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	<title>Filip JORDENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:21:10 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Filip JORDENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Rigoletto ou le roi s&#8217;amuse &#8211; Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-ou-le-roi-samuse-saint-cere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival de Saint-Céré propose deux semaines d&#8217;une riche programmation entre lyrique et musique de chambre pour satisfaire tous les mélomanes. Selon son conseiller artistique Jean Baptiste Henriat, sa mission n&#8217;est pas de proposer des œuvres lyriques en grandes formes. L&#8217;enjeu est plutôt de « construire un précieux lien de confiance avec le public local &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival de Saint-Céré propose deux semaines d&rsquo;une riche programmation entre lyrique et musique de chambre pour satisfaire tous les mélomanes. Selon son conseiller artistique Jean Baptiste Henriat, sa mission n&rsquo;est pas de proposer des œuvres lyriques en grandes formes. L&rsquo;enjeu est plutôt de « construire un précieux lien de confiance avec le public local en proposant des versions écourtées, allégées mais jamais appauvries, avec des partis pris scéniques forts, dans une grande diversité d’esthétiques et de formes ».<br />
Celui qui est également délégué général du Chœur de Radio France se réjouit de créer des relations au long cours avec des structures ayant la même sensibilité. C&rsquo;est le cas avec la <strong>compagnie Muziektheater Transparan</strong>t, basée à Anvers, qui propose ici – après le<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-ou-le-roi-samuse-paris-athenee-verdi-1-hugo-0/"> théâtre de l&rsquo;Athénée</a> l&rsquo;an passé – une version au confluent de la musique et de la littérature du<em> Rigoletto </em>de Verdi et du<em> Roi s&rsquo;amuse</em> de Victor Hugo.</p>
<p>Le festival investit avec gourmandise les lieux patrimoniaux les plus divers : châteaux, jardins, églises&#8230; Après l&rsquo;exceptionnel Castelneau-Bretenoux pour <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-brook-la-tragedie-de-carmen-saint-cere/"><em>la tragédie de Carmen</em></a>, c&rsquo;est le superbe écrin Renaissance du château de Montal qui sert de cadre à cette soirée d&rsquo;opéra de tréteaux, en plein air, délicieusement débuté par un dîner champêtre.<br />
Une porte, deux escabeaux encadrent un piano monté sur un plateau tournant qui permet de dévoiler dès le début de la soirée, la scène finale de <em>Rigoletto</em> : le bouffon du roi découvre sa fille morte en lieu et place du souverain dont il avait commandité l&rsquo;assassinat. C&rsquo;est en flash-back que <strong>Filip Jordens</strong>, excellent comédien, nous narre la farce qui a mené au drame.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rigoletto-c-theatre-athenee.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Rigoletto-c-theatre-athenee.jpg." />Rigoletto © Théâtre de l'Athénée</pre>
<p><strong>Tom Goossens</strong> a remarquablement construit sa narration et l&rsquo;on passe une très agréable soirée. Laissant libre court à son goût du burlesque, il se plaît à dynamiter cette partition tellement célèbre. Blagues potaches, actualisation du texte entre argot, référence à l&rsquo;actualité covid, voire intrusion des chamailleries entre artistes flamands et néerlandais&#8230; Tout concourt à créer avec le spectateur une complicité pleine d&rsquo;ironie.</p>
<p>Il s&rsquo;agit bien là de théâtre musical, mais en dépit de l&rsquo;interprétation impliquée de <strong>Wouter Deltour</strong>, on atteint ici les limites du genre car il ne reste plus grand chose de l’œuvre de Verdi : pas un air n&rsquo;est interprété intégralement. Le metteur en scène, secondé par la comédienne <strong>Karlijn Sileghem</strong> incarnent tous les personnages secondaires et forment une espèce de chœur assez hilarant qui commente l&rsquo;action avec beaucoup d&rsquo;ironie. Ils traduisent en français les paroles des airs en une espèce de surtitre vocal amusant mais délétère pour l&rsquo;écoute. Cela s&rsquo;avère d&rsquo;autant plus dommageable que les deux chanteurs sont d&rsquo;un excellent niveau.</p>
<p>Le timbre corsé aux aigus riches et pleins d&rsquo;<strong>Esther Kouwenhove</strong>n fait merveille au point qu&rsquo;elle réussit le tour de force d’émouvoir avec son « Caro Nome » pourtant fort perturbé.<br />
<strong>Lars Corijn</strong>, voix puissamment projetée au timbre brillant, ose tirer le roi vers le ridicule. Il massacre volontairement la scie que constitue son air le plus célèbre en marquant, faisant mine d&rsquo;en oublier les paroles italiennes pour en proposer une fausse improvisation en français et terminer assis sur le clavier du piano.<br />
Les deux artistes ont fort à faire pour maintenir la justesse dans les quelques phrases d&rsquo;ensembles où les comédiens font de leur mieux … avec des moyens limités et une mémoire parfois défaillante.</p>
<p>Cette réinterprétation belge de deux monuments français et italiens s&rsquo;avère donc un Objet Théâtral plus que Musical Non Identifié, à l&rsquo;extrême du genre du théâtre musical.</p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-ou-le-roi-samuse-paris-athenee-verdi-1-hugo-0/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jun 2022 16:06:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seul le Roi s’amuse dans la pièce de Victor Hugo qui inspira Rigoletto. Ne pas se fier au titre. Comme l’opéra de Verdi, le drame hugolien ne prête pas à rire, ni même à sourire. Pourtant, l’adaptation combinée des deux ouvrages par Waas Gramser et Kris Van Trier au Théâtre de l’Athénée jusqu’au dimanche 12 juin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seul le Roi s’amuse dans la pièce de Victor Hugo qui inspira <em>Rigoletto</em>. Ne pas se fier au titre. Comme l’opéra de Verdi, le drame hugolien ne prête pas à rire, ni même à sourire. Pourtant, l’adaptation combinée des deux ouvrages par Waas Gramser et Kris Van Trier au Théâtre de l’Athénée jusqu’au dimanche 12 juin parvient plus d’une fois à dérider la salle. Là n’est pas la moindre prouesse d’une démarche qui mêle comédie et tragédie, texte et chant, français et italien, dans le but avoué d’élargir le public de l’opéra – louable intention dont l’enfer, on le sait, aime se paver.</p>
<p>S’il n’est pas certain que cette forme hybride de spectacle convertisse les moins initiés à un genre réputé difficile, force est de reconnaître l’originalité de l’approche et la rigueur avec laquelle elle est menée. Trois bouts de ficelle – un décor réduit à la portion congrue, une mise en scène (<strong>Tom Goossens</strong>) axée sur un plateau pivotant occupé par un piano droit – suffisent à raconter l’histoire de <em>Rigoletto </em>telle que nous la connaissons, exception faite du dénouement final placé en début de représentation selon l’usage désormais fréquent du flashback. Penché sur le cadavre de sa fille, le bouffon du roi, « sublime et grotesque », revit les événements qui ont précipité le drame.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/transparantxrigoletto-leroisamuse_selected_0036_prokoandpenka_dscf8203_websize.jpg?itok=pKMYhc3h" title="© Proko and Penka" width="468" /><br />
	© Proko and Penka</p>
<p>Les interprètes sont au nombre de six  : trois comédiens et un pianiste qui parfois chantent ; deux chanteurs qui parfois parlent. Ces derniers – <strong>Lars Corjn </strong>(François 1er/Mantoue) et <strong>Esther Kouwenhoven </strong>(Blanche/Gilda) assument le versant lyrique du spectacle, avec pour le ténor une voix non dénuée d’éclat mais en difficulté au-dessus du <em>Sol</em>, et pour la soprano une maîtrise admirable de la partition – ses aigus mais aussi ses ornements et ses nuances. « Caro nome » peut ainsi former cette parenthèse poétique durant laquelle la machine dramatique semble suspendre ses rotatives.</p>
<p>Dans cet opéra d’ensembles qu’est <em>Rigoletto</em>, il est indispensable que le bouffon – <strong>Filip Jordens</strong> – et les deux comédiens chargés d’incarner l’ensemble des autres rôles – Tom Goossens et <strong style="font-size: 14px">Karlinj Sileghem</strong> – donnent aussi parfois de la voix, dût la justesse en souffrir et toutes références lyriques être écartées si l’on veut pouvoir adhérer à la proposition musicale. Mais, au piano – et au chant chaque fois que nécessaire –, <strong>Wouter Deltour</strong> maintient tant l’équilibre que l’esprit de la partition, si bien qu’en dépit d’innombrables libertés, Verdi prend l’’avantage sur Hugo. Les tirades théâtrales glissées de ci, de là, s’avèrent souvent difficiles à comprendre car malmenées par des comédiens au débit précipité.</p>
<p>Réconcilier parole et musique est un entreprise à laquelle l’art lyrique s’emploie non sans mal depuis sa création. Comment reprocher à cette sympathique relecture de n’y parvenir qu’à moitié.</p>
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		<title>LEIGH, L&#039;Homme de la Mancha — Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lhomme-de-la-mancha-paris-chatelet-broadway-revisite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 09:57:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la fin des années 60, The Man of la Mancha connut plus de 2 300 représentations à New York. Ce fut d&#8217;ailleurs le seul succès du compositeur qui ne connut par la suite que des échecs. L&#8217;ouvrage fut rapidement adapté à l&#8217;étranger. En Espagne d&#8217;abord (dès 1966, avant même la création sur Broadway), en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la fin des années 60, <em>The Man of la Mancha</em> connut plus de 2 300 représentations à New York. Ce fut d&rsquo;ailleurs le seul succès du compositeur qui ne connut par la suite que des échecs. L&rsquo;ouvrage fut rapidement adapté à l&rsquo;étranger. En Espagne d&rsquo;abord (dès 1966, avant même la création sur Broadway), en Suède, en Allemagne&#8230; puis, plus tard, dans des versions particulièrement exotiques (chinois, japonais, coréen, bengali&#8230;), ce qui témoigne de l&rsquo;universalité du personnage de Don Quichotte. Selon certaines biographies du chanteur, c&rsquo;est la femme de Jacques Brel, Thérèse Michielsen dite Miche, qui fit découvrir à son époux l&rsquo;enregistrement de l&rsquo;ouvrage.  Jacques Brel serait allé entendre la comédie musicale au Carnegie Hall et, transporté, en aurait négocié les droits pour une adaptation en français. Sauf que l&rsquo;ouvrage ne fut jamais donné dans la prestigieuse salle de concert new-yorkaise. Brel dut passer une audition pour prouver qu&rsquo;il pouvait chanter sans micro et dut également accepter de reprendre la production à l&rsquo;identique. L&rsquo;art du poète se révèle donc dans les textes qu&rsquo;il a écrits, souvent assez éloignés de la version originale. On y retrouve des préoccupations classiques de l&rsquo;auteur.  « Little bird, little bird /  Do you sing for me? » devient ainsi « Sans amour, sans amour /  Qu&rsquo;est-ce que vivre veut dire ? ».  Il existe une authentique tradition de cette version francophone : titre d&rsquo;exemple, l&rsquo;immense José van Dam l&rsquo;a interprétée en 1998 à Liège.  La comédie musicale ne prétend pas résumer <em>Don Quichotte </em>et présente Cervantès attendant son procès par l&rsquo;Inquisition. Pour calmer des  codétenus particulièrement agressifs et qui menacent de bruler son manuscrit, il leur conte les aventures de triste chevalier à la triste figure, en leur faisant interpréter ses personnages. L&rsquo;histoire se concentre sur quelques épisodes du roman, parfois légèrement transformés. Après s&rsquo;être rapidement battu contre les moulins-à-vent (une scène plus tardive dans la chronologie du récit), Alonso Quichano se fait adouber chevalier dans une auberge après être venu en aide à une prostituée en qui il voit sa Dulcinea (dans le roman, Dulcinée est une paysane que personne ne voit jamais et qui  « n&rsquo;a pas son pareil pour saler le cochon »). Don Quichotte connait la défaite face au Chevalier des miroirs, en fait le médecin Carrasco (dans le roman, c&rsquo;est une victoire sur un coup de chance). Il est ramené à la raison avant de mourir mais, contrairement au roman, Sancho et Dulcinea exaltés viennent à son chevet, et il retombe dans sa folie. Les détenus laissent Cervantès en paix. </p>
<p>Dans cette production importée du Théâtre de la Monnaie, <strong>Michael de Cock </strong>et <strong>Junior Mthombeni</strong> ont cherché à rendre hommage « à Brel et à Bruxelles, à l&rsquo;imagination, à la poésie et aux impossibles rêves dont cette époque a tant besoin ». Avant le début du spectacle, et pendant les deux courts entractes, des vidéos font témoigner individuellement les membres de l&rsquo;équipe du spectacle, à peu près tous d&rsquo;accord pour rêver d&rsquo;un monde en paix (avec humour, Chaib Idrissi rêve lui de devenir pendant quelque jours patron de BMW). Pendant le spectacle, d&rsquo;autres vidéos nous montrent de sinistres immeubles en cours de destruction (voilà pour Bruxelles), des gros plans sur les interprètes ou des citations de Cervantès. Le décor unique évoque plutôt un terrain vague flanqué d&rsquo;un panneau publicitaire (sur lequel sont projetées les vidéos). Les costumes sont du style modern-crade en vogue. On crie, on siffle, on tape du pied, on simule une chorégraphie sans musique, on renverse des chaises plastiques, on éructe&#8230; rien que du très courant, au fond. Les textes parlés sont modernisés : « burdel de mierdas », « enfoiré », « fils de pute »&#8230;  Le temps semble long avant que la musique ne démarre vraiment, et on n&rsquo;est un peu gêné pour les artistes. Don Quichotte et Sancho entonnent enfin le premier numéro musical. Pança chante « Moi, je suis Sancho, son seul copain » plutôt que  « son seul suivant », comme dans le texte d&rsquo;origine. Lors de son adoubement, Don Quichotte s&rsquo;exclame à plusieurs reprise  « c&rsquo;est cool ». Il fait une blague sur Castex. Les adverbes de négation passent à la trappe « c&rsquo;est pas&#8230; ». Le texte original revendique une certaine grossièreté et utilise des mots crus. Mais était-il nécessaire d&rsquo;en rajouter ? Comme si populariser, c&rsquo;était vulgariser ; comme s&rsquo;il fallait tirer le public moderne vers le bas plutôt que de le hisser vers le haut. On est paradoxalement content de ne pas comprendre la moitié de ce qui se dit sur scène tant les articulations sont souvent relachées et les accents variés. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus déroutant que les metteurs en scène ont introduit un Capitaine de l&rsquo;Inquisition, personnage le plus souvent passif, à la manière de Tadeusz Kantor (ce qui ne nous rajeunit pas), dont les rares interventions sont difficilement compréhensibles. C&rsquo;est lui qui interprète Don Quichotte mourrant, tandis que Cervantès lui souffle ses répliques : un effet qui nous a semblé tuer l&rsquo;émotion de la scène. Seuls Pierre Derhet, Bertrand Duby et Christophe Herrada offrent des voix bien timbrées et clairement articulées.</p>
<p><strong>Filip Jordens </strong>présente des ressemblances physiques et vocales étonnantes avec Jacques Brel qu&rsquo;il a précédemment incarné dans un étonnant <a href="https://www.youtube.com/watch?v=gtHztg3inYM">spectacle hommage</a>. Son interprétation est toutefois moins exaltée, plus rêveuse, celle d&rsquo;un Don Quichotte qui aurait encore un pied dans le monde de l&rsquo;enfance, ce qui d&rsquo;ailleurs se défend tout à fait. Annoncée souffrante, <strong>Ana Naqe </strong>est une Dulcinea à l&rsquo;authentique voix d&rsquo;opéra, soprano spinto à la voix puissante et au timbre chaud à laquelle on pardonne volontiers quelques scories. Dans le rôle du prêtre et de celui (écourté) du barbier (travesti en danseuse de revue des années 20&#8230;), <strong>Pierre Derhet</strong> est une autre voix d&rsquo;opéra, artiste très musical et tout en nuance, sans doute un Nemorino en devenir. En aubergiste, <strong>Bertrand Duby </strong>est une belle basse à la voix profonde, acteur à la belle prestance ; il incarne également la partie dévolue au barbier dans la scène d&rsquo;adoubement. <strong>Nadine Baboye </strong>est une excellente artiste de variétés qui fait preuve ici de ses talents dans un numéro rajouté de slam, aux paroles malheureusement indigentes qui feraient passer <em>Tata Yoyo</em> comme une suite au <em>Soulier de satin</em>. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> est un soprano à la voix très pure et au timbre séduisant. La jeune <strong>Raphaele Green</strong> est également un beau mezzo au timbre chaud. Le ténor <strong>Christophe Herrada</strong> a un bel applomb vocal et scénique dans le triple rôle du Docteur Carrasco, du Duc et du Chevalier aux Miroirs. Vocalement,<strong> Chaib Idrissi </strong> et <strong>Enrique Kike Noviello</strong> n&rsquo;appellent aucunes réserves. Ajoutons que tous ces artistes se révèlent également excellents dramatiquement. L&rsquo;effectif de l&rsquo;orchestre est un peu maigre, mais celui-ci est dirigé avec vivacité par <strong>Bassem</strong> <strong>Akiki</strong>, également auteur des arrangements. Quelques décalage à la première s&rsquo;expliquent sans doute par le fait que l&rsquo;orchestre est situé en fond de scène et que son chef tourne donc le dos aux interprètes. Au final, le mélange d&rsquo;artistes du monde de la pop et de l&rsquo;opéra ne nous a pas paru pertinent : on comprend le message de diversité proposé par l&rsquo;équipe de production, mais ces louables intentions se font au détriment de l&rsquo;homogénéité du spectacle, qui fait parfois penser à une suite de numéros de music-hall, sans véritable arc dramatique.</p>
<p> </p>
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