss_frau_toulouse06.html">plus de dix ans après ses débuts toulousains</a>. La fraicheur de la voix installe d’emblée le personnage, son émission fluide réduit les écarts de registres au rang de simple formalité et ses réserves lui confèrent la puissance pour briller dans les ensembles. Seul le grain toujours capiteux de la voix la prive de l’évanescence de l’Impératrice. Le couple des teinturiers s’impose comme le pilier de cette production, au sommet de l’interprétation des facettes de leur personnage. Le Barack de <strong>Wolfgang Koch</strong> gagne à chaque représentation en humanité vocale et en bonhomie scénique. <strong>Elena Pankratova</strong>, Teinturière déjà iconique à Munich et à Londres, semble cette année s’être donné comme objectif de rivaliser avec les bourrasques de décibels que Kirill Petrenko darde depuis la fosse.</p>
<p>Car la direction du chef russe est <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/formidable-sans-lombre-dun-doute">tout ce qu’en décrivait Christophe Rizoud en décembre 2013</a>… et plus encore. Oui, l’orchestre façonné par ses gestes laisse apparaitre la montagne de détails et de couleurs disséminés par Strauss. Oui, le drame, attisé comme du fer rouge par le souffle sonore du russe, saisit l’auditoire dès le thème d’entrée de Keikobad martelé comme une sentence. Le final du deuxième acte, où Elena Pankratova et Michaela Schuster sont insubmersibles, rend quasi inutile la vidéo de tsunami, tant l’orchestre nous lamine avant de tout à fait nous piétiner sur les trois derniers accords. Noirceur et violence qui trouvent leur parfait pendant dans un lyrisme arrivé à pleine maturité. Un supplément d’âme qui surgit au détour des phrases, enchante les codas du premier et dernier acte, et seconde violon et violoncelle lors de deux solos à faire pleurer les pierres. </p>
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		<title>Gurre-Lieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gurre-lieder-il-fallait-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 May 2017 05:01:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se demande parfois ce qui pousse les directeurs de théâtre d’aujourd’hui à vouloir concevoir un spectacle à partir d’œuvres que leur compositeur n’a nullement pensées pour cela. Certes, les oratorios de Haendel possèdent souvent de telles qualités dramatiques qu’il serait dommage de ne pas les mettre en scène. C’est peut-être l’exception qui confirme la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On se demande parfois ce qui pousse les directeurs de théâtre d’aujourd’hui à vouloir concevoir un spectacle à partir d’œuvres que leur compositeur n’a nullement pensées pour cela. Certes, les oratorios de Haendel possèdent souvent de telles qualités dramatiques qu’il serait dommage de ne pas les mettre en scène. C’est peut-être l’exception qui confirme la règle, car le visionnage du DVD immortalisant la production des <em>Gurre-Lieder</em> à l’Opéra d’Amsterdam laisse perplexe. « World-Premiere Staging » annonce fièrement le coffret, mais ce sera peut-être aussi une World-Dernière…</p>
<p>Découpée en trois parties, l’œuvre reflète l’évolution esthétique de Schönberg au cours de la dizaine d’années que dura sa gestation. Toute la première partie est conçue comme une alternance de soliloques destinés à une voix masculine et une voix féminine, comme <em>Le Chant de la Terre </em>ou comme la <em>Symphonie lyrique</em> de Zemlinsky. Pendant près d’une heure, ces deux voix évoquent l’amour qui les unit, s’en remémorent la naissance et s’interrogent sur son avenir. Durant les trois quarts d’heure qui suivent, on passe de la contemplation à l’action : une fois annoncée la mort de la bien-aimée (la maîtresse du roi Waldemar a été tuée sur ordre de l’épouse légitime), le héros succombe au désespoir, puis à la colère. Il perd la raison, appelle ses soldats, rencontre Klaus le bouffon, et tout se termine par l’espoir d’une réunion dans l’au-delà, dans l’éclat aveuglant du soleil levant. Autrement dit, une succession d’états d’âme, mais aucune action au sens théâtral. Par le passé, <strong>Pierre Audi</strong> a montré qu’il pouvait surmonter cet écueil en inventant tout un spectacle complexe à partir d’une partition n’offrant guère de prise à la théâtralisation : on songe notamment à sa vision des partitions de Claude Vivier. Au tout début de ces <em>Gurre-Lieder</em>, on se dit que la magie va opérer encore une fois, dans ce décor de halle industrielle désaffectée que traverse le personnage tout blanc de Klaus le bouffon, un ballon lumineux attaché à son sac à dos. Hélas, ce beau climat onirique ne suffit pas à retenir l’attention pendant la première partie, où il ne se passe vraiment pas grand-chose. Le décor s’anime avec le chant de Waldtaube, mais malgré les allées et venues du chœur, la dérive de Waldemar qui sombre dans l’alcoolisme n’a rien de bien fascinant, et le finale, avec choristes équipés de lunettes de soleil, semble hésiter entre le lyrisme et la dérision.</p>
<p>Musicalement, l’exécution proposée se situe à un très bon niveau, mais peut-être pas au point de s’imposer face aux plus belles réussites de la discographie. Très familier de ce répertoire, <strong>Marc Albrecht </strong>propose une lecture percutante, qui souligne les audaces et l’âpreté de la partition, à la tête du rutilant Netherlands Philharmonic Orchestra. Portant tout le spectacle sur ses épaules, <strong>Burkhard Fritz</strong> a la jeunesse vocale souhaitée et la vaillance nécessaire pour affronter pendant une heure trois quart, mais l’artiste ne gagne sans doute pas à être filmé en gros plan, surtout en tricot de corps trempé de sueur. Wagnérienne et straussienne confirmée, <strong>Emily Magee </strong>est une Tove à la voix opulente et épanouie, et les pages que lui destine Schönberg ne la mettent à aucun moment en difficulté. Nette déception pour Waldtaube, qui a connu des interprètes à la voix autrement plus ferme que celle d’<strong>Anna Larsson</strong>, qui paraît se débattre avec un grave complètement assourdi et un aigu vacillant, et surtout avec un vibrato difficile à contrôler. <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> et <strong>Markus Marquardt </strong>se montrent exemplaires, mais leurs interventions sont nettement plus brèves. Le chœur du Dutch National Opera est totalement investi, et l’on en regretterait même que Schönberg n’ait pas fait une plus grande place aux forces chorales dans son œuvre. Le récitant est ici une récitante, <strong>Sunnyi Melles</strong>, connue des lecteurs de la presse people sous le nom de princesse Sayn-Wittgenstein-Sayn.</p>
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		<item>
		<title>MAHLER, Huitième symphonie — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/huitieme-symphonie-de-mahler-hambourg-les-mille-enfin-a-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Apr 2017 05:42:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusque très récemment, Hambourg était de fait privé de huitième symphonie de Mahler, justement dite des Mille à cause des effectifs imposants qu&#8217;elle mobilise. L’inauguration de l’Elbphilharmonie en début d&#8217;année a changé la donne. Une occasion que Kent Nagano, directeur musical de l’orchestre de l’opéra de Hambourg et de son chœur maison, a voulu saisir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusque très récemment, Hambourg était de fait privé de huitième symphonie de Mahler, justement dite des Mille à cause des effectifs imposants qu&rsquo;elle mobilise. L’inauguration de l’Elbphilharmonie en début d&rsquo;année a changé la donne. Une occasion que Kent Nagano, directeur musical de l’orchestre de l’opéra de Hambourg et de son chœur maison, a voulu saisir dès la première saison où sa formation a pu se produire en dehors de leurs murs ou de la plus intime Laeizshalle. Hélas pour lui, un souci de santé l’oblige à céder la baguette en plein travail préparatoire. <strong>Eliahu Inbal</strong>, à la Philharmonie de Paris dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/des-knaben-wunderhorn-paris-philharmonie-cors-merveilleux"><em>Des Knaben Wunderhorn</em> le 7 avril dernier</a>, vient assurer la relève de toute son expertise.</p>
<p>	Pourtant dès la première partie, « Vieni creator spiritus », l’on sent que le temps de répétition a été court et que tous les choix du chef n’ont pu être menés à leur terme. À cela s&rsquo;ajoute une seconde difficulté : l&rsquo;orchestre accuse une certaine fatigue. Déjà le vendredi, l’effectif au grand complet jouait cette même symphonie. Le lendemain, une partie non négligeable se trouvait en fosse à l&rsquo;opéra pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/die-frau-ohne-schatten-hambourg-femme-dans-lombre">une représentation de <em>Die Frau ohne Schatten</em></a>, elle aussi sous la baguette d&rsquo;un autre chef que Kent Nagano, initialement programmé. Est-ce pour cette raison qu’Eliahu Inbal fait le choix de tempi si pressants et néglige ambiances et détails au profit de l&rsquo;évocation d&rsquo;une fuite joyeuse ? Certes, la précision de la battue assure la cohésion de l&rsquo;ensemble, première gageure, et le chef n’oublie aucun départ de pupitre ou de soliste pour emmener tout le monde à bon port. Pourtant, dans les scènes finales de <em>Faust</em>, on regrette que ce rythme soutenu ne s&rsquo;alanguisse au détour d&rsquo;un numéro plus propice. Pathos ou lyrisme n&rsquo;ont pas droit de cité, l&rsquo;orchestre trace un sillon rapide, parsemé ça et là de scories, jusqu&rsquo;à en perdre haleine.</p>
<p>	Du souffle, il en faut pour venir à bout de ce morceau de bravoure de symphonie lyrique. Du souffle, le Chœur de l’opéra de Hambourg n&rsquo;en manque pas. On louera tout particulièrement les basses, caverneuses et unies, qui rivalisent ce soir-là <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-pucelle-dorleans-paris-philharmonie-et-jehanne-la-bonne-russienne">avec leurs confrères russes</a> ; ou encore les ténors clairs, parfaitement fondus eux aussi en une seule voix lumineuse. Alti et soprani ne sont pas en reste bien que ces dernières marquent quelques duretés dans les aigus. On regrette que le chœur d&rsquo;enfants, remarquable de précision et de justesse, ait été placé dernière les contrebasses et sous le chœur sis en arrière-scène. Il se voit écrasé par ses aînés et par la masse de l&rsquo;orchestre, du moins de là où l&rsquo;on était placé.</p>
<p>	On passera pudiquement sur la « dramaturgie » du concert plus qu’agaçante (voir les photos) pour se concentrer sur les solistes qui ne ménagent pas leurs forces dès le premier mouvement. <strong>Sarah Wegener</strong> survole les « mille” de son soprano dramatique, dardant ses aigus dans tout l&rsquo;auditorium. Ses interventions dans les scènes de <em>Faust </em>la verront plus sobre : choix réel ou conséquence de l&rsquo;engagement dans les tuttis initiaux ? <strong>Burkhard Fritz</strong> suit le même tracé et se voit mis en difficulté plusieurs fois en deuxième partie. Cela ne retire rien à la beauté du timbre et à la musicalité du ténor. <strong>Jacquelyn Wagner</strong>, à la puissance moins affirmée que ses comparses mais à la projection remarquable, déploie un chant cristallin dû à une quasi absence de vibrato naturel. <strong>Heather Engebretson</strong> ne dispose que de quelques phrases pour ravir l&rsquo;auditorium d&rsquo;un chant fruité et lumineux. Chez les clés de fa, la basse <strong>Wilhelm Schwinghammer</strong> s’époumone malheureusement pour atteindre le registre haut. Le baryton <strong>Kartal Karagedik</strong> est davantage à son aise et déclame avec subtilité son <em>Pater Ecstaticus</em>. Les mezzos <strong>Daniela Sindram</strong> et <strong>Dorottya Lang</strong> complètent avec bonheur ces solides solistes.</p>
<p>	Un mot enfin de ce bâtiment, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-lelbe-de-hambourg-une-etape-supplementaire-dans-le-circuit-lyrique">dont l’érection aura alimenté la chronique</a>. Un escalator dans un tunnel de lumières dépose les spectateurs sur une première terrasse. Au-dessus, entouré de ses fenêtres bleutées, se trouve l&rsquo;auditorium, semblable à une nef aérienne. On peut en faire le tour complet et se rafraîchir dans de nombreux bars et espaces de convivialité, baignés des rayons du soleil et des reflets de l’Elbe. Quelle fête en comparaison des couloirs blafards et du gris de son homonyme parisienne ! Réussite également que l&rsquo;acoustique (nous étions placés dans le parterre haut côté cour) : peu de réverbération mais point de sécheresse. Enfin l&rsquo;Elbphilharmonie est équilibrée : les voix passent l&rsquo;orchestre sans mal. À moins que la position des solistes par rapport à l&rsquo;orchestre ne soit la bonne norme dans ce type d’auditorium circulaire.<br />
	 </p>
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		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-frau-ohne-schatten-berlin-staatsoper-un-cauchemar-de-reve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Apr 2017 15:08:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le folklore lyrique veut pour certains opéras italiens les quatre ou cinq meilleurs chanteurs du monde, c&#8217;est oublier un peu vite que le répertoire germanique n&#8217;est pas avare en rôles ardus. Tel est notamment le cas de Die Frau ohne Schatten, à la fois quintessence et synthèse, entre le style châtié d&#8217;un Rosenkavalier et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le folklore lyrique veut pour certains opéras italiens les quatre ou cinq meilleurs chanteurs du monde, c&rsquo;est oublier un peu vite que le répertoire germanique n&rsquo;est pas avare en rôles ardus. Tel est notamment le cas de <em>Die Frau ohne Schatten</em>, à la fois quintessence et synthèse, entre le style châtié d&rsquo;un <em>Rosenkavalier</em> et l&rsquo;impact tellurique d&rsquo;une <em>Elektra</em>. Comment alors ne pas s’enthousiasmer face à la distribution proposée par la Staatsoper de Berlin dans le cadre de Festival de Pâques ?</p>
<p>	A commencer par <strong>Burkhard Fritz</strong>. En Empereur, le ténor surmonte une écriture sadique avec style, musicalité et une apparente facilité que seul l&rsquo;aigu final escamoté de sa grande scène au deuxième acte vient contredire. On ne peut pas encore le comparer au regretté Johan Botha, mais il constitue un successeur digne de ce nom. Le Barak de <strong>Wolfgang Koch</strong> est lui déjà bien connu. Si l&rsquo;endurance et l&rsquo;ambitus sont toujours les mêmes, la voix a désormais gagné en rondeur et en chaleur rendant le personnage d&rsquo;autant plus humain et émouvant. Effrayante et méphistophélique à l&rsquo;inverse, <strong>Michaela Schuster</strong> use pour dépeindre la Nourrice de la noirceur de son timbre, de la raucité de couleurs crépusculaires tout en recourant fréquemment à un strict <em>sprechgesang</em> du plus bel effet. La mezzo allemande maitrise parfaitement cette mise en scène qu&rsquo;elle connaît depuis sa création à Milan. D’où peut-être son ostensible jubilation à porter des ailes noires de démon, à lancer des sorts et à faire des grimaces inspirées de tableaux expressionnistes. Apres ses phénoménales Elektra (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/elektra-anvers-la-revanche-direne-theorin">voir ici</a>), quel autre rôle pouvait mieux convenir à l&rsquo;incendiaire <strong>Iréne Theorin</strong> que celui de la Teinturière ? Si l&rsquo;on sort étourdi d&rsquo;un deuxième acte ou chaque aigu dardé lacère les cintres du Schiller Theater, on apprécie aussi la façon dont ce volume torrentiel se canalise en demi-teintes frémissantes d&rsquo;amour et de désir tout au long des premier et dernier actes. Cette prise de rôle est saluée d’une ovation méritée tant le personnage apparaît déjà abouti. Acclamations décuplées pour <strong>Camilla Nylund</strong>. A aucun moment il est possible de soupçonner qu&rsquo;il s&rsquo;agit là de sa première Impératrice tant la soprano finlandaise semble déjà familière de la partition. Les quelques acrobaties vocales de sa scène d&rsquo;entrée donnent le « la » d&rsquo;un chant irréprochable qui se joue des écarts de registre. Le timbre cristallin installe d&#8217;emblée le personnage dans les éthers adéquats. Un volume insoupçonné prend le relais dans les ensembles. Un charisme naturel complète la proposition. La mise en scène sait intelligemment l’exploiter.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/frau_ohne_schatten_gp0731.jpg?itok=PY-G79DQ" title="© HANS JÖRG MICHEL" width="468" /><br />
	© Hans Jörg Michel</p>
<p>Fidèle à son mode opératoire, <strong>Claus Guth</strong> va chercher dans l&rsquo;époque de la composition la clé d&rsquo;interprétation de l&rsquo;œuvre.<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/un-cauchemar-a-decoder"> Le compte-rendu de Brigitte Cormier à Londres</a> décrit dans le détail les ressorts qui l&rsquo;animent. Ajoutons simplement que le travail du metteur en scène allemand présente un double avantage : offrir une lecture forte et pertinente (le freudisme naissant et la psyché féminine) d’un ouvrage riche et complexe, et ce, sans tomber dans le travers d&rsquo;un regietheater bête et obtus. Avec le concours de <strong>Christian Schmidt</strong> (décors et costumes au bestiaire remarquable) et <strong>Olas Winter</strong> (lumières), le conte inquiétant d&rsquo;Hofmannsthal prend lui aussi vie. L&rsquo;action reste lisible de bout en bout. Stéphane Lissner était l’instigateur de cette production, et si l’adaptation à la scène de la Bastille est possible, on ne saurait que trop plaider pour son importation à Paris. </p>
<p>Dans la fosse, la <strong>Staatskapelle de Berlin</strong>, ses couleurs fauves, ses solistes élégiaques dirigés par un <strong>Zubin Mehta</strong> inspiré… La soirée frise la perfection. Seule ombre au tableau la fin du deuxième acte bien sage comparée à d’autres lectures récentes mais qui respecte parfaitement les parti pris du chef d’orchestre. Celui-ci s&rsquo;ingénie en effet à mettre en lumière les nombreux leitmotivs évocateurs tout en les fondant dans un discours ample et contrasté. Cette dissection, à l’image de la proposition scénique, ne néglige pas pour autant lyrisme et poésie. </p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser — Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-anvers-chassez-le-culturel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Oct 2015 05:07:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sexe, violence, hémoglobine : on aurait tort de réduire le travail de Calixto Bieito à ce seul cocktail sulfureux. Pourquoi se satisfaire d&#8217;une analyse au premier degré de ses mises en scène alors qu&#8217;elles se refusent à toute représentation littérale ? Oui, Tannhãuser proposé par l&#8217;Opera Vlaanderen est choquant, dérangeant, hard, trash, répugnant même, mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sexe, violence, hémoglobine : on aurait tort de réduire le travail de <strong>Calixto Bieito</strong> à ce seul cocktail sulfureux. Pourquoi se satisfaire d&rsquo;une analyse au premier degré de ses mises en scène alors qu&rsquo;elles se refusent à toute représentation littérale ? Oui, <em>Tannhãuser</em> proposé par l&rsquo;Opera Vlaanderen est choquant, dérangeant, <em>hard</em>,<em> trash</em>, répugnant même, mais rien n&rsquo;est gratuit dans cette proposition déroutante. A la recherche de l&rsquo;amour vrai, à la question de la place de l&rsquo;artiste dans la société (qui sont les deux clés de lecture communément utilisées pour représenter l&rsquo;opéra de Wagner), Bieito substitue une troisième interprétation qui oppose nature et culture selon une idée empruntée à Jean-Jacques Rousseau : l&rsquo;homme naît naturellement bon, c&rsquo;est la société qui le corrompt. Il revient au Venusberg de symboliser le monde naturel, sauvage et touffu, et à la Wartburg le monde culturel, civilisé avec ses codes rigides. D&rsquo;un côté une végétation sombre et exubérante dans laquelle Venus folâtre et s&rsquo;ébroue ; de l&rsquo;autre une salle à l&rsquo;architecture rectiligne et monumentale éclairée d&rsquo;une lumière aveuglante qui accueille les chevaliers et leurs dames en tenue de gala. Le troisième acte verra cette même pièce envahie de terre et ses colonnes rongées par les feuilles. La nature reprend ses droits. Les dernières images consacrent, à rebours du livret, le triomphe de Vénus. Humilié, flagellé, christique, Tannhãuser est le passeur, celui qui rend possible le retour à cet état originel que Wolfram, converti, contemple extasié, après avoir essayé en vain d&rsquo;étrangler Elisabeth. Evidemment, le chemin menant à cette conclusion écologique est parsemé d&rsquo;images chocs : on se déshabille, on déchire les vêtements, on fornique, on se badigeonne de sang, on se barbouille de rouge à lèvres, on bouffe de la terre, on en prend plein la figure. Mais le public, prévenu par le directeur de l&rsquo;Opera Vlaanderen en début de spectacle, ne bronche pas. Rompu aux interprétations subversives dont l&rsquo;institution lyrique flamande est coutumière, il acclame même sans réserve (on n&rsquo;ose imaginer le ramdam qu&rsquo;aurait déclenché à Paris tant de provocations). Si l&rsquo;on partage le même enthousiasme devant l&rsquo;intelligence de la réalisation, on ne peut éviter de se poser les sempiternelles questions autour des mises en scène contemporaines, des libertés qu&rsquo;elles sont en droit de s&rsquo;autoriser par rapport au livret et aux intentions du compositeur, de leur difficulté de lisibilité qui rend encore plus ardue la compréhension d&rsquo;un genre déjà taxé d&rsquo;élitisme. Mais n&rsquo;est-ce pas aux prix de ces interrogations que l&rsquo;opéra demeure un art vivant ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/tann3.jpg?itok=00JqD4XM" title="© Opera Vlaanderen" width="468" /><br />
	© Opera Vlaanderen</p>
<p>Parmi ces nombreuses questions, une seule certitude : sans une interprétation musicale capable d&rsquo;en valider les partis pris extrêmes, l&rsquo;intérêt d&rsquo;une telle approche demeurerait limité. Si ce <em>Tannhãuser</em> captive de bout en bout, sans que jamais la dilatation du temps wagnérien ne se fasse sentir, c&rsquo;est d&rsquo;abord par la qualité et l&rsquo;investissement des artistes réunis, à commencer par les forces de l&rsquo;Opéra des Flandres. Le choeur est formidable de cohésion et, sous la conduite de son directeur musical attitré <strong>Dmitri Jurowski</strong>, l&rsquo;orchestre montre les progrès considérables réalisés depuis <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-anvers-transposition-nest-pas-raison"><em>Tristan</em></a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/parsifal-anvers-scenique-oui-sacre-non"><em>Parsifal</em></a>. Précision dans les attaques, unité des ensembles, justesse des cuivres, soutien de la petite harmonie, fluidité du discours : les principaux pièges instrumentaux posés par la partition wagnérienne sont surmontés tandis que le chef réussit à concilier analyse et synthèse, soin du détail et vue d&rsquo;ensemble, approche chambriste et symphonique.</p>
<p>Qu&rsquo;<strong>Ausrine Stundyte</strong> se plie aveuglement aux cabrioles imposées n&rsquo;étonnera pas si l&rsquo;on a encore en mémoire ses incarnations jusqu&rsquo;au-boutistes de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/elektra-anvers-la-revanche-direne-theorin">Chrysothemis</a> et de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/lady-macbeth-de-mzensk-anvers-sex-crimes">Lady Macbeth de Mtensk</a> (qu&rsquo;elle reprendra cette saison à Lyon, une occasion à ne pas manquer pour découvrir ou mieux faire connaissance avec cette artiste stupéfiante d&rsquo;engagement). Bien que son soprano se soit élargi, la tessiture de Vénus représente encore un défi mais la chanteuse lituanienne ne semble rien tant aimer que ces rôles dans lesquels elle confronte ses propres limites à une voix torrentielle dont on redoute qu&rsquo;à force, elle ne finisse par s&rsquo;épuiser. Ce soir, cependant, ses ressources sont inépuisables, tant en termes de projection que d&rsquo;ambitus. Tout aussi acérée dans un deuxième acte qu&rsquo;elle irradie de sa présence trouble, <strong>Annette Dash</strong> est une Elisabeth à l&rsquo;aigu effilé et à la sensualité affirmée, comme en témoignera à l&rsquo;acte suivant une prière affûtée, pure de ligne, mais plus incarnée que ne le veut l&rsquo;habitude. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;une ou de l&rsquo;autre, ni couleurs, ni chaleur, ni la moindre intention belcantiste ne viennent animer un propos volontairement glacé, comme si le chant refusait cette école italienne à laquelle l&rsquo;écriture vocale de <em>Tannhãuser</em> prend sa source. Même constat pour <strong>Burkhard Fritz</strong> et <strong>Daniel Schmutzhard</strong>. Le ténor chante un Tannhãuser sec, au timbre pincé mais incorruptible quels que soient la hauteur des notes et l&rsquo;inconfort du rôle. Les stances à Venus avec leur inhumaine ascension vers l&rsquo;aigu ; le vaste ensemble de la Wartburg mieux que maîtrisé, dominé ; l&rsquo;interminable récit de Rome : rien n&rsquo;entame sa vaillance. D&rsquo;un investissement sans faille, le baryton est, lui, souvent pris en défaut d&rsquo;intonation et la pâleur de la voix a de quoi décontenancer les amateurs d&rsquo;un Wolfram noble et velouteux. Les sonorités réconfortantes de violoncelle, le legato salvateur, la moire sombre, c&rsquo;est le Landgrave d&rsquo;<strong>Ante Jerkunica</strong> qui nous les sert, tout en lutinant sa nièce. Le sexe est selon Ernesto Sabato une des formes primaires du pouvoir. Loin de Calixto Bieito, l&rsquo;idée de le contredire.</p>
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		<title>MAHLER, Das Lied von der Erde — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-lied-von-der-erde-paris-garnier-le-jeune-homme-et-la-lune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 22:57:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle à son amour pour ce compositeur, le chorégraphe John Neumeier revient à Mahler. Après en avoir chorégraphié presque toutes les symphonies, il aborde aujourd’hui Le Chant de la terre et l’on espérait que la mélancolie profonde et les emportements contrariés de ces pièces trouveraient un écho et une illustration intime dans l’univers esthétique du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Fidèle à son amour pour ce compositeur, le chorégraphe <strong>John Neumeier</strong> revient à Mahler. Après en avoir chorégraphié presque toutes les symphonies, il aborde aujourd’hui <em>Le Chant de la terre</em> et l’on espérait que la mélancolie profonde et les emportements contrariés de ces pièces trouveraient un écho et une illustration intime dans l’univers esthétique du directeur du Ballet de Hambourg. Hélas, comme souvent, Neumeier peine à convaincre dans l’abstraction tant son vocabulaire chorégraphique tourne à la répétition de mouvements volontairement maladroits ; il a vraiment besoin d’un fil narratif pour canaliser son esthétique et ses intentions. On est donc loin d’une de ses grandes réussites mahleriennes comme la <em>Mort à Venise</em> présentée au Châtelet il y a quelques années.</p>
<p class="rtejustify">Le très fin fil narratif ici est porté par le personnage de <strong>Mathieu Ganio </strong>(le seul ce soir à composer un personnage investi d’émotions au-delà de l’animation physique) : on découvre sa relation homosexuelle tumultueuse durant le prologue et l’on suit ses pérégrinations sentimentales, parfois masculines, parfois féminines. Une lune de carton veille sur ses péripéties qui ont pour seul décor un plan de gazon incliné. Au sein de ce cadre, beaucoup d’éléments sont difficilement compréhensibles (et l’absence de surtitrage forçant le spectateur à plonger le nez dans son programme pour lire les traductions et tenter d’y trouver une clé de lecture n’aide évidemment pas) : l’anonymisation des personnages féminins (à peine distinguables par leur costume), la distinction entre les hommes à veste rouge et ceux à veste beige, la raideur de certains mouvements volontairement mécaniques, la présence de la lune ou tout simplement la raison d’être des personnages secondaires. On peut alors simplement penser que tout cela n’a pas à avoir de sens, que c’est pure abstraction, beauté libre, mais il nous semble que ce n’est pas faire justice au travail d’un chorégraphe dont les œuvres ont toujours une profonde portée biographique ou du moins intime.</p>
<p class="rtejustify">Sur le versant musical, le tableau est aussi contrasté : <strong>l’orchestre de l’Opéra de Paris</strong> est manifestement heureux de jouer cette musique, et même si la direction de <strong>Patrick Lange </strong>ne brille pas d’une originalité particulière, elle est très attentive et délicate, ce qui constitue toujours un challenge dans les « opéras » chorégraphiés, où le chef doit être attentif à la fosse, aux chanteurs mais aussi aux danseurs. Pour le chant, si le baryton pudique de <strong>Paul Armin Edelmann</strong> est très émouvant et stylé, notamment dans un adieu empli de soupirs de contrition, le ténor puissant mais nasal de <strong>Burkhard Fritz</strong> semble ne comprendre que la moitié de ses textes : très bien pour les emportements de la chanson à boire ou de l’ivrogne, mais pour leurs doutes et la tristesse qui surgit à chaque enthousiasme trop prononcé, on repassera.</p>
<p class="rtejustify">Au final, on sort donc déçu d’un dialogue chorégraphique (plutôt que mise en scène) avec une œuvre emblématique : en écho à la mélancolie de la musique, on n&rsquo;a souvent que la maladresse travaillée des mouvements face aux révolutions de la lune, sans bien comprendre pourquoi.</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MAHLER, Das Lied von der Erde — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-toute-chose-mahler-est-bon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Stagnara]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Apr 2011 02:18:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le centenaire de la disparition de Gustav Mahler est prétexte à mille et une gâteries : ainsi, le Théâtre des Champs Elysées nous proposait l’autre soir une version peu courante de la symphonie de lieder Le Chant de la Terre, avec ténor et baryton, chanté par ce grand mahlérien qu’est Thomas Hampson. Cette œuvre synthèse entre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le centenaire de la disparition de Gustav Mahler est prétexte à mille et une gâteries : ainsi, le Théâtre des Champs Elysées nous proposait l’autre soir une version peu courante de la symphonie de lieder <em>Le Chant de la Terre</em>, avec ténor et baryton, chanté par ce grand mahlérien qu’est Thomas Hampson. </p>
<p>Cette œuvre synthèse entre deux genres aussi inconciliables en apparence que le lied et la symphonie, requiert de la part de ses interprètes habileté et adresse à plus d’un titre. La simplicité et la spontanéité apparentes du discours recouvrent des procédés techniques complexes. Pour les solistes, il s’agit de conjuguer l’intimité et la délicatesse d’une voix de chambriste avec la puissance requise par l’accompagnement d’un grand orchestre. La voix est étroitement imbriquée aux instruments, chacun prenant et rendant sans cesse la parole à l’autre. Pour l’orchestre, l’une des grandes difficultés réside dans l’alternance entre des masses symphoniques puissantes et un matériau mélodique rare et dépouillé, exigeant d&rsquo;autant plus d’ingéniosité et de rigueur dans la direction, qu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une absence fréquente de basses et d&rsquo;une indépendance presque complète des lignes, sur le plan rythmique autant que mélodique. A cela s’ajoutent les changements fréquents de chiffrages : 3/2, 4/3, 6/4, 5/2, 5/8 exigeant du chef une rare maîtrise.</p>
<p><strong>Philippe Jordan</strong>, actuel directeur musical de l’Opéra de Paris a choisi de relever le défi en dirigeant le Gustav Mahler Jugenorchester. S’il s’était agi d’un orchestre de professionnels aguerris, nous aurions regretté le manque de lisibilité et de hardiesse dans les jeux hétérophoniques, notamment dans les premiers et dernier mouvements. Nous aurions souhaité plus de justesse du côté de l’harmonie, plus de rondeur dans le son des cors et des trombones, plus de précision dans les trilles, de la flute et du piccolo, plus de douceur dans les chants. Mais s’agissant d’un orchestre de jeunes et talentueux musiciens, nous avons apprécié la belle cohérence des pupitres et la couleur qui se dégage des 3e et 4e mouvements. Nous avons particulièrement gouté la qualité des bois et des cordes et le beau solo de violon de Diana Tischenko dans le <em>Der Trunkene im Frühling</em>.</p>
<p>Aux côtés de l’orchestre, <strong>Thomas Hampson</strong> est égal à lui-même. Hormis peut-être dans le deuxième mouvement où le tempo exagérément lent semble contraindre le baryton à des effets quelque peu artificiels. En revanche, dans le 4e mouvement, le phrasé est remarquable, l&rsquo;<em>accelerando</em> si périlleux admirablement maîtrisé, et la coda, transparente et dépouillée, fait réapparaître l’admirable mélodiste bien connu. Pourtant, il faudra attendre la longue marche funèbre de l’Adieu pour que la voix, sobre et dépouillée, s’insère véritablement dans le tissu orchestral. C’est alors que l’on perçoit véritablement les affinités qui existent entre l’art du baryton et la musique de Mahler. Quel dommage que cette révélation intervienne un peu tard.</p>
<p>Le ténor <strong>Burkhard Fritz</strong> fait quant à lui ses débuts dans l’œuvre de Mahler. Habitué des rôles wagnériens, il possède à la fois l&rsquo;aigu éclatant et le volume suffisant pour les grands <em>tutti </em>du  « Chant à boire de la Douleur de la Terre » et la délicatesse nécessaire aux deux autres mouvements. L’expérience aidant, on lui souhaite de gagner en audace pour véritablement mettre en valeur toute l’ingéniosité harmonique de l’écriture mahlérienne.</p>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-paris-tce-masur-sec-et-mat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2011 07:11:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est naturel qu’à quatre-vingt-trois ans Kurt Masur soit un homme pressé ; c’est à vive allure qu’il mène ce Fidelio dans sa version finale de 18141 — en omettant les dialogues parlés.   Hélas, à ce train-là, l’ouverture manque du rayonnement et des nuances nécessaires pour capter d’emblée l’attention. Mis à part certains moments saisissants &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Il est naturel qu’à quatre-vingt-trois ans <strong>Kurt Masur</strong> soit un homme pressé ; c’est à vive allure qu’il mène ce <em>Fidelio</em> dans sa version finale de 18141 — en omettant les dialogues parlés.</p>
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<p>Hélas, à ce train-là, l’ouverture manque du rayonnement et des nuances nécessaires pour capter d’emblée l’attention. Mis à part certains moments saisissants comme le grand quatuor en canon, la marche patriotique et le chœur des prisonniers, ce qu’on pardonne difficilement ce soir au légendaire maestro allemand, grand beethovenien de surcroît, c’est de conduire le prestigieux <strong>Orchestre national de France,</strong> dont il a été longtemps le directeur musical, de manière aussi sèche et brouillonne.</p>
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<p>Coincés entre des vents presque toujours trop forts et la masse des cordes, les solistes, loin du public, ont du mal à donner le meilleur. C’est ainsi que le duo badin entre Jaquino et Marzelline, chanté par le ténor mozartien, <strong>Werner Güra,</strong> musical mais peu puissant et la soprano <strong>Sophie Karthäuser</strong> est quasiment escamoté. Heureusement, dans le premier air sensuel et tendre où Marzelline rêve à un bonheur paisible avec un amoureux moins balourd sur un orchestre dont le cœur bat la chamade, la jeune cantatrice (Pamina très remarquée dès ses débuts) parvient à mieux faire entendre son timbre clair et velouté. </p>
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<p>Capable de belles descentes dans le grave comme d’aigus lancés avec brio, <strong>Melanie Diener, </strong>soprano dramatique qui a fait ses preuves en Fiordiligi et Dona Elvira aussi bien que dans Elsa de <em>Lohengrin</em>, Sieglinde ou Gutrune, nous donne une Leonore à la fois intense, résolue et tendre ; elle s’avère la meilleure interprète de cette exécution décevante<em>.</em> </p>
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<p>Pour les principaux personnages masculins, la distribution est loin d’être idéale. <strong>Kurt Rydl</strong> est le seul à chanter par cœur, mais la voix est fatiguée et son Rocco (plein de sagesse et d’humanité selon le livret) semble bien dur, surtout face au baryton <strong>Matthias Goerne</strong> qui, lui, peine à trouver ses marques dans le cruel Pizarro, gouverneur de la prison. Quant au ténor allemand <strong>Burckhard Fritz</strong>, appelé au dernier moment pour remplacer Jorma Silvasti, il est un solide Florestan à la voix bien projetée et homogène. Toutefois, malgré sa carrure impressionnante, il ne possède pas les épaules d’un chanteur charismatique susceptible de nous bouleverser par le « Gott » déchirant qui doit précéder « In des Lebens Frühlingstagen / Ist das Glück von mir geflohn! » (Aux jours du printemps de la vie/ Le bonheur a fui loin de moi) introduisant le somptueux monologue soutenu par un ensorcelant et subtil discours instrumental.</p>
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<p>Sans doute mieux préparé que les autres participants, <strong>Le</strong> <strong>chœur de Radio France</strong> se montre bien chantant et engagé jusqu’au joyeux couplet final. Et il convient même de mentionner les prisonniers <strong>Bertrand Dubois</strong> et <strong>Patrick Radelet </strong>pour leur brève et poignante intervention en solo.</p>
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<p>Si ce <em>Fidelio </em>en concert est loin de combler les mélomanes amoureux de l’œuvre telle qu’on peut l’entendre dans l’enregistrement de Klemperer avec Christa Ludwig et Jon Vickers, le public du Théâtre des Champs-Elysées rend à Kurt Masur un hommage justifié par l’ensemble de sa carrière. Le Maître remercie avec modestie en agitant — serait-ce en guise de mouchoir ? — la partition de Beethoven.</p>
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<p>1 Voir : Elisabeth Bouillon, <em>Léonore et Fidelio</em> : <em>Genèse d’un Opéra</em>, Avant-Scène Opéra 1995, p. 80</p>
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