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	<title>Jean-François LAPOINTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 02 Jun 2026 06:15:59 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jean-François LAPOINTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, La Fille du régiment &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’accueil réservé à cette Fille du régiment est à la hauteur de la température qui règne au Grand Théâtre de Tours en ce dimanche de lendemain de canicule : torride ! Il faut dire que les ingrédients sont réunis pour un cocktail euphorisant : une œuvre pétillante, une production plutôt « traditionnelle » mais enlevée, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’accueil réservé à cette <em>Fille du régiment</em> est à la hauteur de la température qui règne au Grand Théâtre de Tours en ce dimanche de lendemain de canicule : torride !</p>
<p>Il faut dire que les ingrédients sont réunis pour un cocktail euphorisant : une œuvre pétillante, une production plutôt « traditionnelle » mais enlevée, une distribution équilibrée avec des chanteurs quasiment tous francophones et dont le format est parfaitement adapté à la taille de la salle, et une énergie scénique communicative.</p>
<p>Pour cette reprise de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-versailles/">production créée à Versailles en avril dernier</a>, <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> ne cherche en effet pas à révolutionner l’œuvre. Le dispositif scénique, reposant notamment sur des toiles peintes, est élégant et illustratif (on se demande tout de même ce que vient faire un temple grec au Tyrol !) et les costumes, signés <strong>Christian Lacroix</strong>, sont pimpants. La mise en scène, bien réglée et vivante, se permet juste d’insérer quelques chorégraphies qui se coulent parfaitement dans la partition. Tout cela fonctionne fort bien, avec comme seule réserve le traitement un peu trop « archétypal » de certains personnages (on y reviendra).</p>
<p>On ne peut que plussoyer aux louanges adressées par notre confrère à <strong>Jean-Francois Lapointe</strong> (Sulpice), déjà présent à Versailles<strong> </strong>: le galbe du phrasé, le moelleux du timbre, et la tendresse du personnage sont tout simplement confondants.</p>
<p>Le couple d’amoureux est ici renouvelé, charme par sa tendresse et sa fraicheur. <strong>Florie Valiquette</strong> propose un portrait très convaincant de Marie : sachant être bravache avec ses pairs (mais sans le caractère « cartoonesque » tendance Fifi Brin d’acier que lui insufflaient Laurent Pelly et Natalie Dessay), elle n’en oublie pas les aspects plus mélancoliques et touchants de la jeune fille (« Il faut partir »). Tout juste regrettera-t-on un peu trop de retenue dans les passages les plus pyrotechniques (« Salut à la France »). On sent <strong>Phillipe Talbot </strong>(Tonio) plus à son aise dans la douceur de « Pour me rapprocher de Marie » que dans l’héroïsme de son grand tube « Ah mes amis quel jour de fête » (dans lequel il ose d’ailleurs une variation inhabituelle). On comprend aisément comment cette voix claire au timbre chaleureux fait fondre le cœur de Marie, par les demi-teintes caressantes dont le ténor sait avantageusement parsemer son chant.</p>
<p>Le burlesque n’est jamais bien loin dans <em>La Fille du régiment</em>, notamment avec l’hilarante Duchesse de Crakentorp de <strong>Doris Lamprecht</strong>, qui surjoue avec gourmandise de ses origines teutonnes. Entre coups de fouets bien sentis et caresses inattendues (un duo roucoulant avec l&rsquo;Hortensius haut en couleur de <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong>), voilà la salle qui rit à gorge déployée. Nous avouerons pourtant avoir été moins sensible au traitement similaire appliqué à la Marquise de Berkenfield (<strong>Éléonore Pancrazi</strong>). On ne peut que se réjouir d’entendre une chanteuse en pleine possession de ses moyens dans ce rôle souvent dévolu à des mezzo plus toutes jeunes. La chanteuse s’en donne d&rsquo;ailleurs à cœur joie, ajoutant un bout de <em>Carmen</em> par-ci et de La <em>Grande-duchesse de Gerolstein</em> par-là. Cependant, choix du metteur en scène ou de la chanteuse, le personnage hystérique et caricatural qui nous est proposé nous a semblé hors de propos : <em>too much,</em> cette marquise agace et n’émeut jamais.</p>
<p>La direction d’<strong>Adrien Perruchon</strong>, bien nuancée, sait rendre justice, à la tête de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours, aux différentes atmosphères de la partition. Tout juste rêverait-on parfois d&rsquo;un peu plus de folie, notamment dans le « Salut à la France ».</p>
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		<title>Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 10:02:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Béatrice URIA-MONZON]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Roberto ALAGNA, ténor « Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Roberto ALAGNA, ténor</strong></p>
<p>« Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.<br>Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une interprète et son personnage. Pas besoin de mots pour expliquer cette fusion. <br>Elle est ma Carmen et ma Béa pour toujours. »</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Roberto Alagna &amp; Béatrice Uria-Monzon | TV &quot;300 CHOEURS&quot; - Extraits de CARMEN (Bizet) France 3" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/m-sjJJWy_Wo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>Roselyne BACHELOT, ancienne Ministre de la Culture</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Quand une artiste de l’envergure de Béatrice Uria-Monzon part pour le grand voyage, vous revient alors en un chagrin insondable et une gratitude vibrante les héroïnes qu’elle a transfigurées de sa magnifique personnalité, Carmen, Charlotte, Chimène, Dalila, Sarah, Eboli, Tosca pour ne citer que celles pour lesquelles je l’ai applaudie. Puis, comme une dague plantée en plein cœur, c’est la Santuzza déchirante de ce soir d’aout 2009 au Théâtre antique d’Orange qui envahit tout l’espace de l’émotion.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce n’est sans doute pas le personnage que Béatrice aurait choisi si un critique lui avait demandé de dresser le palmarès de ses rôles. Mais il est des moments où la communion est si forte que l’on comprend au plus profond ce qui fait la pâte humaine d’un interprète.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je l’ai rencontrée sur le mode amical, joyeuse et chaleureuse, en gala caritatif où sa générosité n’était jamais prise en défaut, en compagnonnage lors de jurys de concours expliquant aux concurrents avec humanité et sans démagogie comment ils ou elles pouvaient progresser, et&nbsp; en sortie de scène après tant de triomphes qui nous avaient transportés.&nbsp;</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était d’abord le respect absolu de l’œuvre. Pas d’échappatoire, de trucage, de ces facilités que ne détectent que les spécialistes. Au moment où l’on croit sauver l’art lyrique par la politique du grand n’importe quoi, sa rigueur devrait servir de fil conducteur aux barbares qui le martyrisent.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi la certitude qu’on sert l’œuvre et le personnage non pas en se moulant dans un académisme réducteur, mais en fouillant les tréfonds de sa sensibilité pour mieux les cerner. «&nbsp;Je veux &nbsp;faire bouger les choses&nbsp;» nous disait-elle pour la sortie de son album <em>Assoluta. </em>Le respect pour elle n’était pas de l’immobilisme.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi une dignité absolue sans morgue et sans facilité populacière. C’est sans doute cette dimension que j’avais intimement comprise en cette nuit d’aout&nbsp;: interpréter une simple paysanne en lui donnant la stature d’une aristocrate, donner à une fille du peuple la grandeur d’un destin brisé.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2021, comme ministre de la Culture, j’avais fait Béatrice commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres. Si la dignité de Grand-Croix avait existé dans cet Ordre, c’est bien ceinte de cette écharpe qu’elle serait au paradis.</span></p>


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<p><strong>Bertrand DE BILLY, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>J&rsquo;ai travaillé pour la première fois avec Béatrice Uria-Monzon à l&rsquo;occasion d&rsquo;une production de <em>Hamlet</em>, d&rsquo;Ambroise Thomas, au Liceu de Barcelone, avec Natalie Dessay et Simon Keenlyside. Elle interprétait la Reine Gertrude, et donnait à ce personnage une dimension dramatique captivante. Mais en coulisses, c&rsquo;est par son sens de l&rsquo;auto-dérision qu&rsquo;elle se distinguait. J&rsquo;ai compris dès ce moment-là que Béatrice faisait partie de ces artistes qui prennent leur travail très au sérieux sans se prendre eux-mêmes au sérieux. Une qualité rare et précieuse ! En travaillant Carmen avec elle, j&rsquo;ai aussi découvert un autre aspect de sa personnalité artistique : sa capacité à se remettre en question, sa volonté d&rsquo;essayer de nouvelles choses. Avoir été l&rsquo;une des plus grandes interprètes de Carmen ne l&#8217;empêchait pas de rester curieuse et ouverte, à l&rsquo;écoute. Enfin, un autre souvenir marquant me revient en mémoire, celui de son Eboli, dans le<em> Don Carlos</em> de Verdi, en version française, à l&rsquo;Opéra de Vienne. Ce rôle constituait un vrai défi pour elle, défi qu&rsquo;elle a relevé avec panache, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas cherché à travestir sa voix. Elle a gardé ce qu&rsquo;elle avait de mieux en elle, et qu&rsquo;elle pouvait apporter à ce rôle : son timbre chaud et capiteux, « Samt und Seide » comme on dit en Allemagne (« velours et soie »), sa superbe présence scénique, et son format vocal, d&rsquo;essence profondément lyrique. Et elle a obtenu, à Vienne, dans ce rôle si difficile, un grand succès, grâce à son talent, son intelligence et son humilité. Autant de qualités dont, avec son humour, nous nous souviendrons toujours lorsque nous penserons à Béatrice.</p>


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<p><strong>Jean-François BORRAS, ténor</strong></p>
<p>Je suis très ému par sa disparition. J’ai eu le privilège de faire son dernier opéra <em>Mefistofele</em> de Boito à Toulouse en juin 2023. Elle était en pleine forme, souriante et espiègle. J’ai connu Béatrice relativement tard sur <em>La Vestale</em> de Spontini au Théâtre des Champs-Elysées. Lors de la présentation du metteur en scène, nous nous sommes regardés et nous nous sommes directement parlé comme si nous nous connaissions depuis des années. C’était une très belle femme, une immense artiste avec son caractère mais toujours le sourire aux lèvres. Elle fut ma Marguerite aux Chorégies d’Orange. C’était aussi une artiste généreuse avec les jeunes et une amatrice de bon vin et de la vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jean-francois-borras-souvenirs-de-monte-carlo/"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/mefistofele_Jean-Francois-Borras-Faust-Beatrice-Uria-Monzon-Marguerite-©-Philippe-Gromelle-2018-18-c-philippe-gromelle.jpg" alt=""/></a><figcaption class="wp-element-caption">Avec Béatrice Uria-Monzon dans Mefistofele en 2018 © Philippe Gromelle</figcaption></figure>


<p><strong>Jean-Sébastien BOU, baryton</strong></p>
<p>Ce qui était fascinant chez Béatrice, c’était sa capacité à se livrer telle qu’elle était sur scène dans toute sa vérité et toute son humanité. Lorsqu’elle chantait, lorsqu’elle jouait, lorsqu’elle évoluait sur un plateau, le temps s’arrêtait et nous partagions émotionnellement son histoire. C’était une magnifique artiste parce que c’était une magnifique personne. Il est rare de rencontrer quelqu’un d’aussi généreux dans une vie. Je vous envoie également une photo d’elle que j’ai faite alors que nous étions en pause à l’Opera de Paris. <em>Le soulier de satin</em> est la dernière production où nous avons partagé la scène. C’était en 2021.<br>Jean-Sébastien</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="472" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/57792ee7-6d1d-45bc-85cb-75ee9d3156d4-472x1024.jpg" alt="" class="wp-image-195308"/><figcaption class="wp-element-caption">Béatrice Uria Monzon par Jean-Sébastien Bou, Paris.</figcaption></figure>


<p><strong>Yann BEURON, ténor</strong></p>
<p>J’ai connu Béatrice sur <em>Così fan tutte</em> en 1996, la seule Dorabella de sa carrière je pense. Magnifique de mon point de vue. De timbre surtout. Puis nous nous sommes retrouvés la dernière fois sur la création du <em>Soulier de satin</em> en 2021. Je serai économe. Elle était solaire, cela la définissait essentiellement à mes yeux. Et adorait rire. Et j’adorais la faire rire. Elle était bon public…suis profondément peiné.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2021/06/54eccbf9-59ee-4256-8f2e-86be5ec51b8f/640x340_1_2_le_soulier_de_satin_opera_national_de_paris-20-21-c-elisa_haberer_onp-41-.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Laurent CAMPELLONE, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>Béatrice faisait partie de ces artistes qui entrent en scène et nous saisissent immédiatement d’un état bouleversant : être à la fois pleinement un personnage et demeurer la vérité de soi-même. Béatrice épousait chaque incarnation de tout son être, avec une sincérité et un engagement sans limite. Mais, elle le faisait toujours du haut de toute son élégance et de toute son intelligence. Pour cela, on ressortait chaque fois d’une représentation chantée par Béatrice en ayant appris des choses fondamentales sur un rôle qu’on connaissait pourtant déjà.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Un souvenir de Béatrice au Festival Berlioz de 2006. Elle interprétait&nbsp; <em>La Mort de Cléopâtre</em>.</p>
<p>Nous avions eu une séance de travail passionnante au piano avant que de répéter avec l’orchestre. Alors qu’elle était encore une fois sublime de justesse, son humilité face à cette partition et sa volonté d’aller toujours plus loin dans la compréhension des ressorts de chaque mot et de chaque note n’avaient pas de limite.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Je me souviens du concert. Et plus<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>particulièrement, de toute la palette de couleurs de sa voix dans la dernière partie de la cantate, lorsque le venin de la vipère commence à glacer le sang de Cléopâtre et que le rythme de son cœur (les contrebasses de l’orchestre) commence à défaillir, à devenir irrégulier jusqu’à cesser. Sous la voûte étoilée de ce mois d’août, tout le monde avait été saisi par tant de vérité : Cléopâtre était là. Et tous nos cœurs réunis devenaient, mesure après mesure, son cœur qui s’arrêta d’un seul coup de battre et nous laissa tous suspendus dans le néant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Depuis l’annonce de sa mort, je repense à ce moment de musique inouï.</p>
<p>Moment de musique qui, parce que c’était cela aussi Béatrice, avait eu, bien entendu un prolongement humain de partage et de générosité tout aussi puissant.</p>
<p>De retour à l’hôtel après la fin du concert, très tard donc, alors que le service de restauration était terminé depuis longtemps, elle avait, en un seul sourire, fait chavirer le patron en lui disant simplement : «&nbsp;Même si je suis encore une fois morte sur scène, vous n’allez pas me laisser mourir de faim quand même !&nbsp;». Les frigos et celliers de cet établissement, renommé pour sa formidable cuisine, s’étaient ouverts instantanément. Et nous avions alors passé un moment extraordinaire à table, avec force pâtés en croûte, fromages et vins de la vallée du Rhône, à parler de la joie de vivre et du bonheur qui était le notre de pouvoir porter chaque soir vers le public les traits sublimes des compositeurs que nous admirons tant.</p>
<p>Laurent Campellone</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://cult.news/app/uploads/2025/07/Lecteur-spotify-1-e1752942364103.jpg" alt=""/></figure>


<p><strong>Marc-André DALBAVIE, compositeur</strong></p>
<p>Béatrice a été très importante pour la création de mon opéra le <em>Soulier de Satin</em> à l&rsquo;opéra de Paris en 2021. Elle chantait le rôle d&rsquo;Isabel et comme compositeur et comme chef d&rsquo;orchestre, notre collaboration a été formidable. Néanmoins, je n&rsquo;ai pas pu approfondir mes contacts avec Béatrice car c&rsquo;était pendant la période COVID et les rapports en dehors des répétitions étaient inexistants. Je ne suis pas assez proche de Béatrice pour écrire quelque chose sur elle dans cette circonstance. Je ne la connais pas assez et je le regrette. Je garde malgré tout un souvenir émerveillé de notre très courte mais très intense collaboration.</p>
<p>Marc-André Dalbavie</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/187867064_6283252065021856_6908073737013533791_n-1000x600.jpg?v=1753033033" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>



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<p><strong>Karine DESHAYES, mezzo-soprano</strong></p>
<p>BUM , parmi tous les grands rôles qu’elle a interprétés , était pour moi l’incarnation même de Carmen. Lorsque je l’ai entendue la première fois à L’Opéra de Paris à la fin des années 90, sa voix , son timbre chaud , sa présence scénique, sa classe et son élégance naturelle m’ont marquée à jamais. J’ai ensuite eu la chance de chanter à ses cotés dans <em>Carmen</em> aux Chorégies d’Orange en 2004 dans la production de Jérôme Savary. Alors que j’étais en prise de rôle pour Mercedes et que je faisais mes débuts à Orange, elle s’est montrée très généreuse avec moi, m’a beaucoup soutenue et même guidée. Dés lors nous sommes devenues des amies proches … elle a toujours suivi ma carrière jusqu’en avril dernier, où elle est venue m’écouter dans Norma à Toulouse. <br>Béatrice était une femme extraordinaire, qui aimait la vie, rire, les soirées entre amis… et qui a toujours été souriante et attentionnée.</p>
<p>Karine Deshayes</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/64d11e0ce7d6aa1f510d4dcd/large/image.jpg?v=1" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Béatrice Uria Monzon, Karine Deshayes et Chantal Perraud sont à l’affiche de l’édition 2023 du festival lyrique du Grand Villeneuvois./ DDM G.G.&nbsp;DDM G.G.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Julien DRAN, ténor</strong></p>
<p>Selon moi, Béatrice, était tout ce qu’un.e artiste doit représenter : l’élégance, la classe, l’intégrité, la générosité et la simplicité dans la grandeur. Elle était perfectionniste et l’intensité avec laquelle elle montait sur scène était stupéfiante. Elle a, pour moi, toujours été un exemple du chemin que ceux qui désirent brûler les planches doivent suivre.<br>J’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de partager la scène avec Béatrice quelques fois et la fierté que j’en éprouvais me marque encore maintenant, et pour le reste de ma vie.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>En tant que femme, j’ai aussi eu la chance d’être touché par sa générosité, son écoute et son soutien indéfectible. Je lui en serai éternellement reconnaissant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>Une grande dame, une immense artiste qui va beaucoup manquer à toutes les personnes qu’elle a touché.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span></p>
<p>Julien DRAN</p>


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<p><strong>Delphine HAIDAN, mezzo-soprano</strong></p>
<p>Un des plus beaux timbres de voix , une amie fidèle depuis plus de 30 ans ,une femme genereuse et courageuse<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>! Elle va me manquer</p>
<p>Delphine Haidan</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.olyrix.com/files/picture/photos/PhotoPage/46461/mickael-bardin-delphine-haidan-et-beatrice-uria-monzon.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Mickaël Bardin, Delphine Haidan et Beatrice Uria-Monzon © Vichy Culture</em></figcaption></figure>


<p><strong>Jean-François LAPOINTE, baryton</strong></p>
<p>Béatrice était une grande artiste et une femme d&rsquo;exception. Nous avons fait plusieurs <em>Carmen</em> ensemble. Elle transcendait l&rsquo;image qu&rsquo;on se faisait du rôle. Elle m&rsquo;a toujours impressionné. Je garde aussi en tête son petit côté rebelle presque rockeuse. Je la vois encore arriver sur sa grosse moto à Toulouse dans les années 90. Elle était belle, elle était libre, elle était magnifique!<br>Je crois que de toutes les productions que nous avons faites ensemble, c&rsquo;est <em>Cléopâtre</em> de Massenet à l&rsquo;Opéra de Marseille qui nous aura permis de développer notre plus grande complicité scénique. Je garderai toujours dans mon coeur ce souvenir merveilleux et précieux où nous avons incarné ces personnages mythiques. Béatrice était une reine magistrale, éblouissante. Elle est maintenant éternelle.</p>
<p>Jean-François Lapointe</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2013/06/Massenet-Cléopâtre-photo-Christian-Dresse.jpg" alt=""/></figure>



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<p><strong>Antoine PALLOC, pianiste et chef de chant</strong></p>
<p>Il y a des chanteurs et il y a des artistes, des âmes, des êtres chantants avec qui il n&rsquo;est pas utile de répéter car la musique, la connexion et le partage se font naturellement.<br>Béa appartient à cette catégorie : en un clin d&rsquo;œil rieur et heureux, le partage, la connexion, la connivence sont là, simplement, joyeusement et tendrement. Le travail peut commencer pour aller au plus profond des émotions en quête de cette vérité, de sincérité que tout artiste recherche.<br>Cette force généreuse et créatrice, Béatrice, Béa, ma cocotte, BUM, LA BUM, l&rsquo;a toujours eue, avec classe et élégance, en humilité, en simplicité, en doutes, en questions, en travail, en rigueur, mais toujours en joie de vivre.</p>
<p>Antoine Palloc</p>


<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BUM3.jpg" alt="" class="wp-image-195200"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>L&rsquo;Instant Lyrique de Béatrice Uria Monzon et Antoine Palloc, Paris, 2021</em></figcaption></figure>


<p><strong>Alexandra MARCELLIER, soprano</strong></p>
<p>Béatrice Uria-Monzon, c’était bien plus qu’une voix : c’était une présence, une lumière, une force tranquille. Dès notre première rencontre à Agen, elle a marqué ma vie. Elle était une artiste rare, une vraie, animée par une passion brûlante pour la musique, pour la vie, pour les autres et pour la nature. Elle avait ce lien profond avec la terre, avec ce qui est essentiel, vrai, vivant. Je la revois dans son jardin, rayonnante, enracinée, pleinement elle-même. Ce que j’aimais profondément chez elle, c’était cette alliance unique de grandeur et de douceur, de feu et de grâce, de générosité et de pudeur. Même face à la maladie, elle ne montrait jamais sa peur, préférant protéger ceux qu’elle aimait. Elle m’a transmis l’exigence, la liberté, le courage, et cette idée précieuse qu’il faut vivre pleinement. Aujourd’hui, chaque note que je chante lui est dédiée. Béatrice était, et restera, l’un des piliers de ma vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/94C89936-9014-435D-A98B-756180E2B1A7-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-195138" width="910" height="598"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Alexandra Marcellier et Béatrice Uria Monzon, collection privée</em></figcaption></figure>


<p><strong>Christophe GHRISTI, directeur du Capitole de Toulouse</strong></p>
<p class="elementToProof">De Béatrice Uria-Monzon, j&rsquo;ai évidemment beaucoup d&rsquo;images sur scène. J&rsquo;en évoquerai deux.</p>
<p class="elementToProof">La première dans mon souvenir, alors que j&rsquo;étais tout jeune dramaturge au Capitole : Béatrice chantait Carmen, Michel Plasson dirigeait. Elle faisait sa première entrée sur une passerelle à quelques mètres du sol (sublime décor de Frigerio), les bras nus, les cheveux négligeamment attachés, narguant le monde entier, d&rsquo;une beauté tranchante et irrésistible. Plasson l&rsquo;enveloppait de mille rayons de soleil. Et, je m&rsquo;en souviens extrêmement bien, je m&rsquo;étais dit du haut de ma jeunesse imprudente : « plus jamais je n&rsquo;entendrai Carmen comme ça ». Et en effet, j&rsquo;en ai entendu d&rsquo;autres, et des magnifiques, mais plus jamais ce sentiment de volupté et de vérité sans limite, absolument nietzschéen.</p>
<p class="elementToProof">La dernière, pendant <em>Mefistofele</em> au Capitole en juin 2023, ses derniers spectacles. Béatrice était très déprimée, sans doute déjà épuisée par le mal qui allait se déclarer peu après. Sublime en scène, elle éblouissait dans ce rôle pourtant si ingrat de Hélène de Troie, arrivant pour un seul tableau à la fin d&rsquo;un ouvrage si prolixe. A la dernière, elle m&rsquo;a dit avoir le triste sentiment qu&rsquo;elle venait de chanter là pour la dernière fois. J&rsquo;ai ri et j&rsquo;ai balayé ses craintes d&rsquo;un revers de la main, avec mes projets pour elle dans la tête.</p>
<div class="elementToProof">Les grands artistes sont bien des médiums, ils sentent les vérités auxquelles un simple humain n&rsquo;a pas accès.</div>
<p>Christophe GHRISTI</p>


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<p><strong>Olivier FREDJ, metteur-en-scène</strong></p>
<p>Béatrice était une magicienne. Rayonnante de bonheur quand elle s&rsquo;occupait de ses plants de tomates et dressait les grandes tables de sa maison, en haut de sa colline. Des vues peintes par son père, une colline sur laquelle trônait sa maison, toujours ouverte aux amis. J&rsquo;ai rencontré Béatrice à Bruxelles, elle était ma Lady Macbeth, y prenait le rôle. Elle travaillait d&rsquo;arrache pied ses « trois cerveaux » comme elle les appelait. Celui de la voix et de la musique, celui du texte et du sens, celui de la mise en scène et de ses partenaires de jeux. Elle irradiait, pourtant terrorisée à tout instant de ne pas être à la hauteur. Parce que c&rsquo;était elle, elle est devenue Lauren Bacall dans l&rsquo;acte I, Jackie Kennedy à l&rsquo;acte II, Nancy Reagan<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>au III&#8230; et sublime plus que tout dans la fragilité du somnambulisme. Comme état physique, je souhaitais qu&rsquo;elle se nourrisse de la fameuse scène de Pina Baush dans Café Muller. Elle la regarda, une fois, avec moi, puis répéta la scène. Dés la première tentative, devant une salle de répétition médusée, elle a lancé, inquiète, au jeune débutant que j&rsquo;étais : « ça va, comme ça, c&rsquo;est bien? ». C&rsquo;était bien. Et je comprenais dans son souci de bien faire qu&rsquo;elle ne savait pas, ne voulait pas sans doute savoir à quel point elle dégageait quelque chose qui transcendait les directions données. J&rsquo;ai essayé de longues années à le lui faire entendre, à ce qu&rsquo;elle ose cette confiance dans ce qu&rsquo;elle proposait. En vain, elle était au service d&rsquo;un tout, et l&rsquo;inquiétude de ne pas être assez ne s&rsquo;apaiserait qu&rsquo;aux pieds de ses tomates, plus tard, ailleurs. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on s&rsquo;était reconnus. Parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;attachait qu&rsquo;à l&rsquo;ensemble, qu&rsquo;au résultat global, bien au delà de nos enjeux personnels. Je garderai toujours deux images d&rsquo;elle, chez elle, un verre de vin et une cigarette si rarement<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>possible quand elle travaillait, à rire aux larmes sur la terrasse. Et celle empruntée à Blue Velvet, en Lady Macbeth, une lampe de chantier à la main en guise de micro, ouvrant la bouche d&rsquo;un hurlement muet, son corps entier disparu dans cette Lady. Adieu ma Lady, je suis sur que je ne suis pas le seul que tu as changé par ta présence.</p>
<p>Olivier FREDJ</p>


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<p><strong>Michel PLASSON, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p class="s6"><span class="s7">Béatrice… c’était le timbre et le charme&nbsp;!</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait ce charme, pas celui qu’on affiche, pas celui qu’on joue mais celui qui ne s’use pas, qui ne se montre pas, qui ne s’exploite pas. Elle portait le charme comme gravité. Comme les planètes, comme le magnétisme. Un mystère venu d’ailleurs. Elle ne l’utilisait pas, elle l’avait, tout simplement. Et c’est ça qui me bouleversait. Le charme, le vrai, est inexplicable. Ce n’est ni technique, ni scolaire. C’est au-delà. Et Béatrice l’avait, elle le portait comme une étoile brillante au firmament. </span><span class="s7"><br></span><span class="s7"><br></span><span class="s7">Elle n’était jamais dans l’artifice. Elle était vraie. Dérangeante de vérité parfois. Et cette vérité, je voulais la révéler, pas la diriger. Accompagner, oui mais indiquer, jamais. Car ce que je cherche, dans la musique, c’est la personne. Et avec Béatrice, il y avait une personne entière, grave, joyeuse, troublante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait un timbre très particulier. Franco-espagnol peut-être ? Ni tout à fait espagnol, ni tout à fait français. Mais surtout un timbre à elle. Le timbre, c’est l’ADN du chanteur. On ne le change pas, il est inaltérable. Le sien était surtout singulier. Ce timbre racontait quelque chose. On sentait derrière lui un cœur qui n’était pas toujours heureux. Et moi, j’y sentais une fragilité, une absence de bonheur. Cette tristesse délicate mêlée à la lumière était bouleversante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">J’ai eu pour elle une tendresse rare. Une tendresse que je n’ai pas eue pour beaucoup de chanteuses. Et je le dis sans détours car avec elle, il n’y avait pas de faux-semblants.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle est partie. Et je sens qu’elle n’a pas tout dit, pas tout chanté. Mais ce qu’elle a laissé, c’est cette vibration intérieure qui dépasse les rôles et les scènes. Elle était accordée à quelque chose de plus grand. Et ça, ça ne s’oublie pas.</span></p>
<p>Michel Plasson</p>


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<p><strong>José VAN DAM, baryton-basse</strong></p>
<p>Béatrice était une chanteuse unique. Une belle âme, une grande artiste, une superbe voix et une personnalité en dehors du commun avec qui il était toujours très agréable de partager la scène. <br>Quelle tristesse de la savoir partie….</p>
<p>José van Dam</p>


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<p><strong>Maurice XIBERRAS, directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille</strong></p>
<p>Écrire quelques lignes sur Béatrice est difficile pour moi.</p>
<p>J&rsquo;avais beau m&rsquo;attendre à cette nouvelle, mais depuis je suis anéanti et pense à tous nos multiples souvenirs communs, amicaux et artistiques.</p>
<p>Mon « histoire » avec Béatrice, commence il y a fort longtemps lorsqu&rsquo;elle&nbsp; était stagiaire au Cnipal à Marseille dans la phalange consacrée aux apprentis choristes.</p>
<p>Je passais voir des amis chanteurs, et je suis interpellé par une voix que j’entendais derrière une porte. J&rsquo;écoute avec curiosité , la personne sort.&nbsp; C&rsquo;était Béatrice qui prenait un cours avec son professeur Pali Marinov. Je m&rsquo;enhardis en me présentant et en lui disant que la qualité de sa voix était plus que prometteuse et celle d&rsquo;une soliste. Depuis ce jour, nous sommes restés amis.</p>
<p>Le hasard des parcours a voulu que je devienne Directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille et bien entendu j&rsquo;ai tout de suite appelé Béatrice. Elle m&rsquo;a fait le cadeau de venir à de nombreuses reprises à Marseille,, se sentant à la « maison » comme elle le disait.&nbsp; Je pense à <em>Carmen</em> bien sur, à <em>Hérodiade</em>, à <em>Roberto Devereux</em>, <em>Gioconda</em>, <em>Le Cid</em> et<em> Les Troyens</em> avec Roberto, <em>Le Roi d&rsquo;Ys</em>, <em>Cléopâtre</em>&#8230; A chaque fois c&rsquo;était un plaisir renouvelé. Tout d&rsquo;abord celui d&rsquo;amis qui se retrouvent, comme si ils s&rsquo;étaient quittés la veille , mais également un délice aux couleurs de bonheur musical et artistique.</p>
<p>Malgré son statut de star internationale , Béatrice était restée d&rsquo;une simplicité étonnante, avenante, à l&rsquo;écoute de jeunes chanteurs ou de la moindre personne qui avait envie de lui parler.</p>
<p>Elle laisse un grand vide, un gouffre dans mon cercle d&rsquo;amis. Je pense à sa fille, à son compagnon, aux personnes qui ont pu l&rsquo;aimer .</p>
<p>Il nous reste de nombreux témoignages où on la voit incandescente et investie. Mais il va me falloir du temps avant de pouvoir la réécouter ou la revoir.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La France honore Jean-François Lapointe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-france-honore-jean-francois-lapointe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 05:03:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le baryton québécois Jean-François Lapointe qui vient de triompher dans La traviata à Tours, a reçu ce mardi 17 juin, à l’issue de la dernière représentation du chef d’œuvre de Verdi, les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres que lui a remis Laurent Campellone, Directeur Général de l’Opéra de Tours. Jean-François &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le baryton québécois <strong>Jean-François Lapointe</strong> qui vient de triompher dans <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true"><em>La traviata</em> à Tours</a>, a reçu ce mardi 17 juin, à l’issue de la dernière représentation du chef d’œuvre de Verdi, les insignes de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres que lui a remis <strong>Laurent</strong> <strong>Campellone</strong>, Directeur Général de l’Opéra de Tours.</p>
<p>Jean-François Lapointe s’est illustré dans divers répertoires avec une prédilection pour le répertoire français dont il est un ardent défenseur à travers le monde, en particulier le rôle de Golaud qu’il a chanté plus de deux cents fois, ainsi que Valentin, Hamlet, Escamillo et Fieramosca dans <em>Benvenuto Cellini</em>. Il a participé aux reprises d’ouvrages rarement donnés tels que <em>Mârouf, savetier du Caire</em> à Marseille ou <em>La Jolie Fille de Perth </em>à Compiègne. Il a également abordé l’opérette avec <em>Les Mousquetaires au couvent</em>, <em>La Périchole</em>, ainsi que <em>Fortunio</em> et <em>Ciboulette </em>à l’Opéra-Comique où il est invité régulièrement. A l’Opéra de Paris, on a pu l’applaudir dans <em>Alceste </em>en 2013, <em>Werther </em>en 2014, <em>Faust</em> en 2015, <em>La traviata</em> en 2019 et <em>Iphigénie en Tauride</em> en 2021. Par ailleurs il a enregistré plusieurs CD consacrés à la mélodie française où son impeccable diction fait merveille, ainsi qu’une intégrale du <em>Mage</em> de Massenet dans la collection Opéra français du Palazzetto Bru Zane.</p>
<p>Nous adressons toutes nos félicitations à Jean-François Lapointe pour cette distinction méritée.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, La traviata &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 06:32:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coproduite avec les Opéras de Nantes, Rennes et Angers qui l’ont mise à l’affiche cette saison, ainsi que les Opéras de Nice et de Montpellier qui la proposeront en 2026, cette Traviata mise en scène par Sylvia Paoli a attiré les foules au Grand Théâtre de Tours au point qu’une représentation supplémentaire a dû être &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Coproduite avec les Opéras de Nantes, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-rennes/">Rennes</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-angers/">Angers</a> qui l’ont mise à l’affiche cette saison, ainsi que les Opéras de Nice et de Montpellier qui la proposeront en 2026, cette <em>Traviata </em>mise en scène par <strong>Sylvia Paoli</strong> a attiré les foules au Grand Théâtre de Tours au point qu’une représentation supplémentaire a dû être programmée. Il faut dire qu’à la popularité de l’œuvre s’ajoute la réputation flatteuse du spectacle, globalement encensé par la critique dans les villes qui l’ont déjà accueilli. <strong>Silvia Paoli</strong>, n’est d’ailleurs pas une inconnue, sa production de <em>Tosca</em> également à Nantes, Angers et Rennes avait attiré sur elle l’attention du public et de la presse en 2024. La metteuse en scène italienne choisit de transposer le drame de Verdi au tournant des dix-neuvième et vingtième siècle, à l’époque où Sarah Bernhardt artiste scandaleuse et néanmoins adulée régnait sur les planches. D’ailleurs, Violetta est ici une comédienne, l’action étant située à l’intérieur d’un théâtre dont la scène, qui orne le mur du fond, constitue le décor principal. Cette mise en abyme tout comme le grand miroir de l’acte deux n’est pas sans rappeler l’univers de Robert Carsen, de même le double travestissement des invités de Flora (hommes en tutu, femmes portant moustache) à l’acte deux, est sans doute un clin d’œil à la production de Benoît Jacquot pour l’ONP. Le rideau se lève sur une danseuse en chemise de nuit blanche qui s’effondre tandis qu’un groupe d’hommes en frac l’enjambent dans l’indifférence la plus totale. A la fin de l’opéra, Violetta dans une tenue identique, meurt toute seule sur le plateau nu, sous le regard d’une rangée d’hommes immobiles dont on devine les silhouettes sur la scène du théâtre. La boucle est bouclée. Entre les deux tableaux nous assistons au vain combat de Violetta pour imposer sa liberté d’aimer l’homme qu’elle a choisi dans un univers hostile où elle n’est qu’un objet de désirs et de rejet. Ainsi l’intérieur de la maison de campagne aux teintes chaudes et rassurantes n’est qu’un écrin factice bien vite remplacé par un arbre mort et de la neige qui tombe sur Violetta désemparée. La scène finale est particulièrement cruelle pour Violetta qui meurt toute seule, abandonnée de tous, tandis que les voix des Germont père et fils et du docteur qui chantent en coulisse ne sont que le fruit de son imagination délirante aux portes de la mort.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LT88HD©MariePetry-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-192657"/><figcaption class="wp-element-caption">©MariePétry</figcaption></figure>


<p>La distribution, particulièrement homogène, est dominée par la prestation impressionnante de<strong> Zuzana Marková </strong>qui possède une voix d’une belle homogénéité, un medium consistant, un grave sonore et un registre aigu brillant jusqu’au contre-mi bémol qui conclut le premier acte. De plus, la soprano tchèque vocalise avec aisance et précision, elle émaille son chant de demi-teintes tout à fait exquises. Prudente en début de soirée, elle acquiert, à mesure que le spectacle progresse, une assurance qui fera merveille dans sa scène finale tout à fait saisissante. Très à l’aise sur le plateau, son physique de jeune première, sa classe naturelle et sa compréhension du personnage qu&rsquo;elle a longuement fréquenté, contribuent à faire d’elle une Violetta de tout premier plan. A ses côtés, <strong>Léo Vermot-Desroches</strong> ne démérite pas. Lauréat du concours Voix Nouvelles en 2023, ce ténor possède un timbre juvénile qui souligne le côté inexpérimenté d&rsquo;Alfredo, qui apparaît ici attendrissant et immature. Dès son premier duo avec Violetta « un dì felice, eterea »&nbsp; l’élégance de sa ligne de chant toute en nuances capte l’attention. &nbsp;Au dernier acte, il est desservi par la mise en scène qui l’oblige à chanter toute la scène finale en coulisses, en particulier le grand duo « Parigi, o cara » qui s’en trouve déséquilibré, la voix du ténor n’ayant pas la même projection que celle de sa partenaire. &nbsp;En revanche <strong>Jean-François Lapointe</strong> dispose d’une voix sonore et imposante qui assoit son autorité dès son entrée en scène.&nbsp; Il campe avec aplomb un patriarche sûr de ses convictions et manipulateur, qui n’hésite pas à brutaliser Violetta au début de leur rencontre. Il interprète son air « Di Provenza il mar il suol » avec une certaine sensibilité teintée de fermeté. <strong>Alienor Feix</strong> et <strong>Aurelia Legay</strong> sont tout à fait convaincantes dans leurs rôles respectifs, <strong>Maurel Endong</strong> possède le registre grave qui sied au Docteur Genvil tandis que <strong>Yoann Dubruque</strong> est un Baron Douphol parfaitement idoine. Saluons enfin les interventions irréprochables du Chœur de l’Opéra de Tours dirigé par <strong>David Jackson</strong>.</p>
<p><strong>Laurent Campellone</strong>, à la tête de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire /Tours dont il tire le meilleur, propose une direction extrêmement fouillée. Il adopte des tempi globalement mesurés, qui contrastent avec de soudaines accélérations lors des passages les plus dramatiques. Sa conception éminemment théâtrale de l’ouvrage, lui a valu une ovation méritée en fin de soirée.&nbsp;</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-tours/">VERDI, La traviata &#8211; Tours</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DONIZETTI, La Fille du régiment &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-la-fille-du-regiment-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’interdiction des représentations de Poliuto, œuvre jugée sacrilège par le roi de Naples, Donizetti accepte un contrat de l’Opéra de Paris : il doit proposer au public parisien deux ouvrages lyriques inédits en français (ce seront Les Martyrs, refonte en français de Poliuto, et La Favorite). Au même moment, le Théâtre de la Renaissance lui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l’interdiction des représentations de <em>Poliuto</em>, œuvre jugée sacrilège par le roi de Naples, Donizetti accepte un contrat de l’Opéra de Paris : il doit proposer au public parisien deux ouvrages lyriques inédits en français (ce seront <em>Les Martyrs</em>, refonte en français de <em>Poliuto</em>, et <em>La Favorite</em>). Au même moment, le Théâtre de la Renaissance lui commande une adaptation française de <em>Lucia di Lammermoor</em>, qui sera créée en août 1839. Mais le premier opéra de Donizetti composé en exclusivité pour Paris est le résultat d’une commande passée <em>in extremis</em> par l’Opéra-Comique. Grâce à l’inspiration exceptionnellement profuse du compositeur (et la lenteur avec laquelle la Grande Boutique monte ses productions), <em>La</em> <em>Fille du régiment</em> est créée à l’Opéra-Comique en février 1840, deux mois avant <em>Les Martyrs</em>*.</p>
<p>Cet opéra-comique de Donizetti voit donc le jour en pleine Monarchie de Juillet, dans une France où la mode est au patriotisme et particulièrement au napoléonisme (le retour des cendres de l’Empereur est prévu pour la fin de l’année). Le livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et de Jean-François Bayard s’inscrit dans cette veine, en situant l’action de la comédie dans le Tyrol envahi par les troupes napoléoniennes. L’Opéra Royal de Versailles s’ouvrant de plus en plus au répertoire du XIX<sup>e</sup> siècle, cette production de <em>La Fille du régiment </em>prend pour prétexte la concomitance de la création de l’œuvre et l’ouverture du nouveau musée de l’Histoire de France installé par Louis-Philippe à Versailles en 1840.</p>
<p><figure id="attachment_187402" aria-describedby="caption-attachment-187402" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-187402 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Z8Z_0246-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187402" class="wp-caption-text">© Julien Benhamou</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">La mise en scène de <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> puise dans cet imaginaire patriotique, sans la touche d’antimilitarisme qui affleurait dans les dialogues réécrits de la production si fameuse de Laurent Pelly. Cependant, tous les militaires – qui sortent directement des rangs de l’armée, puisqu’il s’agit du Chœur de l’Armée française – ont quelque chose de bonhomme et tendre. Leurs costumes, signés <strong>Christian Lacroix</strong>, relèvent quasiment de la reconstitution historique, avec bonnet à poil et moustache, mais l&rsquo;ensemble de la production mêle les époques et les références, indiquant très clairement qu&rsquo;ici tout est prétexte à rire et à jouer. Dans le même d&rsquo;ordre d&rsquo;idée, les personnages sont des caractères, à la limite de la caricature parfois, embarqués dans des chorégraphies qui rappellent souvent la comédie musicale ou des mouvements de danse Tiktok. L&rsquo;ensemble se révèle globalement efficace, mais touchera différemment chacun selon sa sensibilité et son style d&rsquo;humour.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour habiller la scène de l’Opéra Royal, le metteur en scène Jean-Romain Vesperini puise dans le stock de toiles peintes de la maison et du Centre de musique baroque, avec la complicité de son décorateur <strong>Roland Fontaine</strong>. Ces très beaux éléments scéniques sont animés par des projections vidéos qui ne paraissent pas toujours d&rsquo;une nécessité absolue, mais qui ont le mérite de vivifier le plateau et de caractériser certains tableaux avec justesse. Les lumières de <strong>Christophe Chaupin</strong> constituent une des réussites du spectacle, exhaussant la beauté des couleurs et des formes des costumes de Lacroix, d&rsquo;une extravagance réjouissante en ce qui concerne la Marquise. Le metteur en scène lui-même s&rsquo;offre le plaisir d&rsquo;apparaître à la fin de la soirée en Napoléon, confiant un drapeau tricolore à Marie. On sait que <em>La Fille du régiment</em> était un <em>hit</em> patriotique qu&rsquo;on jouait volontiers tous les 14 juillet jusqu&rsquo;à la Grande Guerre et que la <em>Marseillaise</em> avait été rajoutée à la fin de l&rsquo;œuvre au Metropolitan Opera en 1940, sous l&rsquo;impulsion de Lily Pons. À Versailles, le refrain de la <em>Marseillaise</em> complète aussi la reprise de « Salut à la France »** dans un <em>tutti</em> certes réjouissant (avec ce qui semble être l&rsquo;orchestration de Berlioz), mais le choix interroge. Certes, entonner la <em>Marseillaise</em> dans l&rsquo;enceinte de l&rsquo;Opéra Royal peut apparaître comme un acte subversif et plutôt amusant, mais les paroles de Rouget de Lisle colorent ce bouquet final si consolateur (la Marquise rompt enfin le cycle éternel des amours forcées et un roturier autrichien épouse une bâtarde française) d&rsquo;une teinte belliciste un brin inopportune – sans parler de la présence de Napoléon, qui est une figure historique passionnante, mais pas nécessairement un modèle politique aussi opérant aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;en 1840.</p>
<p><figure id="attachment_187406" aria-describedby="caption-attachment-187406" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-187406 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Z8Z_8538-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187406" class="wp-caption-text">Gwendoline Blondeel (Marie) et le Chœur de l&rsquo;Armée française © Julien Benhamou</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">La distribution de jeunes chanteurs (et un vétéran !) réunie par l&rsquo;Opéra Royal est vraiment enthousiasmante. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> d&rsquo;abord, qu&rsquo;on admire surtout comme une des plus sincères et merveilleuses interprètes actuelles du répertoire baroque, prolonge avec le rôle de Marie son incursion progressive dans le répertoire du XIXe siècle (après notamment <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/litaliana-in-algeri-beaune-litalienne-a-beaune/">Elvira dans <em>L&rsquo;Italienne à Alger</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-versailles/">Frasquita dans <em>Carmen</em></a>). On retrouve ici ce timbre fruité si charmant et cet abattage scénique et vocal si évident, et l&rsquo;on s&rsquo;émerveille devant la qualité de la projection de la voix, assurée et puissante, à l&rsquo;échelle qui est la sienne. Les suraigus, ajoutés en nombre, ont ce soir-là quelque chose de tendu et son « Il faut partir » est un peu trop extérieur, mais elle trouve enfin plus d&rsquo;abandon et d&rsquo;infériorité dans un  « Par le rang » profondément émouvant.</p>
<p>Ensuite, <strong>Patrick Kabongo</strong> impressionne dans le rôle de Tonio. Il ne fait qu&rsquo;une bouchée des fameux contre-uts de « Pour mon âme », qui sonnent même comme des notes beaucoup plus basses tant elles sont émises avec aisance. On perçoit par ailleurs que les graves ne sont pas un problème pour lui et on se demande quelle type de variation il pourrait se permettre dans un répertoire plus purement belcantiste. La principale réserve qu&rsquo;on pourrait émettre tient à la projection limitée du chanteur, mais les passages tendres le révèlent à son meilleur : son usage de la voix mixte dans la romance du dernier acte (« Pour me rapprocher de Marie ») est d&rsquo;une classe folle et touche en plein cœur. On aimerait beaucoup l&rsquo;entendre dans le répertoire français (en Nadir par exemple) ou dans Mozart. On pourra en tout cas le découvrir dans Rossini en début de saison prochaine, dans une <em>Cenerentola/Cendrillon</em> en français !</p>
<p>Après une Carmen d&rsquo;anthologie sur cette même scène, <strong>Eléonore Pancrazi</strong> revêt les atours de la Marquise de Berkenfield avec un bagout qui fait mouche. Quel plaisir de voir des interprètes goûter avec une telle gourmandise aux excès d&rsquo;un personnage ! Ce rôle, qu&rsquo;on confie souvent à des voix de mezzo graves plus âgées, est peut-être un peu grave pour la chanteuse qui peine parfois à se faire entendre dans le bas médium, mais l&rsquo;engagement, la musicalité, le sens du rythme comique balaient toutes les réserves. La scène de la leçon de musique, où la Marquise essaye tant bien que mal de discipliner Marie et de lui faire chanter un air de cour, est particulièrement savoureuse. Tout, dans les regards, les postures, les intonations relève d&rsquo;un sens aigu du théâtre, comme le prouvait déjà sa première apparition au début de l&rsquo;œuvre.</p>
<p><figure id="attachment_187403" aria-describedby="caption-attachment-187403" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-187403 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Z8Z_0483-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187403" class="wp-caption-text">Eléonore Pancrazi (la Marquise) et Jean-François Lapointe (Sulpice) © Julien Benhamou</figcaption></figure></p>
<p>Le vétéran que nous mentionnons, c&rsquo;est le Sulpice de <strong>Jean-François Lapointe</strong>, artiste admiré sur de nombreuses scènes françaises et internationales depuis de nombreuses années. La voix est d&rsquo;une homogénéité et d&rsquo;un moelleux miraculeux, avec ce qu&rsquo;il faut de tendresse et de relief pour incarner toutes les facettes du personnage. Il propose un portrait absolument complet et idéal du sergent, sans manquer d&rsquo;être touchant, dans un français cristallin. La distribution est complétée par l&rsquo;Hortensius sonore et juste de <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong>, qui serait presque sous-employé s&rsquo;il n&rsquo;était pas si bon comédien (le rôle est très présent dans les scènes dialoguées). On a peu l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre <strong>Flore Royer</strong> chanter, mais elle impose une présence scénique autoritaire et friponne, aussi bien dans le rôle muet de la Madone au premier acte qu&rsquo;en Duchesse de Crakentop. <strong>Attila Varga-Tóth</strong> et <strong>Jérémie Delvert</strong> charment eux aussi dans leurs interventions successives.</p>
<p>Si le <strong>Chœur de l&rsquo;Armée française</strong>, complété pour les pupitres féminins par le <strong>Choeur de l&rsquo;Opéra Royal</strong>, n&rsquo;appelle que des éloges, par la précision des attaques et du texte, l&rsquo;homogénéité des timbres, l&rsquo;assurance scénique dont ses membres font preuve, on est plus réservé quant aux qualités de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal</strong>. L&rsquo;ouverture, durant laquelle défile des projections de gravures de scènes de guerre, a quelque chose d&rsquo;une déroute, tant les décalages et les approximations d&rsquo;intonation sont nombreuses. <strong>Gaétan Jarry</strong> rassemble plus efficacement ses troupes dans la suite de l&rsquo;œuvre et on se retrouve assez charmé par cette interprétation vive et piquante de Donizetti, dominée par les timbres si caractérisés des instruments d&rsquo;époque. La solo de violoncelle ouvrant « Par le rang » est d&rsquo;ailleurs d&rsquo;une grande beauté. Mais l&rsquo;ensemble manque tout de même cruellement de cohésion et de précision, donnant une allure brouillonne à certains passages.</p>
<pre style="font-weight: 400;">* Cette omniprésence du compositeur sur les scènes lyriques parisiennes en cette saison 1839-1840 inspire à Berlioz une chronique acerbe dont ces quelques mots sont restés célèbres : « On ne peut plus dire : les théâtres lyriques de Paris, mais seulement : les théâtres lyriques de M. Donizetti » (<em>Journal des Débats</em>, 16 février 1840)</pre>
<pre style="font-weight: 400;">** Notons aussi que Beverly Sills avait la facétieuse habitude d'ajouter des variations sur la <em>Marseillaise</em> dans ses airs du premier acte. Par ailleurs, on sait que Napoléon préférait <em>Le Chant du départ</em> de Méhul à <em>La Marseillaise</em>.</pre>
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		<title>VERDI, La Traviata &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Apr 2023 09:09:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reprise au Capitole de Toulouse de la somptueuse production de La traviata, datant de 2018, que l’on doit au regretté Pierre Rambert, et qui conserve tout son éclat. On n’a pas lésiné sur les décors : au I, salon richement décoré avec mezzanine et vue imprenable sur Paris ; propriété avec piscine en bord de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Reprise au Capitole de Toulouse de la somptueuse production de <em>La traviata</em>, datant de 2018, que l’on doit au regretté <strong>Pierre Rambert</strong>, et qui conserve tout son éclat. On n’a pas lésiné sur les décors : au I, salon richement décoré avec mezzanine et vue imprenable sur Paris ; propriété avec piscine en bord de mer, sous le soleil de Provence au II ; salle de jeu au III sous les ors là aussi d’un grand salon parisien. Les décors du IV sont resserrés : le tout petit lit de Violetta surmonté d’un interminable baldaquin, qui voit s’échapper au lever du rideau celle qu’on imagine être la femme comblée que Violetta aurait pu être et qui rejoint précocement le ciel.</p>
<p>On se serait passé toutefois du lit de Violetta montant lui aussi dans les airs au moment de sa mort, alors que tout, dans l’ultime scène, ramène à leur triste humanité les protagonistes éplorés . De même que le kitsch d’une encombrante fleur de camélia au lever de rideau du I nous a semblé un peu suranné. Mais détails que cela ! Tout dans les costumes (dont les magnifiques robes de Violetta) de <strong>Frank Sorbier</strong> et la sage mise en scène reprise par <strong>Stephen Taylor</strong> donne sens à l’intrigue que l’on suit pas à pas.</p>
<p>C’est le jeune <strong>Michele Spotti</strong>, que l’Opéra de Marseille vient de recruter pour succéder dès la saison prochaine à Lawrence Foster au poste de directeur musical de l’Opéra municipal, qui dirige un orchestre décidément en grande forme. Il est vrai que, les productions se succédant, on ne peut que constater la constance d’une phalange, excellant aujourd’hui dans tous des répertoires abordés. Spotti opte en général pour des tempi mesurés, particulièrement au I dans le duo Alfredo-Violetta et surtout il faut noter qu’il propose systématiquement toutes les reprises ajoutées par Verdi, comme celle, rarement donnée, du « Forse lui ».</p>
<p></p>


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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR8954-Jean-Francois-Lapointe-Giorgio-Germont-et-Zuzana-Markova-Violetta-credit-Mirco-Magliocca-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-129778" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>

<p>L&rsquo;italienne Rosa Feola ayant déclaré forfait avant le début des répétitions, Christophe Ghristi a fait appel à la tchèque <strong>Zuzana </strong><strong>Marková</strong> qui fait ainsi <a href="https://www.forumopera.com/zuzana-markova-quand-ma-mere-donnait-des-lecons-de-chant-je-minstallais-sous-le-piano/">ses débuts toulousains</a> dans un rôle qu’elle affectionne. Nul doute que le directeur musical s’en sera félicité, la soprano marquant d’une empreinte à coup sûr durable cette production. Zuzana Marková démontre qu’elle est aujourd’hui une des plus crédibles et brillantes titulaires de ce rôle. Elle fait passer par la voix tout le chromatisme de ses états d’âme ; le dialogue avec Alfredo au I, puis leur duo, privilégient constamment le registre <em>mezzo forte</em>, voire <em>mezzo piano</em>, ce qui plonge immédiatement le spectateur dans l’intimité du drame, et permet de suivre sans aucune difficulté le fil rapide de la conversation, d’accompagner les méandres des craintes et espoirs des amoureux. Violetta, tout au long de la pièce, gravit et descend les multiples étages de l’ascenseur émotionnel ; la passion brûlante, la volonté de lutter contre le sort, la résignation, l’abnégation (superbe duo du II avec Giorgio) ; toutes ces nuances sont habitées et trouvent dans le chant de Marková une exacte retranscription. La scène finale du I est conduite avec une rare autorité, semblant gommer les incroyables chausse-trappes de la partition. Tout cela explique pourquoi ce rôle est aujourd’hui celui pour lequel la soprano tchèque est la plus demandée. Etonnamment, Marková nous prive du contre mi bémol conclusif du « Sempre libera », dont on sait qu’elle le maîtrise pourtant avec autorité. Serait-ce les dernières suites d’un brève aphonie qu’elle a connue les jours précédant cette première ? Qu’importe ! Cette omission n’obère en rien la plénitude du tableau vocal qu’elle trace sans faille du début à la fin. Le public toulousain ne s’y trompe pas et lui signifie combien il l’a déjà adoptée.</p>
<p><strong>Jean-François Lapointe</strong> en Giorgio Germont est l’autre grande figure de la soirée. Le Québecquois a tissé au fil des années un répertoire d’une grande richesse, nullement circonscrite aux rôles italiens. Et pourtant, à entendre son cantabile aux accents de bronze, la vaillance émergeant à dessein, on se dit qu’on tient en lui un vivant exemple de ces barytons-Verdi, qui ne sont plus si nombreux sur le circuit. Tout le deuxième acte, construit autour de son personnage, est un pur bonheur.</p>
<p>L’Alfredo d’<strong>Amitai Pati </strong>est le complice idéal de Violetta. Les deux voix, nous le disions plus haut, se marient idéalement au I, le brindisi est brillant avec juste ce qu’il faut de vaillance. Au II toutefois (« De’ miei bollenti spiriti » et surtout dans la cabalette  qui suit « O mio rimorso » ) la voix peine à atteindre sa plénitude et toute la longueur nécessaire. Gageons qu’au fil des représentations Pati desserrera l’étreinte. <strong>Victoire Bunel</strong> est une délicieuse Flora, <strong>Cécile Galois</strong> est une Annina sans nuance, les autres rôles secondaires sont irréprochables.</p>
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		<title>MASSENET, Werther — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/werther-monte-carlo-werther-las-borras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rideau se lève. Werther est là, hagard, un pistolet à la main. Il vient de se tirer une balle dans la poitrine. Sa chemise est ensanglantée. Avant de s’effondrer, il va revoir en flash back son existence. Ainsi, paraît-il, voit-on défiler le film de sa vie avant de mourir. Le flash back durera tout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rideau se lève. Werther est là, hagard, un pistolet à la main. Il vient de se tirer une balle dans la poitrine. Sa chemise est ensanglantée. Avant de s’effondrer, il va revoir en flash back son existence. Ainsi, paraît-il, voit-on défiler le film de sa vie avant de mourir. Le flash back durera tout le spectacle. Le héros traversera le miroir brisé qui sépare le monde des morts de celui des vivants, et qui servira de cadre à l’ensemble du spectacle.</p>
<p>La mise en scène témoigne du sens dramatique et artistique du metteur en scène<strong> Jean-Louis Grinda</strong>. Elle est pleine de force, de symbole et de poésie. Hélas, à cause d’une panne de vidéo, les spectateurs de la représentation du dimanche 20 ont été privés des images de la fin, ce qui créa un grand vide dans les dernières minutes du spectacle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="253" src="/sites/default/files/styles/large/public/thumbnail_4.jpg?itok=3DsjneaD" title="La traversée du miroir brisé, par Werther (Photo Alain Hanel-Opéra de Monte-Carlo) " width="468" /><br />
	La traversée du miroir brisé, par Werther © Alain Hanel-Opéra de Monte-Carlo</p>
<p>Pour incarner Werther, Monaco nous a sorti un as : Borras.</p>
<p><strong>Jean-François Borras</strong> est chez lui ici. Il a passé son enfance dans la Principauté, a grandi parmi les Petits chanteurs de la cathédrale. Est-il besoin de rappeler que c’est dans Werther que Jean-François Borras remplaça Jonas Kaufmann au Metropolitan en 2014 et qu&rsquo;il connut alors une notoriété internationale ? Son chant a une ligne souple, un timbre fruité, une intensité lyrique qui conviennent parfaitement au personnage romantique. L’émouvant Werther que voilà !</p>
<p>A ses côtés se trouvait l’une de nos grandes mezzos, <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>. Elle possède une voix admirable, musicale, bien timbrée sur toute l’étendue de sa tessiture. Mais elle se permet des éclats guerriers qui semblent excessifs pour le personnage de Charlotte.</p>
<p>Sophie – la sœur de Charlotte – eut en <strong>Jennifer Courcier</strong> une interprète adorable, aussi fraîche et vive dans sa voix que dans sa personne.</p>
<p>On a applaudi la classe et la prestance du baryton <strong>Jean-François Lapointe </strong>dans le rôle d’Albert – le mari de Charlotte.</p>
<p>Belles prestations de deux chanteurs qu’on apprécie depuis longtemps : <strong>Philippe Ermelier</strong> et <strong>Marc Barrard</strong>. Le ténor Reinaldo Macias pécha, lui, par sa prononciation peu intelligible.</p>
<p>A la tête du Philharmonique de Monte-Carlo, le chef hongrois <strong>Henrik Nanasi</strong> déroula avec souplesse et brio la musique magique de Massenet.</p>
<p>En sortant de l’Opéra de Monaco, on peut voir au bas de l’escalier réservé aux princes, un buste du compositeur. Il témoigne de l’attachement qu’avait pour lui, au début du XXe. siècle, le prince Albert 1er. Massenet a la moustache fière, la chevelure romantique. Mais il nous a semblé, en passant, que son regard pétillait plus que d’habitu<font face="Arial, sans-serif"><font size="2" style="font-size: 11pt">de. Sans doute l’avait-on déjà informé du succès de son <em>Werther</em>&#8230;</font></font></p>
<p> </p>
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		<title>GLUCK, Iphigénie en Tauride — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/iphigenie-en-tauride-paris-garnier-le-calme-apres-la-tempete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Sep 2021 13:34:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà entrée dans les mœurs lors de la précédente reprise parisienne, la proposition iconoclaste en son temps de Krzysztof Warlikowski ferait aujourd’hui presque figure de pilier du répertoire au Palais Garnier. Si l’on nous rapporte que le trublion franco-polonais a reçu une bordée de huées à l’issue de la première du 14 septembre, on serait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà entrée <a href="https://www.forumopera.com/iphigenie-en-tauride-paris-garnier-deja-classique">dans les mœurs lors de la précédente reprise parisienne</a>, la proposition iconoclaste en son temps de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> ferait aujourd’hui presque figure de pilier du répertoire au Palais Garnier. Si l’on nous rapporte que le trublion franco-polonais a reçu une bordée de huées à l’issue de la première du 14 septembre, on serait plus enclin à la mettre sur le compte du folklore local à l’Opéra de Paris qui veut qu’une première, à quelque chapelle qu’elle puisse répondre, recevra sa rançon de lazzis. Rien de tel lors de cette deuxième représentation où figurants comme chanteurs sont applaudis avec chaleur, et où chacun semble suivre sans mal ce récit du souvenir, cette mise en scène par Iphigénie même d’un destin qu’elle s’imagine volontairement implacable. Surtout, et alors qu’on peut comparer les productions scéniques du metteur en scène à ce péché originel parisien (c’étaient ses débuts sous Gérard Mortier), on y retrouve, avec toutes leurs vigueurs, les qualités de l’on apprécie chez lui : direction d’acteur à la précision minutieuse, audaces et provocations qui toujours vont dans le sens profond du texte et de la musique, sens esthétique enfin puisque c’est tout Garnier et son public que l’on met sur la scène, témoins de cette tragédie de la mémoire.  </p>
<p>Cette reprise, qui lance la saison lyrique de l’Opéra de Paris séduit surtout par les forces musicales qu’elle réunit. S’il faut encore quelques scènes à<strong> Thomas Hengelbrock</strong> pour obtenir la cohésion et les effets qu’il souhaite de l’orchestre, sa lecture s’avère irréprochable : vive, mais prenant le temps de la poésie et de la scansion du drame, attentive aux solistes qu’ils aient des cordes vocales, un bec ou un archet. Les chœurs suivent la même trajectoire : cueillis à froid, il faudra attendre la deuxième partie pour les entendre en parfaite cohésion.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/sebastien_mathe_opera_national_de_paris-iphigenie-en-tauride-21-22-sebastien-mathe-onp-17-.jpg?itok=8Vd-j-Zc" title="© Sébastien Mathé / Opéra National de Paris" width="468" /><br />
	© Sébastien Mathé / Opéra National de Paris</p>
<p>Sur le plateau, les lauriers se partagent de manière à peu près égale. <strong>Marianne Croux</strong> (Diane et première prêtresse),<strong> Jeanne Ireland</strong> (deuxième prêtresse et femme grecque) et <strong>Christophe Gay</strong> (Ministre et Scythe) remplissent leurs rôles avec brio. Ainsi l’intervention de Diane, <em>deus ex machina</em> depuis le paradis, de l’Opéra saisit la salle et le plateau. <strong>Jean-François Lapointe</strong> campe un Thoas tout en muscle et en éructation. Certes le portrait est efficace mais on est en droit d’aimer des fusains plus affutés et subtils.<strong> Julien Behr</strong> propose un Pylade de prime abord effacé, la faute à une projection moindre que ses comparses. Pourtant, style, déclamation et nuances dans les reprises font de ses airs des petites pépites de beauté musicale et d’intelligence dramatique alors même que le rôle semble le pousser dans ses retranchements. Pour ses débuts à l’Opéra de Paris,<strong> Jarrett Ott</strong>, américain en troupe à Stuttgart, déjà repéré dans<a href="https://www.forumopera.com/edward-ii-berlin-deutsche-oper-homosexualite-feconde"> <em>Edward II</em> à Berlin</a> sans parler de Santa Fe où il aura croisé le directeur artistique Alexander Neef, peut se targuer d’avoir fréquenté le rôle. Et pour cause ! Stuttgart est coproducteur de ce monument warlikowskien. Rien à redire de cet Oreste aussi révolté que désespéré dès ses premières scènes et qui scande son premier air avec une aisance confondante. La prononciation est idéale, le portrait complet. <strong>Tara Erraught</strong> enfin n’a nullement a rougir devant ses illustres devancières à Garnier : la voix est ample et charnue, les aigus dardés ce qu’il faut pour épouser le rythme et les accents de Gluck. Son Iphigénie, humaine et fragile malgré l’ampleur de ses moyens vocaux, émeut à chaque instant.</p>
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		<title>Cecilia Bartoli, la Tauride à Zürich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/cecilia-bartoli-la-tauride-a-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 09:34:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/cecilia-bartoli-la-tauride-a-zurich/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ça se passe à Zürich, c&#8217;est le directeur de l&#8217;Opéra, Andreas Homoki, qui assure la mise en scène, et c&#8217;est Cecilia Bartoli qui tient le rôle-titre dans Iphigénie en Tauride, abordé à Salzbourg en 2015. Sous la direction de Gianluca Capuano, elle aura pour partenaires rien moins que Stéphane Degout en Oreste, Frédéric Antoun en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ça se passe à Zürich, c&rsquo;est le directeur de l&rsquo;Opéra, <strong>Andreas Homoki</strong>, qui assure la mise en scène, et c&rsquo;est <strong>Cecilia Bartoli</strong> qui tient le rôle-titre dans <em>Iphigénie en Tauride</em>, abordé <a href="https://www.forumopera.com/iphigenie-en-tauride-salzbourg-gluck-en-deroute">à Salzbourg en 2015</a>. Sous la direction de <strong>Gianluca Capuano</strong>, elle aura pour partenaires rien moins que <strong>Stéphane Degout</strong> en Oreste, <strong>Frédéric Antoun</strong> en Pylade et <strong>Jean-François Lapointe</strong> en Thoas. Fait assez exceptionel dans le parcours de la Bartoli, la partition de Gluck qui ne fait nullement appel à la virtuosité. Annonce de nouvelles orientations possibles pour l&rsquo;avenir ?</p>
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		<title>BELLINI, I puritani — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-puritani-marseille-et-rugir-de-plaisir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Nov 2019 12:01:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand l’opéra I Puritani est porté à la scène, le spectacle accapare assez l’attention pour faire oublier les faiblesses du livret. Il n’en va pas de même lors d’une version de concert, comme celle donnée en ce moment à Marseille. Sans les adjuvants des décors, des costumes et des éclairages, le texte est à nu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand l’opéra <em>I Puritani </em>est porté à la scène, le spectacle accapare assez l’attention pour faire oublier les faiblesses du livret. Il n’en va pas de même lors d’une version de concert, comme celle donnée en ce moment à Marseille. Sans les adjuvants des décors, des costumes et des éclairages, le texte est à nu et révèle les incongruités dramatiques d’une œuvre conçue pour « faire de l’effet » et dont le titre paraît bien saugrenu. En effet l’œuvre ne raconte pas, comme on pourrait s’y attendre, un épisode de la lutte entre les partisans et les adversaires d’un monarque absolutiste et catholique, déjà vaincu et exécuté au lever du rideau, mais une conséquence indirecte de cette défaite. La veuve du souverain a été capturée et risque de mourir comme son époux. Chevaleresque, un fidèle de la couronne décide de la sauver, dût-il déserter la cérémonie de son mariage, et s’enfuit avec elle. La fiancée en perd la raison. Lorsque, son sauvetage accompli, le gentilhomme revient auprès d’elle, elle retrouve ses esprits mais lui est considéré comme un traitre et promis à la mort. <em>In extremis</em> l’amnistie décrétée par Cromwell apporte la délivrance et ouvre l’avenir.</p>
<p>La faiblesse du texte, imputable peut-être à la source, le drame cosigné par Ancelot et Boniface dit Saintine, tient probablement aussi à l’inexpérience du librettiste débutant. Comment croire que la jeune fille dont les noces sont imminentes ignore qui elle va épouser ? Comment croire à ce mariage avec un adversaire de la cause défendue par le père qui n’aurait d’autre motif que l’inclination de la jeune fille ? Comment s’intéresser du reste à ce père si peu présent qu’il disparaît derrière un oncle bienveillant ? Et celui-ci, assez âgé pour s’être retiré des affaires militaires, ne craint-il pas le ridicule en se lançant dans une proclamation belliqueuse grandiloquente qui vise un seul ennemi ? Quant à la rechute d’Elvira, qui venait de retrouver sa lucidité, ne tire-t-elle pas à l’excès sur la corde sensible ?</p>
<p>Seulement, si le concert met en lumière ces « défauts » il permet aussi, sans la distraction du spectacle, de se concentrer sur la musique. A cet égard la matinée de ce dimanche était une réussite majeure, car la direction et l’exécution ont rendu justice à l’orchestration si soignée par Bellini. Dès le prélude, la justesse du dosage sonore révèle la forteresse encore endormie qui s’éveille progressivement, dans un demi-jour à la clarté croissante où flotte encore pour un instant une mélancolie indécise, faite d’échos de cors qui se répondent et vont s’accentuer jusqu’à la fermeté inhérente à un établissement militaire. Viennent ensuite les élans gracieux des cordes qui annoncent les réjouissances à venir. Puis le jour est levé : tous en alerte, la guerre n’est pas finie, mais il convient de louer le Seigneur – harmonies religieuses – et puis de se préparer à la fête puisqu’Elvira se marie – rythmes dansants. Seul Riccardo ne participe pas à la liesse : il aime Elvira, elle lui était promise, et elle va en épouser un autre. Et au lieu de fulminer contre le père infidèle à sa parole il chante sa douleur. Ces changements de climat, la musique les exprime avec une fluidité, une économie de moyens et une invention mélodique constante que le concert permet de savourer sans en perdre rien, grâce à la lecture globale, à la fois analytique et synthétique de <strong>Giuliano Carella</strong>, qui épouse toutes les modulations de la partition sans obérer la dynamique, en amoureux de Bellini et en grand chef d’opéra qu’il est. Après la magnifique version de <em>La reine de Saba</em> les musiciens de l’orchestre donnent une nouvelle preuve de leurs qualités, comme les choristes confirment les leurs.</p>
<p>Au diapason, l’ensemble des chanteurs réunis. On sait que les rôles principaux furent écrits pour des gosiers virtuoses, ce qui impose d’en trouver et de les réunir. Mais les chanteurs étant des êtres humains encore faut-il qu’ils soient au mieux de leur forme. C’était incontestablement le cas pour cette matinée, et ils ont ainsi pu combler les amoureux d’exploits en termes d’acrobaties vocales. Mais parce que ces interprètes sont aussi de vrais musiciens, ils ne se sont pas bornés à des parades sonores, ils ont interprété les rôles et créé ainsi l’émotion. Cette remarque vaut même pour les seconds rôles, celui du confident de Riccardo, dévolu à <strong>Christophe Berry</strong>, d’une éloquente fermeté, ou du père si peu présent, le trop rare <strong>Eric Martin-Bonnet</strong>, ou de l’Enrichetta frémissante de <strong>Julie</strong> <strong>Pasturaud</strong>.</p>
<p><strong>Jean-François Lapointe </strong>donne à l’amoureux déçu un relief rare ; si la souplesse et l’étendue de la voix lui permettent de belles montées dans l’aigu, elle sonne moins après l’entracte et la fluidité des vocalises n’est pas parfaite, mais il exprime bien la détresse qui fait de ce guerrier un véritable soupirant. Son timbre s’accorde avec celui de <strong>Nicolas Courjal, </strong>dont la projection et l’impact vocal nourrissent généreusement le personnage de l’oncle bienveillant, pour un duo électrisant. Le héros chevaleresque qui fait passer sa générosité avant son intérêt et dont l’âme est aussi tendre que ferme, c’est <strong>Yijie Shi</strong>. Le ténor chinois n’est pas un inconnu à Marseille, où l’on a pu déjà apprécier l’étendue et la solidité de sa voix. Sa formation initiale au chant rossinien l’a amené à maîtriser les agilités et les sauts d’octave ; il émerveille par l’homogénéité, la fermeté, le contrôle si précis de son émission, qui se collette aux contrenotes qui font du rôle un épouvantail en leur conservant leur rôle expressif dans le flux musical et se distingue par une diction d’une clarté exemplaire. Son interprétation est d&rsquo;une pudeur contenue mais il fait vibrer le personnage de toutes ses émotions. C’est du grand art.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/p1180590_photo_christian_dresse_2019.jpg?itok=3f4QOjMV" title="Jessica Pratt © christian dresse" width="312" /><br />
	Jessica Pratt © christian dresse</p>
<p>Elvira n’est pas en reste. D’une voix où les duretés perçues un soir à Pesaro ont disparu, <strong>Jessica Pratt </strong>enchante le public par l’agilité brillante qu’il connait bien, et séduit par l’implication qu’elle met à faire percevoir les moindres nuances des états d’âme de son personnage, grâce à une mobilité permanente des expressions de son visage, où les émotions passent à découvert. Ce jeu frémissant s’accorde à la voix, et parvient à éloigner la virtuosité pyrotechnique d’un arbitraire conventionnel et décoratif. Aux saluts elle remporte la palme des rugissements – car le plaisir de l’auditoire s’est exprimé ainsi – coiffant de peu son Arturo et son oncle bienveillant. S’il n’a pas été aussi tonitruant pour les autres interprètes, il n’y a aucun doute à avoir : le plaisir était au rendez-vous !</p>
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