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	<title>Benedikt KRISTJANSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Benedikt KRISTJANSSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien avant 50 ans. Ou presque. Si Rameau, né en 1683, était mort avant 1733, que retiendrions de lui ? Ses théories de l’harmonie à coup sûr, quelques motets et cantates sans doute, et ses pièces de clavecin. Mais cela aurait-il suffi à lui assurer la postérité ? Et l’enthousiasme que son nom suscite aujourd’hui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien avant 50 ans. Ou presque.<br />
Si Rameau, né en 1683, était mort avant 1733, que retiendrions de lui ? Ses théories de l’harmonie à coup sûr, quelques motets et cantates sans doute, et ses pièces de clavecin. Mais cela aurait-il suffi à lui assurer la postérité ? Et l’enthousiasme que son nom suscite aujourd’hui encore ? Sans doute pas. C’est que ses plus grandes œuvres sont lyriques et qu’il ne s’approchera de l’opéra, coup d’essai, coup de maître, qu’en 1733 avec ce qui reste pour beaucoup le chef-d’œuvre entre tous du Dijonnais : <em>Hyppolite et Aricie</em>. Après ce succès, l’Académie Royale de musique va lui commander d’autres tragédies lyriques ou opéras-ballets&nbsp;: <em>Les Indes Galantes</em> (1735), <em>Castor et Pollux</em> (1737), et <em>Dardanus</em> (1739) vont s’enchaîner à un rythme échevelé.<br />
Ensuite musicien de la Cour, il laisse de côté l’opéra et n’y reviendra que dans les dernières années de sa vie&nbsp;: <em>Les Paladins</em> date de 1757 et, enfin, <em>Les Boréades</em>, mises en répétition au printemps 1763, mais abandonné avant la première. Rameau tombe malade (on a parlé de fièvre putride) et meurt le 12 septembre 1763. L’œuvre n&rsquo;est ni représentée ni éditée de son vivant. La première représentation intégrale (version de concert) a lieu à Londres en 1975, sous la direction de John Eliot Gardiner qui dirigera également la première représentation théâtrale lors du Festival d’Aix- en-Provence, le 21 juillet 1982, dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty. Gardiner captera l’œuvre en 1982 avec Jennifer Smith (Aphise), John Aller (Calisis), Philipp Langridge (Abaris), Jean-Philippe Lafont (Borée) et François Leroux (Adamas). A noter aussi l’enregistrement de 2003 par William Christie (Bonney, Agnew, Panzarella, Naouri, Degout).<br />
L’enregistrement auquel nous nous intéressons a été réalisé du 18 au 21 septembre 2023 à Budapest. Il s’inscrit dans un vaste chantier thématique que le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) a entamé dix ans plus tôt, en 2013, à l’occasion de la préparation de l’année anniversaire des 250 ans de la mort de Jean-Philippe Rameau (1764-2014). En partenariat avec la Société Jean-Philippe Rameau, qui se dédie à l’édition complète des œuvres du compositeur sous la direction scientifique de Sylvie Bouissou (<em>Rameau Opera Omnia</em>), le CMBV s’était alors donné un double objectif&nbsp;: d’une part, celui de recréer et d’enregistrer tous les derniers opéras inédits de cet auteur, ainsi que plusieurs versions alternatives imaginées par Rameau à l’occasion de reprises et qui n’avaient pas encore été rejouées aux XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles&nbsp;; d’autre part, de réinterroger les pratiques d’interprétation, en proposant de nouvelles lectures – historiquement informées et profitant des derniers fruits de la recherche musicologique – de certains des titres les plus célèbres.<br />
C’est ainsi qu’ont déjà vu le jour les productions discographiques des <em>Fêtes de l’Hymen et de l’Amour</em>, du <em>Temple de la Gloire</em>, des <em>Fêtes de Polymnie</em>, de <em>Zaïs</em>, de <em>La Lyre enchantée</em>, puis successivement de <em>Naïs</em>&nbsp;, des <em>Indes galantes</em>, de <em>Dardanus</em>, des <em>Fêtes d’Hébé</em>, d’<em>Achante et Céphise</em>, du <em>Retour d’Astrée</em>&nbsp;et de <em>Zoroastre</em>.<br />
L’œuvre a été enregistrée sur la toute nouvelle édition réalisée par Sylvie Bouissou dans le cadre de <em>Rameau Opera Omnia</em>. Plusieurs aspects musicologiques ont été pris en compte dans le traitement orchestral&nbsp;: l’absence de clavecin dans les danses et la présence d’une contrebasse dans le continuo (comme le stipulent les sources), ainsi que l’usage de hautbois et non de clarinettes (la note de Rameau les mentionnant dans l’ouverture faisant penser à un projet d’insertion non abouti). Par ailleurs, la distribution tente de rendre compte de la voix des chanteurs pour qui l’œuvre avait sans doute été pensée à l’origine, et en premier lieu Marie Fel dans le rôle d’Alphise (une soprano légère et brillante, au timbre cristallin et profondément touchant à en croire les chroniqueurs du temps) ainsi que Pierre Jéliote dans celui d’Abaris (une haute-contre ductile capable d’expressivité aussi bien que de vaillance). L’ornementation vocale (et notamment son usage non pas stylistique mais destiné à caractériser les emplois), les respirations et phrasés, les tempi et les enchaînements de sections sont également issus d’une étude méticuleuse des matériels vocaux et instrumentaux de l’époque encore conservés aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France.<br />
L’<strong>Orfeo orchestra</strong> et le <strong>Purcell Choir</strong> (le chœur «&nbsp;Ciel, quels accords harmonieux&nbsp;!&nbsp;» est de toute beauté et la prononciation du français impeccable pour toutes les interventions chorales) dirigés par <strong>György Vashegyi</strong> bénéficie d’une prise de son particulièrement limpide qui met en valeur les pupitres et notamment de somptueux cuivres. Il faudra écouter l’extraordinaire rendu de l’orage conclusif du III (de loin le plus dramatique des cinq actes) qui enchaîne directement avec la suite des vents au IV. Le quatrième acte avec les nombreuses danses ainsi que les intermèdes musicaux met bien en valeur la phalange hongroise.<br />
<strong>Sabine Devieilhe</strong> domine la distribution et émerveille à nouveau par toutes les qualités qui semblent ne faire que s’épanouir au fil de ses apparitions sur scène et de ses enregistrements. On ne sait s’il faut d’abord louer, dans les airs ou les récits accompagnés, la souplesse, l’étendue de la gamme, les aigus filés, la légèreté (« Un horizon serein ») ou l’expressivité (« … il amène l’orage et soulève les mers » dans l’air « Un horizon serein »&nbsp; où l’auditeur est comme témoin de la tempête.) C’est peut-être dans le magnifique air introductif du III (« Songe affreux ») que toutes ces qualités sont concentrées.<br />
<strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) intervient au deuxième acte qu’il fait débuter par l’air «&nbsp;Charmes trop dangereux&nbsp;» avec toutes les nuances attendues et notamment un vibrato parfait qu’il sait retarder <em>ad libitum</em>. Qualité et finesse des ornements ; on les retrouve dans l’air du IV «&nbsp;Lieux désolés&nbsp;» où le désespoir s’inscrit dans la ligne de chant ou encore dans le mélancolique «&nbsp;Je vole, Amour, où tu m’appelles&nbsp;» qui conclut le quatrième acte.<br />
<strong>Gwendoline Blondeel</strong> est une bien belle découverte. La soprano belge, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/">très appréciée à Beaune cet été</a>, s’empare de quatre petits rôles féminins&nbsp;: Sémire, la Nymphe, l’Amour et Polymnie. La complémentarité de sa voix avec Alphise est évidente et particulièrement bienvenue. On apprécie la technique irréprochable et la légèreté qui met en valeur une vraie personnalité («&nbsp;Comme un zéphir&nbsp;»).<br />
L’Islandais <strong>Benedikt Kristiánsson</strong> (Calisis) a le ténor clair et expressif («&nbsp;Ecoutez l’amour qui vous presse&nbsp;») même si la prononciation («&nbsp;Eh&nbsp;! pourquoi se défendre&nbsp;») peut laisser à désirer. La maîtrise technique d’un air aussi redoutable que «&nbsp;Jouissons de nos beaux ans&nbsp;» est particulièrement flagrante.<br />
Il faut citer aussi <strong>Tassis Chirtoyannis</strong> (Adamas/Apollon) au baryton clair et énergique, <strong>Philippe Estèphe</strong> en Borilée. Lui aussi baryton, sa prestation est toute d’autorité, de dynamisme et de clarté avec toute l’agilité nécessaire.<br />
Voici à coup sûr un enregistrement qui s’inscrit déjà dans la discographie indispensable de l’ultime chef-d’œuvre ramiste.</p>
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		<title>J.S. Bach &#8211; St.Matthew Passion</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/js-bach-stmatthew-passion-une-passion-selon-saint-matthieu-recueillie-et-forte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 04:30:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Stuttgart a confirmé son rôle majeur pour ce qui relève de la musique chorale (une brève recherche permet de découvrir que 51 chœurs y travaillent, dont les plus prestigieux). Helmuth Rilling fonda la Gächinger Kantorei dès 1954, Frieder Bernius son Kammerchor en 1968. Après avoir travaillé à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Stuttgart a confirmé son rôle majeur pour ce qui relève de la musique chorale (une brève recherche permet de découvrir que 51 chœurs y travaillent, dont les plus prestigieux). Helmuth Rilling fonda la <em>Gächinger Kantorei</em> dès 1954, Frieder Bernius son <em>Kammerchor</em> en 1968. Après avoir travaillé à Dresde et à Berlin (<em>RIAS Kammerchor</em>), <strong>Hans-Christoph Rademann</strong> a succédé en 2013 au premier, qui avait enregistré sept fois cette Passion. En 2005, il la dirigeait à son tour dans une version chorégraphiée, qui avait suscité quelques controverses. De cette expérience audacieuse, outre son chœur et son ensemble, il retient deux des solistes (<strong>Benedikt Kristjansson</strong> et <strong>Krešimir</strong><strong> Stražanac</strong>), auxquels il adjoint <strong>Peter Harvey</strong> (le Christ), familier de Gardiner, certainement l’une des basses spécialistes de la partition, qu’il a fréquemment enregistrée. Les trois autres sont jeunes et enregistrent cette œuvre pour la première fois en tant que solistes. <strong>Patrick Grahl</strong> (l’Evangéliste) fut formé au <em>Thomanerchor</em> avant de prendre son envol auprès des plus grands chefs. <strong>Isabel Schicketanz</strong>, soprano, a suivi Hans-Christoph Rademann depuis Dresde où elle chantait sous sa direction. <strong>Marie Henriette Reinhold</strong>, mezzo également jeune, a fait ses classes aux meilleurs endroits pour aborder cette Passion.</p>
<p>La double tribune de la <em>Thomaskirche</em> (détruite en 1895) donna certainement à Bach l’idée de faire dialoguer les deux groupes. Il aurait pu rassembler une soixantaine de musiciens à cette occasion. Là où Joshua Rifkin, Paul Mc Creesh ou Sigiswald Kuijken se contentent de huit chanteurs pour les deux chœurs, Hans-Christoph Rademann croit sage de conserver les effectifs adoptés par la plupart de ses prédécesseurs et contemporains : trois par partie, à l’exception des sopranes (quatre). Comme nombre de ses confrères, le chef choisit de confier la partie d’alto à une femme ; de la même manière, il se conforme à l’usage en faisant chanter le cantus firmus à un troisième chœur de sopranos, alors que c’est aux orgues que le manuscrit autographe le faisait exécuter. Pourquoi pas ? Le chœur d’ouverture avance, clair, lisible, plein. Les récitatifs sont accompagnés à l’orgue. Les premiers chœurs de <em>turba</em>, vocalement admirables, surprennent par leur relative sagesse, alors que c’est une protestation de la foule. La progression est délibérée pour culminer à la scène précédant la crucifixion.</p>
<p>A la différence de Harnoncourt ou de Gardiner, qui soulignent le drame de façon quasi opératique, Hans-Christoph Rademann opte pour le cadre liturgique. Ce n’est pas à un oratorio de concert qu’il nous convie, mais à une célébration religieuse, dans la plénitude de son sens, avec ses accents pathétiques, sa vie intense comme sa méditation, son intériorité, sa ferveur (le récitatif du ténor « Mein Jesus schweigt » le traduit parfaitement, là où les ponctuations aux harmonies tourmentées sont souvent forcées, nous sommes ici dans la douceur, plane et désolée). Les enchaînements sont fluides et le modelé des chorals, exemplaire. Ainsi le « Wenn ich einmal soll scheiden » (n°60), qui précède le déchirement du voile du temple, est le plus recueilli que nous ayons jamais écouté. Le continuo est assuré avec un soin tout particulier (cf les n°40 et suivants). Cette Passion « est toujours propre à nous donner le courage nécessité par notre vie quotidienne » écrit le chef pour expliciter sa démarche.</p>
<p>Instrumentistes (tous exemplaires) comme chanteurs, chacun des interprètes y est pleinement engagé, enthousiaste : la réalisation est irréprochable pour ce qui relève de la conduite des parties, en illustration constante du texte de Picander. La précision, la lisibilité comme l’homogénéité sont admirables. Les tempi sont soutenus, sans forcer les contrastes. Les modelés de certains chorals peuvent surprendre où le chef souligne à dessein. « O Schmerz » que chante le ténor avec le chœur traduit parfaitement ses intentions. Le continuo est scandé pianissimo, les incises du chœur, piano, pour que le récit de Benedikt Kristjansson prenne tout son sens. Il en va de même dans l’aria qui suit. Le duo avec chœur «So ist mein Jesus nun gefangen » (n°33 de la partition) atteint une plénitude céleste, sitôt rompue par l’orage vocal, instrumental, animé à souhait.</p>
<p>Le plus sollicité, Peter Grahl – l’Evangéliste – voix claire et toujours intelligible, est un conteur captivant, d’une aisance magistrale dans tous les registres. Malgré quelques préventions (dépourvues de toute misogynie) relatives à l’usage d’une voix de femme pour la partie d’alto, la préférée du Cantor, force est de reconnaître la réussite de Marie Henriette Reinhold. Toutes les qualités d’émission, de timbre, de conduite et – surtout – d’intelligence du texte musical sont bien là. Chacune de ses interventions réjouit, « Erbarme dich » tout particulièrement. « Blute nur », nous permet de découvrir Isabel Schicketanz, soprano aux couleurs séduisantes, fraîches. Le récit qui suit, avec le chœur des disciples et la voix du Christ, est pleinement convaincant. C’est peut-être dans le « Aus Liebe will mein Heiland sterben », avec les deux hautbois da caccia et le traverso que le sommet est atteint. Le Christ de Peter Harvey, noble, sensible, est bouleversant. Quant à Krešimir Stražanac, ses arias sont exemplaires et témoignent de sa familiarité à l’œuvre de Bach. Issus du chœur, aucun des autres solistes ne démérite.</p>
<p>On pouvait redouter des chanteurs de la <em>Gächinger Kantorei</em> une sorte d’usure, de routine, tant ils ont chanté de fois cette œuvre. Il n’en est rien et l&rsquo;ensemble confirme toutes ses qualités patiemment développées depuis des décennies. Il n’est que d’écouter une seule mesure – le « Barabbam » de la seconde partie – pour en être pleinement convaincu. Hans-Christoph Rademann en tire le meilleur parti et le sculpte à toutes ses exigences.</p>
<p>Cet enregistrement s’ajoute à une très longue liste de gravures de ce chef-d’œuvre (on approche les 300). A l’audition, on oublie le « à quoi bon ? », un peu blasé, qui la précédait. Cette seconde réalisation de Hans-Christoph Rademann, à laquelle il imprime sa marque, se situe parmi les réussites les plus cohérentes, les plus abouties. La restitution s’avère exceptionnelle par la présence de chacun comme par la spatialisation des ensembles.</p>
<p>L’enregistrement, sans coupure aucune, tient sur deux CD. La plaquette d’accompagnement comporte les textes de présentation en allemand et en anglais. Par contre, le livret n’est pas traduit.</p>
<p> </p>
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		<title>Les Boréades</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-boreades-un-rameau-bouleversant-dhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Nov 2020 05:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce coffret est le deuxième enregistrement discographique de l’opéra Les Boréades de Jean Philippe Rameau. Il fait suite à celui réalisé en 1982 au Festival d’Aix-en-Provence sous la direction de John Elliot Gardiner. Cette nouvelle version a été enregistrée en janvier 2020, lors du concert donné à l’Opéra Royal de Versailles par le « Collegium 1704 » &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Ce coffret est le deuxième enregistrement discographique de l’opéra <i>Les Boréades</i> de Jean Philippe Rameau. Il fait suite à celui réalisé en 1982 au Festival d’Aix-en-Provence sous la direction de John Elliot Gardiner. Cette nouvelle version a été enregistrée en janvier 2020, lors du concert donné à l’Opéra Royal de Versailles par le « <b>Collegium 1704 </b>» sous la direction du tchèque <b>Václav Luks</b>, et c’est un émerveillement. Les solistes ne déméritent pas face aux stars de la version Gardiner.  Ils sont tous formidables et leur diction est remarquable. </p>
<p class="MsoNormal">La tragédie lyrique, <i>Les Boréades</i>, a été composée par Rameau à l’âge de 80 ans, peu avant sa mort, et n’a jamais été représentée de son vivant. Rameau qui n’avait abordé le théâtre lyrique qu’à l’âge de 50 ans est hélas vite tombé dans l’oubli après son décès. Au XXe siècle, Debussy a beaucoup fait pour sa « renaissance », jusqu’à la révélation, des années plus tard, de ses<i style="normal"> Indes Galantes</i> à l’Opéra de Paris (1953) et de <i>Platée</i> au Festival d’Aix-en-Provence (1956). La création des <i>Boréades</i> a eu lieu en 1964, dans une révision de Vaubourgoin, lors d’un concert à la Maison de la Radio à Paris, avec notamment la lumineuse Christiane Eda-Pierre. Plusieurs musicologues se passionnent alors pour cette œuvre jusqu’aux représentations inoubliables du Théâtre de l’Archevêché à Aix-en-Provence.</p>
<p class="MsoNormal">Cette nouvelle version du théâtre Royal de Versailles est enthousiasmante. Václav Luks fait sonner l’orchestre de Rameau comme on l’entend rarement. Pas un seul moment de relâche dans la successions des scènes tant ce chef semble porté par la puissance théâtrale de l’œuvre. Il faut entendre par exemple le déferlement des vents souterrains au début de l’acte V pour saisir l’exceptionnelle énergie dramatique déployée par les musiciens. Et l’entrée-ballet bucolique de la scène 4 (acte II), comme un  temps suspendu, au sein de la tragédie. Toute la modernité des orchestrations de Rameau est là.</p>
<p class="MsoNormal">A l’instar de Luks, les chanteurs déploient un large spectre d’expressions (de la plus grande douceur à l’imprécation lyrique de grand opéra) au gré d’un livret exemplaire tant par l’architecture de ses cinq actes que par sa progression dramatique. A la pastorale dansée du premier acte, répond en écho la scène apollinienne finale, quand les personnages trouvent enfin la paix, suite aux épreuves initiatiques qu’ils ont subies. On en oublie la mythologie : ce sont ici des être de chair et de sang. La princesse Alphise se voit contrainte d’épouser Calisis, un prince Boréade, fils du Dieu des vents du Nord, alors qu’elle aime le jeune Abaris, confié enfant au grand prêtre d’ Apollon. Borée menace de déchainer ses vents et de détruire le royaume d’Alphise. Apollon charge alors l&rsquo;Amour de confier à la jeune femme une flèche d’or qu’elle donne à celui qu’elle aime avant son départ aux combats. La tempête aura bien lieu, mais le courage et l’amour d’Abaris vaincront tous les obstacles. La soprano belge <b>Deborah Cachet</b> est  une Alphise de rêve. Calisis trouve dans le ténor islandais <b>Benedikt Christjánson</b> un interprète idéal, aérien et capable d’accents dramatiques. Abaris c’est le ténor français <b>Mathias Vidal</b>, magistral. A l’acte II, son air « Tout cède aux efforts de l’orage », aux pianissimi sur le fil, est miraculeux d’émotion contenue et dans ses stances de défi aux orages il fait entendre une voix très lyrique, aux aigus puissants et brillants. <b>Bernard Arnould</b> (Adamas) et  <b>Nicolas Brooymans</b> (Borée) sont excellents, sans parler des  chanteurs tchèques : citons l’Apollon de <strong>Lukáš Zeman </strong>et la nymphe d’<b>Anna Zawisa</b>. Bravo à l&rsquo;Opéra Royal : ce coffret complète avec panache la magnifique collection du Label « Château de Versailles ».</p>
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		<title>Bach Eternity</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bach-eternity-du-travail-de-cantor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Nov 2018 05:19:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Christoph Spering, cantor à Cologne-Mülheim, vit avec Bach depuis des décennies, sa riche production discographique en témoigne. On se souvient ainsi des 13 cantates sur des textes de Luther que nous valut le 500ème anniversaire de la Réforme.  Son approche, remarquablement documentée, se veut double : musicologique comme spirituelle. Il s’est entouré pour la circonstance de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Christoph Spering</strong>, cantor à Cologne-Mülheim, vit avec Bach depuis des décennies, sa riche production discographique en témoigne. On se souvient ainsi des 13 cantates sur des textes de Luther que nous valut le 500ème anniversaire de la Réforme.  Son approche, remarquablement documentée, se veut double : musicologique comme spirituelle. Il s’est entouré pour la circonstance de solistes de premier plan, tout aussi familiers de l’œuvre du Cantor.</p>
<p>Le programme, centré sur l’année liturgique 1724/25, nous offre six cantates dont l’organisation présente de multiples similitudes : après un ample chœur d’ouverture, toujours confié à quatre voix, prennent place des arias (entre une et trois), un duo (trio dans la 116), liés par de courts récitatifs et suivis d’un choral final, homophone. La symétrie y est fréquente. L’instrument concertant favori demeure le hautbois d’amour. Le familier comme le curieux de l’œuvre de Bach seront cependant surpris de son extraordinaire faculté d’invention et de renouvellement : en dehors de « O Ewigkeit, du Donnerwort », monumentale, en deux parties, qui ouvre le cycle dont elle constitue la pièce maîtresse, les cinq cantates suivantes obéissent chacune à un projet spécifique (partita sur choral, cantate concertante…).</p>
<p>L’ouverture à la française de la cantate 20 souffre d’un manque de majesté, de solennité. La partie centrale, vivace, nous réconcilie avec la lecture, toujours empreinte du caractère sombre de l’œuvre. Comme il convient, le figuralisme est constant et l’aria de ténor (« Ewigkeit, du machst mir bange ») traduit remarquablement l’admirable frayeur en des traits tourmentés et virtuoses. <strong>Benedikt Kristjansson</strong>, y est superbe, tout comme la basse <strong>Daniel Ochoa</strong>, voix sonore, projetée à souhait, d’une superbe conduite, dans l’aria suivante avec les trois hautbois, comme dans celle qui ouvre la seconde partie. Pour cet enregistrement, en dehors du soprano, toujours chanté par <strong>Yeree Suh</strong>, Christoph Spering a fait le choix de confier chacune des autres parties à deux solistes,  qui alternent au fil des cantates. Aucun ne démérite, les voix sont claires, puissantes, longues et parfaitement articulées, et mériteraient chacune un commentaire approprié. Retenons Yeree Suh, que l’on n’a plus besoin de présenter : elle est ici dans son élément, la voix légère et ductile trouve toutes les couleurs et les articulations pour illustrer chaque phrase, chaque mot avec justesse, le bonheur est au rendez-vous.</p>
<p>A travers les cinq cantates suivantes, toutes les formes expressives sont illustrées, de l’ouverture brillante avec la trompette (BWV 10)  au lamento de basse qu’entrelace le hautbois d’amour (BWV 3) en passant par le canon, dansant, du duo entre la soprano et l’alto de la BWV 124.  Les tempi sont justes, mais la dynamique reste parfois en deçà de celle adoptée par d’autres lectures. Le chœur, de vingt chanteurs, se montre ductile, clair et homogène, avec de beaux phrasés. Amplement sollicité par les riches ouvertures, il est remarquable d’équilibre. Les chorals, eu égard à leur fonction liturgique, sont chantés de façon égale, avec l’observance des points d’orgue. Aussi, pour être restitués de façon « historiquement informée », paraissent-ils compassés, invariablement mesurés et droits. L’orchestre, conforme à ce que l’on sait des exécutions dirigées par Bach, est rompu à l’exercice. Jouant sur instruments d’époque, selon les techniques alors en cours, il restitue les couleurs originales, l’orgue tout particulièrement. La perfection formelle, vocale comme instrumentale, est indéniable : du travail que n’eut certainement pas désavoué Bach, soigné, consciencieux, humble, d’une rigueur parfaite. Cependant, l’auditeur contemporain, familier d’une forme d’exubérance expressive, de contrastes accusés, d’une souplesse et d’une liberté d’improvisation des musiciens, restera un peu sur sa faim. De surcroît, les deux CD totalisant 111 minutes, le programme aurait pu s’enrichir d’une autre cantate, cette année liturgique étant particulièrement riche en chefs-d’œuvre (ainsi <em>Aus tiefer Not</em> ; <em>Wie schön leuchtet</em> <em>der Morgenstern</em> ; <em>Jesu, der du meine Seele</em>…) parmi les 49 qui nous sont parvenues.</p>
<p>Le livret, en anglais et en allemand, permet au chef d’expliciter ses choix interprétatifs. Les textes originaux sont traduits, leurs sources étant mentionnées dans l’introduction de Christoph Spering.</p>
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