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	<title>John PRITCHARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 15 Sep 2025 13:37:59 +0000</lastBuildDate>
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	<title>John PRITCHARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Joan Sutherland, The Complete Decca Recordings, Operas 1959 &#8211; 1970</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1959-1970/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 21:27:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour notre plus grand bonheur, Decca réédite sous forme d&#8217;un superbe coffret (avec pochettes d&#8217;origine) les intégrales lyriques de la Stupenda originellement enregistrées entre 1959 et 1970. Une occasion de découvrir ou de redécouvrir l&#8217;une des plus grandes artistes de tous les temps. La compilation s&#8217;ouvre avec un enregistrement sur le vif d&#8217;Alcina en 1959 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour notre plus grand bonheur, Decca réédite sous forme d&rsquo;un superbe coffret (avec pochettes d&rsquo;origine) les intégrales lyriques de la <em>Stupenda</em> originellement enregistrées entre 1959 et 1970. Une occasion de découvrir ou de redécouvrir l&rsquo;une des plus grandes artistes de tous les temps.</p>
<p>La compilation s&rsquo;ouvre avec un enregistrement sur le vif d&rsquo;<em>Alcina</em> en 1959 qui n&rsquo;a été mis que tardivement au catalogue officiel (Melodram, éditeur spécialisé à l&rsquo;époque dans les <em>« </em>pirates <em>»</em>, avait toutefois publié la bande radio dans les années 80). L&rsquo;enregistrement mono est d&rsquo;une qualité sonore très correcte, avec des voix très présentes. Créée en 1954, la <strong>Cappella Coloniensis</strong> fut l&rsquo;une des premières grandes formations à aborder les ouvrages baroques dans une optique d’interprétation historiquement informée. Le diapason est ainsi à 415 Hz. <strong>Ferdinand Leitner</strong> la dirige toutefois avec une componction un peu datée pour nos oreilles modernes. Les coupures sont nombreuses (une bonne demi-heure de musique), les <em>da capo</em> limités, les variations basiques et le suraigus absents. <strong>Joan Sutherland</strong>, appelée au dernier moment à remplacer une collègue insuffisante, y déploie une voix souple et colorée, assortie d&rsquo;une technique impeccable, mais sans véritable occasion de briller. Son <em>« </em>Tornami a vagheggiar <em>»</em> d&rsquo;une exceptionnelle légèreté, reste toutefois un merveilleux moment, tandis que son <em>«  </em>Ah! mio cor! Schernito sei! <em>» </em>témoigne de sa capacité à faire passer une émotion tout en finesse. Ses élans de colère dans « Ah! Ruggiero, crudel » (avant un « Ombre palide » plus classique) préfigurent déjà ceux de Norma. La prononciation est très correcte. On reprochera plus tard à la diva australienne de chanter avec une patate chaude dans la bouche : nous en sommes loin. En Ruggiero, <strong>Fritz Wunderlich</strong> est une double curiosité. Le rôle avait été écrit pour le castrat Giovanni Carestini : il est généralement défendu par des mezzo-sopranos à l&rsquo;époque moderne.  Le ténor allemand est donc obligé d&rsquo;adapter la partition à sa voix, avec par exemple des transpositions à l&rsquo;octave, tessiture quasi barytonnale qui ne met pas toujours en valeur la brillance légendaire de sa voix. La technique reste impeccable, avec des vocalises fort bien exécutées (son « Sta nell&rsquo;ircana pietrosa tana » nous fait toutefois oublier nos habitude d&rsquo;écoute !). La performance est d&rsquo;autant plus remarquable que celui-ci, dit-on, découvrait la partition : <strong>Nicola Monti</strong>, qui devait chanter le rôle de Ruggiero, avait en effet appris celui d&rsquo;Oronte (!) (vrai rôle de ténor) qu&rsquo;il chante d&rsquo;ailleurs excellemment, dans une combinaison de voix de tête et de poitrine. L&rsquo;enregistrement est également une occasion de découvrir de bons chanteurs méconnus comme <strong>Thomas Hemsley</strong>, <strong>Norma Procter</strong>, très beau contralto, ou encore <strong>Jeannette van Dijck</strong> d&rsquo;une grande sensibilité dramatique. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;enregistrement est finalement plaisant, mais pour apprécier cette curiosité, il faudra toutefois mettre ses préjugés au vestiaire.</p>
<p><em>Acis and Galatea </em>contraste instantanément par la qualité sonore de l&rsquo;enregistrement, marque de fabrique de Decca. Spécialiste de la musique britannique, mais pas du baroque, <strong>Adrian Boult</strong> manque de légèreté pour la partie qui précède le dénouement tragique. Ainsi dirigée, <strong>Joan Sutherland</strong> est un peu placide. Spontanément associé aux compositions de Benjamin Britten, on n&rsquo;attendait pas nécessairement <strong>Peter Pears</strong> dans ce répertoire. La voix sonne jeune, les vocalises sont réussies : on pourra émettre des réserves de puristes sur le style mais l&rsquo;interprétation est largement convaincante.</p>
<p>On ne présente plus le <em>Don</em> <em>Giovanni</em> de <strong>Carlo Maria Giulini</strong>, assez universellement salué comme l&rsquo;un des monuments de l&rsquo;histoire du disque et figurant régulièrement dans les recommandations de <em>discothèque idéale</em>. Giulini fut pourtant un choix par défaut : Thomas Beecham refusa la proposition de diriger le chef-d&rsquo;œuvre de Mozart,  puis Klemperer renonça après quelques séances pour raisons de santé. La direction est typique de l&rsquo;époque, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;elle tire l&rsquo;ouvrage vers le romantisme, mais sans oublier le versant <em>giocoso</em> du drame, dans une conception parfaitement équilibrée. Bien oublié aujourd&rsquo;hui, <strong>Eberhard Wächter</strong> est l&rsquo;un des meilleurs Don Giovanni de son époque (et un excellent interprète dans l&rsquo;absolu), alternant virilité et suavité, toujours virevoltant, colorant finement chaque mot dans toute une palette d&rsquo;expressions. La voix est assez claire et l&rsquo;émission parfois un peu rocailleuse. Le Leporello de <strong>Giuseppe Taddei</strong> n&rsquo;a pas la plus belle voix du monde, mais lui aussi sait faire un sort à chaque mot dans une interprétation absolument réjouissante. <strong>Luigi Alva</strong> offre un Don Ottavio un peu trop propret et on a souvent entendu mieux depuis. <strong>Piero Cappuccilli</strong> ne fait qu&rsquo;une bouchée du rôle de Masetto avec une interprétation très drôle du jeune homme un peu rustaud. <strong>Gottlob Frick</strong> n&rsquo;est pas le roi du beau chant, avec une émission parfois étonnante, des erreurs de prononciation, et son Commendatore n&rsquo;est pas vraiment impressionnant. <strong>Joan Sutherland</strong>, dans une de ses trop rares incursions dans le répertoire mozartien, remet les pendules salzbourgeoises à l&rsquo;heure : sa Donna Anna est juvénile et vive, une vraie jeune fille, la perfection technique se faisant ici oublier. <strong>Elisabeth Schwarzkopf</strong> atteint également la perfection en Donna Elvira, ardente et passionnée, toujours juste. <strong>Graziella Sciutti</strong> est une Zerlina au timbre riche et pleine de délicatesse, mais au chant un peu vieillot. Le <em>continuo</em> (Heinrich Schmidt) est plein de verve. La version choisie est la version « traditionnelle », c&rsquo;est-à-dire celle de Prague, avec l&rsquo;ajout des airs de Vienne d&rsquo;Ottavio et d&rsquo;Elvira. Au global, l&rsquo;enregistrement a plutôt bien résisté à l&rsquo;épreuve du temps, mais, dussions-nous risquer les foudres du Commendatore, son positionnement au sommet de la discographie nous semble aujourd&rsquo;hui à relativiser.</p>
<p>Pilier du Met et voix de stentor, <strong>Cornell MacNeil</strong> a finalement peu enregistré. Son Rigoletto est ici heureusement préservé, témoignant d&rsquo;une conception intelligente du personnage. <strong>Cesare Siepi</strong> est un Sparafucile de luxe, presque aristocratique. Pour son premier enregistrement studio du rôle, <strong>Joan Sutherland</strong> est une Gilda à craquer, d&rsquo;une émotion à fleur de peau. Le soprano sait alléger son instrument pour nous faire croire à son personnage de jeune fille. En revanche, la prononciation commence à être sacrifiée au profit de la beauté du son. Quelques contre-notes non écrites viennent appuyer le drame : outre le classique mi bémol du duo avec Rigoletto (qui, lui, donne un la bémol), un contre ut dièse à la fin du quatuor et un contre ré dans la scène de la tempête, juste avant de recevoir le coup de poignard (à la scène Sutherland faisait simultanément un lent signe de croix avant d&rsquo;entrer pour son sacrifice : frisson garanti). <strong>Renato</strong> <strong>Cioni</strong> est un Duc de Mantoue plutôt étriqué. Il est un peu submergé par Sutherland à la fin de leur duo. Sa cabalette (régulièrement coupée à l&rsquo;époque, même au disque) est rétablie, mais sans contre-ré final. La battue de <strong>Nino Sanzogno</strong> est légère et théâtrale. La prise de son, bien équilibrée, renforce cette théâtralité.</p>
<p>Le premier enregistrement de<em> Lucia du Lammermoor</em> offre peu ou prou les mêmes qualités et les quelques rares défauts que ce <em>Rigoletto</em>. La Lucia de <strong>Joan Sutherland</strong> est déjà une légende à laquelle il ne manque rien, pour un personnage qui sera l&rsquo;un de ses rôles fétiches pendant des décennies. Autre baryton américain (mais qu&rsquo;on pourrait prendre pour un chanteur italien), <strong>Robert Merrill</strong> offre un chant élégant allié à des moyens naturels impressionnants et un timbre riche de couleurs. <strong>Cesare Siepi</strong> est l&rsquo;un des meilleurs Raimondo de la discographie. Moins sollicité dans l&rsquo;aigu, <strong>Renato</strong> <strong>Cioni</strong> est plus convaincant qu&rsquo;en Duc de Mantoue. La version rouvre la plupart des coupures de l&rsquo;époque : reprise et strette de la cabalette d&rsquo;Enrico (mais sans variations), duo Lucia / Raimondo, scène de la tour de Wolferag. Le duo Enrico / Lucia est dans la tonalité basse classique (un demi ton plus bas que la version d&rsquo;origine). La direction de <strong>John</strong> <strong>Pritchard</strong> est attentive, légère, là encore théâtrale.</p>
<p>Pour sa seconde <em>Alcina</em>,<strong> Joan Sutherland</strong> est nettement mieux entourée et la prise de son est exemplaire. L&rsquo;enregistrement fit longtemps figure de référence avant d&rsquo;être dépassé par la révolution de l&rsquo;interprétation historiquement documentée. Les coupures restent nombreuses. L&rsquo;art vocal de Sutherland est à son sommet mais la beauté du chant prime largement sur l&rsquo;engagement dramatique. Avec <strong>Teresa</strong> <strong>Berganza</strong>, Ruggiero retrouve sa tessiture originale (à défaut de castrat, mais on n&rsquo;a pas trouvé de volontaires) et une vraie technique belcantiste, ce qu&rsquo;on aurait un peu tendance à oublier en raison de sa Carmen qui a marqué son époque (<a href="https://www.forumopera.com/teresa-berganza-la-diva-solitaire/">lire ici l&rsquo;hommage de notre confrère Christophe Rizoud</a>). La chanteuse est toutefois elle aussi un brin monolithique. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> (qui signe ici sa première intégrale avec son épouse) est vive et brillante.</p>
<p><em>La sonnambula</em> connaitra également un second enregistrement plus tardif. L&rsquo;Amina de <strong>Joan Sutherland</strong> est ici d&rsquo;une incroyable liberté vocale et d&rsquo;une fraicheur en totale adéquation avec le personnage. La prise de son « italienne » est également plus théâtrale que dans la seconde version. C&rsquo;est ici une démonstration de ce qu&rsquo;est le vrai belcanto où la perfection technique n&rsquo;est pas une pyrotechnie vaine, mais un moyen dramatique pour transmettre l&rsquo;émotion par l&rsquo;intermédiaire de la voix. L&rsquo;Elvino de <strong>Nicola Monti</strong> est un peu pâle mais reste sensible et bien chantant, un peu limité en suraigu. Il offre tout de même deux contre-ut (dont un <em>collé au montage)</em> dans « Prendi: l&rsquo;anel ti dono ». En revanche, pas de contre-ré dans « Ah! perchè non posso odiarti » quand, à la même époque, Alfredo Kraus le donnait à la scène. Le Rodolfo de <strong>Fernando Corena</strong> est assez élégant. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est agréablement légère et la plupart des parties traditionnellement coupées sont rétablies.</p>
<p>Pour sa première <em>Traviata</em> en studio, la diva australienne retrouve <strong>John Pritchard</strong> qui dirige avec efficacité une partition pour une fois complète : les deux couplets des airs de Violetta aux premier et dernier actes, les cabalettes du ténor et du baryton et les répliques qui suivent les dernières paroles de l&rsquo;héroïne. <strong>Joan Sutherland</strong> est encore une fois un miracle de beau chant et assez émouvante. La prononciation est moyennement soignée. Le soprano est impeccablement entouré. <strong>Carlo Bergonzi</strong> reste le ténor verdien de son époque (<a href="https://www.forumopera.com/carlo-bergonzi-la-mort-du-commandeur/">lire ici l&rsquo;hommage de notre confrère Sylvain Fort</a>) et son chant est un miel gorgé de soleil. Cerise sur le gâteau, le ténor offre le contre-ut conclusif de sa cabalette, un brin tendu il est vrai.  <a href="https://www.youtube.com/watch?v=o6-DshFlhK4">Déjà Germont avec Arturo Toscanini en 1946 (!)</a>, <strong>Robert Merrill</strong> ajoute un surcroit de maturité à un chant toujours glorieux, allié à un timbre de bronze. Inutile de préciser que cette version de <em>Traviata</em> ravira les amateurs de grandes voix.</p>
<p>On ne se souvient plus guère aujourd&rsquo;hui de <strong>Thomas Schippers</strong>, mort prématurément à 48 ans d&rsquo;un cancer du poumon et considéré par beaucoup à son époque comme le plus grand chef américain vivant. Sa <em>Carmen</em> est pleine vie, d&rsquo;allant, de poésie et de légèreté, avec des détails orchestraux originaux auxquels ne rend pas toujours justice une prise de son un peu plate. Il faut entendre par exemple l&rsquo;accompagnement oppressant des violons tandis que José court après Carmen. La distribution vocale internationale semble avoir été réunie sans aucune intention de restituer un quelconque esprit français. On exceptera <strong>Regina Resnik</strong>. également disparue des mémoires (pas de toutes néanmoins : <a href="https://www.forumopera.com/regina-resnik-linclassable/">lire ici l&rsquo;hommage de notre confrère Julien Marion</a>). Sa gitane est atypique (mais ne le sont-elles pas toutes), le français est impeccable, le personnage est bien dessinée, dramatique sans excès histrioniques. L&rsquo;air des cartes, chanté avec un désespoir résigné, est un sommet interprétatif. <strong>Mario Del Monaco</strong> en revanche, est davantage resté dans les mémoires (<a href="https://www.forumopera.com/mario-del-monaco-le-lion-de-pesaro/">lire ici l&rsquo;hommage de notre confrère Yvan Beuvard</a>). Habitué du rôle de Don José (en italien principalement), le ténor ne convainc pas complètement en français. Bête de scène, il semble un peu contraint par l&rsquo;enregistrement. L&rsquo;articulation est excellente mais l&rsquo;accent est parfois relâché (« La fleur ké tu m&rsquo;avais jaitai, donnn&rsquo; ma prisonnn&rsquo; etc. »). Quelques bruits de scène tentent de restituer une atmosphère réaliste (<em>zapateado</em> pendant « Les tringles des sistres tintaient », applaudissements de spectateurs dans l&rsquo;arène&#8230;), fausse bonne idée répandue à l&rsquo;époque et fort heureusement abandonnée par la suite. <strong>Tom Krause</strong> est un Escamillo correctement chantant mais sans grand relief (<a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-du-baryton-tom-krause/">lire ici l&rsquo;hommage de notre confrère Christian Peter au baryton-basse finlandais</a>). <strong>Joan Sutherland</strong> fait mieux que tirer son épingle du jeu avec un chant raffiné et une prononciation correcte.</p>
<p>Quand <strong>Joan Sutherland</strong> enregistre sa première intégrale d&rsquo;<em>I Puritani</em>, il n&rsquo;existe <em>aucune</em> version (commerciale ou pas) vraiment satisfaisante (non : pas même le studio de Maria Callas). Le soprano renouvelle les merveilles de sa première <em>Lucia</em>. Son Elvira est exceptionnelle d&rsquo;abandon et de légèreté, la voix sachant se colorer de subtiles nuances nostalgiques. La virtuosité n&rsquo;est jamais en défaut, avec des variations spectaculaires, toujours dans le style et dramatiquement en situation. La prononciation est toutefois un peu plus relâchée. <strong>Pierre Duval</strong> est totalement inconnu lorsqu&rsquo;il enregistre le rôle d&rsquo;Arturo (incroyable mais vrai : Decca pensait faire enregistrer le rôle à Franco Corelli, lequel se désista à la dernière minute). Le ténor québécois ne sortira jamais de ce regrettable anonymat : c&rsquo;est bien dommage car le chanteur est très supérieur à quelques-uns des artistes précités dans cette recension. Le timbre est viril, le chant soigné, le suraigu sûr avec des contre-ré impressionnants (on ne tentait pas encore le contre fa du dernier air à l&rsquo;époque). En Riccardo, <strong>Renato Capecchi</strong> se révèle un authentique belcantiste, avec un parfait art de la coloration (bien au-dessus de Piero Cappuccilli, dans le second enregistrement en 1976). <strong>Ezio Flagello</strong> est un Giorgio de belle noblesse. La version rouvre de nombreuses coupures, dont la polonaise finale rajoutée plus tardivement. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est idéale. Encore une version incontournable.</p>
<p>Les extraits de <em>Giulio Cesare</em> marquent la première collaboration au studio de <strong>Joan Sutherland</strong> et <strong>Marilyn Horne</strong> dont l&rsquo;unique air, « Priva son d&rsquo;ogni conforto » est d&#8217;emblée difficilement surpassable. Beauté du timbre, coloration, expressivité sont conjuguées pour traduire toute la tristesse de Cornelia. Sutherland est dramatiquement plus libérée que dans <em>Alcina</em> et chacun des airs retenus est un miracle de chant. <strong>Margreta</strong> <strong>Elkins</strong> est un Cesare au timbre charmeur mais un peu scolaire dans sa vocalisation. <strong>Monica Sinclair</strong> chante un peu au-dessus de ses moyens (la cadence finale de « Si, spietata » est plutôt audacieuse), effort louable pas toujours payé en retour. Sesto est confié au ténor <strong>Richard Conrad</strong>, voix de poitrine et de tête systématiquement mixées, vibratello&#8230; Au positif, le ténorino américain n&rsquo;a qu&rsquo;un air à chanter. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> pourrait être un peu moins compassée.</p>
<p>Est-il nécessaire de présenter la première <em>Norma</em> de<strong> Joan Sutherland</strong> ? Plus de 60 ans après son enregistrement, cette version reste insurpassée au studio, et n&rsquo;est guère concurrencée que par les <em>live</em> de Maria Callas (en particulier celui de la Scala en 1955), celui de Montserrat Caballé à Orange, ou par ceux de la diva australienne elle-même (notamment au Met en 1970, aux côtés de Marilyn Horne, Carlo Bergonzi et Cesare Siepi). La <em>Stupenda</em> et <strong>Marilyn Horne</strong> sont ici dans une osmose parfaite. Bonynge opte ici pour la tonalité originale aiguë (la seconde version, avec Montserrat Caballé en Adalgisa, sera dans la tonalité traditionnelle). <strong>John Alexander</strong> est un Pollione vaillant et dramatiquement engagé. <strong>Richard Cross</strong> est un Oroveso impeccable. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est idéale. La prise de son est impressionnante.</p>
<p>On ne présente plus non plus <em>Semiramide</em>, premier enregistrement intégral de l&rsquo;ouvrage. <strong>Joan Sutherland</strong> et <strong>Marilyn</strong> <strong>Horne</strong> y sont au firmament. Mise à part la jeune June Anderson, et malgré les grandes qualités de Montserrat Caballé, le soprano australien est inégalé : jamais on avait entendu une voix d&rsquo;une telle largeur à ce point à l&rsquo;aise dans de telles pyrotechnies vocales. À l&rsquo;exception de Martine Dupuy, on ne voit pas non plus qui a bien pu rivaliser avec Horne en Arsace. Il en va différemment des partenaires masculins. <strong>Joseph Rouleau</strong> était une voix idéale <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Cp_R1DXqAvc">pour Philippe II</a> ou le Grand Inquisiteur. Dans ce répertoire bien plus exigeant techniquement, la basse québécoise tire plutôt bien son épingle du jeu, avec une vocalisation laborieuse et parfois simplifiée, mais aussi une véritable incarnation dramatique. Les graves sont impressionnants et les aigus à la hauteur : certes, Samuel Ramey fera infiniment mieux plus tard (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-paris-tce/">et Giorgi Manoshvili aujourd&rsquo;hui</a>) mais l&rsquo;enregistrement n&rsquo;en est pas gâché pour autant. Dans la collection des ténors improbables sélectionnés par Richard Bonynge, <strong>John Serge</strong> occupe une place à part. Chanteur australien d&rsquo;origine italienne (de son vrai nom Sergio Sciancalepore), il connut une petite carrière de soliste avant que ses moyens modestes (il semble que sa voix ait été trop petite pour chanter raisonnablement en salle) ne le ramènent dans les chœurs d&rsquo;Opera Australia (il entreprit ensuite une carrière d&rsquo;acteur pour la télévision). Son premier air est coupé (c&rsquo;est hélas classique) et le second assez perturbant. Serge chante plutôt en voix mixte mais, à l&rsquo;inverse de la pratique habituelle de cette technique, il y a principalement recours pour le médium, et beaucoup moins pour le registre aigu et extrême aigu : le résultat est assez improbable, un brin excitant, mais vocalement très imparfait. Les chœurs et l&rsquo;orchestre sont excellents. Enfin, il faut saluer le génie (si, si&#8230;) de <strong>Richard Bonynge</strong> qui, face à une musique que personne n&rsquo;avait plus jouée correctement depuis plus de cent ans, a su définir une style et des canons d&rsquo;exécution qui ont depuis fait figure de référence pour ce type d&rsquo;ouvrage. On imagine le choc de cette enregistrement à sa sortie.</p>
<p><em>Beatrice di Tenda</em> marque la première collaboration au studio de Joan Sutherland et d&rsquo;un jeune ténor promis à un bel avenir, <strong>Luciano Pavarotti</strong>. Les deux géants ne chantent toutefois aucune page l&rsquo;un avec l&rsquo;autre, à l&rsquo;exception des ensembles. <strong>Joan</strong> <strong>Sutherland</strong> est au sommet, avec une scène finale qui justifie à elle seule l&rsquo;achat du coffret. Le futur <em>tenorissimo</em> offre un chant miraculeux et un timbre divin. <strong>Cornelis Opthof</strong> ne mérite certaine pas l&rsquo;oubli dans lequel il est tombé (à supposer qu&rsquo;il en soit sorti un jour) : timbre claire et agréable, chant soigné et nuancé, science de la coloration, variations, <em>morbidezza</em>, aigu aisé (jusqu&rsquo;au la naturel !) mais sans effets ostentatoires, tout y est. <strong>Josephine Veasey</strong> est une fois de plus magnifiquement chantante et dramatiquement passionnée. Sa performance est remarquable, et ce d&rsquo;autant plus que le belcanto romantique n&rsquo;était absolument pas son cœur de répertoire. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est passionnée et parfaitement dans le style. Un enregistrement parfait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-beatrice-di-tenda-paris-opera-bastille/">qui peut à l&rsquo;occasion servir de modèle aux responsables de casting</a>.</p>
<p>Entre accent prononcé et chant hors style, <strong>Franco Corelli</strong> est de ces Faust qu&rsquo;on apprécie d&rsquo;abord&#8230; quand on n&rsquo;est pas francophone. La diction est plutôt compréhensible, mais la prononciation est très passable (« Ciel radieuse ! »). La voix est néanmoins sublime, sans doute trop glorieuse : le ténor confond souvent Faust et Don José. Une fois habitué, on pourra néanmoins trouver un plaisir coupable à déguster ce chant décomplexé, au contre-ut glorieux. Le magnifique Méphisto de <strong>Nicolaï Ghiaurov</strong> n&rsquo;est plus à présenter, référence de sa génération, détrônant le surestimé Boris Christoff (référence jusqu&rsquo;alors), et restant quasiment indépassé à ce jour (on exceptera les immenses Samuel Ramey et José van Dam). Le chant est racé, le mot toujours juste, l&rsquo;interprétation un brin histrionique, avec une juste dose d&rsquo;humour. L&rsquo;accent bulgare est léger et ne gène nullement. Un bonheur. <strong>Joan Sutherland</strong> offre un chant d&rsquo;une rare intelligence : son « Je voudrais bien savoir quel était ce jeune homme », pensif, est à tomber tant il traduit idéalement la pensée de la jeune fille. C&rsquo;est ici l&rsquo;art du belcanto romantique appliqué au répertoire romantique français. La prononciation n&rsquo;est pas formidable mais reste le plus souvent compréhensible. Tout son chant est une leçon, avec des mots colorés et accentués avec une extrême intelligence : « Il fit un <em>suprême</em> (avec une projection un peu accentuée) effort », « J&rsquo;ai <em>rougi</em> (la voix s&rsquo;éteignant) d&rsquo;abord »&#8230; C&rsquo;est un vrai travail d&rsquo;orfèvrerie vocale, mais aussi d&rsquo;horlogerie grâce à la souplesse et à l&rsquo;adaptabilité de la battue de Bonynge, tour à tour précipitée, caressante ou alanguie (le plus beau des « Pour toi je veux mourir »&#8230;). Les coincés du métronome seront justement horrifiés par ce <em>rubato</em> mais qu&rsquo;importe. <strong>Robert Massard</strong> donne <a href="https://www.forumopera.com/robert-massard-paroles-du-dernier-empereur/">une leçon de chant français</a> avec un Valentin dramatique, à la prononciation remarquable. <strong>Margreta Elkins</strong> est un Siebel sensible et délicat. Face à une partition d&rsquo;une autre complexité que celles des ouvrages de Bellini, Donizetti ou Rossini, <strong>Richard Bonynge</strong> démontre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un simple connaisseur de voix. Sa direction est fluide, sensible, énergique à l&rsquo;occasion, et le chef australien obtient de sa formation une sonorité romantique assez exceptionnelle. On notera que l&rsquo;enregistrement comprend des pages souvent coupées à l&rsquo;époque (toute la scène I de l&rsquo;acte IV, avec les airs de Marguerite et de Siebel). Il intègre également le réjouissant ballet de l&rsquo;acte V. Un enregistrement à redécouvrir malgré une distribution hétéroclite.</p>
<p>Enregistrées simultanément au printemps de l&rsquo;année 1966, les extraits de la <em>Griselda</em> de Giovanni Bononcini et ceux du <em>Montezuma</em> de Carl Heinrich Graun sont d&rsquo;indéniables raretés. <strong>Joan Sutherland</strong> s&rsquo;y révèle à l&rsquo;apogée de sa période « patate chaude ». Pour le premier ouvrage, la <em>Stupenda</em> donne un peu l&rsquo;impression d&rsquo;être là pour faire plaisir à son mari. Le reste de la distribution varie du correct (<strong>Lauris</strong> <strong>Elms</strong> dans les deux rôles-titres) au pas très bon (<strong>Monica</strong> <strong>Sinclair</strong>). Le second opus est nettement plus excitant, Graun écrivant <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/carl-heinrich-graun-opera-arias-quand-la-machine-emeut/">des pages extrêmement virtuoses</a> dans lesquelles Joan Sutherland est au sommet. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est fine et élégante.</p>
<p><em>La Fille du régiment</em> est encore un autre enregistrement culte. La diva australienne chante Marie avec une telle facilité qu&rsquo;elle nous en fait complètement oublier les difficultés (il n&rsquo;y a qu&rsquo;à la scène qu&rsquo;elle chantait tout aussi bien, et en étant encore plus drôle). C&rsquo;est avec ce rôle que <strong>Luciano Pavarotti</strong> gagnera en 1972 au Metropolitan son surnom de <em>King of the high C</em> (le Roi du contre-ut), titre un peu usurpé à notre sens. Le ténor offre toutefois bien ses neufs superbes contre-ut dans « Ah mes amis » (mais pas l&rsquo;ut dièse au second acte, dans « Pour me rapprocher de Marie »). Le timbre est magnifique, et la prononciation très correcte, d&rsquo;autant que l&rsquo;artiste aura rarement chanté en français. Surtout, le personnage est éminemment sympathique. Pour un chant plus châtié (et pour l&rsquo;ut dièse !), on pourra toutefois préférer Alfredo Kraus à la même époque, voire Juan Diego Florez à la nôtre, mais, à de tels sommets, c&rsquo;est aussi affaire de goût. <strong>Spiro Malas</strong> est un Sulpice très honnête et <strong>Monica Sinclair</strong> une Marquise de Birkenfeld efficace, mais plutôt dans le registre de la caricature.</p>
<p>En Lakmé, <strong>Joan Sutherland </strong>sort un peu de son répertoire traditionnel, s&rsquo;agissant d&rsquo;un rôle habituellement dévolu à des coloratures légers comme Lily Pons, Mado Robin, Mady Mesplé, Natalie Dessay ou, plus près de nous, Sabine Devieilhe. Des voix plus lourdes s&rsquo;y sont risquées avec succès, telle celle de Christiane Eda-Pierre, mais Joan Sutherland est sans doute la voix la plus riche et la plus large qui se soit produite dans le rôle, au disque mais aussi à la scène. Aux amateurs de voix légères, la voix de Sutherland semblera sans doute trop opulente : or, c&rsquo;est cette richesse même qui lui permet de colorer son chant en vraie belcantiste, pour un résultat équivalent à celui de sa Marguerite de <em>Faust</em> déjà citée. Seul vrai regret, une prononciation parfois confuse, sauf dans ses grandes scènes toutefois. <strong>Alain Vanzo</strong> est un Gérald idéal et authentique, dans l&rsquo;un de ses meilleurs rôles. Il est à la fois ardent et tendre, parfaite illustration du demi-caractère à la française, ténor aux qualités si difficiles à  réunir. <strong>Gabriel Bacquier</strong> est un Nilakantha solide mais le rôle n&rsquo;est pas vraiment pour lui, et on pourra lui préférer une authentique basse chantante. Les seconds rôles sont à peu près tous excellents qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la Malika de <strong>Jane Berbié</strong>, pleine de délicatesse, du Frédérick de <strong>Claude Cales</strong>, modèle de phrasé, ou encore des belles voix de <strong>Josephte Clément</strong> ou de <strong>Gwenyth</strong> <strong>Annear</strong>. La Miss Bentson de <strong>Monica Sinclair</strong> est en revanche trop caricaturale. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est une fois de plus idéale, témoignant d&rsquo;une rare compréhension de la finesse de cette musique.</p>
<p>Il est souvent de bon ton de dénigrer ce second enregistrement de<em> Don Giovanni,</em> surtout après celui de Giulini. À la réécoute, et sans se leurrer sur quelques défauts, la proposition de <strong>Richard Bonynge</strong> vaut qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête. Nous sommes en 1968. Pour Mozart, l&rsquo;interprétation historiquement informée ne s&rsquo;est pas encore vraiment imposée et on joue le plus souvent <em>Don Giovanni</em> comme une musique romantique (il y a bien sûr des exceptions). Les réussites ne manquent d&rsquo;ailleurs pas. À la tête de l&rsquo;agile English Chamber Orchestra, le chef d&rsquo;orchestre australien offre toutefois une vision renouvelée, avec une direction belcantiste, presque rossinienne, vive mais évidemment moins dramatique, où l&rsquo;accent est mis davantage sur la beauté musicale que sur le drame. Dans cette optique, pratiquement tous les chanteurs offrent des variations ou, a minima, quelques appoggiatures. <strong>Gabriel Bacquier</strong> fut un exceptionnel Leporello. Son Don Giovanni manque toutefois de complexité. L&rsquo;interprétation est un peu uniforme et manque de variété. <strong>Donald Gramm</strong> est un Leporello à la voix un peu légère, fin interprète, dans la veine d&rsquo;un Taddeo de <em>L&rsquo;italiana in Algeri </em>par exemple. Inutile de chercher ici une sorte de double de son maître. <strong>Joan Sutherland</strong> est une Donna Anna plus marmoréenne que dans sa première version, grande dame bafouée plutôt que jeune fille amoureuse. <strong>Pilar</strong> <strong>Lorengar</strong> est une Donna Elvira moins raffinée et moins travaillée que celle d&rsquo;Elisabeth Schwarzkopf, mais émouvante par sa simplicité et son naturel même. Tout le monde n&rsquo;appréciera pas néanmoins son vibrato serré, dont elle se sert avec intelligence pour faire passer l&rsquo;émotion (un peu comme Beverly Sills à la même époque). <strong>Marilyn Horne</strong> est une Zerlina inhabituelle avec un timbre riche et une variété de couleurs dont nous ne connaissons pas d&rsquo;équivalent dans ce rôle. Le Masetto de Leonardo Monreale est sympathique mais manque de caractère. <strong>Werner Krenn</strong> n&rsquo;est pas doté de grands moyens vocaux et l&rsquo;émission est un peu engorgée, mais il chante avec musicalité. Il a aussi le grand mérite d&rsquo;interpréter ses deux airs avec des variations élaborées. Le Commendatore de<strong> Clifford Grant</strong> est tout à fait satisfaisant. Enfin, la prise de son est superlative. Bonynge offre ici la version de Prague complète, augmentée des nouvelles parties musicales écrites pour Vienne : l&rsquo;air du ténor « Dalla sua pace » à l’acte I, « Mi tradì quell’alma ingrata » pour Elvira, et surtout le rarissime duo viennois Zerlina / Leporello de l’acte II, « Per queste tue manine ». Une version à connaitre pour son originalité.</p>
<p>L&rsquo;enregistrement des <em>Huguenots</em> marqua lui aussi son époque : la musique de Meyerbeer avait quasiment disparu des scènes  et il était de bon ton chez les critiques et historiens de la musique de se pincer le nez en évoquant le compositeur, restant sourd à son apport musical original et indéniable. Heureusement, grâce à d&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/robert-letellier-il-faut-redecouvrir-la-modernite-de-meyerbeer/">inlassables spécialistes</a>, des musiciens passionnés, des directeurs de théâtre audacieux, et avec le soutien des amateurs sans préjugés, le compositeur a fini par retrouver le chemin des théâtres. Avec ses quatre disques 33 tours, le coffret d&rsquo;origine était en soi un monument, illustré de riches gravures et assorti de commentaires facétieux (pour les ensembles, le livret indiquait qu&rsquo;il était impossible de comprendre le texte en raison du grand nombre de solistes et de chœurs chantant en même temps des choses différentes : il fallait donc les croire sur paroles (sic)). L&rsquo;enregistrement comporte la rare strette de l&rsquo;air de Valentine jamais entendue (Bonynge affirmait avec un faux sérieux ne pas en être l&rsquo;auteur). En dehors de <strong>Joan Sutherland</strong>, magnifique, mais dans un rôle relativement court (l&rsquo;acte II est le finale de l&rsquo;acte III), le reste de la distribution est correct. Il faut toutefois supporter le pâle <strong>Anastasios Vrenios</strong>, plus soprano que ténor. On regrettera toujours que Nicolai Gedda (<a href="https://www.forumopera.com/encyclopedie-subjective-du-tenor-nicolai-gedda/?fbclid=IwY2xjawLhHwtleHRuA2FlbQIxMQABHk4SJD73bmBhYV38RfxdxmgBqH4pJO7u1xyk_p3Iv8nwT7DlCVRAThvQbH0g_aem_8RQXmeSZSKAYGk3B9X4BuQ">dont on fête cette année le centenaire de la naissance</a>) n&rsquo;ait pu se dégager de son contrat d&rsquo;exclusivité chez EMI. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> est étonnamment convaincante, s&rsquo;agissant d&rsquo;un grand opéra français, genre que le chef australien a peu fréquenté.</p>
<p>Réalisé à l&rsquo;été 1970,<em> L’Elisir d’amore</em> est un autre monument de la discographie. <strong>Luciano Pavarotti</strong>, qui restera pour l&rsquo;éternité le meilleur interprète de Nemorino, est ici enregistré dans la plénitude de ses moyens. Le timbre est unique. Le chant est varié à plaisir. L&rsquo;interprétation mémorable. Impeccablement coaché par Richard Bonynge, le <em>tenorissimo</em> ne se permet aucune des facilités auxquelles il pourra se prêter des années plus tard. Il touche ici au sublime. Occurence rare, <strong>Joan Sutherland</strong> interprète ici un rôle qu&rsquo;elle ne chantera jamais à la scène et atteint elle aussi la perfection : la diction est assez claire, la technique vocale est tellement parfaite qu&rsquo;on n&rsquo;y fait même plus attention, et surtout l&rsquo;interprétation est fine et pleine d&rsquo;humour. <strong>Dominic Cossa</strong> est un Belcore bien chantant (par exemple, dans les rapides vocalises, souvent sabotées, du duo de l&rsquo;acte II avec Nemorino), sans une once de vulgarité. Les moyens vocaux de <strong>Spiro Malas</strong> ne sont pas immenses, mais il offre en Dulcamara un bel abattage dramatique, sans aucun laisser-aller. La direction de <strong>Richard Bonynge</strong> restitue le plaisir du théâtre. Grâce au chef australien, nous découvrons des reprises habituellement coupées (et on se demande pourquoi) ainsi qu&rsquo;une réjouissante cabalette alternative pour Adina, « Il mio rigor dimentico » qui suit « Prendi per me sei libero » (un véritable régal).</p>
<p>On sort étourdi de l&rsquo;écoute ou de la réécoute de ce coffret : tant de merveilles en un peu plus de dix ans (de 1959 à 1970) ne peuvent que donner le vertige, témoignage d&rsquo;une chanteuse totalement hors du commun. On n&rsquo;oubliera pas de remercier également Richard Bonynge : on a souvent reproché à Sutherland de ne plus chanter qu&rsquo;avec son mari, mais il est évident qu&rsquo;un tel niveau de qualité, qu&rsquo;une telle curiosité, et qu&rsquo;un tel professionnalisme au service de ce répertoire n&rsquo;auraient jamais pu être atteint avec des chefs de passage (aussi excellent soient-ils) qui n&rsquo;auraient croisé la <em>Stupenda</em> que le temps d&rsquo;un enregistrement. Ce monument est la réussite commune d&rsquo;un couple qui vouait toute sa vie à la musique.</p>
<div><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1959-1970-49-cd-box-set-sealed-uk-cd-album-box-set-4853432-862687_1280x1157.jpg-1024x925.webp" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1959-1970-49-cd-box-set-sealed-uk-cd-album-box-set-4853432-862687_1280x1157.jpg-1024x925.webp." /></div>
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		<title>Frederica von Stade, The complete Columbia recital Albums</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/frederica-von-stade-the-complete-columbia-recital-albums-notre-amie-flicka/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 May 2016 07:14:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année, sans qu’aucun anniversaire spécifique ne soit invoqué (Frederica von Stade est née en 1945, donc l’initiative arrive un peu en retard pour fêter un chiffre rond), Sony a décidé de réunir dans un coffret tous les disques enregistrés pour Columbia, entre 1974 et 1999, soit un quart de siècle de récitals. Comme c’en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année, sans qu’aucun anniversaire spécifique ne soit invoqué (<strong>Frederica von Stade</strong> est née en 1945, donc l’initiative arrive un peu en retard pour fêter un chiffre rond), Sony a décidé de réunir dans un coffret tous les disques enregistrés pour Columbia, entre 1974 et 1999, soit un quart de siècle de récitals. Comme c’en est désormais la mode, les disques sont reproposés avec une reproduction de leurs pochettes d’origine, délicieusement surannées, reflétant des esthétiques diverses mais inévitablement marquées par les goûts capillaire, vestimentaire et photographique des <em>seventies</em>, <em>eighties</em> et <em>nineties</em> du siècle dernier. Le programme d’origine est également respecté, d’où des galettes au minutage qui pourra sembler étonnamment court : une quarantaine de minutes pour tout ce qui fut conçu pour le 33-tours (les onze premiers disques), mais entre soixante et quatre-vingt minutes pour les sept derniers. Bien sûr, ce legs discographique avait déjà été en grande partie reporté en CD : en 2012, notamment, le label Newton Classics y avait pioché, reproposant dans son intégralité le tout premier album, d’airs et duos avec la soprano Judith Blegen (1975), les disques <em>Song Recital</em> (1979), <em>Italian Opera Arias </em>(1979) et <em>Mahler</em> (1980), soit les volumes 1, 3, 4 et 5 du présent coffret. On renverra donc à <a href="http://www.forumopera.com/cd/letat-de-grace">ce qu’en disait alors Christophe Rizoud</a>. On passera assez vite aussi sur les volumes 16 et 17, disques de « Highlights », réunissant des extraits d’intégrales bien connues des amateurs d’opéra : l’air de Frédéric dans <em>Mignon </em>(1977), <em>Hänsel et Gretel</em> avec Ileana Cotrubas (1978), le <em>Retour d’Ulysse </em>de Raymond Leppard, aux choix de tessiture et aux sonorités orchestrales désormais difficilement acceptables (1979), une <em>Cendrillon </em>de Massenet hélas gâchée par le choix indéfendable d’un ténor pour le prince, et de larges extraits du <em>Chérubin</em> du même compositeur (1991), dernière intégrale où « Flicka » brillait de tous ses feux. On glissera aussi sur le CD de 1991, <em>Another Side of Frederica von Stade</em>, qui relève quasiment de l’<em>easy listening</em>, chansons de variété guimauve dues à Jeremy Lubbock ou arrangées par lui (Richard Rodgers passe par la même moulinette). Beaucoup plus intéressant, malgré son côté fourre-tout, le dernier disque, <em>Collaborations</em>, qui permet d’entendre la mezzo dans le registre humoristique, puis avec <strong>Marilyn Horne</strong> dans quatre duos de Mendelssohn, ou dans tout le final du <em>Chevalier à la rose</em> avec <strong>Renée Fleming </strong>et<strong> Kathleen Battle</strong>, dirigé par <strong>Claudio Abbado</strong> à la Philharmonie de Berlin le 31 décembre 1992.</p>
<p>En 1973, l’un des atouts que Rolf Liebermann avait dans ses manches arrivait tout droit des Etats-Unis. Sans Strehler, <em>Les Noces de Figaro</em> qui inaugurèrent son règne ne seraient sans doute pas devenues le spectacle historique que l’Opéra de Paris n’hésitait pas à reconstituer en 2012 encore. Au milieu de la distribution, on découvrait une toute jeune mezzo américaine, le plus émouvant Chérubin qui soit : Frederica von Stade, qui venait d’interpréter ce même rôle au Met en février 1972. Le personnage allait lui permettre de faire ses débuts à Glyndebourne et à Salzbourg, et elle devait l’enregistrer à plusieurs reprises, avec Karajan et Solti. Le premier air de Chérubin figure dans le tout premier des dix-huit disques, et c’est bien la seule plage consacrée à Mozart dans tout ce coffret. Ce que reflètent bien les récitals reproduits, en revanche, c’est la place du répertoire français dans le cœur de Frederica Von Stade : elle fut à Paris une inoubliable Mélisande en 1977, une bien belle Iphise de <em>Dardanus </em>en 1979. Le CD2, enregistré en 1976, est intégralement composé d’airs d’opéra français, le CD14 réunit des airs d’Offenbach (1994), et la mélodie est défendue dans plusieurs autres : Ravel dans le CD6 (1979-80), Berlioz dans le CD9 (1983), Canteloube dans le CD8 (1982) et le CD10 (1985), Poulenc-Satie-Debussy, etc. dans le CD13 (1993). Lesté par les semelles de plomb qu’avait chaussées <strong>John Pritchard</strong>, <em>French Opera Arias</em> pâtit hélas d’une direction redoutablement dépourvue de vie et d’esprit. <strong>Antonio de Almeida</strong>, étiqueté spécialiste de la musique française, n’était pas non plus le plus palpitant des chefs : c’est lui qui dirige les Canteloube et, sans grande fantaisie, l’Offenbach (et son <em>Mignon </em>avec Marilyn Horne est assez soporifique aussi, dans son genre). Cette lourdeur orchestrale n’empêche évidemment pas de savourer les qualités d’interprète de la mezzo américaine ou les couleurs moirées de son timbre, mais on songe inévitablement à ce qu’elle aurait pu donner si elle avait été soutenue par un complice plus dynamique pour l’opéra-comique ou l’opérette. Chez Canteloube, les saveurs automnales du timbre de Frederica von Stade confèrent une séduction immédiate à l’intégralité des pièces des cinq volumes des <em>Chants d’Auvergne</em> (présentées dans le désordre, mais tout y est), le disque de 1985 présentant en outre l’intérêt de leur adjoindre le <em>Triptyque</em> du même compositeur, sur un texte en français. On peut alors songer à une autre star internationale qui enregistra deux disques Canteloube exactement à la même époque, mais contrairement à Kiri Te Kanawa, le chant beaucoup moins affecté de von Stade ne prête à cette musique aucune sophistication déplacée et ne donne pas l’impression d’être Marie-Antoinette jouant à la bergère.</p>
<p>Au piano, <strong>Martin Katz</strong> fut à partir de 1977 le fidèle accompagnateur de Frederica Von Stade. Cette collaboration est ici reflétée par un concert d’avril 1981, qui mêle airs italiens et mélodies françaises (CD7), et surtout par <em>Voyage à Paris</em>, enregistré en 1993 (CD13). Dans l’idéal, c’est vingt ans auparavant qu’il aurait fallu réaliser ce dernier disque, non pour des raisons vocales, mais linguistiques, car du temps où elle était Mélisande pour Karajan, von Stade avait un français quasi impeccable, en tout cas plus naturel qu’à l’époque où sa carrière internationale passait désormais beaucoup moins souvent par Paris. Dans un genre comme la mélodie, la perfection de la diction passe avant la musicalité, l’humour, la tendresse ou toutes les autres qualités de l’interprète. La prononciation des R, par exemple, oscille entre un grasseyement occasionnel, consonne roulée et articulation un peu molle, à l’anglaise, mais l’on pourra trouver là un certain charme exotique à la Maggie Teyte. En revanche, dans « Daphénéo », prononcer « un [h]oisetier » revient à supprimer tout le jeu de mot sur « un oisetier/un noisetier ». Quelques voyelles dénaturées gâchent aussi un peu le plaisir de l’auditeur francophone, malgré la joie d&rsquo;entendre cette rareté, le cycle de Honegger intitulé <em>Petit Cours de morale</em>. A l&rsquo;orchestre, c&rsquo;est avec <strong>Seiji Ozawa</strong> que Frederica von Stade eut le privilège de collaborer pour ses disques Ravel et Berlioz.</p>
<p>En bonne artiste américaine, Frederica von Stade a eu à cœur d’interpréter les œuvres de ses compatriotes, vivants ou défunts. On l’entend ainsi chanter du Copland, du Virgil Thomson (CD 7), du Barber, du Bernstein, mais aussi des mélodies de Jake Heggie, qui aurait voulu qu’elle tienne le rôle principal dans son opéra <em>Dead Man Walking </em>(CD 18), ou les belles <em>Elegies</em> de Richard Danielpour, où sa voix se mêle à celle de <strong>Thomas Hampson</strong> (CD 15).</p>
<p>Paradoxalement, le plus long des CD de ce coffret, avec 76 minutes, est aussi l’un des plus dispensables : <em>A Carnegie Hall Christmas Concert</em>, disque de Noël typique même s’il possède la vie supplémentaire du direct, et si les ex-fans de <strong>Kathleen Battle</strong> auront la joie d’y entendre leur diva préférée interpréter, outre <em>Joy to the World </em>de Haendel et l’Alleluïa de l’<em>Exsultate, jubilate</em>, divers cantiques réunis en 1991 pour célébrer, avec le soutien de <strong>Wynton Marsalis</strong> et près de trois semaines d’avance – le concert date d’un 8 décembre –, la naissance du Divin Enfant.</p>
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		<title>Birgit Nilsson, Great Scenes from Aida, Wesendonck Lieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/birgit-nilsson-great-scenes-from-aida-wesendonck-lieder-tornata-vincitrice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2015 05:43:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsqu’elle enregistre, en 1963, ces extraits d’Aida pour Decca, Birgit Nilsson a déjà une brillante carrière derrière elle : née en 1918, le soprano a fait ses débuts à Stockholm en 1947, à Glyndebourne en 51, à Vienne en 53 (ce sera son port d’attache où elle chantera plus de 230 représentations), à Bayreuth en 54 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’elle enregistre, en 1963, ces extraits d’<em>Aida </em>pour Decca, <strong>Birgit Nilsson</strong> a déjà une brillante carrière derrière elle : née en 1918, le soprano a fait ses débuts à Stockholm en 1947, à Glyndebourne en 51, à Vienne en 53 (ce sera son port d’attache où elle chantera plus de 230 représentations), à Bayreuth en 54 avec <em>Die Walküre</em>, à la Scala en 1958 avec <em>Turandot </em>(pour la première fois un 7 décembre,  jour traditionnel d’ouverture de la saison, le rôle principal était interprété par un artiste étranger), au Metropolitan en 59 avec une Isolde qui créée une immense impression… Cet enregistrement capte donc la voix du soprano au zénith de ses moyens. Le timbre est lumineux et superbe, l’intonation parfaite, le vibrato absent, l’aigu triomphant ! Techniquement, Nilsson est proche de la perfection, avec un contrôle parfait du souffle, des pianissimi impeccables (mais pas au point de réaliser l’exploit de l’ut filé demandé par Verdi dans l’air du Nil), un chant contrôlé toujours en phase avec les exigences verdiennes. Citons, à titre d’exemple, les Si bémol piano de « Su noi già il ciel dischiudesi … », ses ultimes répliques finales qui constituent un véritable piège pour les voix dramatiques. Ajoutons à ces louanges une interprétation sensible et intelligente. <strong>Louis Quilico</strong> (père de Gino Quilico plus connu du public français) a pour lui une voix saine, un chant ample et naturel qui faisait son effet sur scène d’autant que la projection était impressionnante. Le baryton québécois campe un Amonasro à la noirceur souhaité, à l’aigu facile et au grave ample.  Dramatiquement, la caractérisation est d’excellente tenue,  mais un peu monolithique. Il lui manque le sursaut d’humanité par lequel il appelle Aida au sacrifice à la fin du duo de l’acte III. Chanteuse moins connue, <strong>Grace Hoffmann</strong> apparait en Herodias dans la <em>Salomé </em>enregistrée par Solti, l’un de ses principaux rôles avec Kundry, Brangaene et Ortrud. La chanteuse avait la réputation d’une « grosse » voix un peu placide. C’est un peu ce qu’on ressent à l’écoute de ces extraits : le chant n’offre ni défaut, ni qualité majeurs, mais l’interprétation est un peu distante. Le ténor <strong>Luigi Ottolini</strong> ne démérite pas vraiment, mais n’est pas au niveau de sa partenaire. Le vibrato est un peu trop présent au démarrage puis s’atténue avec l’échauffement de la voix. La voix est correctement conduite mais le timbre est un peu passe-partout. La caractérisation est plutôt scolaire. La baguette de l’élégant <strong>John Pritchard </strong>n’apporte pas de plus-value par rapport à celle d’un bon vieux routier italien : on perd ici en dramatisme et en urgence, sans vraiment gagner en raffinement, d’autant que l’orchestre du Royal Opera House n’est pas de première catégorie. Malgré ses quelques imperfections, on se réjouira néanmoins du retour au catalogue de ces extraits dont les talents de Nilsson justifient l&rsquo;acquisition, d&rsquo;autant que le prix du disque est très modeste. On le conseillera en priorité aux détracteurs de la chanteuse suédoise qui ne connaîtraient que ses enregistrements tardifs !</p>
<p>L’enregistrement des <em>Wesendonck Lieder</em><em> </em>de Wagner date, lui, de 1973. Le matériau vocal de Nilsson a évolué avec un vibrato trop présent, quelques duretés dans le timbre et déjà les premiers défauts d’intonation. Moins percutante dans cette tessiture un peu grave, Nilsson manque de moelleux et de chaleur. Surtout, la soprano ne semble pas plus motivée que ça par cette partition qu’elle chante honorablement, mais de manière assez distante, sans véritable incarnation saillante. La baguette de <strong>Colin Davis</strong> rend pleinement justice à l’orchestration de Felix Mottl, d’autant que le chef britannique dispose d’une formation d’un tout autre niveau avec le London Symphony Orchestra. On regrette d’autant plus que l’orchestre soit parfois un peu trop discret dans les passages les plus élégiaques, la prise de son favorisant plutôt la voix. A noter : la ballade de Senta et les rares airs de <em>Rienzi </em>et de <em>Die Feen</em> qui complétaient le disque 33 tours original ne sont pas repris dans ce CD.</p>
<p> </p>
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		<title>Donizetti &#8211; Lucia di Lammermoor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-lucia-di-lammermoor-en-quete-dideal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2015 06:21:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il faut une version discographique de référence à Lucia di Lammermoor, celle gravée en 1961 par Decca et reprise aujourd’hui par le label Alto, possède tous les atouts pour rafler la mise. Qu’il s’agisse de la direction de John Pritchard, d’un équilibre souverain, ou des chanteurs réunis autour de Joan Sutherland, elle-même joyau incontestable de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il faut une version discographique de référence à <em>Lucia di Lammermoor</em>, celle gravée en 1961 par Decca et reprise aujourd’hui par le label Alto, possède tous les atouts pour rafler la mise. Qu’il s’agisse de la direction de <strong>John Pritchard</strong>, d’un équilibre souverain, ou des chanteurs réunis autour de <strong>Joan Sutherland</strong>, elle-même joyau incontestable de cet enregistrement. Les exégètes, nombreux à s’être penché sur la vocalité de l’héroïne donizettienne, s’accordent à trouver la Stupenda idéale dans un rôle que se disputent aujourd’hui encore sopranos légers et moins légers, les premières arguant d’une écriture haut-perchée riche en fioritures, les secondes se prévalant d’expression conformément au caractère romantique de la partition. Sutherland sut réconcilier les deux partis. La nature adamantine du timbre, l’agilité dans l’aigu et le suraigu n’excluent ni la puissance, ni la solidité des registres inférieurs, deux qualités indispensables pour que Lucia prenne corps. La technique, superlative, fait le reste. La finesse de l’ornementation, l’agilité – cette virtuosité avec laquelle la voix parcourt la gamme d’un seul trait, liée, légère, précise – la maîtrise des effets – ah, le battement délicat du trille dans « Regnava nel silenzio » ! – sont autant de raisons de placer cette Lucia sur le sommet de la pile.</p>
<p>Ces arguments, imparables pourtant, ne rallieront pas tous les suffrages. Lucia ici est certes belle, d’une beauté que l’on a dite lunaire pour en justifier la froideur. Mais la manière désincarnée d’envisager le rôle est-elle volontaire ? Parer l’interprétation d’adjectifs célestes n’est-il pas un moyen habile d’en masquer la placidité ? Peu importe la réponse. Le parti-pris fonctionne. Pour convaincre davantage, il lui aurait sans doute fallu un chef d’orchestre davantage épris de contrastes. La direction de John Pritchard est un modèle d’équilibre, écrivions-nous ; oui, mais au risque de paraitre conventionnelle. Question d’époque sans doute. La nôtre exige plus de théâtre pour tenir en haleine. A défaut, l’enregistrement est parsemé de bruitages d’un réalisme discutable : rumeurs avant la signature du contrat de mariage ou tonnerre fracassant dans la scène de Wolferag heureusement rétablie – la version est intégrale à quelques mesures près ; elle propose même en annexe l’air alternatif de Lucia, « Ancor non giunse… perchè non ho del vento » dont Joan Sutherland ne fait qu’une bouchée.</p>
<p>La vitalité dramatique n’irrigue pas davantage le chant de <strong>Robert Merrill,</strong> irréprochable au demeurant mais dépourvu de cette perversion qui rend Enrico mémorable. <strong>Cesare Siepi</strong>, lui-même, ne réussit pas à tirer Raimondo de sa raideur ecclésiastique. Seul animé de l’ardeur théâtrale nécessaire à la vigueur du drame, se détache <strong>Renato Cioni</strong>, ténor aujourd’hui injustement oublié bien qu’il ait été en 1964 à Londres Cavaradossi aux côtés de Maria Callas et Tito Gobbi, et la même année, Alfredo à Milan dans une<em> Traviata</em> dirigée par Herbert von Karajan. Ardeur ne signifie pas brutalité ou surenchère d’effets d’un goût discutable. Au contraire, Edgardo s’il est dessiné d’un trait affirmé, viril, ne se départ jamais de la noblesse inhérente à son rang. La voix sait naturellement brandir le fer dans les passages les plus héroïques mais aussi baisser la garde quand il convient de nuancer le propos. Le timbre est élégant, l’aigu aisé, l’accent sincère. A l’écoute de ce chant stylé, on comprend pourquoi Joan Sutherland avait voulu le ténor pour partenaire. A l’égal de la soprano mais d’une manière différente, il apparait ici idéal.</p>
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		<title>L&#039;Elisir d&#039;amore</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lelisir-damore-comme-a-la-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2014 06:34:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les rééditions ont ceci de bon qu&#8217;elles nous permettent de remettre en perspective des jugements portés il y a plusieurs décennies. Ainsi cet Elisir d&#8217;amore, republié à partir d&#8217;une remastérisation des prises quadriphoniques originales (comme pour le récent coffret intégral studio Maria Callas, le son se découvre une fraîcheur insoupçonnée). L&#8217;enregistrement (réalisé entre mai et juin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les rééditions ont ceci de bon qu&rsquo;elles nous permettent de remettre en perspective des jugements portés il y a plusieurs décennies. Ainsi cet <em>Elisir d&rsquo;amore</em>, republié à partir d&rsquo;une remastérisation des prises quadriphoniques originales (<a href="/cd/integrale-des-enregistrements-studio-de-maria-callas-quoi-de-neuf-callas">comme pour le récent coffret intégral studio Maria Callas</a>, le son se découvre une fraîcheur insoupçonnée). L&rsquo;enregistrement (réalisé entre mai et juin 1977) est en fait l&rsquo;écho d&rsquo;une production créée à Londres en décembre 1976, la distribution étant identique à l&rsquo;exception du rôle de Nemorino, chanté par José Carreras à la scène mais remplacé par Placido Domingo pour le disque (vraisemblablement pour des raisons de contrats d&rsquo;exclusivité). Et c&rsquo;est ce qui fait tout le charme de cette édition qui associe la spontanéité du <em>live</em> et la perfection du studio. Pas un chanteur, Domingo compris bien qu&rsquo;il soit, en quelque sorte, une pièce rapportée, qui ne chante en même temps qu&rsquo;il ne dit. Chaque mot est ainsi coloré avec une gamme complète d&rsquo;émotions, de la bonhommie à la tristesse, ce qui est la base même (quoique bien oubliée) du chant belcantiste, le rodage de la scène rendant passionnantes les interactions entre les personnages, jusqu&rsquo;au moindre récitatif.</p>
<p><strong style="line-height: 1.5;">Placido Domingo</strong> n&rsquo;est pas, sur le papier, le Nemorino idéal. Sa « Furtiva lagrima » n&rsquo;est pas au niveau de celle de Luciano Pavarotti (pour l&rsquo;immédiate beauté du timbre) ou d&rsquo;Alfredo Kraus ou de Carlo Bergonzi (pour la leçon de chant), pour n&rsquo;en citer que quelques unes. Néanmoins, l&rsquo;air est chanté sans effort apparent, avec goût et musicalité. Surtout, le rôle ne se limite pas à un air : enjoué, sympathique  et bien chantant, le ténor espagnol se fond dans cette troupe aguerrie comme s&rsquo;il avait lui-même participé à la série de représentations, en musicien et acteur accompli. <strong>Ileana Cotrubas</strong> a pour elle la beauté d&rsquo;un timbre unique, une voix plus corsée qu&rsquo;à l&rsquo;ordinaire pour le rôle d&rsquo;Adina, une parfaite musicalité. Néanmoins, on pourra regretter que son personnage soit un peu trop empathique et pas assez espiègle. En Belcore, <strong>Ingvar Wixell</strong> fait mentir ses origines suédoises par une caratérisation digne d&rsquo;un vieux routier italien : là encore la musicalité s&rsquo;allie à la théâtralité. Le gallois Sir<strong> Geraint Evans </strong>est un peu oublié aujourd&rsquo;hui : il fut pourtant l&rsquo;un des tous premiers chanteurs britanniques à connaître une carrière internationale, interprétant le Figaro des <em>Nozze </em>à la Scala, Falstaff à Vienne et au Metropolitan (un rôle qu&rsquo;il enregistra avec Sir Georg Solti), Covent Garden restant son port d&rsquo;attache (il y fit ses adieux en juin 1984 dans ce même rôle de Dulcamara). Si le timbre n&rsquo;est pas exceptionnellement beau, l&rsquo;intelligence de la caractérisation, drôle sans jamais sombrer dans la caricature, l&rsquo;abattage et la gouaille, une parfaite musicalité et intelligence du mot, font tout le prix de cette interprétation. Citons enfin la Giannetta de <strong>Lillian Watson</strong>, un autre pilier de Covent Garden pour les rôles de coloratures, qui sait tirer parti de ce rôle mineur. Les choeurs du Royal Opera sont parfaits (une réserve personnelle cependant : leurs éclats de rire, leurs applaudissements et autres bruits divers pour « faire vrai » sont un peu déplacés au studio). A la tête d&rsquo;un orchestre en très bonne forme, <strong>Sir John Pritchard</strong> offre une direction élégante et alerte, en phase avec les protagonistes vocaux. Ajoutons qu&rsquo;une grande partie des coupures traditionnelles sont ici rétablies.  Au final, une version qu&rsquo;on croirait enregistrée dans un théâtre italien, sans pour autant qu&rsquo;elle n&rsquo;affiche le moindre chanteur venu de la péninsule !</p>
<p> </p>
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		<title>Discothèque idéale : Mozart – Idomeneo (Pritchard, Decca – 1987)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-mozart-idomeneo-pritchard-decca-1987/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 1987 14:38:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En voilà un enregistrement incongru. En 1983, Sir John Pritchard est directeur de La Monnaie, il va être nommé à San Francisco mais, en réalité, il ne lui reste que six ans à vivre. Alors que partout autour de lui, les quadragénaires historiquement informés font souffler un vent nouveau sur le répertoire mozartien, la maison &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En voilà un enregistrement incongru. En 1983, <strong>Sir John Pritchard</strong> est directeur de La Monnaie, il va être nommé à San Francisco mais, en réalité, il ne lui reste que six ans à vivre. Alors que partout autour de lui, les quadragénaires historiquement informés font souffler un vent nouveau sur le répertoire mozartien, la maison Decca opte pour la machine à remonter le temps. Un chef qui livra déjà une intéressante version de l&rsquo;oeuvre trente ans plus tôt, des Wiener Philharmoniker plus rompus à l&rsquo;exercice que quiconque et un cast débordant tellement de stars qu&rsquo;on dirait un de ces films adaptés du <em>Crime de l&rsquo;Orient Express</em>. Du coup, qui a tué Idomeneo, dans la bibliothèque avec le chandelier ? Personne, justement. Certainement pas <strong>Edita Gruberova</strong> au sommet de son art (« D’Oreste, d’Aiace » anthologique), ni <strong>Lucia Popp</strong>, née pour chanter Illia, ni <strong>Agnes Baltsa</strong>, Idamante ardent servi par l&rsquo;un des plus beaux timbres de mezzo de ce XXe siècle finissant. Même si le pauvre <strong>Leo Nucci</strong> – entre deux Rigoletto – se heurte à l&rsquo;impossible tessiture d&rsquo;Arbace, c&rsquo;est <strong>Luciano</strong> <strong>Pavarotti</strong>, auquel on pardonnera un <em>Fuor del mar</em> savonné comme un couloir d&rsquo;hôpital, qui porte l&rsquo;enregistrement sur ses larges épaules. Ses harmoniques graves donnent la chaire de poule, sa stature vocale, la noblesse de sa ligne et son instinct en font un roi déchu à la fois spectaculaire et brisé. Quant à Pritchard, son crépuscule semble si loin, tant est tétanisant le souffle qu&rsquo;il inspire à ses musiciens.</p>
<p><em>Luciano Pavarotti (Idomeneo), Edita Gruberova (Elettra), Lucia Popp (Ilia), Agnes Baltsa (Idamante), Leo Nucci (Arbace).</em><br />
<em>Sir John Pritchard, Wiener Philharmoniker &amp; Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor.</em><br />
<em>Decca – 3 disques – Date de parution : 1987, enregistré en 1983. </em></p>
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