<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Anna LAPKOVSKAÏA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/lapkovskaia-anna/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/lapkovskaia-anna/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 26 Jan 2026 09:28:32 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Anna LAPKOVSKAÏA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/lapkovskaia-anna/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 07:24:33 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=206673</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au printemps 2024, puis à l’automne 2025. Il s’agissait de la nouvelle production signée Dmitri Tcherniakov, sous la baguette de Christian Thielemann à la tête de la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’enregistrement que propose le label Unitel est la captation du deuxième des trois cycles de la Tétralogie proposés par le Staatsoper Berlin à l’automne 2022. Celle-ci fut reprise au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-staatsoper/">printemps 2024</a>, puis à l’automne 2025.<br />
Il s’agissait de la nouvelle production signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>, sous la baguette de <strong>Christian Thielemann</strong> à la tête de la Staatskapelle Berlin. Cette captation avait fait l’objet d’une diffusion sur arte.tv, disponible plusieurs semaines en 2023.<br />
C’est précisément ce deuxième cycle que nous avions chroniqué les 30 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">Das Rheingold</a>), 31 octobre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/">Die Walküre</a>), 5 novembre (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/siegfried-berlin-staatsoper-plateau-vocal-hors-norme/">Siegfried</a>) et 8 novembre 2022 ( <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/">Die Götterdämmerung</a>).<br />
L’initiative de cette nouvelle production revient, il convient de ne pas l’oublier, à <strong>Daniel Barenboïm</strong>, qui souhaitait à cette occasion célébrer un double anniversaire : les 80 années de son existence et ses 30 années passées au poste de GMD, Generalmusikdirektor de la Staatskapelle Berlin. On sait que malheureusement la maladie contraindra Barenboïm à la fois à renoncer à diriger cette production, mais aussi à céder la place de GMD à Christian Thielemann, que chacun du reste pressentait comme successeur. «  Nous nous connaissons depuis des années et je sais qu’avec lui le <em>Ring</em> est entre de bonnes mains », dira-t-il.<br />
De fait, la presse allemande et internationale (dont Forum Opéra) a encensé cet Anneau dont il fut dit qu’il a posé, au moins en ce qui concerne la direction musicale, de nouveaux jalons dans l’interprétation du cycle. Il faut dire que la distribution XXL (Volle, Kampe, Schager, Mahnke, Doron, Rügamer, Urmana, Watson, Villazón, Kissjudit, Vasar, Kränzle, Kares) laissait présager les plus hauts sommets vocaux – les attentes, autant le dire tout de suite, ne furent pas déçues.<br />
<strong>Michael Volle</strong> en Wotan/Wanderer scelle avec ce cycle berlinois une prestation de très haute tenue. Présent sur les quatre (!) épisodes (on le comprendra plus bas), il possède, outre la puissance, un moelleux dans le grave qui ne semble toujours pas prendre de rides, même <a href="https://www.forumopera.com/michael-volle-il-ny-a-quun-seul-bayreuth/">si cette question le taraude</a>. Son premier arioso de <em>Rheingold</em> donne le la, ses actes II et III de <em>Walküre</em> et particulièrement le duo avec Brünhilde feront référence (« Leb wohl, du kühnes, herrliches Kind » ). Et quelle articulation ! La Brünnhilde d’<strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong> est elle aussi superlative ; son omniprésence dans <em>Götterdämmerung</em> ne semble pas l’atteindre et elle finit son monologue d’adieu en majesté. Et que dire du Siegfried d’<strong>Andreas</strong> <strong>Schager</strong>, qui ne connaît aucune limite, aucune faiblesse. Malgré tout ce que lui impose la mise en scène (fracasser des tables à coup de masse, porter ses partenaires, prendre une douche sur scène, etc. !), le Heldentenor ne vacille jamais et emplit la salle du Staatsoper de sa surpuissance. Autre héros du cycle, <strong>Mika Kares</strong> qui chante Fasolt puis Hunding et enfin Hagen. Terrible méchant qui possède la profondeur et la noirceur de la basse et qui font de lui le diable qu’on adore détester. Son tonitruant « Hoiho » dans Götterdämmerung nous donne encore le frisson.<br />
Dans <em>Walküre</em>, le couple Sieglinde (<strong>Vida Miknevičiūtė</strong>) – Siegmund (<strong>Robert</strong> <strong>Watson</strong>) fait merveille en jeunes amoureux somme toute maudits. Leur duo d’amour est d’une immense tendresse. <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un habitué du rôle d’Alberich. On ne sait s’il faut louer l’acteur d’abord ou le chanteur. Il se plie avec grande humilité à tout ce qu’exige de lui la conduite d’acteurs et ce n’est pas mince. <strong>Stephan Rügamer</strong> est un Mime qui se révèle diabolique dans <em>Siegfried</em>, après un <em>Rheingold</em> déjà réussi. <strong>Peter Rose</strong> est Fafner à la voix peut-être pas caverneuse mais qui donne au personnage (qui est tout sauf un dragon) toute crédibilité dans la noirceur. <strong>Lauri Vasar</strong> se révèle davantage en Gunter que dans le modeste rôle de Donner, <strong>Siyabonga Maqungo</strong> étant un Froh tout aussi juste. <strong>Rolando Villazón </strong>est-il aussi juste en Loge ?  Ses pitreries et ses manières semblent un peu excessives, et la diction (même si Villazón parle un allemand courant) laisse un peu à désirer. <strong>Anett Fritsch</strong> est une Freia bien fragile (elle sera Ortlinde dans la première journée), soutenue par la Fricka de <strong>Claudia Mahnke</strong> qui donne toute sa mesure dans <em>Walküre</em>. A l’inverse, c’est dans <em>Rheingold</em> que <strong>Anna Kissjudit</strong> brille de mille feux (plus que dans <em>Siegfried</em> où le rôle est moins prégnant). L’alto est magnifique de douceur et de force tout à la fois, le timbre d’une chaleur enivrante. A noter que Kissjudit va « monter en grade » à l’été 2026 puisqu’elle sera la Fricka du <em>Ring</em> anniversaire.<br />
Les Walkyries (<strong>Clara Nadeshdin</strong>, <strong>Christiane</strong> <strong>Kohl</strong>, <strong>Michal</strong> <strong>Doron</strong>, <strong>Alexandra</strong> <strong>Ionis</strong>, <strong>Anett</strong> <strong>Fritsch</strong>, <strong>Natalia</strong> <strong>Skrycka</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>) feront une dôle de chevauchée (dans un amphithéâtre plutôt qu’à cheval !). A noter que pour <em>Götterdämmerung</em> c’est <strong>Violeta Urmana</strong> en Waltraute qui affrontera sa sœur. Les filles du Rhin (<strong>Evelin Novak</strong>, <strong>Natalia Skrycka</strong>, <strong>Anna Lapkovskaya</strong>) possèdent à la fois la légèreté et la souplesse pour venir à bout de leurs interventions initiales et conclusives. Même satisfecit pour les trois nornes (<strong>Noa</strong> <strong>Beinart</strong>, <strong>Kristina</strong> <strong>Stanek</strong>, <strong>Anna</strong> <strong>Samuil</strong>) : rôles brefs et parfaitement tenus. <strong>Victoria Randem</strong> est un oiseau bien agile de la voix, et <strong>Mandy Fredrich</strong> une Gutrune idéale.<br />
<strong>Christian Thielemann</strong> gagne à tous les coups à l’applaudimètre. La Staatskapelle Berlin brille comme jamais ; tous les intermèdes orchestraux sont des pièces de choix en soi (à commencer par la Rheinfahrt entre le Prologue et le I de <em>Götterdämmeung</em> et la marche funèbre) et même s’il est difficile de ne pas citer chaque pupitre, on ne peut pas ne pas rendre un hommage tout à fait admiratif aux cuivres, absolument irréprochables d’un bout à l’autre et qui ont donné une assise orchestrale parfaite pour permettre aux autres musiciens (et en premier lieu les cordes) de faire chanter l’orchestre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_rheingold_B_102-scaled-1-1294x600.jpg" />© Monika Rittershaus</pre>
<p>On le voit, pratiquement aucune réserve sur le plateau vocal ni en fosse ; on ne pourra pas en dire autant de la mise en scène signée <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>.<br />
Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la deuxième vision de sa mise en scène ne résout pas tous les problèmes dont nous avions déjà rendu compte. Tout n’est pas clair dans sa proposition même si l’idée de base (une expérimentation des comportements humains, dont Wotan serait l’instigateur) semble assez claire. Moins évidents apparaissent les positionnements de Siegfried et Brünnhilde qui feront tout au III de <em>Siegfried</em> pour éviter l’amour dans leur duo.<br />
Voyons quelques détails des spécificités du travail de Tcherniakov.<br />
Tout commence avant le lever de rideau de <em>Rheingold</em> ; une vidéo projette une image montrant comment un produit est inoculé dans le cerveau (on supposera qu’il s’agit de celui d’Alberich). On comprend que nous ne sommes pas au bord du Rhin, mais dans un centre d’expérimentation à l’acronyme (E.S.C.H.E.) signifiant le « frêne » , arbre que l’on retrouvera à la fin du dernier tableau. Les trois filles du Rhin sont des infirmières qui prennent des notes sur le comportement d’Alberich, enfermé dans une chambre où il est branché de partout. Point d’or (si ce n’est l’anneau qui apparaîtra plus tard), c’est incontestablement le parti pris cette mise en scène ; quand Alberich s’enfuit à la fin du premier tableau, il part avec sous le bras tout le matériel d’expérimentation dont il aura au préalable furieusement arraché tous les câbles, laissant les observateurs sans réaction.<br />
Au second tableau de <em>Rheingold</em>, les plans du château (pas encore baptisé Walhalla) sont vidéoprojetés et nous nous retrouvons dans les bureaux de Wotan qui se transforment vite en salle de négociations lorsqu’il s’agit de rendre à Fafner et Fasolt leur dû. Ceux-ci apparaissent en vulgaires mafieux (enlevant Freia en l’emportant comme un vulgaire sac à patates) ce qui se confirmera au quatrième tableau, quand Fafner abattra son frère d’un coup de revolver dans le dos. Loge semble un entremetteur un peu farfelu, Froh, Donner et Freia totalement dépassés par les enjeux du deal. Quant à Wotan, c’est le parrain, affublé du reste de la bague (l’«anneau » en réalité).  Un ascenseur permet de descendre au Nibelheim. Les Nibelungen sont des esclaves maltraités par Alberich qui s’en prend brutalement à Mime lorsque celui-ci veut embarquer le Tarnhelm ; chacun porte un uniforme identique avec son nom. Alberich ne se transforme en dragon puis en crapaud que dans sa tête, de même qu’il imagine les Nibelungen apportant l’or en rançon, un or que l’on ne verra jamais, si ce n’est sous la forme donc de la bague-anneau. La dernière scène de <em>L’Or du Rhin</em> restera sans doute la moins réussie du cycle, d’un kitsch risible pour ne pas dire ridicule.</p>
<p>Dans <em>Walküre</em>, là encore une vidéoprojection précède le lever de rideau. Elle nous apprend qu’un criminel « dangereux et instable » vient de s’échapper. Des images de vidéosurveillance vont très vite nous permettre de reconnaître dans le fuyard Siegmund qui se présente dans la maison de Sieglinde et Hunding. Celle-ci est située dans le centre d’expérimentation que nous avions découvert dans le Prologue. En réalité il est situé derrière le bureau de Wotan qui, grâce à une vitre opaque, voit l’intérieur de l’appartement sans être vu. Hunding est un policier à la recherche du dangereux criminel. Sa journée finie, celui qui nous est présenté comme un butor boit sans modération de la Vodka Parlament, on le voit manger, pisser et maltraiter sa femme qu’il oblige à passer les menottes à Siegmund pendant qu’il va dormir, l’épée Nothung fichée au-dessus de la porte d’entrée !<br />
Au II, on voit Sieglinde et Sigmund s’enfuir pendant que Hunding dort encore. Arrivent alors dans cet appartement Wotan et Brünnhilde qui sabrent le champagne, avant que Wotan retrouve sa femme dans son bureau pour lui faire signer un contrat l’engageant à ne pas défendre Sigmund.<br />
Dans la 3<sup>e</sup> scène on retrouve le couple de fuyard dans les sous-sols (le Nibelheim). Le combat entre Hunding et Sigmund ne nous est pas montré, on le vit au travers des réactions de Sieglinde. Finalement Sigmund ne sera pas tué mais attrapé par les mêmes policiers auxquels on l’avait vu échapper dans la vidéo précédant le lever de rideau.<br />
Le troisième acte se déroule dans l’amphithéâtre du centre de recherche ; on va évaluer le degré de violence de plusieurs criminels, dont le pedigree est vidéoprojeté. On comprendra vite que ce sont des combattants que les Walkyries doivent conduire au Walhalla. Dans l’amphi les huit Walkyries, hilares,  écoutent de la musique, prennent des photos, attendent Brünnhilde. Le cercle de feu où Brünnhilde sera enfermée est piètrement représenté par un cercle de chaises, sur lesquelles Brünnhilde dessinera des flammes au marqueur fluo. Très belle image conclusive en revanche avec les adieux du père et de la fille. Le décor de l’amphithéâtre recule en fond de scène et dans le noir, laissant Brünnhilde, seule sur l’avant scène, comme livrée à elle-même.<br />
<em>Siegfried</em> commence encore par une vidéoprojection. On y voit Siegried enfant malheureux au milieu de ses jouets, ne sachant que faire avec. Siegfried et Mime sont toujours dans le même appartement, surveillés de loin par Wotan et, cette fois-ci, les trois nornes. Point d’enclume on le devine mais du matériel de cuisine. Dans l’appartement les jouets de Siegfried vont être brisés au moment où le héros va forger Nothung. On comprendra que le feu mis aux jouets marque la fin de l’enfance et le début des années de formation d’un gamin hyperactif, sale et mal éduqué. Le Voyageur a bien vieilli depuis le Prologue et la première journée. Il s’appuie sur une canne. Son œil droit est totalement fermé.<br />
Au deuxième acte, la grotte est une salle d’expérimentation. Les six phases de l’expérimentation (c’est Siegfried qui en est l’objet) se déroulent. La phase 5 est la « confrontation au conflit, la réaction au danger » : c’est le combat entre Siegfried et Fafner. Celui-ci est amené par deux infirmiers geôliers. Il est muselé comme un dangereux criminel. L’affrontement entre Siegfried et son grand-père se tiendra dans la salle de négociations. C’est finalement Wotan qui brise lui-même et comme malgré lui sa propre lance. <em>Götterdämmerung</em> débute toujours dans le même appartement ; les 3 nornes sont maintenant de très vieilles femmes et les fils du destin qui se brisent correspondent à la porcelaine qui se casse sous leurs mains tremblantes alors qu’elles prennent le thé. Tout le monde a vieilli, sauf Brünnhilde et Siegfried qui ne prennent pas une ride ; Alberich est maintenant un vieillard presque nu et qui tricote des chaussettes pour son fils Hagen. A noter que quand Siegfried se rend chez Brünnhilde, il ne porte pas le Tarnhelm et ne prend pas l’aspect de Gunther. Au III, Siegfreid sera tué pendant son match de basket, par la hampe d’un drapeau de supporter. Brünnhilde pleure son amant, de même que les principaux personnages qui viennent se recueillir auprès de Siegfried (dont Erda et Wotan) et s’en va, seule avec sa valise, pendant que le centre d’expérimentation (le Walhalla) se dissout.</p>
<p>On le voit, et nous n’avons donné là que quelques exemples marquants ; les idées foisonnent, Tcherniakov est soucieux du moindre détail,<a href="https://www.forumopera.com/andreas-schager-une-representation-reussie-cest-quand-on-se-dit-au-baisser-de-rideau-allez-on/"> ce que confirmera Schager</a>. Mais n’y en a-t-il pas trop et sont-ils surtout toujours cohérents ?<br />
Telle est la question qui, au final, demeure.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-berlin-staatsoper/">WAGNER, Der Ring des Nibelungen &#8211; Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 May 2024 05:37:02 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=162156</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour en majesté des Maîtres chanteurs à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&#8217;une œuvre dont il a tout compris, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour en majesté des <em>Maîtres chanteurs</em> à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&rsquo;une œuvre dont il a tout compris, et dont l’humour n’est jamais absent.<br>
Pour universaliser son propos qui vise à condamner les règles obscures que les hommes s’imposent à eux-mêmes, Pelly décide de totalement décontextualiser l’action dans le temps et l’espace. Ni les décors, gigantesques pour couvrir l’immense scène du Teatro Real, ni les costumes, sobres et intemporels, ne figent le propos dans tel ou tel espace-temps, et c’est bien vu. Le plateau est encombré d’immenses plans inclinés (qui pourront tourner au fil des actes) qui figurent l’instabilité du monde. Tout autour, les murs de la ville sont eux aussi bancals, les maisons du village, au II, figurées en cartons pâtes, évoquent un monde en proie à tous les séismes (culturels&nbsp;?) possibles. Le tréteau est branlant sur lequel Beckmesser va lamentablement échouer dans sa tentative d’entonner le poème de Walther. Bref nous sommes en face d’un monde à bout de course, qui vacille à force de vouloir rester immobile et sourd aux appels au renouveau, à la grâce et à la poésie.<br>
Les douze maîtres chanteurs, apôtres pour la plupart d’un rigide quant-à-soi, sont remarquablement mis en scène. Tous vêtus et coiffés d’un noir assommant, interchangeables dans leur étroitesse d’esprit, ils apparaissent, lorsqu’ils siègent pour délibérer ou converser, au travers d’un immense cadre d’un tableau de maître monumental. Mais ce cadre est, à l’image du monde alentour, branlant et en passe de se désintégrer ; on aura compris qu’il représente les règles étroites dont ils se veulent les intraitables garants. Et lorsque, au III, alors qu’il a gagné haut la main son duel face à Beckmesser, Walther s’adresse aux maîtres chanteurs qui s’apprêtent à l’introniser comme l’un des leurs, il leur fait face sans jamais franchir ce cadre. Et malgré l’ultime plaidoyer de Sachs, censé convaincre Walther de rejoindre la confrérie, celui-ci choisit la fuite avec Eva et, chacun d’eux s’échappe sur cour et jardin pour aller tirer le rideau final, histoire de tourner définitivement le dos à ce monde du passé.<br>
Il n’y en a qu’un, parmi les maîtres chanteurs, qui comprend très vite l’excessive rigidité des règles imposées par la guilde&nbsp;: Hans Sachs vit dans une pièce où se côtoient les deux univers qui le nourrissent&nbsp;: son atelier de cordonnier et sa bibliothèque. Belle image, en ouverture du III, où Sachs apparaît plongé dans ses livres, comme à la recherche de son oxygène.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MaestrosCantores3127-1294x600.jpg" alt="" width="725" height="336">
© Javier del Real</pre>
<p>L’orchestre du Teatro Real est dirigé par <strong>Pablo Heras-Casado</strong>&nbsp;; c’est un très bel orchestre, rompu à ce répertoire. Le discours musical est clair mais les équilibres sont un peu instables. Aux débuts des I et III la balance penche un peu trop vers l’orchestre et, au sein de celui-ci, les cuivres prennent souvent le dessus sur les cordes. Quant à la mandoline désaccordée de Beckmesser, il fallait tendre l’oreille pour en percevoir les gémissements. Chœur et chœur d’enfants imposants. Tant la diction que la vigueur sont irréprochables.<br>
Le plateau vocal est de premier ordre et il faut d’emblée rendre hommage à la prestation de <strong>Gerald Finley</strong>, qui peint un Hans Sachs plein d’humanité et de chaleur. Cette humanité (avec ses faiblesses donc) et cette chaleur, nous les retrouvons dans le discours musical parcouru d’intelligence. Il lui manque aujourd’hui la puissance qui a pu être la sienne naguère et cela s’est ressenti surtout au I, mais son expressivité est intacte&nbsp;: «&nbsp;Was duftet doch der Flieder&nbsp;» au II et surtout son «&nbsp;Wahn, Wahn&nbsp;» du III, d’une sidérante intensité, forcent l’admiration. Walther est tenu par <strong>Tomislav Mužek</strong>, Prince (<em>Rusalka</em>) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/">convaincant à Bordeaux</a>, qui s’attaque ici à un rôle d’une toute autre dimension. Le charme opère toujours, la voix est claire, parfois éclatante et les innombrables répétitions de son « Morgenlicht leuchtend » ne viennent pas à bout de son endurance, même si les efforts, pour rendre justice à cette envoutante rengaine, sont perceptibles.<br>
L’américaine <strong>Nicole Chevalier</strong> est une Eva décidément bien docile. On aurait pensé qu’elle incarnerait avec plus de personnalité ce rôle qui méritait d’être dépoussiéré. Toutefois, la voix n’est pas en cause ; sûre, expressive et capable de faire face aux exigences de la partition. <strong><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">Jongmin Park</a></strong>, plusieurs fois König Marke en France, tient le rôle de Pogner, le père d’Eva. La basse chante et montre toute son aisance dans les quelques tréfonds de sa partie. L’autre grand Maître chanteur est le Sixtus Beckmesser incarné par <strong>Leigh Melrose</strong>&nbsp;; à l’aise dans bien des répertoires, il livre une prestation hors norme, saluée à juste titre par le public. C’est autant l’acteur, figurant un Beckmesser tordu par la malice, que le chanteur au baryton efficace qui a été ovationné. <strong>Sebastien Kohlhepp</strong> est un David valeureux&nbsp;; il lui revient le rude privilège de concentrer l’essentiel de son rôle en début de pièce, dans son initiation aux règles du bien-chanté qu’il dispense à Walther. Son «&nbsp;Fanget an&nbsp;» est remarquablement porté d’un bout à l’autre. Sa promise Magdalena est tenue par <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong> dont on apprécie plus le timbre dans le medium que dans les <em>forte</em> plus aigus.<br>
Et puis il y a aussi la belle cohésion des autres maitres chanteurs, dont les rôles sont moins exigeants mais qui forment une équipe fort homogène dans la volonté de ne surtout rien changer&nbsp;! <strong>Paul</strong> <strong>Schweinester</strong> (Vogelgesang), <strong>Barnaby</strong> <strong>Rea</strong> (Nachtigal), <strong>Jose</strong> <strong>Antonio</strong> <strong>López</strong> (Kothner), <strong>Albert</strong> <strong>Casals</strong> (Zorn), <strong>Kyle van Schoonhoven</strong> (Eisslinger), <strong>Jorge Rodriguez Norton</strong> (Moser), <strong>Bjorn</strong> <strong>Waag</strong> (Ortel), <strong>Valeriano</strong> <strong>Lanchas</strong> (Schwarz) et <strong>Frederic</strong> <strong>Jost</strong> (Foltz), brillent tant par le chant que par le jeu.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="DIE MEISTERSINGER VON NÜRNBERG Wagner – Teatro Real" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/AQ2VtHPbRd0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div><figcaption class="wp-element-caption"><em>Diffusion live prévue le 18 mai à 18h CET et disponible jusqu&rsquo;au 18 novembre 2024</em></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec ce Crépuscule des Dieux s’achève une Tétralogie berlinoise qui restera comme immensément aboutie sur le plan vocal, ce qui est bien entendu l’essentiel. Nous resteront en mémoire des moments incomparables : le monologue d&#8217;Erda (Anna Kissjudit, une révélation de ce cycle) dans Rheingold, la colère de Fricka (Claudia Mahnke) au II de Walküre, tout l’acte trois &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Götterdämmerung — Berlin (Staatsoper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/">WAGNER, Götterdämmerung — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec ce <em>Crépuscule des Dieux</em> s’achève une Tétralogie berlinoise qui restera comme immensément aboutie sur le plan vocal, ce qui est bien entendu l’essentiel. Nous resteront en mémoire des moments incomparables : le monologue d&rsquo;Erda (Anna Kissjudit, une révélation de ce cycle) dans <em><a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau">Rheingold</a></em>, la colère de Fricka (Claudia Mahnke) au II de <em><a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets">Walküre</a></em>, tout l’acte trois de <em>Walküre</em> avec un Michael Volle en Wotan au sommet de son art, la performance athlétique et vocale de Andreas Schager tout au long de <em><a href="https://www.forumopera.com/siegfried-berlin-staatsoper-plateau-vocal-hors-norme">Siegfried</a></em> et la dernière scène de ce <em>Götterdämmerung</em> où Anja Kampe est allée au bout, et peut-être même au-delà, de ce que l’on pouvait demander à sa Brünnhilde.</p>
<p>Voilà pour les moments inoubliables, ceux qui demeureront quoi qu’il en soit. Mais cela ne suffirait pas à marquer d’une pierre blanche les quinze heures de musique de ce Ring 2022 ; il fallait aussi disposer d’un plateau homogène, ce à quoi Daniel Barenboim, à l’initiative du cast (et malheureusement empêché pour cause de maladie) aura veillé avec grande attention. Cela est le cas également pour ce <em>Crépuscule</em>, nous y reviendrons. La Staatskapelle Berlin, dirigée par <strong>Christian Thielemann</strong>, dont le nom bruisse fortement pour la succession de Barenboïm, aura aussi grandement contribué à la réussite d’ensemble ; pour <em>Götterdämmerung</em>, les interludes orchestraux sont l’occasion de déployer l’éventail complet des sonorités tantôt envoûtantes (liaison entre le prologue et le I), tantôt flamboyantes (marche funèbre au III) : au baisser de rideau, les saluts avec l’orchestre au grand complet sur scène autour du chef sont pour le public l’occasion d’exprimer très bruyamment son adhésion complète à la vision de Thielemann. Une vision très orthodoxe il est vrai, fidèle à la partition, avec des tempi toujours justes et la recherche constante d’un accord fosse-plateau.</p>
<p>Dmitri Tcherniakov n’est pas venu saluer, alors qu’il l’avait fait pour le cycle I. S’il l’avait fait, gageons que, comme en octobre, il aurait entendu des huées se mêler aux applaudissements ; à plusieurs reprises, lors des quatre représentations, certains spectateurs ont ici aussi manifesté bruyamment leur désapprobation (ou leur incompréhension) face à une proposition scénique de fait clivante.</p>
<p>En tout cas non, le <em>Crépuscule</em> n’aura pas solutionné toutes les énigmes, ni livré toutes ses réponses aux questions soulevées, dont les deux dernières : pourquoi Siegfried ne boit-il pas le philtre d’oubli ni celui censé lui rendre la mémoire ? Mais il aura maintenu le fil de l’histoire, au prix de certaines contorsions dans la conduite du synopsis. Ici, tout se termine par la destruction de l’entreprise E.S.C.H.E, après ce qui apparaît comme un dénouement aussi inattendu que dramatique : dans un gymnase où l’équipe de basket de l’entreprise s’entraîne, Hagen transperce le dos de Siegfried avec la hampe d’un drapeau. A la différence de <em>Siegfried</em>, où Tcherniakov prive bien malencontreusement de toute poésie le duo Siegfried-Brünnhilde, il livre là une vision de l’agonie du héros et de la déploration de Brünnhilde particulièrement touchante.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="293" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43800_b9afe3c951ca7825f65d83fd0cb3459a_goetterdaemmerung_b_320.jpg?itok=X3tpvCfu" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Hagen, Gunther et Gutrune ont repris l’entreprise au triumvirat de dames qui avaient elles-mêmes succédé à Wotan à la tête de E.S.C.H.E. dans <em>Siegfried</em>. Toutes trois réapparaissent au début du prologue sous la forme des…Nornes. Mais celles-ci sont aujourd’hui de vieilles dames voûtées, voire grabataires : pas étonnant que les fils du destin leur échappent (les tasses dans lesquelles elles s’étaient servi un thé se brisent en mille morceaux) ! Belle performance du trio <strong>Noa Beinart</strong>, <strong>Kristina Stanek</strong> et <strong>Anna Samuil</strong> où nous remarquons particulièrement le grave de la Première Norne, Noa Beinart.</p>
<p>Le Hagen de <strong>Mika Kares</strong> (déjà entendu en Fasolt puis Hunding) est plus vrai que nature. Il porte sur son visage et dans la voix toute la noirceur de son personnage, sans doute le plus maléfique de l’ensemble. Sa gourmandise à rendre Hagen détestable n’a d’égale que les immenses moyens vocaux qu’il met en œuvre pour y parvenir et le public ne s’y trompe pas, qui lui réserve un triomphe amplement mérité.</p>
<p>Gunter (<strong>Lauri Vasar</strong> qui était Donner dans <em>Rheingold</em>) et Gutrune (<strong>Mandy Fredrich</strong>) sont un peu en-deçà vocalement et ils peinent tous deux à rivaliser, en terme de puissance, avec Hagen ou Brünnhilde. Leur jeu d’acteur est toutefois convaincant. Brève et toujours solide apparition de l’Alberich de <strong>Johann Martin Kränzle</strong> qui aura bien perdu de sa superbe depuis <em>Rheingold</em> ; nous le voyons à moitié nu, occupé pendant son dialogue avec son fils Hagen à… tricoter une écharpe !</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43780_b2110f8b55c2ab9386015dd70787deac_goetterdaemmerung_b_127.jpg?itok=yo0epsmA" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>La Waltraute de <strong>Violetta Urmana</strong> est parfaite : toute l’impuissance désespérée de la Walkyrie, qui finit par comprendre qu’elle ne pourra convaincre sa sœur de renoncer à l’anneau, est rendue de manière poignante, par des graves sourds et tellement animés.</p>
<p><strong>Andreas Schager</strong> est fidèle à lui-même ; nous pourrions reprendre tout ce que nous écrivions sur lui pour <em>Siegfried</em>, même si cette fois-ci, le personnage qu’il incarne a muri et sa psychologie est devenue moins univoque.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="308" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43785_b49ae9d99462b6d5e50a6c682d1ae361_goetterdaemmerung_b_246.jpg?itok=VE56tcCd" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Anja Kampe</strong> enfin en Brünnhilde s’empare de son rôle avec une économie magistrale ; elle gère parfaitement le prologue et monte en puissance jusqu’au III où elle délivre un monologue subjuguant qui la pousse dans ses ultimes retranchements. La projection est farouche ; nous tenons là une des plus belles titulaires actuelles du rôle.</p>
<p>Au final, ce Ring aura été fascinant. Réussir à le donner en neuf jours a aussi beaucoup aidé à entretenir la magie de l’ensemble. Son budget démesuré et sa machinerie complexe et impressionnante font qu’il sera difficile de le reprendre dans d’autres maisons. A coup sûr il le sera à Berlin, avec peut-être quelques aménagements de mise en scène, notamment pour <em>Siegfried</em>, histoire de prolonger le plaisir.</p>
<p> </p>
<p><em>Un plaisir à prolonger d&rsquo;ores et déjà sur <a href="https://www.arte.tv/fr/articles/saison-arte-opera-2022-2023" rel="nofollow">arte tv</a> et jusqu&rsquo;à mars 2023.</em></p>
<p><em>Le cycle IV  sera donné à Berlin les 4, 5, 8 et 10 avril 2023, dans la même distribution.</em></p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-staatsoper-un-plaisir-a-prolonger/">WAGNER, Götterdämmerung — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Walküre — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Oct 2022 10:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Beaucoup d’émotions au sortir de la première journée du Ring des Nibelungen version berlinoise de Tcherniakov/Thielemann. Des émotions, mais aussi des questions et quelques regrets. Mais commençons par le meilleur et, du coup, par la fin. Lorsque le couple Wotan-Brünnhilde vient saluer, quelques secondes après le baisser de rideau, l’émotion ne submerge pas seulement une &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Die Walküre — Berlin (Staatsoper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/">WAGNER, Die Walküre — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Beaucoup d’émotions au sortir de la première journée du <em>Ring des Nibelungen</em> version berlinoise de <strong>Tcherniakov</strong>/<strong>Thielemann</strong>. Des émotions, mais aussi des questions et quelques regrets.<br />
	Mais commençons par le meilleur et, du coup, par la fin. Lorsque le couple Wotan-Brünnhilde vient saluer, quelques secondes après le baisser de rideau, l’émotion ne submerge pas seulement une salle qui s’est levée comme un seul homme, mais aussi les deux protagonistes, <strong>Michael Volle</strong> et <strong>Anja Kampe</strong> qui tombent dans les bras l’un de l’autre de longues secondes durant et se présentent à nous, exténués de leur effort et comme tétanisés par le flot de <em>bravi</em> qui leur parvient.</p>
<p>Il faut dire qu’à ce moment, nous sortons d’un troisième acte musicalement d’anthologie, avec d’abord et avant tout un Volle marchant sur l’eau, qui attire sur lui tous les regards et captive comme un aimant. La métamorphose entre le père colérique à son arrivée au milieu de ses Walkyries, renversant tout sur son passage et, une heure et quart plus tard, le père adorateur de sa fille qui quitte celle-ci après un ultime et interminable baiser, est confondante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="303" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43753_f6c0eaed81bba67abd9c516e18b8922c_walkuere_b_110.jpg?itok=Hua6oyeQ" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Comment, au terme d’une telle prestation (le rôle de Wotan dans <em>Walkyrie</em> est redoutable de longueur et de difficultés) arriver encore à insuffler autant de nuances, à dire les mots avec une telle précision, à préserver la beauté, la chaleur, l’ampleur de la voix, sans l’ombre d’un fléchissement ? Cette question est partie pour nous hanter longtemps.</p>
<p>Dès le début du II, le Wotan de ce soir n’avait rien à voir avec celui d’<a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau">hier</a>. Tout était déjà en place et son monologue (« Was keinem in Worten ich künde »), qui, pour certains, passe pour une des rares faiblesses de la partition, par sa longueur notamment, est déjà tellement habité qu’il nous oblige à suivre pas à pas l’histoire, sa propre histoire, qui nous est dite. Y a-t-il aujourd’hui meilleur titulaire du Wotan (<em>Die Walkyre</em>) ?</p>
<p>La même question se pose pour la Brünnhilde de Anja Kampe. Là encore son duo du III avec Wotan atteint les sommets et les pleurs qui sont les siens au moment où, acceptant de plein gré la terrible sentence du père, elle va pour le quitter sans pouvoir y parvenir seule, semblent si authentiques qu’ils nous transpercent nous aussi. Mais il y a surtout le chant, la conduite impeccable de la voix, sans aucun relâchement, sans l’ombre d’une faiblesse notamment dans le premier duo avec Wotan au II. Et puis son entrée fracassante au I, l’une des plus difficiles du répertoire, dont elle se joue avec une apparente aisance. Ces deux-là ont formé, l’espace d’une soirée, un couple dont on se souviendra.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="306" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43751_c471b75779a07fcf98eb940569f60a7e_walkuere_b_029.jpg?itok=Wz3yl9IS" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Il serait injuste de ne pas associer deux autres protagonistes dans ces éloges superlatifs. D’abord la Sieglinde de <strong>Vida Miknevičiûtè</strong>. Et louer son jeu d’actrice, troublant de sincérité. Et puis la voix que nous découvrons ce soir ; elle sait allier la douceur quasi mélodieuse dans son étreinte avec Siegmund et la force brutale quand elle se rend compte qu’elle ne pourra suivre son frère/amant. Tout cela avec un naturel ! Enfin la Fricka de <strong>Claudia Mahnke</strong>, déjà remarquée dans <em>Rheingold</em>, assoit son autorité sur Wotan grâce au tranchant de la voix. Rôle court, dense et déterminant pour la crédibilité de la scène.</p>
<p>Voilà donc pour les émotions, qui seront certainement, une fois le tamis du temps passé sur les aspérités, ce qui nous restera de ce spectacle. Et c’est en soi tellement précieux. Mais il y  a aussi quelques ombres au tableau, questions et regrets.</p>
<p>La mise en scène de Tcherniakov tient-elle toujours la route, au terme de ce deuxième opus du cycle ? Poser la question c’est y répondre un peu. Les sifflets entendus à la fin du II disent les incohérences qui affleurent, et interrogent les libertés prises (inutilement ?) avec la trame originelle. Ainsi, pourquoi Hunding (l&rsquo;excellent <strong>Mika Kares</strong> qui était Fasolt dans <em>Rheingold</em>) ne tue-t-il pas Siegmund (celui-ci, un dangereux évadé, est finalement tabassé et exfiltré par les forces de l’ordre) ? Et pourquoi, toujours à la fin du II, Wotan laisse-t-il repartir Hunding sans le tuer ?</p>
<p>Des incohérences apparaissent aussi : l’épée, censément fichée dans le frêne, apparaît bizarrement plantée dans le mur mitoyen de l’appartement de Hunding et Sieglinde. Voir Siegmund s’en emparer, alors qu’il aurait plutôt, en tant que criminel en fuite, besoin d’être armé lourdement pour fuir la police (Hunding est un policier lui-même armé jusqu’aux dents), prête à sourire et interroge la cohérence du propos.</p>
<p>Autre exemple : la représentation du rocher entouré du feu qui protègera le sommeil de Brünnhilde est proche du ridicule. Nous sommes dans un amphithéâtre : Wotan et sa fille mettent en cercle des chaises et, pour simuler les flammes, Brünnhilde s’empare d’un gros feutre orange et dessine des flammèches sur toutes les chaises ; tout cela est bien pauvre.</p>
<p>En revanche, Tcherniakov maintient son idée exposée au prologue et, du coup, l’unité de lieu. L’action se passe entièrement dans l’entreprise E.S.C.H.E., entre le bureau de Wotan et le logement attenant, occupé par Hunding et Sieglinde. Quand Sieglinde et Siegmund veulent s’enfuir pour échapper à Hunding, ils vont se perdre dans les labyrinthes du sous-sol, là-même où sont entreposées les cages à lapin. Et toujours de bonnes idées dans la conduite de l’action comme ce contrat que Fricka oblige Wotan à signer comme engagement à ne plus rien faire pour sauver Siegmund du danger.</p>
<p>Au nombre des regrets il faudra citer le premier acte manqué du Siegmund de <strong>Robert Watson</strong>. Il n’aura tenu le rôle dans de bonnes conditions qu’une dizaine de minutes, puis ce fut un long chemin de croix pour parvenir à la fin du I. Voix prise en défaut (malgré un « Wälse ! » tenu plusieurs secondes), prononciation du coup hasardeuse. Heureusement, l’entracte de quarante minutes et la difficulté moindre du rôle au II lui auront permis de terminer très correctement la soirée.</p>
<p>Et puis redisons nos réserves sur l’orchestre de la Staatskapelle. Comme la veille, ce n’est pas la vision, magistrale, de <strong>Christian Thielemann</strong> qui est en cause, mais son exécution. Trop de notes approximatives, trop de décalages, qui donnent un sentiment d’inachevé.</p>
<p>Mais qui ne nous feront pas oublier l’inoubliable de la soirée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-staatsoper-emotions-questions-et-regrets/">WAGNER, Die Walküre — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Das Rheingold — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Oct 2022 08:40:16 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour les 80 ans de Daniel Barenboïm, le Staatsoper Berlin voulait offrir à celui qui est son directeur musical depuis 1992 une nouvelle production d’un Ring complet, joué quatre fois dans la saison 2022-23. Las, la maladie en aura décidé autrement, et quelques semaines avant la première c’est Thomas Guggeis, pour le cycle II, et &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Das Rheingold — Berlin (Staatsoper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">WAGNER, Das Rheingold — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les 80 ans de Daniel Barenboïm, le Staatsoper Berlin voulait offrir à celui qui est son directeur musical depuis 1992 une nouvelle production d’un <em>Ring</em> complet, joué quatre fois dans la saison 2022-23. Las, <a href="https://www.forumopera.com/breve/berlin-staatsoper-barenboim-renonce-au-ring">la maladie en aura décidé autrement</a>, et quelques semaines avant la première c’est Thomas Guggeis, pour le cycle II, et <strong>Christian Thielemann</strong> pour les cycles I, III et IV, qui auront pris le relais. Nous assistons au cycle III, programmé sur neuf jours, entre le 29 octobre et le 6 novembre 2022.</p>
<p>Cet événement était attendu pour au moins deux raisons ; il s’agit, cette année, de la seconde nouvelle production d’envergure d’une Tétralogie, après le nouveau <em>Ring</em> de Bayreuth l’été dernier, controversé et <a href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-bayreuth-une-petite-comedie">chroniqué dans nos colonnes</a>. Et puis surtout chacun attendait ce que <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> allait nous dire du roman fleuve wagnérien ; roman fleuve, épopée ou saga, il est encore trop tôt pour le dire au terme du prologue.</p>
<p>Ce que l’on peut avancer en revanche, c’est que la vision de Tcherniakov est, à l’issue de ce <em>Rheingold</em>, très prometteuse et que les trois journées du Bühnenfestspiel nous diront s’il réussit à tenir la distance d’une proposition entièrement actualisée, qui bannit totalement dieux, déesses, demi-dieux et géants, tous humanisés (alors que <em>Rheingold</em> est le seul opus des quatre où aucun humain n’apparaît !). Sa proposition va même jusqu’à bannir l’or qu’il réduit à sa quintessence, l’anneau (le Ring du Nibelung, d’Alberich donc). Pour Tcherniakov, clairement, l&rsquo;or se résume à l&rsquo;anneau.</p>
<p>Vision qui nous apparaît magistrale, osée également puisque prenant le risque d’une mise à distance totale avec le livret original, sans jamais toutefois entrer en contradiction avec lui. C’est en ce sens qu’il est légitime de se demander si cette performance pourra être répétée jusqu’au <em>Crépuscule des Dieux</em>.</p>
<p>Nous sommes au sein d’une grande entreprise présidée par Wotan, nommée E.S.C.H.E. Si on lit ces lettres comme un acronyme, on comprend « Esche », qui est le frêne en langue allemande. Le frêne, rappelons-le, est l’arbre fondateur dans la Tétralogie, celui qui se dresse dans la maison de Hunding et Sieglinde, où Wotan a fiché son épée que seul Siegmund pourra extraire. E.S.C.H.E est un centre de recherche où des expérimentations sont menées sur des humains.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="302" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43697_a2b7ca49a491cac56d26c1211cfe4ced_das_rheingold_b_242.jpg?itok=SKqcpsyh" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>C’est, au premier tableau, Alberich qui est cobayé par les trois filles du Rhin, jusqu’à ce qu’il se rebelle contre leurs sordides expérimentations, se délivre de son harnachement et s’enfuit avec du matériel électrique que l’on pourrait, à tort, imaginer comme représentant l’or du Rhin, à tort comme dit plus haut. Tcherniakov joue fort bien de ses talents de metteur en scène pour rendre crédibles toutes les scènes où l’or est invisible, alors qu’il devrait apparaître.</p>
<p>Ainsi au quatrième tableau, qui se situe dans le bureau de Wotan, Alberich prisonnier voit, seul dans son délire, ses esclaves apporter l’or en rançon de sa libération. Wotan et Loge ne prennent pas gare à ses fantasmes et n’attendent qu’une chose, qu’Alberich se dessaisisse de son anneau. Plus tard, pour libérer Freia, la quantité d’or nécessaire à la couvrir entièrement, sera résumée dans un des multiples feuillets d’un contrat de négociations qui se jouent entre Loge et Fafner.</p>
<p>Entre temps, nous serons descendus, par un habile jeu de machinerie, dans les entrailles du Nibelheim, ici un institut de recherche sur le comportement. Les esclaves d&rsquo;Alberich, qu&rsquo;il maltraite comme un sombre Kapo, procèdent à des expérimentations sur des lapins vivants dans des cages alignées à l&rsquo;étage.</p>
<p>L’idée, on le voit, se tient. Mais toutes les idées – et elles sont nombreuses – qui enrichissent incontestablement la production, ne se valent pas. Ainsi, la vidéo initiale, censée peut-être représenter la formation des synapses dans le cerveau de l’homme et nous amener à comprendre que nous sommes dans un laboratoire de recherche sur le comportement humain, semble superfétatoire et nous prive du plaisir de nous consacrer entièrement à l’écoute du prélude. A l’autre extrémité, la scène finale, l’entrée au Walhalla, est dévoyée en inauguration avec discours et animations dignes d’une fête patronnesse, dommage.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="285" src="/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_43719_b612655fa104bd32c4e4a465fb7fe5cf_das_rheingold_b_325.jpg?itok=9qQ4rO_1" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Christian Thielemann est donc à la manœuvre ; il fera se lever la salle (absolument comble ce soir malgré des prix inhabituellement élevés pour la place berlinoise) au moment des saluts de baisser de rideau. Thielemann est décidément le chouchou du public Unter den Linden. Sa vision de la partition est comme toujours d’une très grande rigueur. Son écoute des chanteurs est remarquable en ce qu’il sait moduler l’intensité sonore pour que la scène soit toujours parfaitement audible. On ne le rendra pas responsable des quelques accrocs dus plutôt à des instrumentistes isolés (comme ce cor défaillant au prélude).</p>
<p>Le plateau vocal est de très haut niveau et il est difficile de hiérarchiser. Malgré la voix un peu acide de la Flosshilde de <strong>Anna Laprovskaja</strong>, les trois Filles du Rhin (la Woglinde de <strong>Evelin Novak</strong> et la Wellgunde de <strong>Natalia Strycka</strong>) sont des techniciennes convaincantes, chargées de mener leurs expérimentations auprès de Alberich. <strong>Lauri Vasar</strong> (Donner) et <strong>Siyabonga Maqungo</strong> (Froh) peinent à entrer pleinement dans les caractères de leurs personnages.</p>
<p>Le Fafner de <strong>Peter Rose</strong> est diabolique à souhait et sans merci face à son frère qu’il exécute d’un coup de pistolet dans le dos. Ce frère, Fasolt, c’est <strong>Mika Kares</strong>, chaleureusement applaudi pour la puissance de son engagement. On le retrouvera avec plaisir en Hunding (<em>Walküre</em>) puis Hagen (<em>Götterdämmerung</em>). Le Mime de <strong>Stephan Rügamer</strong> est lui aussi très prometteur et il nous tarde de l’entendre davantage dans <em>Siegfried</em>.</p>
<p><strong>Johannes Martin Kränzle</strong> est un formidable Alberich, qui sait dépeindre, par le jeu et les couleurs de la voix toutes les facettes diaboliques de son personnages. Son beau succès est amplement mérité. <strong>Rolando Villazón</strong> est un Loge inattendu. Quelques sifflets immérités ponctuent une prestation non exempte de défauts (dans la conduite du chant et la prononciation parfois) certes, mais qui vaut par un engagement de tous les instants et un jeu sur scène très convaincant. Freia, tenue par <strong>Anett Frisch</strong>, apparaît trop sur la réserve (son rôle est ingrat il faut le dire sans réellement de moments pour s’exprimer pleinement). La Fricka  de  <strong>Claudia Mahnke</strong> méritait bien mieux que les saluts polis qu’elle récolta du public ; comme si celui-ci avait oublié son autorité, sa fougue et la plénitude de sa voix au deuxième tableau. Reste Erda, magnifiée par <strong>Anna Kissjudit</strong>, qui nous gratifie d’un – trop court – moment quasi extatique : son « Weiche, Wotan, Weiche » a fait frémir la salle qui, malgré un rôle aussi court, a réservé à cette jeune (elle est née en 1996) mezzo bulgare, un triomphe amplement mérité. Nous avons hâte de réentendre cette voix au velours envoutant et à l’autorité stupéfiante. <strong>Michael Volle</strong> enfin est un Wotan perdant d’avance ; son autorité est très vite remise en question ; il se laisse manipuler, influencer et à lui seul nous dit que le crépuscule des dieux, c’est pour demain. Voix pleine et vigoureuse, avec quelques moments où la vaillance semble faire défaut.</p>
<p>Dans ce cycle, les deux premiers opus sont joués à la suite. La Walkyrie est donc à suivre très vite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">WAGNER, Das Rheingold — Berlin (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JANACEK, La Petite Renarde rusée — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-la-petite-renarde-rusee-paris-sellars-le-ruse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jul 2019 23:54:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/sellars-le-rus/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peter Sellars aime Paris et sa Philharmonie. Alors qu’il nous avait à peine quittés avec les Larmes de Saint Pierre, le metteur en scène américain revient à la Porte de Pantin pour la Petite Renarde rusée de Janáček. Un opéra traitant de panthéisme et de communion avec la nature a tout pour plaire à un &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-la-petite-renarde-rusee-paris-sellars-le-ruse/"> <span class="screen-reader-text">JANACEK, La Petite Renarde rusée — Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-la-petite-renarde-rusee-paris-sellars-le-ruse/">JANACEK, La Petite Renarde rusée — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Peter Sellars aime Paris et sa Philharmonie. Alors qu’il nous avait à peine quittés avec <a href="https://www.forumopera.com/les-larmes-de-saint-pierre-paris-philharmonie-saint-pierre-pour-sourds-et-malentendants">les <em>Larmes de Saint Pierre</em></a>, le metteur en scène américain revient à la Porte de Pantin pour <em>la Petite Renarde rusée</em> de Janáček. Un opéra traitant de panthéisme et de communion avec la nature a tout pour plaire à un artiste préoccupé tant par la question spirituelle qu’environnementale.</p>
<p>La version présentée est semi-scénique, mais pensée comme telle. Placée devant l’orchestre, une estrade agrémentée selon les besoins du moment de quelques chaises et d’une table fait office de décor unique. Au dessus des musiciens, un écran géant diffuse des images vidéo durant tout le spectacle. Le dispositif n’est pas neuf (il fait penser de loin au <em>Tristan</em> de Bastille), mais tout à fait efficace. Alternant gros plans d’insectes, de grenouilles ou de végétaux, la vidéo semble très à propos pour un compositeur fasciné par l’infiniment petit (curieusement, Janáček se passionnera pour les recherches autour de l’atome). Tout cela colle parfaitement à la musique, sans pour autant s’accrocher au doigt du spectateur tel le sparadrap du Capitaine Haddock, écueil des <em>Larmes de Saint Pierre</em> il y a peu.<br />
	Le véritable triomphe de cette mise en scène se situe avant tout dans une direction d’acteur maîtrisée à la perfection. Sellars brosse le portrait de chaque personnage jusque dans ses moindres détails, les pétrissant aussi bien de naïveté que de violence ou d’humour décapant. Le metteur en scène semble comprendre mieux que quiconque la psychologie que Janáček dévoile dans l’un de ses ouvrages les plus personnels.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_5170.jpg?itok=ndnDJUH_" title="© Claire Gaby / J'adore ce que vous faites" width="468" /><br />
	© Claire Gaby / J&rsquo;adore ce que vous faites</p>
<p>Malgré une distribution loin d’être tchècophone, la plupart des intervenants trouvent parfaitement leur place dans ce ballet soigneusement conçu. <strong>Hanno Müller-Brachmann</strong> est un Harašta crâneur et sûr de lui, fort d’un timbre brillant et corsé. Malgré un rôle assez discret, <strong>Anna Lapkovskaja </strong>s’impose en Chien dépressif, qui ne manque d’ampleur ni de rondeur. De même, <strong>Peter Hoare </strong>est loin d’incarner l’instituteur maigrichon auquel de nombreuses productions nous ont habitués. Son timbre métallique et puissant porte son personnage jusqu’aux dernières rangées de la salle. Par comparaison, <strong>Jan Martinik </strong>se trouve plus en difficulté. Malgré une bonne assise vocal, les aigus pâlissent rapidement, et son portrait de Prêtre en souffre un peu. Un constat similaire vaut pour <strong>Sophia Burgos</strong>. Pourvue de qualités musicales certaines, la voix paraît pourtant encore trop mince pour assumer jusqu’au bout le rôle du Renard, auquel il manque encore un peu de panache.<br />
	Question panache, le Forestier de <strong>Gerald Finley </strong>n’en manque certainement pas. Avec un investissement scénique complet, il s’assure un succès mérité auprès du public. La voix semble encore assez réservée au premier acte, mais la confiance prend le dessus, et la dernière scène est une réussite tant vocale que musicale.<br /><strong>Lucy Crowe </strong>est maintenant une habituée du rôle de la Renarde (<a href="https://www.forumopera.com/dvd/une-gitane-rousse-un-peu-memere">elle le chantait déjà en 2013 à Glyndebourne</a>). Un tel choix pourrait surprendre : malgré un répertoire où Mozart et Haendel se taillent la part du lion, la voix s’est assombrie au cours des années, et l’on sent poindre des rôles plus lyriques. C’est donc une Renarde lyrique qu’elle nous propose ce soir, aux aigus puissants. Complétée d’un jeu de scène toujours naturel, cette proposition finit par convaincre totalement.</p>
<p>Préparée par <strong>Sofi Jeannin</strong>, la Maîtrise de Radio France brille aussi bien en chœur que lors des interventions solistes. Le London Symphony Chorus, placé sous la responsabilité de <strong>Simon Hasley </strong>tire le meilleur des vocalises du deuxième acte. Leur placement en hauteur, sur le dernier balcon donne à ce tableau le parfum de mystère indispensable à cette scène.</p>
<p>Partenaire privilégié de Sellars, le chef britannique <strong>Simon Rattle </strong>officie au pupitre du London Symphony Orchestra ce soir-là. Habitué de la musique de Janáček dont il a livré plusieurs enregistrements-phares, il dévoile toute la science orchestrale d’un compositeur critiqué à tort pour son amateurisme en instrumentation. De nombreuses plages instrumentales revêtent ainsi une couleur sensuelle insoupçonnée, à l’image du splendide lever de soleil au premier acte. Très attentif au plateau, les équilibres sont toujours bien ménagés, et les chanteurs ne sont que très rarement mis en difficulté. L’orchestre surmonte toute les embûches instrumentales et nous montre qu’un compromis entre homogénéité des timbres et textures foisonnantes n’est qu’une affaire de bonne volonté.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-la-petite-renarde-rusee-paris-sellars-le-ruse/">JANACEK, La Petite Renarde rusée — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-maitres-chanteurs-de-nuremberg-berlin-decomplexes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2015 03:38:15 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/dcomplexs/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peu d’œuvres glorifient une culture nationale avec autant d’enthousiasme et de spontanéité que Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg. Au point que ce long hommage au « Saint art allemand », pour reprendre les mots de Hans Sachs dans le fameux monologue final, s’est trouvé suspecté de véhiculer les pires messages, d’exalter un nationalisme belliqueux, de véhiculer les idées &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-maitres-chanteurs-de-nuremberg-berlin-decomplexes/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Berlin</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-maitres-chanteurs-de-nuremberg-berlin-decomplexes/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Peu d’œuvres glorifient une culture nationale avec autant d’enthousiasme et de spontanéité que <em>Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg</em>. Au point que ce long hommage au « Saint art allemand », pour reprendre les mots de Hans Sachs dans le fameux monologue final, s’est trouvé suspecté de véhiculer les pires messages, d’exalter un nationalisme belliqueux, de véhiculer les idées les plus racistes, d’encourager même l’antisémitisme, à travers la figure de Beckmesser. Terribles accusations, renforcées par le statut symbolique donné à Nuremberg sous le IIIe Reich et par le penchant d’Adolf Hitler pour cette œuvre. La légende noire des <em>Maîtres-Chanteurs</em>, de nombreux metteurs en scène ont voulu l’exposer, pour ne pas être suspectés de sympathies inavouables, pratiquant ainsi sur l’œuvre une opération « mains propres » dont elle n’avait pourtant pas grand besoin.</p>
<p class="rtejustify">A rebours de ces visions allant de l’ironie à la culpabilisation, <strong>Andrea Moses</strong> choisit d’endosser le message le plus positif de l’œuvre, en la représentant comme une louange formidable chantée à une culture qui ne l’est pas moins. A travers la présence récurrente du drapeau allemand, l’art se retrouve ici paré de vertus unificatrices que l’on se plaît à ne pas croire trop idéalistes. Surtout, Moses ne craint pas de mettre en scène une véritable fête : dans des décors (une salle, les toits de Nuremberg, la bibliothèque de Sachs…) qui, nonobstant quelques punks au deuxième acte, ne cèdent pas trop au Regietheater, la direction d’acteur, joliment animée, s’illustre par une <em>vis comica </em>allant crescendo jusqu’à la grande jubilation qui clôt le IIIe acte. Bien sûr, l’optimisme, dans cette production comme dans cet opéra, ne se confond pas avec la naïveté. Que Sachs renonce, dans la scène finale, à convaincre Walther du bien-fondé des traditions, est révélateur des relations complexes que nous pouvons entretenir avec nos propres cultures. Que certains des Maîtres, les plus jeunes, décident de suivre Walther dans sa voie quand les plus anciens campent sur leur position annonce, peut-être, un conflit générationnel. Les Maîtres, justement, ne sont ni très rassurants ni très sympathiques, hommes d’affaires locaux coupés du peuple et obsédés par la place occupée par leurs noms, autant de marques, sur le grand panneau des sponsors du concours de chant.</p>
<p class="rtejustify">Mais qu’ils sont justement croqués ! Et quelle merveilleuse idée de les distribuer ainsi ! Jugez plutôt : <strong>Franz Mazura</strong>, irrésistible et caverneux à 90 ans, <strong>Graham Clark</strong>, survitaminé, <strong>Siegfried Jerusalem</strong>, <strong>Olaf Bär</strong>… Leur seule présence ici est un coup de chapeau à la culture et à l’histoire de l’opéra. Et tout le monde, dans le reste de l’équipe, est à leur image, enjoué, hilare, heureux, formant une troupe telle qu’on répugnerait à saluer les performances individuelles si elles ne le méritaient tant. En Beckmesser, <strong>Markus Werba</strong> a tout le relief et la drôlerie qu’on pourrait demander, mais il a aussi, jusque dans le ridicule, une tenue vocale irréprochable. La tenue vocale, voilà ce qui caractérise le Pogner de <strong>Kwangchul Youn</strong>, patricien dans la moindre de ses intonations. Bien léger est le couple formé par<strong> Julia Kleiter</strong> et <strong>Klaus Florian Vogt</strong> ? Sans doute, mais elle, offrant sa première Eva avant de la reprendre à Paris au printemps prochain, ne pâtit guère des graves que le deuxième acte lui oppose, et compose avec aisance un personnage paradoxal, voix fruitée de fille et silhouette sensuelle de femme. Mais lui, avec ce chant qu’on lui sait, un peu trop égal, un peu trop naïf, un peu trop mixte dans le haut registre, montre un souffle dont peu de « Morgenlich » ont pu jouir. Face à de tels amants, David et Magdalene ne sont plus des faire-valoir ni des miniatures : <strong>Stefan Rügamer</strong> et <strong>Anna Lapkovskaïa</strong> le montrent dans un « Selig, wie die Sonne » d’anthologie, ils sont l’autre couple, peut-être les autres héros de l’histoire. Et Hans Sachs trouve simplement en <strong>Wolfgang Koch</strong> son meilleur interprète actuel : il en a l’ampleur vocale, à peine entamée, au bout du dernier acte, par ces six heures de représentation ; il en a la bonhomie un peu rugueuse, la complexité, les ambiguïtés, enfin l’humanité.</p>
<p class="rtejustify">La Staatskapelle de Berlin, à l’issue de cette soirée triomphale à tous les égards, récolte peut-être les ovations les plus chaleureuses. Et c’est justice : sous la direction d’un <strong>Daniel Barenboim</strong> attentif à chaque détail d’une partition dont plusieurs scènes annoncent les « conversations en musique » de Richard Strauss, l’orchestre respire et rutile, varie les couleurs sans la moindre panne d’inspiration, seconde le texte en commentateur averti, attendri ou ironique. Le chœur n’est pas en reste, qui nous gratifie d’un point d’orgue sur  « Wach auf ! » que nous n’oublierons pas de sitôt. « Wagner s’amuse », résumait Xavier Lacavalerie dans les pages de sa biographie consacrées aux <em>Maîtres-Chanteur</em> (Actes Sud). Ce soir, nous aussi !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-maitres-chanteurs-de-nuremberg-berlin-decomplexes/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
