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	<title>Patrick LANGE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 22 Jun 2025 05:33:25 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Patrick LANGE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET et ses contemporains, Artistes de l&#8217;Académie de l&#8217;Opéra de Paris &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-et-ses-contemporains-artistes-de-lacademie-de-lopera-de-paris-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra de Paris offrait vendredi dernier un gala de ses académiciens en forme d&#8217;hommage à Georges Bizet disparu il y a cent cinquante ans. Un gala qui faisait en effet la part belle au compositeur né à Paris en 1838, mais ouvert aussi à deux de ses contemporains, Charles Gounod, un ami, quoique plus âgé, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Opéra de Paris offrait vendredi dernier un gala de ses académiciens en forme d&rsquo;hommage à Georges Bizet disparu il y a cent cinquante ans. Un gala qui faisait en effet la part belle au compositeur né à Paris en 1838, mais ouvert aussi à deux de ses contemporains, Charles Gounod, un ami, quoique plus âgé, mais ayant eu le même professeur, Fromental Halévy, et Jules Massenet, son cadet de quatre ans. Tout un pan incontournable de l&rsquo;opéra français, que certains chanteurs ont eu parfois un peu de mal à porter tandis que d&rsquo;autres ont au contraire brillé. La soirée débute heureusement avec <strong>Amandine Portelli</strong>, une Djamileh de luxe dans l&rsquo;opéra bouffe éponyme en un acte de Bizet, créé en 1872. Le mezzo capiteux, à la projection et diction parfaites et les yeux de feu de de la jeune chanteuse donnent toute sa vérité et du style au personnage de l&rsquo;amante délaissée du harem (« Nour-Eddin, roi de Lahore ») alors qu&rsquo;elle s&rsquo;inquiète d&rsquo;un mauvais rêve. Le trio avec le ténor chinois <strong>Liang Wei</strong> (le moins doué de cette troupe, affligé dans toutes ses interventions d&rsquo;un accent très gênant) en Haroun et avec le baryton <strong>Luis-Felipe Sousa</strong> en Splendiano lui fait encore honneur, dans cette partition à l&rsquo;allégresse (et à l&rsquo;orientalisme de bazar) bien défendue dès l&rsquo;Ouverture par l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Paris sous la direction du chef allemand, <strong>Patrick Lange</strong>. L&rsquo;ardente flamme de la mezzo trouvera encore à flamber en Carmen (« Je suis amoureuse »), dans le quatuor de l&rsquo;acte II chez Lilas Pastia (« Nous avons en tête une affaire »), avant l&rsquo;entracte. Avec la Frasquita de la piquante <strong>Sima Ouahman</strong> et la Mercédès de <strong>Sofia Anisimova</strong>, l&rsquo;excellent baryton <strong>Clemens Frank</strong> (Le Dancaïre) et (le toujours problématique) <strong>Liang Wei</strong> (qui doit donc travailler la prononciation du français) en Remendado, le tempérament exceptionnel de Mademoiselle Portelli éclate. Le ténor norvégien <strong>Bergsvein Toverud</strong> est un Don José convenable, sans plus, face à la Micaëla émouvante de la soprano ukrainienne <strong>Daria</strong> <strong>Akurlova</strong> (« Parle-moi de ma mère ») ; il convaincra davantage après l&rsquo;entracte en Nadir (malgré quelques difficultés de prononciation) dans <em>Les Pêcheurs de perles</em> face au Zurga idéal de <strong>Clemens Frank</strong> décidément charismatique, à la voix souple et au timbre rond (« Au fond du temple saint »). Si ses accents sont assez beaux, le jeune ténor norvégien, quant à lui, n&rsquo;a pu totalement se débarrasser du trac et il ne semble se libérer qu&rsquo;en fin de concert dans le quatuor burlesque (« Voici l&rsquo;omelette ! ») du <em>Docteur Miracle</em>, en Pasquin comique (incapable de prononcer le mot «oeufs ») bien entouré (<strong>Boglárka</strong> <strong>Brindás </strong>par ailleurs très bonne Maritana dans <em>Don César de Bazan</em> de J. Massenet, <strong>Sofia Anisimova</strong>, <strong>Clemens Frank</strong>) dans l&rsquo;opérette de jeunesse de Bizet. Dans le public, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, ancienne académicienne qui a brillé sur cette même scène, nous confirme que ce genre de début est à la fois atroce et magnifique pour de jeunes chanteurs non encore expérimentés. Le baryton-basse ukrainien <strong>Ihor Mostovoi</strong> (premier Zurga de la soirée face à la Leïla frémissante au chant lumineux d&rsquo;<strong>Isobel Anthony</strong>, « Je frémis, je chancelle ») et la soprano française<strong> Lisa Chaïb-Auriol</strong> (en superbe Mireille ingénue de C. Gounod puis en lutine Bettina dans le rare <em>Don Procopio</em> de Bizet) ont confirmé la pleine possession d&rsquo;un talent qu&rsquo;on avait déjà remarqué l&rsquo;an passé.</p>
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		<title>ROSSINI, Le Comte Ory &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-le-comte-ory-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2024 17:18:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs saisons, Les Grandes Voix ajoutent aux récitals de chanteurs lyriques, des tubes de musique sacré – Requiem de Mozart, Stabat Mater de Pergolèse… – et des opéras en version de concert, tel ce Comte Ory, prétexte pour Cyrille Dubois à retour dans le répertoire rossinien. L’œuvre pleine de charme et de malice est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs saisons, Les Grandes Voix ajoutent aux récitals de chanteurs lyriques, des tubes de musique sacré – <em>Requiem</em> de Mozart, <em>Stabat Mater</em> de Pergolèse… – et des opéras en version de concert, tel ce <em>Comte Ory</em>, prétexte pour <strong>Cyrille Dubois</strong> à retour dans le répertoire rossinien. L’œuvre pleine de charme et de malice est de celles que l’on déplore de ne pas voir programmées plus souvent. Son absence de l’affiche n’est pas due à ses faiblesses mais à ses difficultés. A cheval entre deux écoles, l’une relevant du bel canto italien en ses flamboyances les plus extrêmes, l’autre de la légèreté caractéristique des tréteaux de l’opéra-comique, la partition impose de jongler avec les styles tout en requérant, pour les deux grands premiers rôles tout au moins, une technique et une agilité supérieures.</p>
<p>Les amateurs de sensations fortes s’étaient donné rendez-vous au Théâtre des Champs-Élysées afin d’éprouver une nouvelle fois l’ivresse des cimes lyriques, ce vertige que donnent les voix lorsqu’ensemble ou séparément, elles partent à l’assaut des sommets et, qu’après avoir enjambé des précipices, elles dévalent la portée à la vitesse d’un coureur de ski alpin. Las, on nous promettait deux heures et demies de musique, nous en eûmes à peine deux. Non que des numéros aient été écartés mais certains tempi furent précipités et plusieurs airs et ensembles écourtés au mépris de la règle belcantiste qui considère les reprises comme des perches tendues à l’interprète pour faire valoir son imagination, sa musicalité, son audace et sa virtuosité. Omettre cette règle, c’est aussi priver l’auditoire d’une part de l’excitation inhérente à ce répertoire.</p>
<p>Si l’on ajoute à cette frustration, des solistes souvent hors de propos, soit stylistiquement, soit vocalement, pris en mal de puissance face à un orchestre profus, on comprend la déception ressentie en fin de concert. Plutôt que d’en noircir les raisons d’un trait bileux, adoptons « la positive attitude ». Reconnaissons à la direction de <strong>Patrick Lange</strong> l’énergie et la précision que réclame une musique à la mécanique subtile. Apprécions la facilité avec laquelle le chœur passe en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire de la chanson à boire au recueillement oratoire, ainsi que l’habile dosage du volume pour donner l’impression que les pèlerines supplient au loin la noble Comtesse de leur offrir l’hospitalité.</p>
<p>D’un chant dont on connaît la souplesse et la versatilité, Cyrille Dubois établit la filiation entre le haute-contre de la tragédie lyrique et le ténor d’opéra-comique, avec un usage consommé de la voix mixte et du <em>falsetto</em>. Français donc plus qu’italien, ce qui n’est pas un reproche. Au contraire, l’interprète amoureux du répertoire mélodique s’attache comme nul autre à l’articulation de la phrase et au sens du mot. Si une légitime anxiété altère l’assurance de son air d’entrée, « Que les destins  prospères », si le « bruit des armes » supporterait plus d’ampleur, la partie lente du trio final et, auparavant le duo avec la Comtesse nous restituent le ténor tel qu’en lui-même, dans un état de grâce qui est à la fois élégance, tendresse et poésie, le tout mâtiné d’une espièglerie à laquelle il a moins souvent l’occasion de s&rsquo;adonner. Il lui reste à s’affranchir de la partition pour gagner en liberté, à l’égal de sa partenaire.</p>
<p>Rossinienne doublement patentée à Pesaro et Bad Wildbad, <strong>Sara Blanch</strong> a chanté à plusieurs reprises Adèle. Cela se voit par l’aisance avec laquelle elle se détache du pupitre pour donner vie à au personnage. Cela s’entend à la façon dont elle maîtrise les moindres contours du rôle, diction comprise, non comme le ferait une Lakmé échappée du pays des clochettes, mais en styliste, d’une voix de soprano ravissante. Sa légèreté n’est pas coupable, car pourvue d’une longueur suffisamment confortable pour ne pas trahir l’effort et accuser les ruptures de registre, donnant l’impression que le chant coule de source en dépit des obstacles à surmonter. Ce naturel expressif est l’essence du belcanto. On aurait aimé le goûter dans son intégralité.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’Eugène Onéguine revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nouvelle production d’<em>Eugène Onéguine</em> revient de loin et arrive à Toulouse avec trois ans de retard. Initialement programmée en janvier 2021, elle a fait les frais de la pandémie et a par la même retardé la prise de rôle de Stéphane Degout. Le rôle a été laissé de côté plus d’un an durant pour être repris presque du début, la langue étant un obstacle d’évidence. Et c’est finalement au Théâtre de La Monnaie à Bruxelles que le baryton lyonnais a inauguré <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-laurent-pelly-bruxelles-la-monnaie-une-frustration-qui-comble/">le rôle-titre en janvier 2023</a>. A Toulouse en revanche, il le chante  pour la première fois  sur le sol français.<br />
On revient de loin aussi parce que la direction du Théâtre du Capitole a dû <a href="https://www.forumopera.com/breve/toulouse-gabor-kali-remplace-par-patrick-lange-pour-eugene-oneguine/">faire appel in extremis</a>, pour être précis après la pré-générale, à un nouveau chef d’orchestre. <strong>Patrick Lange</strong> a donc eu quelques jours seulement pour arriver d’Allemagne, faire connaissance avec les musiciens (il se produisait pour la première fois à Toulouse) et partager sa vision du chef-d’œuvre de Tchaïkovski. Et très honnêtement on reste, au soir de la première, confondu par la qualité du résultat, obtenu en si peu de temps. L’orchestre brille de mille feux, le mystère et l’ambiguïté des personnages sont rendus dès le prélude du premier acte, les altos et violoncelles résonnent de leurs plus chaudes cordes graves, les liaisons flûte, hautbois, cor et basson, un peu tendues dans l’exposition de la scène de la lettre, gagnent en fluidité dès la reprise de l’air. Bravo maestro.<br />
Intéressante mise en scène de <strong>Florent Siaud</strong>, soutenue par des décors (<strong>Romain Fabre</strong>) et des costumes (<strong>Jean-Daniel Vuillermoz</strong>) au diapason. L’idée est celle d’une scène sur deux niveaux. En bas, les intérieurs (la maison cossue de la famille Larine, plus tard celle du Prince Grémine) et en haut les extérieurs (souvent les jardins des Larine). Ce double niveau permet de fluidifier, au I, les entrées et sorties des personnages, de rendre plus lisibles leurs multiples apartés. Elle permet aussi de commenter en quelque sorte l’action se déroulant plus bas ; ainsi, lorsque Lenski tombe sous la balle d’Eugène, Tatiana, dans la forêt à l’étage supérieure s’écroule en même temps que lui. Elle marque ainsi que la mort de Lenski est aussi la fin de son amour avec Eugène. Autre belle idée de mise en scène : la réapparition fantomatique, au III, et pendant l’air de Grémine («L&rsquo;amour est de tout âge »), soit durant la réception qu’il donne, de personnages qui renvoient Tatiana à ses heureuses années de jeunesse : sa mère, sa gouvernante Filipievna, sa sœur Olga et feu son fiancé Lenski défilent devant elle, sans oublier l’impayable Triquet. En quelques instants donc, Tatiana, qui avait refoulé son passé en se jetant dans les bras de Grémine, se retrouve confrontée, en voyant réapparaitre Onéguine, aux fantômes de sa jeunesse.</p>
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© Mirco Magliocca</pre>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> illumine le rôle d’Eugène Onéguine de son insolente présence. Même silencieux, il impose son personnage par une sourde gravité et un jeu millimétré. Le timbre est chaud, presque trop ardent pour incarner la duplicité du personnage. On admirera la maîtrise des moyens vocaux et la capacité à les distiller avec une parfaite économie. Il restera bien le héros que l’on adore détester. Degout triomphe au baisser de rideau, tout comme <strong>Valentina Fedeneva</strong> (Tatiana), qui le devance même presque à l’applaudimètre. Succès mérité certes par la beauté de l’incarnation et la majesté du personnage. Majesté qui rime parfois avec distance, pour ne pas dire froideur et un engagement un peu en retrait ; tout cela correspond certes parfaitement à la dernière scène, où Tatiana se refuse à Onéguine, mais moins aux scènes du I, où elle déclare sa flamme. La voix porte, mais quelques raideurs apparaissent aussi et il nous manque la complexité du personnage, certaines nuances, qui doivent transparaître dans le chant.<br />
<strong>Eva Zaïcik</strong> est une Olga entièrement convaincante dans la voix et le jeu. La voix gravit les degrés vers le haut ou les descend vers le bas avec la même aisance. Aisance dans la diction également, ce qui n’est pas un mince compliment. <strong>Bror Magnus Tødenes</strong> est un Lenski irréprochable de sincérité et de vérité. Son ténor est franc et vigoureux. <strong>Juliette Mars</strong> campe avec Madame Larina une femme de caractère certes, mais qui n’a rien d’une babouchka ; nous sommes dans la bourgeoisie russe, cultivée, lettrée et éduquée. <strong>Sophie Pondjiclis</strong> (la gouvernante), un peu fébrile lors du quatuor inaugural au I, prend rapidement de l’assurance.  <strong>Carl Gharazossian</strong> est un Triquet absolument délicieux et <strong>Andreas Bauer Kanabas</strong> en Grémine, patriarche vibrant, mérite son franc succès grâce à son air du III où il fait montre d’une vigueur enviable.<br />
Ainsi s’achève à Toulouse une saison lyrique 2023-24 en tout point exemplaire, qui a eu peu ou pas d’égal en régions cette année. Une programmation variée et exigeante, des castings de premier choix avec force nouvelles productions. Une année référence donc qui en appelle d’autres. C’est tout le mal qu’on peut souhaiter au Capitole.</p>
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		<item>
		<title>Toulouse : Gábor Káli remplacé par Patrick Lange pour Eugène Onéguine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/toulouse-gabor-kali-remplace-par-patrick-lange-pour-eugene-oneguine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le théâtre du Capitole de Toulouse communique que, pour raisons personnelles, le chef d’orchestre hongrois Gábor Káli a dû se retirer de la production d&#8217;Eugène Onéguine après la pré-générale, soit moins d’une semaine avant la première. Christophe Ghristi, le directeur de la maison, a dû rapidement mettre en œuvre son carnet d’adresses et a convaincu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le théâtre du Capitole de Toulouse communique que, pour raisons personnelles, le chef d’orchestre hongrois <strong>Gábor Káli</strong> a dû se retirer de la production d&rsquo;Eugène Onéguine après la pré-générale, soit moins d’une semaine avant la première. Christophe Ghristi, le directeur de la maison, a dû rapidement mettre en œuvre son carnet d’adresses et a convaincu <strong>Patrick Lange</strong> d&rsquo;accepter de diriger les représentations. Il fera à cette occasion ses débuts à Toulouse. Invité régulier des grandes scènes internationales, Patrick Lange a été chef principal du Komische Oper de Berlin et directeur musical de l’Opéra de Wiesbaden. Reconnu dans Wagner, Strauss ou Verdi, le chef allemand mène aussi une carrière symphonique remarquée, notamment auprès du Philharmonique de Vienne, de l’Academy of St. Martin in the Fields ou encore du Mahler Chamber Orchestra.<br />
ForumOpéra sera présent à la première d’Eugène Onéguine, jeudi 20 juin 2024.</p>
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		<title>RAVEL, L&#8217;Enfant et les sortilèges &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lenfant-et-les-sortileges-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 05:01:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Enfant et les Sortilèges </em>est-il encore un opéra&nbsp;? Poser la question ne revient certes pas à remettre en cause l’inventivité musicale qu’y déploie Maurice Ravel, ni les qualités du livret de Colette, à la drôlerie parfois datée, mais qui touche par sa quête permanente de fantaisie et de nouvelles trouvailles. Seulement, cette collaboration exceptionnelle a fait naître une succession de numéros qui regardent ostensiblement du côté de la revue et du <em>music-hall</em> davantage qu’une œuvre théâtrale en musique. Guère de personnages qui évoluent en se confrontant, l’enfant mis à part – et encore, ce dernier se trouve, une bonne partie de l’œuvre, dans un rôle inhabituel de spectateur, tout au plus de commentateur. Rien à voir avec l’autre incursion lyrique de Ravel, la vaudevillesque <em>Heure Espagnole</em>, créée presque vingt ans auparavant. C’est sans doute pour cela que ces deux opéras, qui partagent un même format en un acte et une même durée d’environ trois quarts d’heure chacun, sont finalement assez rarement joués ensemble&nbsp;: les portes qui claquent n’appartiennent décidément pas au même monde que les portes qui s’ouvrent sur des songes.</p>
<p><strong>Richard Jones</strong>, pourtant, fait ce qu’il peut pour ramener l’œuvre dans l’esthétique d’une petite pièce de boulevard&nbsp;: le décor étriqué et, malgré ses perspectives en trompe-l’œil, plutôt réaliste de la chambre d’enfant évoquerait davantage le théâtre de tréteaux que le prélude à une mise en mouvement cauchemardesque des animaux, des arbres et des objets. Cette matière initiale aurait justement pu former un beau contraste avec tout ce qui vient ensuite, mais le metteur en scène décide justement de l’occulter rapidement et intégralement, pour ne plus y revenir que dans la toute dernière scène. Ainsi, les numéros se succèdent-ils sans lien apparent, à grands renforts de lever et de baisser de rideaux, tantôt proches de la lettre du livret (la Bergère, la Tasse et la Théière), tantôt plus éloignés (la scène du jardin, où les arbres prennent la figure de soldats blessés sur le champ de bataille). Le procédé ménage quelques moments de poésie, dans la scène de la Princesse, ou de drôlerie, dans celle de l’Arithmétique, mais laisse s’installer une impression d’inégal aboutissement, que les performances vocales des chanteurs ne parviennent pas à totalement dissiper. La distribution, presque exclusivement composée de talents de l’Académie Nationale de l’Opéra de Paris, et de la toute jeune Troupe Lyrique, ménage bien quelques belles surprises, à l’image de l’Arbre sonore et percutant d’<strong>Adrien Mathonat</strong>, du Feu et du Rossignol virtuoses d’<strong>Emy Gazeilles,</strong> de la Princesse délicate de <strong>Teona Todua</strong>. Mais trop souvent, les voix sonnent de manière trop confidentielle pour le vaste plateau du Palais Garnier, se conjuguant à des élocutions généralement perfectibles pour rendre le texte proche de l’inaudible. L’expérience de <strong>Cornelia Oncioiu</strong> et l’aisance de <strong>Marine Chagnon</strong>, qui peut compter sur sa voix puissante et homogène et sur sa présence scénique pour dessiner en quelques mesures un personnage aussi agaçant que touchant, viennent rappeler que, pour être courts, les personnages de <em>L’Enfant et les Sortilèges </em>n’en sont pas moins exigeants.</p>
<p>Tout au long de sa vie dans le répertoire de l’Opéra de Paris, cette production a connu plusieurs couplages&nbsp;: avec <em>Le Nain </em>de Zemlinski, avec <em>Le Prélude à l’après-midi d’un faune </em>de Debussy, enfin avec <em>Ma Mère l’Oye </em>autour d’une chorégraphie imaginée par <strong>Martin Chaix</strong> pour les élèves de l’Ecole de Danse. Créé au printemps dernier, ce spectacle permet de retrouver le classicisme agrémenté de quelques touches de modernité autour duquel se fonde l’esthétique de Martin Chaix, déjà à l’œuvre dans sa récente <em>Giselle </em>pour l’Opéra du Rhin. Dans cette pièce aussi, la succession de tableaux pourrait donner un sentiment d’accumulation de scènes disjointes. L’écueil est ici évité, grâce à des décors à la fois simples et élégants, composés de formes blanches qui figurent tour à tour des nuages ou des bosquets, et surtout grâce à une chorégraphie où la douceur onirique et l’harmonie de l’ensemble n’empêchent pas quelques moments de bravoure qui mettent en valeur l’excellent niveau de ces jeunes danseurs.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Patrick Lange</strong> a le mérite rendre justice à la précision rythmique que ces deux chefs-d’œuvre ravéliens exigent. Mais en ce soir de première, l’Orchestre de l’Opéra ne s’épanouit pas avec toute la richesse sonore dont on rêverait, et semble parfois s’accrocher aux barres de mesure. Un peu comme s’il n’osait pas explorer toute la profondeur des partitions, au risque de succomber à leurs sortilèges.</p>
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		<title>VON WEBER, Der Freischütz — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-freischutz-strasbourg-attention-aux-drones-de-la-wolfschlucht/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2019 06:02:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce à la robustesse, à la résistance à tous les traitements que l’on reconnaît les chefs-d’œuvre ? Dans ce cas, le Freischütz en est un, incontestablement. La mise en scène sacrifie en effet l’essentiel pour une fiction contemporaine, à laquelle nul ne croit, dissolvant les frontières du bien et du mal. Le détournement, la contradiction permanente &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce à la robustesse, à la résistance à tous les traitements que l’on reconnaît les chefs-d’œuvre ? Dans ce cas, le <em>Freischütz</em> en est un, incontestablement. La mise en scène sacrifie en effet l’essentiel pour une fiction contemporaine, à laquelle nul ne croit, dissolvant les frontières du bien et du mal. Le détournement, la contradiction permanente entre la vue et la musique interdisent toute émotion, si ce n’est l’indignation. Le burlesque, la dérision auraient pu, ponctuellement, provoquer le sourire. Ici, on cherche à comprendre, on s’irrite, et on finit par fermer les yeux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bfreischutz_onr_photoklarabeck_pg6990presse.jpg?itok=0aSY_6U7" title="La Gorge aux loups  © Opéra National du Rhin - Klara Beck" width="468" /><br />
	La Gorge aux loups  © Opéra National du Rhin &#8211; Klara Beck</p>
<p>L’équipe, la distribution nous viennent principalement de Stuttgart (où <strong>Eva Kleinitz</strong>, actuelle directrice de l’Opéra National du Rhin, officiait au côté de <strong>Sergio Morabito</strong> jusque septembre 2017). Le binôme que ce dernier forme avec <strong>Jossi Wieler</strong> fonctionne depuis 1994. Il a abordé tous les répertoires lyriques avec, pour constante, une lecture renouvelée des livrets, leur imposant régulièrement des transpositions audacieuses. Ce soir, ni forêt, ni chasseurs, on n’est plus chez Rolf Liebermann il y a cinquante ans…Le sentiment de la nature, la joie populaire, folklorique, la verve humoristique des paysans, le fantastique subissent une transmutation radicale. Un remake du <em>Freischütz</em> nous est proposé, où l’irrationnel, les superstitions passent de la philosophie cosmique germanique au monde connecté. « Le sentiment de malaise et la peur (…) ne se nourrissent pas de « l’âme allemande », mais des promesses et des horreurs de l’interconnexion mondiale des réseaux, de l’intelligence artificielle et des structures numériques de surveillance et de contrôle » nous explique Serge Morabito. Notre monde connaît ses forces diaboliques, avec ses drones tueurs. La société, communautarisée, docile voire militarisée, n’est pas si éloignée de celle, enclavée, de la Bohême silvestre après la guerre de Trente ans. Les croyances, les superstitions, pour être différentes, sont de même essence. Les réalisateurs transposent donc l’action dans un univers de science-fiction, onirique, de BD vulgaire de l’après-guerre, aux couleurs criantes.</p>
<p>Durant l’ouverture, apparaît un drone sur le rideau de scène, lui-même projeté. Le ton est donné : les paysans et chasseurs sont des paramilitaires clonés, en treillis rouges et bleus, armés de gadgets. Une troupe carnavalesque, dont les costumes s’inspirent de l’ethnologie, s’en prend au pauvre Max, dépouillé de son uniforme pour se retrouver en sous-vêtements. Tout sera à l’avenant. Le parti-pris aurait pu être celui du burlesque pour les scènes populaires. Rien de tel : on s’interroge, on grogne, et l’on finit par fermer les yeux pour oublier cette laideur délibérée. La direction d’acteur semble avoir été confiée à un amateur, l’incapacité à animer la scène est manifeste, les exercices physiques mal coordonnés relèvent du grotesque. Egalement grotesques sont nombre de propositions, particulièrement dans la Gorge aux loups : un gigantesque sanglier à roulettes est poussé côté jardin, puis disparaît à reculons ; le portrait de la mère de Max lorsque celui-ci évoque son âme, est une monumentale peinture expressionniste d’une vieille, cigarette au bec, outrageusement maquillée de blanc. Les images se succèdent, cinématographiques, datées, décalées, qui prêteraient à sourire si elles ne contredisaient l’effroi que la musique doit susciter. Seule touche humoristique, le portrait de l’ancêtre chasseur, qui blesse Agathe dans sa chute, est celui du cardinal-infant d’Autriche et de son chien, signé Velasquez. Les idées abondent, parfois bienvenues, mais toujours noyées dans cette sauce indigeste. Ainsi, à la scène finale, l’aspiration dans les cintres du corps de Kaspar, profané par la foule, suspendu par les pieds. Difficile, sinon impossible d’adhérer à une proposition ridicule ou pitoyable, qui contredit l’ouvrage de Weber. Le choix d’amputer largement les textes parlés pourrait se comprendre dans la mesure où la production vise avant tout un public francophone. Mais lorsque ce qui subsiste est débité de façon scolaire, recto-tono, par les chanteurs, animés de la volonté de gommer tout sens dramatique à leur intervention, on se retient de huer les réalisateurs à la fin du spectacle. D’autres s’en chargeront..</p>
<p>Seule la musique est sauve de cette catastrophe assumée. La distribution, sans faiblesse, méritait un traitement plus valorisant. Agathe est confiée à <strong>Lenneke Ruiten</strong>. La voix est d’ampleur modeste, mais l’émission de qualité, un beau legato, avec la longueur de voix attendue. C’est un moment d’émotion que son air du III « Und ob die Wolke ». « Trüben Augen », après celui du II, encadré par le duo avec Ännchen et le trio auquel s’ajoute Max. Ännchen est <strong>Josefine Feiler</strong>, familière du rôle, mozartienne confirmée. La jeune cousine d&rsquo;Agathe, semble ici l’aînée, délurée, dévergondée. Elle a perdu sa naïve fraîcheur, son espièglerie. On l’imagine à la recherche de nouvelles rencontres lorsqu’elle manie fébrilement sa tablette. Pourquoi pas ? La voix est saine, colorée, sonore et elle se joue de toutes les difficultés de sa partie. « Kommt ein schlanker Bursch gegangen » est un beau moment de chant. Max, jeune chasseur est le ténor <strong>Jussi Myllys</strong>, qui vient de Düsseldorf, avec déjà, une belle carrière. Bien placée, avec ce qui convient de projection, la voix est solide. « Durch der Wälder… Jetzt ist wohl » campe bien le personnage : simple (« brav »), sincère, mélancolique, ce n’est pas Siegfried. <strong>David Steffens</strong> chante Kaspar, après avoir été l’Ermite dans d’autres productions, certainement une des plus belles voix de la soirée, au large ambitus, jovialement sinistre. Le manipulé-manipulateur – servi par une instrumentation raffinée – a la voix et le jeu de l’emploi. « Hier im ird’schen Jammertal » est un des sommets. On se souvient du Kuno de <strong>Frank van Hove</strong> au TCE en décembre 2015 (Hengelbrock), la voix est sonore, bien timbrée tout comme celle d’Ottokar, chanté par <strong>Ashley David Prewett</strong>, familier du rôle. Quant à <strong>Roman Polisadov</strong>, il campe un Ermite à la voix puissante, impérieuse d’un Sarastro. Le baryton <strong>Jean-Christophe Fillol </strong>chante Killian. Ce n’est plus le « riche fermier» voulu par le livret mais une sorte d’elfe, d’une rare agilité physique, qui sera présent durant les trois actes. Le chant, d’un ambitus restreint, est fort convenable. Enfin, Samiel, rôle parlé, est confié à une voix amplifiée et délibérément déformée par sa reproduction.</p>
<p>Il faut saluer l’artisan de cette réussite musicale : <strong>Patrick Lange</strong>, attaché à Wiesbaden, tout en étant invité partout en Europe (Vienne, Munich, Dresde, Paris) fut un temps chef à la Komische Oper. Sa direction, efficace, attentive à chacun comme à l’équilibre entre la fosse et le plateau, insuffle une énergie rare, une ferveur et un soin constants à l’orchestre. Ses dynamiques sont portées à l’extrême. Il sait ménager les attentes, sculpter de beaux modelés. Certains moments sont de pure beauté (l’accompagnement de l’air d’Agathe, des ensembles). Pour n’être pas de première catégorie, l’orchestre fait ce qu’il peut pour répondre aux intentions du chef. L’ensemble manque cependant de cohésion, la précision des attaques fait parfois défaut, même si certains soli (clarinette, violoncelle, particulièrement) rendent justice à la partition. Les chœurs, sonores comme inégaux, brouillons, nous réservent de beaux passages, mais peinent quelquefois à suivre. « Milch des Mondes » est magique comme il se doit.</p>
<p>On suivra avec intérêt les productions de Zürich et du TCE en octobre, avec l’espoir de voir le chef d’œuvre de Weber mieux servi.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-paris-bastille-american-psycho/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2015 05:59:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En janvier 2006, pour les 250 ans de Mozart, Don Giovanni selon Michael Haneke provoquait un des quelques jolis scandales advenus sous le mandat de Gérard Mortier. Près de 10 ans plus tard, sa quatrième – et, paraît-il, dernière – reprise n’attire qu’un public franchement clairsemé. Sans doute la dernière série de représentations, au début de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">En janvier 2006, pour les 250 ans de Mozart, <em>Don Giovanni </em>selon <strong>Michael Haneke</strong> provoquait un des quelques jolis scandales advenus sous le mandat de Gérard Mortier. Près de 10 ans plus tard, sa quatrième – et, paraît-il, dernière – reprise n’attire qu’un public franchement clairsemé. Sans doute la dernière série de représentations, au début de cette année, n’est-elle pas assez ancienne pour rendre tout à fait attractif un spectacle qui, au demeurant, n’a rien perdu de son acuité. Chacun connaît désormais le nouveau synopsis proposé par le cinéaste autrichien : jeune cadre supérieur dans une entreprise sise en plein quartier d’affaires, à en juger par les tours qui apparaissent derrière l’immense verrière du décor, Don Giovanni séduit furtivement une collègue (Donna Anna), fille du patron (Le Commandeur), est poursuivi par la femme qu’il avait séduite dans son ancien travail (Donna Elvira), terrorise Zerlina et ses collègues (membres de l’équipe d’entretien) et se vautre dans l’alcool à la cafeteria. Par sa radicalité, le parti pris peut agacer, qui implique quelques libertés avec le livret et abandonne en chemin, fatalement, quelques-unes des dimensions de l’œuvre. Rarement réussie, la scène de la statue est un magistral loupé, tandis que la vision du personnage éponyme, sorte de Patrick Bateman uniformément méchant et brutal, nous semble étonnamment conservatrice. Mais le spectacle va à son terme méthodiquement, avec une froide et saisissante cohérence  que l’on ne saurait reprocher à son auteur, et rend finalement justice au génie dramatique de Mozart et Da Ponte, dont la duplicité et la force des personnages nous sautent au visage avec une violence inexorable.</p>
<p class="rtejustify">A ce spectacle de glace, il faut une équipe de feu, capable de se mettre au service d’un propos qui ne valorise pas toujours leur ego : Zerlina finit le I en petite culotte, Don Giovanni se verse le contenu d’une bouteille de vin sur la tête dans la scène finale, Elvira ne quitte pas la scène sans emporter son litron en coulisses, Leporello est un coupable suiveur et Don Ottavio fait peine à voir, tant il semble incapable de se résoudre à la moindre décision. La distribution réunie ce soir comporte peu de vedettes, mais elle est une véritable équipe, au sein de laquelle toute individualité fait sens. Et il y a de belles individualités à remarquer : silhouette élancée et démarche conquérante, voix à l’avenant, séduisante insolemment projetée <strong>Artur Rucinski</strong> est bien, dès son entrée en scène, un jeune coq fier de son agressivité. Jouant jusqu’au bout son rôle de pauvre type, <strong>Matthew Polenzani </strong>prête cependant à Ottavio les charmes d’un timbre ductile et d’un chant d’une grande finesse, tandis que sa dure fiancée trouve en <strong>Maria Bengtsson</strong> une interprète tranchante et magnétique, à l’aise dans les <em>la</em> de « Or sai chi l’onore » comme dans les vocalises, qu’on lui fait chanter couchée sur le dos, de « Non mi dir ». Dans une tessiture qu’elle possède remarquablement, <strong>Karine Deshayes</strong> est une Elvire obsessionnelle et troublante, dont la véhémence est à la mesure de son amour déçu, et la Zerlina puissante de <strong>Nadine Sierra</strong> complète parfaitement une équipe féminine de grande classe. Plus anonymes, et surtout plus gênés par l’acoustique de l’Opéra Bastille, nous apparaissent le Commandeur d’<strong>Alexander Tsymbalyuk</strong>, le Masetto de <strong>Fernando Rado </strong>et le Leporello d’<strong>Alessio Arduini</strong>, dont les intentions vocales sont, par moments, laissés à l’imagination du spectateur.</p>
<p class="rtejustify">Il en va un peu de même pour la direction de <strong>Patrick Lange</strong> : dans une veine non-baroqueuse bien assumée, il anime l’orchestre avec énergie et maintient l’équilibre entre la scène et la fosse, mais le fait au prix de la confidentialité de ses cordes, peu audibles dès l’ouverture. Quelle qu’en soit la mise en scène, souhaitons que le prochain <em>Don Giovanni </em> programmé par l’Opéra aura la bonne idée de draguer à Garnier… </p>
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		<title>MAHLER, Das Lied von der Erde — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-lied-von-der-erde-paris-garnier-le-jeune-homme-et-la-lune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2015 22:57:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle à son amour pour ce compositeur, le chorégraphe John Neumeier revient à Mahler. Après en avoir chorégraphié presque toutes les symphonies, il aborde aujourd’hui Le Chant de la terre et l’on espérait que la mélancolie profonde et les emportements contrariés de ces pièces trouveraient un écho et une illustration intime dans l’univers esthétique du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Fidèle à son amour pour ce compositeur, le chorégraphe <strong>John Neumeier</strong> revient à Mahler. Après en avoir chorégraphié presque toutes les symphonies, il aborde aujourd’hui <em>Le Chant de la terre</em> et l’on espérait que la mélancolie profonde et les emportements contrariés de ces pièces trouveraient un écho et une illustration intime dans l’univers esthétique du directeur du Ballet de Hambourg. Hélas, comme souvent, Neumeier peine à convaincre dans l’abstraction tant son vocabulaire chorégraphique tourne à la répétition de mouvements volontairement maladroits ; il a vraiment besoin d’un fil narratif pour canaliser son esthétique et ses intentions. On est donc loin d’une de ses grandes réussites mahleriennes comme la <em>Mort à Venise</em> présentée au Châtelet il y a quelques années.</p>
<p class="rtejustify">Le très fin fil narratif ici est porté par le personnage de <strong>Mathieu Ganio </strong>(le seul ce soir à composer un personnage investi d’émotions au-delà de l’animation physique) : on découvre sa relation homosexuelle tumultueuse durant le prologue et l’on suit ses pérégrinations sentimentales, parfois masculines, parfois féminines. Une lune de carton veille sur ses péripéties qui ont pour seul décor un plan de gazon incliné. Au sein de ce cadre, beaucoup d’éléments sont difficilement compréhensibles (et l’absence de surtitrage forçant le spectateur à plonger le nez dans son programme pour lire les traductions et tenter d’y trouver une clé de lecture n’aide évidemment pas) : l’anonymisation des personnages féminins (à peine distinguables par leur costume), la distinction entre les hommes à veste rouge et ceux à veste beige, la raideur de certains mouvements volontairement mécaniques, la présence de la lune ou tout simplement la raison d’être des personnages secondaires. On peut alors simplement penser que tout cela n’a pas à avoir de sens, que c’est pure abstraction, beauté libre, mais il nous semble que ce n’est pas faire justice au travail d’un chorégraphe dont les œuvres ont toujours une profonde portée biographique ou du moins intime.</p>
<p class="rtejustify">Sur le versant musical, le tableau est aussi contrasté : <strong>l’orchestre de l’Opéra de Paris</strong> est manifestement heureux de jouer cette musique, et même si la direction de <strong>Patrick Lange </strong>ne brille pas d’une originalité particulière, elle est très attentive et délicate, ce qui constitue toujours un challenge dans les « opéras » chorégraphiés, où le chef doit être attentif à la fosse, aux chanteurs mais aussi aux danseurs. Pour le chant, si le baryton pudique de <strong>Paul Armin Edelmann</strong> est très émouvant et stylé, notamment dans un adieu empli de soupirs de contrition, le ténor puissant mais nasal de <strong>Burkhard Fritz</strong> semble ne comprendre que la moitié de ses textes : très bien pour les emportements de la chanson à boire ou de l’ivrogne, mais pour leurs doutes et la tristesse qui surgit à chaque enthousiasme trop prononcé, on repassera.</p>
<p class="rtejustify">Au final, on sort donc déçu d’un dialogue chorégraphique (plutôt que mise en scène) avec une œuvre emblématique : en écho à la mélancolie de la musique, on n&rsquo;a souvent que la maladresse travaillée des mouvements face aux révolutions de la lune, sans bien comprendre pourquoi.</p>
<p> </p>
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		<title>VON WEBER, Der Freischütz — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-poil-max/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Mar 2012 13:40:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/a-poil-max/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Œuvre fondatrice de l’opéra romantique allemand à laquelle Berlioz et Wagner ont rendu hommage, Le Freischütz s’est immédiatement imposé. Si cette intrigue amoureuse dont l’issue dépend d’un concours de tir n’est guère excitante, la partition avec son ouverture équilibrée suivie du grand chœur « Viktoria ! Viktoria ! » « he he he he » séduit d’emblée l’auditeur d’aujourd’hui. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Œuvre fondatrice de l’opéra romantique allemand à laquelle Berlioz et Wagner ont rendu hommage, <em>Le Freischütz </em>s’est immédiatement imposé. Si cette intrigue amoureuse dont l’issue dépend d’un concours de tir n’est guère excitante, la partition avec son ouverture équilibrée suivie du grand chœur « Viktoria ! Viktoria ! » « he he he he » séduit d’emblée l’auditeur d’aujourd’hui. Avec de délicieuses arias, duos et ensembles les voix sont servies à merveille et le plaisir auditif se poursuit jusqu’au <em>Finale </em>« Schaut ! O Schaut ! Er Traf Eigne Braut! »</p>
<p>			Issu des légendes populaires sous la férule du Malin, ce<em> Singspiel </em>regorge de phénomènes fantastiques : fusils ensorcelés, balles magiques, sombres présages. Selon les didactyles, l’action se déroule, peu après la guerre de trente ans, dans une forêt de Bohême et ses alentours. Transposée à notre époque, mais conservant l’environnement sylvestre, lieu mystérieux et occulte par excellence, la production décalée du sulfureux metteur-en-scène, <strong>Calixto Bieito</strong>, souvent comparé au cinéaste Quentin Tarantino, tient ses promesses. Dans son interview publiée dans le programme, Bieito ne nous déclare-t-il pas que nous passons notre vie à lutter contre l’animal qui est en nous ? Selon lui, <em>Der Freischütz</em> est une expression artistique de ce combat. Max devient un homme tout nu, traqué et apeuré, Agathe une femelle violée et violentée, Ännchen une sauvageonne allumée et hystérique, Kaspar un alcoolique, paillard et sadique. Sont conviés sur scène : le sang, la boue, le sperme, même l’urine…, le tout dans une atmosphère mi provoc mi ludique où règne la domination masculine. Difficilement justifiable, à moins d’y reconnaître les références revendiquées par le directeur artistique du <em>Barcelona Internacional Teatre</em> : Hieronymus Bosch (l’enfer ?), El Greco (le surnaturel ?), Walt Disney (les bunnies ?), Luis Buñuel (le cochon-acteur déguisé en sanglier ?).<br />
			Malgré la mise en scène physiquement éprouvante, le rôle de Max, vocalement bien assumé, est interprété de manière fort touchante par le ténor russe invité <strong>Dmitry Golovnin. </strong>La plupart des autres chanteurs font partie de la troupe maison. La soprano <strong>Bettina Jensen </strong>prête à Agathe une voix saine et fraîche ; <strong>Ariana Strahl </strong>estune Ännchen bien chantante pleine de vivacité. Quant au cruel Kaspar qui a vendu au diable l’âme d’un innocent, à son profit, il est incarné par la basse allemande <strong>Jens Larsen,</strong> tonitruant et grossier à souhait. Notons aussi la belle prestation de L’Ermite chanté par la basse russe<strong> Alexey Tihomirov</strong>. Sous la baguette de <strong>Patrick Lange</strong>, jeune chef d’à peine plus de 30 ans, ancien assistant de Claudio Abbado, l’équilibre entre la fosse et la scène ne laisse rien à désirer ; les <strong>chœurs du Komische Oper Berlin</strong> s’avèrent remarquables de justesse et d’entrain. Ce bon niveau général des interprètes rattrape les divagations pour le moins contestables de la mise en scène. Quelques « hou… hou…» à la fin du spectacle sont vite couverts par les bravos du public du Komische qui en a vu d’autres. Cerise sur le gâteau pour les étrangers : grâce à un dispositif de traduction au dos du fauteuil devant soi, les dialogues parlés (modernisés et abrégés par Bieito et sa dramaturge <strong>Bettina Auer</strong>) sont lisibles en trois langues.</p>
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<p>			Encore trois représentations d’ici la fin de la saison : 29 mars, 4 avril, 6 juillet 2012.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Fledermaus — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/champagne-prosit-neujahr/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Jan 2011 09:41:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la tradition au Staatsoper de Vienne : Die Fledermaus est donnée tous les ans les 31 décembre et 1er janvier. Les heureux élus de la Saint-Sylvestre ont en plus droit à des invités surprise (en particulier Anna Netrebko cette année). Salle archicomble, comme toujours, pour cette représentation d’une production qu’on peut également admirer en DVD 1, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          C’est la tradition au Staatsoper de Vienne : <em>Die Fledermaus</em> est donnée tous les ans les 31 décembre et 1er janvier. Les heureux élus de la Saint-Sylvestre ont en plus droit à des invités surprise (en particulier Anna Netrebko cette année). Salle archicomble, comme toujours, pour cette représentation d’une production qu’on peut également admirer en DVD 1, filmée en 1980 par le metteur en scène lui-même, <strong>Otto Schenk</strong>, et que l’on retrouve à l’identique trente ans après, à l’exception naturellement de la distribution. Les décors sont un rien poussiéreux (au sens propre du terme, les plantes vertes en particulier !), mais la reconstitution de la Vienne impériale est magistrale, très inspirée de Hans Makart et des fastes historicistes des édifices du Ring. Lorsque le plateau tournant nous dévoile enfin la salle du souper du 2e acte que l’on n’entrapercevait d’abord que par les portes vitrées, le public applaudit au luxe déployé. Une mise en scène et des décors à l’ancienne, donc, mais parfaitement adaptés aux circonstances, le réveillon viennois, qui rendent à merveille l’esprit et la quintessence du chef-d’œuvre de Strauss fils. </p>
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<p>L’orchestre du Wiener Staatsoper nous met immédiatement dans l’ambiance : l’ouverture est brillante, véloce, enjouée, vaguement nostalgique et brillamment à cheval entre le sérieux symphonique et la légèreté de l’opérette viennoise. « Langoureusement exaltée », pour reprendre une expression de Robert Pourvoyeur  très justement concordante aux effets proposés. <strong>Patrick Lange</strong>, nouveau venu à Vienne mais amplement sollicité 2, sait admirablement obtenir de l’orchestre son meilleur niveau. Tout le monde semble être parfaitement à l’aise dans ce répertoire en général et cette œuvre en particulier, ce qui ne se dément jamais tout au long des quelque 2h50 de spectacle. Un vrai bonheur…</p>
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<p>Les exigences tant vocales que théâtrales sont particulièrement hautes pour cette opérette dotée d’un livret riche aux dialogues nombreux, surtout dans le troisième acte : l’équilibre entre la comédie et le chant est vital pour que le spectacle se tienne. Là encore, pas de mauvaises surprises : les chanteurs sont des comédiens très crédibles, correspondent physiquement à leur rôle et sont drôles, avec une mention spéciale pour l’Adele de Daniella Fally, pétillante, soubrette mal dégrossie à souhait dotée d’un accent viennois réjouissant. La palme revient à la star <strong>Helmut Lohner</strong> qui fait son entrée au début du dernier acte sous un tonnerre d’applaudissements : il endosse un rôle parlé dans lequel il excelle depuis plus de trente ans. Certes moins en jambes que sur le DVD de 1980, il impressionne encore dans ses escalades hasardeuses du décor, poivrot imbibé plus vrai que nature, et nous rappelle constamment que Vienne est aussi la ville du théâtre. Les dialogues sont additionnés de commentaires sur la politique locale et égratignent même gentiment le nouveau directeur de l’opéra, Dominique Meyer 3. Le public germanophone s’esclaffe, mais les dialogues parlés ne sont pas tous traduits en surtitrage (sans doute un petit problème technique du jour) au détriment des nombreux touristes étrangers qui en ont pourtant pour leur argent, car on ne s’ennuie pas un instant, tant tout cela est rondement mené, dans un rythme qui atteint son paroxysme au cours du bal du second acte. Les solistes et choristes sont remarquablement secondés par les danseurs du ballet qui nous proposent polkas et valses endiablées et visuellement splendides. On lève allègrement la jambe, en judicieux clin d’œil au cancan parisien : on reprochait aux Viennois de ne savoir que valser, mais gestuelles et dialogues égrillards tiennent la dragée haute aux œuvres d’Offenbach.</p>
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<p>Bien jolie Rosalinde, <strong>Camilla Nylund</strong> possède une belle voix très expressive, parfois un peu courte sur les aigus, mais sans que la justesse de chant ne soit perturbée, jusque dans le contre-ut du finale du premier acte. Sa Czardas est formidable, habitée et convaincante. Elle est concurrencée néanmoins par la formidable Adele de <strong>Daniela Fally</strong> qui enchante par une voix angélique, laquelle contraste miraculeusement avec sa voix parlée, déjà évoquée plus haut. Ses duos avec Eisenstein sont magnifiques. La colorature est aisée, le timbre souple : elle est le soprano léger par excellence&#8230; En prince Orlofsky, <strong>Angelika Kirchschlager</strong>, très attendue, déçoit légèrement dans « Chacun à son goût ! », mais convainc davantage à chaque mesure, gagnant en puissance jusqu’au finale dansé du second acte. Crédible en prince, drôle et charmante, l’aristocrate blasé qu’elle incarne se libère enfin et remporte un beau succès. </p>
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<p><strong>Markus Werba</strong> est un Eisenstein épatant, tout à la fois séduisant, vif, doté d’un jeu de jambe et d’une gouaille remarquables ainsi que d’une voix ambrée et puissante. Son timbre se marie admirablement avec celui de ses partenaires, la chose est frappante. <strong>Michael Schade</strong> est un Alfred plein d’allant, insouciant comme il se doit, aux belles qualités vocales, mais sans éclat extravagant. <strong>Adrian Eröd</strong>, comme le personnage de Falke qu’il incarne, mène le jeu à bien des égards : physiquement agile, la voix est en équilibre et son large medium fascine. Le directeur de la prison interprété par <strong>Alfred Šramek</strong> ne dépare en rien dans cette distribution très homogène. De fait, le spectateur est à la fête et se délecte tout au long de cette soirée pétillante, enivrante et mémorable comme un très bon champagne. <em>Prosit </em>!</p>
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<p>1. <em>Die Fledermaus</em>, DVD Arthaus Musik/Stern N° 503047, dir. Theodor Guschlbauer, avec Lucia Popp, Edita Gruberova, Brigitte Fassbaender, Bernd Weikl et déjà Helmut Lohner dans le rôle de Frosch.</p>
<p>2. Il a déjà dirigé en novembre 2010 <em>Madama Butterfly</em> et continuera en 2011 avec <em>Don Giovanni.</em></p>
<p>3. Voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2179&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=29">l’entretien qu’il a accordé à Forumopera</a></p>
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