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	<title>Nancy GUSTAFSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Nancy GUSTAFSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Albert Herring — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/albert-herring-paris-opera-comique-anticonformiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Diane Raillard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2009 22:58:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le gazon a envahi la scène de la salle Favart. Felicity Palmer passe la tondeuse dont le bruit couvre les premières notes de la partition d’Albert Herring, La chanteuse s’attarde sur une touffe d’herbe folle avec acharnement. Dans la communauté conformiste dans laquelle Albert Herring vit, même un brin d’herbe ne doit pas pousser plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le gazon a envahi la scène de la salle Favart. <strong>Felicity Palmer</strong> passe la tondeuse dont le bruit couvre les premières notes de la partition <em>d’Albert Herring</em>, La chanteuse s’attarde sur une touffe d’herbe folle avec acharnement. Dans la communauté conformiste dans laquelle Albert Herring vit, même un brin d’herbe ne doit pas pousser plus haut qu’un autre.</p>
<p> </p>
<p>Lady Billows, personnalité respectée du village, désire décerner le prix de la Reine de Mai à la jeune fille la plus vertueuse de la communauté. Or Florence Pike, sa gouvernante, lui démontre qu’aucune jeune fille n’est digne de ce titre. Leur choix se porte alors sur un garçon timide, naïf et puceau : Albert Herring, le fils de l’épicière, femme castratrice et infantilisante. Le voilà érigé en héros, sous les quolibets des enfants et des jeunes gens. Porté au pinacle malgré lui, couronné Roi de Mai lors d’un banquet organisé en son honneur, il se voit remettre de l’argent (ainsi que le Livre des Martyrs de Foxe !). Un couple d’amoureux, Sid et Nancy, lui joue un tour et le fait boire à son insu. Ne supportant plus d’être la risée de tous, Herring se rebelle. Il part dans la nuit dépenser l’argent de son prix dans l’alcool et la débauche. </p>
<p> </p>
<p>Composé en 1947, un an après  <em>Le Viol de Lucrèce</em>, <em>Albert Herring</em> est un opéra de chambre en trois actes de Benjamin Britten. Le livret s’inspire d’une nouvelle de Maupassant : <em>Le Rosier de Madame Husson. </em>Alors que la nouvelle finissait sur un ton pessimiste &#8211; le jeune héros devenait un alcoolique mis au ban de la société &#8211; Albert Herring, lui, symbolise une jeunesse qui brise les carcans d’une société puritaine. Autre liberté prise par rapport à Maupassant : Britten ajoute une touche d’humour à l’histoire. </p>
<p> </p>
<p>Le metteur en scène <strong>Richard Brunel</strong> ne s’y est pas trompé et modernise avec succès l’argument. Il dissémine ça et là des ressorts comiques efficaces, comme l’utilisation de micros qui sifflent pour les discours lors du banquet ou l’accoutrement de Herring, affublé d’un diadème et d’une écharpe de Miss Univers, où est inscrit le titre « Queen of May ». Le bruit de la tondeuse et la scénographie de <strong>Marc Lainé, </strong>qui place l’action dans une « gated community » américaine, peuvent faire frémir au lever du rideau, mais l’ensemble se révèle très vite cohérent, habile et bien rythmé. Car si Herring signifie hareng en anglais, l’expression « red herring » est aussi synonyme de diversion ou fausse piste. Ainsi, à l’image du héros qui finit là où on ne l’attendait pas, les doutes sur la mise en scène sont vite levés. </p>
<p> </p>
<p>En parlant de son travail sur l’opéra, le metteur en scène évoquait Tati, Hitchcock, Lynch et Kubrick. On pense aussi à Burton dans <em>Edward aux Mains d’Argent</em> grâce aux costumes de <strong>Claire Risterucci</strong> dont les couleurs flash, associées au vert du gazon, tranchent avec l’uniformité des maisons blanches. Les caméras de surveillance sont omniprésentes et la vidéo est utilisée à bon escient, qu’il s’agisse de dénoncer l’immoralité des jeunes filles ou de filmer en direct un Albert perplexe lors du banquet. </p>
<p> </p>
<p>Richard Brunel a étudié la dramaturgie de l’œuvre en lien étroit avec le chef d’orchestre, <strong>Laurence Equilbey</strong>. Celle-ci mène l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie avec énergie et subtilité. Le casting anglophone de treize chanteurs est très investi dramatiquement sur scène. On ne se lasse pas de la prestation scénique de Felicity Palmer dans le rôle de Florence Pike. <strong>Nancy Gustafson</strong> en Lady Billows et <strong>Hanna Schaer</strong> en Mrs Herring semblaient moins en forme vocalement le soir de la représentation. Le quatuor comique composé d’<strong>Ailish Tynan</strong> (Miss Wordsworth), <strong>Christopher Purves</strong> (Mr. Gedge), <strong>Simeon Esper</strong> (Mr. Upfold) et <strong>Andrew Greenan</strong> (Superintendant Budd) est convaincant. Dans les rôles des enfants, les jeunes chanteurs de la Maîtrise des Hauts de Seine font preuve d’une grande maîtrise vocale. Les jeunes chanteurs, <strong>Leigh Melrose</strong> en Sid et <strong>Julia Riley</strong> en Nancy, possèdent des voix prometteuses. En roi de mai, avec de joyeuses mimiques, <strong>Allan Clayton</strong> est excellent : il mérite bien sa couronne. </p>
<p> </p>
<p>La musique de Britten est subtile et empreinte d’ironie. Cette coproduction de l’Opéra Comique et de l’Opéra de Rouen Haute – Normandie rend ainsi justice à cet opéra méconnu. </p>
<p>   </p>
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		<title>1984</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/comme-au-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Roughol]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 10:24:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé le 3 mai 2005 à Covent Garden, 1984 fut à nouveau programmé lors de la saison 2007-2008 à Valence et à la Scala de Milan. La parution du dvd permet, trois ans après, de reconsidérer l’ouvrage avec plus de sérénité que dans le tohu-bohu médiatique qui accompagna sa création. Polémiques autour des conditions de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Créé le 3 mai 2005 à Covent Garden, <em>1984</em> fut à nouveau programmé lors de la saison 2007-2008 à Valence et à la Scala de Milan. La parution du dvd permet, trois ans après, de reconsidérer l’ouvrage avec plus de sérénité que dans le tohu-bohu médiatique qui accompagna sa création. Polémiques autour des conditions de montage d’abord : sollicité par Auguste Everding, alors directeur de l’opéra de Munich, Maazel arrête son choix sur le 1984 d’Orwell, mais ne peut monter son opéra, suite au décès subit de son commanditaire. Il crée alors de sa poche une société, Big Brother Productions, qui coproduira à 50% le projet avec Covent Garden, nouveau dépositaire du projet. Premières ironies sur un chef qui se prétend compositeur, s’impose et « se paie son opéra »… Maazel lui-même semble s’ingénier à provoquer les sarcasmes : il prétend redonner à l’opéra ses lettres populaires, loin des mondanités et autres conventions de la modernité triomphante, et en toute logique s’associe avec le metteur en scène québécois Robert Lepage, lequel, à travers sa structure Ex Machina, ne se prive pas de bousculer l’élitisme de la création contemporaine. Le lendemain de la première, menée devant une salle comble et ravie, la presse britannique, si elle reconnaît l’efficacité de Lepage, se déchaîne contre la musique de Maazel : musique de film ostentatoire et vulgaire, procédés faciles, le Times suggérant même que le point commun entre la fameuse chambre de torture 101 et l’opéra est qu’on a envie d’y échapper le plus vite possible…</p>
<p> </p>
<p>Maazel a pourtant mis tous les atouts de son côté : il s’est offert les services de deux librettistes efficaces, le poète McClatchy, et le scénariste Thomas Meenam, concepteur souvent primé de comédies musicales comme Annie ou plus récemment Hairspray. Il implique également Robert Lepage dès la composition de l’ouvrage. On ne cherchera pas plus loin les raisons de la cohérence dramatique particulière de <em>1984</em> : une source littéraire mythique, un livret bien écrit, avec un scénario efficace. La mise à disposition des moyens d’une grande maison d’opéra parachève le projet. La mise en scène de Robert Lepage ne démontre rien, ne surajoute pas de signes à des situations en elles-mêmes suffisamment éloquentes : il met en images un scénario comme il le ferait au cinéma. La captation filmée lui emboîte le pas, diablement efficace, multipliant les gros plans de visages tout en sachant expliciter les changements de tableaux : c’est un vrai film d’opéra, qui de la volonté même de Maazel, prend comme centre de gravité l’histoire d’amour et de trahison de Julia et Winston. Quant à la musique… Oui, Maazel fait dans le populaire, et cela fonctionne très bien : une musique qui n’effraie pas, ne recherche pas l’originalité à tout prix, une musique parfaitement chantable, bien que souvent très virtuose ; un orchestre flamboyant et disert, utilisant rythmes et timbres avec gourmandise. La musique de Maazel accompagne, en <em>durchkomponiert</em>, le texte, et lui donne une lisibilité immédiate. On l’a traitée avec mépris de musique de cinéma, c’est justement sa force. Remarquablement réussis, les ensembles,  scènes polyphoniques en patchworks d’ambiances sonores, associant chanson populaire, mélopée, chœurs d’enfants, accordéon des rues. L’humour se glisse parfois, comme au troisième acte, une valse viennoise bancale accompagnant l’énoncé de la seule issue de Winston pour échapper à la torture : « Vous devez aimer Big Brother »…</p>
<p> </p>
<p>Le cast atteint les sommets du chant et du travail d’acteur. Keenlyside, dans le rôle-titre, confirme qu’il est un acteur-chanteur exceptionnel. Diana Damrau, dans un rôle double, abandonne toute prudence vocale et physique, et met le feu au plateau. Nancy Gustafson compense quelques tensions vocales par une belle présence scénique. Dans les seconds rôles, tous fort bien menés, on notera particulièrement le Syme bouleversant de Lawrence Brownlee.</p>
<p> </p>
<p><em>1984</em> n’est pas une révolution musicale et scénique.  C’est juste un projet bien construit, bien réalisé, bien chanté, bien joué, bien filmé, cohérent et compréhensible au plus grand monde. Cela ne suffit pas à certains, mais vous rateriez beaucoup en le laissant de côté.</p>
<p> </p>
<p><strong>Sophie Roughol</strong></p>
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