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	<title>Maya KHERANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Maya KHERANI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONTEVERDI, L&#8217;incoronazione di Poppea</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-lincoronazione-di-poppea/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’embarras du choix. Étonnante, la pléthore de versions en vidéo de L’Incoronazione di Poppea, soit en DVD, soit sur le Net. De la version antédiluvienne d’Aix-en-Provence en 1961 (avec Jane Rhodes en Poppée, Teresa Berganza en Octavie et… Robert Massard en Néron) jusqu’à celle-ci, créée à Aix en 2022 sous la direction de Leonardo &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-lincoronazione-di-poppea/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, L&#8217;incoronazione di Poppea</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’embarras du choix. Étonnante, la pléthore de versions en vidéo de <em>L’Incoronazione di Poppea</em>, soit en DVD, soit sur le Net. De la version antédiluvienne d’Aix-en-Provence en 1961 (avec Jane Rhodes en Poppée, Teresa Berganza en Octavie et… Robert Massard en Néron) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/lincoronazione-di-poppea-aix-en-provence-la-promesse-des-fleurs/">jusqu’à celle-ci, créée à Aix en 2022</a> sous la direction de <strong>Leonardo García Alarcón</strong>, c’est toute l’histoire récente de l’opéra baroque qui se donne à lire.<br>Avec évidemment le repère essentiel de la résurrection Harnoncourt/Ponnelle (avec Rachel Yakar et Eric Tappy), ou l’incroyable version de 1978 au Palais Garnier (Gwyneth Jones et Jon Vickers avec l’Ottavia de&nbsp;Christa Ludwig et le Seneca de&nbsp;Nicolai Ghiaurov !)<br>Et, plus près de nous, Minkowski/Grüber (Delunsch et Von Otter), Jacobs/McVicar (avec Patrizia Ciofi et Anna Caterina Antonacci) jusqu’à celles d’aujourd’hui : Christie/Pizzi (Danielle de Niese et Philippe Jaroussky) ou Savall/Bieito (avec Julie Fuchs et David Hansen).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="543" height="407" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/maxresdefault-1.jpeg" alt="" class="wp-image-152392"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jake Arditti et Elsa Benoit © DR</sup></figcaption></figure>


<p>Quelle est la vérité de l’œuvre ? Plus on avance, plus répondre à cette question semble difficile. En tout cas, c’est dans ce paysage multiple que vient s’inscrire la lecture de García Alarcón, remarquable à beaucoup de points de vue. La vidéo convient d’ailleurs particulièrement bien à cette conception de l’opéra de Monteverdi, fondée sur la sincérité du jeu d’acteurs, sur la proximité et la sensualité des corps, à son côté <em>less is more</em>…</p>
<p>Leonardo García Alarcón dans son texte de présentation suggère l’hypothèse que cet opéra d’une audace folle (d’où son omniprésence aujourd’hui) serait une œuvre d’atelier : le maître Monteverdi s’en serait réservé certaines parties, les plus madrigalesques, tout en confiant d’autres morceaux à ses disciples ou suiveurs, les Cavalli, Sacrati et autre Ferrari. Après tout, à la même époque Rubens confiait bien certaines tâches à Snyders, van Dyck ou Jordaens…</p>
<h4><strong>Un atelier théâtral</strong></h4>
<p>Cet atelier musical supposé trouve son homologue dans la mise en scène de <strong>Ted Huffman</strong>, qui prend l’aspect d’un atelier théâtral. Comme au cours d’une répétition, les acteurs-chanteurs se tiennent au fond et sur les côtés de la scène. Sur des portants sont suspendus des costumes. Une petite table de maquillage au lointain côté cour servira pour les changements de perruque du chanteur tenant à la fois les rôles d’Arnalta et de la nourrice. De petites tables du plus pur style restaurant d’entreprise deviendront celle du repas de Néron (et des aguicheries post-prandiales de Poppée), etc. Costumes passe-partout, smoking scintillant pour l’empereur, peignoir en dentelle pour sa maîtresse, chignon banane serré et jupe étroite pour la malheureuse Octavie, etc. Le décor se réduit à un tuyau, genre canalisation, suspendu par un filin au-dessus des personnages et soumis à un mouvement de rotation intermittent (symbolique sans doute de quelque chose, le <em>fatum</em> peut-être ?) Le spectacle se présentant comme une esquisse, une proposition, une suggestion, un <em>work in progress</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Poppee-Aix-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-152524"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Le Couronnement de Poppée à Aix, juillet 2022 © DR</sup></figcaption></figure>


<p>Cette production relativement légère a été créée au théâtre du Jeu de Paume à Aix (2022), puis redonnée à l’Opéra Royal de Versailles, elle sera reprise bientôt ici ou là. À chaque fois certains rôles changent d’interprète. Ainsi, cet objet parfaitement édité (DVD + BluRay + livret quadrilingue) fixe-t-il, dans une qualité d’image et de son idéale, une distribution, celle de Versailles, qui semble elle aussi idéale dans la conception de Leonardo García Alarcón et Ted Huffman.</p>
<p>Tour à tour, les chanteurs quittent leur siège ou la vaste banquette du fond pour venir au centre du plateau. Et les caméras se focalisent sur eux, sur leurs regards, même si, en contrebande, on peut apercevoir ceux qui sont en <em>stand by</em>, certains restant dans leur personnage (on surprendra Néron et Poppée se tenant par la main et Sénèque feuilletant un livre), quand d’autres ont plutôt l’air d’attendre le bus.</p>
<h4><strong>Le grain de la peau et le grain de la voix</strong></h4>
<p>Contraste évidemment entre les riches colonnes en faux marbre du théâtre de Jacques-Ange Gabriel et le côté <em>cheap</em> du non-décor… Est-ce à dire que cette version est austère ? Au contraire. L’érotisme musical d’une partition qui ne parle que de désir, de sensualité, de perversion, a pour symétrique l’érotisme des corps, la caméra s’attardant sur le torse sexy de <strong>Jake Arditti</strong> ou sur le corps parfait d’<strong>Elsa Benoit</strong>, traversant la scène en body. Tout est à fleur de peau, les caresses sont explicites, on s’embrasse à pleine bouche, Néron et Poppée mais aussi tout à l’heure Néron et son favori Lucano – « Bocca, che m’inibria il cor di nettare divino » chanteront-ils avant de s’éclipser en coulisses avec Poppée pour quelques jeux érotiques qu’on imaginera…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="611" height="458" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Poppea-Versailles-6-1.jpeg" alt="" class="wp-image-152404"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Ambrosine Bré, Elsa Benoit, Jake Arditti, Alex Rosen © DR</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Délicates balances</strong></h4>
<p>Le casting, en bonne partie renouvelé depuis la création aixoise, a de toute évidence largement gagné en maturité, notamment côté féminin.</p>
<p>Elsa Benoit, très belle Poppea, ne surjoue pas l’ambition ou la corruption. D’autant plus ensorcelante et dangereuse qu’elle dissimule ses calculs derrière l’apparente sincérité de son amour pour l’empereur. Parfaite physiquement, la sculpturale Elsa Benoit l’est aussi musicalement. L’opulence de la voix, sa souplesse sensuelle, sa chaleur, son homogénéité sur toute la longueur, avec des aigus brillants, tout cela apparaît dès le premier duo et son « Non partir, signor, deh non partire ». Les deux personnages se quittent, se reprennent, s’habillent, se déshabillent et le mouvement musical est à l’avenant, tout en tensions et en relâchement. Cette versatilité, typique de la sensibilité musicale de Leonardo García Alarcón, alternant effusion lyrique et swing, animera tout le spectacle – à l’évidence partagée par Ted Huffmann.</p>
<p>La voix de Jake Arditti n’a peut-être pas l’ampleur, la richesse de timbre ou la volupté de certains de ses collègues contre-ténors, mais elle a du nerf, un je ne sais quoi d’électrique et de vert, une certaine fragilité dans le registre supérieur qui contribuent à suggérer l’immaturité du personnage, sa cyclothymie, bref son hystérie puisqu’aussi bien cet opéra semble vouloir répertorier toutes les formes de l’hystérie.</p>
<p>Cette dissymétrie des deux voix du couple de protagonistes, ce déséquilibre, qui contraste avec leur évidente proximité charnelle, est évidemment tout à fait intéressante du point de vue dramaturgique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11293-63d79619cc6c7-diaporama_big-1-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-152387"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jake Arditti © DR</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Teatro in musica</strong></h4>
<p>Autre voix féminine de tout premier plan et faisant pendant à celle de Poppea, l’Ottavia superbe d’<strong>Ambroisine Bré</strong>. Son monologue «&nbsp;Disprezzata regina&nbsp;», archétype de <em>recitar cantando</em>, devient une page tragique, puissamment articulée, appuyée sur des graves solides, ne craignant pas de recourir au <em>parlato</em>, émaillée de silences introspectifs (et bien sûr le continuo respire avec elle et ne la quitte pas). La voix est d’une maturité, d’une richesse de couleurs, d’une impétuosité dramatique impressionnantes. Comme sa manière d’imposer le tempo, le tactus, la solitude, le pathétique, le désespoir du personnage.</p>
<p>Le rôle d’Ottavia est un peu sacrifié par les auteurs, mais, en compensation peut-être, ils lui offrent un sublime air d’adieu, dont on peut être sûr qu’il est de la plume de Monteverdi. Qui d’autre que lui pour en découper les syllabes comme pour suggérer des sanglots : « A-a-a-ddio Roma. A-a-a-ddio patria »… Ambroisine Bré y est à nouveau bouleversante. Le crescendo vocal y est savamment conduit, mais davantage encore le crescendo pathétique. Remarquable son art de mêler un grand lyrisme très tenu et une manière d’expressionnisme douloureux, et de resserrer brusquement la focale vers le plus confidentiel, avant d’aller jusqu’au dernier Addio, à nouveau <em>parlato</em>.</p>
<h4><strong>Mélismes</strong></h4>
<p>Le contre-ténor gallois <strong>Iestyn Davies</strong> dessine un Ottone vaincu d’avance d’une voix profondément mélancolique. Spécialiste du rôle qu’il chante depuis longtemps (il chante par ailleurs aussi l’Ottone de l’<em>Agrippina</em> d’Haendel), il en domine avec virtuosité toutes les coloratures et les mélismes. Son aubade, « Apri un balcon Poppea » (la première de l’histoire de l’opéra), appuyée sur le riche continuo de la <strong>Cappella Mediterranea</strong>) se nourrit de l’émotion d’un timbre qui semble suggérer naturellement on ne sait quelle faiblesse intime. <br>La costumière lui a dessiné un costume bermuda rose pas facile à porter, qui évoque davantage un vieil enfant velléitaire qu’un général glorieux, guère moins ridicule que la robe de Drusilla et le fichu fichu noué sur sa tête dont il devra s’affubler pour aller trucider Poppée…. Iestyn Davies dessine avec intelligence la veulerie du personnage dans son aria «&nbsp;Sprezzami quanto sai&nbsp;», aux beaux mélismes à nouveau, qui précède sa liquéfaction face à l’impérieuse Ottavia (Ambroisine Bré particulièrement impressionnante ici dans le registre furibond, et ne craignant pas d’aller jusqu’au cri), puis le meurtre de sa Poppea bien aimée, interrompu par l’intervention de l’Amour, ressurgi du prologue (c’est une des audaces du livret) pour continuer son combat contre Fortune et Vertu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11356-63d79621100f1-diaporama_big-1-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-152390"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Elsa Benoit, Ambroisine Bré, Laurence Kilsby © DR</sup></figcaption></figure>


<p>Le Seneca d’<strong>Alex Rosen</strong>, jeune basse américaine au beau timbre viril, s’il conduit avec sûreté sa ligne vocale, n’a peut-être pas encore tout à fait le poids, la maturité, la bouteille qu’il faudrait pour ce personnage trop sage et passablement ennuyeux. Il faut dire que le compositeur, quel qu’il soit, ne lui confie, sans doute par ironie, que des formules ampoulées, jusqu’au moment de ses adieux à ses Familiari « Amici è giunta l’ora », manière de madrigal à quatre voix aux harmonies dissonantes qui rappelle le dernier livre de madrigaux de Monteverdi. <br />Parmi ces familiers, <strong>Laurence Kilsby</strong> qui sera le Lucano de la scène suivante, moment de jubilation musicale et homoérotique après le suicide du vieux stoïcien, où il pourra montrer sa belle agilité vocale et la clarté de son timbre de ténor léger.</p>
<p><strong>Maya Kherani</strong> compose quant à elle une touchante Drusilla, amoureuse d’Ottone, d’une lumineuse voix de soprano léger. On admire sa virtuosité et tendresse au premier acte dans son duo avec son amant, d’une palpitation théâtrale incroyablement vivante, mais aussi la lumière qu’elle dégage (et de belles coloratures) dans cette scène d’ensemble (de Cavalli ?) où Nerone, caractériel jusqu’au cri, découvre qu’Ottone a manqué de peu d’assassiner Poppée.</p>
<h4><strong>La dimension buffa</strong></h4>
<p>L’essentiel de la partition est dans le style <em>recitativo</em>, s’envolant parfois pour de brefs ariosos – à l’image de la scène qu’on vient d’évoquer – , ou des arias encore plus brefs. Et le ou les compositeurs jouent constamment la carte de ce <em>stile concitato</em> (agité, énervé), que Monteverdi avait beaucoup utilisé dans le <em>Combat de Tancrède et Clorinde</em>. C’est dire que, à la manière de l’écriture du madrigal, le mot est ici primordial, en l’occurrence le texte de Busenello, porté par les chanteurs-acteurs et soutenu par une Cappella Mediterranea, qui joue le rôle d’un ample continuo aux riches textures, très souple, se pliant aux accents, aux inflexions, aux respirations des personnages et du texte.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="645" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/f9be330-11692-1272346_1-1024x645.jpg" alt="" class="wp-image-152391"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jake Arditti et Alex Rosen © DR</sup></figcaption></figure>


<p>Théâtre en musique, contemporain exact de Shakespeare. Justement, d’une énorme bouffonnerie shakespearienne, le colossal <strong>Stuart Jackson</strong>, à côté de qui tous les autres semblent des personnes de petite taille, est tour à tour une manière de nourrice universelle : il-elle est l’Arnalta de Poppée et la Nutrice d’Ottavia (et aussi, de façon plus contestable, la Damigella flirtant avec le Valletto de <strong>Julie Roset</strong>). <br>Truculence, métier sûr, présence scénique sont là, et s’y ajoute, pour l’une des pages les plus fameuses, la Berceuse d’Arnalta, une touchante tendresse : Poppée s’endort après un de ses beaux arioso, « Amor, roccorro a te », où on admire à nouveau le legato et le timbre d’Elsa Benoit. Stuart Jackson chante cet « Oblivion soave » avec beaucoup d’émotion simple et de simplicité. Et de beaux plans de coupe montrent dans la pénombre Ambroisine Bré, Alex Rosen et Jake Arditti à l’écoute de leur collègue, mise en abime touchante elle aussi.</p>
<p>À remarquer le numéro assez ébouriffant de Julie Roset : elle est l’Amour du Prologue, qui, on l’a vu, intervient dans l’action pour l’infléchir de façon décisive (Othon ne tue pas Poppée et ça change tout) et chante au troisième acte un air «&nbsp;Dorme, l’incauta dorme&nbsp;», tout en changements de rythmes et d’<em>affetti</em>, d’une voix réjouissante d’alacrité (avec d’acrobatiques fusées dans les hauteurs), mais elle est aussi l’insolent Valletto qui se lance dans d’espiègles imprécations contre l’assommant Sénèque, « M’accende, m’accende, m’accende, pure a sdegno – il m’excite, m’excite, m’excite, m’excite jusqu’à l’indignation », de savoureux glapissements acidulés, très drôles par cette jeune chanteuse qu’on entend souvent dans un répertoire beaucoup plus séraphique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11344-63d7961fde79b-diaporama_big-1-1-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-152399"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jake Arditti</sub> <sub>et Elsa</sub> <sub>Benoit </sub><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>Leonardo García Alarcón considère que ce rôle de Valletto est de la plume de Sacrati, de même que le magnifique «&nbsp;Pur ti miro&nbsp;», qui, tout le monde semble en être d’accord, n’est ni de Busenello, ni de Monteverdi. Moment suspendu qui met les voix à nu. Jake Arditti, brillant tout au long de l’opéra dans les nombreux airs «&nbsp;di furia&nbsp;» n’y a peut-être pas tout à fait le velours d’Elsa Benoit, il n’empêche : la fusion de ces deux timbres si proches garde toute sa magie, et l’image finale, dans son dépouillement, est très belle : les amants maudits en blanc, s’étreignant une nouvelle fois, sur la scène vide, leurs partenaires assis au fond, la lumière dorée de la fosse, et les colonnes de marbre du théâtre.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-lincoronazione-di-poppea/">MONTEVERDI, L&rsquo;incoronazione di Poppea</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>SARTORIO, Orfeo &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sartorio-orfeo-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Septième des quinze opéras qui nous sont parvenus, l’Orfeo d’Antonio Sartorio n’est plus tout à fait inconnu (*). Pour autant, jamais il n’a été donné en France, et l’initiative de l’opéra de Montpellier et de Philippe Jaroussky doit être saluée. Celui-ci récidive, après son Giulio Cesare, au début de cette année, et nul ne s’en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Septième des quinze opéras qui nous sont parvenus, l’<em>Orfeo</em> d’Antonio Sartorio n’est plus tout à fait inconnu (*). Pour autant, jamais il n’a été donné en France, et l’initiative de l’opéra de Montpellier et de <strong>Philippe Jaroussky</strong> doit être saluée. Celui-ci récidive, après son <em>Giulio Cesare</em>, au début de cette année, et nul ne s’en plaindra. D’abord parce que cet <em>Orfeo</em>, si différent de ceux de Monteverdi et de Gluck, est une belle découverte. Ensuite parce que notre chef-chanteur s’est entouré d’une solide équipe de solistes, en plus de son Ensemble Artaserse, tous rompus au jeu baroque de cette Venise de la seconde moitié du XVIIe siècle. Enfin, parce qu’en retrouvant <strong>Benjamin Lazar</strong> (**) pour la mise en scène, il fait le choix de l’intelligence, du goût, et de l’efficacité.</p>
<p>L’écriture du premier manuscrit se situe dans le droit fil de celle de Cavalli, s’élargissant jusqu’à cinq parties instrumentales. Renouvelée en permanence, elle enchaîne récitatifs, ritournelles et airs (quelques duos, un trio) dans un flot continu, sans qu’il soit toujours aisé de distinguer les récitatifs accompagnés des airs, généralement brefs, souvent à couplets, qui participent à l’action. Pour notre plus grand plaisir, le comique truculent y fait bon ménage avec la violence et le tragique, répondant aux exigences du public d’alors. La fantaisie préside à la synthèse du drame et de la satire bouffonne. On est passé de la tragédie mythologique au drame bourgeois. La narration nous tient en haleine, les passions s’y exacerbent, la poésie, la grâce, y côtoient la fureur, la déploration, comme la bouffonnerie, sans que l’intérêt s’amenuise jamais.</p>
<p>Le mythe bien connu subit ici un traitement singulier, d’une étonnante modernité. Sur sa trame, le livret d’Aurelio Aureli greffe des intrigues complémentaires, dont des personnages attestés par la littérature latine (les deux frères d’Orfeo) ou improbables. Le chanteur de Thrace est un amant très humain, dont les soupçons vont nourrir la jalousie. Son frère, Aristeo, convoite en effet Euridice, bien que promis à Autonoé, dont la plantureuse nourrice, Erinda participe aux intrigues. Ajoutez un jeune berger (Orillo), amant intéressé de cette dernière, et chargé par Orfeo du glaive qui doit mettre fin aux jours d’Euridice, enfin Esculapio, autre frère du héros, philosophe précepteur des pupilles du centaure (Chirone), rien moins qu’Ercole et Achille (accompagné de sa mère Thetis), sans oublier Bacchus, Pluton, nymphes, satyres et bacchantes, vous aurez une riche galerie de personnages hauts en couleurs.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11.-Orfeo-Sartorio-OONM-@-Marc-Ginot-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-133224" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marc Ginot</sup></figcaption></figure>


<p>Signé par <strong>Adeline Caron</strong>, le décor, unique, est propre à valoriser les acteurs et leur jeu : un théâtre anatomique de l’époque, en hémicycle, formé de trois ensembles, focalisant l’attention au centre, où les moments les plus intenses se jouent, sur le plateau, dont les rotations ponctuelles sont appropriées. Au sommet des gradins, des portants dont les lames chargées d’occulter la vue se feront miroirs, après avoir été grenat, ou s’être ouvertes sur l’extérieur. Tous les regards se concentrent sur les acteurs et leurs costumes, dessinés par <strong>Alain Blanchot</strong>, superbes, inventifs, colorés, caractérisant clairement chacune et chacun. Si le baroque est bien traduit, les éléments contemporains s’y marient avec bonheur. Les tenues des personnages comiques (la nourrice, le centaure et ses protégés) rivalisent d’invention, et chacune appellerait une description. La direction d’acteurs est chorégraphiée, et c’est un régal constant, où l’esprit du baroque connaît la lecture contemporaine la plus appropriée. Les lumières, subtiles de <strong>Philippe Gladieux</strong> servent au mieux la réalisation, indissociables des autres composantes.</p>
<p>Magistrale est la distribution&nbsp;: une authentique troupe qui dépasse la simple addition des talents. <strong>Arianna Vendittelli </strong>est dans son univers, plus que jamais. Son Orfeo, d’une extrême sensibilité, n’est pas le héros désincarné du mythe, mais un être dont l’amour possessif jusqu’à la jalousie criminelle va causer la souffrance. Entre le duo nimbé de bonheur qui ouvre l’ouvrage et le dénouement que l’on connaît, toute la palette des sentiments sera chantée avec un total engagement. Jusqu’au pathétique dans «&nbsp;E morta Euridice&nbsp;», où les cordes font écho à la voix, bouleversant dans son déchirement final «&nbsp;Rendetemi Euridice&nbsp;». Pas de de mort prématurée dès le début de l’ouvrage, ni de récit de la Messagère,<strong> Alicia Amo</strong> est une vraie Euridice, fraîche, courageuse, qui se trouve confrontée à des situations dramatiques. Victime, forte, jamais consentante, elle garde son amour intact pour Orphée, après avoir traversé les épreuves. Les moyens sont là, l’expression juste, l’émotion au rendez-vous.</p>
<p>Aristeo, fou d’amour, est<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Kangmin Justin Kim</strong><span class="apple-converted-space"><b>&nbsp;</b></span>dont les qualités vocales bien connues et le jeu abouti sont pleinement convaincants. Sa longueur de souffle impressionne, au service d’une passion dominatrice. Nous découvrons<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Maya Kherani</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>en Autonoe, princesse trahie qui tente de reconquérir l’infidèle, travestie en Bohémienne. Fine, sensible, volontaire jusqu’à la vengeance (elle recrute les demi-dieux pour occire le traitre), elle retrouvera celui qu’elle n’a cessé d’aimer, pour une fin douce-amère. Le chant est remarquablement conduit, le timbre séduisant.<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Renato Dolcini</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>a la voix noble et chaude qu’appelle son Esculapio, médecin (avec stéthoscope) qui constate la mort d’Euridice, surtout philosophe, pédagogue et moraliste désenchanté. Son Plutone est de la même veine. En Orillo,&nbsp; jeune berger, loubard et roublard, dénué de tout scrupule,<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Gaia Petrone</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>crève l’écran. Toujours en mouvement, son agilité physique se double d’une traduction vocale exemplaire. Le mezzo est bien timbré, souple, flexible, et l’expression toujours juste. Personnage essentiel, qui apparaît dès la sinfonia d’ouverture, Erinda est campé avec brio par<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Zachary Wilder.</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>La nourrice âgée, friande de jeunes hommes, à la poitrine généreuse, parée d’un extraordinaire costume aux couleurs somptueuses, et de gants vert pomme va bien au-delà des conventions de son temps. Son jeu comme son chant emportent l’adhésion. Dans ce registre comique, la parodie, la dérision du traitement des héros, à elle seule, mérite le détour&nbsp;: les demi-dieux, immatures –&nbsp;de vrais galopins –&nbsp;sont incarnés par un imposant<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>David Webb</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>(Ercole), et un juvénile<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Paul Figuier</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>(Achille), sortes de Laurel et Hardy baroques. Leurs exercices physiques, dignes d’athlètes confirmés, leur complicité, leur impertinence, tout participe à la bonne humeur qu’ils dispensent sans compter. La qualité des voix est remarquable, et les acclamations les récompenseront, à juste titre. Leur mentor, le centaure Chirone,<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Yannis François</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>(qui chante aussi Bacchus), est stupéfiant d’aisance et d’une drôlerie constante. &nbsp;Chaussé de sabots d’équidé, l’ancien danseur use magistralement de son corps pour jouer de la crinière et de la queue. Son chant, au grain incontestable est en parfaite adéquation avec sa fonction, et sa performance sera ovationnée. A signaler que notre extraordinaire chanteur-danseur-acteur signe l&rsquo;édition moderne de la partition. Que de cordes à sa lyre !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/17.-Orfeo-Sartorio-OONM-@-Marc-Ginot-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-133215" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marc Ginot</sup></figcaption></figure>


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<p>L’<em>Ensemble Artaserse</em>, plus riche en couleurs que jamais, brille de tous ses feux. Dans les multiples combinaisons auquel son chef le livre, c’est un régal. La dynamique en est constante, il n’est pas une note qui ne vive, pas une hémiole qui se réduise à une métrique convenue. Tout fait sens. Il faudrait énumérer les subtiles mixtures, renouvelées, pour donner une idée de la richesse de la palette sonore. Le double continuo, la rondeur des basses, la précision, les percussions toujours justes, le bonheur est là, dispensé avec conviction par Philippe Jaroussky. Un grand bravo, encore.</p>
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<p>Les coupures obligées, imperceptibles par l’auditeur ne disposant pas de la partition, ne nous privent que de quelques passages (Chirone en est la première victime). Cependant, la disparition de la scène finale, où interviennent Tétide (avec deux airs), Achille, Autonoe, Aristeo et Erinda, altère sensiblement le dénouement. Magistrale, la réalisation a délibérément tiré un trait sur les chevaliers, nymphes et bergers, sur le chœur des satyres et des bacchantes qui introduit Bacchus, sur la réalisation du <em>balletto</em> qui ouvre le deuxième acte. L’aspect merveilleux est ainsi quelque peu occulté, ce qu’il est permis de regretter. Mais l’équation n’était-elle pas insoluble pour une production visant le plus large public, avec les contraintes que l’on connaît ? Plus de trois heures trente (entracte compris) sans que la lassitude gagne, l&rsquo;audacieuse proposition a atteint son but.</p>
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<p>Cet<span class="apple-converted-space"> </span><em>Orfeo</em><span class="apple-converted-space"> </span>original n’est pas une simple illustration supplémentaire aux nombreuses qui nous ont été révélées ces dernières décennies. Servie idéalement par des interprètes exemplaires, c’est une réussite incontestable, qui sera offerte la saison prochaine à Paris (L’Athénée) et en bien d’autres lieux, grâce à l’ARCAL, avec une nouvelle équipe de jeunes chanteurs. Voilà qui promet bien des bonheurs et des émotions en partage.</p>
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<pre>(*) Deux enregistrements, très datés : le premier, diffusé en 1997, de René Clemencic, réalisé à l’occasion de la recréation moderne de l’ouvrage (Venise, Teatro Goldoni, en 1979), le second (Stubbs) deux ans après. D’autre part, des extraits ont été inscrits à tel ou tel récital, ainsi de Philippe Jaroussky.</pre>
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<pre>(**) Tous deux avaient collaboré à un mémorable<span class="apple-converted-space"> </span><em>Il Sant’Alessio</em><span class="apple-converted-space"> </span>de Landi.</pre>
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		<title>MONTEVERDI, L&#039;Incoronazione di Poppea — Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lincoronazione-di-poppea-aix-en-provence-la-promesse-des-fleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Jul 2022 21:27:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Couronnement de Poppée forme la jeunesse. Après l’Opéra national de Paris cette saison, c’est au tour des chanteurs de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence d’affûter leur talent sur le chef d’œuvre de Monteverdi. Leonardo García Alarcón à la tête de sa Cappella Mediterranea leur offre un soutien musical sans faille. La basse continue impulse au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le<em> Couronnement de Poppée </em>forme la jeunesse. Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/il-nerone-lincoronazione-di-poppea-paris-athenee-rejouissant-et-rafraichissant">l’Opéra national de Paris cette saison</a>, c’est au tour des chanteurs de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence d’affûter leur talent sur le chef d’œuvre de Monteverdi. <strong>Leonardo García Alarcón</strong> à la tête de sa Cappella Mediterranea leur offre un soutien musical sans faille. La basse continue impulse au <em>recitar cantando</em> un flux généreux où les émotions jaillissent au gré du texte en un large éventail de rythmes et de couleurs. </p>
<p>A la mise en scène, <strong>Ted Huffmann</strong> choisit de conserver l’esprit d’atelier théâtral. Seul un tube géant, vite expédié dans les cintres, occupe l’espace. Sur le plateau vide, des portants de costume tiennent lieu d’accessoires. Passé le prologue, l’ensemble de la troupe investit une scène qu’elle ne quittera plus, chacun attendant sur les côtés le moment d’intervenir au centre. Les chanteurs sont-ils encore leurs personnages lorsqu’ils se trouvent ainsi placés sur la touche ? Telle est la question souhaitée. Cette mise en abyme impose un travail précis sur le geste et le motif. Aux affusions musicales répond un engagement physique des premiers comme des seconds rôles, tous investis sans condition, tous invités à traduire sur le vif la complexité des sentiments en jeu. S’il y a leçon, elle est de théâtre. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/popp2_0.jpg?itok=e8206qo-" title="© Ruth Walz" width="468" /><br />
	© Ruth Walz</p>
<p>Le chant, lui, est en fleurs. Une salle d’une taille aussi modeste que le Théâtre du Jeu de Paume autorise le murmure, voire l’exige. Ce n’est que dans le dernier monologue d’Ottavia que <strong>Fleur Barron</strong> en prend conscience – et soudain le personnage existe quand auparavant il n&rsquo;était qu&rsquo;esquissé. <strong>Miles Mykkanen</strong> serait impayable dans le double rôle d’Arnalta et de la Nourrice – quelle énergie, quelle <em>vis comica </em>! – s’il ne péchait par excès de décibels, et <strong>Julie Roset</strong> serait le plus délicieux des Amore, le plus mutin des Valletto si elle ne confondait trop souvent stridence et expression. Les soupirs amoureux du couple inique – Poppea (<strong>Jacquelyn Stucker</strong>) et Néron (<strong>Jake Arditti</strong>) – aimeraient autant de sensualité mais plus de nuances, tout comme les soliloques de Seneca (<strong>Alex Rosen</strong>) ou les tirades de Drusilla (<strong>Maya Kherani</strong>) voudraient plus d’intentions pour mieux animer le marbre prometteur de leur jeune voix. Seul finalement, <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> réussit à rendre palpables les errements d’Ottone par la magie d’un chant qui puise dans le mot et le souffle son large Pantone. </p>
<p>C’est à son exemple que les fruits tiendront la promesse de fleurs suffisamment épanouies cependant pour recevoir au tomber de rideau leur part légitime d’applaudissements. </p>
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