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	<title>Nadia KRASTEVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nadia KRASTEVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Don Carlo — San Francisco</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2016 03:47:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pas une perle ne manque au collier d’Elizabeth, pas un diamant à la couronne de Philippe II, lequel porte une Toison d’or très fidèlement reconstituée ; il y a pléthore de hallebardes, de soutanes, de fraises et de crucifix sur scène. Pour son Don Carlo de San Francisco, Emilio Sagi fait le choix d’une fidélité quasi-totale &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pas une perle ne manque au collier d’Elizabeth, pas un diamant à la couronne de Philippe II, lequel porte une Toison d’or très fidèlement reconstituée ; il y a pléthore de hallebardes, de soutanes, de fraises et de crucifix sur scène. Pour son <em>Don Carlo</em> de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/san-francisco-opera">San Francisco</a>, <strong>Emilio Sagi</strong> fait le choix d’une fidélité quasi-totale au livret, en tous cas à sa lettre. Le résultat s’apparente à une suite de cartes postales magnifiques du point de vue strictement visuel (voir les photos accompagnant l’article), surtout que la maison n’a pas lésiné sur les moyens matériels. Mais il s’agit plutôt d’une mise en image que d’une mise en scène. Au milieu de ces décors somptueux, les personnages semblent livrés à eux-mêmes, abandonnés à leur sort par un régisseur qui ne sait que faire d’eux. Comme à chaque fois qu’on lâche la bride à des chanteurs lyriques, c’est le retour en force de la main sur le cœur, du poing serré sur l’épée, du genou en terre. Un summum de platitude est atteint au cinquième acte, où les amants semblent regarder les avions qui décollent pendant les dix minutes de leur duo. Où sont les grands conflits que charrie l’œuvre ? La désespérance des protagonistes ? Les questions philosophiques de Schiller ? Aux abonnés absents. Tout reste glacé, comme figé dans un chromo que la vie aurait fui.</p>
<p class="rtejustify">Que le spectateur ne s’inquiète cependant pas trop : le drame qu’on ne voit pas sur scène, on en retrouve la trace dans la musique, qui est servie ici comme rarement. En premier lieu dans une fosse qui révèle un <strong>San Francisco Opera Orchestra</strong> égal en qualité aux meilleures phalanges de la planète. Sous la battue assurée d’un <strong>Nicola Luisotti</strong> qui connaît son Verdi sur le bout des doigts, les instrumentistes californiens rivalisent de virtuosité, jusque dans les passages les plus périlleux, comme le grand air d’Elizabeth au dernier acte, où d&rsquo;habitude la plupart des pupitres de cordes se prennent les pieds dans le tapis. Pour être juste, il faudrait mentionner aussi les teintes radieuses de la mort de Posa, les parfums délicats des jardins espagnols juste avant la chanson d’Eboli, les cuivres grondants au début du II, soutenus pas des timbales qui ont mangé du fauve … Un livre entier n’y suffirait pas.</p>
<p class="rtejustify">La distribution offre des joies d’un même niveau. Passons sur quelques insuffisances. L’Eboli de <strong>Nadia Krasteva </strong>n’est pas à la hauteur de l’enjeu, avec une voix faible et peu séduisante, alors que sa partie est un pivot de l’action. Son « Don Fatale » tombe a plat, malgré un chef qui lui offre un écrin de rêve, avec des vagues qui déferlent sans couvrir la voix.  A l’opposé, <strong>René Pape</strong> a tout pour être le Philippe II de sa génération (le coffre, la prestance, l’attention au mot) mais il reste curieusement sur son quant-à-soi, comme intimidé. Son monologue du IV ne marque pas. La faute à une mise en scène trop lâche, qui le laisse déambuler dans tous les coins de son cabinet de travail, sans jamais lui inspirer un geste qui lui permette de sortir des conventions lyriques ? Ou la méforme d&rsquo;un jour ?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="305" src="/sites/default/files/styles/large/public/_b5a5582-x2.jpg?itok=BV0l67ag" title="© Cory Weaver / SFO" width="468" /><br />
	© Cory Weaver / SFO</p>
<p class="rtejustify">Plutôt que de conjecturer sur les faiblesses, pointons les forces. Elles sont nombreuses, à commencer par le Carlo de <strong>Michael Fabiano</strong>, d’une santé vocale éclatante, qui parvient à sortir l’infant de la relative grisaille où on le cantonne souvent. Dans la lignée d&rsquo;un Bergonzi, ses phrases sont lancées avec vaillance, presque trompettées, mais le ténor est un styliste, qui sait jusqu&rsquo;où il faut aller sans tomber dans l&rsquo;histrionisme. Sa mère-amante, <strong>Ana Maria Martinez</strong>, confirme son statut de verdienne montante et les longues lignes de ses cantilènes sont sculptées avec une délicatesse exquise. Elle semble avoir trouvé la clé du chant verdien : le souffle, si délicat à ménager dans des airs qui paraissent impossibles, où Verdi n&rsquo;a eu aucune pitié pour ses interprètes et où la plupart des chanteuses respirent n&rsquo;importe comment. L’Inquisiteur <strong>d’Andrea Silvestrelli</strong> offre des ressources de puissance et d’expression sans limites. Sa stature comme son autorité vocale montrent bien qui dirige l’Espagne de l’époque, et il ne fait qu’une bouchée d’un roi bien falot dans le célèbre duo du IV. Largement vainqueur à l’applaudimètre, <strong>Mariusz Kwiecien</strong> triomphe dans le rôle de l’ami fidèle, défenseur des opprimés, l&rsquo;incarnation des idéaux politiques de Schiller. Fougue, sincérité et panache, couplés à une des plus belles voix de baryton sur le circuit international, le public est en transe et l&rsquo;apparition du chanteur au rideau final déclenche un véritable vacarme de bravos.</p>
<p class="rtejustify">Dans sa notice accompagnant le programme, le chef justifie son choix de la version italienne en affirmant que <em>Don Carlo</em> a été pensé dans la langue de Dante. On n’est pas d’accord avec lui, un chef aussi éminemment transalpin que Claudio Abbado ne l&rsquo;était pas non plus, mais la qualité musicale offerte à San Francisco ce dimanche après-midi nous a presque fait changer d’avis.</p>
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		<title>La Forza del Destino</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-forza-del-destino-ostentation-vocale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2016 07:08:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la galerie des prises de rôle bavaroises de Jonas Kaufmann, voici désormais disponible en DVD la trace de son Alvaro, reflet de la saison 2013/2014 du Staastoper de Munich. Cette Force du Destin avait été retransmise à la télévision en décembre 2013, ce dont Forumopera s&#8217;était, à l&#8217;époque, fait l&#8217;écho. On se retrouvera sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la galerie des prises de rôle bavaroises de Jonas Kaufmann, voici désormais disponible en DVD la trace de son Alvaro, reflet de la saison 2013/2014 du Staastoper de Munich. Cette <em>Force du Destin</em> avait été retransmise à la télévision en décembre 2013, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-un-alvaro-qui-decoiffe">ce dont Forumopera s&rsquo;était, à l&rsquo;époque, fait l&rsquo;écho</a>. On se retrouvera sans difficulté dans le jugement émis, à cette occasion, par Laurent Bury : si l&rsquo;on doit se procurer la captation vidéo de cette <em>Force du Destin</em> munichoise, c&rsquo;est d&rsquo;abord et surtout pour la griserie vocale qu&rsquo;elle procure plus que pour assister à un authentique moment de théâtre verdien. </p>
<p>Car pour le beau chant, assurément, on ne lésine pas. </p>
<p>A tout seigneur tout honneur, <strong>Jonas Kaufmann</strong> comblera ses nombreux admirateurs dans son incarnation de l&rsquo;Indien maudit. Son Alvaro, écrasé par le poids de son destin, jeté sur les routes d&rsquo;une existence damnée que n&rsquo;éclaire nulle lumière, marque les esprits par son chant mâle, à la virilité assumée mais jamais débraillée, ne franchissant jamais les frontières du bon goût par une extraversion de mauvais aloi. Tout est tenu, surveillé, les demi teintes sont dosées avec subtilité, le timbre d&rsquo;airain et la puissance peu commune font le reste (« Al chiostro, all&rsquo;eremo, ai santi altari » à la fin de la scène 9 de l&rsquo;acte III est digne d&rsquo;un Samson devant le Temple !). Rien à dire, la réputation n&rsquo;est pas usurpée, et très vite on rend les armes, même si on doit avouer, <em>sotto vocce</em>, que par moments (au début surtout) le métal solaire d&rsquo;un Corelli à Naples en 1958 nous manque un peu&#8230;</p>
<p>L&rsquo;objet de ses désirs, <strong>Anja Harteros</strong>, campe une Leonora elle aussi vocalement superlative, offrant des moments ineffables de pure vocalité (le duo avec Guardiano au II). Seul l&rsquo;acte IV la montre un peu moins à son avantage, avec un « Pace, pace mio Dio»  qui trouve son timbre durci, et manque de ce fait de l&rsquo;angélisme requis. Mais que de belles choses !</p>
<p>Chapeau bas aussi à <strong>Vitalij Kowaljow</strong>, superbe tant en Marquis de Calatrava qu&rsquo;en Padre Guardiano ou son legato onctueux fait merveille. En Père Supérieur, il irradie d&rsquo;une réconfortante bonté. Son compère en religion, Fra Melitone, est incarné par <strong>Renato Girolami</strong>, vocalement très salubre, qui parvient à éviter les excès de pitrerie et de cabotinerie auxquels le rôle donne parfois prétexte. Ses deux imprécations (à la fin du III et au début du IV) sont réellement chantées : bravo ! Il est simplement dommage que cet effort – louable – de sobriété ait pour effet d&rsquo;occulter la dimension comique du personnage, pourtant indéniable. </p>
<p>Quant au Carlo de <strong>Ludovic Tezier</strong>, il tutoie les cîmes. Le meilleur baryton verdien du moment ? Même si l&rsquo;on se méfie par principe de ces jugements catégoriques, comment ne pas souscrire à celui-ci ? Il a tout : le timbre, la technique, la projection, jusqu&rsquo;au chant <em>sul fiatto</em> de la meilleure école. Ses duos avec Kaufmann (« Solenne in quest&rsquo;ora » et « Sleale », heureusement préservé dans son intégralité au III, « Le minacce, i fieri accente » au IV) font partie des sommets incontestables de la représentation. </p>
<p>La Preziosella de <strong>Nadia Krasteva</strong> frappe par la richesse de son timbre, l&rsquo;intelligence de sa gestion des registres, et son chant exempt de vulgarité. Sur ce dernier point, on lui reconnaîtra un certain mérite, la mise en scène la cantonnant dans un personnage de mère maquerelle <em>new age</em> assez peu valorisant. </p>
<p>La mise en scène justement&#8230; Signée <strong>Martin Kusej</strong>, elle peine à emporter l&rsquo;adhésion. A sa décharge, on rappellera que l&rsquo;oeuvre est, dans la production verdienne, une des plus difficiles à mettre en scène : un livret capillotracté au delà du raisonnable, et un contraste assumé entre scènes puissament dramatiques (la majorité) et scènes de genre ouvertement comiques. Nombre de metteurs en scène, y compris les plus grands, s&rsquo;y sont cassé les dents. Le parti pris de Kusej accentue la face sombre de l&rsquo;oeuvre, en y faisant évoluer des personnages accablés par le poids de leur destin, dans une approche finalement assez primaire de l&rsquo;oeuvre. On cherche en vain les chemins de traverse ou les éclairages latéraux qui permettraient de regarder l&rsquo;oeuvre sous un jour nouveau. Le commentaire étique qui figure au dos de la pochette (on cherchera en vain un propos plus développé dans le livret figurant à l&rsquo;intérieur du coffret&#8230;) mentionne une lecture « post 11 septembre ». On cherche en vain les allusions idoines, même fugaces&#8230; Certaines idées sont esquissées (le poids de la religion, le renversement de perspective visuelle au début du II) sans jamais être menées à leur terme. Les décors, mêlant sans logique apparente le vintage <em style="line-height: 1.5;">seventies</em> (le repas pendant l&rsquo;ouverture) à un modernisme passe partout, n&rsquo;aident pas le spectateur. Quant aux lumières, très crues, elles ne créent aucun mystère, et ne font que mettre en évidence le défaut de fixation de l&rsquo;improbable tignasse qui accompagne Alvaro tout au long de la soirée. A la décharge des perruquiers et des maquilleurs du Staatsoper de Munich, il faut relever que la captation vidéo use et abuse des gros plans, ce qui, à la longue, finit par lasser à force de fragmentation en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;une mise en scène conçue pour le DVD.</p>
<p>On terminera en signalant que la direction d&rsquo;<strong>Asher Fisch </strong>semble surtout préoccupée de mettre en valeur les somptueuses individualités vocales, sans trop se soucier de cohérence dramatique (certaines pages pèchent par leur manque de nerf). Il dispose pour cela d&rsquo;une phalange orchestrale particulièrement avenante et riche en qualités premières. </p>
<p>C&rsquo;est donc d&rsquo;abord et avant tout pour sa quinte flush vocale que l&rsquo;on ira vers ce coffret : les stars sont au rendez vous, et c&rsquo;est déjà immense. Pour le reste, et notamment pour le théâtre verdien, on repassera. </p>
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		<title>VERDI, Don Carlo — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-carlo-new-york-lauberge-espagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2015 06:54:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un chef canadien, une soprano italienne, un ténor sud-coréen, un baryton russe, quelques Américains… Metropolitan Opera oblige, les espoirs montants et valeurs sûres de la planète lyrique se retrouvent fréquemment à New York. Le résultat est parfois contrasté, comme pour ce Don Carlo. A maison internationale, production internationale. Arrivée de Londres où elle voyait le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un chef canadien, une soprano italienne, un ténor sud-coréen, un baryton russe, quelques Américains… Metropolitan Opera oblige, les espoirs montants et valeurs sûres de la planète lyrique se retrouvent fréquemment à New York. Le résultat est parfois contrasté, comme pour ce <em>Don Carlo</em>.</p>
<p>A maison internationale, production internationale. Arrivée de Londres où elle voyait le Don Carlo de Jonas Kaufmann et l&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/lianna-haroutounian-debuts-precipites-a-londres">Elisabeth de Liana Haroutounian propulsée sur le devant de la scène par l&rsquo;annulation d&rsquo;Anja Harteros</a>, la production de <strong>Nicholas Hytner</strong> s&rsquo;établit à New York. D’un classicisme modernisé sous des dehors design, elle règle les entrées et sorties de manière lisible et définit des ambiances claires. Elle compte autant de réussites (le cloître de Saint-Just) que de ratés (l’autodafé devant la basilique d&rsquo;Atocha) et se contente d’une définition sommaire et sans surprise des personnages.</p>
<p>	En fosse aussi la soirée se divise entre un orchestre au son toujours aussi rond, plein, précis dans ses attaques et son chef du soir, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>. Le Québécois est particulièrement attentif à la balance scène/salle, ce qui ne l’empêche pas d’alourdir les climax les plus martiaux de l’œuvre. La faute à un manque de dynamisme et à une direction qui oublie à intervalles réguliers d’aller chercher détails et fourmillements (à la petite harmonie notamment) dans la partition de Verdi. Inégaux aussi sont les chœurs où les basses mènent la barque cependant que les sopranos sont bien moins audibles. C’est, pour ainsi dire, criant dans la scène de l’autodafé. Une scène où se distinguent les Flamands, pour beaucoup issus du Lindemann Young Artist Development Progam.</p>
<p>	Sur scène, chaque continent ou presque a envoyé sa délégation. L’Amérique dispose de valeurs sûres : <strong>James Morris</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/die-meistersinger-von-nurnberg-new-york-cest-dans-les-vieux-pots">Hans Sachs étonnant de fraicheur en décembre dernier</a>, est ce soir le Grand Inquisiteur, auquel il prête et son vibrato et ce timbre devenu piquant malgré la basse tessiture. L’Italie a fait convoi : <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> (Philippe II) sonnerait presque comme au premier soir tant la ligne verdienne est châtiée, le souffle remarquable.  Il compense un timbre moins chatoyant désormais par l’intelligence dramatique. Servi par un solo de violoncelle à faire fondre les gratte-ciels new-yorkais, il entonne « ella giammai m’amò » comme un long sanglot, très intérieur. <strong>Barbara Frittoli</strong> ferait presque pâle figure en comparaison : l’aigu se refuse parfois, le vibrato lui prend le pas et la projection est plus que limitée pour cet auditorium de 3800 places. La Russie n’est pas en reste. <strong>Dmitri Hvorostovksy</strong>, enchaine, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/un-ballo-in-maschera-new-york-quinte-flush-royale">après sa série de Renato</a>, sur ce rôle qui met moins à mal son souffle. Nuances, style et charisme scénique continuent d’en faire un des Posa du moment. La Bulgare <strong>Nadia Krasteva</strong> prête son mezzo à la fatale Eboli. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/en-toute-integrite">A Munich et à Paris sa Preziosilla faisait étalage de registres disjoints</a>, New York l’entend avec une technique plus saine malgré quelques graves poitrinés dans le premier air. « O don fatale » met en revanche son ambitus à rude épreuve. En Don Carlo, le jeune <strong>Yonghoon Lee</strong> enfin est ambivalent. Il a pour lui un volume évident, une longueur de souffle et un beau timbre, qu’hélas il perd, lorsqu’il cherche une nuance piano. La prononciation est problématique, l’émission émaillée de <em>portando</em> disgracieux. Mais il est vaillant vocalement et ne connaît de défaillance à aucun moment de la soirée. Une vaillance qui conduit son jeu bien trop souvent au stéréotype : bras ouverts et poitrine gonflée.</p>
<p>	Au final on est entré au Metropolitan comme on serait entré dans une auberge espagnole : on y trouvé un peu de tout, avec des qualités diverses, pour un résultat qui, sans atteindre à la gastronomie des palaces, n’en laisse pas moins apprécier le séjour.</p>
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