<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Matthieu HEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/heim-matthieu/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/heim-matthieu/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:20:57 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Matthieu HEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/heim-matthieu/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Café Libertà &#8211; Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cafe-liberta-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 May 2023 04:12:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=130243</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le théâtre Graslin accueille une réjouissante proposition des Paladins dans le cadre du festival Baroque en Scène. Jérôme Correas a conçu un programme original autour du café, boisson dont s&#8217;éprend l&#8217;Europe du XVIIIe siècle et dont l&#8217;histoire résonne étonnement de celle des mœurs du temps. Café Libertà. Comme il est bien trouvé, ce titre qui &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cafe-liberta-nantes/"> <span class="screen-reader-text">Café Libertà &#8211; Nantes</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cafe-liberta-nantes/">Café Libertà &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le théâtre Graslin accueille une réjouissante proposition des <strong>Paladins</strong> dans le cadre du festival Baroque en Scène. Jérôme Correas a conçu un programme original autour du café, boisson dont s&rsquo;éprend l&rsquo;Europe du XVIIIe siècle et dont l&rsquo;histoire résonne étonnement de celle des mœurs du temps.</p>
<p><em>Café Libertà</em>. Comme il est bien trouvé, ce titre qui en résume parfaitement le propos. Le premier mot est orthographié en français, tandis que le second prend les oripeaux de l&rsquo;Italie, à l&rsquo;image de cet objet lyrique né de la rencontre du chef d&rsquo;orchestre <strong>Jérôme Correas</strong> et de la chorégraphe transalpine <strong>Ambra Senatore</strong>. Manifestement, la liberté est bien au cœur de leur pratique à tous deux. Le musicien part d&rsquo;une musique savante, écrite, pour y insuffler la créativité de son interprétation. L&rsquo;improvisation occupe une part importante dans son travail, tout comme dans celui de la danseuse, qui, elle, dans une démarche inverse, celle de l&rsquo;écriture au plateau, proche du « Tanztheater », inspirée des gestes du quotidien, l&rsquo;utilise comme point de départ avant d&rsquo;en fixer les occurrences au fil des répétitions.</p>
<p>Les deux artistes décortiquent avec jubilation tous les codes liés au cérémonial du café, souvent temps de la pause, du hors-champ, de la sociabilité. Ils jouent également avec humour et dérision de tous les codes régissant leurs pratiques respectives. Ainsi, emporté par sa musique intérieure, telle danseuse reste sourde à la fin pleine d&#8217;emphase d&rsquo;un air et poursuit ses pas, cassant totalement l&rsquo;effet attendu. Le chef au contraire, dans un clin d&rsquo;œil peut-être aux obsessions de certaines phalanges capables de s’arrêter au milieu d&rsquo;une phrase parce que c&rsquo;est la fin du service, s&rsquo;interrompt en plein élan pour … un petit caoua, sous les regards estomaqués du reste de l&rsquo;équipe et les rires du public.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/CafeLiberta-AmbraSenatore-CCNNJeromeCorreas-LesPaladins-C-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130247" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© LesPaladins</sup></figcaption></figure>


<p>Cette liberté d&rsquo;approche questionne les évidences avec un goût patent pour le jeu. Ainsi chacun s&rsquo;essaie à plaquer les protocoles de l&rsquo;autre à ses propres usages pour mieux en démonter l&rsquo;absurdité. Dès l&rsquo;entrée d&rsquo;ailleurs, le message est clair, puisque les danseurs sont invisibles parmi les musiciens ou saluent en lieu et place du chef d&rsquo;orchestre, brouillant places et fonctions. Plus drôle encore : l&rsquo;orchestre s&rsquo;accorde ? Dans un écho délicieusement absurde, les danseurs, eux, en profitent pour s&rsquo;ausculter.</p>
<p>Avec la Cantate <em>Le Caffé</em> de Nicolas Bernier, les danseurs singent cette fois le texte comme de mauvais comédiens. En bons narcissiques, ils tentent également de s&rsquo;imposer sur scène, quitte à déloger leurs collègues. L&rsquo;effet comique enrichit le propos sérieux auquel<strong> Jean-François Lombard</strong> prête sa diction précise, son émission pleine d&rsquo;élégance et de naturel : Il prône les vertus de ce breuvage, « favorable liqueur » en alternative au vin, « fatal poison », « jus séditieux ». Le spectacle se conclut pourtant sur des débordements engendrés par l’excès de caféine, assez proches de l&rsquo;ivresse, telle la transe dionysiaque de <strong>Matteo Ceccarelli</strong>.<br />Car, bien entendu, la liberté est également au cœur de cette danse incarnée, organique, dépourvue d&rsquo;ostentation. Elle contamine parfois musiciens et chanteurs dans une rythmique visuelle, des jeux de tableaux arrêtés ou de ralentis aussi simples qu&rsquo;efficaces.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/CafeLiberta-AmbraSenatore-CCNNJeromeCorreas-LesPaladins-A-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130245" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© LesPaladins</sup></figcaption></figure>


<p>Avec « La Bizarre », les quatorze musiciens proposent un Telemann aux tempi enlevés, tout en légèreté. Jérôme Correas, précis, à l&rsquo;écoute, généreux, explore tout au long de la soirée la pâte sonore de son Ensemble, du grinçant au suave, comme un café peut s&rsquo;avérer amer ou sirupeux. Il ne s&rsquo;interdit aucune fantaisie dans l&rsquo;expressivité instrumentale, dans les jeux de couleurs, dans une théâtralisation de la ligne qui réjouit l&rsquo;oreille, dans un clin d&rsquo;oeil potache aux jingles publicitaires comme le « grand-mère sait faire un bon café » seriné par le clavecin, l&rsquo;air de rien. Comme il le souligne, «  là où j&rsquo;en suis, il est vivifiant de se réinventer autour d&rsquo;une forme libre, de collaborer avec un univers différent pour faire affleurer un seul langage. Cela me donne de l&rsquo;élan pour me renouveler ».</p>
<p>La liberté c&rsquo;est également l&rsquo;émancipation. Jean-Sébastien Bach s&rsquo;essaie au registre bouffe avec cette cantate du café qui met en valeur la fraîcheur du timbre percussif de <strong>Léa Bellili</strong> ou celui plus charnu de <strong>Louise Roulleau</strong>. Les deux jeunes artistes de l&rsquo;atelier lyrique de Massy partagent une jolie présence scénique, des voix souples aux aigus libres. Elles incarnent doublement cette Lisette qui refuse de renoncer à son arabica en dépit des vitupérations de son père, l&rsquo;impeccable <strong>Matthieu Heim</strong> au riche timbre de soleil sombre, à l&rsquo;allemand limpide. La promesse d&rsquo;un mari semble un appât suffisant pour faire obéir la belle. Fi, elle entend bien faire entendre raison à l&rsquo;époux et l&rsquo;initier à ce plaisir. Le chœur final est un régal de polyphonie qui met en valeur ces quatre excellents chanteurs ainsi que la remarquable flûtiste, <strong>Clémence Bourgeois</strong>.</p>
<p>Ce « café-concert » sera repris en 2024-25. Avant cela c&rsquo;est <em>l&rsquo;Orpheo 5063</em> qui repartira sur les routes la saison prochaine, tandis qu&rsquo;au disque, les Paladins s&rsquo;attelleront à un <em>Exultate Jubilate</em> porté par Karine Deshayes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/CafeLiberta-AmbraSenatore-CCNNJeromeCorreas-LesPaladins-B-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-130246" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© LesPaladins</sup></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cafe-liberta-nantes/">Café Libertà &#8211; Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Psyché de Lully, par Christophe Rousset et les Talens Lyriques</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/psyche-de-lully-par-christophe-rousset-et-les-talens-lyriques-un-lully-a-fleur-de-sensibilite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/psyche-de-lully-par-christophe-rousset-et-les-talens-lyriques-un-lully-a-fleur-de-sensibilite/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est un enregistrement auquel il est difficile de résister, tant il distille de charme et d&#8217;émotion. Par une distribution parfaite et par un équilibre idéal entre les mots, cette langue du XVIIe si belle, si drue, et la musique de Lully, noble et sensible à la fois. C’est en 1678 que Lully compose cette tragi-comédie, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/psyche-de-lully-par-christophe-rousset-et-les-talens-lyriques-un-lully-a-fleur-de-sensibilite/"> <span class="screen-reader-text">Psyché de Lully, par Christophe Rousset et les Talens Lyriques</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/psyche-de-lully-par-christophe-rousset-et-les-talens-lyriques-un-lully-a-fleur-de-sensibilite/">Psyché de Lully, par Christophe Rousset et les Talens Lyriques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un enregistrement auquel il est difficile de résister, tant il distille de charme et d&rsquo;émotion. Par une distribution parfaite et par un équilibre idéal entre les mots, cette langue du XVIIe si belle, si drue, et la musique de Lully, noble et sensible à la fois.</p>
<p>C’est en 1678 que Lully compose cette tragi-comédie, assortie de divertissements chantés et dansés. Il adaptait là la <em>Psyché</em> qu’il avait confectionnée avec Molière et Pierre Corneille quelque sept ans plus tôt, et il commençait une collaboration, plus ou moins contrainte, avec Thomas Corneille. Son fidèle Philippe Quinault, son alter ego littéraire, auteur d’<em>Atys </em>et de combien d’autres livrets admirables, était tombé en disgrâce. Son <em>Isis</em> de 1677, qui montrait Jupiter s’amourachant d’Io et délaissant Junon, avait eu l’heur de déplaire à la Montespan, qui s’y était crue, peut-être à raison, visée, elle dont les aléas des amours avec le Roy (qui lui préférait Mme de Ludre) faisaient se gausser une Cour qui n’avait que les commérages pour se distraire.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/7362-eric-layarradieu-diaporama_big-1.jpg?itok=Ftta47Bx" title="Christophe Rousset © Eric Larrayadieu" width="468" /><br />
	Christophe Rousset © Eric Larrayadieu</p>
<p><strong>Recyclage</strong></p>
<p>La pièce de 1671 était entièrement dialoguée et seulement assortie d’intermèdes chantés et dansés. Il s’agissait d’élaborer ici une tragi-comédie entièrement chantée. Thomas Corneille, aidé peut-être par Bernard Le Bovier de Fontenelle, tailla habilement dans le texte de Molière, le ramenant de mille huit cents à quatre cents vers. Les contemporains admirèrent que tout ce travail et la composition nouvelle aient été accomplis en sept semaines.<br />
	Il est vrai que, pour gagner du temps, Lully conserva l’essentiel des divertissements existants, mais enfin « le temps ne fait rien à l’affaire », aurait pu dire Molière en l’occurrence. L’essentiel étant l’inspiration et la sensibilité de ce qu’on peut entendre.<br />
	Surtout Lully et Corneille le jeune conçurent deux rôles de femmes aux caractères opposés, notamment une Vénus franchement odieuse, pressentant sans doute la future maxime d’Alfred Hitchcock : « Meilleur est le méchant, meilleur est le film ».</p>
<p><strong>Erotisme discret</strong></p>
<p>L’intrigue, issue de <em>L’Âne d’or</em> d’Apulée, traitée déjà non seulement par la version de 1671, mais aussi par La Fontaine, allait inspirer nombre de peintres, les Raphaël, Jacopo Zucchi, Luca Giordano, Orazio Gentileschi, Giulio Romano, Coypel, Van Dyck, Natoire, Fragonard, Gérard, Prudh’on, David, Füssli, Burne-Jones, jusqu’à Bouguereau ou Maurice Denis, qui y verraient un sujet galant (comprendre discrètement érotique), permettant de dénuder une belle jeune fille et un beau jeune homme.</p>
<p>L&rsquo;érotisme vocal, c&rsquo;est bien sûr l&rsquo;un des piliers du genre opéra. La tragi-comédie lyrique de Lully n&rsquo;y fera pas faute, et cette version-ci non plus, entre autres par les timbres très voluptueux de son couple d&rsquo;amants.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="408" src="/sites/default/files/styles/large/public/amorpsyche1.jpg?itok=ChgBiMhf" title="Psyché et l'Amour, par Jean-Pierre Saint-Ours © D.R." width="468" /><br />
	Psyché et l&rsquo;Amour, par Jean-Pierre Saint-Ours © D.R.</p>
<p><strong>Deux rivales</strong></p>
<p>On peut résumer l&rsquo;intrigue en deux ou trois mots : Vénus est furieuse qu’on ait osé comparer la beauté d’une mortelle, Psyché, à la sienne. Elle fait en sorte qu’un monstre, un serpent, soit envoyé sur terre par les Dieux pour dévorer la belle. Alors que Psyché se rend sur une montagne pour y être sacrifiée, elle est enlevée par les Zéphyrs qui l’emportent vers un palais céleste que Vulcain (époux de Vénus) a fait construire pour l’y abriter du courroux de Vénus.<br />
	Sous les traits d’un jeune homme, l’Amour (Cupidon), fils de Vénus, apparaît à Psyché. Coup de foudre. Elle demande au jeune homme quel est son nom. Il ne peut le lui dire sous peine de disparaître, il l’invite à l’aimer sans plus de questions.<br />
	La vindicative Vénus apparaît alors, travestie en Nymphe, et remet à Psyché une lampe pour découvrir le visage de l’Amour (scène du dévoilement, très aimée des peintres). Sitôt découvert, l’Amour disparaît et le Palais se transforme en désert.<br />
	Vénus contraint alors sa rivale à se rendre aux Enfers pour y dérober les fards de Proserpine.<br />
	Aux Enfers, Psyché rencontre des Furies (prétexte à ballet) et des Nymphes qui lui remettent lesdits fards et lui promettent d’apaiser la déesse.<br />
	Hélas, quand, revenue sur terre, elle ouvrira la boîte de fards pour réparer les dégâts que les flammes auront faits à son visage, des vapeurs méphitiques s’en échapperont et elle en mourra aussitôt. Qu’importe, <em>Deus ex machina</em>, Jupiter descendra des cieux et lui donnera l’immortalité tout en l’unissant à l’Amour, au grand dam de Vénus.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/w8eienea.png?itok=fCnNG9jm" title="Psyché par les Talens Lyriques en concert à l'Opéra Royal de Versailles © D.R." width="468" /><br />
	Psyché par les Talens Lyriques en concert à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles © D.R.</p>
<p><strong>Les marteaux du maître</strong></p>
<p>On voit bien le parti que le théâtre baroque pouvait tirer de cette intrigue, prétexte à ballets, machineries, travestissements, controverses, effets visuels et sonores.<br />
	Parmi ces derniers, les contemporains seront saisis par les marteaux que l’on entendra lors de la construction par Vulcain de son palais, dans une anticipation de la scène des Nibelungen. Le <em>Mercure</em> s’en était déjà ébaubi en 1671 : « C&rsquo;est une chose admirable que la musique, lorsqu&rsquo;un grand génie comme Monsieur de Lully s&rsquo;en mêle ; et je ne me puis lasser d&rsquo;admirer l&rsquo;entrée des Forgerons que l&rsquo;on voit dans <em>Psyché</em>, car enfin, c&rsquo;est une chose admirable, et je crois qu&rsquo;il n&rsquo;y a que lui au monde qui puisse apprendre la musique à des marteaux ».</p>
<p><strong>Un <em>cast</em> parfait</strong></p>
<p>Mais les effets ne sont pas l’essentiel pour nous, surtout si c’est un enregistrement que l’on entend, qui s’inscrit dans le parcours lullyste de <strong>Christophe Rousset</strong> et des <strong>Talens Lyriques </strong>à la suite de <em>Persée </em>2001, <em>Roland</em> 2004, <em>Bellérophon</em> 2010, <em>Phaéton </em>2012, <em>Amadis</em> 2014, <em>Armide </em>2017, <em>Alceste</em> 2017 et <em>Isis </em>2019. Et le grand plaisir, on l’a dit d’emblée, vient ici de la distribution vocale. Et de la direction orchestrale, aussi colorée qu’animée, sans parler d’un <em>continuo</em> suspendu aux moindres inflexions des chanteurs.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="231" src="/sites/default/files/styles/large/public/tauran.jpg?itok=1hZc5b3w" title="Bénédicte Tauran © D.R." width="468" /><br />
	Bénédicte Tauran © D.R.</p>
<p>Les rôles furent créés par Marie Aubry, coutumière des rôles de princesse, qui chanta Psyché, et pour celui de Vénus par Mademoiselle Saint-Christophle, spécialiste des rôles corsés, puisqu’elle avait été Médée dans <em>Thésée</em> et Cybèle dans <em>Atys</em>.</p>
<p>C’est <strong>Bénédicte Tauran </strong>qui est ici Vénus. Elle apparaît dès le Prologue, alors qu’elle descend sur terre, dans un air ample, d’ailleurs assez court, orné de vocalises, qui posent la carrure du personnage, et où elle ordonne à son fils l’Amour de donner à Psyché « le plus indigne époux dont jamais une belle eu lieu de se plaindre ».<br />
	Mais c’est au fil de sa scène de ménage avec Vulcain (cf. Wotan et Fricka) qu’elle aura l’occasion de déployer l’âpre vigueur puis la douleur de Vénus dans l’air, « Ah que l’amour est promptement guéri », qui se terminera sur un constat résigné : « Que les duretés de mari, aux tendresses d&rsquo;amant, ont peu de ressemblance »…</p>
<p><strong>Tout procède des mots</strong></p>
<p>Plus développé, son air du troisième acte, manière de <em>lamento</em>, mettra encore mieux en valeur à la fois sa diction et son art du chant.<br />
	Lully le fait débuter par un récitatif accompagné, où le phrasé se calque étroitement sur la prosodie, « Pompe que ce palais de tous côtés éclate, / Brillant séjour, que vous blessez mes yeux ! », puis vient l’air proprement dit, plus mélodique, « Que le mépris est rigoureux à qui se croit digne de plaire ! », une plainte où s’exprime la souffrance du personnage, cause sans doute de son courroux. Après ce passage assez court, qui se termine par la reprise ornée de dernier vers, Lully, homme de théâtre et de pragmatisme, revient au récitatif et à l’action, « Déjà la nuit chasse le jour ! »</p>
<p>Tout procède ici du livret, des mots, de l’articulation, c’est d’eux que surgit la musique. On sait que Lully allait écouter la Champmeslé. Tout l’édifice de ce <em>Psyché</em> par Rousset repose sur les fondations d’une diction parfaite par tous les interprètes, francophones ou non. Et le (très) léger accent de <strong>Robert Getchell </strong>(Vulcain) ne fait qu’ajouter un peu de pittoresque.</p>
<p><strong>Un constant souci de variété</strong></p>
<p>Deux autres sopranos, ou <em>dessus </em>pour prendre la terminologie d’époque, qui ne faisait pas de distinction entre sopranos 1 et sopranos 2, assurent les rôles des Nymphes, ou des sœurs de Psyché, Aglaure et Cidippe, de Flore (au Prologue) ou de l’Amour enfant.<br />
	À <strong>Eugénie Lefebvre</strong> le chant orné de Flore au prologue, mais c’est dans leur duo du premier acte qu’on pourra entendre mieux l’Aglaure de <strong>Deborah Cachet</strong> et la Cidippe d’Eugénie Lefebvre. Curieux duo d’ailleurs. Ce sont plutôt deux airs entrelacés, l’aérien et tendre « Après un temps plein d’orages » de la première précédant le plus opulent « Tout succède à nos désirs de la seconde », comme pour illustrer le constant souci de variation de Lully, par des changements subtils de mélodie, de rythme, de caractère, de tonalité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/ambroisine-bre-christophe-rousset.jpg?itok=GRtlTPP1" title="Ambroisine Bré et Christophe Rousset © D.R." width="468" /><br />
	Ambroisine Bré et Christophe Rousset © D.R.</p>
<p><strong>La perfection du <em>dire</em></strong></p>
<p>Mais l’autre personnage essentiel est bien sûr Psyché. Rien de plus touchant que son dialogue avec le Roi, son père, <strong>Anas Séguin</strong>, puissant et de grande allure. On admire la perfection du <em>dire</em> dans ses « Il faut mourir, ma fille […] Je souffre en te perdant tout ce qu’on peut souffrir », à quoi répond, dans un équilibre parole-musique issu du <em>recitar cantando</em> de Monteverdi, apporté à Paris par Cavalli, le « Ne pleure point ma mort, la cause en est trop belle » de Psyché, où la transparence de la voix d’<strong>Ambroisine Bré</strong>, fait merveille, par la fraîcheur, l’innocence qu’elle prête au personnage.</p>
<p>La voix est plus éthérée que celle de Bénédicte Tauran, mais elle peut prendre les accents les plus nobles, et les plus tragiques, par l’appui sur les consonnes et les R roulés, en un mot la qualité de sa diction, autant que par la ligne de chant, quand arrivant au palais de Vulcain, elle se prépare à la mort : « Je reconnais la rigueur de mon sort, / Lorsqu’avec tant d’excès je m’en vois poursuivie ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="262" src="/sites/default/files/styles/large/public/le-tenor-cyril-auvity-a-debute-ses-etudes-chorales-des-l-age-de-9-ans-aupres-des-petits-chanteurs-a-la-croix-de-bois-puis-des-petits-chanteurs-de-douai-photo-festival-baroque-de-tarentaise-1659108164.jpg?itok=BDClofEA" title="Cyril Auvity © D.R." width="468" /><br />
	Cyril Auvity © D.R.</p>
<p><strong>Un duo d’amour de rêve</strong></p>
<p>Côté hommes, c’est un constant régal d’entendre <strong>Cyril Auvity</strong>, son timbre si clair, l’élégance de ses phrasés, non seulement quand, en Vertumne du Prologue, il allie idéalement les couleurs de sa voix avec celles de <strong>Fabien Hyon </strong>(ici en Palémon), mais surtout dans le rôle de l’Amour jeune homme, et là il faut s’arrêter sur ce qui est selon nous le plus beau moment de la partition, son duo d’amour avec Psyché…<br />
	Après un ravissant duo de flutes, apparaît une nymphe qui susurre à Psyché deux vers assez charmants : « Souviens-toi seulement que lorsqu’on est aimable / C’est un crime de n’aimer pas ».</p>
<p>Soit dit en passant, les vers de Thomas Corneille qui sont le plus souvent très grand-genre peuvent aussi n’être pas mal dans le genre galant.</p>
<p><strong>La sophistication et le naturel à la fois</strong></p>
<p>Très jolie trouvaille de Lully, l’Amour (Cupidon) est d’abord invisible aux yeux de la mortelle, c’est donc une voix de soprano (celle de Deborah Cachet qui se fait ici minuscule) qu’on entend pendant quelques répliques, avant que l’Amour ne prenne l’aspect d’un mortel, et dès lors ce sera Cyril Auvity.<br />
	Timbre viril et lumineux, tout en retenue et en demi-teintes, avec des éclats cuivrés, auquel Psyché ne résiste pas. Amboisine Bré, qui jusqu’ici recherchait la limpidité, va désormais parer sa voix d’un trouble et d’un frémissement nouveaux.</p>
<p>Rien n’est plus beau que la phrase descendante que lui dessine Lully sur « En parlant de mon cœur, mon esprit s’embarrasse, / Et je ne connais pas assez ce qui s&rsquo;y passe, / pour vous le pouvoir exprimer ». On remarque au passage le jeu sur les tonalités de Lully, qui écrit cette scène tendre en <em>la </em>mineur, le ton de l’Amour.<br />
	Le raffinement de cette conversation amoureuse est poussé presque jusqu’à la sophistication (les liaisons !) et pourtant tout semble d’un naturel étonnant, qui culmine sur un « Je vous aime » de Cyril Auvity miraculeux de justesse.<br />
	Auquel répond, au comble du trouble et dans un souffle, le « Il est donc vrai que vous m’aimez » d’Ambroisine Blé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="260" src="/sites/default/files/styles/large/public/christophe-rousset-dirige-tarare-de-salieri-a-lopera-de-versailles-le-novembre-ceric-larrayadieu-hd-e1543516261165.jpg?itok=Co45kX0V" title="Christophe Rousset © Eric Larrayadieu" width="468" /><br />
	Christophe Rousset © Eric Larrayadieu</p>
<p><strong>Insurpassable</strong></p>
<p>La suite de l’opéra, après le dialogue à fleurets mouchetés entre Psyché et Vénus (celle-ci prenant l’aspect d’une Nymphe pour mieux perdre la pauvre mortelle), amènera un autre monologue dont Ambroisine Bré fera un exemple insurpassable à la fois de beauté vocale, de raffinement du chant (les ornements qu’elle glisse sur « Si le plaisir d&rsquo;aimer est un plaisir extrême, Quels charmes n&rsquo;a-t-il pas, quand c&rsquo;est L&rsquo;Amour qu&rsquo;on aime ? ») et d’émotion. C’est le moment où, sa lampe à la main, elle découvre l’Amour et le perd.</p>
<p>Non moins belle la déploration désespérée qui s’ensuivra, manière de <em>lamento</em>, auquel succèdera le retour vindicatif de Vénus. Lully passe du récitatif accompagné, manière de théâtre en musique, à de courts passages <em>arioso</em>. Les deux timbres, somme toute assez proches l’un de l’autre, se différenciant surtout par les couleurs que les deux chanteuses leur prêtent.</p>
<p>A son arrivée aux Enfers, c’est encore une plainte que fera entendre Psyché, après une « ritournelle » belle et grave, un air qui demandera une voix assez longue, descendant assez bas dans les passages de déréliction avant de monter jusqu&rsquo;à des éclats pathétiques, un de ces grands monologues où Lully semble au sommet de son inspiration, et se faire le prédécesseur de Rameau. Grand lyrisme où il semble fraterniser de sensiblité avec Racine, son presque parfait contemporain.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="408" src="/sites/default/files/styles/large/public/fragonard_psyche.jpg?itok=AYEb4NJn" title="Psyché et ses sœurs par Fragonard © D.R." width="468" /><br />
	Psyché et ses sœurs par Fragonard © D.R.</p>
<p><strong>Parce que Lully reste Baptiste</strong></p>
<p>Paradoxe de cet homme de pouvoir et d’intrigue, capable d’une telle gravité, mais qui restait l’habile ordonnateur des fêtes de la cour.<br />
	La fin de l’opéra montrera qu’il n’a rien perdu de la verve ni du savoir faire de Baptiste à trousser toutes sortes de scènes pittoresques, prétextes à danses et divertissements, avec interventions de nymphes et de furies, puis de divinités diverses, Bacchus, Momus, etc.<br />
	Dans les quelques interventions d’Apollon, <strong>Zachary Wilder</strong> fera des merveilles d’ornementation, comme il en avait fait en Zéphire, avant que le long final ne soit avant tout prétexte à grand spectacle.</p>
<p><strong>Back to Firenze</strong></p>
<p>D’ailleurs, est-ce pour se souvenir de sa Florence natale, que Lully avait inséré dès le premier acte un divertissement en italien (dont on dit qu’il avait écrit les paroles).<br />
	Cette « Plainte italienne » où l’on admire les couleurs mélancoliques des flûtes et le dense tissu des cordes des Talens lyriques fait entendre Ambroisine Bré en « Femme affligée ». Elle y fait appel à un pathétique extraverti très différent de l’intériorité qu’elle donnera en Psyché. Les deux « Hommes affligés », Robert Getchell et <strong>Philippe Estèphe</strong>, y seront eux aussi savoureusement grandiloquent, au fil de cette bizarre et belle séquence qui semble tomber d’un autre monde sensible, tous, Ambroisine Bré la première, semblant prendre un plaisir un peu canaille à « en faire des tonnes », à l’italienne…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="293" src="/sites/default/files/styles/large/public/7364-eric-layarradieu-diaporama_big-1.jpg?itok=6iLSjTYD" title="Christophe Rousset © Eric Larrayadieu" width="468" /><br />
	Christophe Rousset © Eric Larrayadieu</p>
<p><strong>L’Amour toujours</strong></p>
<p>Mais le plus beau du dernier acte ce sera à nouveau la douleur de Psyché (« Songe qu’en expirant c’est pour toi que je meurs ») et l’inextinguible fureur de Vénus (« Le plaisir de la vengeance est trop doux pour y renoncer »). Si Ambroisine Bré et Bénédicte Tauran y seront à nouveau superbes, chacune dans son registre, la voix de la sagesse sera à nouveau celle de Cyril Auvity, apparaissant sous les traits de Mercure.<br />
	Magnifique de puissance, d’éclat, de lumière dans la voix</p>
<p>A la question de Vénus « L&rsquo;Amour à l&rsquo;univers est-il si nécessaire, qu&rsquo;on ne puisse être heureux sans lui ? », il répondra fièrement : « Ôtez L&rsquo;Amour de la nature, toute la nature périt ».</p>
<p>Le bon sens même.</p>
<p>Si on est sensible au monde de la tragédie lyrique à la française, un disque indispensable.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/psyche-de-lully-par-christophe-rousset-et-les-talens-lyriques-un-lully-a-fleur-de-sensibilite/">Psyché de Lully, par Christophe Rousset et les Talens Lyriques</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MONTEVERDI, L’Orfeo&#124;Vespro della Beata Vergine&#124;Madrigaux Livre VIII&#124;L&#039;Incoronazione di Poppea — Saint-Quentin-en-Yvelines</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/orfeo-5063-saint-quentin-en-yvelines-le-livre-dimages-dorphee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-livre-d-images-d-orphe/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Spectacle en création au théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Orfeo 5063 se propose de revisiter certaines des œuvres de Monteverdi en les « transposant dans une installation vidéo immersive ». Jérôme Correas et ses Paladins ont collaboré avec Guillaume Marmin et sa maîtrise des arts numériques. Le corpus de partitions choisi interroge. Il ne s’agit donc nullement d’une réduction &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/orfeo-5063-saint-quentin-en-yvelines-le-livre-dimages-dorphee/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, L’Orfeo&#124;Vespro della Beata Vergine&#124;Madrigaux Livre VIII&#124;L&#039;Incoronazione di Poppea — Saint-Quentin-en-Yvelines</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/orfeo-5063-saint-quentin-en-yvelines-le-livre-dimages-dorphee/">MONTEVERDI, L’Orfeo|Vespro della Beata Vergine|Madrigaux Livre VIII|L&#039;Incoronazione di Poppea — Saint-Quentin-en-Yvelines</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Spectacle en création au théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, <em>Orfeo 5063</em> se propose de revisiter certaines des œuvres de Monteverdi en les « transposant dans une installation vidéo immersive ». <strong>Jérôme Correas</strong> et ses Paladins ont collaboré avec <strong>Guillaume Marmin</strong> et sa maîtrise des arts numériques.</p>
<p>Le corpus de partitions choisi interroge. Il ne s’agit donc nullement d’une réduction de l’<em>Orfeo</em> en extraits mais d’un assemblage de quatre œuvres de Monteverdi (<em>L’Orfeo</em>, le <em>Couronnement de Poppée</em>, <em>Les Vêpres à la Vierge</em> et les <em>Madrigaux</em>) partagés en quatre parties thématiques (Adieu à la terre, <em>De Profundis</em>, Eurydice, Inferno). Certes on comprend vite que ce qui est recherché ici c’est surtout la texture du langage musical, les tessitures mobilisées, les couleurs vocales et instrumentales… le tout devant former une manière de continuo. Pourtant malgré l’absence de surtitrage, il est aisé d’entendre surgir le nom de « Poppea » dans cette déambulation normalement calquée sur celle d’Orphée ou encore de sentir les disparités entre les pages opératiques et leur théâtralité, à l’opposé de la liturgie des pièces sacrées. Cette mélopée, qu’assez peu de ruptures viennent ponctuer, opère comme une bande son envoutante accompagnant la dynamique des images de Guillaume Marmin. De grands plans séquences, filmés en ultra haute définition au drone, illustrent un parcours symbolique à travers des panoramiques de montagnes enneigées, des dessins de Lascaux, un musée subaquatique (étrangement retenu pour accompagner le « pur ti miro » conclusif du <em>Couronnement de Poppée</em>), de la statuaire antique etc. Sur scène, des néons installés en forêt autour de l’orchestre produisent de beaux effets de lumières sur une mer de fumée lourde qui ajoute à l’irréalité de cet univers musical et visuel. On comprend que cet assemblage se veut un labyrinthe sensoriel de la quête d’Orphée sans toutefois pouvoir le suivre avec certitude bien souvent. C&rsquo;est finalement la vidéo de chiens de défense enchainés, dont les aboiements viennent couvrir le chant, qui raccrochent le spectateur au désespoir du poète, impuissant face aux créatures des Enfers. A défaut de sens évident, on se satisfait la plupart du temps de voir de belles images sur de la belle musique, sans tomber dans les excès New Age d’un Bill Viola.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/orfeo_5063_repetition_janvier_2022_7_c_guillaume_marmin_0.jpg?itok=wxJGvfrT" title="© Guillaume Marmin" width="468" /><br />
	© Guillaume Marmin</p>
<p>Car la musique est belle et remarquablement bien servie. <strong>Les Paladins</strong> se coulent avec délicatesse dans chacune des pages sous la direction précise et fluide de Jérôme Correas. Le plateau vocal bénéficie d’une belle homogénéité et de voix bien différenciées. A la basse sombre mais chaleureuse de <strong>Matthieu Heim</strong> répond la clarté éthérée de la haute-contre<strong> Jean-François Lombard</strong>. <strong>Antonin Rondepierre</strong> hérite des pages dévolues à Orphée qu’il sert avec poésie et un timbre charnu.<strong> Jordan Mouaissia</strong> se différencie sans mal grâce à une voix plus claire et à un legato léché. Enfin <strong>Jehanne Amza</strong>l et <strong>Anne-Sophie Honoré</strong> brillent dans le dialogue permanent des sopranos : duo final du Couronnement, « magnificat »… elles distillent nuances et <em>piani </em>avec un bonheur constant.  </p>
<p>Si cette création nous interroge, il faut noter l’accueil chaleureux qu’elle a reçu en ce soir de première au théâtre de Saint-Quentin en Yvelines. Un public largement constitué de scolaire (certain munis de rehausseurs de siège !) dont on a senti la concentration et l’intérêt. Pari gagné ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/orfeo-5063-saint-quentin-en-yvelines-le-livre-dimages-dorphee/">MONTEVERDI, L’Orfeo|Vespro della Beata Vergine|Madrigaux Livre VIII|L&#039;Incoronazione di Poppea — Saint-Quentin-en-Yvelines</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Questionnaire de Proust : Matthieu Heim</title>
		<link>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Feb 2021 22:11:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arrêté en plein élan par la pandémie, Matthieu Heim espère retrouver dès le mois de mars l&#8217;orchestre Hemiolia et le Chœur du Concert d&#8217;Astrée sous la direction de Denis Comtet pour la Passion selon Saint-Jean de J.S. Bach, puis le rôle de l&#8217;Oracle de Neptune dans Idoménée de Mozart avec les Talens Lyriques de Christophe Rousset en juin au &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/"> <span class="screen-reader-text">Questionnaire de Proust : Matthieu Heim</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/">Questionnaire de Proust : Matthieu Heim</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Arrêté en plein élan par la pandémie, Matthieu Heim espère retrouver dès le mois de mars l&rsquo;orchestre Hemiolia et le Chœur du Concert d&rsquo;Astrée sous la direction de Denis Comtet pour la <i style="font-size: 14px">Passion selon Saint-Jean</i> de J.S. Bach, puis le rôle de l&rsquo;Oracle de Neptune dans <i>Idoménée</i> de Mozart avec les Talens Lyriques de Christophe Rousset en juin au Mozartfest de Würzburg, ainsi que le rôle du Muphti dans le <i>Bourgeois Gentilhomme, </i>repris à l&rsquo;opéra de Versailles dans la mise en scène  de Denis Podalydès et sous la baguette de Christophe Coin. La saison prochaine, il rejoindra les Paladins de Jérôme Corréas pour leur nouvelle création autour de Monteverdi. </strong></p>
<p><strong>Matthieu Heim s&rsquo;est prêté au jeu du questionnaire de Proust avec la franchise, l&rsquo;humour et la sensibilité qu&rsquo;on lui connait si bien sur scène</strong>.</p>
<p> </p>
<p><strong>1 Le principal trait de mon caractère ?</strong></p>
<p>La fidélité.</p>
<p><strong>2. La qualité que je préfère chez un ténor ?</strong></p>
<p>J&rsquo;aime les voix de ténor gorgées de soleil.</p>
<p><strong>3. La qualité que je préfère chez une soprano ?</strong></p>
<p>J&rsquo;aime les sopranos avec un côté maternant.</p>
<p><strong>4. Ce que j&rsquo;apprécie le plus chez mes collègues sur scène ?</strong></p>
<p>La bonne humeur et la complicité.</p>
<p><strong>5. Mon principal défaut ?</strong></p>
<p>J&rsquo;ai tendance à me répéter&#8230; Je me demande si ce n&rsquo;est pas un T.O.C. !</p>
<p><strong>6. Mon occupation préférée dix minutes avant de monter sur scène.</strong></p>
<p>A dix minutes de monter sur scène, on n&rsquo;a plus le temps pour quoi que ce soit ! (sauf pour un ultime pipi&#8230;)</p>
<p><strong>7. L’opéra que je préfère.</strong></p>
<p>Il y a quelques années encore, j&rsquo;aurais répondu <em>Carmen</em>. Mais aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est <em>Don Giovanni</em>.</p>
<p><strong>8. L’opéra qui me casse les oreilles.</strong></p>
<p>Il y a des pans entiers de la musique contemporaine auxquels je demeure, hélas, totalement hermétique. Mais aucun opéra ne me « casse les oreilles », au sens propre.</p>
<p><strong>9. Le dernier rôle que je voudrais chanter ?</strong></p>
<p>Plutôt que chanter, j&rsquo;aimerais assumer un rôle de théâtre parlé à 100%.</p>
<p><strong>10. Le pays où je désirerais vivre ? </strong></p>
<p>Pour le travail : la Suisse. Pour le farniente : l&rsquo;Espagne.</p>
<p><strong>11. La couleur que je préfère ?</strong></p>
<p>La couleur des yeux de la femme que j&rsquo;aime. Sinon le bleu.</p>
<p><strong>12. Mon air préféré ?</strong></p>
<p>Cela change selon les périodes de la vie, un peu comme les chansons populaires qui trottent dans la tête. Pendant longtemps, c&rsquo;était « Pourquoi me réveiller » dans <em>Werther </em>par Alain Vanzo. Puis ce fut « Fuor del mar » dans <em>Idoménée </em>de Mozart, de préférence dans la version de Richard Croft. En ce moment, c&rsquo;est « Tristes apprêts », l&rsquo;air de Télaïre dans <em>Castor et Pollux</em> de Rameau. Quand c&rsquo;est bien chanté, les larmes ne sont pas loin.</p>
<p><strong>13. Mon disque de chevet</strong>.</p>
<p><em>Les Impromptus</em> de Schubert par Alfred Brendel.</p>
<p><strong>14. Mes compositeurs favoris à l’opéra ? </strong></p>
<p>Mozart, Rameau, Massenet, Offenbach et Debussy.</p>
<p><strong>15. Mes Lieder ou mélodies préférées ? </strong></p>
<p>Tout le cycle des Dichterliebe.</p>
<p><strong>16. Mes héros favoris dans l’opéra ?</strong></p>
<p>Don Quichotte, surtout chez Massenet qui lui donne une dimension christique</p>
<p><strong>17. Mes héroïnes favorites dans l’opéra ? </strong></p>
<p>Carmen, Didon, Charlotte.</p>
<p><strong>18. Mes metteurs-en-scene préférés ?</strong></p>
<p>Comme spectateur : Laurent Pelly (pour le rythme). Comme chanteur : Denis Podalydès (pour sa gentillesse).</p>
<p><strong>19. Mes peintres favoris ? </strong></p>
<p>Vermeer, Chardin et Fabienne Verdier.</p>
<p><strong>20. Mes héros dans la vie réelle ? </strong></p>
<p>Jean Moulin. Ma mère.</p>
<p><strong>21. Mes héroïnes dans l&rsquo;histoire ?</strong></p>
<p>Jeanne d&rsquo;Arc. Elle nous enseigne – comme Charles de Gaulle au XXe siècle – que lorsqu&rsquo;on croit que tout est perdu, on peut encore renverser la situation.</p>
<p><strong>22. Mes prénoms favoris ?</strong></p>
<p>J&rsquo;ai une tendresse particulière pour les prénoms désuets de le génération de mes grand-mères et grand-tantes tels Jehanne, Angèle, Albertine, Apolline, &#8230;</p>
<p><strong>23. Ce que je déteste par-dessus tout ?</strong></p>
<p>La condescendance.</p>
<p><strong>24. Personnages d’opéra que je méprise le plus ? </strong></p>
<p>Escamillo, c&rsquo;est-à-dire le bellâtre fat, m&rsquo;as-tu vu et complètement creux. Transposé aujourd&rsquo;hui, Escamillo serait une sorte de surfeur à la Brice de Nice !</p>
<p><strong>25. Mon pire souvenir sur scène.</strong></p>
<p>Une longue scène recitativo, dans un opéra baroque, où mon partenaire a zappé une dizaine de pages d&rsquo;un seul coup&#8230; et je n&rsquo;avais que quelques secondes pour chercher mentalement la bonne réplique !</p>
<p><strong>26. Mon meilleur souvenir sur scène.</strong></p>
<p>Une tournée de<em> Don Giovanni </em>en Suisse avec le Théâtre de Biel-Solothurn. La mise en scène était tellement alerte que le public riait aux éclats : j&rsquo;ai enfin compris pourquoi Mozart avait sous-titré cet ouvrage <em>dramma giocoso</em>. Et nous formions une troupe tellement soudée sur scène que nous nous sentions invincibles.</p>
<p><strong>27. Le don de la nature que je voudrais avoir ? </strong></p>
<p>Etre capable de mémoriser une mélodie du premier coup.</p>
<p><strong>28. Comment j&rsquo;aimerais mourir ? </strong></p>
<p>Réconcilié avec tous ceux qui m&rsquo;ont côtoyé.</p>
<p><strong>29. État d&rsquo;esprit actuel ? </strong></p>
<p>Dépité et anxieux.</p>
<p><strong>30. Fautes qui m&rsquo;inspirent le plus d&rsquo;indulgence ?</strong></p>
<p>Les faiblesses passagères de la voix quand elles sont dues à la recherche de l&rsquo;émotion.</p>
<p><strong>31. Ma devise ? </strong></p>
<p>Bien faire et laisser dire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/">Questionnaire de Proust : Matthieu Heim</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-matthieu-heim/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
