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	<title>André HELLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>André HELLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 May 2023 08:05:06 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Le public s’installe alors qu’une affiche annonçant la distribution du <i>Rosenkavalier</i> du vendredi 9 février 1917 occupe le mur du fond de scène. On n’y remarque d’abord que les noms des chanteurs connus :<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Lotte Lehman<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>dans le rôle de la FeldMarschallin et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Richard Mayr<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>en Ochs. En détaillant le bas de l’affiche, on s’aperçoit que quelques célébrités ont joué les utilités. Pour cette soirée de levée de fonds pour les soldats en 1917,Stefan Zweig, et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Hugo von Hofmannsthal<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>n’ont pas hésité à monter sur scène. Pourquoi cette affiche ? Faut-il nous rappeler que ce chef-d’œuvre recèle beaucoup de profondeur, peut-être même de la tristesse, en tout cas de la mélancolie ? Nous dit-on que l’odeur des cadavres en est l’héritage ? On sait que la création de cette comédie en trois actes a aussi précédé de peu l’effondrement de l’empire austro-hongrois. Nous pleurerons effectivement après cet avertissement de mauvais augure (mais ce ne sera pas la faute des victimes de la Première Guerre mondiale).</p>
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<p>Avant d’en venir à la mise en scène estampillée Sécession viennoise (ni idiote ni bien marquante), confiée à un artiste qu’on nous affirme «&nbsp;actionniste&nbsp;»<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>André Heller</strong>, où nous verrons passer Klimt, ses modèles et Grace Kelly en robe de soirée rouge, des artistes de cirque et quelques chasseurs en culotte de peau entre autres quidams, notons que la soirée est dominée par la Maréchale de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Camilla Nylund</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>et par le baron Ochs du jeune baryton-basse<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>David Steffens</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>auxquels on ajoutera la Sophie délicieuse de la soprano<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Siobhan Stagg</strong>.</p>
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<p>Pour l’ultime soirée de cette production (reprise prévue en décembre 2023 avec une nouvelle distribution, et heureusement un nouveau chef, dans la même mise en scène), ces chanteurs ont bien du talent et bien du courage pour exister dans le charivari que la fosse nous inflige. Mais qu’est-il arrivé à cette respectable<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Staatskapelle de Berlin</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>? Révolte des musiciens contre les intentions du chef<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Alexander Soddy</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>? Incompétence de l’ancien directeur musical de l’opéra de Mannheim pour installer sa vision ? On s’interroge.</p>
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<p>Dès les premières mesures, c’est l’horreur et la cacophonie. Rien ne va. Chacun tire la couverture à soi, ou on part en retard quand il n’y a pas carrément émeute. Les couacs épouvantables des cuivres ont certes donné le la. Les cordes se font rageuses. Qu’est-ce que ce cirque ? Le choc qu’inflige cet orchestre grinçant ne passera pas de toute la soirée, dans une œuvre qu’on attend certes bouffe, mais gaie, enlevée, brillante et tendre ! Les pupitres en retard donc, les sonorités pâteuses ou rugueuses, les traits anarchiques, les plans sonores brouillons, bon sang mais c’est bien sûr ! Le chef anglais croit nous « elektrifier »<em><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>le Chevalier à la<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Rose</em><span class="apple-converted-space"><b>&nbsp;</b></span>! Et c’est consternant de ratage.&nbsp;</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="498" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rosenkavalier@credits.DRwww_.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_30879_4b66c9fbe5a9ba158b8b0e0d93373e49_Rokav0042.jpg" alt="" class="wp-image-130730" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Staatsoper Berlin</sup></figcaption></figure>


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<p>Le premier tableau présente une version (un peu trop colorée ?) de ce que pourrait être une chambre Art Nouveau 1900. Les costumes assez laids (comme ces rayures et carreaux noirs et blancs des robes de la Maréchale) s’intègrent tant bien que mal dans une esthétique début de siècle. Ce qui empêche vraiment la magie d’opérer c’est ce laisser-aller dans la fosse qui ne se règle pas, perturbant grandement le beau tête à tête entre Oktavian (la mezzo<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Ema Nikolovska</strong>, au peu élégant vibrato d&rsquo;abord, prenant ensuite ses marques avec une voix bien projetée) et sa Bichette. Notons que les parlandos d’Oktavian comme ceux d’Ochs seront parfois trop plats, guère portés par la fosse.</p>
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<p>Dans cette histoire burlesque et profonde, où noblesse et prosaïsme contrastent, où un amant fidèle ne réussit pas à le rester (Oktavian) tandis qu’un coureur vulgaire (Ochs) n’arrive pas à tromper sa fiancée, des plages contemplatives sublimes ont été voulues par Strauss. On les attend, elles seront parfois sauvées in extremis ici ou là malgré le désastre en fosse, par exemple à la fin du premier acte grâce à quelques solos et accompagnements de la Staatskapelle, et grâce au savoir-faire de la soprano finlandaise, belle Marschallin parvenue à la plénitude vocale idoine après un début un peu désorienté par le quasi chaos musical.<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Madame<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Nylund<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est tendre dans les accents intérieurs de la conversation en musique mais les aigus sont parfois forcés. Entre-temps le chanteur italien (<strong>Andrés Moreno Garcia</strong>) se sera taillé (forcément) un beau succès avec son pastiche – alors que des circassiens se seront échinés en vain à faire valoir leurs tours dans le défilé des importuns, un peu à l’image de cette proposition finalement.</p>
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<p>Le deuxième acte mettant en scène la Frise Beethoven centrée sur le Gorille (les hommes, ces mammifères peu fins aux pulsions déréglées comme Ochs, veut-on nous dire) voit donc entrer Klimt, ses modèles et tout un personnel hétéroclite qui animent une entrée ratée du Chevalier à la Rose (en style Louis XV tout d’argent), la faute à l’orchestre évidemment qui ne sait faire que pompeux quand il faudrait être éclatant. Klimt, quant à lui évolue sur scène, en observateur de la comédie humaine ou en séducteur compulsif (ou les deux). C’est assez bien trouvé même si l’idée est un peu diluée dans un discours surchargé.</p>
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<p>Malgré le fait qu’il soit accompagné systématiquement par une valse (sa valse signature) ici pachydermique, les facéties du jeune baryton bavarois<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Steffens<strong>,</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>en Ochs, au timbre plaisant à l’émission fluide (qui sait altérer aux bons moments ses graves pour nous faire rire &#8211; par exemple à la fin de l&rsquo;acte Il sur l’adjectif « lang »), bref un fat bouffe tel qu’attendu, n’empêchent pas les bâillements. Heureusement la fraîcheur et la vivacité de Sophie (Sobhian Stagg), au phrasé délicat et aux aigus charmants, nous emmènent jusqu’à un troisième acte franchement amusant.</p>
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<p>André Heller<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est à son affaire avec le piège organisé dans l’auberge par Oktavian et les deux intrigants (excellents<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Karl-Michael</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Ebner</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Katharina Kammerloher</strong>), sans orchestre sur scène. Après quelques éclats de rire, « jedes Ding hat seine Zeit » comme la Maréchale nous l’a rappelé plus tôt, il est temps de quitter la salle, à peine émus par le trio et les duos du finale pourtant si justement vantés. Les chanteurs constamment contrariés par une direction décousue, fâchée avec la justesse et sans hauteur de vue, sont empêchés de nous offrir le grand lied final bouleversant voulu par Strauss. Les ensembles ont été trop souvent désordonnés, les interprètes livrés à eux-mêmes. Cet opéra, « une mascarade viennoise » selon la Maréchale ?</p>
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<p>Cela n’excuse pas la contre-performance d&rsquo;un orchestre privé de nuances, de justesse, souvent de cohésion, de couleurs et de lyrisme. Mais n&rsquo;est-il pas aussi la victime d’une vision ratée musicalement ? On sait qu’il est difficile de trouver un chef capable de bien diriger ce chef-d’œuvre. Il faudrait de surcroît beaucoup plus de talent à<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Alexander Soddy pour faire de cette partition une pièce de littérature atonale ou du moins une énorme parodie très noire. L’idée, qui se défend, mal mise en œuvre ici, se perd décidément sans rime ni raison.</p>
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		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-rosenkavalier-berlin-staatsoper-vienne-sinvite-a-berlin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2020 05:33:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec le viennois André Heller comme concepteur de la nouvelle production du Chevalier à la rose au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, c’est tout Vienne qui s’invite dans la capitale allemande. La mise en scène, les décors, les tableaux, les costumes, les références culturelles, l’ambiance, le wienerisch bien sûr, tout est fait pour que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec le viennois <strong>André Heller</strong> comme concepteur de la nouvelle production du <em>Chevalier à la rose</em> au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, c’est tout Vienne qui s’invite dans la capitale allemande. La mise en scène, les décors, les tableaux, les costumes, les références culturelles, l’ambiance, le <em>wienerisch</em> bien sûr, tout est fait pour que l’espace d’un soir, nous soyons transportés il y a 100 ans dans des appartements tantôt japonisants, tantôt clinquants, tels que la Vienne fin de siècle, celle de l’aristocratie et de la noblesse, les ont goûtés un temps.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_30899_92c935c48afeb2d80dd9aa68de2928f0_rokav0196.jpg?itok=T9b1QFxW" title="© Ruth Walz" width="468" /><br />
	© Ruth Walz</p>
<p>L’idée de départ du metteur en scène est d’imaginer une représentation du <em>Rosenkavalier</em> qui aurait été donnée à Vienne le 9 février 1917, grâce à une bonne amie du poète et librettiste Hugo von Hofmannsthal, la princesse et mécène Marie von Thurn und Thaxis. Avant le début du spectacle est ainsi projeté sur le rideau de fer un <em>fac simile</em> de l’affiche de cette pseudo-représentation qui aurait vu Lotte Lehmann en Maréchale&#8230; Cette soirée aurait été organisée au bénéfice des veuves et orphelins de la guerre encore en cours. André Heller, metteur en scène touche-à-tout, qui donne ici sa première mise en scène d’opéra de grande dimension (il avait déjà approché le genre avec <em>Erwartung/La voix humaine</em> à Paris avec Jessye Norman au Théâtre du Chatelet en 2002) s’adjoint pour ce faire les services de deux artistes viennois de renom : <strong>Xenia Hausner</strong>, qui, après quasiment 30 années d’interruption renoue avec la conception de décors d’opéras et <strong>Arthur Arbesser</strong>, chargé d’imaginer les costumes que la princesse von Thurn und Thaxis aurait choisis pour les personnages de l’opéra.</p>
<p>Le résultat est visuellement réussi, même si les décors du I et du III peuvent intriguer à première vue. Au premier acte, nous sommes en effet dans les appartements au style japonisant de la princesse Werdenberg. Style à la mode quelque temps à Vienne au début du 20e siècle. Au deuxième acte, il faut imaginer que le parvenu Faninal dépense une fortune pour décorer son palais à la dernière mode : on y voit ainsi une partie de la magnifique frise Beethoven de Klimt, une décoration Art nouveau à la Otto Wagner, et des habits plus extravagants les uns que les autres. Au troisième acte enfin Ochs convoque Mariandel dans une palmeraie privée, assez en vue en son temps et prisée par la noblesse viennoise en quête de dépaysement. Les différents mouvements de scène et changements de décors aux II et III n’ont toutefois pas toujours permis une continuité dans ce parti pris et on aura regretté qu’à certains moments (notamment à la fin du II où Sophie et Octavian finissent par s’asseoir…par terre) la scène soit quasiment vide.</p>
<p>La direction musicale de cette nouvelle production est confiée à <strong>Zubin Mehta</strong>. C’est une émotion de voir revenir le chef indien, longtemps absent des fosses d’orchestre pour raison de santé. La démarche est encore peu assurée lorsque, au moment des saluts, il congratule chacun des protagonistes ; à la tête d’une formidable phalange, sa version manque toutefois de suivi. L’introduction au premier acte, on ne peut plus prometteuse, toute de lenteur et de majesté, qui permettait de s’enivrer des accords subtils, aura été un feu de paille, et les tempi adoptés n’ont pas toujours affiché grande cohérence. Toutefois, les différents pupitres rendirent magnifiquement les mille et une nuances d’une partition qui a parfois plus à dire dans la fosse que sur le plateau.</p>
<p>Le plateau vocal est de très haute tenue avec deux prises de rôles attendues : celle de <strong>Nadine Sierra</strong> en Sophie et celle de <strong>Michèle Losier</strong> en Octavian. Les Parisiens ont vu l’an passé la Canadienne en Ascagne (<em>Les Troyens</em> à Bastille) et ont certainement goûté ce mezzo au timbre très souple, qui peut paraître, selon les besoins, chaud tout comme plus impersonnel. Quelques minutes auront été nécessaires pour caler le tout et dompter un vibrato qui s’annonçait envahissant. Mais Michèle Losier aura tenu et maîtrisé sur la distance une partition bien complexe. Prise de rôle aussi pour Nadine Sierra. Elle donne à Sophie des allures de midinette et une légèreté dans la voix (en plus de la douceur moelleuse du timbre) qui pourra interroger. Il reste que la technique est éblouissante (son « Wie himmlische, nicht irdische » nous élève au plus haut des cieux) et sa capacité à accrocher le pianissimo en haut de la gamme demeure confondante.</p>
<p>Le chanteur italien de <strong>Attala Ayan</strong> était annoncé souffrant ; cela explique-t-il sa prestation en demi-teinte, où on le sentit aux limites du décrochage ? Très bons seconds rôles : <strong>Adrian Eröd</strong> en Faninal désabusé, <strong>Karl-Michael Ebner</strong> et <strong>Katharina Kammerloher</strong> incarnant vocalement et scéniquement pleinement Valzacchi et Annina.</p>
<p>La Maréchale avait les traits d’une <strong>Camilla Nylund</strong> resplendissante. Ce soir-là, la soprano finlandaise était dans une forme exceptionnelle et rien ne lui a échappé ; toutes les subtilités vocales sont maîtrisées. Capable de murmurer comme de couvrir l’orchestre, elle fait preuve actuellement d’une maîtrise technique enviable.</p>
<p>Reste pour nous une question : toutes ces qualités font-elles de Camilla Nylund une Maréchale d’évidence ? La prestation à laquelle nous assistons ne permet pas de trancher en ce sens. Car ce rôle, on le sait, exige plus, bien plus qu’une lecture fidèle et même habitée de la partition. Une Maraéchale ne peut pas être que certitude, force et invincibilité. Le tableau vocal brossé par Camilla Nylund correspond davantage à Sieglinde qu’à la princesse Werdenberg. Il nous a manqué les blessures de la vie, les fêlures, les renoncements. Où sont les tortures, les doutes, les questionnements, les ambiguïtés (« ein halb Mal lustig, ein halb Mal traurig » « – à moitié gaie, à moitié triste » chante-t-elle dans son monologue du premier acte) ? Même son jeu au I a manqué de chaleur, de cette chaleur de celle qui veut retenir avant qu’il soit trop tard.</p>
<p><strong>Günther Groissböck</strong> en parfait goujat est installé sur les scènes internationales depuis un bon moment comme un titulaire incontestable du rôle de von Lerchenau. La perruque dont il se libérera au III le fera ressembler à un Harvey Weinstein en culotte de cuir ! On aura apprécié tout d’abord son parler authentiquement viennois, consubstantiel à ce rôle (il fut toutefois le seul du plateau à maîtriser parfaitement cette diction, ce qui rendait ses conversations avec Mariandel un peu artificielles). Outre cela, il y a la tessiture, capable d’atteindre des graves caverneux et sonores, un timbre séduisant et coloré ; bref, Groissböck fut le grand gagnant de cette soirée berlinoise aux accents viennois.</p>
<p> </p>
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