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	<title>Cecelia HALL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cecelia HALL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Francfort est l’exemple parfait d’une maison de troupe. Quand vous arpentez les couloirs des trois niveaux de balcon, c’est un défilé de portraits en noir et blanc des chanteurs de tous pays qui ont fait partie, à un moment ou à un autre, soit de l’Ensemble der Oper Frankfurt (la troupe en soi), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Francfort est l’exemple parfait d’une maison de troupe. Quand vous arpentez les couloirs des trois niveaux de balcon, c’est un défilé de portraits en noir et blanc des chanteurs de tous pays qui ont fait partie, à un moment ou à un autre, soit de l’Ensemble der Oper Frankfurt (la troupe en soi), soit du Frankfurter Opernstudio. Cette mise en valeur par l’institution de ces jeunes artistes, pour lesquels le passage à Francfort constitue souvent un tremplin, est tout à fait symbolique d’une maison qui joue toujours la carte collective avant la mise en avant individuelle. Emblématique de cette politique que portent aujourd’hui Bernd Loebe (directeur) et Thomas Guggeis (Generalmusikdirektor) est la présentation, généralement en avril, de la saison à venir, annonce au cours de laquelle les distributions ne sont pas dévoilées (elles le sont quelques semaines plus tard). Cela n’empêche pas de grands noms de fréquenter la Willy-Brandt Platz. Récemment encore Asmik Grigorian par exemple a chanté ici Manon Lescaut ou Nastasya dans <em>Charodeyka</em> de Tchaikowski.<br />
Pour cette dernière reprise de <em>Giulio Cesare in Egitto</em>, dix-huitième représentation de la production de <strong>Nadja Loschky</strong> créée le 24 mars 2024, il ne sera pas dérogé à la règle : les rôles de Cleopatra, Cornelia, Sesto, Achilla, Curio, sont tous tenus par des membres de la maison. Seuls donc les trois contre-ténors (Cesare, Tolomeo et Nireno) sont des artistes invités.<br />
Il reste quelques fauteuils vides pour cette dernière et les absents ont bien eu tort ! C’est à une représentation quasi parfaite à laquelle nous assistons, avec une harmonie rarement constatée entre mise en scène, plateau et fosse.<br />
Commençons par l’orchestre justement, le seul pour lequel nous émettrons des – menues – réserves. Non pas tant à cause des quelques imperfections des cuivres (par exemple dans les innombrables et tellement piégeux ornements du cor dans le « Va tacito »), mais tout simplement parce qu’aujourd’hui il nous est difficile d’entendre Haendel sur instruments modernes. L’orchestre sonne comme en décalage fondamental avec le plateau ; et il est vrai que de nos jours bon nombre de maisons renoncent à monter des opéras baroques, parce qu’ils impliqueraient de faire appel à des formations spécialisées, donc plus coûteuses. Ceci mis à part, la direction d’orchestre de <strong>Laurence Cummings</strong> est remarquable. Cummings, qui est aussi claveciniste, est un spécialiste reconnu, en Grande-Bretagne et au-delà, de la musique baroque et particulièrement de Haendel, qu’il a portée un peu partout en Europe. Les tempi choisis ce soir sont loin d’être enfiévrés, et c’est très bien venu ; ils sont minutieusement adaptés aux capacités des chanteurs, que l’on n’a à aucun moment sentis en difficulté à cause du métronome. Autre singularité appréciable : les ornements lors des reprises A’ des arias da capo ne sont pas cantonnés au chant, mais parfois étendus aux instruments solistes (le cor dans « Va tacito » ou « Se in fiorito ameno prato » transformé en air de concert avec violon) voire à l’orchestre.<br />
Ce Cesare est une prise de rôle pour le contre-ténor ukrainien <strong>Yuriy Mynenko</strong>, qui fait ses débuts à Francfort (il a déjà chanté Tolomeo, notamment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-salzbourg/">Salzbourg</a>). Il convoque ici et là sa voix de poitrine, ce qui densifie le personnage principal et nous donne des graves somptueux. <strong>Lawrence Zazzo</strong> est le grand triomphateur de la soirée. Lui qui a déjà chanté ici-même le rôle-titre, est un Tolomeo totalement déjanté. Le jeu d’acteur en roi efféminé est époustouflant d’aisance et d’humour (la scène de sa mort au III est impayable). La voix est toujours aussi dense, métallique et projette merveilleusement. Le troisième contre-ténor est le Nireno du Russe <strong>Iurii Iushkevich</strong> ; son air du II est tout en finesse et légèreté. Le Curio de <strong>Pete Thanapat</strong> et l’Achilla d’<strong>Erik</strong> <strong>van</strong> <strong>Heyningen</strong> complètent avantageusement le plateau masculin.<br />
L’Ukrainienne <strong>Kateryna Kasper</strong> se joue des multiples difficultés du rôle de Lydia/Cleopatra. Agilité, vélocité, souplesse et projection impressionnent pour cette prise de rôle. Quant au mezzo de <strong>Cláudia Ribas</strong> en Cornelia, il est envoûtant et l’actrice nous fait pleinement prendre part aux souffrances de la veuve inconsolée. Encore une prise de rôle avec le Sesto de <strong>Cecelia Hall</strong> qui est dans la troupe depuis presque dix années. Si la puissance a semblé manquer au I (« Svegliatevi in core »), elle retrouvera tous ses moyens par la suite (notamment « L’aura che spira »).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/giulio_cesare_in_egitto_2025-26_barbara_aumueller_03-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1763116675300" />© Barbara Aumueller</pre>
<p>A Francfort, qui est le creuset du Regietheater en Allemagne, on tend toujours les épaules à la découverte de nouvelles mises en scène (on se souvient d’une consternante proposition de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-francfort-deconstruction-a-marche-forcee/">La forza del destino</a> en 2022) ; Nadja Loschky, qui fait ses débuts à Francfort, propose une vision claire, sobre, souvent intelligente et presque toujours compréhensible de l’œuvre. On passera vite sur quelques éléments (macabres comme le dévoilement dans une sorte de cabine d’essayage transparente du corps sans tête de Pompei, assis sur une chaise avec les bras attachés en arrière, d’un réalisme repoussant) ou qui auront échappé à notre intelligence comme la maquette d’un jardin sous bocal devant laquelle César restera prostré de longues minutes, pour relever quelques belles inspirations de cette proposition. Le décor (signé Etienne Pluss) est neutre, fait de cloisons grises qui coulissent en permanence de droite à gauche, figurant le caractère inéluctable des événements qui vont se succéder, laissant  parfois un immense vide en milieu de scène (pour illustrer par exemple la tragédie vécue par Cornelia). Joli moment aussi au II, dans le « Se pietà per me non senti », où Cléopâtre fait face à son double, sosie presque parfait, qu’elle poignardera en fin d’aria pour ne pas avoir à se tuer elle-même.</p>
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		<title>MOZART, Ascanio in Alba – Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-ascanio-in-alba-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Dec 2023 07:59:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré son aspect de pur divertissement, la «&#160;Festa teatrale&#160;» Ascanio in Alba représente un enjeu considérable pour le jeune Mozart qui n’a que quinze ans au moment de la composition. L’opéra de Francfort présente une nouvelle production de cette œuvre particulière.&#160; Revenons un peu en arrière. Au milieu du XIIIe siècle, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche mène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré son aspect de pur divertissement, la «&nbsp;Festa teatrale&nbsp;»<i> Ascanio in Alba</i> représente un enjeu considérable pour le jeune Mozart qui n’a que quinze ans au moment de la composition. L’opéra de Francfort présente une nouvelle production de cette œuvre particulière.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Revenons un peu en arrière. Au milieu du XIII<sup>e</sup> siècle, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche mène une habile politique d’alliance en mariant ses enfants avec les descendants de familles royales diverses et variées, l’union la plus célèbre étant celle de sa fille Marie-Antoinette avec le futur Louis XVI. En 1771, son fils Ferdinand épouse Marie-Béatrice d’Este, mariage fomenté depuis plusieurs années sans que les intéressés ne se soient rencontrés une seule fois. À l’occasion des festivités, deux opéras sont commandés ; <i>Il Ruggiero</i> de Johann Adolph Hasse ainsi qu’<i>Ascanio in Alba</i> de Mozart. Le livret de Giuseppe Parini reprend la situation des époux sous forme d’allégorie : la déesse Vénus apprend à son fils Ascanio qu’il est censé prendre Silvia pour femme. Ne connaissant pas la fiancée, celui-ci reste dubitatif. Mais la déesse le rassure en expliquant que, déjà depuis de nombreuses années, Cupidon apparaît dans les rêves de Silvia sous les traits d’Ascanio. Afin que ce dernier puisse se former une idée de sa future fiancée, il a le droit de la rencontrer, sans toutefois dévoiler son identité. Silvia tombe amoureuse de l’étranger, tout en le repoussant par égard pour son mari désigné. Triomphalement, Venus unit le jeune couple.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Sur la scène du «&nbsp;Bockenheimer Depot&nbsp;», deuxième lieu de l’opéra de Francfort, une énorme sphère jaune fluo évoque à la fois un vaisseau spatial, un hall représentatif et des arènes stylisées. En parfait contraste avec cela, les costumes réalisent un dégradé de bleu et rose, faisant penser à des habits de fonctionnaires. L’esthétique oscille entre la fanfaronnade d’une entreprise à succès et le<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>faste kitsch d’un rassemblement communiste en Chine. La lecture politique de la metteuse en scène <strong>Nina Brazier</strong>, proposant un commentaire sur l’abus du pouvoir, la dictature et le rôle de l’individu dans une société de plus en plus nivelée, se répercute essentiellement sur ces aspects visuels et moins sur la direction des personnages.</p>
<p><strong>Kateryna Kasper</strong> campe une Vénus à la fois malicieuse et suffisante, dont les aigus plein de souplesse sortent parfois comme une surprise de ses lignes vocales. L’Ascanio plus psychologique de la mezzo-soprano <strong>Cecelia Hall</strong>, à la voix douce et mélancolique, semble tiraillé entre l’empêchement et un enthousiasme naïf mais avenant. Le public français a pu l’entendre dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-turco-in-italia-aix-en-provence-malchance-ou-prescience/"><i>Il Turco in Italia</i> de Rossini (Zaida), dans le cadre de l’édition 2014 du Festival d’Aix-en-Provence</a>.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>Le rôle de Silvia embrasse un spectre plus large, allant de la rêverie aux sentiments héroïques, et la voix sensuelle de<strong> Karolina Bengtsson</strong>, puissante mais également pourvue de beaux aigus dans une nuance <i>pp</i>, l’incarne parfaitement. Fauno, ami et confident de Silvia, est le deuxième rôle travesti avec Ascanio. Le personnage ressemble au futur Chérubin (<i>Les Noces de Figaro</i>) et<strong> Anna Nekhames</strong> maîtrise à merveille l’équilibre entre coquetterie et extrême virtuosité des coloratures, jeu spirituel et physique. L’univers vocal de cette production est principalement féminin et l&rsquo;aspect quelque peu intime est souligné par l&rsquo;absence du chœur, préenregistré et diffusé en temps différé. Le prêtre Aceste, interpreté par <strong>Andrew Kim</strong>, membre de l’Atelier lyrique de l’opéra, est un personnage dont la solennité frise l’aveugle obéissance. Il exécute les ordres de Venus quand on ne le voit pas caresser les décors, et Kim joue avec cette dichotomie vocale entre onctuosité et éclats sonores.</p>
<p>Ayant reçu le livret trop tard, Mozart achève la partition en moins d’un mois. Après le succès de son opéra <i>Mitridate</i>, l’an précédant à Milan, et d’autres projets en Italie, lui et son père espèrent obtenir un poste pour le jeune compositeur à la cour de Ferdinand, l’ainé de seulement deux ans de Mozart. Malgré le succès d’<i>Ascanio</i>, reléguant au second plan l’œuvre de Hasse, Marie-Thérèse s’y oppose, se méfiant des gens du théâtre qu’elle tient pour des clochards et des saltimbanques.</p>
<p>D’une certaine façon, cet opéra est donc une carte de visite, une lettre de motivation sonore exposant la maestria du jeune musicien. Mozart et Parini jouent avec les codes de l’<i>opera seria</i>, en adoptant certains à la lettre, variant d’autres. Le génie du compositeur, qui insuffle une vie inattendue à un vocabulaire technique préexistant, se fait d’ores et déjà ressentir. Quelques moments de <i>Così fan tutte</i> pointent le nez, bien que, par moments, les arias semblent couler de la plume d’un Jean-Chrétien Bach. Sous la direction d’<strong>Alden Gatt</strong>, jeune chef d’orchestre, pianiste et chef de chant américain qui assure lui-même l&rsquo;accompagnement au clavecin des récitatifs, l’orchestre mozartien développe avant tout un flux rythmique joyeux et inarrêtable, où les aspérités, tels que des accents ou des contrastes, restent en retrait.</p>
<p>À quelques jours des fêtes de fin d’année, la presse et le public accueillent favorablement ce «&nbsp;divertissement&nbsp;» aux profondeurs cachées.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
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		<title>ROSSINI, Il Turco in Italia &#8211; Aix-en-Provence (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-aix-en-provence-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2023 06:23:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir jeté l’ancre à Bad Wildbad pour un délectable Il Signor Bruschino (compte-rendu ici), puis au ROF de Pesaro pour &#160;l’annuel Il Viaggio a Reims et ses précieuses découvertes vocales, Operavision revient au Festival d’Aix pour leur réjouissantissime Il Turco in Italia de 2014. Voici notre avis sur ce streaming, vu et entendu en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir jeté l’ancre à Bad Wildbad pour un délectable <em>Il Signor Bruschino</em> <u><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-signor-bruschino-bad-wildbad/">(compte-rendu ici),</a></u> puis au ROF de Pesaro pour &nbsp;l’annuel <em>Il Viaggio a Reims</em> et ses précieuses découvertes vocales,<u> <a href="https://operavision.eu/fr">Operavision</a></u> revient au Festival d’Aix pour leur réjouissantissime <em><u><a href="https://operavision.eu/fr/performance/il-turco-italia">Il Turco in Italia</a></u></em> de 2014.</p>
<p>Voici notre avis sur ce streaming, vu et entendu en direct à l’époque, avis assez différent de celui de Christophe Rizoud, (<u><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-turco-in-italia-aix-en-provence-malchance-ou-prescience/">lire ici le compte-rendu de la représentation du 13 juillet au Théâtre de l’Archevêché.</a></u></p>
<p>Quid de la mise en scène de ce <em>Turco</em> par <strong>Christopher Alden</strong> ? « Marthalérienne » (di qua), « rien » (di la), « jubilatoire » (si, si ! ), « potache » (aussi), « intelligente » (ah oui ! ), ainsi gazouillent nos gazettes… <em>Permesso&nbsp;!</em> La direction des chanteurs-acteurs de Christopher Alden est soignée aux petits oignons et domine l’ensemble de cette production. Le cocon esthétique dans lequel s’ébattent nos trublions rossiniens en devient presque secondaire tant nous sommes happée par la force de leurs personnages. Le plus épatant est le Prosdocimo de <strong>Pietro Spagnoli</strong>, incontournable fil conducteur de cette affaire&nbsp;; c’est le poète en mal d’inspiration qui tire des évènements autour de lui le texte du <em>dramma buffo</em> qui lui a été commandé, tout en s’autorisant à orienter l’avenir de ses héros bien réels. Tout de silence et de chant, de mime et de contemplation, les mains volant dans les airs ou en rythme sur sa petite machine à écrire, le regard toujours en éveil, un corps très expressif, Pietro Spagnoli nous embarque dans ses élucubrations d’écrivain, musicien impeccable et grand comique. Son compère en <em>italianità</em> est <em>THE</em> maestro<em> di sillabato</em>, l’inusable et encore frais <strong>Alessandro Corbelli</strong>, ici Don Geronio&nbsp;; c’est toujours par le sérieux le plus invraisemblable que Corbelli se transforme en <em>buffo</em> absolu pour nous surprendre. Mais le <em>turco</em> un beau jour débarque&nbsp;; le Selim d’<strong>Adrian Sâmpetrean </strong>a tout du beau gosse de banlieue. Pourtant son ramage vaut largement son plumage, toute la technique du séducteur rossinien dans les notes comme dans le jeu, « Bella Italia alfin ti miro » et « Perchè una fiamma insolita » nous révèlent les profondeurs d’un timbre sombre et grisant. La Fiorilla d’<strong>Olga Peretyatko </strong>ne s’y est pas trompée, elle qui, délaissant son barbon de mari Don Geronio, poursuit notre turc de ses charmes irrésistibles. Œil vif, aigus assassins, rubato de la hanche, sexy-épanchements, vocalises <em>con fuoco</em>, Olga brûle cœurs et planches de son Rossini décapant. Narciso, <strong>Lawrence Brownlee,</strong> soupire après la belle Fiorilla qui ne fait pas cas de lui. Ici Narciso est un malade mental léger dont le haut du corps reste voûté et figé dans ses déplacements. Chanter ce rôle dans une telle mise en scène s’avère difficile, la position corporelle demandée n’étant pas recommandée pour un <em>buon canto</em>. Lawrence Brownlee relève le défi et nous émerveille par sa saisissante incarnation&nbsp;; parfois on remarque tout de même moins de brillance et d’insolence dans la voix qu’à l’accoutumée. Et c’est finalement la plus moche de tout le quartier, la Zaïda de <strong>Cecelia Hall</strong>, qui fait chavirer le cœur du beau gosse Selim. Joli mezzo, semblant manquer de confiance en elle, Cecelia Hall s’améliore nettement au cours de la représentation. L’enthousiaste Albazar de <strong>Juan Sancho</strong>, soupirant délaissé par Zaïda, nous touche par ses talents scéniques, malgré une technique vocale encore jeune. Zingari et Coro par l’<strong>Ensemble Vocal Aedes </strong>font montre d’un métier solide. Mis à part quelques décalages vite surmontés, <strong>Marc Minkowski</strong> et les <strong>Musiciens du Louvre-Grenoble</strong> nous délivrent un Rossini bien balancé aux mille sentiments, rondeurs, couleurs, pointes d’ironie, mais auquel manque un zeste de légèreté. A déguster à partir de ce 25 août et jusqu’à la fin de l’année sur Operavision.</p>
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		<title>Francfort entrouvre ses portes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/francfort-entrouvre-ses-portes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2020 04:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On l&#8217;a vu, le Land de Hesse a fait figure de premier de cordée dans la reprise des concerts outre-Rhin. C&#8217;est maintenant sa capitale, Francfort-sur-le-Main, qui rouvre timidement ses portes au public. La reprise sera progressive et la jauge limitée dans un premier temps à 100 spectateurs, qui devront respecter le désormais fameux protocole sanitaire. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On l&rsquo;a <a href="https://www.forumopera.com/breve/wiesbaden-lavion-les-chanteurs-lyriques-et-les-festivals-en-plein-air">vu</a>, le Land de Hesse a fait figure de premier de cordée dans la reprise des concerts outre-Rhin. C&rsquo;est maintenant sa capitale, Francfort-sur-le-Main, qui rouvre timidement ses portes au public. La reprise sera progressive et la jauge limitée dans un premier temps à 100 spectateurs, qui devront respecter le désormais fameux protocole sanitaire.</p>
<p>C’est donc dans une salle bien clairsemée que se produiront vendredi 29 mai à 19h30 <strong>Maria Bengtsson</strong> et <strong>Cecelia Hall</strong> dans un programme entièrement dédié à Richard Strauss. La soprano suédoise interprétera sept Lieder (<em>Herr Lenz</em>, <em>Allerseelen</em>, <em>Die Nacht</em>, <em>Nichts</em>, <em>Ich trage meine Minne</em>, <em>Cäcilie</em>, <em>Ruhe, Meine Seele</em>) ainsi que le monologue final de Madeleine de <em>Capriccio. </em>De cet ultime opéra straussien on entendra encore le sextuor initial, interprété par des membres de l’orchestre de l’opéra.</p>
<p>Enfin, Maria Bengtsson en Maréchale sera accompagnée de la mezzo-soprano américaine Cecelia Hall (dans le rôle de Octavian) pour le duo <em>Da geht er hin</em>, extrait du premier acte du <em>Rosenkavalier</em>. Toutes deux auraient d’ailleurs dû se produire dans ce même <em>Rosenkavalier</em> en mai et juin  puisque cet opéra était à l’affiche à Francfort !  Si tout se passe bien, une mini-saison pourrait avoir lieu en juin et juillet. A suivre sur le<a href="https://oper-frankfurt.de/"> site de l&rsquo;opéra</a>.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>MOZART, Idomeneo — Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/idomeneo-francfort-mozart-a-la-sauce-daujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Sep 2019 07:02:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-sauce-d-aujourd-hui/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il ne faut pas généraliser : si l’Allemagne est le berceau du Regietheater, toutes les productions germaniques ne sont pas assujetties aux principes d’absurde et d’extrême dont ce type de mise en scène tend à abuser. Pour autant, Idomeneo passé à la moulinette théâtrale de Jan Philipp Gloger n’échappe pas à certains des poncifs de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne faut pas généraliser : si l’Allemagne est le berceau du Regietheater, toutes les productions germaniques ne sont pas assujetties aux principes d’absurde et d’extrême dont ce type de mise en scène tend à abuser. Pour autant, <i>Idomeneo</i> passé à la moulinette théâtrale de <b>Jan Philipp Gloger</b> n’échappe pas à certains des poncifs de notre époque. Transposition, mitraillettes et extrapolations en dehors des chemins balisés par le livret bousculent le plus œdipien des opéras. L’empressement libidineux d’Idomenée auprès d’Ilia lui vaudrait sur les réseaux sociaux d’être marqué au fer rouge de #metoo. Une tournette permet l’enchaînement des tableaux tout en favorisant l’exploration des pulsions inconscientes du père condamné par un dieu cruel à immoler son fils. Incarné par le danseur ukrainien <b>Volodymyr Mykhatskyi</b>, Neptune hirsute semble échappé d’un groupe de rock des années 80. Si l’intégrité du propos est menacée, sa lisibilité n’est jamais entravée. Une juste caractérisation des personnages évite le contresens et maintient l’attention en éveil sans que l’agacement ne gâche le plaisir.</p>
<p>Modernité scénique sans excès répréhensibles donc ; modernité musicale aussi. De la pratique du jazz, <b>Rasmus Baumann</b> a acquis un sens du rythme qui évite toute confusion entre dynamique et précipitation. L’enchaînement des airs et des récitatifs est habilement estompé. La vigueur de l’orchestre reste toujours contrôlée, sans la condescendance poudrée des anciens ou l’insolence outrée des trublions du baroque. Le chœur privilégie la vérité à une solennité qui trop souvent rapproche <i>Idomeneo</i> du <i>Requiem</i>.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ido3.jpg?itok=u-zAfAJU" title="Cecelia Hall (Idamante), Florina Ilie (Ilia), Attilio Glaser (Idomeneo), Ambur Braid (Elektra) und Volodymyr Mykhatskyi (Neptun) © Barbara Aumüller " width="468" /><br />
	Cecelia Hall (Idamante), Florina Ilie (Ilia), Attilio Glaser (Idomeneo), Ambur Braid (Elektra) et Volodymyr Mykhatskyi (Neptune) © Barbara Aumüller<font size="3"> </font></p>
<p>Les interprètes, eux-mêmes, sont doués de cette jeunesse qu’exige Mozart plus qu’aucun autre compositeur. Leur technique n’est pas de celle qui aide à replacer la partition dans sa filiation belcantiste. Le trille est le grand absent de la soirée. Les effets sont dramatiques avant d’être virtuoses. Ce n’est pas un « Fuor del mar » ciselé dans ses moindres contours qui fait la grandeur d’Idomenée (<b>Attilio Glaser</b>) mais la sûreté d’une émission centrale et le métal du timbre, suffisamment sombre pour se démarquer de l’autre ténor – <b>Michael Porter</b>, Arbace chétif que l’on a eu la bonne idée de dispenser de son 2e air, « Se colà ne’ fati è scritto ».</p>
<p>S’appeler <b>Florina Ilie</b> prédestine-t-il à chanter Ilia ? Une voyelle sépare les deux noms. C’est assez pour mesurer la distance à parcourir encore avant de s’approprier entièrement un des rôles les plus lumineux du répertoire mozartien. La sensualité n’est pas la qualité première d’une voix émaciée. Le dessin de la ligne et la longueur du souffle pallient l’absence de rondeur et de couleurs. On sait le problème posé à Mozart par le rôle d’Idamante initialement dévolu à un castrat. Le mezzo-soprano ambigu de <b>Cecelia Hall</b> n’aide pas à sa résolution mais la fraîcheur de l’interprète, sa tendresse, bien que privée du rondo « Non temer amato bene », rend le personnage une fois encore attachant. <b>Ambur Braid</b> prend possession d’Elettra. La voix griffe, l’aigu cingle, la scène prend feu. La sécheresse de l’air du 2e acte, « Idol mio » dit l’incapacité d’aimer. « D’Oreste d’Aiace » libère en une rafale de notes brièvement piquées la stryge dont le public, par ses applaudissements, consacre l’envol.</p>
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