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	<title>Isabella GAUDI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Isabella GAUDI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>El Público</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/el-publico-la-derniere-tentation-de-gerard-mortier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 08:49:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’au bout, Gérard Mortier sera resté le grand directeur qu’il avait toujours été, depuis ses premiers pas au Théâtre royal de La Monnaie au début des années 1980. A l’époque où il aurait dû prendre la direction du New York City Opera, il avait lancé une politique ambitieuse de commandes, dont bénéficia finalement le Teatro &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’au bout, Gérard Mortier sera resté le grand directeur qu’il avait toujours été, depuis ses premiers pas au Théâtre royal de La Monnaie au début des années 1980. A l’époque où il aurait dû prendre la direction du New York City Opera, il avait lancé une politique ambitieuse de commandes, dont bénéficia finalement le Teatro Real de Madrid, avec <em>The Perfect American</em> de Philip Glass ou <em>Brokeback Mountain</em> de Charles Wuorinen. Non content d’inviter en Espagne les metteurs en scène auxquels il était fidèle depuis plusieurs années (Sellars, Marthaler…), il avait aussi sollicité le compositeur Mauricio Sotelo (né en 1961), influencé par Luigi Nono, cofondateur du Klangforum Wien, déjà auteur d’un opéra de chambre et d’un opéra pour enfants. Le choix se porta sur la pièce la plus ésotérique de Federico García Lorca, <em>Le Public</em>, réputée injouable mais qu’avait notamment osé monter Jorge Lavelli à Paris en 1988. Le poète assassiné y aborde ouvertement la question de l’homosexualité, absente du reste de son théâtre, mais en y associant une réflexion pirandellienne sur l’illusion théâtrale et en l’enveloppant de plusieurs épaisseurs d’extravagances surréalistes : dans la liste des personnages figurent entre autres quatre chevaux blancs et un cheval noir, un « costume aux pavots », un nu rouge, un empereur et un berger idiot…</p>
<p>Le livret d’Andrès Ibáñez suit le déroulement de la pièce et, assez naturellement pour un amateur de flamenco comme Lorca, la musique de Sotelo inclut un hommage au <em>cante jondo</em> à travers la présence des <em>cantaores</em> <strong>Arcángel et Jesús Méndez </strong>ou celle de guitaristes. Pour le reste, qu’on ne s’attende surtout pas à une composition néo-folklorique : il s’agit bien d’un opéra de notre temps, à la musique tantôt âpre, tantôt sereine, mais qui n’entrave jamais le chant et autorise même de beaux morceaux de lyrisme. Chef invité principal du Teatro Real, <strong>Pablo Heras-Casado </strong>prouve qu’il est décidément à l’aise dans les répertoires les plus variés, du baroque au contemporain en passant par Mozart.</p>
<p>Le spectacle monté par <strong>Robert Castro</strong> ne cherche pas à aplanir la difficulté que présente la pièce de Lorca, mais opte résolument pour une approche scénique tout aussi surréaliste que le texte : ces deux heures quinze se déroulent comme une suite de tableaux somptueux, hermétiques parfois mais suggestifs toujours, d’une étrange poésie qui rappelle aussi bien les premiers spectacles de Bob Wilson que les œuvres nées de la rencontre de Claudel, de Darius Milhaud et des Ballets suédois, comme <em>L’Homme et son désir</em> dans les années 1920 (Lorca écrivit son texte vers 1929). Dans la quatrième scène, Gonzalo, l’acteur amant du directeur du théâtre, devient le Christ en croix, démultiplié par des miroirs et « supplicié » par deux enfants qui le maculent de peinture rouge : cette crucifixion représente la fureur du public face à la version avant-gardiste de Roméo et Juliette dont l’acteur est l’inspirateur.</p>
<p>La distribution ne se compose pas que de spécialistes de la musique contemporaine, ce qui montre que la partition n’exige pas des compétences hors du commun. Certains des chanteurs  pourtant sonorisés, sont pour certains des habitués des partitions complexes et lourdes : <strong>Gun-Brit Barkmin</strong> est ainsi régulièrement Chrysothémis ou Marie de <em>Wozzeck </em>(rôle qu’elle interprètera à Paris au printemps prochain). La soprano colorature <strong>Isabella Gaudí </strong>se produit depuis quelques années à Pesaro : elle hérite ici d’une des parties les plus difficiles, avec le long monologue de Juliette.  Le jeune baryton autrichien <strong>Thomas Tatzl </strong>et le baryton espagnol<strong> José Antonio López</strong> assurent, eux, les deux rôles centraux, plus lourds par leur durée que par leurs exigences vocales. Autour d’eux s’affairent plusieurs personnages secondaires, des danseurs et des figurants, qui participent tous à l’étrange réussite de ce spectacle audacieux, hommage suprême à Gérard Mortier.</p>
<p class="rtecenter">
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		<title>ROSSINI, Ciro in Babilonia — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ciro-in-babilonia-pesaro-reprise-magistrale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Aug 2016 06:16:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel contraste avec la production du Turco in Italia sans relief présentée deux jours auparavant sur la même scène du Teatro Rossini à Pesaro ! À croire que Davide Livermore a usé toute son inventivité dans ce Ciro in Babilonia créé dans ces lieux en 2012 (il s&#8217;agissait d’ailleurs de la création de l&#8217;œuvre au festival &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel contraste avec la production du <em><a href="http://www.forumopera.com/il-turco-in-italia-rof-2016-pesaro-et-vogue-la-galere">Turco in Italia</a></em><a href="http://www.forumopera.com/il-turco-in-italia-rof-2016-pesaro-et-vogue-la-galere"> sans relief présentée deux jours auparavant</a> sur la même scène du Teatro Rossini à Pesaro ! À croire que <strong>Davide Livermore</strong> a usé toute son inventivité dans ce <em>Ciro in Babilonia</em> créé dans ces lieux en 2012 (il s&rsquo;agissait d’ailleurs de la création de l&rsquo;œuvre au festival de Pesaro). <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/quand-podles-ecrit-lhistoire">L&rsquo;éclatante réussite soulignée à l’époque par Christophe Rizoud</a> est confirmée par cette reprise. La transposition de l&rsquo;intrigue à la Belle-Epoque et dans l&rsquo;univers des films muets fonctionne admirablement. Loin d&rsquo;être plaquée, l&rsquo;idée de départ est sans cesse renouvelée maintenant l&rsquo;attention constante dans cette œuvre à l’inspiration parfois inégale (des coupes ont d’ailleurs été opérées dans les nombreux récitatifs), jusqu’au final cohérent, où l’enfant qui avait traversé l’écran pour rejoindre Ciro et la tendre Amira pendant l’ouverture, peut enfin retrouver sa mère, restée parmi les spectateurs. La réussite est également esthétique avec les superbes costumes mésopotamiens à la sauce hollywoodienne de <strong>Gianluca Falaschi</strong> ou les projections aux tons sépia et toujours fort à propos de <strong>D-WOK</strong> qui, loin de distraire le spectateur, lui permettent de s’immerger dans l’intrigue.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="305" src="/sites/default/files/styles/large/public/_12a3119_siragusa_podles.jpg?itok=j0xPn5Tf" title="Antonino Siragusa (Baldassare), Ewa Podleś (Ciro) © Amati Bacciardi" width="468" /><br />
	Antonino Siragusa (Baldassare), Ewa Podleś (Ciro) © Amati Bacciardi</p>
<p>La distribution est entièrement renouvelée par rapport à 2012, à l&rsquo;exception notable du rôle-titre, chanté par <strong>Ewa Podleś</strong>. La contralto polonaise est acclamée après son air au premier acte puis après sa grande scène au deuxième acte, démontrant, s’il le fallait, que sa voix phénoménale fait encore de l&rsquo;effet. Certes la vocalise est moins souple et le registre de poitrine fait aujourd&rsquo;hui voix à part. Pourtant la chanteuse utilise intelligemment ses moyens à des fins expressives, crucifiant le pauvre Baldassare de ses graves sépulcraux, et connaît par cœur la grammaire rossinienne pour tirer tout le suc des airs virtuoses qui lui échoient.</p>
<p><strong>Antonino Siragusa</strong> ne peut rivaliser avec le souvenir de Michael Spyres qui chantait Baldassare il y a quatre ans, en termes de beauté du timbre ou d&rsquo;extension dans le grave. Il emporte pourtant l’adhésion par son incarnation très expressionniste du personnage de roi félon qui se marie à merveille au métal du timbre et à l’insolence de l’aigu. <strong>Pretty Yende</strong> a beaucoup de prestance sur scène, et fait valoir en Amira une voix pulpeuse et longue, au medium nourri et aux aigus aériens. La chanteuse fait par ailleurs preuve d’audace dans les variations sollicitant fortement le suraigu, quitte à frôler l’accident, gagnant en spectaculaire ce qu’elle perd en orthodoxie stylistique.</p>
<p>Face à ce trio de choc, les comprimarii font un peu grise mine. <strong>Alessandro Luciano</strong> (Arbace) semble sans cesse s’interroger sur sa nature vocale, entre ténor rossinien aux aigus claironnants et baryton aux graves sonores, laissant entre les deux un médium incertain. Les basses ne marquent pas les esprits, le court air de Danielo (<strong>Dimitri Pkhaladze</strong>) pourtant stupéfiant visuellement (avec un <em>remake</em> de la fameuse scène des Dix commandements) tombe vocalement un peu à plat. La fameuse aria sur une seule note échoit à <strong>Isabella Gaudi </strong>(Argene)<strong>,</strong> qui ne parvient pas totalement à la sortir du pur exercice de style.</p>
<p>L’orchestre et le chœur du Teatro communale di Bologna très en forme (les couleurs des vents !) dirigés avec ardeur par <strong>Jader Bignamini</strong> font sauter les quelques réserves émises plus haut. Le Festival Rossini se conclut donc sur une réussite magistrale, au diapason d’une édition 2016 qui aura tenu toutes ses promesses. Rendez-vous l’an prochain pour <a href="http://www.forumopera.com/il-turco-in-italia-rof-2016-pesaro-et-vogue-la-galere">un programme non moins excitant</a> !</p>
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