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	<title>Jan SCHWEIGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jan SCHWEIGER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, le nozze di Figaro &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jun 2023 06:13:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le metteur en scène Tom Goossens est connu en Flandres pour ses adaptations en néerlandais du Barbier de Séville de Rossini ou encore de la trilogie Da Ponte de Mozart. Sa proposition pour l&#8217;Opera Ballet des Flandres n&#8217;est donc pas une surprise et dénote, de la part de cette institution d&#8217;une volonté d&#8217;en proposer une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le metteur en scène <strong>Tom Goossens</strong> est connu en Flandres pour ses adaptations en néerlandais du <em>Barbier de Séville</em> de Rossini ou encore de la trilogie Da Ponte de Mozart. Sa proposition pour l&rsquo;Opera Ballet des Flandre<strong>s</strong> n&rsquo;est donc pas une surprise et dénote, de la part de cette institution d&rsquo;une volonté d&rsquo;en proposer une version accessible. <br>A vrai dire, le résultat est assez convainquant. Les néophytes gagnent en fluidité narrative même si les puristes, eux, peuvent déplorer quelques coupes dans les récitatifs et airs interrompus («&nbsp;Venite, inginocchiatevi&nbsp;», «&nbsp;Ricevete, o padroncina&nbsp;»&#8230;) voire supprimés comme la chamaillerie de préséance entre Suzanna et Marcellina, «&nbsp;Via, resti servita, madama brillante&nbsp;». Ce dernier exemple est d&rsquo;autant plus étonnant que le personnage de la mère retrouvée de Figaro, campé en flamand, avec une voix non lyrique mais un abattage proverbial par <strong>Eva van der Gucht</strong>, prend ici beaucoup d&rsquo;importance. Elle se voit attribuer plusieurs interventions parlées sur le mode du <em>Singspiel</em> relevant d&rsquo;un théâtre populaire que n&rsquo;aurait sans doute pas renié le Mozart du théâtre Auf der Wieden.<br>Elle endosse les oripeaux d&rsquo;un coryphée qui commente l&rsquo;action et la décrypte pour le spectateur. Elle en tire même une morale, qui, sans être impérissable d&rsquo;originalité – la femme-fleur ne devant fleurir que pour elle-même –&nbsp;la replace au cœur des débats actuels quant à la place des femmes dans la société.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A9342-1-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-133411" /></figure>


<p>Ce pamphlet revêt d&rsquo;ailleurs un indéniable intérêt scénique puisqu&rsquo;il permet aux techniciens du plateau d&rsquo;effectuer le changement à vue qui transforme le plan incliné des premiers actes en jardin. Qui plus est, cette manipulation –&nbsp;les dalles sont retirées l&rsquo;une après l&rsquo;autre –&nbsp;s&rsquo;avère une jolie métaphore du propos et du sens caché des choses. En effet, toute la scénographie de <strong>Sammy van den Heuvel</strong> concourt à évoquer un monde en reconstruction, en réinvention. Les éléments épars du château – portes, fenêtres&#8230; – sont réutilisés avec beaucoup d&rsquo;humour et d&rsquo;ingéniosité. Passant sans cesse de l&rsquo;horizontale à la verticale, ils composent à plaisir des échappées dérobées sous le plateau et illustrent à nouveau ces notions de secret, de sous-texte, d&rsquo;inconscient qui irrigue toute la proposition du metteur en scène. Cette grande cohérence multiplie les occasions de surprise et de délectation pour le plus blasé des mozartiens.</p>
<p>Les costumes de <strong>Dotje Demuynck</strong> ne disent pas autre chose&nbsp;: les personnages apparaissent d&rsquo;abord en sous-vêtements, dans leur intimité donc, d&rsquo;un endroit où le statut social ne compte pas –&nbsp;ce que l&rsquo;intrigue et les travestissements successifs nous prouveront assez. Dans un second temps, certains éléments comme la redingote du Comte sont encore «&nbsp;faufilés&nbsp;», c&rsquo;est-à-dire, au sens propre, cousus de fil blanc. Quelle jolie manière de qualifier les manœuvres sournoises d&rsquo;Almaviva auxquelles <strong>Kartal</strong> <strong>Karagedik</strong> prête présence et puissance. Le baryton est un habitué de la maison d&rsquo;opéra flamande. Il allie longueur de souffle, unité des registres et belle articulation même dans les graves. Il fait particulièrement merveille dans son air « Vedrò, mentr’io sospiro » ainsi que dans les ensembles.</p>
<p>Il fait jeu égal avec l&rsquo;excellent <strong>Božidar Smiljanić</strong>, Figaro plein d&rsquo;ampleur et de finesse dès son entrée avec « Cinque… dieci » qui propose des jeux de nuances avec l&rsquo;orchestre dans « Non più andrai, farfallone amoroso » d&rsquo;une remarquable intelligence.</p>
<p>Tous deux sont sous le charme de <strong>Maeve Höglund</strong>, magnifique Suzanne au timbre gourmand, charnu qui régale à chacune de ses interventions par sa musicalité, l&rsquo;élégance de son phrasé et le naturel de son émission. A ce titre son «&nbsp;Deh vieni, non tardar&nbsp;» est un modèle de couleurs et de sensualité.</p>
<p>La Comtesse de <strong>Lenneke Ruiten</strong> ne démérite pas même si sa présence et son timbre tiennent plus de la piquante soubrette que de la noblesse attendue du rôle. Les aigus sont un peu tendus&nbsp;; on la préfère dans la seconde partie de son second air «&nbsp;Dove sono i bei momenti&nbsp;», où l&rsquo;émotion l&#8217;emporte sur les écueils techniques.</p>
<p>Bénéficiant elle aussi d&rsquo;une excellente direction d&rsquo;acteur, <strong>Anna Pennisi</strong> complète avantageusement la distribution en Chérubin à la voix claire, au jeu sincère et sans afféterie qui part à la guerre d&rsquo;un coup de canon, comme il s&rsquo;envolerait pour un <em>Voyage</em> <em>dans la Lune</em> d&rsquo;opérette.</p>
<p><strong>Elisa Soster</strong>, pimpante Barberina, est membre du Jeune Ensemble de l&rsquo;Opera Ballet des Flandres, tout comme <strong>Yu-Hsiang Hsieh</strong> et <strong>Reisha Adams</strong> qui campent avec aplomb les avocats de Bartolo et Marcellina dans la scène du procès tirée de la version de Mahler de 1906. Bartolo s&rsquo;étonne ouvertement de ce qu&rsquo;ils chantent en allemand, nouveau clin d&rsquo;oeil au Singspiel et accent reitéré à l&rsquo;orientation clownesque de la soirée qui doit beaucoup au couple hilarant formé par <strong>Stefaan Degand</strong> et <strong>Eva van der</strong> <strong>Gucht</strong>, moins chanteurs qu&rsquo;acteurs.</p>
<p>De manière générale, les personnages secondaires observent souvent l&rsquo;action depuis le bord du plateau, n&rsquo;étant dupes de rien et rajoutant même à la confusion générale tel l&rsquo;hilarant Basilio de <strong>Daniel Arnaldos</strong>, aussi à l&rsquo;aise sur ses hauts talons que dans ses interventions d&rsquo;une voix claire et bien placée.</p>
<p>La représentation donc est volontairement tirée vers la commedia dell&rsquo;arte, l&rsquo;humour, le grotesque. Pourquoi pas, puisqu&rsquo;aucune des autres dimensions de l&rsquo;oeuvre ne disparaît tout à fait et qu&rsquo;ainsi l&rsquo;esprit survit à la lettre de l&rsquo;œuvre.</p>
<p>Encadrant ce plateau vocal d&rsquo;excellente tenue, le <strong>Chœur de l&rsquo;Opera Ballet des Flandres</strong> est impeccable tandis que l&rsquo;<strong>Orchestre</strong> – parfois un peu trop présent, souffrant de quelques accrocs de justesse mais joliment équilibré entre les pupitres –&nbsp;profite de la direction aussi sobre que lisible de <strong>Marie Jacquot</strong>.</p>
<p>Un spectacle à applaudir jusque début juillet à l&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaballet.be/en/programme/season-2022-2023/le-nozze-di-figaro">Opéra d&rsquo;Anvers</a>.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A8716-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-133167" /></figure>
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		<title>BIZET, Les Pêcheurs de perles — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-pecheurs-de-perles-luxembourg-laudace-ne-paye-pas-toujours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 May 2019 05:58:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une production de l’opéra des Flandres de 2018 qui a jeté l’ancre pour deux soirées au Grand Théâtre de Luxembourg, avant de se retrouver à Lille à la saison prochaine. Mal aimé du répertoire, les Pêcheurs de perles ont souvent été moqués pour la pauvreté de leur livret, leur orientalisme de pacotille (alors que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une production de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-pecheurs-de-perles-anvers-plus-on-est-de-warlikowski-plus-on-py">l’opéra des Flandres de 2018</a> qui a jeté l’ancre pour deux soirées au Grand Théâtre de Luxembourg, avant de se retrouver à Lille à la saison prochaine.</p>
<p>Mal aimé du répertoire, les <em>Pêcheurs de perles</em> ont souvent été moqués pour la pauvreté de leur livret, leur orientalisme de pacotille (alors que c’est précisément cet exotisme qui avait séduit le jeune Bizet et le public parisien sous Napoléon III) les références à la religion Brahmane et le caractère fort convenu de la partition. La pièce comprend certes son lot de beaux airs et de thèmes séduisants, mais la qualité globale reste très en deçà de ce que le compositeur allait montrer quelques douze années plus tard dans Carmen.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_34a5339.jpg?itok=4NasZqyC" title="Les danseurs, Stansilav Vorobyov (Nourabad) et Stefano Antonucci (Zurga)" width="468" /><br />
	Les danseurs, Stansilav Vorobyov (Nourabad) et Stefano Antonucci (Zurga) © DR</p>
<p>C’est également une œuvre qui fait rarement l’objet d’une réelle transposition, ce que les équipes du collectif <strong>FC Bergman</strong> ont tenté ici, avec une certaine audace, jugez plutôt : tous les protagonistes sont arrivés au terme de leur existence, ils se retrouvent dans un hospice pour vieillards – sorte de métaphore du rivage ou échouent nos vies &#8211; et revivent par flashbacks l’intrigue amoureuse de leur jeunesse, que le temps n’a pas réussi à apaiser. Chaque personnage est dédoublé, par de jeunes danseurs pour ce qui concerne Leïla et Nadir, et par Nourabad, qui par un audacieux raccourci est ici assimilé ici au jeune Zurga. Et la mort du même Zurga à la fin du spectacle, qui finit en caleçon et liquette dans un des tiroirs de la morgue, et aussi une interprétation très libre du livret, dont la nécessité ne s’imposait sans doute pas. Finies les références à l’Orient, oubliée la religion Brahmane, la dure réalité d’aujourd’hui vous saute aux yeux,  à grand renfort de fauteuils roulants et de déambulateurs, sans plus laisser aucune place au rêve. Est-ce à dire que sous cette forme l’œuvre est mieux équilibrée ? Pas certain !</p>
<p>Le décor est un plateau tournant divisé en trois espaces bien distincts : le réfectoire de l’hospice et son mobilier de formica, une morgue à tiroirs digne des meilleurs feuilletons américains – avec en annexe la chambre de Leïla – et une plage au bord d’un océan déchaîné, grand morceau de virtuosité de carton pâte, du plus bel effet dramatique mais un peu instable, au point qu’on a dû lui mettre un étai de chantier pour assurer la sécurité des chanteurs.</p>
<p>Le réalisme flamand qu’on sent ici très présent ne nous épargne ni les corps abîmés par le temps ni les détails sordides de la vie à l’hospice, de sorte que le beau duo d’amour entre Leïla et Nadir ( « Ô doux moments ») doublé d’une chorégraphie très tendre entre leurs juvéniles avatars, apparaît comme une bouffée d’air frais et de charme dans un univers sans concession.</p>
<p>Cette transposition fonctionnerait sans doute assez bien avec une intrigue plus structurée et plus fournie mais on ne peut s’empêcher de penser que ce livret-ci n’en demande pas tant, et qu’au lieu de le renforcer, la mise en scène en révèle plutôt les faiblesses.</p>
<p>La déception vient aussi des chanteurs, même si la soprano péterbourgeoise <strong>Elena Tsallagova</strong> livre une très belle prestation dans le rôle de Leïla : la voix est grande et belle, avec un vibrato serré, la diction française pas mauvaise, elle est une des sopranos dont la carrière se développe internationalement avec beaucoup de succès. Mais le reste de la distribution n’est pas à la hauteur. Le ténor américain <strong>Charles Workman</strong> n’a plus tout à fait dans la voix la souplesse qu’il faudrait pour chanter confortablement le rôle exigeant de Nadir ; l’émission recule assez souvent entrainant des disparités de couleur, les attaques dans l’aigu, qu’il prend en force, sont incertaines, tendues et peu libres. Cela s’améliore un peu au fil de la représentation, lorsque le chanteur allège enfin la voix dans le fameux air « Je crois entendre encore », que tout le monde attend. Pas vraiment satisfaisant non plus, le Zorga de <strong>Stefano Antonucci</strong> qui accuse peut-être les effets de l’âge. La voix chevrote, les aigus sont poussifs, l’émission est instable. Le manque d’équilibre avec la soprano se fait fort ressentir dans le beau duo « Je frémis, je chancelle », que Leïla domine largement. La basse <strong>Stanislav Vorobyov</strong> quant à lui, livre une honnête prestation dans le court rôle de Nourabad. Tout cela reste professionnel, bien sur, mais pas réellement satisfaisant pour une oreille exigeante.</p>
<p>Chœur et orchestre, sous la baguette de <strong>Jan Schweiger</strong> se débrouillent plutôt bien, mais sans éclat particulier.</p>
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