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	<title>Junghoon KIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Junghoon KIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette — Grange Park</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/romeo-et-juliette-grange-park-moderne-et-respectueux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Jul 2018 03:28:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né en 1988, le jeune David Junghoon Kim a déjà derrière lui un superbe palmarès : premier prix des Voci Verdiane à Busseto, prix Plácido Domingo dans la compétition Francisco Viñas de Barcelone, demi-finaliste du Concours de la Reine Elizabeth ou encore Premier Grand Prix Hommes à l’unanimité du jury à Toulouse, doublé d’un Prix du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1988, le jeune <strong>David Junghoon Kim</strong> a déjà derrière lui un superbe palmarès : premier prix des Voci Verdiane à Busseto, prix Plácido Domingo dans la compétition Francisco Viñas de Barcelone, demi-finaliste du Concours de la Reine Elizabeth ou encore <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/finale-du-50e-concours-international-de-chant-de-toulouse-toulouse-soir-de-fete-au-capitole">Premier Grand Prix Hommes à l’unanimité du jury à Toulouse, doublé d’un Prix du Public</a>. Le ténor coréen a également fait partie du Jette Parker Young Artists Programme, ce qui l’a conduit à chanter régulièrement des rôles secondaires sur la scène du Royal Opera où nous l’avions déjà remarqué : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/les-contes-dhoffmann-londres-roh-derniers-feux-dune-production-legendaire">Nathanaël </a>dans <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/don-carlo-londres-roh-un-beau-travail-dequipe">le Conte de Lerme</a> dans <em>Don Carlo</em>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/turandot-londres-roh-trente-trois-ans-mais-pas-une-ride">Pong </a>dans <em>Turandot </em>pour n&rsquo;en citer que quelques uns. Mais l’épreuve de la scène exige des qualités plus rares que celles de simple bête à concours, surtout dans un des rôles les plus longs et les plus tendus du répertoire de ténor (Roméo chante ainsi généralement plus haut que Juliette). Scéniquement, David Junghoon Kim reste un peu trop placide (d’où peut-être son prix Domingo), avec un visage insuffisamment expressif. Mais, vocalement, le pari est gagné haut la main : le timbre reste corsé et chaleureux tout au long de la soirée, sans traces de fatigue. Le style est impeccable, avec un parfait legato et un beau phrasé. La diction et la prononciation sont quasiment irréprochable. Enfin, le finale de l’acte III est couronné d’un contre-ut sans effort apparent. Voici un artiste dont il faudra suivre les progrès. Née en 1987, <strong>Olena Tokar</strong> a également un beau palmarès à son actif : finaliste aux concours Ferruccio Tagliavini et Francisco Viñas ainsi qu’à celui de Cardiff, premier prix aux concours de Lortzing, Leipzig et à l’ARD International Music Competition de Munich. Elle campe une Juliette infiniment crédible de par sa tournure et son aisance théâtrale remarquable. Le timbre est un peu métallique. La technique est parfaite, permettant d&rsquo;offrir une valse idéalement brillante, avec des coloratures parfaitement exécutées, et un aigu sûr. La voix est sans doute un peu trop légère dans l’absolu : la scène du poison, beaucoup plus dramatique, est certes convaincante, mais on sent que le soprano ukrainien y jette toutes ses forces. Globalement, le français est également très correct. Quoique un peu disparates, les deux jeunes chanteurs forment donc ainsi un couple attachant.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/3475156-5895913-image-a-27_1530291010151.jpg?itok=58AmPl6a" title="Olena Tokar et David Junghoon Kim © Robert Workman." width="468" /></p>
<p>Avec quatre duos d’amours et deux airs pour chacun des deux protagonistes principaux, la partition de Gounod laisse peu d’espace aux autres interprètes (une bonne dizaine pourtant). Parmi ceux-ci on remarquera en particulier le Capulet de <strong>Clive Bayley</strong>, bien chantant, au français quasi parfait, dont l’incarnation est surtout d’une rare humanité, campant un père, à la fois aimant et maladroit, aveugle aux sentiments de sa fille, inhabituellement touchant. Le Stephano d’<strong>Anna Grevelius</strong> est sympathique à souhait, de même que la Gertrude d’<strong>Olivia Ray</strong>, très éloignée de la matrone habituelle. Le Frère Laurent de <strong>Mats Almgren</strong> est un brin caverneux, sonore et homogène sur toute la tessiture mais à l’articulation peu claire. Le Duc d&rsquo;<strong>Arshak Kuzikyan</strong> à l’aplomb et l’autorité requise, mais la voix manque un peu de projection. Le Tybalt d&rsquo;<strong>Anthony Flaum</strong>, enfin, est particulièrement bien chantant et scéniquement inquiétant. Les chœurs sont sonores et d’un français très compréhensible, l’acoustique excellente de la salle permettant d’apprécier les différents pupitres plutôt qu’une masse confuse.</p>
<p>A la tête de l’orchestre de l’English National Opera, phalange de grande qualité, <strong>Stephen Barlow </strong>offre une direction vive et dynamique, sans mièvrerie, très « française », soutenant l’attention tout au long de cette longue partition. Ce n’était pas une mince affaire compte tenu de la chaleur étouffante de la salle, dont la climatisation laisse encore à désirer : rappelons que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/tosca-grange-park-un-theatre-est-ne">le théâtre a été construit en un an, sans un sou d’argent public.</a> La mise en scène de <strong>Patrick Mason</strong> transpose l’action sous le fascisme italien, mais les conséquences sont essentiellement esthétiques. La direction d’acteur est crédible et fouillée. <em>Last but not least</em> (pour rester dans le ton), l&rsquo;ouvrage est donné dans son intégralité, exception faite du ballet dont une partie est conservée en introduction du cortège nuptial de l&rsquo;acte IV : on entend ainsi le duo de l&rsquo;acte II complet (alors qu&rsquo;il est souvent coupé à partir de « Comme un oiseau captif ») et la courte scène entre Frère Laurent et Frère Jean (scène indispensable qui sert à expliquer pourquoi Roméo n&rsquo;est pas au courant que la mort de Juliette est simulée). Les théâtres français ne sont pas souvent aussi respectueux de notre répertoire.</p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Turandot — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-londres-roh-trente-trois-ans-mais-pas-une-ride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jul 2017 08:49:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 1984, cette production d’Andrei Serban du dernier chef d&#8217;oeuvre de Puccini, fonctionne toujours aussi bien. D’une rare noirceur, la mise en scène nous présente ainsi un Prince de Perse enfant pour lequel Turandot n’a aucune pitié, une scène de torture de Liu avec une bastonnade au ralenti, son suicide où elle se tranche la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 1984, cette production d’<strong>Andrei Serban</strong> du dernier chef d&rsquo;oeuvre de Puccini, fonctionne toujours aussi bien. D’une rare noirceur, la mise en scène nous présente ainsi un Prince de Perse enfant pour lequel Turandot n’a aucune pitié, une scène de torture de Liu avec une bastonnade au ralenti, son suicide où elle se tranche la gorge avec le sabre de Pu-Tin-Pao ou encore Timur, le père aveugle de Calaf, qui tire seul le cercueil de la jeune esclave tandis que tous, indifférents à sa mort, se réjouissent de cette conclusion. Comme à la création, Turandot n’attaque pas d’emblée « In questa reggia » mais arpente apeurée la scène en cachant son visage (ici, l’interprète n’atteint pas la caractérisation névrotique de Gwyneth Jones à l’époque). D’une manière générale, le jeu théâtral est plutôt fouillé et l’ensemble des protagonistes interagissent avec intelligence. Décors et costumes sont réussis et plutôt spectaculaires : une production certes classique mais parfaitement réussie.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Lise Lindstrom</strong> a pour elle des aigus puissants et tranchants, mais on aura entendu des voix plus torrentielles. La chanteuse américaine est bonne actrice, avec une superbe prestance scénique. Le timbre est en revanche un peu dur : c’est sans doute moins gênant quand la soprano chante Brunhilde ou Elektra, mais Turandot n’est pas qu’un monstre froid et un peu de pulpe serait bienvenu. Par ailleurs, l’émission, plutôt en arrière, n’est ni agréable ni stable dans les parties piano ou dans le médium. <strong>Roberto Alagna</strong> campe un Calaf particulièrement électrisant, au volume impressionnant. Avec les années le timbre s’est légèrement durci, mais la voix conserve une grande partie de son moelleux caractéristique. Alagna assure également crânement les deux contre-ut de la partition, notamment celui sur «  Ti voglio ardente d’amor », sans doute un peu tiré mais spectaculairement tenu. Au dernier acte, son « Nessun dorma », chanté avec un art consommé, sait se parer de toute une gamme de couleurs, emportant la salle dans une immense ovation. <strong>Alexandra Kurzak</strong> propose une belle Liu, avec une grande musicalité, quelques notes pianos très réussies, mais l’interprétation reste un peu extérieure et peine à émouvoir. Parmi le trio des ministres, on ne peut pas ne pas passer à côté du Ping de<strong> Leon Košavić</strong> où l’on entend déjà un futur premier plan, ces acolytes <strong>Samuel Sakker</strong> et <strong>David Junghoon Kim</strong> étant par ailleurs parfaits pour leurs parties respectives.  Le Timur de <strong>Brindley Sherratt </strong>est en revanche un brin pâteux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="335" src="/sites/default/files/styles/large/public/turandot-808_lise_lindstrom_as_princess_turandot_roberto_alagna_as_calaf_-r_roh._photo_tristram_kenton.jpg?itok=oUarREJQ" title="© Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Dan Ettinger</strong> est resté un peu deçà des excellentes impressions de ses <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/tosca-paris-bastille-triumvirat-gagnant">Tosca</a></em> ou <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/la-boheme-new-york-west-side-boheme">Bohème</a></em> récentes. Le travail orchestral est de grande qualité, la direction est attentive aux chanteurs, mais on ne ressort pas de la salle avec l’impression d’avoir entendu quelque chose de fondamentalement nouveau. Signalons enfin des chœurs impeccables. Les caméras étaient présentes dans la salle : on ne peut qu’espérer la parution rapide d’un DVD de cette excellente matinée.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Don Carlo — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-londres-roh-un-beau-travail-dequipe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 May 2017 17:48:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certaines productions semblent poursuivies par le sort. C&#8217;est le cas de celle-ci qui a dû faire face aux annulations successives de trois des interprètes initialement annoncés pour les rôles de Posa, d&#8217;Elisabetta et de Tebaldo ! Malgré ces péripéties, le Royal Opera nous propose ce soir une belle reprise de son Don Carlo, créé en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Certaines productions semblent poursuivies par le sort. C&rsquo;est le cas de celle-ci qui a dû faire face aux annulations successives de trois des interprètes initialement annoncés pour les rôles de Posa, d&rsquo;Elisabetta et de Tebaldo ! Malgré ces péripéties, le Royal Opera nous propose ce soir une belle reprise de son <em>Don Carlo</em>, créé en 2008 et repris une première fois en 2013. Pour ses débuts dans le rôle, <strong>Bryan Hymel</strong> campe un Infant d&rsquo;Espagne ardent et sonore avec une homogénéité retrouvée entre les registres. Dans cette tessiture très centrale, la voix passe parfaitement la rampe. L&rsquo;aigu est toujours aussi percutant, lui permet de surmonter sans efforts le difficile si naturel de l&rsquo;acte de l&rsquo;autodafé. Hymel se permet même de rajouter un contre ut à la fin de son duo avec Posa, et un autre à la reprise du thème à l&rsquo;acte III : Verdi doit se retourner dans sa tombe, mais c&rsquo;est diablement efficace ! Dramatiquement, le personnage est convainquant et sympathique, évitant la victimisation de certaines interprétations, et ses interactions avec les autres personnages sont particulièrement réussies.</p>
<p>Remplaçant Krassimira Stoyanova, <strong>Kristin Lewis </strong>offre de beaux moments, en particulier au dernier acte, avec de beaux sons filés dans son duo avec Carlo, et un aigu final tenu impressionnant. Le timbre est charnu dans la partie centrale, un peu plus aigre dans l&rsquo;aigu. La composition dramatique est plus convaincante dans les scènes d&rsquo;autorité (notamment avec Eboli ou Filippo) que dans les passages sentimentaux où son amour pour Carlo a du mal à se manifester concrêtement.</p>
<p>Remplaçant Ludovic Tézier, <strong>Christoph Pohl</strong> est un Rodrigo « de troupe », à la voix manquant de projection et au timbre passe-partout, mais se rachetant par sa musicalité et son intelligence. S&rsquo;il parvient à convaincre dans ses solos, le baryton est beaucoup trop effacé dès qu&rsquo;il doit chanter avec un de ses partenaires.</p>
<p><strong>Ildar Abdrazakov</strong> produit l&rsquo;effet inverse : les moyens sont importants, mais la caractérisation reste générique et l&rsquo;émotion en deçà de ce que l&rsquo;on est en droit d&rsquo;attendre dans son long monologue (d&rsquo;autant que la traduction italienne, trop prosaïque, ne rend pas justice aux différents sentiments du personnage).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="355" src="/sites/default/files/styles/large/public/don-carlo-royal-opera-house-review-936077.jpg?itok=HDQPl78y" title="Bryan Hymel et Christian Pohl © Catherine Ashmore" width="468" /><br />
	Bryan Hymel et Christian Pohl © Catherine Ashmore</p>
<p>On passera sur la contre-perfomance de <strong>Paata Burchuladze</strong> en Grand Inquisiteur, à la projection devenue limitée et aux aigus précautionneux, et sans l&rsquo;autorité fanatique nécessaire. De même, le Frère d&rsquo;<strong>Andrea Mastroni​</strong>, peu respectueux de la rythmique, semble essayer de sauver les meubles. <strong>Ekaterina Semenchuk </strong>serait une Eboli proche de l&rsquo;idéal, n&rsquo;était un timbre un peu banal, mais le chant est royal et l&rsquo;interprétation juste. Le Tebaldo d&rsquo;<strong>Angela Simkin</strong> (qui remplace Emily Edmonds) attire l&rsquo;attention et l&rsquo;on se dit qu&rsquo;on tient là une artiste à suivre (son intervention en Voix du Ciel est moins remarquable pour cause de sonorisation excessive). Même constat avec l&rsquo;excellent Comte de Lerme de<strong> David Junghoon Kim</strong> à la belle projection, au noble phrasé et au timbre intéressant. L&rsquo;une et l&rsquo;autre font partie du Jette Parker Young Artists Programme.</p>
<p>La direction de <strong>Bertrand de Billy</strong> laisse dubitatif. Le tapis orchestral est un peu plat, le chef français semblant rechercher une sorte de fondu entre les pupitres. Le tempo est souvent rapide, et à certaines occasion hors de propos comme l’arrivée guillerette du Grand Inquisiteur venu discuter des assassinats de Posa et de Carlo avec Fillipo. L’autodafé n’est pas en place sans que l’on puisse clairement établir les responsabilités entre des chœurs insuffisants (en nombre et en attention), une musique de scène inaudible alors qu’elle est supposée faire écho à l’orchestre, et une voix du Ciel horriblement amplifiée. Il faut dire que c’est l’un des rares moments discutables de la production, les chœurs couvrant la musique par leurs éructations diverses. La dernière partie compte en revanche de superbes moments et la tension dramatique ne chute pas du « Don Fatale » jusqu’au finale. La mort de Posa et la scène de foule qui la suit sont parfaitement réussies.</p>
<p>La production de <strong>Nicholas Hytner</strong> est élégante et intelligente, faisant défiler les scènes sans interruption ce qui contribue à la fluidité de la représentation : seul l&rsquo;autodafé déjà cité déçoit un peu. Malgré des réserves d’importance, le spectacle vaut mieux que la simple somme des parties tant les interprètes nous offrent un travail d’équipe particulièrement soudée.</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-londres-roh-derniers-feux-dune-production-legendaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 06:21:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique Werther en fin de saison dernière en ces mêmes lieux, l’Hoffmann de Vittorio Grigòlo confirme les affinités du ténor italien avec le répertoire français. La diction est impeccable, la prononciation quasiment dépourvue d’accent et la projection est toujours aussi impressionnante, dominant la quasi-totalité du plateau, l’aigu est vaillant. Surtout, Grigòlo chante avec intelligence &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un magnifique <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/werther-londres-roh-la-metamorphose-de-vittorio-grigolo">Werther</a> </em>en fin de saison dernière en ces mêmes lieux, l’Hoffmann de<strong> Vittorio Grigòlo </strong>confirme les affinités du ténor italien avec le répertoire français. La diction est impeccable, la prononciation quasiment dépourvue d’accent et la projection est toujours aussi impressionnante, dominant la quasi-totalité du plateau, l’aigu est vaillant. Surtout, Grigòlo chante avec intelligence et musicalité, même si on peut noter parfois quelques négligences dans le phrasé ou des libertés dans la valeur des notes pour donner davantage d&rsquo;impact dramatique. Grigòlo offre également de splendides effets sur le souffle, notamment lors de reprises <em>pianissimo</em>. La composition dramatique est originale, convaincante et attachante, un brin surjouée à de rares moments (l’ivrognerie du prologue et de l’épilogue où l’on ressent l’absence d’un metteur en scène capable de contenir l’énergie bouillonnante du ténor italien) : un Hoffmann viril et rayonnant avec ses amours, aigri mais pas désespéré quand il est poète, davantage dans la lignée d&rsquo;un Domingo (au jeu hélas un peu stéréotypé) que dans celle d&rsquo;un Neil Shicoff, véritable écorché vif, et bien sûr très éloigné de la perfection musicale d&rsquo;un Gedda ou de l&rsquo;aristocratie de Kraus.</p>
<p>A 61 ans, <strong>Thomas Hampson</strong> offre de beaux restes. Une composition intelligente, soutenue par une prononciation impeccable. Mais l’âge fait aussi son effet et la justesse n’est pas constante. La prestance naturelle du baryton américain sied parfaitement au personnage de Lindorf, mais il sait tout aussi bien camper le burlesque et inquiétant Coppélius, et son Docteur Miracle est particulièrement terrifiant, faisant passer au second plan un certain manque d’agilité. Son Dapertutto est surtout bien chantant, Hampson optant comme souvent pour la version transposée pour basse de « Scintille diamant ».</p>
<p>L’Olympia de <strong>Sofia Fomina</strong> déçoit un peu. Malgré quelques suraigus spectaculaires (plusieurs contre-mi bémol et un contre fa tout de même) vers la fin de son air, les premières variations sont plutôt précautionneuses et la voix accroche sur certaines notes. En revanche, le côté mécanique du personnage est pleinement rendu. L’acte de Venise succède ici à celui d’Olympia (lorsqu’habituellement on poursuit avec celui d’Antonia). La Giulietta de <strong>Christine Rice</strong> est tout simplement l’une de meilleures qu’il nous ait été donnée d’entendre sur scène ces dernières décennies, voire l’une des rares vraies grandes interprètes du rôle, séductrice sans vulgarité, attentive au texte et scéniquement crédible. La voix est bien projetée, enveloppante avec son timbre chaud, la prononciation est limpide. Après une superbe <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/norma-londres-roh-la-chance-sourit-aux-audacieuses">Norma </a></em>sur cette même scène, nous retrouvons<strong> Sonya Yoncheva</strong> dans un rôle bien plus court mais non moins électrisant. Le timbre est toujours aussi chaud, personnel, la puissance impressionnante (la seule de taille à rivaliser avec celle de Vittorio Grigòlo), les aigus spectaculaires, même s’ils sont un peu plus préparés que par le passé (un contre-ré un peu strident en coulisse, en réponse aux objurgations du Docteur Miracle ; un contre-ut dièse impressionnant, à la fin du trio). La diction reste en revanche perfectible : elle ne pose pas de problèmes à qui connaît déjà bien le texte, mais le spectateur peu familier aura du mal à comprendre les paroles. Mais c’est surtout dramatiquement que Yoncheva nous fascine : avec elle, Antonia n’est pas une simple victime de la maladie poussée à la mort par Miracle ; elle meurt en se libérant par le chant, cessant de lutter contre un don plus fort qu’elle dans une véritable course à l’abime où sa souffrance est joie. Et cette (P)passion transparaît à la fois dans son jeu et dans son chant : une composition unique qui renouvelle l’interprétation du rôle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2774ashm_0694_sonya_yoncheva_as_antonia_vittorio_grigolo_as_hoffmann_c_roh._photographer_catherine_ashmore.jpg?itok=D1n7zX_X" title="Sonya Yoncheva et Vittorio Grigolo Contes d'Hoffmann © 2016 ROH / Catherine Ashmore" width="468" /><br />
	Sonya Yoncheva et Vittorio Grigolo © 2016 ROH / Catherine Ashmore</p>
<p>Dans cette version, le rôle de Nicklause est un peu sacrifié et on passera sur l’interprétation de <strong>Kate Lindsey</strong>, voix peu projetée et à la diction incompréhensible. Passons également sur la Mère d’Antonia de <strong>Catherine Carby</strong>, à la voix trop peu puissante pour être audible dans le trio. En Crespel, <strong>Eric Halfvarson</strong> doit au contraire discipliner sa « grosse » voix plus adaptée au répertoire germanique que français. En revanche, les quatre valets de <strong>Vincent Ordonneau </strong>sont parfaits, tant vocalement que dans une composition scénique drôle mais sans excès. Second français de la distribution, <strong>Christophe Mortagne</strong> est tout aussi excellent dans le rôle de Spalanzani. Décidément, nul n’est prophète en son pays. Parmi les nombreux petits rôles, tous parfaitement interprétés, on notera le jeune <strong>David Junghoon Kim</strong> en Natanaël : ce ténor est certes encore en devenir mais son potentiel est remarquable ; il est encouragé au travers du Jette Parker Young Artists Programme.</p>
<p><strong>Evelino Pidò</strong> n’a pas semblé très inspiré par le chef d’œuvre d’Offenbach, et les chanteurs se dirigent eux-mêmes. A sa décharge, l’orchestre n’a pas paru davantage inspiré : à de nombreux égards, la présence au pupitre d’un chef à la hauteur d’Antonio Pappano aurait porté la soirée au pinacle de l’émotion, d&rsquo;autant que Vittorio Grigòlo a besoin d&rsquo;être canalisé.</p>
<p>Crée en 1980, la production de <strong>John Schlesinger</strong> (décédé en 2003), a gardé toute sa magie. Les costumes de <strong>Maria Björnson</strong> (décédée en 2002) nous semblent toujours aussi inventifs ainsi que les décors de <strong>William Dudley</strong> (il va bien, merci). Comme <em>La Bohème</em> du Metropolitan, c’est une vieille dame charmante à qui l’on rend toujours visite avec un plaisir renouvelé. Malheureusement, il semble que cette ultime reprise soit son dernier tour de piste : espérons que le Royal Opera la conservera pieusement au fond de quelque containeur (on sait ce qu’on perd mais on ne sait pas ce qu’on gagnera !). Dans tous les cas, la distribution de 1981 a déjà fait l’objet d’un DVD et celle de 2016 aura les honneurs d’une diffusion en direct en salle de cinéma le 15 novembre prochain, avec, on le souhaite, peut-être un nouveau DVD à la clé. Espérons également que la prochaine production abandonnera la classique édition Choudens (qui n&rsquo;est pas sans qualités) pour proposer une vision plus récente : on peut s’attrister de ce qu’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/dossier/les-contes-dhoffmann">on ne saura jamais comment Offenbach aurait finalisé son œuvre</a>, mais les manuscrits qu’il nous a laissés ont aussi permis aux musicologues de proposer de nouvelles versions riches et captivantes (abondance de biens ne nuit pas !). </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-londres-roh-derniers-feux-dune-production-legendaire/">OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Londres (ROH)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Marion Lebègue et Junghoon Kim, vainqueurs du Concours international de chant de Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/marion-lebegue-et-junghoon-kim-vainqueurs-du-concours-international-de-chant-de-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Sep 2014 06:12:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Operalia la semaine précédente (voir brève du 31 aout dernier), avait lieu hier soir, samedi 6 septembre, la finale du 50e Concours international de Chant de la Ville de Toulouse. Le jury présidé par Teresa Berganza a décerné son premier grand prix à Marion Lebègue, mezzo-soprano française déjà primée il y a quelques mois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Operalia la semaine précédente (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/rachel-willis-sorensen-et-mario-chan-vainqueurs-doperalia">brève du 31 aout dernier</a>), avait lieu hier soir, samedi 6 septembre, la finale du 50e Concours international de Chant de la Ville de Toulouse. Le jury présidé par Teresa Berganza a décerné son premier grand prix à <strong>Marion Lebègue</strong>, mezzo-soprano française déjà primée il y a quelques mois au concours Flame (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/abondance-de-prix-ne-nuit-pas-au-concours-flame">brève du 18 avril dernier</a>) et à <strong>Junghoon Kim</strong>, jeune ténor coréen finaliste du Concours Elisabeth en juin dernier (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/reine-elisabeth-2014-retour-sur-un-concours-a-nul-autre-pareil">compte rendu</a>). Le deuxième prix revient à la soprano israelienne <strong>Hila Fahima</strong> et au ténor tchèque <strong>Petr Nekoranec</strong>. La soprano française <strong>Angelique Boudeville</strong> et le ténor <strong>Yu Shao</strong> se partagent le troisième prix. Le public, invité à l’issue de la soirée à désigner son candidat préféré, a choisi Junghoon Kim. Compte rendu à suivre.</p>
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		<title>Finale du 50e Concours International de Chant de Toulouse — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/finale-du-50e-concours-international-de-chant-de-toulouse-toulouse-soir-de-fete-au-capitole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Sep 2014 05:57:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le palmarès du 50e  Concours international de Chant de la Ville de Toulouse est déjà communiqué, voici quelques échos de la soirée. Un mot d’abord pour éclairer ceux qui s’étonneraient qu’une compétition créée en 1954 célèbre cette année ses cinquante ans : reporté en 1973 et 1995, l’évènement  est devenu bisannuel depuis 1996. Comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le palmarès du 50<sup>e</sup>  Concours international de Chant de la Ville de Toulouse est déjà communiqué, voici quelques échos de la soirée. Un mot d’abord pour éclairer ceux qui s’étonneraient qu’une compétition créée en 1954 célèbre cette année ses cinquante ans : reporté en 1973 et 1995, l’évènement  est devenu bisannuel depuis 1996. Comme à chaque édition, le public est particulièrement nombreux et attentif, d’autant que depuis 2012 le prix du Public a été rétabli et permet donc aux juges anonymes de valider ou de corriger la décision des juges célèbres. Cette année encore le jury est particulièrement impressionnant, tant il réunit de décideurs susceptibles d’aider les concurrents au développement de leur carrière. Viorica Cortez (1964) et Dmitri Hvorostovsky (1988) témoignent dans le programme de l’importance qu’eut à cet égard leur premier prix à Toulouse. On peut pourtant être sûr que des applaudissements qui saluent l’apparition du jury au premier rang du balcon les plus chaleureux vont à la présidente, la chère <strong>Teresa Berganza</strong>, qui les reçoit avec une simplicité royale. </p>
<p>Le déroulement de la cérémonie est immuable. Le rideau à l’italienne est à demi-relevé et le double drapé formé encadre un fond de ciel tourmenté, devant lequel trône le piano à queue où les pianistes  se succèderont  pour accompagner les mélodies, lieder, ou extraits d’oratorio, l’accompagnement des airs d’opéra étant réservé à l’orchestre. Un ordonnateur sérieux comme un pape préside aux annonces et règle entrées et sorties avec une scrupuleuse vigilance, prêt à remettre promptement et fermement sur le droit chemin qui s’égarerait de quelques pas, comme Teresa Berganza en fera l’expérience au moment de la remise des prix. L’assistance informée du déroulement de la soirée, <strong>David Syrus</strong>, déjà là en 2012, entre dans la fosse, et tout le monde se lève pour <em>La Marseillaise.</em></p>
<p>Cent-quatre-vingt-un inscrits, quatre-vingts participants, douze finalistes. Les concurrents qui vont défiler dans l’ordre déterminé par le tirage au sort ont franchi le barrage des trois sélections et de la demi-finale. Le premier est un ténor coréen, <strong>Myong-Hyun Lee</strong>,  qui n’hésite pas à s’agenouiller pour  « Tombe degli avi miei…fra poco a me ricovero » tirant l’air d’Edgardo vers un vérisme démesuré, et dont le <em>Der Kuss</em> de Beethoven ne nous a pas convaincu. Lui succède <strong>Marion Lebègue</strong>, mezzosoprano française. Après un lied de Berg, « Dämmern Wolken » tout en finesse  elle déploie une grande voix lyrique , avec beaucoup de moelleux et un aigu final percutant dans l’air de <em>Sapho </em>« O ma lyre immortelle ». Le jury l’a-t-il rêvée comme nous en interprète des opéras français qui réclament largeur de la voix, longueur du souffle et fermeté noble ? Il la couronne du Premier Grand Prix Femme, sous les ovations du public.  Rien en revanche, hormis le diplôme de finaliste qui sera remis aux concurrents absents du palmarès, pour la basse chinoise<strong> Xiahoan Zhai</strong>, dont le timbre profond, la projection vigoureuse et le volume remarquable nous ont impressionné, moins dans « La vague et la cloche » de Duparc, où il fait pourtant montre d’un tempérament dramatique affirmé qu’il confirme dans le « Studio il passo, o mio figlio » de <em>Macbeth. </em>Rien non plus pour <strong>Narea Son</strong>, soprano sud-coréenne dont « Nous venions de voir le taureau » tiré des <em>Filles de Cadix </em>souffre d’un français appliqué et dont le « Bel raggio lusinghier » démontre une agilité indéniable mais une inadéquation vocale et une interprétation défaillante tant la souveraine de Rossini tend vers la soubrette pépiante, malgré le soutien attentif de David Syrus. Lui succède le ténor tchèque <strong>Petr Nekoranec</strong>, le benjamin puisqu’il a à peine 22ans depuis le mois de mars ; son « O might  those sighes and teares » de Britten est un choc, tant la voix sonne nette, claire, fraîche, et l’interprétation sensible. Malheureusement – c’est notre point de vue – son « Ah mes amis quel jour de fête ! » n’aura pas la même pureté, comme si un rhume naissant  l’entachait de nasalités sans toutefois compromettre l’émission des aigus. Le jury lui décerne le Deuxième Grand Prix Hommes, à la satisfaction générale. Dès qu’<strong>Angélique Boudeville</strong> ouvre la bouche,  l’opulence du timbre est celle d’un vrai soprano lyrique. Mais, et c’est peut-être pourquoi elle n’obtient que le Troisième Prix Femme, l’interprétation de « Nuit d’étoiles » de Debussy et de «  Dove sono » des <em>Nozze di Figaro </em>est plus appliquée que prenante et le souci du beau son tend à ramollir légèrement l’articulation. Nulle contestation dans le public.</p>
<p>Voici le tour d’un autre ténor sud-coréen, <strong>Junghoon Kim</strong>, dont le moins qu’on puisse dire en le voyant est qu’il a du coffre.  Et il le prouve, d’abord dans « Stell’auf den Tisch » de Richard Strauss, néanmoins assez nuancé, et surtout dans un « Nessun dorma » dont le « Vincero » final est si percutant qu’il en fait oublier à quelques-uns la règle sacro-sainte : on n’applaudit pas ! L’amplitude, la virilité du timbre, l’éclat de la projection, la production de demi-teintes, autant de qualités qui lui valent de recevoir le Premier Grand Prix Hommes à l’unanimité du jury, sur la même longueur d’onde que l’assistance puisqu’au vote effectué pendant la délibération il remporte également le Prix du Public. La soprano israélienne <strong>Hila Fahima </strong>qui remporte le Deuxième Grand Prix Femmes le méritait-elle ? Aucun désaccord ne s’élève…Pourtant la vocalise sur « Et incarnatus est » de la <em>Messe en ut mineur </em>de Mozart n’avait pas pour nous le caractère sublime que nous attendons ; mais avec son « Quel guardo il cavalier » elle campe une Norina piquante, à la voix brillante, homogène et sonore digne de lauriers. <strong>Ankhbayar Enkhbold</strong>, baryton mongol, repart bredouille : ni sa mélodie de Rachmaninov ni le « Nemico della patria » d’<em>Andrea Chénier </em>n’ont suffi à l’imposer, malgré des aigus faciles et une interprétation pénétrée. C’est aussi le cas de la soprano canadienne <strong>Heather Newhouse</strong>, dont ni « Ihr Mund ist stets derselble » de Richard Strauss ni « Sul fil d’un soffio etesio » de <em>Falstaff</em>, n’emportent l’adhésion, tant la fraîcheur sonne fabriquée pour l’un et la prononciation laborieuse pour l’autre. Au tour d’un ténor chinois, <strong>Yu Shao</strong>, pour une mélodie de Schumann, avec David Zobel au piano. Et d’emblée on retient son souffle : non seulement la voix est belle, à la fois douce et mâle, mais ce chanteur est un artiste, car l’épreuve imposée devient, grâce à sa sensibilité, ce qu’elle devrait toujours rester, un pur moment musical. Et à peine a-t-on repris haleine qu’on est bluffé par la qualité d’une diction qui garde à la romance de Mylio le moindre de ses charmes. Un aigu un peu serré a-t-il suffi pour que le jury ne lui accorde que le Troisième Prix ? Une large partie du public a protesté vigoureusement, de la manière la meilleure, en l’applaudissant très, très longuement. Dernier de la liste, <strong>Myeongjun Shin</strong>, basse sud-coréenne, exhibe des graves sépulcraux mais ne parvient pas à faire vivre « Der Tod, das ist die Hühle nacht » de Brahms, ni « A te l’estremo addio » de <em>Simone Boccanegra </em>et ne figurera pas au palmarès.</p>
<p>Pendant la délibération du jury, le public a pu voter pour le concurrent de son choix et comme il lui reste à attendre la proclamation des résultats les pronostics vont bon train, à grand renfort de haussements d’épaules – Non mais, qu’est-ce qu’il faut pas entendre ! – et de comparaisons avec les éditions passées. Enfin la sonnerie retentit. On se précipite…et vous savez la suite. Les prix sont remis par des représentants des sponsors (le Centre Français de Promotion Lyrique), de la Ville de Toulouse, du Conseil Général de la Haute-Garonne et par la Présidente du jury pour les Deux Premiers Grands Prix, et c’est à cette occasion que Teresa Berganza sera remise à sa place, au sens propre, par l’inflexible organisateur. Le même, infatigable défenseur de la tradition, tentera d’entraîner l’assistance dans <em>La Tolosenca</em>, hymne de la ville de Toulouse dont le texte est en occitan. Notre mémoire est-elle en défaut ? Il nous a semblé qu’en 2012 la réponse de la salle était largement plus massive et plus franche…Tout se perd !</p>
<p>Tandis que la salle se vide les happy few se rendent au foyer où un buffet a été dressé. On va y attendre les finalistes, au premier rang desquels les lauréats. Ce moment que les mondanités rendent souvent si frivole ou si insincère sera transformé par la présence discrète de Nicolas Joel, que ses amis ont déjà assailli dans la salle et qu’ils retrouvent avec émotion.  Et  évidemment par le cadeau de recueillir, de la bouche d’une Teresa Berganza que le temps a griffée mais qu’il n’a pu priver de sa vivacité gracieuse et espiègle, au moment de son départ, cette confidence : « <em> Je suis heureuse ! </em>» Nous n’avons pas voulu d’autre conclusion et avons quitté la fête nous aussi. Longue vie au Concours de Chant de Toulouse !</p>
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