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	<title>Kirsten HARMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Kirsten HARMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Die Liebe der Danae — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-liebe-der-danae-streaming-berlin-deutsche-oper-pluie-dor-ne-fait-pas-le-bonheur-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2020 04:29:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Die Liebe der Danae au Deutsche Oper Berlin (visible jusqu&#8217;au 1er mai 2020 à minuit, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 9 avril 2016. Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em><a href="https://www.deutscheoperberlin.de/en_EN/home">Die Liebe der Danae</a></em><a href="https://www.deutscheoperberlin.de/en_EN/home"><em> </em>au Deutsche Oper Berlin</a> (visible jusqu&rsquo;au 1er mai 2020 à minuit, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 9 avril 2016.</p>
<hr />
<p>Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin reprend la production de Kirsten Harms de <em>Die Liebe der Danae</em> (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/les-adieux-dun-dieu" style="text-decoration: none">dont Laurent Bury commentait ici la captation au DVD en 2011</a>), l&rsquo;avant-dernier opéra du compositeur. Las, avec une distribution largement reconduite, les limites déjà évoquées par notre collègue béent toujours.</p>
<p style="quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 14px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 1.2em;margin-left: 0px;margin-right: 0px;margin-top: 0px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">Timbre rugueux et en panne d’aigu, <strong>Manuela Uhl</strong> défend avec l’intégrité de ses moyens le rôle, notamment un monologue pour soprano et orchestre à la mode straussienne au troisième acte. Si elle n’a pas toute la tessiture de Danae, tout au moins s’efforce-t-elle de lui donner vie et couleurs, aidée en cela par un charisme scénique naturel. <strong>Mark Delevan</strong> n’est visiblement pas plus à l’aise dans son entrée qu’en 2011. Bien au contraire, à l’exception d’un deuxième-acte où le chanté-parlé le ménage et met en avant son talent de comédien, ses aigus l’abandonnent systématiquement, les phrases musicales peinent à se dessiner et l’interprète s’efface trop souvent derrière l’orchestre. Drôle d’adieux pour un dieu. <strong>Raymond Very</strong>, annoncé souffrant, n&rsquo;en laisse rien paraitre tant le style et l&rsquo;intelligence du chanteur sont au service de ce Midas. Malgré ses courses ailées, Mercure n’a pas changé. <strong>Thomas Blondelle</strong> s’amuse avec ce rôle comique trop court pour mettre en avant toute ses qualités : style, aisance et rondeur. <strong>Adriana Ferfezka</strong> marque les esprits : Xanthe ne compte qu’une brève scène  en duo avec Danae, et dans ce laps de temps, la soprano surpasse avec aisance sa partenaire. Un vrai nectar pour les oreilles en comparaison du Pollux nasal et vibré d’<strong>Andrew Dickinson</strong>. Le tableau serait incomplet si l’on oubliait d&rsquo;évoquer les sœurs de Danae, héritières des dryades et des nymphes des œuvres straussiennes, qui charment ou font sourire selon les situations. Grande satisfaction à l’orchestre, où <strong>Sebastien Weigle</strong> prend la suite d’Andrew Litton (<a href="http://www.forumopera.com/die-agyptische-helena-berlin-la-belle-helene-degypte" style="text-decoration: none">entendu la veille dans <em>Die ägyptische Helena</em></a>), parvenant à donner couleurs et contrastes.</p>
<p>	<strong>Kirsten Harms </strong>suit le livret à la lettre même si les costumes sont modernes et que les mythes semblent transposés à un époque bien plus proche de la nôtre. Pourquoi un panneau de sortie « EXIT » réglementaire coiffe-t-il la porte arrière ? Pourquoi un extincteur est-il à la disposition des chanteurs ? On ne sait pas. La saisie des biens de Pollux dès la scène d&rsquo;ouverture, ira jusqu’à son piano que l’on renverse et qui passera toute la représentation à pendre dans les cintres.</p>
<p style="quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 14px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 1.2em;margin-left: 0px;margin-right: 0px;margin-top: 0px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">Faut-il voir dans cette pluie d’or devenue partition de musique une allégorie de ce qui fait la richesse véritable ? Une forme d’hommage au génie de Strauss, alors qu’il s’apprête lui aussi à se retirer de la scène du monde.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-berlin-deutsche-oper-passage-en-force/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2017 04:42:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En regroupant quelques opéras de Wagner sur deux week-ends d’automne et en intitulant cela « les week-ends Wagner » la Deutsche Oper Berlin est sûre de faire salle comble car, bien qu’il s’agisse de productions déjà éprouvées, c’est de toute l’Europe que les amateurs convergent vers la capitale allemande pour assister, si possible, à l&#8217;ensemble de ces &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En regroupant quelques opéras de Wagner sur deux week-ends d’automne et en intitulant cela « les week-ends Wagner » la Deutsche Oper Berlin est sûre de faire salle comble car, bien qu’il s’agisse de productions déjà éprouvées, c’est de toute l’Europe que les amateurs convergent vers la capitale allemande pour assister, si possible, à l&rsquo;ensemble de ces ces soirées à thème.</p>
<p>Cette mise en scène de Tannhäuser par <strong>Kirsten Harms</strong> a déjà donné lieu à un <a href="/tannhauser-berlin-des-vitamines-a-la-wartburg">compte-rendu en 2015</a>. Depuis lors, elle n’a rien perdu en légèreté ni en transparence. Le remarquable travail de<strong> Bernd Damovsky</strong> sur la lumière confère à certains tableaux des apparences de vitraux d’autant que la vision de l’enfer du Vénusberg est traduite en véritable image d’Epinal : corps dénudés qui se tordent dans les flammes d’un brasier.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_bettina_stoess_0.jpg?itok=byP4axl8" title="©  Bettina Stoess" width="468" /><br />
	©  Bettina Stoess</p>
<p>C’est cependant par son intensité sonore que la soirée a retenu notre attention. La performance d’<strong>Andreas Schager </strong>peut être qualifiée de fortissimo. Très investi dans le rôle, le ténor autrichien joue un Tannhäuser déchiré et provocateur. Sa voix puissante et tranchante ne connait ni la fatigue… ni la nuance ! Il faut noter que ses tentatives pour chanter mezza-voce se traduisent par l’apparition d’un discret vibrato irrégulier et désagréable auquel il remédie aussitôt par le forte.</p>
<p><strong>Emma Bell </strong>incarne avec talent cette femme-Janus, tantôt Vénus-concupiscente, tantôt Elisabeth-rédemptrice, en jouant principalement avec ses cheveux, soit lâchés « à la Mélisande », soit sagement ramassés en chignon. Vocalement très convaincante, elle soutient l’épreuve de force que lui impose son partenaire tandis que ses grands airs solo lui permettent de présenter toute la palette de nuances et de couleurs qui caractérise une grande voix.</p>
<p>C’est également un grand moment de chant et d’interprétation que nous offre <strong>Markus Brück</strong> en Wolfram. Sa romance à l’étoile est chantée à la perfection alors que ses autres interventions, marquées par plus de spontanéité ou de colère, rendent le personnage très attachant. Albert Pesendorfer campe un Hermann vocalement pénétrant mais ne nous convainc pas par son interprétation souvent désincarnée. <strong>Clemens Bieber</strong> (Walther) et <strong>Seth Carico</strong> (Biterolf) paraissent en retrait sur ce plateau superlatif et peinent à tirer leur épingle du jeu.</p>
<p>Sous la direction de <strong>Michael Boder</strong>, les chœurs et l’orchestre de la Deutsche Oper Berlin présentent la partition sous ses aspects les plus brillants et les plus étincelants. L’amplitude sonore qui règne sur le plateau leur permet tous les excès. A croire que les différents protagonistes de cette soirée se sont également livrés à un tournoi…</p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Elektra — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/elektra-berlin-deutsche-oper-ensablee-dans-les-annees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Bonal]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Oct 2017 08:15:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une production qui roule depuis dix ans au Deutsche Oper de Berlin au rythme de deux ou trois représentations par saison ; une mise en scène signée Kirsten Harms finalement classique dans un décor épuré de fosse ensablée conçu par Bernd Damovsky ; et pourtant une salle clairsemée pour cette œuvre de Richard Strauss qui attire généralement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une production qui roule depuis dix ans au Deutsche Oper de Berlin au rythme de deux ou trois représentations par saison ; une mise en scène signée <strong>Kirsten Harms</strong> finalement classique dans un décor épuré de fosse ensablée conçu par <strong>Bernd Damovsky</strong> ; et pourtant une salle clairsemée pour cette œuvre de Richard Strauss qui attire généralement un public avide de sensations fortes et de frappes vocales.</p>
<p>Certes, les distributions qui se succèdent au fil des saisons n’affichent pas la même homogénéité… Celle de ce soir est contrastée à l’instar des costumes des chanteurs – seuls éléments décalés de la production.</p>
<p><strong>Catherine Foster</strong> campe une solide Electre vêtue de l’éternelle nuisette blanche couverte d’une veste d’homme. Elle règne sur son bac à sable comme une tigresse. Elle s’y roule, s’y terre, en bondit pour lancer ses aigus éclatants et acérés. Pourtant elle s’économise volontiers dans ses longues vitupérations haletantes au point de lâcher du terrain que sa sœur Chrysothémis s’empresse d’occuper. La remarquable Alison Oakes au tempérament bouillant nous convainc d’autant plus qu’elle déborde d’une énergie vocale qui n’a d’égal que celle qu’elle met à s’extirper du bac à sable où elle s’est enlisée en escarpins…La Clytemnestre de <strong>Doris Soffel</strong> est plus spectaculaire par sa mise excentrique (à la Cruella d’Enfer des <em>101 dalmatiens</em>) et menaçante (elle brandit une hache) que par son ramage. Toute la première partie de son intervention chantée par une ouverture pratiquée dans le haut de la fosse manque de percutant, tandis que la fin de sa confrontation avec Electre pèche par défaut d’hystérie.</p>
<p><strong>Tobias Kehrer</strong> est un splendide Oreste au timbre sombre et généreux que<strong> Seth Carico </strong>chaperonne avec talent. Les piaillements d’Egiste sont très honnêtement interprétés par<strong> Clemens Bieber</strong>. Les deux serviteurs (<strong>Paul Kaufmann</strong> et <strong>Stephen Bronk</strong>) sont d’autant plus appréciés qu’ils sont les premières apparitions masculines dans l’opéra.</p>
<p>Servantes, suivantes et surveillante (en élégantes robes noires, colliers de perles, escarpins et coiffures sophistiquées) forment un bataillon plaintif et persiffleur – telles des épouses de diplomates en goguette échappées d’un cocktail – elles s’échouent dans l’univers fruste de la fosse, s’embourbent jusqu’aux mollets dans le bac à sable rivalisant de glapissements tantôt rauques tantôt criards pour s’en sortir.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Donald Runnicles</strong> et son orchestre réalisent des merveilles de puissances et de retenues. Le pupitre des cordes est remarquable tant dans ses fulgurances que dans l’exécution de ses précipités. Les percussions rythment magistralement les soubresauts de l’orchestre.</p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Die Liebe der Danae — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-liebe-der-danae-berlin-pluie-dor-ne-fait-pas-le-bonheur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Apr 2016 05:14:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin reprend la production de Kirsten Harms de Die Liebe der Danae (dont Laurent Bury commentait ici la captation au DVD en 2011), l&#8217;avant-dernier opéra du compositeur. Las, avec une distribution largement reconduite, les limites déjà évoquées par notre collègue béent &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les années passent et les problèmes demeurent. En cette fin semaine Strauss, la Deutsche Oper Berlin reprend la production de Kirsten Harms de <em>Die Liebe der Danae</em> (<a href="http://www.forumopera.com/dvd/les-adieux-dun-dieu">dont Laurent Bury commentait ici la captation au DVD en 2011</a>), l&rsquo;avant-dernier opéra du compositeur. Las, avec une distribution largement reconduite, les limites déjà évoquées par notre collègue béent toujours.</p>
<p>	Timbre rugueux et en panne d’aigu, <strong>Manuela Uhl</strong> défend avec l’intégrité de ses moyens le rôle, notamment un monologue pour soprano et orchestre à la mode straussienne au troisième acte. Si elle n’a pas toute la tessiture de Danae, tout au moins s’efforce-t-elle de lui donner vie et couleurs, aidée en cela par un charisme scénique naturel. <strong>Mark Delevan</strong> n’est visiblement pas plus à l’aise dans son entrée qu’en 2011. Bien au contraire, à l’exception d’un deuxième-acte où le chanté-parlé le ménage et met en avant son talent de comédien, ses aigus l’abandonnent systématiquement, les phrases musicales peinent à se dessiner et l’interprète s’efface trop souvent derrière l’orchestre. Drôle d’adieux pour un dieu. <strong>Raymond Very</strong>, annoncé souffrant, n&rsquo;en laisse rien paraitre tant le style et l&rsquo;intelligence du chanteur sont au service de ce Midas. Malgré ses courses ailées, Mercure n’a pas changé. <strong>Thomas Blondelle</strong> s’amuse avec ce rôle comique trop court pour mettre en avant toute ses qualités : style, aisance et rondeur. <strong>Adriana Ferfezka</strong> marque les esprits : Xanthe ne compte qu’une brève scène  en duo avec Danae, et dans ce laps de temps, la soprano surpasse avec aisance sa partenaire. Un vrai nectar pour les oreilles en comparaison du Pollux nasal et vibré d’<strong>Andrew Dickinson</strong>. Le tableau serait incomplet si l’on oubliait d&rsquo;évoquer les sœurs de Danae, héritières des dryades et des nymphes des œuvres straussiennes, qui charment ou font sourire selon les situations. Grande satisfaction à l’orchestre, où <strong>Sebastien Weigle</strong> prend la suite d’Andrew Litton (<a href="http://www.forumopera.com/die-agyptische-helena-berlin-la-belle-helene-degypte">entendu la veille dans <em>Die ägyptiche Helena</em></a>), parvenant à donner couleurs et contrastes.</p>
<p>	<strong>Kirsten Harms </strong>suit le livret à la lettre même si les costumes sont modernes et que les mythes semblent transposés à un époque bien plus proche de la nôtre. Pourquoi un panneau de sortie « EXIT » réglementaire coiffe-t-il la porte arrière ? Pourquoi un extincteur est-il à la disposition des chanteurs ? On ne sait pas. La saisie des biens de Pollux dès la scène d&rsquo;ouverture, ira jusqu’à son piano que l’on renverse et qui passera toute la représentation à pendre dans les cintres.</p>
<p>Faut-il voir dans cette pluie d’or devenue partition de musique une allégorie de ce qui fait la richesse véritable ? Une forme d’hommage au génie de Strauss, alors qu’il s’apprête lui aussi à se retirer de la scène du monde.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-liebe-der-danae-berlin-pluie-dor-ne-fait-pas-le-bonheur/">STRAUSS, Die Liebe der Danae — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WOLF, I gioielli della Madonna — Fribourg-en-Brisgau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmuck-der-madonna-fribourg-en-brisgau-des-bijoux-trop-discrets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Mar 2016 06:28:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi un grand opéra d’un compositeur pas totalement inconnu reste-t-il obstinément dans l’ombre depuis près d&#8217;un siècle ? Que l’Italie ait longtemps boudé I gioielli della Madonna s’explique par le côté blasphématoire d’une intrigue où un honnête forgeron dérobe les bijoux qui ornent une statue de la Vierge afin de posséder charnellement sa sœur adoptive. Mais &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi un grand opéra d’un compositeur pas totalement inconnu reste-t-il obstinément dans l’ombre depuis près d&rsquo;un siècle ? Que l’Italie ait longtemps boudé <em>I gioielli della Madonna</em> s’explique par le côté blasphématoire d’une intrigue où un honnête forgeron dérobe les bijoux qui ornent une statue de la Vierge afin de posséder charnellement sa sœur adoptive. Mais cette unique incursion de Wolf-Ferrari dans le vérisme connut un grand succès à Berlin au cours de la saison 1911-1912, et fut très applaudie en Amérique, défendue par des artistes du calibre de Claudia Muzio ou Maria Jeritza. La notion de vérisme est d’ailleurs peut-être contestable, car cette histoire de vol de bijoux par désespoir amoureux se rattache aussi à un certain décadentisme, <em>Aphrodite </em>d’Erlanger d’après Pierre Louÿs, ou <em>Der Schatzgräber </em>de Schreker. La Première Guerre mondiale aurait-elle rogné les ailes à un opéra que tout promettait à un bel avenir ? Non, car il conserva un peu de sa popularité dans les années 1920. En tout cas, <em>I gioielli della Madonna </em>reste une œuvre étonnamment peu représentée (et enregistrée), alors que des titres de la même époque et de la même école connaisse des reprises ici et là (on pense à <em>Francesca da Rimini</em> ou à <em>L’amore dei tre re</em>). Grâces soient donc rendues au Théâtre de Fribourg-en-Brisgau de l’avoir inscrite dans sa programmation lyrique 2015-2016, après Bratislava qui l’a présentée en juin dernier.</p>
<p>Encore fallait-il se donner les moyens de la monter comme elle le mérite. Pour réunir les effectifs vocaux pléthoriques que requiert la partition, il a fallu réunir plusieurs chœurs, d’enfants et d’adultes, qui mêlent leurs voix au cours d’un premier acte qui semble mélanger l’acte du café Momus de <em>La Bohème</em> et le final du premier acte de <em>Tosca</em>, dans sa confusion savamment orchestrée entre rythmes de danse (des tarentelles, surtout) et musique religieuse (cantiques, hymne à la Vierge…). Le chef français <strong>Fabrice Bollon</strong> dirige avec rigueur tout ce petit monde, dans une partition clairement italienne d’esprit, et qui ne dédaigne pas le collage, convoquant mandolines et autres musiques populaires, mais qui laisse entrevoir à intervalles réguliers que Wolf-Ferrari était très au fait de ce qui se composait en Allemagne à la même époque : certains éclats orchestraux rappellent notamment que les grands succès de Strauss ne datent que de quelques années auparavant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/m.korbel2016c2929.jpg?itok=u1KjFKW-" title=" © M. Korbel" width="468" /><br />
	© M. Korbel</p>
<p>Et bien, sûr, il faut pour de grandes voix pour incarner les personnages principaux. Le rôle de Maliella est assez écrasant et exige une interprète à toute épreuve. Lauréate de l’édition 2014 de la Competizione dell’Opera, la soprano russe <strong>Elena Stikhina</strong> est encore inconnue du grand public mais ne devrait pas le rester longtemps, à en juger d’après l’engagement total dont elle fait preuve en tant qu’actrice et par le déferlement de décibels dont elle est capable, n’hésitant pas à sacrifier parfois la beauté du son au profit de l’investissement dramatique. Même si une articulation plus incisive de l&rsquo;italien ne serait pas malvenue, le spectacle repose en grande partie sur ses épaules, mais elle trouve à qui parler avec <strong>Hector Lopez-Mendoza</strong>, grand habitué des rôles verdiens et pucciniens les plus lourds, dont la carrière s’est surtout déroulée en Roumanie et en Hongrie. Doté d’une voix de stentor, le ténor mexicain est extrêmement convaincant en Gennaro, ce <em>loser</em> dont Maliella rejette l’amour et qui vole pour elle les bijoux de la Vierge. Le baryton turc <strong>Kartal Karagedik</strong> a la prestance et le timbre qui conviennent au mafioso Rafaele, mais manque un peu de projection pour passer par-dessus l’orchestre. Quant à la mezzo <strong>Anja Jung</strong>, si son timbre est somptueux, il lui manque également un peu de puissance, et la diction laisse à désirer.</p>
<p>Parmi les rôles secondaires, on saluera la performance des trois « danseuses » qu’interprètent <strong>Amelia Petrich</strong>,<strong> Susana Schnell</strong> et <strong>Silvia Regazzo</strong>, qui réussissent à chanter leur air tout en jouant les entraîneuses, s’arrosant de champagne la poitrine et le postérieur tout en mimant une chorégraphique érotique et acrobatique.</p>
<p>Dans le décor extrêmement dépouillé de <strong>Bernd Damovsky</strong> (quelques médailles géantes et ex-votos suspendus au-dessus d’un plateau nu au premier acte) et sous les éclairages violemment colorés de <strong>Dorothee Hoff</strong>, la mise en scène de <strong>Kirsten Harms </strong>parvient à dépouiller l’œuvre de tout réalisme anecdotique pour se concentrer sur la représentation de la piété populaire et sur le drame passionnel. L’orgie du troisième acte est fort bien mise en place, renforçant la dimension blasphématoire par la Cène de Vinci que composent Rafaele et ses douze hommes de main, autour d’une table où évolue la danseuse Grazia, ici confiée à une authentique strip-teaseuse. Ainsi monté et défendu, l’opéra de Wolf-Ferrari a toutes les chances de revivre et de mener le parcours qu’il mérite.</p>
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		<title>WAGNER, Tannhäuser — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-berlin-des-vitamines-a-la-wartburg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2015 06:57:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la Deutsche Oper de Berlin, le public est nombreux pour ce Tannhäuser (version de Dresde) de répertoire. Autour d’une solide distribution, Stephen Gould retrouve, dans une production manichéenne créée en 2008, le rôle qui l’a fait connaître à Paris. Dès l’ouverture – sans la bacchanale donc – Kirsten Harms ouvre le rideau et présente &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la Deutsche Oper de Berlin, le public est nombreux pour ce <em>Tannhäuser</em> (version de Dresde) de répertoire. Autour d’une solide distribution, <strong>Stephen Gould</strong> retrouve, dans une production manichéenne créée en 2008, le rôle qui l’a fait connaître à Paris.</p>
<p>	Dès l’ouverture – sans la bacchanale donc – <strong>Kirsten Harms</strong> ouvre le rideau et présente les axes clés de sa lecture : un chevalier en armure descend dans l&rsquo;enfer du Venusberg. Le mouvement trouvera son exact opposé dans l&rsquo;ascension du chœur des pèlerins au premier acte. Ainsi, le plateau de scène fait l’ascenseur pendant tout le spectacle, devenant tour à tour abîme, tranchées, marches ou montagne. L’ensemble est immédiatement lisible, baigné des splendides lumières et ambiances de <strong>Bernd Damovsky</strong> : rouge, violacée pour le désir et le péché ; bleu, blanc pour la pureté. Mais tous les autres pans de l’œuvre de Wagner sont peu ou prou évacués. La place de l’art et de la création artistique ? Sa valeur subversive ?  Non. Au moins ce manichéisme s’exprime-t-il moins en bien et mal qu’en dichotomie plaisirs charnels, ascèse. Dès le deuxième acte, l’ensemble tourne vite en rond : statisme et costumes grands guignolesque à la Wartburg et retour à un univers médical hors de propos déjà vus trop de fois chez Wagner au troisième acte. On supporte encore une fois ces rangées de brancards d&rsquo;où se relèvent les pèlerins, pas tout à fait remis malgré les soins d&rsquo;Elisabeth. Une vierge bercée par un Wolfram, bien trop souvent concupiscent à son égard pour être honnête, qui lui détache les cheveux. Recouverte d&rsquo;un drap d&rsquo;hôpital, elle se relève en Venus, le rôle étant ce soir tenu par la même interprète.</p>
<p>	<strong>Heidi Melton</strong> ne démérite pas même si elle mâchouille son allemand en comparaison des autres chanteurs. Un rien mal à l&rsquo;aise dans la tessiture de Vénus elle peine à monter en tension et en volume. Elisabeth la présente sous un jour nouveau, plus homogène. La fraîcheur de la voix n&rsquo;est pas entamée, « Dich Teure Halle » résonne triomphant malgré quelques duretés. Le reste de la représentation sera dans la même veine, et son endurance finira d&#8217;emporter l&rsquo;adhésion. De l&rsquo;endurance <strong>Stephen Gould</strong> en a à revendre. <a href="http://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-bayreuth-les-partis-pris-originaux-de-katharina-wagner">Arrivé sur la réserve au dernier festival de Bayreuth</a> après une année passée à chanter Tristan un peu partout, il a fait le plein de vitamines et retrouvé toute son ardeur. Un chant vitaminé car dès la première phrase, éclatante, on se demande comment il va tenir et aller crescendo dans ce premier acte. Et pourtant chaque invocation est chantée plus fort avec des accents, qui, de tendres deviennent de plus en héroïques. Vitaminé aussi, le deuxième acte est assumé avec de belles nuances piano dans les ensembles, alors qu&rsquo;au dernier acte l&rsquo;Américain opère la synthèse dans un récit de Rome qui met en valeur toutes ces qualités. Même si on l&rsquo;aimerait plus immédiatement suave, plus profond, le Wolfram de <strong>Markus Brück</strong> est toujours musical, notamment au troisième acte. L’allemand s’accommode de la nasalité de son timbre pour accompagner la mise en scène qui voit l’amour de son personnage moins platonique et pur que ne le suggère le livret. Stature et autorité d’Hermann s’incarnent dans la basse solide d’<strong>Ante Jerkunica</strong>. Le ténor <strong>Thomas Blondelle</strong> prête à Walther une belle ligne et la puissance mâle de son timbre. Il surnage dans les ensembles. Seul Biterolf manque à l’appel des chevaliers, <strong>Seth Carico</strong> se trouve court en terme de projection. Les chœurs, très sollicités, brillent par leur puissance et une homogénéité à peine entamée par les aigus un peu acide des sopranos lors de l’entrée dans la Wartburg. Elles se rattraperont dans leur dernière intervention du deuxième acte.</p>
<p>	A l’instar de <a href="http://www.forumopera.com/manon-lescaut-berlin-non-voglio-morire"><em>Manon Lescaut</em> de la veille</a> <strong>Donald Runnicles</strong> construit pas à pas, gagne en qualité et en sens du théâtre tout au long de la soirée. Les légers décalages apparus çà et là se résorbent. La petite harmonie retrouve progressivement sa rondeur. Lors du récit de Rome, l’espoir d’Heinrich voltige chez les flûtes et la noirceur du jugement du Pape est appuyée par les cuivres et les violoncelles</p>
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		<title>Die Liebe der Danae</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-adieux-dun-dieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 16:01:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  La première de Die Liebe der Danae aurait dû avoir lieu le 11 juin 1944 pour le 80e anniversaire de Richard Strauss, mais le cours de la Seconde Guerre mondiale en décida autrement : cet opéra ne connut finalement du vivant du compositeur qu’une générale le 16 août – à cette occasion, Strauss déplora « la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			La première de <em>Die Liebe der Danae</em> aurait dû avoir lieu le 11 juin 1944 pour le 80e anniversaire de Richard Strauss, mais le cours de la Seconde Guerre mondiale en décida autrement : cet opéra ne connut finalement du vivant du compositeur qu’une générale le 16 août – à cette occasion, Strauss déplora « la fin de la culture occidentale » – et sa véritable création n’eut lieu qu’à titre posthume. Hélas, le manque de curiosité du public et des directeurs d’opéra n’a pas permis à cette œuvre de s’imposer comme elle le mérite pourtant amplement.</p>
<p>			 </p>
<p>			C’est dans un décor nu, équipé d’un extincteur pour le moins incongru (heureusement, l’éclairage couleur d’or vient bientôt transfigurer la laideur des parois), avec des costumes situant vaguement l’action dans la première moitié du XXe siècle, que se déroule ce télescopage du mythe de Danaé avec celui de Midas. Kirsten Harms, intendante du Deutsche Oper à qui l’on doit notamment une assez grisâtre production de <em>Germania </em>de Franchetti (DVD Capriccio), parsème sa mise en scène de quelques belles idées : les huissiers qui saisissent toutes les grandes toiles représentant les amours de Jupiter dans le palais du roi Pollux, le piano suspendu aux cintres et la chute de pages de musique imprimée pendant la scène où Danae évoque la pluie d’or par laquelle Jupiter lui rend visite, même si on ne saisit pas forcément bien le symbole…</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Manuela Uhl</strong> est scéniquement une très belle Danae, mais pour ce personnage initialement destiné à Viorica Ursuleac, on aurait aimé que l’interprète déploie des aigus plus épanouis, une voix globalement plus opulente (également au Deutsche Oper, également pour Kirsten Harms, elle était en 2009 dans <em>La Femme sans ombre</em> une Impératrice un peu acide)<em>. </em>Confronté à un de ces rôles de ténors que Strauss se plaisait à sacrifier, <strong>Matthias Klink</strong> fait ce qu’il peut en Midas. Son physique avantageux et son aisance scénique l’aident à surmonter les limites d’un timbre par trop léger, qui s’illustre d’ordinaire dans des rôles comme celui de Jaquino qu’il a chanté un peu partout. Le Jupiter de <strong>Mark Delavan</strong> fait très mauvaise impression à son entrée en scène : voix engorgée, étranglée dans l’aigu. Il se montre plus à l’aise dans la conversation en musique à la Ochs von Lerchenau, et l’acteur joue sur le registre de la bonhomie plutôt que sur celui de la majesté. Heureusement, le chanteur finit par se chauffer et la conclusion du deuxième acte est beaucoup mieux maîtrisée. Les qualités de ce Wotan (en 1944, Hans Hotter était Jupiter) se révèlent pleinement au dernier acte, avec le fameux monologue dans lequel il se résigne à perdre Danae.</p>
<p>			 </p>
<p>			En dehors de ce trio, le livret ne permet guère aux autres personnages d’exister vraiment. Les quatre ex-amantes de Jupiter forment un délicieux quatuor, mais la mise en scène leur impose une apparence uniforme sans chercher à les caractériser individuellement. L’excellent jeune ténor belge <strong>Thomas Blondelle</strong> fait une amusante apparition en Mercure. <strong>Hulkar Sabirova </strong>marie agréablement sa voix à celle de Danae dans l’unique scène que lui accorde Joseph Gregor. <strong>Andrew Litton</strong> dirige avec fluidité le chœur et l’orchestre du <strong>Deutsche Oper</strong>, dans cette partition dont les dernières scènes, à partir de l’intermède orchestral intitulé « Renonciation de Jupiter », sonne déjà comme le tout dernier Strauss. Ce n’était donc peut-être pas encore la fin de la civilisation occidentale, puisque <em>Capriccio </em>et les <em>Quatre Derniers Lieder</em> restaient à venir, mais le départ de Jupiter sonne incontestablement comme des adieux au monde.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>Trailer du DVD</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p>			 </p>
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		<title>ROSSINI, Semiramide — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/nest-pas-belcantiste-qui-veut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emmanuel Andrieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 21:16:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La figure mythique de la belle reine de Babylone, Semiramis (Semiramide en italien), au caractère cruel et violent, aux mœurs dissolues, souveraine à laquelle la légende (grecque) attribue crimes et actions d&#8217;éclat, n&#8217;a pas manqué d&#8217;inspirer maintes fois les artistes, notamment dramaturges et musiciens. Après les écrivains grecs et latins (d&#8217;Hérodote à Diodore), le grand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          La figure mythique de la belle reine de Babylone, Semiramis (Semiramide en italien), au caractère cruel et violent, aux mœurs dissolues, souveraine à laquelle la légende (grecque) attribue crimes et actions d&rsquo;éclat, n&rsquo;a pas manqué d&rsquo;inspirer maintes fois les artistes, notamment dramaturges et musiciens. Après les écrivains grecs et latins (d&rsquo;Hérodote à Diodore), le grand poète Métastase s&rsquo;en empara au 18<sup>e</sup> siècle pour une œuvre théâtrale créée en 1729, que mettront ensuite en musique des musiciens aussi célèbres que Vinci, Porpora, Jomelli, Traetta mais aussi Salieri, Cimarosa ou encore Sacchini et Glück&#8230; Néanmoins, c&rsquo;est à partir de la tragédie qu&rsquo;en tirera aussi Voltaire, datée de 1748, que Gioachino Rossini écrira sa partition, y trouvant l&rsquo;intrigue plus simple (on n&rsquo;ose imaginer ce que pouvait être la première « mouture » au vu de l&rsquo;abracabrantesque histoire ici relatée&#8230;). Ecrite pour son épouse Isabella Colbran, l&rsquo;opéra verra le jour en 1823 à la Fenice de Venise où l&rsquo;œuvre reçut un accueil triomphal avant de gagner les plus grandes scènes d&rsquo;Europe (Vienne, Milan et Londres dès 1824&#8230;). <em>Semiramide</em> restera surtout comme un des plus beaux opéras jamais écrit par le <em>Cygne de Pesaro </em>mais aussi comme son dernier ouvrage créé en Italie, Rossini rejoignant peu après Paris, ville où il composera ses ultimes opéras (jusqu&rsquo;à son fameux <em>Guillaume Tell </em>en 1829).<br />
 <br />
Sans égaler bien évidemment les mythiques productions de Pesaro ou d&rsquo;Aix en Provence, celle de Montpellier, venant de la Deutsche Oper de Berlin où elle fut créée en 2003 et signée par l&rsquo;intendante même de la prestigieuse maison allemande, <strong>Kirsten Harms</strong>, ne démérite pas. Si la metteur en scène allemande a choisi l&rsquo;option de la transposition à l&rsquo;époque contemporaine (avec néanmoins des éléments de décors antiques, telle cette immense et luxueuse statue dorée du Dieu Baal), jamais ce qui nous est présenté n&rsquo;entre en réel conflit avec le livret. Sobre et élégant, le dispositif scénique nous montre un immense espace fermé, aux parois sombres et capitonnées, évoquant tout aussi bien un luxueux bunker <em>high-tech</em> qu&rsquo;une salle des coffres d&rsquo;une banque suisse (avec caméras de vidéo surveillance de tout côté !). Des cintres, tombent, par intermittences, les fameux jardins suspendus (sous formes de jardinières fleuries) que la tradition attribue à la reine de Babylone et qui restera comme une des très belles images de la soirée. Les chœurs sont eux transformés en VIP venant des quatre coins de la planète et affublés de costumes très cosmopolites fort beaux à contempler (signés <strong>Bernd Damovsky</strong>). Les lumières (<strong>Bernd Hassel</strong>), très colorées, tour à tour vives ou tamisées, font elles aussi leur petit effet.<br />
 <br />
Mais <em>Semiramide</em>, c&rsquo;est avant tout une distribution très délicate à réunir, demandant, pour rendre honneur à une partition réputée difficile, des interprètes aguerris. Dans le rôle titre, <strong>Laura Aikin</strong> déçoit. Après une <em>Lucia di Lammermoor</em> ici même il y a quatre saisons qui ne nous avait guère convaincu, force est de constater que la soprano américaine est hors de propos dans le répertoire belcantiste. Tout d&rsquo;abord, la voix est trop légère pour le rôle et manque singulièrement de puissance et de charisme (rappelons qu&rsquo;elle est par contre une formidable Lulu ou Zerbinette, son véritable répertoire&#8230;). Son grand air « Bel raggio lusinghier », met en exergue dès le début toutes ses insuffisances techniques et ses limites. Souvent à bout de souffle, peinant laborieusement dans les vocalises, émettant des aigus stridents à la limite de la justesse, accusant de problématiques changements de registre, dépourvue du moindre grave et presque autant de bas medium, sans parler d’un italien à l’accent texan, sa Semiramide est tout simplement impossible.<br />
A l&rsquo;inverse, l&rsquo;Arsace de <strong>Varduhi Abrahamyan</strong> émerveille. D&rsquo;une audace et d&rsquo;une prestance croissantes au cours de la représentation, la mezzo arménienne déploie une science rare dans l&rsquo;exécution de coloratures à la fois précises et rayonnantes. si on ajoute à cela un timbre sombre aussi envoûtant que vaillant et un engagement scénique et dramatique formidable, on aura compris qu&rsquo;il y a là un vrai talent à suivre. Dans le rôle d&rsquo;Assur, la basse espagnole <strong>Simon Orfila</strong> (entendu récemment dans <em>La donna del lago</em> à Garnier) fait lui aussi grande sensation auprès du public, notamment après une scène de folie, « Deh, ti ferma », d&rsquo;une intense expression dramatique, qui récolte un véritable triomphe. Doté d&rsquo;une voix saine, noble et sonore, il maitrise par ailleurs parfaitement le style et la technique requis et l&rsquo;on tient là aussi indubitablement un des meilleurs titulaires du moment.<br />
Idreno était lui incarné par le jeune catalan <strong>David Alegret<sup>1</sup></strong>. Il a pour lui un physique avenant (toujours un <em>plus</em> quand on incarne un prince !), un timbre très clair et séduisant, un phrasé et un legato qui font forte impression mais la voix manque malheureusement de puissance, du moins pour une salle comme le vaste Opéra Berlioz. En outre, l&rsquo;exigence et la rapidité des vocalises le met souvent à la peine et les suraigus sont parfois serrés. On regrettera enfin que son premier air « Ah, dov&rsquo;è il cimento » ait été coupé (c&rsquo;est regrettablement souvent le cas) et que seul son air du second acte « La speranza più soave » ait été conservé. Le baryton <strong>Gesim Myshketa</strong> s&rsquo;avère un Oroe de très bonne tenue, incisif et percutant. Les seconds rôles &#8211; en particulier celui d&rsquo;Azema (<strong>Annika Kaschenz</strong>) &#8211; n&rsquo;appellent aucune réserve.<br />
 <br />
Peu rompu à ce répertoire, l&rsquo;<strong>Orchestre National de Montpellier Languedoc-roussillon</strong> n&rsquo;en a été que plus méritant, dessinant sous la baguette attentive et concentrée du chef sicilien <strong>Antonino Fogliani</strong> une architecture sonore d&rsquo;une louable qualité. Un surcroit de brillance et d&rsquo;éclat à certains moments aurait néanmoins rendu encore plus fort l&rsquo;impact musical de cette formidable partition. Les <strong>choeurs</strong> maison<em>, </em>renforcés par les forces vives de ceux de l&rsquo;Opéra de Bordeaux et remarquablement préparés par leurs chefs respectifs, <strong>Noëlle Geny </strong>et <strong>Alexander Martin </strong>méritent eux aussi les plus vives louanges. Pour finir, mentionnons que Rossini sera à nouveau à l&rsquo;honneur à Montpellier dans le cadre des fêtes de fin d&rsquo;année avec son opéra le plus célèbre, <em>Le barbier de Séville</em>, dans une production qui proviendra elle aussi de la Deutsche Oper de Berlin.<br />
 <br />
 <br />
<em>1 Cf <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2136&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=37"><font color="#0000ff">l&rsquo;interview qu’il nous a accordée</font></a></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/nest-pas-belcantiste-qui-veut/">ROSSINI, Semiramide — Montpellier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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