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	<title>Josip ŠVAGELJ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Josip ŠVAGELJ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, La Traviata &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Rigoletto et Le Trouvère, nous assistons ce soir au troisième volet de la « trilogie populaire » de Verdi. Même principe du concert mis en espace, sur une étroite bande au premier plan de l’orchestre disposé devant le rideau, au-dessus de la fosse. Les choristes, au nombre d’une quarantaine, occupent l’arrière. Cette disposition, très traditionnelle, permet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-erl/"><em>Rigoletto</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-erl/"><em>Le Trouvère</em></a>, nous assistons ce soir au troisième volet de la « trilogie populaire » de Verdi. Même principe du concert mis en espace, sur une étroite bande au premier plan de l’orchestre disposé devant le rideau, au-dessus de la fosse. Les choristes, au nombre d’une quarantaine, occupent l’arrière. Cette disposition, très traditionnelle, permet de bien profiter des voix et de voir les chanteurs de très près.</p>
<p><em>La Traviata</em> ne se satisferait pas de rôles secondaires médiocres, mais exige avant tout trois premiers rôles de très haut niveau, aux voix et aux tempéraments parfaitement assortis, ce qui est totalement réussi ce soir. Et tout d’abord avec <strong>Rosa Feola</strong> (Violetta), jeune cantatrice particulièrement intéressante. Spécialisée d’abord dans les rôles légers (Norina, Adina), avec de grandes facilités à descendre dans le grave, elle a conquis la notoriété international avec ses Gilda, rôle avec lequel elle a débuté au Metropolitan Opera de New York, et qu’elle a chanté un peu partout, comme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-paris-opera-bastille/">à l’Opéra Bastille en décembre 2024</a>. Audrey Bouctot notait à son sujet : « elle régale l’auditoire de son timbre cristallin ». Car pour le moment, elle peut encore chanter Gilda sans problème, tout en abordant des rôles plus corsés, dont celui de Violetta.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-54684169383_c7b5db5638_o-corr-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-196119"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Rosa Feola (Violetta) © Photos Tiroler Festspiele Erl / Scheffold Media</sup></figcaption></figure>


<p>Ce n’est que relativement récemment, en 2020, qu’elle a abordé ce rôle, au théâtre Gabriello Chiabrera de Savone, ville de Renata Scotto où celle-ci avait débuté sa carrière en 1952 dans le même rôle : comment rêver à plus prestigieux parrainage, même s’il est le fruit du hasard ? Depuis, elle l’a régulièrement chanté, y compris récemment au Deutsche Oper de Berlin, avant de le chanter la saison prochaine à La Fenice et au Metropolitan Opera de New York. À la lumière de la représentation de ce soir, on peut noter les atouts qui font qu’elle est d’ores et déjà l’une des grandes Traviata du moment. Tout d’abord sa capacité à jongler sans problème entre les suraigus et les graves, tout en gardant une voix très naturelle. Ensuite les nuances dont elle émaille abondamment son interprétation. Enfin, et ce n’est pas le moindre, son intelligence du texte et son aptitude à rendre l’infinie variété de l’héroïne, dont elle traduit bien la personnalité contrastée. Ainsi, pendant le prélude, passe-t-elle en revue ses souvenirs, avec autant de changements de physionomie que de situations vécues. Puissance, notes filées en diminuendo ou crescendo, elle met toutes ses capacités musicales au service de la construction d’un personnage dont on voit au fil de la représentation la moindre des inflexions, des moments décontractés à ceux de rigidité sociale, ou encore de désespoir et de résignation.</p>
<p>À ses côtés,<strong> Kang Wang</strong>, chanteur sino-australien (Alfredo) est également un habitué de <em>La Traviata</em>, opéra qu’il chante – avec beaucoup d’autres rôles principaux – à travers le monde. Ainsi l’a-t-il interprété la saison dernière au San Carlo de Naples, et le jouera-t-il la saison prochaine au Metropolitan Opera de New York. Aussi à l’aise dans Verdi que dans Mozart ou <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, un autre de ses grands succès, il n’est pas toutefois sans attirer des interrogations. Ainsi, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-dresde/">dans son compte rendu tout récent</a> (16 mai 2025) de <em>Roméo et Juliette</em> au Semperoper de Dresde, Christophe Rizoud nous dit avoir renoncé, essentiellement pour des raisons de style et de langue, à parler de l’ensemble de la distribution où Kang Wang chantait Roméo, à l’exception du Stéphano de Valérie Eickoff.</p>
<p>Certainement, Verdi et l’italien lui conviennent-ils mieux, et j’ai découvert pour ma part une voix claire sans être stridente, puissante sans être nasale, et surtout animée de nuances subtiles parfaitement en situation. On ne sait, de l’Australie ou de la Chine, quelle est la part profonde de sa personnalité, mais toujours est-il que, contrairement à beaucoup de ses collègues d’Extrême-Orient, il a parfaitement assimilé le style du bel canto verdien, et y réussit brillamment.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-erl/">Rigoletto ici même il y a deux jours</a>, <strong>Luca Salsi</strong> est ce soir Giorgio Germont. C’est un rôle qu’il connaît parfaitement pour l’avoir depuis longtemps promené à travers le monde, et qu’il nourrit de multiples nouveaux partenaires. Il l’a chanté plusieurs fois à l’opéra Bastille, et le jouait encore à Vérone le 11 juillet 2025 (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone/">voir le compte rendu de Catherine Jordy</a>). C’est dire qu’il en connaît toutes les ficelles, ce qui lui permet de ne pas le chanter comme Rigoletto. Outre la puissance vocale que nous lui connaissons, on note un legato parfait, qui manque à beaucoup d’autres titulaires du rôle. Et puis la personnification du rôle est tout aussi intéressante ; père abusif certes, mais également attentif et paternel, aussi bien avec son fils qu’avec Violetta, dont on peut se demande un moment s’il n’aimerait pas faire la conquête. Enfin, à son habitude, il bisse à la demande générale son air « Di Provenza il mare, il suol » de la fin du deuxième acte, entraînant un délire d’applaudissements.</p>
<p>La plupart des comparses chantaient également les deux autres soirs, créant un effet « troupe » particulièrement valorisant, où l’on remarquait particulièrement l’Annina de <strong>Xenia Puskarz Thomas</strong>, le Gastone de <strong>Josip Švagelj</strong>, le baron Douphol d’<strong>Andrew Hamilton</strong>, le marquis d’Obigny de <strong>Lukas Enoch Lemcke</strong>. Des chœurs parfaits, une direction musicale à la fois précise, dynamique et attentive aux chanteurs, c’est une magnifique représentation qui termine ce cycle de trois soirs consacré à la « trilogie populaire » de Verdi.<strong><br /></strong><br />Entre la représentation en décors et costumes et le concert traditionnel, cette interprétation « mise en espace » semble ravir un public nombreux (les trois soirs ont été donnés à guichet fermé) et passionné (ovations debout, demandes de bis…). Cela ne constitue certes pas une solution pour sauver l’art lyrique, mais peut lui donner une chance supplémentaire de survie. Surtout lorsque la qualité est du niveau de ce qui vient de nous être présenté. Cela ravive, pour les plus anciens, le souvenir de « Prestige de la musique », cette émission de l’ORTF enregistrée le plus souvent salle Pleyel, et qui proposait régulièrement des programmes d’opéras intégraux. En tout état de cause, avoir réussi à réunir sur trois jours une brochette aussi exceptionnelle de chanteurs, et à présenter trois concerts d’une qualité aussi exceptionnelle laisse augurer très positivement de l’avenir du festival d’Erl.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-erl/">VERDI, La Traviata &#8211; Erl</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Il Trovatore &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Rigoletto, Le Trouvère est ce soir le deuxième opéra de la « Trilogie populaire » de Verdi proposé pour une unique représentation par le festival d’Erl. Là encore, c’est une version de concert, mais mise en espace sur une bande d’un peu plus d’un mètre devant l’orchestre, où les chanteurs jouent leur rôle en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-erl/"><em>Rigoletto</em></a>, <em>Le Trouvère</em> est ce soir le deuxième opéra de la « Trilogie populaire » de Verdi proposé pour une unique représentation par le festival d’Erl. Là encore, c’est une version de concert, mais mise en espace sur une bande d’un peu plus d’un mètre devant l’orchestre, où les chanteurs jouent leur rôle en vêtements contemporains. Certainement, beaucoup de spectateurs ont réservé pour les trois soirées, et l’on commence à percevoir cet esprit «&nbsp;festival&nbsp;» si particulier, notamment par les applaudissements qui saluent l’un ou l’autre des chanteurs des autres soirs quand ils gagnent leurs places pour écouter leurs collègues. Et bien sûr Jonas Kaufmann, directeur artistique du festival, omniprésent, n’est pas le moins applaudi. On a un peu l’impression d’une grande famille qui a plaisir à se retrouver.</p>
<p><em>Le Trouvère</em>, pour paraphraser Toscanini, nécessite quatre voix sans faille et de très haute qualité. <strong>Pretty Yende</strong> a choisi le festival d’Erl pour ses débuts en Leonora. Port de reine, c’est en diva qu’elle fait son entrée suivie de sa camériste. La voix a encore gagné en velouté, et la technique parfaite permet à la cantatrice d’aborder ce rôle en toute sécurité. Que ce soit pour les notes détachées de la cabalette, pour les grandes envolées lyriques, pour les moments qui demandent des attaques franches ou au contraire plus de douceur, la voix est bien présente, à la fois posée et flexible sur toute la tessiture&nbsp;: une prise de rôle sans faute, une magnifique réussite. Avec une gestuelle raffinée, elle imprime également à son personnage une forte personnalité, qui font de Leonora non la malheureuse victime d’un implacable destin, mais une femme moderne luttant pour sa liberté et son bonheur qu’elle veut partager avec celui qu’elle aime.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9-54680742522_9c9a59db61_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-195874"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Pretty Yende (Leonora) et le chef Asher Fisch © Photo Photos Tiroler Festspiele Erl / Scheffold Media</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Mattia Olivieri</strong> (le Comte de Luna), est également bien connu, notamment des Parisiens après ses interprétations d’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-paris-bastille-une-reprise-qui-vaut-le-detour/">Enrico à Bastille en 2023</a> et de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-paris-bastille/">Figaro du <em>Barbier</em> en juin 2025</a>. Il a la voix idéale pour le Comte de Luna, qu’il a déjà interprété malgré sa jeune carrière : puissance et projection, aigus parfaits, physique idoine, il peut prétendre continuer une carrière prometteuse pour peu qu’il ne commette pas d’imprudence. Mais comme il le détaille dans l’<a href="https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-mattia-olivieri/">excellente interview de Marie-Laure Machado en 2023</a>, il a une bonne conscience des dangers et paraît bien armé pour y échapper. Que ce soit dans les duos ou ensembles, il assure avec perfection l’équilibre de sa voix avec celles de ses partenaires, et au niveau de son interprétation scénique, semble jouer « le méchant » avec délectation.</p>
<p>Le ténor sarde<strong> Piero Pretti</strong> (Manrico), également habitué de Paris Bastille, est un spécialiste du bel canto, qu’il a beaucoup pratiqué en Italie depuis 2006 avant de connaitre une carrière plus internationale. Aussi à l’aise en amoureux qu’en fils aimant, il a des élans de brusquerie et de tendresse parfaitement adaptés aux situations. La voix est souple et homogène, le timbre clair un peu âpre, l’émission et la ligne de chant idéales, les aigus fort brillants, le phrasé et la diction de grande qualité, et le style parfaitement adapté, avec de subtiles nuances : il fait notamment les deux notes de la fin de « Di quella pira », alors que tant d’autres n’en font qu’une.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6-54681796493_3e3c08cb0b_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-195875"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Piero Pretti (Manrico) et Elizabeth DeShong (Azucena) © Photo Photos Tiroler Festspiele Erl / Scheffold Media</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Elizabeth DeShong</strong> (Azucena), qui chante souvent en France (notamment au festival d’Aix-en-Provence) et sera Ulrica en Janvier 2026 à l’Opéra Bastille, possède un large répertoire qui couvre aussi bien Britten que Rossini, Puccini, Bellini et même Meyerbeer, parmi d’autres. Elle a fait ses débuts en tant qu&rsquo;Azucena la saison dernière à l&rsquo;Opéra national de Stuttgart. Bien que présentée comme mezzo, elle a des rondeurs graves qui peuvent évoquer un contralto. De prime abord, nous qui sommes plus habitués pour ce rôle aux moyens démesurés de cantatrices comme Irina Arkhipova (Orange 1972), Olga Borodina ou Dolora Zajik, pouvons être un peu surpris par une sorcière beaucoup moins vindicative comme la personnifie Elizabeth DeShong. Mais ce que l’on perd en décibels, on le gagne en musicalité. Son interprétation tout en finesse est un régal, mais sa caractérisation du personnage n’est pas moindre, il n’est que de voir sur les dernières mesures son sourire narquois et satisfait à l’intention du Conte de Luna…</p>
<p>Les autres interprètes sont d’une qualité tout à fait en rapport, à commencer par <strong>Alexander Köpeczi</strong>, un Ferrando de luxe à tous points de vue, que ce soit qualité vocale, prestance ou interprétation d’un rôle souvent sacrifié. <strong>Nicole Chirka</strong> chante très joliment une Ines bien en place, élégante et distinguée sans vouloir paraître diva de remplacement. Et <strong>Josip Švagelj </strong>est un Ruiz bien chantant, discret tout en restant bien présent.</p>
<p>Ce deuxième volet de la trilogie populaire verdienne a été emporté avec une égale maestria par le chef <strong>Asher Fisch</strong> dirigeant l’orchestre et les chœurs du festival, toujours aussi excellents. En conclusion, d’autres voix actuelles peuvent paraître plus brillantes, mais on a applaudi ce soir un ensemble de chanteurs très musiciens, avec de fort belles voix, un sens parfait de l’interprétation théâtrale même en concert, et un équilibre parfait tant dans le domaine de la puissance que de la connivence musicale. Le résultat est une quasi-perfection, que la salle a saluée par une longue ovation debout.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-erl/">&lt;strong&gt;VERDI, Il Trovatore &#8211; Erl&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Rigoletto &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a beau avoir vu des dizaines de fois Rigoletto dans les mises en scène des plus classiques aux plus farfelues, c’est bien agréable de se laisser surprendre, et d’avoir l’impression de redécouvrir l’œuvre grâce à une distribution exceptionnelle et à une connivence entre les artistes. Serait-ce le signe que les « trouvailles » des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a beau avoir vu des dizaines de fois <em>Rigoletto</em> dans les mises en scène des plus classiques aux plus farfelues, c’est bien agréable de se laisser surprendre, et d’avoir l’impression de redécouvrir l’œuvre grâce à une distribution exceptionnelle et à une connivence entre les artistes. Serait-ce le signe que les « trouvailles » des metteurs en scène finissent par lasser, et qu’il est bien de revenir aux fondamentaux, la musique et l’interprétation ? Dans le cadre du festival tyrolien d’Erl, Jonas Kaufmann, son nouveau directeur artistique, a décidé de présenter cette année la « Trilogie populaire » des opéras de verdi, <em>Rigoletto</em>, <em>Le Trouvère</em> et <em>La Traviata</em>, en version de concert, mais avec les plus grandes voix. Le pari était risqué, les résultats sont plus que convaincants.</p>
<p>Alors que Ludovic Tézier, parti depuis pour le festival de Verbier, assurait la première de <em>Rigoletto</em> le 19 juillet, c’est ce soir <strong>Luca Salsi</strong>, tout juste arrivé de Vérone où il interprétait Giorgio Germont, qui reprend le rôle principal. Comme le confirme Catherine Jordy dans son compte rendu d’il y a quinze jours de <em>La Traviata</em>, « il est aujourd’hui au sommet de son art. […] Puissance, longueur de souffle, beauté du chant, on se délecte à l’entendre ». Et de fait, on retrouve avec lui l’art des grands barytons italiens du siècle passé. Son Rigoletto n’est pas vraiment un pitre, c’est surtout un père déchiré par ce que subit sa fille, et sans effets exagérés, il donne une interprétation toute en finesse et en nuances. Bien sûr, la voix est somptueuse, et assure une force particulière au personnage, mais sans sensiblerie, il arriverait à faire pleurer les pierres quand il serre Gilda sur son cœur, ou la cherche dans le palais du duc. Et en plus, comme à Vérone, sous la poussée des applaudissements et des cris du public enthousiasmé, il bisse le duo « Si, vendetta ! » de la fin du 2e acte.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1-54679837928_d8663ce0b5_o-corr55-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-195782" width="795" height="368"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Luca Salsi<strong> (</strong>Rigoletto) et Julia Muzychenko (Gilda) © Photos Tiroler Festspiele Erl / Scheffold Media</sup></figcaption></figure>


<p>Il a à ses côtés une Gilda de rêve, <strong>Julia Muzychenko</strong>. La jeune cantatrice russe a déjà à son palmarès de nombreux prix, et chante depuis plusieurs années des premiers rôles verdiens. Il est difficile de dire si elle chantera longtemps Gilda, car on sent déjà dans sa voix des promesses d’évolution intéressantes. Mais pour le moment, elle jongle avec le suraigu tout en gardant des sonorités rondes et moirées que l’on entend rarement dans ce rôle. Elle est la fille idéale de Rigoletto, à la fois réservée et aguicheuse, un peu comme la Zerline de Mozart, et l’on compatit sincèrement à sa fin tragique.</p>
<p>Troisième rôle principal, le duc de Mantoue est devenu une spécialité du jeune chanteur péruvien <strong>Ivan Ayon Rivas</strong>, qui l’a déjà interprété des dizaines de fois à travers le monde. Le personnage est bien sûr ambigu, attachant d’un côté par son physique et son âge qui le rapprochent irrésistiblement de Gilda – on comprend qu’elle craque immédiatement dès qu’elle voit ce séducteur désinvolte – mais aussi repoussant par son côté Don Juan. La voix est totalement convaincante, brillante, avec des aigus percutants sans être stridents, et il joue le personnage avec une assurance parfaite.</p>
<p>La Maddalena de <strong>Deniz Uzun</strong> est tout à fait dans la tradition, avec une tessiture de mezzo bien adaptée au rôle. Les autres personnages secondaires sont tous excellents, sans aucune faiblesse. La basse hongroise-roumaine <strong>Alexander Köpeczi</strong>, dont le nom circule dans la presse people à d’autres titres, campe un Sparafucile de haute volée, inquiétant à souhait, et d’une voix à faire trembler toutes ses victimes potentielles. Quand il s’avance vers Gilda pour la tuer, alors que, paralysée d’effroi, elle le regarde fascinée comme la souris devant le serpent, c&rsquo;est un grand moment de théâtre. Quant à sa voix, elle est à la voix veloutée et incisive. <strong>Andrew Hamilton</strong> est un comte de Monterone de bonne tenue, de même que<strong> Camilla Lehmeier</strong> (Giovanna et la Comtesse de Ceprano). Enfin, trois autres personnages, <strong>Lukas Enoch Lemcke</strong> (le comte de Ceprano), <strong>Jolyon Loy</strong> (Marullo) et <strong>Josip Švagelj</strong> (Matteo Borsa)<strong>, </strong>font, par le hasard de leurs physiques et de leurs apparitions quasi toujours ensemble du plus petit au plus grand, irrésistiblement penser à William, Jack et Averell, trois des frères Dalton de Lucky Luke. Mais à part cette amusante coïncidence, ils ont tous une voix de grande qualité, et chacune de leurs interventions fait mouche.</p>
<p>L’orchestre du festival, d’une très haute tenue, des chœurs d’hommes irréprochables, et une irrésistible et entraînante direction musicale d’<strong>Asher Fisch</strong> aux tempi parfaits assurent à l’ensemble une très solide assise. Des interprètes qui ont tous l’âge de leur rôle, ou très peu s’en faut, contribuent beaucoup à la véracité du propos. Mais outre des voix irréprochables, ce qui a rendu la soirée exceptionnelle, c’est le jeu scénique sans aucune faille, qui vous tient en haleine du début à la fin, sans que jamais l’ennui ou l’impression de déjà vu ne s’installe. Du grand opéra et du grand théâtre, un régal absolu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-erl/">VERDI, Rigoletto &#8211; Erl</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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