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	<title>Pascal JOURDAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Pascal JOURDAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Sirènes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sirenes-nous-faut-il-tant-de-nuits-tant-detes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Feb 2019 06:48:10 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, bien sûr, c’est l’année Berlioz, le cher Hector étant décédé en 1869. Nul ne pourra l’ignorer, et pas seulement grâce aux commémorations officielles, mais aussi parce que l’industrie du disque semble avoir décidé de donner un sérieux coup de collier. Oh, ne rêvez pas : pas pour enregistrer des raretés, non. Il se trouve qu’en ce début d’année du sesquicentenaire, deux des protagonistes des récents <em>Troyens</em> de l’Opéra de Paris y vont de leurs <em>Nuis d’été</em>. Stéphane Degout a couplé les siennes, dans la version orchestrée, avec un <em>Harold en Italie</em> dirigé par François-Xavier Roth. <strong>Stéphanie d’Oustrac </strong>a choisi, elle, la version piano, encadrée par des mélodies de contemporains de Berlioz. Peut-être quelqu’un aura-t-il un jour l’idée de revenir aux intentions initiales du compositeur, qui avait prévu trois interprètes différents pour ce recueil, mais cela ne semble pas pressé.</p>
<p>Entre Stéphane et Stéphanie, il n’y a pas que les instruments qui changent, mais toute l’approche de ces mélodies. Autant le baryton se livre à une surenchère en matière d’expressivité, surlignant, surjouant et surarticulant tout, autant la mezzo semble avoir tenté d’aller aussi loin que possible dans la voie opposée. Elle a même convaincu le pianiste <strong>Pascal Jourdan</strong> de l’accompagner dans cette démarche, en produisant le moins de son possible. Le résultat est d’abord assez terrifiant, avec une Villanelle lentissime, minimaliste et soigneusement dépouillée de tout allant. Le chant est comme exsangue, aussi peu printanier que possible. Evidemment, les autres mélodies s’accommodent mieux de cette manière : « Le Spectre de la rose » et les suivantes, pleines de linceuls et de tombes, tolèrent plus facilement le style cadavérique, même si l’expérience a ses limites, notamment le risque de la somnolence. Enfin, comme par miracle, « L’Ile inconnue » bénéficie, elle, d’une soudaine bouffée d’énergie sans laquelle le navire aurait sombré corps et biens.</p>
<p>« La Mort d’Ophélie » complète le volet central, berliozien, du disque. Avant et après ces plages, Stéphanie d’Oustrac chante en allemand, Liszt d’abord, Wagner ensuite. L’heure du répertoire allemand semblait avoir sonné pour elle, puisqu’elle aurait justement dû être le Compositeur dans <em>Ariane à Naxos</em> à Toulouse. Cela ne se fait finalement pas, mais ce n’est peut-être que partie remise.</p>
<p>Les <em>Wesendonck Lieder</em> dans leur version première, avec piano, ont déjà été enregistrés à de nombreuses reprises, et pas nécessairement par des artistes au format wagnérien, comme le permet la légèreté de l’accompagnement. Heureusement, la mezzo y renonce à sa curieuse approche des œuvres de berliozienne et consent à y déployer l’expressivité attendue. On signalera néanmoins, surtout dans l’aigu, quelques notes blanches, pas tout à fait dénuées de vibrato, mais manquant tout de même un peu de matière. « Träume » la trouve plus en voix, et c’est heureux, mais l’on espère que Stéphanie d’Oustrac ne voudra pas trop tôt se prendre pour Brangäne.</p>
<p>Finalement, le plus intéressant du disque, c’est sans doute le bouquet de lieder de Franz Liszt, dont le premier donne, un peu abusivement, son nom à ce récital. En guise de <em>Sirènes</em>, il n’y a guère ici que « Die Loreley », mais passons. Ces œuvres étant un peu moins fréquentées, elles bénéficient aussi de l’absence de références immédiates en mémoire, et l’oreille peut les savourer peut-être plus objectivement. La mezzo ne craint pas d’y mettre le théâtre nécessaire pour évoquer l’engloutissement du batelier fasciné par la nymphe des eaux. Parmi les cinq autres plages lisztiennes, on découvre notamment une version de la « Ballade du roi de Thulé » qu’il aurait pu être intéressant de rapprocher de celle de Berlioz, tant l’atmosphère en est différente, et deux mises en musique très différentes d’un même poème de Goethe, « Freudvoll und leidvoll », conçues en 1844 et en 1861. En réécoutant ces œuvres de Liszt, on se demande vraiment pourquoi Stéphanie d’Oustrac a cru bon de chanter si peu dans <em>Les</em> <em>Nuis d’été </em>: fallait-il à ce point vouloir faire preuve d’originalité pour se démarquer de la concurrence, rude, il est vrai ? Un disque exclusivement consacré à Liszt aurait-il été une mauvaise chose ? Ce n’est apparemment pas impossible, puisque Cyrille Dubois semble en préparer un.</p>
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		<title>Invitation au voyage, mélodies françaises</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/invitation-au-voyage-melodies-francaises-en-finir-avec-roland-fine-bouche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2014 06:19:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusques à quand enfin l’ombre de Roland Barthes continuera-t-elle à planer sur la mélodie française ? Voilà maintenant plus d’un demi-siècle que le cher homme rédigea son texte intitulé « Le grain de la voix », et il semble bien difficile de se dégager de sa redoutable emprise. Pourtant, les temps ont bien changé depuis ces années 1950 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusques à quand enfin l’ombre de Roland Barthes continuera-t-elle à planer sur la mélodie française ? Voilà maintenant plus d’un demi-siècle que le cher homme rédigea son texte intitulé « Le grain de la voix », et il semble bien difficile de se dégager de sa redoutable emprise. Pourtant, les temps ont bien changé depuis ces années 1950 où Barthes stigmatisait « L’art vocal bourgeois », vouant aux gémonies Gérard Souzay pour avoir un tant soit peu <em>joué </em>les mélodies au lieu de se contenter de les <em>dire</em>. A notre époque, où la virtuosité jadis honnie a retrouvé droit de cité, où l’opéra est redevenu un art respectable, faut-il encore partager les préjugés marxisto-brechtiens du chevalier Roland ? Faut-il pourfendre l’hybridité d’un genre qui ose mêler théâtre et musique ? Doit-on encore louer Panzéra et blâmer Gérard Souzay, faire la fine bouche face à Fischer-Dieskau ? Dans le brillant texte qui accompagne ce disque, Cesare Liverani se réfère à Barthes, comme s&rsquo;il fallait nous prouver une fois de plus que la mélodie française n’est pas un genre suranné puisqu’il suffirait de dire non à tout pathos, à tout dramatisme, pour le ressusciter, le rendre acceptable aux modernes que nous sommes.</p>
<p>Pourtant, l’un des moments les plus jouissifs du récital que <strong>Stéphanie d’Oustrac </strong>consacre à quelques perles du genre n’est-il pas son interprétation du « Placet futile » de Mallarmé mis en musique par Debussy, où la mezzo s’autorise à s’amuser un peu et à laisser s’exprimer son côté « bête de scène » ? Ailleurs, on sent parfois que la chanteuse se surveille, de peur de trop en faire ; elle que l’on a connue presque trop humaine, trop proche, dans une Mélisande que l’on aurait voulue plus énigmatique, la voilà qui prend de la distance, se corsète presque. Heureusement que son timbre chaud lui permet de combler notre oreille, dans un répertoire plus souvent fréquenté par les interprètes masculins. Elle ne s’empêche pas non plus de donner de la voix quand il le faut, de laisser le son s’épanouir sans trop de contraintes, ou à l’inverse de murmurer, d’alléger, avec un beau sens de la nuance. Quant à la diction de Stéphanie d’Oustrac, on en connaît depuis longtemps les vertus, manifestes dans le répertoire français, du baroque jusqu&rsquo;au XXe siècle. On apprécie aussi le piano expressif de <strong>Pascal Jourdan</strong>, surtout pour des pièces où l’instrumentiste se voit confier un rôle bien au-delà du simple « accompagnement ».</p>
<p>Enfin, qu’aurait dit Roland Barthes en constatant que l’on ose ici mêler aux très canoniques Duparc et Debussy, inspirés par les non moins canoniques Baudelaire et Mallarmé, les compositions des humbles, des sans gloire, d’un Jacques de La Presle ou d’une Lili Boulanger ? Quant à Reynaldo Hahn, peut-on faire plus bourgeois ? Cette audace nous offre pourtant quelques belles découvertes. Henri de Régnier n’est peut-être pas le plus inoubliable des poètes français, mais ses vers ont permis à La Presle d’écrire des partitions fort séduisantes, en particulier le « Nocturne » de 1912 ; quant à Francis Jammes, Lili Boulanger en sublime la poésie dans son cycle « de jeunesse », <em>Clairières dans le ciel</em>. Petit détail technique : les plages 2 et 3 du disque sont interverties, car contrairement à ce qu&rsquo;indique le livret on entend en fait la « Chanson triste » de Duparc avant « Soupir ».</p>
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		<title>POULENC, La Voix humaine — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/doustrac-a-corps-perdu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Feb 2011 18:52:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l’heure où le téléphone avec fil devient un objet de musée et où les opératrices susceptibles de couper les communications ne sévissent plus depuis des lustres, la pièce créée par Berthe Bovy à la Comédie-Française en 1932, puis magnifiée en tragédie lyrique en 1959 par la musique de Poulenc, conserve toute sa puissance dramatique. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          À l’heure où le téléphone avec fil devient un objet de musée et où les opératrices susceptibles de couper les communications ne sévissent plus depuis des lustres, la pièce créée par Berthe Bovy à la Comédie-Française en 1932, puis magnifiée en tragédie lyrique en 1959 par la musique de Poulenc, conserve toute sa puissance dramatique. L’appareil, dont Cocteau avait saisi le potentiel diabolique, s’y révèle l’arme d’un crime qui se déguise en suicide. </p>
<p>Dans le ravissant théâtre de l’Athénée, l’œuvre est donnée avec son accompagnement de piano. Celui que Francis Poulenc jouait lui-même lors de ses tournées de récitals avec Denise Duval1, créatrice du rôle à l’Opéra-Comique. Loin d’être une simple réduction de l’admirable partition d’orchestre, cette version de chambre possède ses qualités propres. Entre les nombreux passages <em>a capella</em>, elle donne à entendre une musique si spontanée qu’on la croirait improvisée. Elle est de bout en bout sensuelle et intimiste, souvent légère et tragique à la fois, comme ce rythme de valse au moment où la protagoniste évoque sa tentative de suicide ; c’est toujours la voix qui décide quand le piano doit intervenir.</p>
<p>Bien que datée dans son expression, la situation demeure universelle. Succédant aux nombreuses interprètes de ce rôle, <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong> se jette à corps perdu dans ce récitatif chaotique ponctué d’élans lyriques qui surgissent soudain, en particulier dans les moments d’exaltation où les souvenirs les plus intimes remontent à la surface. Sa voix chaude et son élégante silhouette apportent un modernisme et une séduction très personnelles. Avec sincérité et sobriété, sans la moindre affectation, elle incarne ce personnage féminin atemporel jusqu’à la bouleversante injonction finale : « J’ai le fil autour de mon cou… Je suis brave. Dépêche toi. Vas-y. Coupe ! Coupe vite ! Coupe ! Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime ! » </p>
<p>Afin d’obtenir un spectacle de durée acceptable, <em>La voix humaine</em> est ici précédée de deux courts monologues sur des textes de Jean Cocteau. D’abord, <em>La Dame de Monte-Carlo</em>, le bilan sarcastique et violent d’une vieille cocotte qui termine sa vie par un plongeon désespéré dans les eaux de la Méditerranée (mis en musique par Poulenc en 1961). Ensuite, <em>Lis ton journal</em> où Stéphanie d’Oustrac démontre ses solides qualités de femme de théâtre dans un passage extrait du <em>Bel indifférent</em> (écrit pour Edith Piaf en1940). </p>
<p>Malgré d’agréables couleurs et de beaux éclairages, le dispositif scénique prétendument abstrait réalisé avec diverses étoffes trouées, disposées en désordre — Les déchirures de cœurs en lambeaux ? — s’avère une contrainte assez regrettable. L’enchaînement brutal de deux œuvres mineures avec la grande tragédie lyrique qu’est <em>La voix humaine</em> nuit quelque peu à l’extrême tension des premières minutes du drame.</p>
<p>Bien sûr, cela n’a pas empêché la chanteuse et l’excellent pianiste, <strong>Pascal Jourdan</strong>, de recueillir conjointement les bravos d’un public visiblement conquis.</p>
<p> </p>
<p><em>(1) Pour en savoir plus, lire : Bruno Berenger, Denise Duval, Symétrie 2003</em></p>
<p>
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