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	<title>Eva JOHANSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Eva JOHANSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Elektra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monsieur-propre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Oct 2012 20:23:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  En général, avec Martin Kušej, on sait à quoi s’attendre : tout opéra mis en scène par lui inclura presque nécessairement un moment de violence, et un épisode de souillure quasi rituelle. Alors, avec Elektra, on se dit qu’il va pouvoir s’en donner à cœur joie : la fille d’Agamemnon se roulera dans la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			En général, avec <strong>Martin Kušej</strong>, on sait à quoi s’attendre : tout opéra mis en scène par lui inclura presque nécessairement un moment de violence, et un épisode de souillure quasi rituelle. Alors, avec <em>Elektra</em>, on se dit qu’il va pouvoir s’en donner à cœur joie : la fille d’Agamemnon se roulera dans la fange, Egisthe sera débité sur scène comme un porc engraissé, et à la fin tout le monde pataugera dans l’hémoglobine. Sauf que non. Pas du tout. Ç’aurait été trop facile, surtout avec des répliques comme celle de Chrysothémis : « Dans toutes les cours gisent des morts, tous les vivants sont tachés de sang et ont eux-mêmes des plaies »… Du coup, l’imprévisible Martin Kušej révèle soudain un autre visage et devient Monsieur Propre. Pas une tache, pas une trace de saleté dans cette production. Le palais de Mycènes est pourtant le théâtre d’orgies régulières, et la scène nous montre en quelque sorte l’envers du décor, les coulisses, couloir grisâtre percé de portes capitonnées qui s’ouvrent sur un monde baigné dans une lumière aveuglante. Dans cet espace au sol vallonné et recouvert d’épaisseurs de feutre gris, les « servantes » viennent enfiler leurs tenues de soubrettes, sans oublier les menottes et autres cravaches qui leur permettront d’accomplir des tâches dont on devine qu’elles n’ont rien de bien ménagères. Quand à la pièce blanche sur laquelle donnent les portes de ce corridor sombre, elle est peuplée par les convives d’Egisthe et Clytemnestre, une foule de figurants en costume gris qui traversent régulièrement la scène, tels les danseurs d’un ballet de Pina Bausch, ôtant peu à peu leurs vêtements jusqu’à une nudité quasi-totale. Seule salissure (blanche) dans cet univers propre : on se poursuit en s’aspergeant à l’aide d’une brique de lait, semble-t-il. Puis l’on s’écroule, mort de fatigue ou d’avoir pris une des balles qu’Egisthe vient tire (en silence) sur la foule, comme pour un <em>snuff movie</em>. A la fin, en vêtements blancs, ces mêmes figurants/choristes accueilleront le retour d’Oreste et la délivrance qu’il apporte.</p>
<p>
			Dans cet univers où tous les fantasmes doivent pouvoir trouver satisfaction, Egisthe est un gros balourd dont le cou s’orne de chaînes d’or on ne peut plus bling-bling. <strong>Rudolf Schasching</strong> est le point faible de la distribution : le peu qu’il a à chanter paraît étouffé, peu sonore, et l’on ne regrette pas que le pleutre meure aussitôt après. Oreste se situe bien au-dessus, mais <strong>Alfred Muff</strong>, un des piliers de l’opéra de Zurich, est un frère visiblement beaucoup plus âgé que ses deux sœurs ; la voix est néanmoins très présente, bien qu’elle soit plus mûre que ce qu’on attend pour ce jeune héros. Heureusement, le trio de voix féminines nous propulse à une altitude différente. Toute de blanc vêtue, quasi mariale dans sa première et sa dernière apparition, <strong>Melanie Diener</strong> est une très belle Chrysothémis, aux regards de biche effarouchée (peut-être un peu trop souvent tournés vers le chef) mais à la voix très pure, comme il se doit pour ce personnage. Avec son sweat à capuchon et son pantalon baggy, <strong>Eva</strong> <strong>Johansson </strong>est accoutrée comme une ado de banlieue, à l’image de la rebelle qu’elle est au milieu de toute cette débauche sophistiquée. Ses grimaces, l’œil torve qu’elle fixe tantôt sur le public, tantôt sur ses partenaires, tout cela fait vivre une héroïne crédible dans son extrémisme même. Vocalement, cette Elektra-là ne crie jamais ses aigus, elle ne se laisse jamais couvrir par l’orchestre, sauf dans le bas de la tessiture, que l’on pourrait souhaiter plus mordant. Elle trouve une digne réplique dans la formidable Clytemnestre de <strong>Marjana Lipovšek</strong>, vieille matrone obsédée par ses démons. On ne voit plus guère la mezzo slovène sur les scènes, mais elle semble en pleine possession de ses moyens, et l’espace d’une scène, on ne voit plus qu’elle. Sous la baguette de <strong>Christoph von Dohnanyi</strong>, l’orchestre de l’opéra de Zurich fait des merveilles, et l’on ne perd pas une miette des mille détails d’une orchestration plus qu’opulente. Précisons que cette captation, réalisée en 2005, avait précédemment été commercialisée par TDK.</p>
<p>			 </p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
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		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen&#124;Das Rheingold&#124;Die Walküre&#124;Siegfried&#124;Götterdämmerung — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-seule-brunnhilde-vous-manque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Hondermarck]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2011 20:08:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entamé en 2007 et présenté désormais chaque saison sous forme de cycle, le récent Ring du Wiener Staatsoper a derrière lui un très lourd héritage : la mise en scène originale de Wagner jouée dès 1877 ; les directions successives de Hans Richter, Gustav Mahler, Wilhelm Fürtwangler, Herbert von Karajan ; enfin la nuée des grandes voix, parmi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Entamé en 2007 et présenté désormais chaque saison sous forme de cycle, le récent <em>Ring</em> du Wiener Staatsoper a derrière lui un très lourd héritage : la mise en scène originale de Wagner jouée dès 1877 ; les directions successives de Hans Richter, Gustav Mahler, Wilhelm Fürtwangler, Herbert von Karajan ; enfin la nuée des grandes voix, parmi lesquelles Lotte Lehmann, Hans Hotter, Birgit Nilsson, Placido Domingo, Waltraud Meier, Brigitte Fassbaender, Peter Schreier, Wolfgang Windgassen et Siegfried Jerusalem. Dans ces conditions, comment présenter un nouveau <em>Ring</em> qui ne vise ni trop petit (au risque d’être oublié) ni trop grand (au risque d’être prétentieux) ?</p>
<p> </p>
<p>Ioan Holender, prédécesseur de Dominique Meyer, avait visé juste en confiant la régie à l’homme de théâtre allemand <strong>Sven-Eric Bechtolf</strong> et en engageant avec un bonheur presque égal une nouvelle génération de chanteurs wagnériens, la plupart reprenant leur rôle cette saison. Le travail du metteur en scène, aperçu en début de saison avec <em>Cardillac</em> (cf. <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2084&amp;cntnt01returnid=54">notre compte-rendu</a>) est sans doute de ceux qui ne font aujourd’hui plus beaucoup de vagues, même à Vienne ; il n’en garde pas moins toute sa force et toute son efficacité. Pas de révolution interprétative ni de grande intuition dramaturgique : le traitement du livret, sans être naturaliste, est limpide. Misant davantage sur la lumière que sur les décors, Sven-Eric Bechtolf nous offre des images magnifiques. La montée au Walhalla de <em>L’Or du Rhin</em> en ombres chinoises, l’hologramme d’un loup courant sur les murs de la maison de Hunding dans <em>La Walkyrie</em>, le dragon numérique que terrasse <em>Siegfried</em>, finalement le fascinant tourbillon lumineux du <em>Crépuscule des Dieux</em>. Pas de fil conducteur ou de ciment esthétique donc, seule l’opposition chromatique entre l’atmosphère laiteuse du prologue et la perpétuelle obscurité des trois journées nous rappelle la lente descente d’un monde de dieux à un monde d’hommes. Surtout, c’est la force d’une direction d’acteurs jamais pesante qui anime ce <em>Ring</em> : la distribution n’a pratiquement pas changé depuis ses débuts, si bien que le jeu paraît instinctif, les placements jamais hasardeux. Privilège d’une équipe homogène et connivente, si rare dans un théâtre de répertoire comme l’Opéra de Vienne.</p>
<p> </p>
<p>D’aucuns diront que le plateau vocal a les défauts de cette qualité, que l’on a sacrifié les grandes voix sur l’autel de la (relative) modestie. L’affiche est incontestablement moins aguicheuse par exemple que celle de New York et son déferlement de stars. Les membres de la troupe – tous excellents – complètent une distribution de chanteurs invités qui touche, à peu de choses près, à l’idéal. Un idéal atteint par <em>L’Or du Rhin</em>. Le prologue pris isolément, restera certainement comme la plus belle soirée de cette saison viennoise. Une mention spéciale au Loge d’anthologie d’<strong>Adrian Eröd</strong>, doté d’un matériau vocal sans imperfections et d’une présence scénique lumineuse, qui vaut à lui seul le déplacement. <strong>Juha Uusitalo</strong> a pour principal ennemi le temps : son Wotan dans <em>L’Or du Rhin</em> aurait eu besoin d’un entracte pour nous séduire totalement ; celui des deux volets suivants s’épanouit dans une prestation captivante et nuancée. Sombre et belle Erda <strong>d’Anna Larsson</strong>, peut-être plus à l’aise dans <em>Siegfried</em> que dans le difficile monologue de <em>L’Or du Rhin</em>. Très beau couple incestueux : une <strong>Edith Haller</strong> quelque peu effacée mais très élégante de timbre, et un <strong>Christopher Ventris</strong> à l’impressionnante projection. Même tenue enfin pour les personnages « d’en bas », notamment le vivifiant Alberich de <strong>Tomasz Konieczny</strong>, qui s’éloigne des poncifs du nain cupide et lourdaud. La scène nocturne qui lui fait rencontrer et sermonner son fils Hagen (magistral <strong>Eric Halfvarson</strong>) dans <em>Le Crépuscule des Dieux</em> est l’un des sommets théâtraux de ces quatre soirées.</p>
<p> </p>
<p><strong>Stephen Gould</strong>, en Siegfried, ne nous a pas convaincu à la hauteur de sa renommée : peut-être attendions-nous un timbre moins clair et une caractérisation scénique plus héroïque que picaresque. Ces remarques posées, il faut lui reconnaître une vaillance et un engagement remarquables. Le véritable problème provient de la Brünnhilde d’<strong>Eva Johansson</strong>. Aux premières notes, l’on croit d’abord à un remplacement de dernière minute. Non, non : le programme de salle nous apprend même que la soprano danoise a assuré la création de cette production du <em>Ring</em>. Difficile à croire, tant la ligne est étriquée, le timbre acide et – nous le disons à contrecœur – la voix à maintes reprises dans le faux. Une seule Brünnhilde vous manque, et tout le Walhalla est dépeuplé.</p>
<p> </p>
<p>Ne nous arrêtons pas à cette erreur (?) de distribution. Au bout de cette aventure d’une semaine, c’est de la sublime <strong>Michaela Schuster</strong> que l’on se souviendra, sans aucun doute la voix féminine la plus convaincante de ce cycle. Elle interprète une Fricka puis une Waltraute d’égale émotion : elle est bouleversante de mélancolie et de dignité. C’est dire l’Immense regret que nous inspire sa quasi absence des scènes extra-germaniques.</p>
<p> </p>
<p>Côté fosse, c’est le « Generalmusikdirektor » <strong>Franz Welser-Möst</strong> qui devait assurer la reprise de l’intégralité de ce <em>Ring</em>. Successivement annoncé souffrant pour les trois premiers volets, il est remplacé par l’excellent <strong>Adam Fischer</strong>, qui élève l’Orchestre de l’Opéra de Vienne à des hauteurs symphoniques. Le retour de <strong>Welser-Möst </strong>pour <em>Götterdämmerung</em> fait exulter le public viennois ; nous, un peu moins. Avec sa direction terne et ensommeillée, c’est le<em> burn-out</em> plutôt que l’embrasement qui nous guette à l’heure du grand bûcher.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung — Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vision-du-sublime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Schuwey]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 22:59:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait évoqué dans la précédente critique de Siegfried les risques qui guettaient le final de ce Ring de Zürich. On s’y rendait donc quelque peu inquiet. Pour la mise en scène tout d’abord, mais aussi pour les chanteurs, notamment Eva Johannson, qui n’avait pas du tout su convaincre dans le volet précédent. Pourtant, avant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          On avait évoqué dans la <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=809&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">précédente critique de <em>Siegfried</em></a> les risques qui guettaient le final de ce <em>Ring </em>de Zürich. On s’y rendait donc quelque peu inquiet. Pour la mise en scène tout d’abord, mais aussi pour les chanteurs, notamment Eva Johannson, qui n’avait pas du tout su convaincre dans le volet précédent. Pourtant, avant même que la lumière ne se tamisât, et tandis que le brouhaha des spectateurs était à son comble, quelque chose d’étrange flottait dans l’air. La calme et profonde intuition qu’on allait assister à quelque chose d’immense&#8230; à la fin des dieux, à la naissance d’un monde.</p>
<p>   </p>
<p>Le grand lustre de l’opéra s’éteint&#8230; Philippe Jordan entre, sous un tonnerre d’applaudissement. Et puis&#8230; et puis ce premier accord, signal, réveil ; et c’est un monde entier qui se lève. L’éclairage change au fil des accords, passant par de magnifiques dégradés. Trois nornes, prisonnières d’une seule robe, vocalement plus qu’exemplaires, forment une roue, puis disparaissent. Le crépuscule des dieux commence au lever du jour&#8230;</p>
<p>   </p>
<p>On croit rêver, tant il semble que <strong>Robert Wilson</strong> ait revu (ou simplement vu) sa copie. Là où dans les autres volets de la tétralogie on avait, en somme, une a deux grandes idées par acte et longues scènes vraiment&#8230; longues, ce sont ici des propositions toutes plus belles les unes que les autres qui s&rsquo;enchaînent. Séparation des espaces, éclairage sans cesse changeant: presque tout n’est que brillante réussite. La scène du premier acte au palais des Gibichung est d’une intensité fascinante, les trois personnages débutant chacun adossés à un mur, trinité corrompue et impressionnante, évoluant avec sens et esthétique, dévoilée par une palette d’éclairages d’une extrême pertinence. Car c’est bien cette myriade d’éclairages, possibilité entrevue mais sous-exploitée dans les précédents épisodes, qui fait la force réelle de la mise en scène du <em>Götterdämmerung</em>. Et puis, il y a ce dernier acte, qu’il faut vous raconter. Vous parler du meurtre de Siegfried, de la main d’un Hagen d’une cruauté absolue qui, étonnamment pour cette production, touche véritablement le héros de sa lance affreuse. Vous parler d’une salle bouleversée, contemplant ce dernier, étendu au sol et qui, au fil de sa marche funèbre se relève, se dirige vers une lumière vraie, timides rayons de soleils parsemés de poussières&#8230; Parler enfin de ce monologue, où Brünnhilde tétanise un public subjugué, avant de rejoindre son amant dans la mort, et de cette scène finale, inondée de lumière, portail d’éternité&#8230; Un monde a pris fin, un autre naît. Une lumière d’espoir s’est levée sur le corps des deux amants&#8230; une vision d’absolu.</p>
<p>   </p>
<p>Et que dire de l’excellence vocale offerte tout au long de ce grand final. On gagne au change pour Siegfried, avec <strong>Rudolf Schasching</strong>, Heldenténor de grande classe, qui, sans avoir véritablement le physique juvénile du personnage, propose à la fois une voix de qualité et une interprétation d’une grande intelligence. Nos excuses à <strong>Eva Johannson</strong> pour avoir douté d’elle ; bien qu’elle nous ait à nouveau inquiété en début d’opéra par ses glissandos monstrueux et son vibrato incontrolable, ces défauts agaçants se sont très rapidement corrigés, pour nous offrir une Brünnhilde d’une classe absolue, dont le monologue final restera sans hésiter comme un des plus beaux que nous ayons entendu jusqu’à ce jour. <strong>Matti Salminen</strong> campe, bien évidemment, un Hagen de tous les superlatifs. <strong>Cheyne Davidson</strong> est un Gunther d’une intensité et d’une classe rares, tandis que sa soeur, incarnée par <strong>Sandra Tattnigg</strong> est une victime bouleversante. On apprécie aussi la profonde et musicale Waltraute de <strong>Cornelia Kallisch</strong>, pourtant annoncée comme malade. Mais le roi de ce <em>Ring</em>, la révélation &#8211; pour nous &#8211; de cette tétralogie, encensé à chaque, fois, se surpassant un peu plus à chaque épisode, pour un final époustouflant, sera sans aucun doute <strong>Philippe Jordan</strong> et sa direction d’orchestre vertigineuse, étourdissante, qu’on ne saurait assez louer. Vivement un <em>Ring </em>de ce chef au disque !</p>
<p> </p>
<p>Dressons un court bilan global au terme de cette tétralogie, production de 2001 réutilisée pour cette saison à l’opéra de Zürich. Si les chanteurs furent la plupart du temps excellents, la mise en scène aura été nettement plus inégale. L’excellence de ce dernier volet a deux effets contradictoires sur la perception des épisodes précédents : d’un côté, il les fait paraître un peu brouillons, pauvres ; de l’autre, la pertinence de ce <em>Götterdämmerung</em>, à la manière d’une apothéose, rehausse rétrospectivement leur intérêt, les justifiant en partie. Le <em>Ring </em>de Wilson aura su, finalement, convaincre d’une bien belle manière ; quoi de plus beau, en effet que de terminer par une vision du <em>sublime </em>?</p>
<p> </p>
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		<title>Die Walküre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/comment-resister-a-westbroek/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 22:31:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tandis que L&#8217;Or du Rhin et Siegfried selon Simon Rattle furent dûment enregistrés par Radio Classique, La Walkyrie eut, seule, les honneurs d’une retransmission sur Arte. Le présent DVD, qui reprend cette captation, demeurera peut-être le seul témoin visuel du Ring Aixo-Salzbourgeois dans lequel s’aventure, pour la première fois depuis les années Karajan, le Philharmonique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Tandis que <em>L&rsquo;Or du Rhin</em> et Siegfried selon Simon Rattle furent dûment enregistrés par Radio Classique, <em>La Walkyrie</em> eut, seule, les honneurs d’une retransmission sur Arte. Le présent DVD, qui reprend cette captation, demeurera peut-être le seul témoin visuel du Ring Aixo-Salzbourgeois dans lequel s’aventure, pour la première fois depuis les années Karajan, le Philharmonique de Berlin. Inquiétude légitime, si ce seul DVD devait refléter à lui seul la totalité de cette formidable aventure, qui donnera à certains l’opportunité de se morfondre en maudissant les Dieux du Walhalla télévisuel et, à ceux qui préfèrent voir le verre à moitié plein (ou au quart plein, s’agissant d’une seule partie de <em>La Tétralogie</em>), une excellente occasion de profiter de cette première journée avec un plaisir immodéré. Assurément, ces derniers auront raison de se réjouir, tant le reflet de ces soirées aixoises rend optimiste le plus sceptique des téléspectateurs.</p>
<p>
Optimisme depuis la fosse, en particulier : parfois décrié par la presse allemande qui lui préfère Thielemann, <strong>sir Simon Rattle</strong> embarque ses musiciens berlinois dans une formidable épopée. La sèche nervosité des cordes et des percussions nous projette directement vers la tragique issue qui attend Siegmund et qui, à terme, va conduire au crépuscule des Dieux. Cette rigueur implacable s’accompagne de bois et de cuivres incroyablement fruités, d’une richesse de couleurs inégalée. L’orchestre est alors à son meilleur, à chaque instant de la soirée : les passages les plus énergiques sont animés d’un rythme irrésistible, tandis que les fameux « tunnels » wagnériens, où s’égarent tant de chefs de la veine « théâtrale », sont l’occasion de dévoiler les beautés plastiques d’un orchestre qui joue mieux que quiconque du mariage des timbres. Dans l’action comme dans la contemplation, Rattle et ses Berliner sont absolument insurpassables, et donnent à entendre un « wagnérisme » parmi les plus excitants et les plus brillants jamais osés.</p>
<p>Optimisme aussi pour le chant wagnérien : comment pourrait-on le croire moribond, alors qu’une trentenaire, <strong>Eva Maria Westbroek</strong>, se hisse sans peine au niveau des plus grandes Sieglinde ? Le timbre, d’une saveur laiteuse, est porté à bout de bras par une vocalité hors norme, capable de contenir fermement la flamme d’une ligne de chant miraculeuse, qu’aucun saut d’octave, qu’aucun obstacle technique ne semble pouvoir rompre. Dès lors, l’abandon, sensuel et tendre, d’un personnage délicieusement femme-enfant s’exprime avec une liberté sans égale. Le Wotan de <strong>Willard White</strong>, colosse aux pieds d’argile qui, par orgueil, devient toujours plus élégant au fur et à mesure que le monde qu’il contrôle lui échappe, se situerait presque sur les mêmes hauteurs ; trois décennies d’une carrière sans complaisance ont peut-être altéré la vaillance du chanteur, la force des coups d’éclats du vocaliste, mais pas le raffinement du musicien, dispensant sur un <em>legato</em> intact un timbre dont les teintes moirées nous bouleversent encore. <strong>Eva Johansson</strong> comme <strong>Robert Gambill</strong> sont moins vénérables : on n’en admire pas moins cette walkyrie joviale, au regard mutin et au timbre tranchant, et ce Siegmund élégiaque et poète, tout entier consacré à la dame de son cœur. Les deux « mal-aimés » de la Walkyrie, Fricka et Hunding, sont interprétés par <strong>Lilli Paasikivi</strong> et<strong> Mikhail Petrenko</strong>. Déjà formidable dans <em>L’Or du Rhin</em>, la mezzo finnoise dessine une politicienne aguerrie, au verbe perçant sous son ample voix, tandis que la basse russe, bien connue des spectateurs de l’Opéra de Paris, fait entendre une timbre dont les harmoniques éblouissent, mais dont les accents n’effraient pas. Les huit walkyries, aidées par la vivacité sans lourdeur que leur prodigue Rattle, pépient dans une chevauchée qui (Dieu soit loué !) évoque davantage un vol d’oiseaux de proie qu’une marche des éléphants.</p>
<p>Optimisme, enfin, pour la mise en scène, même s’il s’agit de l’aspect le plus contestable de cette production. Braunschweig semble ici moins inspiré que par la peinture des relations de domination offertes par <em>L’Or du Rhin</em>, et propose une approche somme toute assez linéaire, qui évacue la dimension mythologique et grandiose de <em>la Walkyrie</em>. La guerre d’intérêts entre Wotan et Fricka, au deuxième acte, en est l’exemple le plus frappant, qui évoque surtout la dispute d’un couple de grands bourgeois fatigués. Qui plus est, ce sage spectacle ne propose qu’une direction d’acteur claire et nette, où les non-dits, les tensions sous-jacentes et les gestes révélant, comme autant de lapsus, des pulsions inavouables, nous manquent. Mais Braunschweig sait tirer profit de cette limpidité, qui finit par exposer crûment la psychologie des personnages : ainsi la bataille Siegmund/Brünnhilde contre Hunding/Wotan, à la fin du II, est vécue comme un songe de Sieglinde, juste après que celle-ci a rêvé de sa mère. La confrontation père/fille, surtout, à la fin du III, fascine : Wotan y est présenté déchiré entre deux parties de lui-même et, pis, réalise que la partie la plus authentique, la plus sincère, est incarnée par sa fille, et non par sa propre personne… Ce Wagner regardé par le prisme de Freud n’est pas un contresens, tant les rapports entre les personnages, dans <em>le Ring,</em> révèlent les affinités qu’éprouvait le compositeur avec ce qui ne s’appelait pas encore psychanalyse. Mieux, il permet à Stéphane Braunschweig de venir à bout de l’œuvre sans être jamais déshonorant, et sans provocation gratuite… Les quelques huées que l’on peut percevoir au moment des saluts nous semblent alors injustifiées, et injustifiables.</p>
<p>Les Ring en DVD ne manquent pas : il faut à toute fin connaître le travail du tandem Boulez/Chéreau à Bayreuth et, au même endroit quelques années plus tard, l’équipe de choc formée par Barenboïm et Kupfer. Il faut connaître les excellents cast de James Levine au Met, et l’intelligence fantaisiste de la production Haenchen/Audi,… et il faudra compter, désormais, avec cette <em>Walkyrie </em>(suivie, souhaitons-le, des trois autres parties), qui réunit sans doute ce que l’on peut faire de mieux aujourd’hui sur les plans vocal et orchestral, en y ajoutant (bienfait non négligeable) une mise en scène sans fulgurance, mais qui ne manque n’y d’à propos ni de cohérence… Un nouveau must pour tous les wagnérophiles !</p>
<p><strong>Clément Taillia</strong></p>
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