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	<title>Samuel Dale JOHNSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Samuel Dale JOHNSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-comment-on-devient-un-classique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Dec 2019 15:43:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Barbier vu par Katharina Thalbach est en train de gagner un à un ses galons de classique sur la Bismarckstrasse. Cette 70e représentation en tout juste dix ans ne prend guère de rides et reste dans l’air du temps. Quelques ajustements bienvenus, une liberté presque totale laissée aux improvisations des protagonistes, une fluidité remarquable dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Barbier</em> vu par <strong>Katharina Thalbach </strong>est en train de gagner un à un ses galons de classique sur la Bismarckstrasse. Cette 70e représentation en tout juste dix ans ne prend guère de rides et reste dans l’air du temps. Quelques ajustements bienvenus, une liberté presque totale laissée aux improvisations des protagonistes, une fluidité remarquable dans l’occupation des espaces, tout cela est maîtrisé, ajusté et pour tout dire pleinement réussi ; il n’y manque rien, il y en a presque trop. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes">L’an passé</a>, nous avions failli crier grâce devant la multiplication des gags, trouvailles, inventions, craignant que tout cela nous détourne de l’essentiel. Et du reste, fallait-il absolument maintenir le tracteur, la décapotable, la douche en plein-air, les innombrables va-et-vient à la terrasse du café, les manifs aux slogans éculés, les lutineries incessantes des badauds au II ? Pas si sûr. Cette version-ci est donc à peine plus sage, tout juste moins déjantée, mais qu’importe au fond puisque l’esprit est préservé, celui de l’opéra-bouffe.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/6.jpg?itok=lshUYlb8" title="© Marcus Lieberenz" width="468" /><br />
	© Marcus Lieberenz</p>
<p>La copie nous semble de meilleure qualité que l’an passé, et nous le devons tout à la fois à l’orchestre et au plateau. Saluons le travail de <strong>Daniel Carter</strong>. Jeune chef australien, attaché quelques années à Fribourg, il a fait ses débuts il y a tout juste deux mois au Deutsche Oper dans <em>Die Zauberflöte</em> et il entame une collaboration qui s’annonce intéressante. Carter a choisi une baguette légère pour diriger ce <em>Barbier</em>, un tempo cohérent. Il a surtout une écoute remarquable de ses chanteurs et réussit toujours à retomber sur ses pieds malgré quelques libertés prises sur le plateau, nous y reviendrons.</p>
<p>Mis à part Bartolo, tous les personnages sont interprétés par des membres de la troupe ; une précision qui a son importance et qui explique en grande partie la réussite scénique. On n’énumèrera pas la succession de situations comiques ou burlesques qui se suivent à un rythme effréné et avec une aisance, une fluidité, un rythme sidérants. Tout est maîtrisé, calculé, tombe juste et s’enchaîne <em>ad libitum</em>, on en redemanderait presque. C’est pourtant la copie vocale qui emporte définitivement l’adhésion. Le public ne s’y est pas trompé qui, même s’il fut parfois étonnamment indiscipliné (applaudissant à temps et surtout contretemps) a salué justement chacun des protagonistes.</p>
<p>Pas de maillon faible donc ; la Berta de <strong>Aviva Fortunata</strong> se gagne les faveurs du public par un « Il vecchiotto  cerca moglie » du plus bel effet, usant et abusant de son riche corsage pour faire tourner la tête d’un  Bartolo qui n’en peut mais. C’est <strong>Misha Kiria</strong> qui ce soir tient le rôle du tuteur de Rosine et c’est sans doute lui qui recueillera les plus grandes faveurs du public. Il faut dire que son interprétation de Bartolo frise le sans-faute. Un baryton généreux et d’une grande souplesse avec juste ce qu’il faut de puissance, un jeu totalement maitrisé et d’une façon générale une partition qu’il a plaisir à dérouler avec grande aisance. Son « A un dottor della mia sorte » achèvera de conquérir la salle. L’autre voix grave de la soirée (Basilio) est tenu par <strong>Andrew Harris</strong> qui n’arrive pas, dans son air de la calomnie, à se libérer totalement, bien que la mise en scène en soit, une fois n’est pas coutume, plutôt d’une grande sobriété. L’instrument est là pourtant, solide et bien maîtrisé. <strong>Matthew Newlin</strong> est un Almaviva entreprenant, un peu gigolo ; il lui manque encore de s’imposer vocalement face à des collègues sur scène qui, il faut le dire, ont tendance à prendre toute la place.</p>
<p>C’est le cas du rôle-titre. Voilà un barbier qu’on aimerait avoir tout près de chez soi ! <strong>Samuel Dale Johnson </strong>semble trouver dans le personnage de Figaro un rôle à sa pleine mesure. Ce garçon est vibrionnant, infatigable, d’une souplesse de félin et d’une agilité circassienne (y compris lorsqu’il chante dans les airs, retenu par un harnais d’escalade !). Tout cela ne serait rien sans la voix ; et là aussi, on en a pour son comptant. Timbre dense et clair, ligne de chant bien tenue (ce qui, selon les positions acrobatiques qu’on lui impose, relève parfois de la gageure). D’aucuns lui reprocheront de vouloir trop en faire, d’en rajouter, y compris dans l’étirement de la ligne musicale, au risque de mettre en péril la coordination avec les partenaires et l’orchestre, mais, nous l’avons dit, le chef était là pour veiller.</p>
<p>Nous voudrions dire un mot particulier de la Rosine de <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong>, jeune mezzo russe issue de l’ensemble du Bolchoï. Sa toute première apparition, à la fenêtre, et les quelques notes émises, nous ont frappé par leur justesse et leur chaleur. Son « Una voce poco fa » a confirmé la beauté du medium et la profondeur des graves, tout cela soutenu par un timbre charnel du plus bel effet, possédant de riches harmoniques, envoutant pour tout dire. Mais l’aria est long et redoutable et il faut tenir la distance – et accepter de faire mille choses tout en roucoulant, comme tirer les rideaux, porter un pupitre ou passer le balai ce qui, on le concèdera, ne facilite pas forcément la concentration. En un mot, tout n’y était pas, quelques aigus furent timides, la ligne de chant parfois distendue, mais on a eu envie d’être indulgent, tant il nous a semblé que le potentiel vocal est là, qui nécessitera encore approfondissement. Le second air « Dunque io son’ » confirmera ces magnifiques dispositions qui nous donnent envie d’entendre la toute jeune madame Berzhanskaya dans d’autres rôles. Avis aux amateurs : elle débutera dans Romeo de <em>I Capuleti e i Montecchi</em> sous la baguette de Daniele Gatti à Rome dès janvier 2020.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Tosca — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-berlin-deutsche-oper-une-soiree-de-repertoire-un-peu-speciale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Nov 2019 08:10:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas tous les jours que le directeur musical décennal d’une institution – reconduit pour 4 années supplémentaires – fête son anniversaire le soir même où il dirige la 400e représentation d’une production tout aussi institutionnelle. Donald Runnicles s’est offert cette Tosca d’anniversaire et y aura invité nombre de ses amis &#8211; Aribert Reimann &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas tous les jours que le directeur musical décennal d’une institution – reconduit pour 4 années supplémentaires – fête son anniversaire le soir même où il dirige la 400<sup>e</sup> représentation d’une production tout aussi institutionnelle. <strong>Donald Runnicles</strong> s’est offert cette <em>Tosca </em>d’anniversaire et y aura invité nombre de ses amis &#8211; Aribert Reimann était dans la salle. Seule l’absence de Nina Stemme, grippée le matin même, était à déplorer. La soprano suédoise, pourtant instigatrice de la petite surprise – une chanson fort à propos du groupe non moins suédois Abba : « Thank you for the music »  – jouée et chantée par l’orchestre et des membres de la troupe après les saluts. Elle laisse sa place à <strong>Karine Babajanyan</strong>. Prévenue à midi le jour même, la soprano arménienne relève le défi alors qu’elle était sur scène la veille dans le même rôle à Leipzig et n&rsquo;a découvert la production de <strong>Boleslaw Barlog</strong> que quelques heures avant d&rsquo;entrer en scène. Une performance solide, musicale, un rien surjouée, où la puissance fait défaut par moment. L’interprète sauve la soirée d’anniversaire et s’offre un slow avec le chef d’orchestre, galant homme, qui vient de lui offrir son bouquet, pendant que Cavaradossi et Spoletta entament le même pas de deux après s’être menacés de mort une heure auparavant. La situation ne manque pas de sel, tout comme l’interprétation des deux chanteurs. <strong>Fabio Sartori</strong> fait preuve une fois encore d’une musicalité certaine avec de belles nuances, des fins de phrases ornées de diminuendi, un souffle inépuisable et un volume décoiffant dans les répliques qui s’y prêtent. Son jeu, exempt de tout cabotinage, concourt à un portrait à l’héroïsme sobre du cavalier voltairien. <strong>Andrew Dickinson</strong> (Spoletta) caractérise toute la veulerie du personnage avec son timbre mat, nasalisé quand il le faut. <strong>Padraic Rowan</strong> (sacristain) s’offre un premier acte aussi désopilant qu’il est exécuté avec naturel : le boitillement, le chiffon pour épousseter les marbres et les tics de l’homme de foi rejoignent une saine voix colorée par le don comique de l’interprète. On retrouve les mêmes qualités chez l’Angelotti sonore de <strong>Samuel Dale Johnson</strong> et l’autoritaire Sciarrone chez <strong>Patrick Guetti</strong>. <strong>Ambrogio Maestri</strong> vient parachever cette distribution de très bon niveau. Si le monde entier l’admire chez Verdi en bouffon shakespearien, c’est oublier trop vite que son métier lui autorise les plus beaux portraits de méchants : le souffle, le volume et une science des mots remarquable n’y sont pas pour rien. Devant un Scarpia aussi noir, dominant dans le « Te deum » on rêve de l’entendre en Iago. Enfin, et c’est toute l’intelligence de l’acteur formé à Falstaff, il ne transforme pas le Baron en caricature de sadique mais dépeint un homme torturé entre un amour peut-être sincère pour la diva, des désirs coupables et une foi vécue mais sans cesse bafouée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="438" src="/sites/default/files/styles/large/public/2019watosca97babajanyanmaestri.jpg?itok=bcRpHEj-" title="© Bettina Stöß" width="468" /><br />
	© Bettina Stöß<br />
	 </p>
<p>La production de Boleslaw Barlog fête, elle, son cinquantenaire (1969). Naphtaline, penserez-vous ? Pour qu’une production survive ainsi dans une maison où l’on ne lésine pas sur les relectures, il faut bien qu’elle ait quelques avantages. Bien entendu, son classicisme sobre la transforme presque en musée vivant des goûts de l’après-guerre. Mais à bien regarder la reproduction naturaliste de la Chiesa Sant’Andrea, on se surprend à revoir au détail près celle proposée tout récemment par David McVicar au Met. Surtout, et malgré les années, elle conserve des indications simples pour les acteurs mais particulièrement pertinentes : Tosca qui commence le « Vissi d’arte » devant son reflet dans un mauvais miroir, marquant ce moment d’introspection et de prière, hors de la temporalité et du cours implacable de l’acte II ; les deux amants tournant le dos au public pour lancer leur chant de victoire a cappella aux toits de Rome au troisième acte. Un acte parmi les plus beaux qu’il nous ait été donné de voir : la masse crénelée et l’ange du Castel à cour, une vaste terrasse sur le reste du plateau qui laisse apparaître les silhouettes de Saint-Pierre, des pins et des clochers en arrière-plan, une pénombre qui s’éclaire jusqu’au plongeon de Tosca dans la pâleur rosée des aubes de la Ville Eternelle.</p>
<p>	Homme du jour, Donald Runnicles l’est certainement. Lente et ciselée, sa lecture de la partition offre de très beaux moments et une tension qui peu de fois se relâche. On lui reprochera un peu, malgré ce jour anniversaire, de n’en faire qu’à sa tête et de refuser de presser le pas. Le trio de chanteurs s’en trouve déstabilisé plus d’une fois : départs anticipés, souffle court. Cela ne porte pas plus à conséquence mais surprend chez un chef habitué à cette gymnastique des reprises sans répétition et des changements de distribution de dernière minute. A tout seigneur tout honneur, on louera sa modestie d’orfèvre discret pendant la petite cérémonie d’anniversaire qui clôt dans un kitsch joyeux cette soirée de répertoire un peu spéciale.</p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Dec 2018 06:04:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une Chauve&#8211;Souris qui fermera le ban le 31 décembre un Barbier très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de Katharina Thalbach qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une <em>Chauve</em>&#8211;<em>Souris</em> qui fermera le ban le 31 décembre un <i>Barbier</i> très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de <b>Katharina</b> <b>Thalbach</b> qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se joue -brillamment &#8211; du temps et remplit son rôle à merveille. Sa vision  nous entraîne du début à la fin dans un déferlement de gags, acrobaties, clins d’œil qui nous tiennent en haleine. Tout cela est parfaitement bien vu.</p>
<p>Toutefois, vouloir finir l’année en déroulant une vision croquignolesque d’une histoire rebattue, ou privilégier le chant léger et sans prétention, ne doit pas conduire, bien au contraire dirions-nous, à lâcher sur les fondamentaux.<br />
	Et, on le sait bien, chez Rossini, c’est tout de même l’orchestre qui donne &#8230;le tempo. Qu’il soit léger ne saurait l’exonérer d’être dynamique. Qu’il soit plein d’entrain ne saurait l’empêcher d’être précis. L’orchestre, dirigé ce soir là par <b>Nikolas</b> <b>Maximilian</b> <b>Nägele</b> n’a pas été particulièrement de la fête et pour tout dire a déçu dans une partition qui s’apparente souvent à de la fine dentelle. Pas trop d’inspiration, une vision bien monocorde, des décalages nombreux et parfois problématiques (crescendo dans l’air de la « Calomnie », ou avec les chœurs), bref quelques sifflets au baisser de rideau qui n’étaient pas forcément des marques d’enthousiasme.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/b1.jpg?itok=ZxzAgp80" style="background-color: transparent;cursor: default;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" title="© Marcus Lieberenz" width="468" /><br style="background-color: transparent;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 0px;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" /><br />© Marcus Lieberenz</p>
<p>A sa décharge on dira que dès le départ la tâche s’annonce rude. Le rideau en effet est levé dès l’ouverture et on sait bien ce que cela signifie ; la scène s’anime, l’action démarre , les éclairages éblouissent et on n’écoute plus grand chose&#8230; La grand-place de Séville grouille d’une vie digne des images d’Épinal. Magnifiques décors de carton-pâte, animation débordante pendant que résonnent les premiers accords. Un âne provoque les premiers émois du public, des nonnettes affairées et irrésistibles déclenchent les premiers éclats de rires et quand un tracteur tirant une roulotte croise une décapotable des années 60, le brouhaha couvre l’orchestre et les applaudissements (!) rendent inaudible la musique&#8230; On sera toute la soirée dans cette ambiance plus proche de l’opérette que de l’opera <em>buffa</em> avec ce qu’il faut de digressions inattendues, récitatifs tronqués ou rallongés, et quelques fines allusions en langue allemande auxquelles le public ne résiste pas. Dans ces moments-là, où l’on se dit que ce n’est peut-être pas la musique qui aura le dernier mot, il faut jouer le jeu et rire des pantalonnades de Figaro, des arlequinades de Rosine. Superbes décors de <b>Momme</b> <b>Röhrbein</b>, somptueux costumes tout en couleur de  <b>Guido</b> <b>Maria</b> <b>Kretschmer</b> et une mise en scène foisonnante. On ne sait parfois plus où donner du regard tant tout cela est vie, vif et bien vu (l’arrivée de Figaro par le trou du souffleur est un moment d’anthologie&#8230;) et nécessiterait presque un second visionnage pour en goûter toutes les richesses.</p>
<p>Une fois nos réserves émises sur l’orchestre, nous nous accorderons à qualifier de très professionnelles les prestations des chanteurs. Nous découvrons <b>Jana</b> <b>Kurucovà</b> en Rosine. De jolis moyens, un timbre qui nous rappelait ici et là et en fermant les yeux celui de Teresa Berganza, sans avoir toutefois la vista, la souplesse de celle-ci. Il manque encore de la fluidité dans les ornements de « una voce poco fa » notamment. <b>Matthew</b> <b>Newlin</b> est un Almaviva plaisant, dont les moyens limités notamment en terme de projection, surtout au I, ne l’empêchent pas d’être pleinement de la partie. Son jeu est convaincant. Le Basilio de <b>James</b> <b>Platt</b> et le Bartolo de <b>Noël</b> <b>Bouley</b> déroulent parfaitement leurs partitions maîtrisées jusqu’au bout des doigts. Ils savent qu’il ne s’agit pas seulement de chanter mais aussi et peut-être surtout d’assurer le spectacle, ce dont ils s’acquittent parfaitement. Jolis rôles secondaires dont la Berta de <b>Flurina</b> <b>Stucki</b> qu’on aimera entendre dans des rôles plus denses. La palme revient toutefois au rôle-titre, tenu ce soir là par <b>Samuel</b> <b>Dale</b> <b>Johnson</b>. Il fait feu de tout bois comme il sied pour tel rôle, nous livre d’entrée un « largo al factotum » en tout point irrésistible et tient ce tempo époustouflant tout au long de la soirée, quelle prouesse ! La voix est assurée, globalement maîtrisée, elle sied pleinement à ce Rossini. Elle promet d’heureux lendemains. </p>
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