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	<title>Kaarin Cecilia PHELPS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Kaarin Cecilia PHELPS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Toulon (Châteauvallon)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-toulon-chateauvallon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si les théâtres de plein air sont nombreux à servir d’écrins à l’opéra, celui de Châteauvallon paraît unique. Malgré la pénible ascension pour y accéder (1), malgré l’inconfort de ses gradins, d’où l’écoute et la vue sont exceptionnelles, malgré le bref concert des cigales au début de l’ouvrage, tout est réuni pour un moment de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si les théâtres de plein air sont nombreux à servir d’écrins à l’opéra, celui de Châteauvallon paraît unique. Malgré la pénible ascension pour y accéder (1), malgré l’inconfort de ses gradins, d’où l’écoute et la vue sont exceptionnelles, malgré le bref concert des cigales au début de l’ouvrage, tout est réuni pour un moment de partage avec les artistes : la proximité, l’acoustique aussi. L’absence de mur de fond ne sera jamais un handicap. Mieux, l’odorante pinède autorisera des lumières et de discrètes projections qui participeront idéalement au drame. Ainsi, le disque lunaire, en harmonie avec le décor dépouillé, sera doublé de l’apparition de la « vraie » lune, en arrière-plan. A cet égard, le duo extasié de la fin du premier acte, porté par des voix et un orchestre splendides, comme le nocturne final du II, trouvent dans ce cadre une dimension extraordinaire.</p>
<p>Le destin inexorable de la jeune geisha, de la joie innocente à son abandon par son acquéreur-séducteur dénué de scrupules, à sa détresse qui la conduira au suicide est connu. La mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, d’une profonde intelligence dramatique et musicale, dépourvue de surcharge, fouille les âmes et les corps et nous vaut moins un Japon de convenance, fantasmé par l’Occident, que l’essence de l’âme du pays du Soleil levant, que méconnaît et dédaigne, sinon méprise, le conquérant vaniteux et égoïste.<br />
Son esthétique minimaliste traduit la spiritualité, la fragilité, l’absence, sur un plateau dépouillé, en gradins clairs, perle, au moyen d’un efficace dispositif, mobile. L’abstraction esthétique d’une forêt de tiges blanches, assortie d’un cercle, permettra de renouveler le cadre, intime comme large, et focalisera l’attention sur les acteurs du drame. Au II, l’attente et le naufrage annoncé des espoirs de Cio-Cio-San seront sobrement illustrés par quelques carcasses de bateaux en arrière-plan, et la présence visuelle de l’eau.<br />
Les costumes de <strong>Philippe Miesch</strong> (2) parfaitement assortis, jamais ostentatoires, mais surtout la direction d’acteurs, la gestique sont exemplaires de vérité. Les lumières de <strong>Nicolas Descôteaux </strong>et le traitement efficace et discret de la vidéo d’<strong>Éric Maniengui </strong>servent idéalement le projet<strong>. </strong>Le régal visuel sera constant.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026-06-23-Pre-generale-Madama-Butterfly-%C2%A9Kevin-Bouffard-082-2-1294x600.jpg?v=1782658261" alt="image-1" />Sunyoung Seo (Cio-Cio-San) et Edgaras Montvidas (Pinkerton), acte I @ Kévin Bouffard</pre>
<p>&nbsp;</p>
<p>La distribution, internationale, comprend deux chanteurs français, qui ne déméritent jamais. Les quatre grands rôles sont confiés à des artistes l’ayant pleinement intégré. De surcroît, chacun d’entre eux confère une réelle dimension humaine, nuancée à souhait, qui rend chaque personnage attachant, y compris l’ignoble Pinkerton. Signalons aussi la qualité constante de la diction, qui donne son juste poids à chaque mot.</p>
<p>Les deux premiers protagonistes sont familiers de l’ouvrage (ils l’ont interprété ensemble à Nancy en 2019). La Cio-Cio-San du début n’a pas toujours la juvénilité attendue, comme si quelques scories de Tosca encombraient ponctuellement l’expression. Mais, dès sa grande scène avec Pinkerton, cette réserve sera oubliée pour que <strong>Sunyoung Seo </strong>s’identifie pleinement à son héroïne, ingénue, candide, pudique et digne, victime consentante, aveuglée par son amour. Attendu, le seul véritable grand air de l’opéra, le « Un bel di vedremo », moment fort, avant la grande scène avec Sharpless, ne fait pas oublier que tout est admirable, émouvant. La plénitude du chant, son modelé, ses accents ne se démentiront jamais, au service de l’expression la plus juste, servie par des moyens superlatifs. Leur ampleur impressionne, des aigus rayonnants, exaltés ou sur le souffle, la douceur comme la violence sont bien là pour un des rôles les plus exigeants du répertoire. La simplicité naturelle par laquelle elle exprime sa détresse (« Che tua madre dovrà prederti… ») dans un registre médian et grave, somptueux, en est une des facettes, contrastant avec la violence de sa réaction à l’endroit de Goro, alors qu’elle prémédite son suicide, avant que son fol espoir renaisse à la faveur de l’annonce de l’arrivée du navire portant Pinkerton. La tendresse douloureuse de <em>« Dormi, amor mio »</em>, tout nous bouleverse.  Une des plus grandes Cio-Cio-San que nous ayons écoutées.</p>
<p>Le Pinkerton, dépourvu de scrupules, jouisseur, immature d’<strong>Edgaras Montvidas </strong>est juste, servi par une voix sûre. Les aigus sont lumineux, aisés, un vrai ténor, fin musicien et excellent acteur. Le vaniteux conquérant<em>, </em>fringant<em> (</em>« Dunque al mondo »<em>) </em>évoquant peu après son « vrai » mariage aux États-Unis de façon odieuse, est détestable. Chanté avec finesse et retenue, le « Addio, fiorito asil », où il avoue sa lâcheté permet de nuancer la personnalité, sans pour autant rendre le personnage attachant.</p>
<p><strong>Irina Sherazadishvili</strong> est une authentique révélation en Suzuki. Son beau mezzo, chaud et sonore, le plus souvent associé à Cio-Cio-San, ne nous émeut pas moins, durant tout l’ouvrage, avec un duo des fleurs exceptionnel et un dernier acte bouleversant. A suivre. Nous découvrons avec bonheur en <strong>Csaba Kotlár </strong>un Sharpless humain, d’une distinction de diplomate aguerri, clairvoyant, attentionné. Comme le souligne le livret, l’aîné de Pinkerton n’aurait-il pu paraître plus âgé ? Ce sera l’unique et faible réserve, car le consul est proche de l’idéal, dramatiquement comme vocalement. La voix, sûre, égale, bien timbrée, la ligne de chant admirable, lui vaudront des ovations appuyées, pleinement méritées, lors des saluts.</p>
<p><strong>Yoann Le Lan </strong>s‘empare du rôle de l’entremetteur avec bonheur. Son Goro fait son métier, sans scrupules.  Du commerce, pas de trahison (3) . Les moyens sont là, vocaux comme scéniques. Notre ténor a l’assurance, la projection, le timbre et le jeu pour lui donner une vie réelle. Le bonze imprécateur, conscient de l’impasse dans laquelle se fourvoie sa nièce, est confié à <strong>Matthieu Toulouse</strong>. La rondeur, la projection, les graves sonores sont au rendez-vous. Le baryton puccinien<strong> Jiwon Song</strong>, ancien lauréat du Concours de Clermont-Ferrand, fait preuve d’une aisance vocale et d’une sûreté de jeu indéniable pour incarner le Prince Yamadori. Kate Pinkerton, confiée à <strong>Kaarin Cecilia Phelps, </strong>est juste, étrangère digne et sensible, et ses quelques répliques nous font regretter de ne pas l’entendre davantage. Les petits rôles, dont les quatre confiés à des chanteurs du chœur ne déparent jamais une distribution de haut vol. Le <strong>chœur de l’Opéra de Toulon</strong>, préparé avec soin, nous réjouit, dans ses interventions ponctuelles comme dans le chœur nocturne, à bouches fermées, qui suspend l’attente du deuxième acte. Nul ne peut rester insensible à une traduction vocale et dramatique aussi admirable.</p>
<p>Puccini a tiré la leçon de Wagner et de Debussy : l’orchestre est au cœur du drame, exprimant l’indicible, les mouvements du cœur, la joie, le rêve, les tensions comme la plénitude, jusqu’à l’horreur. La direction de <strong>Victorien Vanoosten</strong>, intense et raffinée, lui rend sa fonction essentielle, où le chant et l’orchestre se nourrissent mutuellement, entrent en symbiose. Peu de formations excellent à ce point. Ductile, coloré, articulé et précis, il restitue les phrasés et les progressions avec un goût très sûr, sans la moindre boursouflure. Magistral est le traitement du temps, des tensions, de l’urgence, de l’étirement infini de l’attente sereine, fébrile ou tragique (4). L’intelligence, la cohérence de la lecture, tout concourt à confirmer l’exemplarité de la réalisation, loin des clichés, une authentique Passion (5). Puisse-t-elle connaître la plus large diffusion.</p>
<pre>1. Ce soir, pour l’authentique Passion dont nous avons été témoins, l’ascension, sous un soleil de plomb, de la colline constituait un chemin de croix.
2. qui signe également la scénographie.
3. Malgré les cent yens pour lesquels il vend Cio-Cio-San, il n’est pas Judas.
4. La fugue du prélude, bien qu’étrangère au contexte oriental, invite à être écoutée comme l’introduction d’une Passion, dans sa dimension humaine et spirituelle.
5. Alors que sa résolution est prise, Cio-Cio-San ne chante-t-elle pas <em>Tutto è compiuto ormai </em>(Tout est accompli maintenant) ?</pre>
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		<item>
		<title>BELLINI, Norma &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Est-il besoin de rappeler que Norma est la partition la plus jouée de Bellini, la plus célèbre aussi, ne serait-ce qu’au travers de Casta diva, l’invocation dont Maria Callas affirmait non sans humour que Bellini l’avait écrit pour elle (1), abondamment reprise sous toutes les formes (musique de nombreux films, chansons etc.)&#160;? S’il n’en fut &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-il besoin de rappeler que <em>Norma</em> est la partition la plus jouée de Bellini, la plus célèbre aussi, ne serait-ce qu’au travers de <em>Casta diva</em>, l’invocation dont Maria Callas affirmait non sans humour que Bellini l’avait écrit pour elle (1), abondamment reprise sous toutes les formes (musique de nombreux films, chansons etc.)&nbsp;? S’il n’en fut pas toujours ainsi (2), <em>Norma </em>s’est imposé comme l’apothéose du bel canto et du romantisme italien, ouvrage dont la portée outrepasse les prouesses vocales qu’il exige de ses interprètes.</p>
<p>Il y a fort à parier que le gui des druides ne poussa jamais dans la belle pinède odorante où se niche Châteauvallon. C’est pourtant là que se presse le plus nombreux public pour assister à l’oracle que Norma va délivrer aux Gaulois prêts à en découdre avec l’occupant, dans le bois sacré, à la lumière de la lune. Dans la Gaule rebelle, la prêtresse et fille du chef des druides, Oroveso, aime secrètement Pollione, le proconsul romain dont elle a deux enfants. Ce dernier s’éprend d’Adalgisa, associée à Norma dans le culte druidique, et trahira Norma. Celle-ci marchera au bûcher après avoir avoué publiquement sa faute, et Pollione, l’y accompagnera, touché par la grâce.</p>
<p>La configuration singulière du site – un amphithéâtre en plein air – impose des contraintes spécifiques à la réalisation scénique. Dès sa découverte du lieu, le spectateur observe, surpris, que l’orchestre, à rebours des habitudes, se trouve relégué derrière le plateau, dans une sorte de demi-fosse qui permettra au public de le suivre avec attention. De surcroît, sa disposition interroge&nbsp;: déplacés d’un quart de tour, les musiciens observeront le chef, côté jardin, dirait-on dans une salle habituelle. Cette initiative s’avérera particulièrement bienvenue. Acoustiquement, la clarté y gagne, comme les équilibres (les cordes ramenées à leur juste valeur), et, surtout, le chant, pleinement valorisé, proche du public, prendra toute sa dimension, sans qu’il soit besoin d’une amplification, malgré l’absence de paroi réfléchissante en fond de scène. Visuellement, la magie de la tombée de la nuit sur le décor naturel de la pinède, assortie de cette sorte de bandeau formé par la lumière des pupitres, jouera pleinement, à la faveur des éclairages subtilement dosés de <strong>François Thouret</strong>. Ce cadre sylvestre, magnifié, où les caresses de la brise participent au bonheur musical, suffit pour ce qu’avec modestie le programme signale comme une «&nbsp;mise en espace&nbsp;». Il est vrai que le décor, unique, mais changeant à la faveur des lumières, se résume à sept troncs stylisés sur un plateau noir, réfléchissant. Solistes et chanteurs du chœur mettront à profit un couloir circulaire au pied du plateau pour leurs apparitions et déambulations. Ainsi, la dernière scène permettra au chœur d’entourer, efficacement et à distance, Norma, son père et son amant. Il faut louer la qualité d’invention d’<strong>Emmanuelle Bastet </strong>et de <strong>Tim Notham</strong>, qui signent ce petit miracle en allant à l’essentiel. Ni lune (qui préside à la cérémonie druidique sur laquelle s’ouvre l’opéra), ni bûcher, qui verra périr Norma et Pollione&nbsp;: les lumières suffiront à les suggérer, débarrassant l’opéra de tout caractère anecdotique. Unique accessoire, le poignard. Nulle transposition, forcément réductrice (suggérant plus d’une fois l’Occupation allemande, ou russe en Ukraine), on est dans l’intemporalité. La dimension politique n’est pas occultée pour autant par le conflit amoureux. Les costumes sont également dépouillés de toute référence, uniformément noirs (le chœur et les solistes masculins, Oroveso porteur d’une redingote), seules les couleurs permettront de différencier les héroïnes. A ce minimalisme répond une direction d’acteurs efficace, malgré quelques gestuelles conventionnelles.</p>
<p>L’ambitus des deux principaux rôles féminins est rigoureusement le même (du si bémol au contre-ut), il est utile de le rappeler. Norma et Adalgisa, bien qu’attendues différentes (une grande-prêtresse, mère protectrice et sa jeune assistante et amie), ont été fréquemment chantées en passant – naturellement &#8211; de la seconde à la première (ainsi Karine Deshayes récemment). <strong>Salome Jicia</strong>, incarne de nouveau Norma (après Cologne et Hambourg en 23) après voir chanté Adalgisa en septembre dernier à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-marseille/">Marseille</a>. Disciple de Renata Scotto et d’Alberto Zedda, la soprano géorgienne traduit à merveille la complexité et l’évolution de Norma. On sait l’exigence exceptionnelle du rôle qui, outre les qualités vocales et dramatiques, appelle une endurance assurée pour aborder le finale.&nbsp;La voix est chaude, qui trouve la lumière pulpeuse des aigus, qu’ils soient amples et brillants ou de délicats piani, ronde sur tout le registre, assortie d’une diction exemplaire. On oublie la technique, superlative, tant les traits et vocalises expressives semblent couler de source. C&rsquo;est une authentique tragédienne, qui a le sens du récit et le charme attendus. La présence, magnétique, fascine et touche, une véritable incarnation. Evidemment chacun attend <em>Casta diva</em>. La douceur caressante, mélancolique de l’orchestre introduit idéalement le chant, et il est évident que chacun l’écoute avec sa référence (qui n’est pas forcément Callas). Mais celles-ci sont vite oubliées tant la liberté de la ligne, ses modelés, et l’émotion qu’elles suscitent sont justes. Comment résister à l’intensité, à la générosité, si authentiques ? &nbsp;La cabalette suivante <em>Ah&nbsp;! bello a me ritorna</em>, n’est pas moins admirable&nbsp;: le bel canto idéal où le chant le plus virtuose, aux ornements et vocalises exemplaires, au souffle infini, sert une incontestable vérité dramatique. La puissance déclamatoire, fréquemment sollicitée, confirme que nous avons là une très grande Norma.</p>
<p>Adalgisa, <strong>Emily Sierra</strong>, n’est pas moins expressive ni douloureuse. La jeune vierge que protège Norma a la grâce, la candeur, et, surtout, l’étoffe du rôle. La voix est ample, séduisante, l’aigu aussi savoureux que les graves du trio qui ferme le I, jamais poitrinés, le legato superbe, le souffle long, et on se prend à regretter que l’ouvrage ne lui réserve ni air, ni cavatine, ni romanza. Son récit d’entrée,<em> Sgombra è la sacra selva</em>, suivi de l’arioso <em>Deh proteggini o Dio</em>, imposent le personnage, incarné avec justesse. Si le premier duo avec Norma, idéalement équilibré, dépasse la pure virtuosité vocale pour l’expression intense, le second est d’une exceptionnelle beauté et nous captive par sa magistrale progression (<em>Si, fino all’ore estreme</em> en particulier).</p>
<p>Pollione, amant orgueilleux, partagé et tourmenté, puis touché par la grâce, est confié à <strong>Matteo Falcier</strong>. Le ténor connaît bien son rôle, malgré quelques discrètes défaillances, certainement imputables à la position singulière des chanteurs par rapport à la direction. Energique, sans exhibition des muscles ou de l’aigu, son médium est nourri, la ligne est bien conduite, au style franc et châtié, même si le timbre n&rsquo;a pas la rondeur de références tenaces. Le lyrisme est servi avec l’aisance attendue. La tendresse des inflexions dans ses dialogues avec Adalgisa nous touche (3). Le trio du I (<em>Oh di quel sei tu vittima</em>) où l’amant changeant est entouré de la mère de ses enfants et de sa maîtresse est un pur joyau, équilibré, convaincant.</p>
<p>Chef de guerre, père aimant, Oroveso est confié à <strong>Öney Köse</strong>, spécialiste du rôle, qu’il avait chanté à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-strasbourg/">Strasbourg</a> en juin dernier (sous la baguette du chef de ce soir, qui y dirigeait l’Orchestre symphonique de Mulhouse). Préfiguration des pères verdiens, toujours porté par le chœur de ses obligés, notre imposant Oroveso a l’autorité et la noblesse attendues, servies par un timbre de bronze, au médium bien placé, ferme.</p>
<p>Pour ponctuelles et rares que soient les interventions de Clotilde, <strong>Kaarin Cecilia Phelps</strong> promet beaucoup. Le mezzo est riche, la voix saine et devrait s’épanouir dans des emplois plus consistants.&nbsp;Le Flavio de ce soir est un futur Pollione, n’en doutons pas. <strong>Alexander Marev</strong>, se révèle dès les quelques répliques avant la cavatine du proconsul. La voix est solide, bien placée, jeune, expressive, sonore et vaillante.</p>
<p>Le chœur, préparé avec soin par <strong>Christophe Bernollin</strong>, se signale par son engagement, sa cohésion et ses équilibres, quelle qu’en soit la disposition, renouvelée à souhait. Evidemment, les hommes se payent la part du lion, en guerriers farouches (<em>Non parti&nbsp;?</em>, puis le spectaculaire <em>Guerra, guerra&nbsp;! Sangue, sangue&nbsp;! vendetta&nbsp;!</em>). Chaque intervention est un bonheur, jusqu’au finale du second acte.</p>
<p><strong>Andrea Sanguineti</strong>, en authentique chef de théâtre, se montre toujours attentif à soutenir et inspirer le chant. Pour autant, il rend justice à la partition en ne se contentant pas de faire valoir les voix.&nbsp;L’urgence dramatique, l’énergie, sont manifestes, mais aussi la suavité, la douceur, la tendresse, sans ces facilités qui dénaturent parfois l’élégance bellinienne. Les tempi sont justes.&nbsp;Dès l’ouverture, alerte, tendue, les qualités de l’orchestre de l’Opéra de Toulon sont évidentes. L’ampleur, la clarté, la vie palpitante, les respirations, la précision, toutes sont au rendez-vous pour traduire avec justesse ce romantisme sensible, qui allie la poésie, le clair-obscur à la force paroxystique. La souplesse du propos, la construction des progressions, les variations de tempo, les contrastes, tout nous ravit. Sans oublier les couleurs, des cordes de velours, des vents caressants (hautbois et flûte solo tout particulièrement) ou incisifs, des percussions efficaces. Les pianissimi, les nuances subtiles de l’écriture orchestrale, la qualité de la dynamique, c’est un constant bonheur que d’écouter l’orchestre. Le finale du II démentirait si besoin l’étiquette de « mélodiste » que l’on colle encore trop souvent à Bellini. Cette ultime scène, magistrale, entraînera, d’un seul élan, tout le public à se dresser pour ovationner longuement chacun des artisans de cette belle réussite.</p>
<pre>(1) Giuditta Pasta en fut la créatrice, il y aura bientôt deux siècles. C’était Giulia Grisi qui chantait Adalgisa.&nbsp;
(2) La création française, en 1835, dut son succès à la Grisi, mais <em>Le Ménestrel</em> n’y consacra que peu de lignes, en affirmant sa préférence pour <em>les Puritains</em>. («&nbsp;<em>Norma</em> ne peut soutenir la comparaison avec <em>Les Puritains</em> [...) Rubini, Lablache et Mlle Assandri, jeune débutante âgée de 17 ans, ont dignement secondé Mlle Grisi...&nbsp;»).
(3) Mais pourquoi le faire fumer, avec Flavio&nbsp;?</pre>
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		<title>Concours International de chant Georges Enesco 2024 : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concours-international-de-chant-georges-enesco-2024-le-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Oct 2024 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La finale avait lieu ce vendredi 18 octobre à Paris. Le Palmarès, divisé en deux catégories « professionnels » et « amateurs », est le suivant : Lauréats professionnels Grand Prix Opéra : Janina Schweitzer, 33 ans, AllemagneGrand Prix Georges Enesco attribué par l’Institut Culturel Roumain : Kaarin Cecilia Phelps, 31 ans, Etats-UnisGrand Prix Musique Contemporaine : Maud Bessard-Morandas 32 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La finale avait lieu ce vendredi 18 octobre à Paris. Le Palmarès, divisé en deux catégories « professionnels » et « amateurs », est le suivant :</p>
<p><strong>Lauréats professionnels</strong></p>
<p>Grand Prix Opéra : <strong>Janina Schweitzer</strong>,<strong> </strong>33 ans, Allemagne<br />Grand Prix Georges Enesco attribué par l’Institut Culturel Roumain : <strong>Kaarin Cecilia Phelps, </strong>31 ans, Etats-Unis<br />Grand Prix Musique Contemporaine : <strong>Maud Bessard-Morandas </strong>32 ans, France<br />Prix Spécial Génération Opéra : <strong>Anna Hatterman, </strong>25 ans, Ukraine<br />Prix Spécial Henri Nafilyan : <strong>Kaarin Cecilia Phelps, </strong>31 ans, Etats-Unis<br />Prix Spécial Catalina Cortez : <strong>Anna Hatterman, </strong>25 ans, Ukraine<br />Prix Spécial Opéra de Brasov : <strong>Maud Bessard-Morandas </strong>32 ans, France<br />Prix du public : <strong>Janina Schweitzer, </strong>33 ans, Allemagne</p>
<p><strong>Lauréats amateurs</strong><br />Premier Prix Grands Amateurs d’Art Vocal : Ex aequo<strong> Alica Mazuola</strong> et <strong>Clémence Hicks</strong><br />Deuxième Prix Grands Amateurs d’Art Vocal : Ex aequo <strong>Camille Berland </strong>et <strong>Daria Smiganowska </strong><br />Troisième Prix Grands Amateurs d’Art Vocal : <strong>Alexandre Lu</strong><br />Prix Spécial Enesco : <strong>Clémence Hicks</strong></p>


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<cite><strong>Janina Schweitzer</strong>&nbsp;<br>Mezzo-soprano originaire de Bonn, en Allemagne,&nbsp; elle est actuellement basée dans la région de Berne, en Suisse. Sa passion en tant que chanteuse se concentre particulièrement sur le répertoire romantique, notamment l&rsquo;opéra français et allemand, ainsi que les œuvres des XXe et XXIe siècles. Elle aime explorer des formats interdisciplinaires et non conventionnels dans ses projets artistiques. Récemment, elle a fait ses débuts au Staatstheater Darmstadt dans un rôle principal de l&rsquo;opéra expérimental <em>Freedom Collective</em> de Davor Vincze.<br>Sa deuxième grande passion artistique, après le chant classique, est l&rsquo;art de la performance. Il y a un an, elle a présenté sa pièce performative <em>Aspiration</em>, d&rsquo;une durée de 54 heures, lors d&rsquo;une exposition à Essen, sous la direction de la célèbre artiste Marina Abramović.<br><br><strong>Kaarin Cecilia Phelps</strong><br>Soprano américaine elle est installée à Paris depuis trois ans. Elle a commencé sa carrière comme mezzo-soprano, se distinguant par son interprétation d’un répertoire varié, incluant de nombreux opéras contemporains. Elle a notamment chanté au Moores Opera Center et a été artiste résidente avec Opera in the Heights. En 2023, Kaarin a choisi de s&rsquo;orienter vers le répertoire de soprano, tout en conservant la même polyvalence artistique qui a marqué ses débuts. Cette saison, elle se prépare à participer à de nombreux concerts et s&rsquo;apprête à faire ses débuts sur la scène principale de l&rsquo;Opéra de Toulon.<br>&nbsp;<br><strong>Maud Bessard-Morandas</strong><br>Soprano colorature, Maud Bessard-Morandas est diplômée du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon et de la Haute École de Musique de Genève, où elle a obtenu trois Masters en chant, direction et pédagogie. Initialement formée en danse et en théâtre, elle s’est rapidement distinguée sur la scène internationale, en tant que lauréate et finaliste de concours prestigieux tels que Gordes, Arles, Froville, Lugano et Cesti.<br>Son répertoire varié englobe l’opéra, la mélodie et la musique de chambre, avec des rôles s’étendant de la musique ancienne à la musique contemporaine. Elle s&rsquo;est produite sur de grandes scènes telles que l&rsquo;Opéra de Dijon, la Philharmonie de Paris, la Chapelle Royale de Versailles, le Grand Théâtre de Genève et l&rsquo;Auditorium de Lyon.<br>Pour la saison 2024-2025, Maud incarnera des rôles importants, notamment celui de Lakmé dans l’opéra éponyme de Delibes, Sakura dans <em>Butterfly Room Service</em> à l&rsquo;Abbaye de Royaumont, ainsi que Koré-Perséphone à l&rsquo;Opéra de Clermont-Ferrand.</cite></blockquote>
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