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	<title>Giulia SCOPELLITI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Giulia SCOPELLITI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Peter Grimes – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-peter-grimes-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier opéra de Benjamin Britten, créé voici quatre-vingts ans au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, est donné à l’Opéra de Lyon dans la mise en scène bouleversante que Christof Loy avait conçue pour Vienne en 2015 (reprise en 2021). Rappelons que le livret s’inspire d’un poème de Crabbe largement modifié, dans lequel un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier opéra de Benjamin Britten, créé voici quatre-vingts ans au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, est donné à l’Opéra de Lyon dans la mise en scène bouleversante que <strong>Christof Loy</strong> avait conçue pour Vienne en 2015 (reprise en 2021). Rappelons que le livret s’inspire d’un poème de Crabbe largement modifié, dans lequel un pêcheur solitaire est soupçonné de violences avec ses apprentis ; la mort accidentelle de l’un d’eux, puis d’un autre, suscite contre lui le ressentiment et la haine de tout le village ou presque, jusqu’à l’issue tragique de son suicide contraint.</p>
<p>Sans barque, sans voiles et sans filets de pêche, sans perspective sur la mer ni sur le paysage côtier, ce <em>Peter Grimes</em> est entièrement voué à la représentation visuelle d’un huis-clos étouffant dans lequel se débattent, comme des insectes pris au piège, les habitants du Borough. Les murs sombres contiennent les rancœurs et les frustrations qui se reportent sur le personnage fascinant du marginal, inquiétant et séduisant à la fois, et révèlent les failles psychiques et éthiques des villageois, ainsi que l’existence d’autres formes de marginalité soucieuses de se donner l’apparence de la morale et de la dignité. La sobriété de ce décor minimaliste laisse pleinement ouvert le champ de la musicalité – orchestre et voix.</p>
<p>La figuration d’un rivage au sol, à l’avant-scène, suggère que la mer se trouve du côté de la salle : la fosse est un gouffre d’où sortent les sons et les mouvements de la houle, les mugissements des flots et le fracas de la tempête. Sur le proscenium, à jardin et de biais, un lit, sur lequel dort Peter Grimes avant le lever du rideau, accueillera durant les trois actes plusieurs personnages, comme un refuge et un espace intermédiaire, voire transitionnel, un tiers-lieu propice aux espoirs, aux rêves ou aux tentatives de consolation. Dans le Prologue de l’opéra, premier choc, cet espace intime (qui remplace la salle d’audience des indications scéniques) est livré à l’intrusion des habitants et de l’homme de loi qui traquent puis éblouissent Peter Grimes avec leurs lampes torches. La scénographie (<strong>Johannes Leiacker</strong>) propose par la suite de véritables tableaux vivants dans lesquels l’austérité du décor est nuancée par des jeux de lumières (<strong>Bernd Purkrabek</strong>) aux tonalités changeantes et des couleurs de costumes (<strong>Judith Weihrauch</strong>) particulièrement contrastés.</p>
<p>Le plateau est dominé par le rayonnement vocal et scénique de l’interprète du rôle-titre, le ténor américain d’origine sri-lankaise <strong>Sean Panikkar</strong>, Peter Grimes athlétique et sensible, doté d&rsquo;une émission puissante et souple à la fois. Sa voix séduit par la pureté du timbre, par un sens des nuances et une projection exemplaires, qui lui permettent de rendre audibles et touchants les passages les plus confidentiels, d’émouvoir par son lyrisme – dès le magnifique duo <em>a cappella</em> du premier acte avec Ellen (« There’ll be new shoals to catch ») ou encore dans son air « Now the Great Bear and Pleiades… », de bouleverser par son désespoir (« What harbour schelters place ») ou sa colère à l’acte II (« Go there ! »), ses visions oniriques ou sa folie passagère. La soprano irlandaise <strong>Sinéad Campbell-Wallace</strong> donne à la veuve Ellen Orford l’apparence stricte de l’institutrice, soulignée par le tailleur gris qui distingue sa fonction du statut de pêcheur de Peter Grimes, vêtu la majeure partie du temps d’un pantalon de toile et d’un simple débardeur – mais aussi par une certaine raideur sensible dans l’attitude comme dans la voix. Son intervention en faveur du réprouvé s’accompagne cependant d’effusions qui tempèrent et humanisent son personnage, en dépit des soupçons qui finissent par la contaminer. Elle aussi révèle la vaillance vocale et la technique impeccable nécessaires au rôle, l’autorité sonore mais également la tendresse indispensable pour déployer toute la beauté de son air du troisième acte, « Embroidery in childhood was a luxury of idleness ».</p>
<p>Le personnage ambivalent du capitaine Balstrode, retraité de la marine marchande, présenté ici comme possible amant de Peter Grimes, est physiquement séduit par John, l’apprenti, rôle muet qu’interprète le danseur <strong>Yannick Bosc</strong>. Reprenant <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/embarquement-immediat/">à Lyon le rôle qu’il y tenait en 2014 dans la mise en scène de Yoshi Oida</a>, <strong>Andrew Foster-Williams</strong> démontre les mêmes qualités vocales, restées intactes. Son interprétation est nécessairement différente dans ce contexte, où il apparaît souvent en retrait, et même parfois dos au public – sauf pour une étreinte passionnée mais fugace avec John –, ou bien, assis sur le lit de l’avant-scène, comme prenant le public à témoin de la lecture proposée par Christoph Loy, déclarant dans un entretien de 2021 inséré dans le programme de salle, que, pour lui, « Peter Grimes est homosexuel » – une  piste d’interprétation (parfois proposée, parfois contestée) et une composante parmi d’autres dans cette réflexion sur la fabrique des marginaux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_PeterGrimes_GcAgathePoupeney_HD_045-1294x600.jpg" alt="" />© Agathe Poupeney</pre>
<p>Dans le reste de la distribution, la mezzo-soprano <strong>Carol García</strong> s’illustre par une aisance scénique et une ampleur vocale qui font de cette propriétaire de la taverne du Sanglier une Auntie (Tantine) de caractère, à vocation comique, tandis que <strong>Katarina Dalayman</strong> donne au personnage de Mrs Sedley, la veuve désœuvrée et commère, une allure un peu désinvolte, dans un registre plus léger que tragique ; et sans doute lui manquait-il, le soir de la première, un peu de volume sonore pour s’affirmer dans ce rôle. Les deux nièces, les sopranos <strong>Eva Langeland Gjerde</strong> et <strong>Giulia Scopelliti</strong> (toutes deux solistes du Lyon Opéra Studio) sont scéniquement irrésistibles et vocalement remarquables dans le grand quatuor féminin de l’acte II.</p>
<p>Du côté des hommes, les rôles sont bien investis, avec une mention spéciale à <strong>Lukas Jakobski</strong> qui prête au charretier Hobson sa basse imposante et témoigne d’un sens frappant du rythme (musical et théâtral), et à <strong>Filip Varik</strong> (du Lyon Opéra Studio) qui confère au pêcheur Bob Boles, zélé méthodiste, le fanatisme grotesque du personnage, qu’il souligne dans sa diction comme dans sa gestuelle. Le Swallow de <strong>Thomas Faulkner</strong> mériterait une meilleure articulation pour rendre plus crédible le personnage du maire et juge, et <strong>Alexander de Jong</strong>, qui maîtrise parfaitement le rôle de l&rsquo;apothicaire Ned Keene, pourrait entamer de manière plus entraînante, avec un phrasé davantage marqué et plus de volume sonore la chanson populaire « Old Joe has gone fishing ».</p>
<p>La mer, élément essentiel de cet opéra, puisque Britten disait avoir voulu exprimer « les rigueurs de la lutte perpétuelle menée par les hommes et les femmes » qui dépendent d’elle, est tout entière dans la musique. On mesure dès lors la pertinence de la proposition scénique qui fait de la fosse le lieu du ressac et, au-delà, du large : elle est ce gouffre insondable agité de tourbillons, et aussi le lieu d’une promesse de pêche (et donc d’un avenir meilleur), dans lequel cependant la tempête se déchaîne et les apprentis meurent. La direction magistrale de <strong>Wayne Marshall</strong>, d’une rare sensibilité et d’un dynamisme saisissant, donne vie à ces diverses dimensions, mettant en évidence toute la palette des nuances instrumentales et la richesse des timbres, avec une maîtrise des modifications d’intensité sonore capable de transporter, d’envoûter ou de clouer sur place. L’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, tout comme les <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong> préparés par Benedict Kearns, font entendre l’éclectisme musical (dans le sens le plus positif du terme) de la composition de Britten, particulièrement apte à figurer de manière sonore l’ambiguïté et la versatilité de la mer. Les <em>tempi</em>, les respirations, les choix interprétatifs, la répartition des masses sonores soulignent à quel point le compositeur fait cohabiter les parties consonantes avec diverses dissonances, un style que l’on pourrait parfois qualifier de néoclassique avec des rythmes empruntés au jazz mais aussi aux chants populaires, des références à la musique baroque ou classique avec des réminiscences de la musique romantique et de la tradition opératique.</p>
<p>Le spectacle dans son ensemble est donc une incontestable réussite, marquée par ce silence éloquent – devenu rare à l’opéra – de plusieurs secondes après les derniers accords, précédant de longs applaudissements et de nombreux rappels.</p>
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		<title>BATTISTELLI, 7 minutes &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/battistelli-7-minutes-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra de Lyon et celui de Nancy entretiennent des liens étroits et s’échangent des politesses : le premier a créé L’avenir nous le dira de Dina Soh à l’occasion de son festival annuel printanier juste avant le second, qui, lui, exporte 7 minutes de Giorgio Battistelli créé sur les bords de la Meurthe en 2019. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra de Lyon et celui de Nancy entretiennent des liens étroits et s’échangent des politesses : le premier a créé <em>L’avenir nous le dira</em> de Dina Soh à l’occasion de son festival annuel printanier juste avant le second, qui, lui, exporte <em>7 minutes</em> de <strong>Giorgio Battistelli</strong> créé sur les bords de la Meurthe en 2019.</p>
<p>Six années plus tard, l’œuvre assez classique pour la musique contemporaine de Battistelli, jouit d’une nouvelle production, cette fois-ci sous le regard féminin de <strong>Pauline Bayle</strong>. L’histoire est un précipité de débats syndicaux entre onze représentantes du personnel dans une usine de textile dans les années 90. La direction propose de réduire la pause journalière de 7 minutes pour maintenir les emplois et les salaires. Les représentantes n’ont qu’une heure pour débattre et voter avant de donner leur réponse. Le deal, simple en apparence, va mettre à jour des lignes de fractures au sein de ce groupe de femmes : antagonisme de génération, racisme sous-jacent entre elles, individualisme contre sens du collectif etc. Pour classique qu’elle soit, la composition de Battistelli réussit le tour de force de nous intéresser à ces débats, parfois rébarbatifs, et construire une tension qui va crescendo jusqu’au final, qui laisse le spectateur sur une fin totalement suspendue. La partition est plus contrastée qu’il n’y parait et ménage des ambiances et des rythmes qui viennent souligner les atmosphères plus au moins amicales entre les protagonistes. L’écriture vocale enfin, confère à chacune des travailleuses une identité propre – ou collective selon les scènes et les partisanes du pour et du contre – qui facilite grandement l’intelligibilité de la pièce. Dommage toutefois que le texte de la pièce de Stefano Massini (1993) n’ait pas été expurgé de certaines répétitions qui trouvent certainement tout leur sens dans le réalisme d’une représentation théâtrale, mais viennent ici alourdir et la musique et la narration.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7min_web5.jpg-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-185797"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©&nbsp;Opéra de Lyon</sup></figcaption></figure>


<p>Pauline Bayle et son équipe technique se saisissent avec un vrai savoir-faire des éléments dramatiques et de ceux plus immatériels encore de la musique de Battistelli. Le choix de chorégraphier certaines transitions musicales et de donner la même gestuelle à certaines de ces femmes vient renforcer la valeur opératique de l’œuvre et participe de la compréhension générale de l’intrigue syndicale. Les onze interprètes sont en scène pendant les deux heures que dure l’œuvre et la direction scénique s’avère un modèle de précision et de justesse. Ces qualificatifs s’appliquent aussi à la fosse et aux chœurs dirigés par <strong>Miguel Pérez Iñesta</strong>.</p>
<p>Giorgio Battistelli s’appuie sur l’éventail des emplois de sopranos pour donner un trait de caractère global à son personnage (ce que la metteure en scène redoublera d’une devise pour chacune d’elle). Zoélie, « soprano lyrique », interprétée par <strong>Eva Langeland Gjerde</strong> passe pour la discrète du groupe, celle qui s’excuse presque de prendre la parole et de faire valoir son avis. La soliste du Lyon Opéra Studio y parvient à merveille, assise sur une voix légère et colorée qui détonne dans ce concert de baronnes. <strong>Anne Marie Stanley</strong> (Mahtab), puise dans les couleurs fauves de son mezzo-soprano pour faire entendre une ouvrière à part, tant du fait de sa nationalité d’origine (elle est iranienne) que de par ses vues (c’est elle qui remet en cause l’intégrité morale de la porte-parole du groupe). A l’inverse, <strong>Giulia Scopelliti</strong> (Agniezka) entre bille en tête dans le texte et la ligne de chant : sa syndicaliste est une bagarreuse qui  se laisserait essentialiser en ouvrière émigrée. Il en va de même pour <strong>Jenny Anne Flory </strong>(Arielle), pendant mezzo-soprano de ces rôles vindicatifs. Avec <strong>Elisabeth Boudreault</strong> (Sophie) qui complète ce trio de fortes têtes, elles réussissent à défendre avec justesse ce parti de l’acceptation du deal. <strong>Lara Lagni</strong> (Lorraine), <strong>Jenny Daviet</strong> (Mireille) et <strong>Shakèd Bar</strong> (Rachel) forment un autre gang au sein du comité. D’abord virulentes – Jenny Daviet incarne une véritable peste antipathique – elles prêtent l’oreille aux débats et finissent par adopter une posture plus empathique. Shakèd Bar se sort très élégamment de son intervention qui fait basculer un vote favorable évident vers une question philosophique plus complexe. <strong>Sophia Burgos</strong> (Sabine) et <strong>Nicola Beller Carbone</strong> (Odette) forment elles un duo mère-fille dans des emplois de soprano dramatique, astuce habile pour établir la parenté. Toutefois, le rôle d’Odette, presque doyenne du comité, capte bien davantage la lumière en arbitre des élégances griffues entre ces dames. Toutes s’emparent des traits saillants à leur disposition pour briller. Un grand rôle se détache cependant, dévolu à un emploi de contralto, Blanche, la doyenne et porte-parole. Celle que l’on attend un tableau durant, qui vitupère et tance, se trouve profondément meurtrie des allégations de ses camarades et finit par se mettre en retrait par empathie et par respect. <strong>Natascha Petrinsky</strong> magnétise le plateau tant par la présence que la voix et finit de dresser ces <em>7 minutes</em> au rang de vrai succès opératique.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/battistelli-7-minutes-lyon/">BATTISTELLI, 7 minutes &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BERLIOZ, Béatrice et Bénédict – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-beatrice-et-benedict-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 May 2024 05:18:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Transposition allégée de Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) de Shakespeare, Béatrice et Bénédict est une œuvre plaisante, plus musicale que théâtrale, riche surtout d’enchantements orchestraux et de finesse instrumentale. Berlioz n’a pas choisi sans raison une pièce qui se termine sur les mots « En avant les flûtes ! » (Bénédict) et qui est la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Transposition allégée de <em>Beaucoup de bruit pour rien</em> (<em>Much Ado About Nothing</em>) de Shakespeare, <em>Béatrice et Bénédict</em> est une œuvre plaisante, plus musicale que théâtrale, riche surtout d’enchantements orchestraux et de finesse instrumentale. Berlioz n’a pas choisi sans raison une pièce qui se termine sur les mots « En avant les flûtes ! » (Bénédict) et qui est la seule dans le théâtre de Shakespeare à se clore sur une danse générale. Rien de véritablement dramatique, et donc, serait-on tenté d’ajouter, rien d’opératique dans ce livret qui élimine ce qui faisait l’enjeu essentiel de la pièce de Shakespeare – une réflexion sur l’usage du verbe et sur les conventions sociales, sur l’amour, la mort, l’engagement, l’amitié aussi. Le primat est ici donné à la musique, par moments parodique mais la plupart du temps raffinée, souvent onirique, qui donne de la profondeur à un texte apparaissant principalement comme un aimable badinage, un marivaudage qui peine parfois à susciter l’intérêt.</p>
<p>La représentation lyonnaise de ce mois de mai ne fait pas exception à la règle. Mais elle bénéficie d’une distribution vocale équilibrée, convaincante par la fraîcheur, le dynamisme et la juvénilité de ses interprètes principaux.</p>
<p>La mezzo-soprano italienne <strong>Cecilia Molinari</strong> donne à Béatrice les accents moqueurs exigés par le rôle avant de révéler toute la souplesse de sa voix dans les moments intimes et les confidences (en particulier, outre le <em>Nocturne</em>, l’air « Dieu ! que viens-je d’entendre ? »), tandis que le ténor gallois <strong>Robert Lewis</strong> campe un Benedict bravache, brillant (air « Ah ! je vais l’aimer »), émouvant dans le duo final. À la soprano <strong>Giulia Scopelliti</strong> revient le mérite de rendre attachant et crédible le personnage de Héro, dès son premier air (« Je vais le voir ») où elle se joue des difficultés de la partition, avec une belle projection. Ursule est incarnée par la mezzo-soprano <strong>Thandiswa Mpongwana</strong>, à la voix ronde et au timbre chaleureux. On ne peut dire que du bien du baryton <strong>Pawel Trojak</strong> (Claudio), de la basse-baryton <strong>Pete Thanapat</strong> (Don Pedro) et du baryton <strong>Ivan Thirion</strong> (Somarone). Il restera pour la plupart d’entre eux à améliorer encore la prononciation et la diction du français, qui sont toutefois parfaitement acceptables. Une bonne part de ces artistes appartient au Lyon Opera Studio, dont il faut redire ici l’excellence, terme qui vaut aussi pour les <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong>, préparés par <strong>Benedict Kearns</strong>.</p>
<p>La direction du chef allemand <strong>Johannes Debus</strong> fait ressortir avec éclat les contrastes entre le comique bruyant des pastiches divers (ces « charges musicales » évoquées par Berlioz dans sa correspondance) – que ce soit dans les inflexions martiales du chœur initial (« Le More est en fuite !) ou dans l’« Épithalame grotesque » –, et la dimension allègre et bondissante du début de l’ouverture, dont l’inspiration se situe du côté du <em>Songe d’une nuit d’été</em> et qui se poursuit comme un poème symphonique, ou les accents lyriques et solennels de la Sicilienne. L’<strong>Orchestre de l’Opéra National de Lyon</strong> fait une belle démonstration de la richesse de ses timbres, culminant dans le <em>Nocturne</em> qui, bien que situé à la fin de l’acte I, est ici déplacé après l’entracte (sans que la raison de ce redécoupage n’apparaisse clairement). Ce qui a pour résultat de faire s’enchaîner le duo de la scène 16 (« Vous soupirez, madame ! »), la Sicilienne et la chanson à boire (« Le vin de Syracuse accuse… ») qui lorgne du côté d’Offenbach, avec ses trompettes et guitares.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Damiano Michieletto</strong>, préparée en 2020 et qui avait été donnée alors à huis clos en raison de la pandémie, propose une alternance entre deux décors (de <strong>Paolo Fantin)</strong> : &#8211; une salle uniformément blanche peuplée de micros, dans laquelle le chœur, coiffé de casques audio, se soumet aux injonctions de Somarone (ce personnage caricatural de maître de chapelle inventé par Berlioz), devenu ici l’ordonnateur – bruyant et gesticulant – d’une machination consistant à épier et à enregistrer, sur des bandes magnétiques, les propos de Béatrice et Bénédict ; – et une jungle luxuriante dans laquelle évoluent, à la fin du I et au début du II, aux côtés d’un chimpanzé déjà apparu plus tôt dans le studio d’enregistrement (et dont la présence énigmatique renvoie peut-être à la mascarade et à la farce voulues par Berlioz), une femme et un homme nus. Ces derniers illustrent de manière démonstrative l’innocence première des êtres de nature – par opposition à la corruption des courtisans – et la thématique de la virginité (si importante dans la pièce de Shakespeare, mais complètement absente du livret de Berlioz). Des effets plus ou moins spectaculaires s’y ajoutent : entre autres, dans l’acte I un lit vertical donnant l’illusion d’une vue en plongée sur les amoureux faussement ennemis, une faille s’ouvrant plus tard, après la découpe du lit en deux parties, au milieu du plateau ; dans l’acte II le basculement du plateau abritant la jungle, se transformant en grille emprisonnant les êtres de nature, des traits lumineux à l’avant-plan révélant progressivement des lettres capitales qui donneront à lire, à la fin, « Bénédict, l’homme marié ».</p>
<p>Les images sont souvent belles, quoique en partie déconnectées de l’intrigue, comme sont visuellement réussis les effets de lumière (<strong>Alessandro Carletti</strong>) et l’apparition des éléments descendant des cintres (la robe de mariée) ou présentés à l’avant-scène (les papillons, puis leurs cages – symboles appuyés que redouble l’ascension finale de deux caissons de verre dans lesquels réapparaissent à la fin, enfermés, les Adam et Ève désormais contraints dans des vêtements de cérémonie). On en retire l’impression d’une mise en scène disparate, parfois sensible, parfois tapageuse, peut-être à l’image d’une œuvre qui assemble des éléments à première vue contradictoires : le cynisme et le romantisme, la farce et la finesse, le bruit et l’harmonie.</p>
<p>Si la présence sonore et visuelle de Somarone est excessivement soulignée, notamment par des modifications apportées au texte et destinées peut-être à rendre justice au titre de la source (« Beaucoup de bruit pour rien »), la dimension intimiste des duos est respectée. Les dialogues parlés, amplifiés par des micros ostensiblement utilisés, ont pour fonction de rompre toute illusion dramatique et de rappeler que tout n’est ici que mise en scène. L’intention parodique est évidente, même si elle laisse <em>in fine</em> un goût amer, et se fonde sur une accumulation de clichés et de poncifs divers affichés comme tels. Des simagrées du chimpanzé à celles des personnages, en passant par les effets spéciaux et l’agitation qui peuple le plateau, tout concourt à faire de l’œuvre le spectacle d’un cirque.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-la-dame-de-pique-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 06:58:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième production du festival de Lyon après la La fanciulla del West, La Dame de pique confirme la qualité globale du cru 2024. En cheville ouvrière comme la veille, Daniele Rustioni fait entendre dès l’ouverture toutes les clés de l’interprétation qu’il donnera du chef-d’œuvre de Tchaïkovski : une lecture romantique, assise sur des cordes soyeuses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième production du festival de Lyon <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-fanciulla-del-west-lyon/">après la <em>La fanciulla del West</em></a>, <em>La Dame de pique</em> confirme la qualité globale du cru 2024. En cheville ouvrière comme la veille, <strong>Daniele Rustioni</strong> fait entendre dès l’ouverture toutes les clés de l’interprétation qu’il donnera du chef-d’œuvre de Tchaïkovski : une lecture romantique, assise sur des cordes soyeuses et compactes, élégamment surpiquée d’un rubato discret. A ce grand geste classique, il oppose le mordant des attaques, des ruptures de rythmes qui viennent scander la course vers l’inéluctable. Irréprochable, l’orchestre se pare de justes couleurs et se transforme tant en toile de fond du drame qu’en commentateur informé : des mélodies mozartiennes aux danses russes, de l’ambiance enfumée du tripot à l’apparition du fantôme de la Comtesse. Tout cela génère un prodigieux théâtre musical qui épouse le plateau vocal et le soutient autant qu&rsquo;il le stimule.</p>
<p>Les Chœurs et la Maitrise de l’Opéra national de Lyon excellent dès le premier tableau tant dans l’engagement scénique que vocal. En dehors, des rôles secondaires, bien tenus par des membres des chœurs ou par des solistes du studio (<strong>Giulia Scopelliti</strong>), les rôles principaux sont distribués majoritairement à des slavophones. <strong>Alexei Botnarciuc</strong> (Sourine) et <strong>Sergei Radchenko</strong> (Tchekalinski) imposent leur personnage principalement par les décibels. <strong>Pavel Yankovsky</strong> (Tomski) dispose de davantage de notes et d’arguments pour faire valoir un métal assez clair, forgé dans une ligne élégante. A l’aise en scène, il s’attèle à présenter les deux facettes du Comte : celle badine dans le secret de la caserne ou encore en Plutus, et celle plus cérémoniale dans les rapports avec la vieille Comtesse. Pauline est un rôle payant pour son interprète et <strong>Olga Syniakova</strong> ne fera pas exception que ce soit dans le duo, où son élégant phrasé s’entremêle parfaitement à celui de sa comparse, ou dans sa triste romance où les couleurs crépusculaires de son timbre s’accordent à ce moment suspendu. Il en va de même pour le rôle de Eletski où <strong>Konstantin Shushakov</strong> se rallie la salle le temps d’une déclaration amoureuse toute en douleur rentrée. On ne présente plus <strong>Elena Zaremba</strong> dont la Comtesse a dû hanter toutes les scènes du monde. Le rôle que lui confie la mise en scène la sort heureusement de celui de cadavre ambulant auquel on peut réduire le personnage un peu facilement. Elle s’y ingénie et inquiète bien davantage par un chant autoritaire et composition scénique roide. Raide c’est aussi ainsi que <strong>Dmitry Golovnin</strong> interprète Hermann : raide dingue comme le lui demande le metteur en scène – rarement a-t-on vu un jeune officier si peu amoureux – raide vocalement. Toutes les notes sont là, l’engagement scénique impressionne et pourtant le timbre gris voire acide à l’occasion, une émission souvent coincée entre le mezzo forte et le forte lui font dessiner un personnage d’un bloc, détestable comme il le faut. Depuis les représentations milanaises de mars 2022, <strong>Elena Guseva</strong> s’est imposée comme la Lisa évidente du circuit. Ses moyens vocaux, sa solide technique lui permettent d’insuffler toute la passion nécessaire dans le duo avec Hermann, ou encore de naviguer avec aisance dans une dernière scène angoissée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaDameDePique3G┬®JeanLouisFernandez022-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158281"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©</sup> <sup>Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>La réplique de Tchekalinski au récit des trois cartes de Tomski à la première scène s’applique bien à la proposition scénique de <strong>Timofei Kouliabine</strong> : si ce n’est pas tout à fait l’histoire de<em> La Dame de pique</em>, c’est bien trouvé et surtout cela fonctionne. Celui-ci recourt principalement à un parallèle. La Vénus moscovite devient ici une autre figure historique de la fin de l’ère soviétique, Juna Davitashvili, qu’une note, heureusement incluse dans le programme et reproduite sur le site web de l’Opéra, nous décrit comme une sorte de gourou de la médecine douce de son époque, grande spécialiste des traumas des anciens combattants et récompensée par le régime pour ses bons et loyaux services, entendez propagande. Ni une, ni deux, toute la narration de l’œuvre passe au filtre de cette situation. La balade au parc devient une représentation à la gloire des armées dans une obscure république sœur, où la Vénus magnétise quelques blessés. En coulisses, Hermann déraille et aurait grand besoin de ses soins, pendant que ses officiers s’amusent de ces mises en scène destinées à remonter le moral d’une population en état de siège. L’orage se matérialise d’ailleurs par les sirènes et alarmes anti-bombardement. Le mariage arrangé de Lisa, en costume d’époque, n’est qu’une supercherie où la Comtesse incarnera elle-même Catherine. Au fil des actes, on voit bien que cette fausse thaumaturge et ces mises en scènes soviétiques n’ont pas d’effet sur le réel. La société se dérègle, la défaite approche. Lisa &#8211; complice tout du long de Hermann mais qui ne croit pas à ce conte de cartes à jouer et préfère s’emparer des bijoux de sa grand-mère &#8211; ne se jette pas dans la Neva. Elle s’enfuie en train avec des réfugiés (dans une scène au réalisme saisissant) après avoir tenté de convaincre une dernière fois Hermann de la suivre plutôt que de jouer. Le Prince Eletski, homosexuel refoulé, l’affronte et y perd la vie quand il revendique la victoire avec la fameuse dame de pique. On le voit, les écarts sont nombreux mais font parfaitement sens dans l’uchronie proposée et dresse d’étranges ponts avec notre actualité. Ils sont surtout accompagnés d’une direction d’acteur fantastique qui les rend possible. Par exemple, quand Lisa feint devant Macha d’accuser Hermann d’avoir tué la Comtesse par maintenir les apparences et rendre possible sa fuite. Cette proposition se suit sans aucun mal, rend absolument tout ce qu’elle propose lisible et anime les sept tableaux de l’œuvre d’un grand souffle théâtral.  </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-la-dame-de-pique-lyon/">TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Die Frau ohne Schatten aura été particulièrement bien servie cette dernière décennie. Aujourd’hui, quand elle ne nous a pas quitté tragiquement, cette génération de chanteurs cherche à passer le relais, à l’image d’une Nina Stemme, Teinturière une dernière fois à New York la saison prochaine. C’est dans ce contexte que l’Opéra national de Lyon choisit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Die Frau ohne Schatten</em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacles/?_sft_oeuvre=die-frau-ohne-schatten&amp;oeuvre=Die%20Frau%20ohne%20Schatten">aura été particulièrement bien servie cette dernière décennie</a>. Aujourd’hui, quand elle ne nous a pas quitté tragiquement, cette génération de chanteurs cherche à passer le relais, à l’image d’une Nina Stemme, <a href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-quel-plaisir-detre-de-retour-a-lopera-de-paris/">Teinturière une dernière fois à New York la saison prochaine</a>. C’est dans ce contexte que l’Opéra national de Lyon choisit de faire rentrer l’œuvre à son répertoire en ouverture de saison, avec une distribution, qui, si elle n’est pas inconnue, vient faire ses preuves dans cet étrange chef-d’œuvre.</p>
<p>Des nombreux aspects positifs de ce spectacle, ce sont bien les chanteuses et les chanteurs qui remportent principalement nos suffrages. L’ensemble des petits rôles tout d’abord, issus du Lyon Opéra Studio, s’illustre avec brio. On invite les programmateurs à noter le nom de <strong>Robert Lewis</strong> à qui échoit non seulement le rôle du frère Bossu mais surtout les interventions du Jeune Homme, tendues comme seul Richard Strauss sait en composer pour les ténors. C’est un sans faute où son timbre chatoie en permanence, assis sur une projection confortable. <strong>Pete Thanapat</strong> (le Manchot) et <strong>Pawel Trojak</strong> (le Borgne) disposent du talent nécessaire pour le rejoindre et former un trio équilibré, jamais pris en défaut ou inaudible, comme cela arrive parfois. <strong>Giulia Scopelliti</strong> s’attèle aussi à deux rôles : celui du Faucon dont elle rend les plaintes mécaniques lancinantes et celui du Gardien du temple où elle trouve des accents enjôleurs tout à propos. <strong>Julian Orlishausen</strong> impose quant à lui un Messager marmoréen.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera_LaFemmeSansOmbre_Generale_11_copyrightStofleth-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-148762"/><figcaption class="wp-element-caption">&nbsp;<sup><strong>©</strong> Bertrand Stofleth</sup></figcaption></figure>


<p>Les deux couples principaux méritent les honneurs des plus grandes scènes. Certes, <strong>Sara Jakubiak</strong> simplifie quelque peu les acrobaties de son entrée et reste en retrait pendant la première moitié du spectacle. Ce n’est que pour mieux incarner un troisième acte brulant, dont elle déjoue les sauts d’octaves, comme si l’humanité, la tessiture plus centrale du personnage alors lui convenaient davantage que les éthers initiaux. La robustesse de <strong>Vincent Wolfsteiner</strong> se confirme une fois plus. Si l’on a connu des Empereurs plus langoureux, on reste pantois devant l’adéquation des moyens avec ce rôle dont la brièveté n’a d’égale que la complexité. <strong>Ambur Braid</strong> prend la relève haut la main des grandes Teinturières. Non seulement sa présence scénique au jeu simple et réaliste magnétise le plateau mais surtout la technique au cordeau, la puissance et le timbre lui permettent de mettre en lumière toutes les facettes du personnage. Barak, personnage pivot de l’opéra, se veut aussi le rôle le plus complexe notamment pour son versant théâtral. <strong>Josef Wagner</strong> l’aborde avec des moyens parvenus à leur pleine maturité. Il dispose en outre de ces couleurs chaleureuses si propices à faire naitre l’humanité du personnage. <strong>Lindsay Ammann</strong> enfin s’avère la meilleure Nourrice entendue sur le circuit actuel. On pourrait ne donner que l’exemple de son final du deuxième acte, jubilatoire et dont la dernière note est tenue au-delà du raisonnable malgré le déluge (de décibels) qui s’abat sur la scène mais ce serait passer sous silence toutes les fourberies vocales qu’elle sait colorer avec une justesse démoniaque.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera_LaFemmeSansOmbre_Generale_40_copyrightStofleth-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-148765"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>©</strong> Bertrand Stofleth</sup></figcaption></figure>


<p>A la tête de l’orchestre, <strong>Daniele Rustioni</strong> livre une lecture rapide, mais pas toujours tendue, où il s’affaire à rendre lisible les lignes force de l’œuvre. Certes, l’étroitesse de la fosse oblige une réduction orchestrale qui nuit au relief global de l’orchestre et aux couleurs de certains pupitres en particulier. Pour autant, les ambiances et l’esprit du conte irriguent la narration à chaque instant.</p>
<p><strong>Mariusz Trelinski</strong>, enfin, propose une mise en scène à la scénographie soignée et aux lumières léchées. C’est en somme<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-frau-ohne-schatten-munich-kirill-petrenko-au-sommet-de-lolympe-straussien/"> une version assagie de celle de son compatriote polonais vue à Munich</a>, la surcharge de référence en moins, la lisibilité en plus peut-être. Le décor sur tournette permet d’opposer comme des miroirs les deux mondes. Comme souvent, l’étrangeté du conte peine à faire sens face au monde du travail des teinturiers, que l’on voit ici plutôt blanchisseurs. Les scènes domestiques entre Barak et sa femme s’avèrent les plus justes dans leur description d’une certaine misère sociale qui vient parasiter le couple et ses rêves d’avenir. Aux bourgeois restent les fantasmes d’enfants un peu grotesques qui se révèleront chimères dans un final convenu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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