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	<title>James ROSER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>James ROSER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Baugé-en-Anjou</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-bauge-en-anjou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 12:35:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour déshériter son neveu, Ernesto, qui ne veut pas épouser celle qu’il lui a destinée, Don Pasquale, célibataire endurci, décide de se marier. Conseillé par son ami le Dottor Malatesta, complice des deux jeunes, son choix se porte sur l’amante du neveu (Norina devenue Sofronia), qui se mue, sitôt le contrat signé, en une femme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour déshériter son neveu, Ernesto, qui ne veut pas épouser celle qu’il lui a destinée, Don Pasquale, célibataire endurci, décide de se marier. Conseillé par son ami le Dottor Malatesta, complice des deux jeunes, son choix se porte sur l’amante du neveu (Norina devenue Sofronia), qui se mue, sitôt le contrat signé, en une femme hautaine, dépensière et acariâtre&#8230; Sinon que le contrat était faux, comme le notaire. L’oncle pardonnera avec bonne humeur. Le succès de cette comédie pétillante d’esprit, animée et brillante ne s’est jamais démenti. La réalisation qu’offre l’Opéra de Baugé vaut par une distribution de haut vol, dont les chanteurs sont complices, et par une mise en scène sobre, efficace dont la direction d’acteur est exemplaire.</p>
<p>Le Don Pasquale de <strong>Gheorghe Palcu, </strong>formidable Gianni Schicchi la veille, se hisse au meilleur niveau.  Dépassant la pure convention, sa conduite du jeu et du chant traduit une profonde intelligence du personnage, comme du texte, servi par une voix superlative, homogène, bien timbrée, qui se joue du débit rapide qu’impose le bouffe. On retiendra &#8230;tout, depuis son exaltation à la pensée d’épouser Sofronia, jusqu’à son désarroi lorsqu’il est noyé sous ses factures, au début du III, désarroi qu’il confie à son ami devenu son beau-frère, puis la découverte du billet doux, morceaux d’anthologie. Le sympathique barbon décalé par rapport à la génération suivante, beau joueur trouve là un interprète inspiré. L’habile Dottor Malatesta est confié au baryton australien <strong>James Roser</strong>, lui aussi familier du rôle comme de Baugé. Sa présence, dépourvue de cabotinage, lui suffit à mettre le public dans sa poche. Souple, stylée, assortie de beaux traits, nuancée à souhait, sa belle voix est en parfaite adéquation au personnage. Sa description séduisante « Bella sicome un angelo », au phrasé ample, noble, de sa soi-disante sœur est admirable d’éloquence. L’habile <em>dottore</em> saura faire preuve de rouerie, avec élégance, tout au long de l’ouvrage pour la fin attendue.</p>
<p>Norina, la jeune veuve, qui se fait passer pour Sofronia, timide, réservée, puis déchaînée, est <strong>Karlene Moreno-Hayworth</strong>, délicieuse <em>bricconcella</em> . A croire que le rôle aurait pu être écrit pour elle.  On se souvenait de sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-bauge-en-anjou/">Sophie</a> (du <em>Rosenkavalier</em>, ici-même l’an passé). La voix est charmeuse, d’une fraîcheur juvénile comme d’une autorité impérieuse. Son aisance constante, sa facilité fait oublier l’exigence des coloratures, des cadences et de toutes les prouesses qu’exige Donizetti, ici admirables par leur élégance, leur précision et leur liberté. Sa cavatine (« Quel guardo il cavaliere&#8230; ») traduit la finesse de sa psychologie, mais aussi sa technique infaillible (sept mesures de trilles sur fa, et une coda brillante, mutine, au contre-ré). C’est ravissant et ça le demeurera. L’ensemble des trois (« E rimasto là impietrato ») à la métamorphose en furie de la timide novice est un régal, musical et vocal. Séduction et rouerie vont de pair. <strong>Martin Bakari</strong>, formé à Boston et à la Juilliard School, nous vaut un bel Ernesto. Il en a la chaleur de la jeunesse, pour un chant lumineux et flexible. Sa première cabalette traduit bien son désespoir à l’annonce du mariage de son oncle. Son « Povero Esnesto » qui ouvre le deuxième acte est poignant, juste, tranchant avec la farce. Il en va de même de sa sérénade, avant son duo « Tornami a dir che m’ami », exercice aussi forcé (par l’intrigue) que sincère. Enfin, Carlottino, qui se fait passer pour le notaire, est confié à <strong>Stephen Kennedy</strong>, dont la brève participation est réussie. Les interventions ponctuelles du chœur des serviteurs renforcent l’entrain général.</p>
<p><strong> </strong>On attendait des bulles de champagne à l’ouverture. Quelque peu incertaine en son début (*), elle trouvera vite sa dynamique, rossinienne dans sa partie centrale, pour nous plonger dans cet univers bouffe, riche en surprises et en rebondissements. L’entrain et la délicatesse sont au rendez-vous. <strong>Diminakis Konstantinos</strong>, directeur musical de l’Opéra de Baugé, connaît aussi bien l’ouvrage que ses musiciens. La précision, les couleurs, les phrasés et les incises servent pleinement la partition, dont les richesses sont détaillées avec goût.</p>
<p>Un spectacle comme on les aime, d’une mise en scène sobre et efficace, servi par des artistes de haut vol et une direction inspirée.</p>
<p><strong> </strong><strong> </strong></p>
<pre>(*) Une longue attente dans la chaleur étouffante de la canicule en était la cause.</pre>
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		<title>PUCCINI, Suor Angelica / Gianni Schicchi &#8211; Baugé-en-Anjou</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-suor-angelica-gianni-schicchi-bauge-en-anjou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Suor Angelica Fréquemment amputé de son volet central (Suor Angelica), au grad dam de Puccini, le Trittico sera privé ce soir du Tabarro, ce dont nous ne plaindrons pas. Certes la morbidité d’ Angelica chantant  que “Les désirs ne fleurissent pas au royaume des morts”, et que “La mort est le plus beau temps de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Suor Angelica</strong></p>
<p>Fréquemment amputé de son volet central (<em>Suor Angelica</em>), au grad dam de Puccini, le <em>Trittico</em> sera privé ce soir du <em>Tabarro</em>, ce dont nous ne plaindrons pas. Certes la morbidité d’ Angelica chantant  que “Les désirs ne fleurissent pas au royaume des morts”, et que “La mort est le plus beau temps de la vie” pouvait choquer le public. Cependant, cet opéra de femmes, qui en opposera deux, totalement dissemblables, dans une micro-société quasi carcérale, d’où la bienveillance et l’amour semblent étrangers, est avant tout la narration de la détresse d’Angelica, rejetée, soumise à expier et à se soumettre. Elle a fauté, comme on disait il n’y a pas si longtemps. Aussi sa famille lui a-t-elle ravi l’enfant et a cloîtré la pécheresse. Son quotidien, bien réglé, est troublé par l’arrivée de la Princesse, sa tante, venue lui demander de renoncer à sa part d’héritage. Alors que Suor Angelica, privée d’affection, tente d’obtenir des informations sur son fils, l’implacable douairière lui apprend qu’il est mort de maladie, il y a deux ans. Désespérée, après avoir prié pour son enfant, elle décide de se suicider. Ayant bu le poison, elle prend conscience de son pêché mortel et implore la Vierge. Le miracle a lieu, sous le regard protecteur de cette dernière, l’enfant rejoindra sa mère. Par-delà la dénonciation d’une morale sclérosée, c’est l’affrontement de deux mondes, de deux personnalités antithétiques. Le pouvoir écrasant opposé à la soumission résignée, désespérée. Rapporté de façon aussi prosaïque, le drame humain perd de sa force. L’incursion inhabituelle dans le microcosme d’un couvent, sans relation avec celle de Poulenc dans les <em>Dialogues des Carmélites</em>, n’est pas moins juste, avec une galerie de personnalités bien caractérisées.</p>
<p>La Suor Angelica qu’habite <strong>Susana Gaspar</strong> est touchante, d’une vérité humaine constante. Egarée dans cette troupe de soeurs jacassantes, naïves, futiles, notre Suor Angelica, est noble, meurtrie à jamais par son sort.</p>
<p>Dépourvu du fréquent pathos que nombre d’interprètes se croient obligées d’adopter, son chant est sûr et traduit une profonde intelligence du rôle. Les moyens sont admirables : voix pleine, au timbre riche, registre central velouté avec de beaux graves, longueur de voix, tout impressionne. La révolte contre sa tante, bien sûr, mais, surtout, “Senza mamma”, accompagné par un orchestre inspiré, qui nous bouleverse par sa vérité et son évolution, déterminée à rejoindre son enfant dans la mort. <strong>Ekaterina Bazhanova</strong> nous vaut une Princesse Zia dont le moralisme aveugle et la rigidité implacable sont parfaitement traduits. La voix est sonore, sombre, impassible, dont la diction autoritaire, impitoyable, la froideur atroce de son propos, son maintien altier, glacent.  Les <em>sorelle</em> créent le climat juvénile où affleure le désabusement de la vie monacale. Chacune devrait être citée. Retenons, dès la récréation,  la soeur Zelatrice qu’incarne <strong>Aleksandra Kovalevich</strong>, voix sûre, autoritaire, très articulée, et la Suor Genovieffa de <strong>Ruth Harley</strong> qui se remarque par la fraîcheur de son émission. Individuellement comme collectivement (de l’<em>Ave Maria </em>au choeur des Anges de la dernière scène) c’est d’une réelle beauté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’apparition très réaliste de la Vierge dans la scène finale aurait certainement gagné à être estompée, gommant l’aspect mélodramatique accusé du dénouement. Cependant, on sort bouleversé par cette interprétation sans faiblesse aucune, dépourvue de maniérisme et de préciosité onctueuse. L’orchestre que dirige <strong>Thomas Payne</strong> s’y montre sous son meilleur jour, porté par un souffle, animé d’un puissant sens dramatique, incisif et nuancé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Gianni Schicchi</strong></p>
<p>Mêmes interprètes, hommes en plus, évidemment. Voici une version de Gianni Schicchi aussi décapante que souriante, sans tomber dans le grotesque vulgaire. Une direction d’une vitalité constante, précise, légère et souple, permet à l’orchestre de créer les atmosphères renouvelées de chacune des péripéties. L’humour et la fausse gravité sont au rendez-vous pour peindre l’hypocrisie et la rapacité de la famille du défunt, comme l’habileté facétieuse de Gianni Schicchi. Aucune tentation caricaturale, y compris dans la lecture du testament, où l’attente fébrile des parents se marie à la solennité.  Les portraits des parents du défunt, famille avide, sont ciselés, par leur chant, mais au moins à part égale par leur traitement orchestral. Les contrastes, les transitions sont pleinement réussis pour cette farce macabre si subtile, légère et grave. L’approche de <strong>Thomas Payne</strong> , à l’égale de ce qu’il nous avait offert avec <em>Suor Angelica</em>, est exemplaire de goût et de savoir faire.</p>
<p>Le numéro de <strong>Georghe Palcu</strong>, formidable Gianni Schicchi, suffirait à notre bonheur. A l’égal de Gabriel Bacquier, jadis, il a la faconde, l’intelligence, le sourire intérieur, et surtout la voix du rôle. Le chanteur s’amuse autant qu’il amuse son public. Son euphorie résolue, et le réglement de compte qu’il vient d’infliger aux héritiers, dont le mépris haineux était constant, lorsqu’il les chasse de ce qui est devenu sa demeure&#8230; Tout est réussi. Son “Addio Firenze”, nostalgique et subtile mise ne garde de quiconque révélera la  tromperie, est un moment d’exception. Pas un soupçon de cabotinage dans son chant comme dans son jeu. Le trio “Spoghiati, bambolini”, ponctué des “Sta bene” (d’accord) est un régal. Un chanteur comédien idéal pour cet emploi.</p>
<p>Chacun a en tête le “O mio babbino caro”, qui appelle toujours les applaudissements nourris du public .<strong>Susana Gaspar</strong>, en Lauretta,  dont les qualités rares ont été soulignées plus haut, lui rend toutes ses vertus. On lui associera naturellement <strong>Francis Ng</strong>, Rinuccio, que nous découvrons à cette occasion. Le jeune ténor hongkongais, formé chez lui et à Rotterdam, glane les prix, sans être encore apparu dans l’Hexagone. Bien sûr, après avoir conseillé de recourir aux services de Gianni Schicci, son “Avere torto ! E fine astuto” est une belle page , servie avec conviction.  À suivre, pour son émission chaude et son aisance.  Le bref duo un peu alangui des deux tourtereaux (“Lauretta, mia Lauretta”) permet de terminer sur une note sincère, qui fait pardonner la supercherie de Gianni Schicchi, qui a réalisé leur union, tout en réglant ses comptes avec cette bourgeoisie prétentieuse. <strong>Ekaterina Bazhanova</strong>, passe avec bonheur de la détestable Principessa à Zita, la cousine acariâtre du mort. Les autres héritiers jamais ne déméritent : Tous ses parents, aux traits bien carcatérisés, sont servis par des voix de qualité, et par une direction d’acteur millimétrée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nul doute que le public ne garde un souvenir ému et souriant de cette soirée pleinement réussie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-suor-angelica-gianni-schicchi-bauge-en-anjou/">PUCCINI, Suor Angelica / Gianni Schicchi &#8211; Baugé-en-Anjou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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